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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 07:19

La Vénétie est une des 20 régions administratives italiennes. Elle est bordée à l'est par l'Adriatique et le Frioul-Vénétie Julienne, au nord par le Trentin Haut-Adige avec une pointe qui confine à l'Autriche, à l'ouest par la Lombardie et au sud par l'Emilie-Romagne.

La Vénétie a une superficie de 18.391 kms2 et une population qui avoisine les 5 millions d'habitants répartis dans 7 provinces (Belluno, Padoue, Rovigo, Trévise, Venise, Vérone, Vicence) qui comportent 581 communes.

En signalant que les provinces italiennes sont en voie de disparition dans le cadre des réformes menées tambour battant par Matteo Renzi ; ce qui va entraîner la suppression de 86 présidents de province, de 3400 élus et d'environ 20.000 postes de fonctionnaires.

Bien que hors du sujet, je ne résiste pas à l'envie de signaler que Matteo Renzi né à Florence en 1975 était Président de la province de Florence le 13 juin 2004, maire de Florence le 22 juin 2009, secrétaire du Parti Démocrate Italien le 15 décembre 2013, et Président du Conseil italien le 22 février 2014. Il a formé un gouvernement restreint de 16 ministres… qui travaillent et c'est autre chose que la « République des couacs » ; suivez mon regard (il mène vers le Palais de l'enlisé pour reprendre un titre d'article paru sur un journal en ligne du 9 février 2016) !

1-Rattachement à l'Italie :

Ce sont les 21 et 22 octobre 1866 que se déroula la consultation de la population de la Vénétie pour le rattachement à l'Italie. Il y eut 69 NON et 641.758 OUI

Ce résultat est gravé sur le socle de la statue équestre de Victor-Emmanuel II, quai Schiavoni à Venise.

Sur le même socle on trouve :

-la date de 1848 (premier soulèvement des Vénitiens contre l'occupant autrichien)

-la date du 1er mai 1887 (inauguration du monument à Victor-Emmanuel II)

-la croix de Savoie qui resta le symbole de la royauté italienne jusqu'à la fin (1946)

- les lettres SPQR (Senatus Populusque Romanus : le Sénat et le Peuple romain), probablement pour marquer la continuité de l'histoire du royaume d'Italie avec la Rome antique.

*La consultation faisait suite à la guerre de la Prusse contre l'Autriche. Le nouveau royaume d'Italie, proclamé le 17 mars 1861, s'était allié à la Prusse. Les Italiens furent vaincus sur terre le 24 juin 1866 à la bataille de Custoza (province de Vérone) et sur mer à la bataille de Lissa (aujourd'hui île de Vis en Croatie) le 20 juillet 1866. Mais les Autrichiens furent vaincus par les Prussiens à la bataille de Sadowa (dans l'actuelle République tchèque) le 3 juillet 1866.

2-Les Vénètes :

L'antique peuple des Vénètes a donné son nom à la Vénétie ainsi qu'à Venise.

Dans « Guerre des Gaules » (au livre III) Jules César combat les Vénètes en Armorique (actuelle Bretagne). Ces Vénètes « bretons » ont donné son nom à la ville de Vannes. Je crois que le lien entre les 2 peuples « Vénètes » vient des textes légendaires sur la guerre de Troie.

*Selon les textes de Virgile (Enéide, livre I), de Tite-Live (Histoire romaine livre I), de Tacite (Annales livre XVI) et de Caton l'ancien (Origines livre II), après la prise de la cité par les Grecs, des survivants troyens emmenés par Anténor (beau-frère de Priam roi de Troie) débarquèrent au fond de l'Adriatique et fondèrent Aquilée, Adria, Padoue, Vérone…

*Brutus, aïeul du roi Arthur et petit-fils d'Enée (qui, lui, avait débarqué dans le Latium après un séjour à Carthage chez la reine Didon), aurait été le premier roi légendaire de Bretagne où il se serait installé avec des descendants des Troyens. Cela est rapporté au début du douzième siècle par Geoffroy de Monmouth dans « l'Histoire des Rois de Bretagne ».

Il fut une époque où chaque peuple cherchait à se donner des ancêtres glorieux. Les Troyens en étaient, en outre ils avaient disparu; ils constituaient donc des ancêtres commodes qui furent revendiqués par plusieurs peuples (Romains etc).

Le point commun entre les Vénètes bretons et les Vénètes italiens tiendrait donc dans leurs légendaires ancêtres troyens.

Il convient en outre de rappeler que dans l'antiquité, le nord de l'Italie était appelé « Gaule cisalpine », tandis que la France actuelle étendue jusqu'au Rhin était la « Gaule transalpine ». C'est au tournant IIIe / IIe siècles que la Gaule cisalpine fut conquise par Rome ; période durant laquelle les Vénètes furent toujours les alliés de Rome. Mais elle ne devint province romaine, sous le nom de « Gaule cisalpine », qu'en -81 avec un siège à Modène. Enfin en -43 la Gaule cisalpine fit partie de l'Italie et le terme de « Gaule cisalpine » disparut. Mais avant, Vénètes de l'Adriatique ou Vénètes de l'Armorique étaient tous Gaulois, cisalpins ou transalpins mais Gaulois !

3-Venise :

Sur l'histoire proprement dite de Venise, voir la fiche N°144 http://jean.delisle.over-blog.com/2013/12/florence-et-venise-souvenirs-n-144.html

et plus marginalement les fiches N° 225 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/02/chevaux-de-saint-marc-n-225.html, 227 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/03/le-lion-de-saint-marc-n227.html, 270 à 272, 274 à 279 et 309

En complément aux informations fournies par les notes précitées, voici quelques données :

*120 doges se succédèrent comme chefs de l'exécutif de la République de Venise.

Le premier, Paolo Lucio Anafesto fut doge de l'an 697 à 717 et le dernier, Ludovico Manin (s'écrit aussi Lodovico Manin) fut élu doge le 9 mars 1789 et abdiqua le 12 mai 1797 suite à l'invasion des troupes de Bonaparte. En même temps prit fin la République de Venise qui avait duré 11 siècles.

*Le premier doge résida à Eraclea (en terre ferme, au nord-est de la lagune le long du Piave) ; le quatrième doge (Teodato Ipato doge de 742 à 755) transféra le siège à Malamocco (sur l'île du Lido), enfin le dixième doge (Angelo Participazio doge de 811 à 827) transféra les institutions au Rialto en attendant la construction du palais des doges commencée en décembre 1340 et qui fut le siège des institutions de la République de Venise durant plus de 4 siècles.

*Jusqu'en l'an 764, les premiers doges étaient nommés par Byzance ou Constantinople. Il y eut d'ailleurs une interruption de 737 à 742, période durant laquelle Byzance administra directement le territoire. Ensuite les doges furent élus à vie, mais durent gouverner avec un système un peu complexe qui comprenait :

-Un Grand Conseil formé des seuls représentants des familles inscrites au livre d'or de Venise (les descendants des familles considérées comme fondatrices). Le Grand Conseil se réunissait tous les dimanches et possédait le pouvoir législatif, restreint par le pouvoir des autres organes de gouvernement,

-Un Sénat responsable de la politique extérieure et de la nomination des ambassadeurs de Venise

-Un collège de 26 membres et un collège suprême de 9 membres recueillaient les doléances des habitants, les transmettaient aux différentes instances et répondaient aux citoyens.

-enfin un Conseil des 10 (créé en 1310) qui comportait en fait 17 membres et qui était une institution judiciaire

*La ville de Venise est construite sur 117 îles, comportant 150 canaux et 416 ponts. En 1171 elle fut divisée en 7 quartiers (Arsenale, Cannaregio, Castello, Dorsoduro, San Marco, San Polo, Santa Croce).

*En 1846, la ville fut reliée à la terre ferme au moyen d'un pont ferroviaire de 3600 mètres comportant 222 arches. Il fut doublé d'un pont routier en 1932

*Le Grand Canal long de 4 kilomètres est traversé seulement par 4 ponts

*Il reste 84 églises dans Venise intra-muros et l'on atteint 123 églises en ajoutant celles des îles de la lagune. Il y en avait plus de 200 au XVIIIe siècle. Ces églises renferment des œuvres d'art (peintures, sculptures..) d'une richesse inestimable. En ajoutant le contenu des musées, palais et fondations, si il est une ville qui mérite d'être inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, c'est bien Venise.

J.D. 11 février 2016

ajout du 11 septembre 2016 : A Constantinople, dans l'hippodrome, il y avait des courses de chars avec 2 camps : les « bleus » et les « verts » qui quelquefois s'affrontaient durement. Procope de Césarée (500/565) dans « Histoire secrète de Justinien » dit que le camp des « bleus » était des Vénètes. Mais quels liens avec les Vénètes bretons ou ceux de Vénétie ?

résultat du référendum de 1866 sur la base du monument à Victor-Emmanuel II à Venise. photo J.D. 2 février 2016

résultat du référendum de 1866 sur la base du monument à Victor-Emmanuel II à Venise. photo J.D. 2 février 2016

symbole romain sur la base du monument à Victor-Emmanuel II à Venise, photo J.D. 2 février 2016

symbole romain sur la base du monument à Victor-Emmanuel II à Venise, photo J.D. 2 février 2016

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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 07:22

C'est en juillet 1970, qu'avec Michèle, nous sommes allés en Italie pour la première fois. Nous avions déjà nos deux filles Anne et Claire, pas encore Marc, mais Michèle l'attendait et place Saint Marc, il fut décidé que si c'était un garçon, il s'appellerait Marc.

J'ai eu cette année là deux coups de foudre : pour Florence (Firenze) et pour Venise (Venezia). Amoureux de l'Italie tous les deux, nous sommes souvent retournés en Italie ; de la Savoie, il est vrai que c'est la porte à côté, en outre, quand nous sommes nés, en Italie il y avait encore un roi issu de la Maison de Savoie.

Les deux derniers séjours sont ceux de l'an 2000 (en Italie du nord jusqu'à Venise et de 2002 (Toscane, Rome et région de Naples jusqu'à Paestum). Ces années là nous sommes partis avec un couple d'amis, Claude et Yvette, originaires de Dunkerque mais Chartrains depuis 1963 et qui ne connaissaient pas l'Italie. De cette « Grande Armée » (de 4 personnes) qui a fait ces « campagnes d'Italie » il ne reste plus que deux « grognards », deux « vieux de la vieille »; Michèle est décédée en juillet 2003 et Yvette en mai 2012.

Je ne suis pas retourné à Florence depuis. Par contre, à Venise en avril 2013 avec l'amicale des anciens de ma commune et je me trouvais à Venise le jour de mes 74 ans. J'ai repensé à mon petit-fils Romain que nous avions emmené à Venise et qui a fait ses premiers pas place St Marc pour aller vers sa grand-mère. Il avait un an moins 2 jours (c'était le 29 avril 2000).

De Florence, parmi d'autres, j'ai un souvenir très particulier : en avril 2002, nous nous étions arrêtés à Barberino Val d'Elsa (à mi-chemin entre Sienne et Florence) et le premier jour que nous avons voulu aller à Florence (le mardi 16 avril 2002), il y avait une manifestation monstre dans tout le centre ville : impossible de circuler, nous avons dû renoncer et revenir le lendemain. Les manifestants n'avaient pas des bonnets rouges comme les Bretons mais des casquettes rouges avec 4 lettres écrites dessus. Ce n'était pas SPQR mais CGIL (Confederazione Generale Italiana del Lavoro). Autre temps autres mœurs. Dans La Repubblica, nous avons pu lire le lendemain, qu'il y avait eu 300.000 manifestants à Florence. Souvenirs...

Voici quelques données sur l'histoire de ces deux villes merveilleuses :

Florence :

1- Florence antique :

Situé sur l'Arno, le site de Florence dut être occupé par des peuples italiotes avant l'arrivée des Etrusques vers le neuvième siècle avant notre ère. Mais les Etrusques préférèrent le site de Fiesole et celui de Florence fut abandonné jusqu'à ce que le célèbre Jules César n'implante une colonie sur ce lieu au printemps de l'an -59. César peut donc être considéré comme le fondateur de la ville. La ville fut appelée Florentia par les Romains. Le forum romain se trouvait à l'emplacement de l'actuelle piazza della Repubblica.

L'origine des Etrusques est encore discutée. Ils s'étendaient sur un territoire plus vaste que l'actuelle Toscane. Les Romains empruntèrent beaucoup aux Etrusques aussi bien dans le domaine des croyances que dans tous les domaines techniques. Les Etrusques fournirent 3 rois à Rome : Tarquin l'Ancien (roi de -616 à -578), Servius Tullius (roi de -578 à -534) et Tarquin le Superbe (dernier roi de la Rome antique de -534 à -509).

2- La comtesse Mathilde :

Après la chute de l'empire romain d'Occident en l'an 476, Florence tomba sous la coupe de l'empire romain d'Orient (ou empire byzantin) puis sous celle des Lombards après l'invasion de l'Italie par les Lombards en l'an 568, puis sous celle des Carolingiens après la victoire de Charlemagne sur les Lombards en l'an 774, puis sous celle de la Francie orientale (qui devint le Saint Empire romain germanique avec le couronnement d'Othon par le pape Jean XII le 2 février 962) après la mort de Charlemagne (en 814). Selon un document de l'Ente Provinciale per il turismo di Firenze, Charlemagne assista à une messe de Noël à Florence en l'an 786.

Le Saint Empire délégua le pouvoir local à des marquis dont la première capitale fut à Lucques (Lucca).

Ugo, marquis de Toscane de 961 à 1001 transféra sa capitale à Florence. Ses successeurs eurent le titre de comtes de Toscane.

Mathilde née en 1046 fut au pouvoir de 1076 à son décès le 24 juillet 1115. Femme guerrière (comme Jeanne d'Arc), elle prit le parti du pape Grégoire VII dans la « guerre des investitures » qui opposait le pape à l'empereur Henri IV, malgré que la Toscane était vassale du Saint Empire. Mathilde gagna des batailles contre les troupes de l'empereur et c'est dans un château lui appartenant (à Canossa, en Emilie-Romagne à 32 kms au sud-est de Parme) que l'empereur fit « amende honorable » devant le pape, en 1077. Mais cela ne fut qu'un épisode, cette guerre des investitures reprit entre papauté et Saint Empire et ne prit fin qu'en 1122 et Mathilde soutint jusqu'au bout la papauté.

Décédée sans enfants de ses 2 maris successifs (duc de Lorraine et duc de Bavière), Mathilde légua ses territoires à la papauté. Cela assura de fait l'indépendance de Florence. Mathilde fut inhumée en la basilique Saint Pierre à Rome (les papes lui devaient bien cela) et Le Bernin réalisa pour elle, dans la basilique St Pierre (à droite de la nef), un monument funéraire somptueux en 1635.

3- La république de Florence :

Après le décès de la comtesse Mathilde, les Florentins décrétèrent la République. Celle-ci fut dirigée par un conseil des « 100 » et un exécutif comprenant 6 « prieurs » et un « gonfalonier de justice ». Cet exécutif était appelé la « Signoria » et siégea au palazzo Vecchio appelé aussi palazzo della Signoria. Cette République prit fin avec l'arrivée au pouvoir des Médicis en 1434. La République fit 2 réapparitions mais pour de brèves périodes. Voir sur le blog la fiche N° 45 intitulée « Les Républiques en Italie »http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-republiques-en-italie-79062862.html

4- L'expansion :

En 1125, Florence annexe Fiesole, en 1301 Pistoia, en 1384 Arezzo, en 1406 Pise (Pisa), en 1532 la Toscane est érigée en duché, en 1555 annexion de Sienne (Siena), en 1569 le duché de Toscane devient le Grand duché de Toscane. Cette expansion entraîne à Florence un développement important des activités de commerces et de banques et d'une classe de personnalités issues de ces milieux. En 1262, les Florentins inventent la « lettre de change » et la même période voit apparaître le « florin d'or » qui devint monnaie internationale jusqu'à ce qu'il soit supplanté par le ducat vénitien au XVe siècle.

5- Dante :

Dante Alighieri (1265/1321) est l'une des grandes figures de Florence et c'est à l'aura de son œuvre que la langue toscane doit d'être devenue la langue officielle de l'Italie au moment de l'unification de l'Italie, mais pour ne pas alourdir cette note, je vais faire une note distincte sur Dante.

6- Les Médicis :

La période des Médicis correspond à l'apogée de Florence. Les Médicis furent d'abord des entrepreneurs (industries de la laine et de la soie), des commerçants, puis des banquiers. La banque des Médicis fut fondée en 1397.

Les Médicis eurent d'abord un pouvoir de fait puis ensuite de droit. Le premier Cosme l'Ancien plaça tout son monde dans les institutions de la République de Florence et évinça les familles les plus ambitieuses. Il eut ainsi le pouvoir de fait à compter de 1434 jusqu'à sa mort en 1464. Il y eut des retours de bâtons, c'est ainsi qu'en 1478, Julien, fils de Cosme l'Ancien, fut assassiné par le clan des Pazzi. Mais Laurent (qui deviendra Laurent le Magnifique) frère de Julien, en réchappa et organisa une répression féroce contre les Pazzi.

C'est avec l'appui de Charles Quint que les Médicis consolidèrent leur pouvoir et eurent le titre de duc de Florence.

Ils furent des collectionneurs, des amateurs d'art, des mécènes et Florence aujourd'hui doit une grande partie de ses trésors aux Médicis. Ce n'est pas l'effet du hasard si Florence prit une part très importante dans le mouvement de la Renaissance et vit l'émergence de beaucoup de talents artistiques. Cette famille fournit 2 papes à la chrétienté : Léon X pape en 1513 et Clément VII pape en 1523, elle fournit également 2 reines à la France (voir sur mon blog la fiche N°81 : »Les Médicis reines de France »)http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-medicis-reines-de-france-113493818.html

7- parenthèse française :

Le règne des Médicis sur Florence se termina avec la mort de Jean Gaston de Médicis le 9 juillet 1737 (treizième Médicis ayant régné sur Florence et la Toscane). Il mourut sans enfants. Il était homo et ce ne sont pas ses « mignons » qui lui donnèrent une descendance ! Cela mit fin à la dynastie des Médicis.

Le Grand Duché de Toscane revint aux Habsbourg-Lorraine liés à la Maison d'Autriche. C'est Anne-Marie-Louise sœur de Jean-Gaston qui légua à Florence toutes les collections accumulées par les Médicis.

Napoléon Bonaparte fit la conquête de la Toscane en 1799, l'intégra à un royaume d'Etrurie en 1801 dont Florence devint la capitale, jusqu'à l'annexion pure et simple à la France en 1807. Florence devint le chef-lieu du département français de l'Arno. En 1809, Napoléon donna le titre de Grande duchesse de Toscane à sa sœur Elisa.

Avec la chute de Napoléon, le Grand duché de Toscane revint aux Habsbourg-Lorraine jusqu'à un référendum en 1859 qui permit à la Toscane de rejoindre le royaume de Sardaigne (en fait de Piémont) et Florence devint capitale du nouveau royaume d'Italie après Turin jusqu'en 1865 et avant Rome à partir de la fin de 1870.

8- Florence touristique :

Le centre historique de Florence fut classé au patrimoine mondial de l'Unesco dès 1982.

Dans le guide vert Michelin « Florence et la Toscane », voici la liste des monuments de Florence classés 3 étoiles :

*la Cathédrale (il duomo) avec un classement particulier 3 étoiles pour la coupole et pour le chevet.

*le Campanile

*le Baptistère (avec un classement particulier 3 étoiles pour les portes de bronze)

*le Palazzo Vecchio

*la Galerie des Offices (avec un classement particulier 3 étoiles pour la salle des Botticelli)

*la Galerie Palatine (à l'intérieur du Palais Pitti)

*le palais et Musée national du Bargello

*l'église Saint Laurent

*les tombeaux des Médicis

*la chapelle du Palais Médicis

*la Galerie des œuvres de Michel-Ange (dans la Galerie de l'Académie)

*les œuvres de Fra Angelico au couvent Saint Marc

sans parler des monuments classés 1 ou 2 étoiles dont beaucoup de villes françaises se contenteraient.

En partant du jardin de Boboli et du Palais Pitti, on a en enfilade : le Ponte Vecchio, la Piazza della Signoria avec juste à côté la Galerie des Offices et le Palazzo Vecchio, la place du Dôme avec le Dôme, le Baptistère et le Campanile, San Lorenzo, le Palais Médicis, la Galerie de l'Académie et le couvent-musée de Saint Marc.

En 1970, je fus tellement émerveillé de cette ville de Florence que je m'étais promis d'y passer la retraite. Cela ne se fera pas mais ce fut un rêve et dans la vie il faut bien avoir des rêves.

Venise :

1- fondation et évolution :

La date de l'an 811 de notre ère est parfois avancée comme date de fondation de Venise. D'autres sources donnent la date de 568 ou même de 421. La réalité est probablement plus complexe. De tous temps probablement les peuples qui habitaient la Vénétie cherchèrent refuge dans les îles de la lagune à chaque invasion et il y en eut beaucoup : les Huns et les autres. L'occupation dans ces îles dura plus ou moins longtemps selon les besoins. La Vénétie doit son nom au peuple des Vénètes qui occupaient la région avant la colonisation romaine au second siècle avant notre ère. Ce sont ces Vénètes qui ont donnaient leur nom à la Vénétie, ainsi qu'à Venise que les latins appelèrent Venetia d'où est dérivé l'actuel nom « Venezia ». Mais le peuple qui occupait l'actuel Morbihan en Bretagne s'appelait aussi Vénètes (c'est César qui le dit dans la guerre des Gaules) et les Vénètes de Bretagne (qui n'avaient pas encore de bonnets rouges!) ont eux donné leur nom à la ville de Vannes ; mais, à part le nom, on voit mal quel lien il pourrait y avoir entre les 2 populations.

A la chute de l'Empire romain d'occident (en 476), la Vénétie tomba sous la coupe de l'Empire romain d'Orient. On peut se demander si les premiers doges de Venise n'étaient des représentants de l'empire byzantin.

Quoi qu'il en soit, Venise se développa, et de cité sujette elle devint alliée avant de devenir rivale. Les habitants proclamèrent la République qui fut administrée à compter de 1172 par un Grand Conseil puis un exécutif de 10 membres appelé conseil des 10 et un Doge élu à vie par le Grand Conseil.

2- Saint Marc :

En l'an 828, 2 marins de Venise volèrent les reliques de Saint Marc l'évangéliste dans l'église saint Marc d'Alexandrie. C'est pour ces reliques que fut construit la célèbre basilique Saint Marc qui fut consacrée en 1094. Saint Marc devint le saint patron de Venise. Durant plus d'un millénaire, les chrétiens coptes d'Egypte réclamèrent la restitution de ces reliques de saint Marc. Finalement en juin 1968 le pape Paul VI accepta de rendre Saint Marc aux Coptes qui mirent ces reliques dans une cathédrale Saint Marc au Caire. Mais à mon avis, elles étaient plus en sécurité à Venise.

3- les guerres :

Au niveau des rivalités, la situation de Venise est encore plus complexe que celle de Florence. Située entre Orient et Occident, Venise prospéra grâce au commerce maritime et étendit sa domination sur les 2 rives de l'Adriatique ainsi que sur les îles de la Méditerranée orientale. Le développement de l'arsenal contribua à la puissance maritime de Venise, mais qui se heurta à l'ambition de beaucoup d'autres cités ou états.

*Il y eut la concurrence avec les autres républiques maritimes et particulièrement Gênes. La guerre entre la République de Gênes et celle de Venise s'étendit sur un siècle avec des batailles navales dont les principales furent celles de 1298 qui vit la victoire de Gênes et celle de 1372 à l'avantage de Venise. Cette guerre de « cent ans » se termina par le traité de Turin en 1381 qui consacra la victoire de Venise.

*Puis les empiétements de Milan. Au début du quinzième siècle, Venise s'était emparé d'un important territoire en Italie du Nord : Vérone, Vicence, Padoue, Udine, Brescia, Bergame … ce qui entraîna des conflits avec Milan. En 1425, Venise s'allia avec Florence contre Milan. Il y eut plusieurs traités en 1433, 1441, et 1454 qui finirent par régler les questions de frontières entre Milan et Venise.

*la rivalité avec l'empire byzantin, puis avec l'empire Ottoman. Les Vénitiens n'eurent pas la capacité de comprendre que l'empire byzantin les protégeait de l'invasion musulmane et en 1204, les Vénitiens détournèrent la quatrième croisade pour s'emparer de Constantinople (Byzance) et s'y livrer à des massacres et surtout à des pillages dont les Vénitiens rapportèrent un important butin. Cette croisade initiée par la papauté avait commencé sous le pape Célestin III puis poursuivie sous Innocent III, mais la papauté perdit le contrôle des opérations. C'est le doge Enrico Dandolo qui fut le chef de l'expédition dont Venise tira sur le court terme un supplément de richesse et de puissance. Mais en affaiblissant Byzance, Venise ouvrit à terme les portes de l'Europe à l'invasion musulmane et signa sa propre décadence. Après la prise de Constantinople (Byzance) le 29 mai 1453, les musulmans se répandirent sur l'Europe par l'est et en même temps s'emparèrent des possessions vénitiennes en Méditerranée. C'est ainsi que Venise perdit Rhodes en 1523, les îles du Dodécanèse en 1556, Chypre en 1570, la Crète en 1669 après un siège d'Héraklion qui dura 21 ans, etc, et ce malgré la victoire navale de Lépante en 1571.

La découverte de l'Amérique (1492) qui entraîna ensuite la création de nouveaux courants commerciaux à travers l'Atlantique, dont Venise fut exclue, acheva la décadence de la ville.

*Venise fut également impliquée dans les « guerres d'Italie ». Par le traité de Blois du 22 septembre 1504, le pape Jules II, le roi de France Louis XII et l'empereur d'Autriche Maximilien s'unissaient contre Venise. Une nouvelle ligue appelée « ligue de Cambrai » réunissaient, en décembre 1508, contre Venise : Jules II, Louis XII, Maximilien, Ferdinand II roi d'Aragon, l'Angleterre, La Savoie, Mantoue et Ferrare.

L'armée vénitienne fut vaincue par l'armée française de Louis XII (et Bayard) en subissant de lourdes pertes le 14 mai 1509 à Agnadel (entre Milan et Bergame). Le pape Jules II probablement inquiet de voir le renforcement de l'influence française en Italie renversa les alliances en 1511 et s'unit à Venise, à l'Angleterre, à l'Espagne et au Saint Empire contre la France. Mais le 23 mars 1513, c'est Venise qui s'alliait à la France.... Un peu compliqué mais tout cela pour montrer que l'histoire de Venise, ce n'est pas seulement l'histoire des carnavals ou des gondoles mais aussi l'histoire des guerres. C'est d'ailleurs le cas des autres cités ou Etats et ce n'est pas à la gloire de l'espèce humaine. Cette réflexion me fait penser à la tirade du loup dans la fable « Les Compagnons d'Ulysse » de la Fontaine.

*Le 12 mai 1797, la République de Venise, qui n'était plus que l'ombre d'elle même, se rendait à Bonaparte, lequel mettait fin à la République de Venise et livrait ensuite Venise et la Vénétie aux Autrichiens par le traité de Campoformio le 17 octobre 1797.

*Pour la suite voir sur mon blog, la note N°45 (les Républiques en Italie) et 55 (la fin des 4 empires)http://jean.delisle.over-blog.com/article-la-fin-des-4-empires-97643758.html.

4- Venise et l'eau :

Venise fut bâtie sur des îles de la lagune mais aussi directement sur la lagune par remblaiement, renforcé par des pilotis. La ville est confrontée à deux problèmes majeurs qui se cumulent :

*la ville s'enfonce lentement mais régulièrement c'est ainsi que depuis le 17e siècle la ville de Venise s'est enfoncée de 60 cms. Le soubassement des constructions avait été réalisé en pierres hydrofuges capables de résister à l'eau de mer. L'abaissement de la ville ne met plus les constructions à l'abri des attaques de l'eau salée à chaque « acqua alta » qui en outre sont de plus en plus fréquentes. En même temps par suite du réchauffement climatique le niveau des mers monte lentement mais semble-t-il sûrement, ce qui se cumule avec le phénomène précédent. D'importants investissements sont réalisés pour sauver Venise : traitement des soubassements, reconstitutions d'îlots disparus etc. Seront-ils suffisants ?

5- la peinture vénitienne

A Venise comme à Florence, la prospérité et les réalisations prestigieuses suscitèrent nombre de vocations artistiques et à Venise principalement dans le domaine de la peinture. Il suffit de citer des noms : Le Titien, Véronèse, Tintoret, Canaletto, Tiepolo, Carpaccio etc

Cette école vénitienne de la peinture fut souvent comparée, voire opposée à l'école de Rome qui peut aussi aligner des noms prestigieux comme Léonard de Vinci, Michel- Ange etc. L'une la vénitienne étant considérée comme l'école de la couleur et l'autre comme l'école du trait, ce qui est bien sûr réducteur, mais il y eut quand  même deux écoles différentes. Ajoutons que l'école de Rome est en grande partie une école florentine ou à tout le moins toscane, mais ces artistes ayant beaucoup travaillé à Rome (Saint Pierre, chapelle Sixtine …) ils furent assimilés à l'école de Rome.

Mais avec tout cela on comprend comme je l'ai déjà indiqué dans une autre note que l'Italie soit en tête des nations pour le nombre de classements au patrimoine mondial de l'UNESCO.

J.D. 27.12.2013

P.S. selon le journal en ligne du Figaro économie du 2 janvier 2014, à compter du 1er novembre 2014, les navires de plus de 96.000 tonnes ne pourront plus emprunter le canal de la Giudecca. Un chenal va être creusé pour détourner les navires sur la passe de Malamocco au sud, longueur du chenal, 4,5 kms, profondeur 10 mètres, largeur 250 mètres. Coût prévisionnel : 150 millions d'euros

Le Dôme de Florence, photo Michèle Delisle le 27 juin 1999, vue prise du Campanile

Le Dôme de Florence, photo Michèle Delisle le 27 juin 1999, vue prise du Campanile

le lion de Saint Marc sur la tour de l'horloge, sur le campanile et au musée Correr, photos J.D. 10 février 2015

le lion de Saint Marc sur la tour de l'horloge, sur le campanile et au musée Correr, photos J.D. 10 février 2015

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