Par jean.delisle.over-blog.com
Le Bargello N°651
Le Bargello est le nom d’un palais de Florence devenu musée. Il fut construit dans les années 1250 et fut primitivement appelé « palais Prétorio » pour accueillir d’abord le « podestat » ou chef de la cité puis devint en 1574 la résidence du « Bargello » (capitaine de justice ou chef de la police, qui à l’époque à Florence était appelé « Bargello »), ce qui a donné son nom au monument. Ce palais comporte une tour de 57 mètres de haut dénommée « Volognana ». Il est situé sur le parcours allant du jardin Boboli et du palais Pitti au couvent San Marco en passant par le ponte Vecchio, la galerie des Offices, le palazzo Vecchio, la piazza della Signoria, le palais du Bargello, la cathédrale, le campanile, le baptistère, la galerie de l’Académie...
C’est en 1859 (dans le contexte de la fin du Grand Duché de Toscane) que fut décidé l’établissement d’un musée de la civilisation toscane dans le Bargello. Ce musée fut inauguré le 22 juin 1865. Il comporte surtout des sculptures mais aussi des peintures, des armes, ainsi que de nombreuses œuvres d’art et spécialement en provenance d’un legs d’une famille lyonnaise en 1887 ; des frères Jean-Baptiste et Louis Carrand antiquaire et peintre qui donnèrent des sculptures, des peintures, des ivoires antiques, des émaux de Limoges, des objets indiens…
C’est le 21 juillet 1840 que fut découvert, dans la chapelle du palais dédiée à Marie-Madeleine, un portrait de Dante attribué à Giotto.
C’est à la tour du palais que furent pendus les Pazzi et leurs complices qui assassinèrent Julien de Médicis le 26 avril 1478 (jour de Pâques) dans la cathédrale de Florence, mais manquèrent son frère Laurent (surnommé le Magnifique) qui ne les loupa pas ! Parlant du meurtre de l’empereur Claude par Agrippine, Tacite écrit : « il y a du danger à entreprendre un grand crime, il y a de la sûreté à l’achever » !
On doit à Léonard de Vinci, un dessin représentant Bernardo di Bandino Baroncelli pendu à la tour du Bargello ; il fit partie de la conjuration contre les Médicis. Il s’était enfui jusqu’à Constantinople où il fut retrouvé et ramené à Florence pour y être pendu le 29 décembre 1479. Léonard de Vinci se trouvait à Florence et assista à l’exécution. Voir illustration, emprunt au net. Parmi les pendus suite à la répression : Jacopo et Francesco Pazzi mais aussi Francesco Salviati archevêque de Pise qui avait pris fait et cause pour les Pazzi. Vingt ans plus tard, c’est le moine Jérôme Savonarole qui était torturé dans le Bargello avant d’être pendu et brûlé sur la piazza della Signoria avec deux autres moines !
Le pape Sixte IV (qui a donné son nom à la chapelle Sixtine) ne pardonna pas aux Médicis l’exécution d’un archevêque ; il s’allia à Venise et Naples contre Florence, mais les Florentins l’emportèrent et cela ne fit que renforcer les Médicis.
Cette famille a donné 2 papes à la chrétienté : Léon X (fils de Laurent le Magnifique et pape de 1513 à 1521) et Clément VII (fils de Julien de Médicis et pape de 1523 à 1534). Elle a également donné 2 reines à la France ; voir fiche N°81 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-medicis-reines-de-france-113493818.html.
J.D. 21 juillet 2020
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog
