Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 16:54

La guerre de 1870 fut un terrible désastre pour la France.

Bismarck avait savamment préparé son coup pendant qu'en France Edmond le Bœuf Sinistre de la guerre et maréchal de France affirmait : « il ne manque pas un bouton de guêtre à nos soldats ». Ce « le Bœuf » aurait mieux fait de s'appeler « l'âne ». Ce qui fait immanquablement penser à celui (Paul Reynaud) qui déclarait en septembre 1939 : « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts » ! On peut d'ailleurs trouver un certain nombre d'analogies entre la guerre de 1870 et celle de 1940. Dans les deux cas, ce fut la France qui déclara la guerre, en 1870 sans avoir les moyens de la faire et en 1939 sans la faire, il fallut attendre le bon vouloir des nazis en mai 1940 pour que notre déclaration de guerre se transforme en guerre !

petit rappel des faits :

*1864 : la Prusse, s'allie à l'Autriche et fait la guerre au Danemark, ce qui fut appelé « la guerre des Duchés ». Pauvre Danemark, 2 armées ennemies pour le prix d'une !

Trois Duchés furent la dépouille que se partagèrent les vainqueurs, au traité de Vienne le 30 octobre 1864. La Prusse y avait gagné une extension territoriale et un excellent entraînement à la guerre pour ses troupes.

*1866. Exploitant un différent sur les Duchés annexés, la Prusse déclara la guerre à l'Autriche. Cette guerre commencée le 23 juin était quasiment terminée le 3 juillet lors de la cuisante défaite autrichienne à Sadowa (lieu situé en Bohême dans l'actuelle République Tchèque). Le nouveau royaume d'Italie s'était allié à la Prusse, et malgré la défaite de l'armée italienne commandée par Alfonso La Marmora, le 24 juin 1866, l'Italie récupéra la Vénétie que l'Autriche occupait encore. Quand à la Prusse, outre de nouvelles extensions, un nouvel entraînement à la guerre pour son armée, elle prenait à l'Autriche le premier rôle sur l'espace germanique.

*1867, la Prusse parvint à organiser une « confédération des États d'Allemagne du Nord » dont elle prenait le contrôle

*1870, Bismarck, qui cherchait la guerre, provoquait la France ; c'est la fameuse dépêche d'Ems du 14 juillet 1870, qui rendait compte d'une entrevue entre le roi de Prusse et l'Ambassadeur de France à Berlin et que Bismarck avait falsifiée.

*Dès le 19 juillet, la France déclarait la guerre à la Prusse et mobilisait 900.000 soldats, pendant que les Prussiens en alignaient 1.200.000, en outre mieux armés, mieux entraînés et mieux commandés. En prime, la déclaration de guerre à l'initiative de la France, permettait à la Prusse de présenter la France comme l'agresseur et la Prusse comme l'agressée !

*Le premier affrontement entre les 2 armées eut lieu dès le 4 août 1870 à Wissenbourg (dans le Bas-Rhin). Le 2 septembre Napoléon III avec une armée de 80.000 hommes était contraint de capituler à Sedan et abdiquait de son titre d'Empereur le 4 septembre ce qui entraînait la proclamation de la troisième République française.

*Dès le 18 septembre, la ville de Paris était assiégée

*le 28 septembre 1870, Strasbourg capitulait

*le 27 octobre Bazaine capitulait à Metz avec 173.000 soldats et 1700 pièces d'artillerie.

*La première assemblée législative de la troisième République réunie à Bordeaux, parvient à créer une nouvelle armée appelée armée de l'est, en confie le commandement au général Bourbaki et lui demande de secourir Belfort assiégée par les Prussiens.

*Malgré des combats du 15 au 17 janvier 1871, Bourbaki ne parvient pas à déloger les Prussiens qui en outre envoient une nouvelle armée pour prendre les Français en tenaille.

*Le 26 janvier Bourbaki confie le commandement de l'armée au général Clinchant, puis tente de se suicider.

*Clinchant ne sachant pas mieux que Bourbaki comment s'en sortir et ne voulant pas tomber aux mains des Prussiens, rencontre le 1er février 1871 le général Herzog commandant en chef des armées suisses à Verrières, commune suisse frontalière située dans le canton de Neuchatel, district de Val de Travers, en fait, à une dizaine de kms à l'est de Pontarlier. Grâce à un accord connu sous le nom de « convention des Verrières », l'armée française, en piteux état, se livre aux Suisses : 87.847 soldats dont 2467 officiers, 11.800 chevaux, 285 canons et 1158 voitures.

*Mais les Suisses qui avaient proclamé leur neutralité dans le conflit, ne voulant pas mécontenter les Prussiens et surtout le terrible Bismarck, désarment les Français à leur passage de frontière et les traitent comme prisonniers de guerre.

*En fait, beaucoup furent dirigés vers des établissements hospitaliers et soignés et les Suisses sauvèrent la vie de beaucoup de nos soldats.

*Pendant ce temps là, en France, l'empire allemand avait été proclamé dans la galerie des glaces à Versailles le 18 janvier 1871, un armistice le 28 janvier (sauf pour le front de l'est) et des préliminaires de paix furent ratifiés le 2 mars 1871.

*Les Français prisonniers des Suisses furent rapatriés entre le 13 et le 24 mars 1871. Mais au préalable, les Suisses avaient réclamé à la République française, le remboursement des frais de garde ! Ce qui fut fait en août 1872 par le versement à la Suisse de 12 millions de francs (suisses).

Cet épisode semble oublié, mais il n'empêche que les Suisses peuvent se vanter d'avoir fait prisonniers 87.847 soldats français soit tout ce qu'il restait de l'armée de l'est.

Un tableau peint en 1881 par Édouard Castres, représente le passage de la frontière par cette armée. Ce tableau est exposé au musée de Lucerne, on en trouvera une reproduction en illustration.

J.D. 26 juillet 2016

l'armée française franchissant la frontière suisse, photo du tableau : J.P. Neri

l'armée française franchissant la frontière suisse, photo du tableau : J.P. Neri

Partager cet article
Repost0
6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 17:23

Tout le monde connaît Auguste Bartholdi pour la statue de la Liberté que tous les touristes vont visiter à New-York. Mais ce Bartholdi fut le créateur qu'un grand nombres d’œuvres que l'on trouve un peu partout mais dont la plupart du temps les gens ignorent l'auteur.

Auguste Bartholdi : Il naquit à Colmar le 2 août 1834 sous le nom de Frédéric Auguste Bartholdi, d'une famille originaire de la Rhénanie allemande. Après le décès de son père en 1836, sa mère s'installa à Paris (rue des Marchands, aujourd'hui musée Bartholdi ) tout en conservant sa maison de Colmar à laquelle Auguste restera attaché ainsi qu'à sa ville natale. Cette maison de Colmar fut transformée en musée Bartholdi en 1922. Il étudia au lycée Louis le Grand à Paris et fut bachelier en 1852.

Il fut ensuite l'élève du peintre Arry Scheffer (1795/1858), de l'architecte Viollet-le-Duc (1814/1879) et du sculpteur Antoine Etex (1808/1888). Il fit un premier voyage en Egypte et au Yémen en 1855. Il reviendra en Egypte en 1869 et proposera une statue colossale sur le thème de « l'Egypte éclairant l'Orient » pour orner l'entrée du canal de Suez. Cela n'eut pas de suite en Egypte mais devint la statue de la Liberté à New-York.

Durant la guerre de 1870, il fut d'abord adjudant-major dans la garde nationale de Colmar puis aide de camp de Garibaldi (sur l'intervention de Garibaldi en France durant la guerre de 1870, voir la fin de la note N°1 : http://jean.delisle.over-blog.com/article-reunion-de-la-savoie-et-de-l-arrondissement-de-nice-a-la-france-en-1860-55731847.html

Il signa les sculptures de son nom mais ses peintures sous le pseudonyme d'Amilcar Hasenfratz, nom originaire de l'est qui veut dire « face de lièvre ». On ne sait pas pour quelles raisons il prit ce pseudonyme.

Il épousa le 15 décembre 1875 Jeanne-Emilie Baheux de Puysieux. Mariage célébré aux Etats-Unis à Newport dans l'Etat de Rhode Island (au nord de New-York). Ils n'eurent pas de descendance.

Il fut admis à la loge « Alsace-Lorraine » à Paris où il fut initié le 14 octobre 1875. Cette loge affiliée au Grand Orient de France eut des membres prestigieux (Voltaire, La Fayette, Joseph Bonaparte, puis Emile Combes, Paul Doumer, Félix Faure, Jules Ferry, Léon Gambetta, Rouget de Lisle, Victor Hugo....) ce qui ouvrit à Bartholdi un champ d'importantes relations. Il décéda le 4 octobre 1904 à Paris et fut inhumé au cimetière du Montparnasse.

Ses principales œuvres :

I à Colmar :

Bartholdi réalisa plusieurs œuvres pour sa ville natale :

*bas-relief de Françoise de Rimini : personnage de la Divine Comédie de Dante (au chant V de l'Enfer), œuvre de 1852, au musée Bartholdi de Colmar. Francesca da Rimini (vers1255/vers1285) fut mariée vers 1275 avec Gianciotto Malatesta. Elle eut une liaison avec son beau-frère (Paolo Malatesta). Le mari surprenant les amants les poignarda tous les deux.

*le monument au général Rapp (inauguré le 31 août 1856, démantelé en 1940, restauré et inauguré une seconde fois le 2 février 1946), : Jean Rapp (1771/1821) originaire de Colmar fut général de division dans la cavalerie et aide de camp de Napoléon. Il se distingua dans de nombreuses batailles dont Austerlitz. Sa statue de 3,50 mètres de haut est en bronze sur un socle de granit de 4,20 mètres de haut. Il est situé sur la Grand Place de Colmar (place Rapp).

*la statue de Martin Schongauer (statue de 2,25 mètres de haut en grès rose des Vosges réalisée en 1863) Il s'agit d'un hommage à un peintre et graveur né à Colmar (1445/1491). Au musée Unterlinden de Colmar (rue Unterlinden). A l'origine, la statue surmontait une fontaine qui fut démembrée en 1958. La statue seule fut à nouveau inaugurée le 29 juin 1991

*monument à l'amiral Armand Joseph Bruat (inauguré le 21 août 1864, détruit en septembre 1940, remis en 1958), place du Champ de Mars. Ce Bruat né à Colmar en 1796 fit une brillante carrière dans la marine. Il participa entre autres à la bataille de Navarin en 1827 et à la guerre de Crimée en 1855. Il fut un moment gouverneur des Etablissements français de l'Océanie. Il mourut du choléra en 1855 à Messine

*le génie funèbre : bronze de 1866 dans l'escalier du lycée Bartholdi 9 rue du Lycée à Colmar. Il s'agit d'une sculpture en bronze de 78 cms de haut faite par Bartholdi à la demande de son ami Auguste Nefftzer qui avait perdu son fils Georges le 6 septembre 1865. Il fut inhumé au cimetière de Montmartre à Paris. Les petites filles d'Auguste Nefftzer firent don de la sculpture à Colmar. L'inauguration à Colmar eut lieu le 24 février 1957.

*le petit vigneron alsacien : sculpture en bronze de 1,70 mètre de haut inaugurée le 15 août 1869 d'abord à l'angle de la rue des Vignerons et de la rue des Ecoles, dans une niche. Remplacée par une copie en 1986 tandis que l'original est au musée Bartholdi de Colmar (30 rue des Marchands). Une autre copie a été réalisée et offerte à la ville de Princeton (dans le New-Jersey, au sud de New-York) lors du jumelage avec Colmar le 15 décembre 1986.

*monument funèbre des gardes nationaux tués en 1870 au cimetière de Ladhof en 1872. Trois membres de la garde nationale de Colmar (Joseph Voulminot, Joseph Wagner et Linck) furent tués le 14 septembre 1870 sur le pont de Horbourg lors de l'arrivée des Prussiens à Colmar. Le monument en grès rose des Vosges et bronze, fut enlevé en 1916, gardé au musée Bartholdi, remis en place et inauguré le 23 mars 1919, enlevé à nouveau en septembre 1940 et remis à la Libération

*fontaine de Jean Roesselmann en 1888, place des Six-Montagnes-Noires. Ce Roesselmann fut prévôt de la ville de Colmar au XIIIe siècle. Sa statue en bronze fut déposée en 1943 et remise en 1945. Elle est placée sur un monument de pierres blanches orné de 4 poissons en bronze qui servent de déversoir.

*monument Gustave Adolphe Hirn en 1894, Bd du Général Leclerc, square Hirn ou square de la Chapelle Saint Pierre. Ce Hirn (1815/1890) fut industriel, physicien et violoniste. Il s'agit d'une statue en bronze sur un socle en granit rouge réalisé par Albert Hatz de Colmar

*monument fontaine au baron Lazare de Schwendi place de l'Ancienne Douane en 1898. Schwendi (1522/1583) fut diplomate et général au service de Charles Quint.

*Adieu au pays groupe en plâtre en 1900, de 1,30 mètre de haut au musée Bartholdi de Colmar pour commémorer l'exil d'Alsaciens et de Lorrains suite à l'annexion par l'Allemagne après la guerre de 1870

*les grands soutiens du monde : statue allégorique en bronze représentant la justice, le travail et la patrie soutenant le monde, réalisée en 1902 et installée au musée Bartholdi en 1909

*le tonnelier alsacien sculpture en étain réalisée en 1902 et placée au couronnement de la maison des Têtes 19 rue des Têtes

*quatre statues allégoriques : L'Orfévrerie, la Gravure, la Peinture et l'Etude, réalisées en 1861 : au musée Bartholdi. Deux copies (la Gravure et l'Orfévrerie) ont été achetées en 1992 par le musée de la vie romantique (16 rue Chaptal Paris 9e)

A Colmar, il y a une rue Bartholdi, un musée Bartholdi, un lycée Bartholdi (ancien collège royal, devenu en 1856 lycée impérial) , un restaurant Bartholdi

II-Ailleurs en France :

*monument du général Jean-Thomas Arrighi de Casanova (1778/1853) en 1867 à Corte (Corse). Né à Corte il fut général de division dans la cavalerie et duc de Padoue

*à Gambetta les Alsaciens reconnaissants : en 1872, au musée Henri-Martin à Cahors (Lot), bronze sur socle de marbre rouge : un femme tient dans ses bras son mari décédé + un enfant

*statue de Vauban place d'Armes à Avallon (Yonne), fut inaugurée le 26 mars 1873 en présence de Denfert-Rochereau (voir ci dessous à Lion de Belfort). Il s'agit d'une statue en bronze de 3 mètres de haut sur un socle de 3 mètres de haut également en granit gris de Saint Léger-Vauban (village natal de Vauban dans l'Yonne où se trouve une autre statue de Vauban mais qui n'est pas de Bartholdi). Une étude réduite de 57 cms de haut se trouve au musée Bartholdi de Colmar

*statue de Jean-François Champollion dans un bloc de marbre de 2 mètres de haut en 1875 dans la cour du collège de France rue des écoles à Paris (5e). La statue représente un Champollion pensant , un pied sur une tête de pharaon. En 1905, la veuve de Champollion fit don à la ville de Grenoble du plâtre original qui fut à partir de 1930 au lycée Champollion et subit de nombreux outrages de la part des générations successives d'élèves. Au musée de Grenoble depuis 1994. Une restauration a été effectuée et un double a été reproduit numériquement.

Jean-François Champollion naquit à Figeac le 23 décembre 1790. Il vint rejoindre son frère aîné (Jacques-Joseph) à Grenoble le 27 mars 1801. Il est surtout connu pour avoir déchiffré les hiéroglyphes en septembre 1822. Egyptologue, il s'intéressa aussi aux Etrusques. C'est lui qui organisa la première collection au musée égyptien de Turin (musée considérablement agrandi qui a réouvert le 1er avril 2015). Il mourut à Paris le 4 mars 1832. Un musée qui lui est consacré à Figeac a été inauguré le 19 décembre 1986. Une maison qui appartint à Jacques-Joseph (à Vif au sud de Grenoble) est la propriété du Conseil Général de l'Isère depuis 2001 a aussi été transformée en musée Champollion. Fermée depuis plusieurs années pour restauration ; la date de sa réouverture semble digne des énigmes du sphinx.

*sculpture dédiée aux défenseurs de Brisach en 1875 à Neuf-Brisach (Haut-Rhin) à la porte de Bâle

*monument à Gribeauval : en 1879, au musée de l'armée à Paris . Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval fut officier et ingénieur. Né à Amiens le 15 septembre 1715 et mort à Paris le 9 mai 1789. Il réforma l'artillerie française et fut Maréchal de camp.

*le lion de Belfort terminé en 1879 sur la colline de la citadelle . Il s'agit d'une sculpture dans un bloc de grès rose de Pérouse (territoire de Belfort) sur un piédestal en rocaille. L’œuvre mesure 11 mètres de haut sur 22 de longueur. Elle symbolise la résistance de Belfort lors du siège de la ville par les Prussiens de décembre 1870 à février 1871. Résistance conduite par le colonel Denfert-Rochereau. Le monument a été classé aux Monuments Historiques le 20 avril 1931. Une inauguration officielle a été effectuée seulement le 18 septembre 2011. Une réplique se trouve place Denfert-Rochereau à Paris depuis 1880 et une autre à Montréal square Dorchester. La réplique de Paris est en cuivre martelé et mesure 4 mètres de haut sur 7 mètres de longueur. Au musée d'histoire de Belfort, depuis mars 2011, 6 salles sont consacrées à Bartholdi.

Personnellement j'aurais plutôt mis le lion à Lyon mais enfin...

*Monument à Rouget De Lisle à Lons le Saunier (Jura) inauguré le 27 août 1882, restauré en 1991 en prévision du bi-centenaire de la composition de la Marseillaise. Il s'agit d'une statue en bronze de 2,80 mètres de haut sur un socle en pierres. Sur Rouget De Lisle voir la note N° 49 http://jean.delisle.over-blog.com/article-rouget-de-lisle-le-et-la-86379435.html

*statue de Diderot à Langres (Haute Marne) en 1884 pour le centenaire de la mort de Diderot. Cette statue a été rénovée en 2008 avec une inauguration le 14 juin 2008.

Denis Diderot né à Langres le 7 octobre 1713, au 9 place Chambeau (place Diderot depuis 1884) décédé à Paris le 31 juillet 1784 fut philosophe, écrivain, romancier, critique d'art, traducteur... Sa statue est en bronze sur un piédestal cylindrique en pierre place Diderot. Diderot est surtout connu pour être le principal auteur avec d'Alembert de « l'Encyclopédie » réalisée de 1751 à 1772 qui comprend 28 volumes résumant les connaissances de l'époque avec 71.800 articles et 2885 gravures. Aux pieds de Diderot, la statue de Bartholdi, représente les volumes de l'Encyclopédie. Fin 2013, la ville de Langres a ouvert une « maison des Lumières » dédiée à Denis Diderot

*monument de Gustave Jundt en 1885 au cimetière du Montparnasse à Paris. Gustave Jundt fut peintre (Strasbourg 1830, Paris 1884)

*fontaine Bartholdi à Reims en 1885 : 3 cariatides soutenaient une vasque d'où coulait l'eau. Cette fontaine fut détruite durant la guerre de 14

*monument funéraire de Paul Bert à Auxerre (Yonne) en 1888. Ce Paul Bert naquit à Auxerre en 1833, il fut Résident Général au Tonkin et mourut à Hanoi en 1886

*Monument funéraire d'Emile Hubner à Mulhouse (Haut-Rhin) en 1890. au cimetière de l'avenue du Repos. Ce Hubner (1821/1888) fut ingénieur et industriel

*Léon Gambetta à Sèvres (Hauts-de-Seine) statue en bronze inaugurée le 8 novembre 1891. La statue est placée au dessus de 2 groupes en marbre représentant l'Alsace et la Lorraine. En 1920, le cœur de Gambetta a été déposé dans un soubassement du monument. Le monument a été classé aux Monuments Historiques le 3 juin 1991. Il est situé près de la maison des Jardies qui fut occupée par Balzac de 1838 à 1840 et achetée par Gambetta en 1878. C'est là qu'il décéda le 31 décembre 1882. La maison fut ensuite donnée à l'Etat qui la transforma en musée consacré à Balzac et surtout à Gambetta.

Gambetta naquit à Cahors (Lot) le 2 avril 1838 et commença une carrière politique après avoir été avocat. Il fut membre du gouvernement de défense nationale après la défaite de Sedan et l'abdication de Napoléon III ; Paris étant assiégé par les Prussiens, Gambetta se rendit célèbre à l'époque en quittant Paris en ballon le 7 octobre 1870 pour rejoindre des membres du Gouvernement qui étaient à Tours. Il fut Ministre de l'Intérieur de septembre 1870 à octobre 1881, Président de la Chambre des Députés de janvier 1879 à octobre 1811 et enfin Président du Conseil de novembre 1881 à janvier 1882.

*la fontaine de la place des Terreaux à Lyon : inaugurée en septembre 1892,

4,85 mètres de haut, 15 mètres de diamètre, comprend une armature en fer attribuée à Eiffel, du plomb et de la pierre. Poids total : 360 tonnes dont 21 tonnes de plomb.

Elle représente (après coup) une femme (la France) sur un char tiré par 4 chevaux (les 4 fleuves français). Elle a été classée aux Monuments historiques le 29 septembre 1995.

Une restauration est programmée à partir de 2015, durée 16 mois, coût prévisionnel 2.750.000 euros. La fontaine a été déplacée dans le cadre d'une restauration de la place des Terreaux.

Cette fontaine avait initialement été prévue pour Bordeaux qui la refusa parce que jugée trop chère. C'est Lyon qui la récupéra.

Les Lyonnais pourraient en faire une fable et l'appeler « la fable de la fontaine ». Quant aux habitants de la place des Terreaux, ils pouvaient s'auto-proclamer : « les gens de la fontaine ».

*statues de La Fayette et Washington en 1895 à Paris square des États-Unis (16e). Washington comme La Fayette était franc-maçon.

*George Washington naquit le 22 février 1732. Il prit le commandement des troupes américaines lors de la guerre d'indépendance contre les Anglais. Il fut élu premier président des Etats-Unis en 1789 et réélu en 1793. Il mourut le 14 septembre 1799 sans avoir voulu un troisième mandat.

Après son élection en avril 1789, il résida d'abord à New-York, puis le « Residence Act » de juillet 1790 fixa la capitale du nouvel Etat à Philadelphie pour 10 ans, c'est-à-dire le temps de construire une nouvelle capitale. Ce fut George Washington qui posa la première pierre de la Maison Blanche à Washington le 13 octobre 1792 pour le trois-centième anniversaire de l'arrivée en Amérique de Christophe Colomb. Le statut de la nouvelle capitale fut défini par «l'Organic Act » du 27 février 1801. Ce fut John Adams qui fut le premier président à occuper la Maison Blanche à compter du 11 juin 1800, mais George Washington a donné son nom à la capitale des Etats-Unis d'abord appelée « Federal city » ( cité fédérale ). Les plans de la nouvelle ville furent l’œuvre de l'architecte français Pierre Charles L'Enfant.

Le nom de Washington a également été donné à l'un des 50 Etats des Etats-Unis : l'Etat de Washington qui est devenu le quarante-deuxième Etat des Etats-Unis le 11 novembre 1889. Il est situé au nord-ouest des Etats-Unis avec le Canada en frontière Nord et le pacifique en frontière Ouest. Cet Etat de 184.824 km2 (le tiers de la France) a une population d'environ 7 millions d'habitants. Sa capitale est Olympia même si Seattle est plus peuplée et plus connue.

La capitale Washington n'appartient à aucun des 50 Etats, mais fait partie du district de Colombia (district of Colombia) (nom donné en l'honneur de Christophe Colomb). Pour éviter la confusion entre la capitale et l'Etat de Washington, la capitale s'écrit toujours « Washington D.C. ».

George Washington est décédé sans savoir qu'il avait donné son nom à la capitale et à l'un des Etats de l'Amérique.

*En ce qui concerne La Fayette (Gilbert du Motier marquis de La Fayette), il naquit dans la Haute-Loire le 6 septembre 1757. Après une formation militaire il s'embarqua ,sur son initiative personnelle, en 1777 à bord du navire « La Victoire » armé de 2 canons, avec 30 hommes d'équipage et quelques milliers de fusils pour aider les Américains dans leur guerre contre les Anglais. Arrivé le 13 juin 1777, il rencontra George Washington le 1er août et devint son aide de camp avec le titre de major général. Rentré en France en 1779, il repart aux Etats-Unis en 1780 à bord de « l'Hermione ». Entre-temps, La France a accordé son soutien officiel aux Américains (traité de Paris du 6 février 1778) et a envoyé des troupes commandées par Rochambeau et l'Amiral de Grasse. La Fayette participe à la tête des troupes de Virginie à la bataille de Yorktown le 17 octobre 1781 qui voit la défaite des Anglais et permet l'indépendance des Etats-Unis. La Fayette fut fait citoyen du Maryland le 28 décembre 1784. Rentré en France, durant la période révolutionnaire, il se retrouva à la tête de l'armée de l'Est puis du Nord. Il est fait prisonnier par les Autrichiens qui le livrent aux Prussiens. Détenu dans des conditions très difficiles, il sera libéré sur intervention de Bonaparte. Après la défaite de Waterloo, il proposa son aide à Napoléon pour lui faire gagner les Etats-Unis. Mais Napoléon préféra se livrer aux Anglais.

La Fayette mort à Paris le 20 mai 1834 reste le symbole de l'alliance et de l'amitié franco-américaine.

*statue de Vercingétorix place de Jaude à Clermont-Ferrand 1903. Il s'agit d'une statue équestre de 4 mètres d'envergure de Vercingétorix à Gergovie (victoire sur le célèbre César en juin -52). Cette sculpture est juchée à 8 mètres du sol sur un piédestal à 6 colonnes. Elle fut inaugurée le 12 octobre 1903 en présence d'Emile Combes alors président du Conseil et du général André ministre de la guerre. Vaincu à Alésia, Vercingétorix fut emmené à Rome pour figurer au triomphe de César. Il fut exécuté le 26 septembre -46 à l'âge de 26 ans.

L'inauguration à Clermont-Ferrand fut suivie d'un banquet qui se termina en pugilat qui a dû rester célèbre dans la mémoire locale.

*monument des 3 sièges : à Belfort place de la République. Œuvre posthume dessinée, voulue et commencée du vivant de Bartholdi mais terminée par les sculpteurs Noël et Dechin et inaugurée le 15 août 1913. Ce monument rend hommage :

au commandant Legrand (1759/1824) qui soutint le siège de Belfort en 1813,

au général Lecourbe (1759/1815) qui soutint le siège de Belfort en 1814,

au colonel Denfert-Rochereau (1823/1878) pour le siège de 1870/1871

Le monument comprend une partie centrale représentant la France et Belfort reposant sur 3 assises de pierres en grès rouge provenant des anciennes fortifications de Vauban ; cette partie centrale est entourée de 3 statues à la mémoire de Legrand, Lecourbe et Denfert-Rochereau.

III-Hors de France :

*monument funéraire de Gustave Salzmann 1872 (à Lancy, canton de Genève Suisse) peintre né à Colmar en 1811, décédé en Suisse à Nyon en 1872

*4 anges trompettistes dans l'église unitarienne baptiste de Boston (Massachusetts) en 1874

*monument à La Fayette en 1876, statue en bronze à Union Square à New-York

*fontaine du Capitole au parc Bartholdi (près du Capitole) à Washington 1878. Cette fontaine a été réalisée d'abord pour l'exposition universelle de Philadelphie. Elle est en bronze et 9,10 mètres de haut. Ornés de luminaires éclairés d'abord au gaz, ils furent électriques à partir de 1915

*statue de la Liberté à New-York inaugurée le 26 octobre 1886 sur l'île « Liberty Island » dont le nom primitif fut « Oyester Island » (l'île aux huitres) puis Bedloe's Island avant que l'usage ne l'appelle « Liberty Island », nom qui fut officiellement confirmé en 1956.

Le socle est l’œuvre de l'américain Morris Hunt. Bartholdi travailla 20 ans sur cette statue mais en réalisant bien d'autres ouvrages entre temps. Les fondations furent réalisées d'octobre 1883 à début août 1886. Une cérémonie de pose de la première pierre du socle, se déroula le 5 août 1886 et fut présidée par William A. Brodie Grand-Maître de la loge de l'Etat de New-York. Ce socle d'une hauteur de 47 mètres est constitué de béton et de pierres, recouvert de pierres granitiques du Connecticut (les piliers du pont de Brooklyn sont fabriqués avec la même pierre). Le socle d'un volume de 12.200 mètres cubes pèse 27.000 tonnes.

La statue elle-même, en cuivre, de 46 mètres de hauteur pèse 88 tonnes plus l'armature en fer (œuvre de Gustave Eiffel) qui pèse 130 tonnes.

Bartholdi réalisa d'abord des modèles en plâtre : un de 1,20 mètre puis un de 2,40 mètres et enfin un de 8,50 mètres avant de passer à la réalisation définitive. La statue fut réalisée en 12 morceaux qui furent assemblés en France à titre d'essai avant d'être démontés et expédiés aux États-Unis et remontés sur place.

Des souscriptions publiques en France et aux États-Unis furent organisées pour assurer le financement.

On trouve des copies en modèle réduit de la statue de la Liberté dans plus de 20 pays dont les Etats-Unis dans une trentaine de villes et en France dans plus de 20 villes :

à Blérancourt dans l'Aisne, à Nice (quai des Etats-Unis, installée en février 2014), à Narbonne (Aude), à Saint Affrique (Aveyron), à Angoulême (Charente) à Plaintel (Côtes-d'Armor), à Bordeaux et Soulac-sur-Mer (Gironde), à Lunel (Hérault), à Roybon (Isère, statue de 3 mètres de haut installée en 1906), à Saint-Etienne (Loire), à Cleguerec, Gourin et Ploeren (Morbihan), à Cambrin (Pas-de-Calais), à Colmar (2 statues dont une de 12 mètres de haut inaugurée le 4 juillet 2004 pour le centenaire de la mort de Bartholdi), à Lyon (au musée des Beaux-Arts), à Barantin et Ourville-en-Caux (Seine-Maritime), à Rozey-en-Brie (Seine-et-Marne), à Saint Cyr-sur-Mer (Var), à Poitiers (Vienne), à Chateauneuf-la-Fôret (Haute-Vienne), sans oublier Paris dans le jardin du Luxembourg, au musée d'Orsay et à l'extrémité aval de l'île aux Cygnes (inaugurée par Sadi Carnot le 4 juillet 1889) ainsi que la réplique de la flamme de la statue de la Liberté place de l'Alma.

*Christophe Colomb à Chicago en 1893. Statue de 2 mètres de haut fondue en argent massif.

Christophe Colomb naquit à Gênes en 1451. Il effectua 4 voyages entre l'Europe et l'Amérique pour le compte des rois d'Espagne. Le premier commença le 3 août 1492. C'est le 12 octobre que l'équipage, qui commençait à désespérer, aperçut la terre et le 13 qu'il débarquait. Colomb venait de découvrir l'Amérique en croyant être arrivé aux Indes en passant par l'Ouest. Il mourut à Valladolid le 20 mai 1506 sans savoir qu'il avait découvert un nouveau continent. Il est inhumé dans la cathédrale de Séville.

*La Suisse secourant Strasbourg à Bâle en 1895. Il s'agit d'un groupe de 4 personnages symbolisant : Strasbourg, la Suisse, l'amour de la patrie et un enfant.

*Monument des soldats français morts à Schinznach en 1901. Il s'agit d'un monument à la mémoire de 22 soldats français de l'armée de Bourbaki qui sont morts en 1871 à l'hôpital de Schinznach (canton d'Argovie en Suisse) qui les avait accueillis. Ils sont au cimetière de Birr-bei-Brugg. Le monument représente une victoire ailée en bronze.

IV-les peintures

Les tableaux de Bartholdi sont moins nombreux et moins connus que ses sculptures. En voici quelques-uns :

*1851 : « Horse Guards » crayon de graphite, encre aquarelle et lavis sur papier, 22,5 centimètres sur 14 au musée Bartholdi de Colmar

*1856 : « Trois cavaliers arabes » au musée Bartholdi de Colmar

*1860 : « café sur les bords du Nil » au musée Bartholdi de Colmar

*1869 : « Ismaïl Pacha » dessin du vice-roi d'Egypte au musée Bartholdi de Colmar

*1869 : « l'Egypte éclairant l'Orient » dessin au musée Bartholdi de Colmar

*1872 : « Green River » aquarelle de 34,5 centimètres sur 21,5, au musée Bartholdi de Colmar

En guise de conclusion :

La liste ci-dessus est loin d'être exhaustive. En l'état, elle donne néanmoins une idée de l'importance de l’œuvre de Bartholdi dans laquelle les sujets historiques tiennent une grande place. Certains personnages sculptés (ou tous?) étaient Francs-maçons. Il serait intéressant de savoir si les responsables des collectivités qui lui passèrent des commandes avaient un lien avec la Maçonnerie. Mais cela dépasse mes capacités de recherche.

Il me semble qu'en France Auguste Rodin (1840/1917) ou Camille Claudel (1864/1943) sont beaucoup plus connus comme sculpteurs que Bartholdi et pourtant son œuvre est immense et internationale.

En m'inspirant d'un vers célèbre de Victor Hugo, je dirais que l’œuvre de Bartholdi caractérise « le geste auguste du sculpteur » ou si l'on préfère « le geste du sculpteur Auguste ».

J.D. 6 avril 2015

Monument à La Fayette à New-York

Monument à La Fayette à New-York

le lion de Belfort

le lion de Belfort

fontaine Bartholdi place des Terreaux à Lyon, photo J.D. 2 août 2015
fontaine Bartholdi place des Terreaux à Lyon, photo J.D. 2 août 2015

fontaine Bartholdi place des Terreaux à Lyon, photo J.D. 2 août 2015

Partager cet article
Repost0
23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 17:56

En 1365, Charles IV empereur germanique passa en Savoie, en route vers Avignon où il allait pour se faire couronner « roi d'Arles » par le pape Urbain V. Le couronnement eut lieu le 4 juin 1365 dans l'église Saint Trophyme d'Arles.

LE ROYAUME D'ARLES :

Au début du cinquième siècle de notre ère, les Romains avaient laissé les Burgondes (originaires de l'Europe de l'est) s'installer dans une partie de la Gaule (région de la Savoie principalement) pour s'en faire des alliés contre les Huns (c'était les autres contre les Huns en précisant que la bataille des « champs catalauniques » où Attila fut vaincu par Aetius n'est pas située dans l'Ain mais dans l'autre c'est à dire près de Troyes dans l'Aube, ce qui n'en fait pas pour autant la guerre de Troie).

A partir de là s'étendit rapidement un royaume des Burgondes sur une grande partie du sud-est de la France mais pour relativement peu de temps car les Burgondes furent vaincus par les Francs au cours de plusieurs batailles entre 523 et 534.

Les Carolingiens firent l'unité de la France et même au-delà puisque le célèbre Charlemagne avait fixé sa capitale à Aix-la-Chapelle (Aachen pour les Allemands).

L'unité fut aussi brève puisque les petits-fils de Charlemagne se partagèrent son empire au traité de Verdun en 843. Toute la région sud-est se retrouva dans la « Lotharingie » en région tampon entre la « Francie occidentale » (future région francophone) et la « Francie orientale » (future région germanophone)

De rivalités en batailles et en divisions naquirent d'abord une Bourgogne transjurane et une Bourgogne cisjurane ou de Provence puis un royaume d'Arles en l'an 933 qui correspondait grosso-modo à l'ancienne Gaule narbonnaise.

La Savoie après avoir été allobroge, romaine, burgonde, franque, bourguignogne, s'était retrouvée dans le royaume d'Arles.

Se succédèrent comme rois d'Arles : Rodolphe II de 933 à 937, Conrad le Pacifique de 937 à 993 et Rodolphe III dit le Fainéant qui mourut le 6 septembre 1032. Sans descendant, en 1026, il avait institué Conrad II empereur germanique comme son héritier. Ce Conrad avait été confirmé roi d'Arles, le 2 février 1033 à Payerne (commune suisse du canton de Vaud) par une assemblée de notables et couronné roi d'Arles le 1er août 1034 à Genève par une assemblée d'évêques.

De son côté la France avait récupéré l'ancienne Bourgogne « transjurane » et voulait s'étendre. C'est pour se prémunir contre les visées d'extensions françaises que Conrad II Empereur germanique et roi d'Arles donna, en 1034, un titre de comte au Mauriennais Humbert et que commença l'histoire de la dynastie de la Maison de Savoie.

Amédée VI, le comte Verd avait obtenu, par décision du 17 mai 1361, de l'empereur Charles IV que la Savoie soit directement rattachée à l'autorité de l'empire et non plus par l'intermédiaire de ce royaume d'Arles.

C'est ainsi que la Savoie se retrouva directement vassale du Saint Empire romain germanique et le resta jusqu'à ce que les ducs de Savoie reçoivent un titre de roi suite aux traités d'Utrecht en 1713.

CHARLES IV A CHAMBERY :

A l'annonce de la venue de l'Empereur, le comte Verd s'était porté au devant de Charles IV, l'avait rejoint à Morat (en Suisse dans le canton de Fribourg) et l'avait accompagné par Payerne, Lausanne, Genève, Rumilly, jusqu'à Chambéry pour y faire une entrée triomphale le 11 mai 1365.

Le 13 mai 1365 eut lieu sur la place du château une cérémonie mémorable durant laquelle l'empereur, entouré des « princes-électeurs » (voir liste sur fiche N°167) investit le comte Verd d'un titre de « vicaire impérial » ce qui donnait à Amédée VI autorité sur de nombreux évêques dont ceux de Genève, Lausanne, Sion, Grenoble, Lyon, Turin etc

Il en coûta 100.000 écus d'or à Amédée VI ! Charles IV vendait titres et fonctions. Joseph Henri Costa de Beauregard écrit en 1816 (dans « mémoires historiques sur la Maison royale de Savoie ») que Charles IV avait « acheté en gros son empire pour le revendre en détail ».

La cérémonie fut suivie d'un grand banquet, puis le comte Verd accompagna l'empereur jusqu'en Avignon par Grenoble, Saint Marcellin, Valence … Ils arrivèrent en Avignon le 22 mai 1365.

Le 2 juin, d'Avignon, l'empereur autorisait la fondation à Genève d'une Université sous la protection des comtes de Savoie.

Cette décision associée au Vicariat livrait de fait Genève à la Maison de Savoie. Les souverains de Savoie successifs étendirent leur domination sur la Suisse sur un territoire qui correspond grosso-modo à la Suisse francophone d'aujourd'hui mais sans Genève

Les grandes manœuvres diplomatiques autant que militaires permirent à la Savoie de s'auto-proclamer un moment protectrice de Genève. Mais les Savoyards ne purent aller plus loin et leurs tentatives pour s'emparer de Genève se terminèrent par la lamentable (pour les Savoyards) nuit de l'escalade en décembre 1602, événement que les Suisses, légitimement, sont fiers de fêter régulièrement. Sur cette nuit de l'escalade, voir "Genève" sur la note N°56. Selon plusieurs sources, si les souverains savoyards avaient annexé Genève ils en auraient probablement fait leur capitale et quand on voit les investissements prestigieux qu'ils firent à Turin, les Genevois ont peut-être fait le mauvais choix mais on ne réécrit pas l'histoire ! Et en définitive ce sont les Genevois qui en 1816 ont récupéré 24 communes savoyardes qui font depuis partie du canton de Genève (voir liste sur note N° 142).

LA SUITE :

Les évêques concernés furieux de se retrouver sous la coupe du comte de Savoie multiplièrent les démarches tant auprès du Pape que de l'Empereur. Leurs démarches furent suivies d'effet puisque le 13 septembre 1366 Charles IV révoquait le vicariat impérial qu'il avait donné au comte Verd. Dans la foulée, l'université de Genève ne fut pas fondée tout au moins pas par la Savoie ni à la même époque puisque c'est Calvin en définitive qui fonda l'Université de Genève en 1559.

Nota : au quatorzième siècle on écrivait « verd » et non « vert » d'où sont restés : verdure, verdâtre, verdoyant, reverdir...Le surnom de Verd ayant été donné au comte Amédée VI et étant devenu son nom, il me parait qu'il y a lieu de lui conserver son orthographe d'origine. Il semble que je sois le seul de cet avis, mais comme le dit Victor Hugo : « s'il n'en reste qu'un... ». Personne ne m'en fera procès, encore que, par les temps qui courent, on se retrouve vite sur le mur des cons du syndicat de la magistrature !

J.D. 23 octobre 2014

références note N°56 : http://jean.delisle.over-blog.com/article-savoie-et-maison-de-savoie-99226231.html

références : note N°142 : http://jean.delisle.over-blog.com/2013/12/geneve-et-la-savoie-n-142.html

note N°167 : http://jean.delisle.over-blog.com/2014/12/marguerite-d-autriche-duchesse-de-savoie-n-167.html

Tour des Archives château des ducs, photo J.D. prise de la tour mi-ronde le 21 septembre 2014

Tour des Archives château des ducs, photo J.D. prise de la tour mi-ronde le 21 septembre 2014

Château des Ducs à Chambéry, tour mi-ronde depuis le portail Saint Dominique, photo J.D. 28 novembre 2014

Château des Ducs à Chambéry, tour mi-ronde depuis le portail Saint Dominique, photo J.D. 28 novembre 2014

Partager cet article
Repost0
10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 10:51

L'hebdomadaire Le Point daté du jeudi 8 décembre 2011 publie page 120 la liste des joueurs ou joueuses de tennis de nationalité française qui ont obtenu le statut de « réfugié fiscal » en Suisse. J'emploie cette expression à dessein.

Voici cette liste : Jo-Wilfried Tsonga, Richard Gasquet, Gaël Monfils, Marion Bartoli, Amélie Mauresmo, Arnaud Clément, Paul-Henri Mathieu, Julien Benneteau.

Sur internet il circule régulièrement des listes de Français riches qui se sont réfugiés fiscalement en Suisse avec à chaque fois des propos très hostiles envers ces mauvais citoyens. Personnellement je trouve cela un peu trop facile pour deux raisons :

*tous ceux qui les critiquent ne sont pas, eux, partis en Suisse, non pas par patriotisme fiscal, mais parce qu'ils n'en ont pas les moyens. Si ils étaient riches, il y a fort à parier que la plupart seraient aussi en Suisse.

*enfin, on ne peut pas éviter la question suivante : pourquoi les Suisses sont assez intelligents pour avoir un système fiscal attractif et pourquoi les Français sont assez bêtes pour avoir le système fiscal le plus répulsif d'Europe ?

Qu'on aille pas me citer la Suède etc comme pays ayant une fiscalité plus élevée que la France, car dans ces pays si la fiscalité est forte la redistribution est générale. En France la moitié des citoyens qui toute leur vie paient des impôts et des cotisations sociales n'ont droit à rien ou presque tandis que l'autre moitié a droit à tout.

L'assurance entraîne le risque c'est connu depuis longtemps. Le Point du 8 décembre consacre sa UNE et 20 pages à « la fraude sociale ».

J'ai le souvenir d'une émission sur l'impôt sur la fortune (ISF) sur la 6 dans « Capital », je crois que c'était en décembre 2006. Une scène se passait à Genève sur les quais du Rhône : un Suisse désignait des appartements occupés par des réfugiés fiscaux français et il concluait en disant : « il faut vraiment que la droite française soit la plus conne du monde, en maintenant l'impôt sur la fortune, ils font la fortune des banquiers suisses » ! C'est évident !

En septembre 2010, dans un article publié par Le Point, sur l'ISF et sur la base de chiffres de 2009, il était expliqué que l'ISF avait rapporté à l'Etat 3 milliards 400 millions d'euros mais que pendant le même temps, la perte de recettes fiscales dûe aux « réfugiés fiscaux » était estimée entre 12 et 15 milliards par an !

Pour avoir créé un impôt qui coûte au Trésor Public quatre fois plus qu'il ne rapporte, il faut vraiment que la gauche soit aussi la plus conne du monde !

Dur pour un seul peuple d'avoir à la fois la gauche et la droite la plus conne du monde ! Mais quelque part je me dis que les peuples ont les dirigeants qu'ils méritent ! Triste constat

Si l'opinion publique commence à être sensibilisée à la délocalisation des fortunes particulières pour échapper à l'impôt sur la fortune, elle l'est beaucoup moins en ce qui concerne les délocalisations fiscales d'entreprises, or Le Point daté du jeudi 5 avril 2012 publie (pages 88 à 90) un article intitulé "Les entreprises aussi aiment la Suisse". dans cet article, on apprend que les centrales d'achat d'Auchan, Carrefour, Casino, Intermarché sont à Genève, Conforama à Lausanne, Leclerc à Zurich, que Michelin et plusieurs filiales de Vincent Bolloré sont à Fribourg (où le taux d'impôt sur les bénéfices est de 8,5% contre 33,3% en France). Sont également cités comme ayant un siège ou une filiale en Suisse : Alcatel, Bouygues, Danone, Peugeot, Saint Maclou, Sodexo, Thalès, BNP, le Crédit Agricole, Louis Dreyfus etc sans oublier des multinationales qui ont transféré leur siège européen de Paris en Suisse.

Dans cet article, le conseiller général du canton de Saint Julien en Genevois explique : "Il s'agit de déplacer les bénéfices imposables dans un pays à taux élevé comme la France vers un pays à taux faible, la Suisse, en jouant sur les prix de transferts (de produits ou services) entre les filiales".

Cela s'est toujours pratiqué, mais l'accélération des temps de transports et surtout de transmission de l'information par l'informatique a augmenté le phénomène. Quand j'étais enfant, pour faire de la purée, on mettait des patates cuites dans une passoire et on appuyait dessus avec un pilon. Puis on appuyait, plus la purée sortait par tous les trous. La pression fiscale c'est comme le pilon de la purée, plus elle est forte, plus la matière fiscale imposable fout le camp par tous les trous ! Et si l'on se rappelle que l'un des principes fondateurs de l'union européenne est la libre circulation des personnes et des capitaux, alors, la messe est dite.

Si une tranche d'impôt sur le revenu à 75% devait être créée, à l'évasion fiscale due à l'impôt sur la fortune et à l'évasion fiscale due à l'impôt sur les bénéfices, il va bientôt falloir ajouter celle due à l'impôt sur le revenu.

Dans le journal en ligne du Point daté du 6 avril 2012, il y avait un article sur Patrick Bruel qui soutenait la campagne de Hollande mais qui ne le soutient plus depuis que le dit Hollande a annoncé une tranche d'impôt à 75%. Révélateur !

J.D. 10 décembre 2011, complété le 7 avril 2012

Partager cet article
Repost0
20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 09:04

La croix blanche est celle de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem, appelé aussi « Ordre des Hospitaliers », avant de devenir « l'Ordre de Rhodes », puis « l' Ordre de Malte ».

La croix rouge est celle des Templiers

et la croix noire celle des Chevaliers Teutoniques.

Enfin, en principe, car, au fil des siècles et selon les lieux, notamment la croix rouge semble avoir représenté les 3 ordres à un moment ou à un autre.

 

Les Hospitaliers :

En 1 048, des moines partis d'Amalfi sous la direction du vénérable frère Gérald se rendirent à Jérusalem et y fondèrent un hospice, dédié à Saint Jean Baptiste, pour accueillir les chrétiens qui venaient en pèlerinage au Saint Sépulcre, en terre musulmane puisque les Arabes s'étaient emparés de Jérusalem en l'an 638. Après la prise de Jérusalem par les croisés le 15 juillet 1099 et l'instauration d'un royaume chrétien de Jérusalem, les moines prirent le nom d'Ordre Hospitalier de Saint Jean de Jérusalem.

Cet ordre à vocation uniquement humanitaire à son origine se transforma en ordre militaire vers 1140, tout en conservant sa vocation hospitalière.

Après la reconquête musulmane, la défaite d'Hatin le 4 juillet 1187, la perte de Jérusalem reprise par Saladin le 2 octobre 1187 et celle de Saint Jean d'Acre en 1221, les Hospitaliers installèrent leur siège à Chypre en 1291, puis à Rhodes en 1302 après la perte de Chypre. C'est là qu'ils prirent le nom de Chevaliers de Rhodes... jusqu'à la perte de Rhodes en 1522.

En 1530, Charles Quint, par acte du 24 mars leur donna l'île de Malte, c'est ainsi qu'ils s'appelèrent Chevaliers de Malte. Cette île avait appartenu à Carthage puis aux Romains de -218 à 533, à Byzance de 533 à 869, aux Arabes de 869 à 1091, puis aux Normands en 1091 et enfin au royaume de Sicile à partir de 1127.

Le 18 mai 1565, une flotte turque débarqua 30.000 hommes pour s'emparer de l'île. Le Grand Maître de l'Ordre (Jean Parisot de la Valette) ne disposait que de 800 chevaliers et 1450 soldats. Ils parvinrent néanmoins à résister jusqu'à l'arrivée d'une armée espagnole le 7 septembre. Ils fondèrent La Valette à partir de 1566.

Malte resta un état souverain appartenant à l'ordre jusqu'à la conquête de Bonaparte en octobre 1798, les membres de l'Ordre se réfugièrent alors en Russie. Les Anglais s'emparèrent de l'île en 1800 et l'annexèrent officiellement en 1814. L'île de Malte devint indépendante le 21 septembre 1964, mais avec la reine d'Angleterre comme souveraine, jusqu'à la proclamation de la République le 13 décembre 1974.

L'Ordre de Malte participa de manière importante à la bataille de Saint Jean d'Acre en 1151, à celle d'Ascalon du 16 au 22 août 1153, à la célèbre victoire navale de Lépante le 7 octobre 1571 contre les Ottomans et fut également victorieux des Ottomans à la bataille navale de Damiette (au large de l'Egypte) le 16 août 1732.

Après la dissolution de l'Ordre des Templiers le 22 mars 1312 par le pape Clément V, l'ordre de Malte récupéra les biens des Templiers sauf bien sûr ceux que Philippe IV le Bel avait récupérés. En dehors de leurs possessions à Malte, l'Ordre s'était répandu dans toute l'Europe, mais perdit beaucoup de ses possessions en Allemagne et Europe du nord lors de la réforme protestante ainsi que ses possessions anglaises en 1540.

En 1834, le Pape Grégoire XVI autorisa l'installation de l'Ordre de Malte à Rome au palais de Malte, sur un terrain de 12.000 m2. C'est toujours là que se trouve le siège de l'Ordre. Un certain nombre de gouvernements ont reconnu la souveraineté de l'Ordre de Malte sur ce territoire de 12.000 M2, ce qui permet à l'Ordre d'avoir des représentations dans diverses instances internationales.

Depuis le XIXe siècle, l'ordre est uniquement caritatif et s'est répandu dans de nombreux pays. En 1998, le gouvernement maltais autorisa l'ordre à se réinstaller au fort Saint Ange à La Valette.

A ses débuts les membres religieux de l'ordre portaient une cape noire à croix blanche, jusqu'à ce que la croix blanche sur fond rouge devint leur emblème. La forme de leur croix a reçu le nom de « croix de Malte ». En 1999, l'Ordre de Malte célébra le neuf-centième anniversaire de sa fondation.

Il existe également une branche protestante et une branche orthodoxe de l'Ordre de Malte. Les 3 branches (catholique, protestante et orthodoxe) ont, pour leurs actions caritatives, un comité de coordination situé à Berne.

 

Les Templiers :

Après l'instauration du royaume chrétien de Jérusalem, il fallut défendre le territoire repris aux Musulmans et assurer la sécurité des pèlerins qui venaient en Palestine. L'Ordre religieux et militaire des Templiers fut fondé en 1119 par Hugues de Payns et Godefroy de Saint Omer. Le roi de Jérusalem Beaudoin II leur concéda une partie de son palais à l'emplacement de l'ancien temple de Salomon. Cet ordre qui s'appela d'abord « ordre des pauvres chevaliers du Christ et du temple de Salomon », prit vite le nom de Chevaliers du Temple puis de Templiers. La règle de l'ordre fut approuvée par le concile de Troyes le 13 janvier 1129. Cette règle était un mélange de la règle de Saint Benoit et de Saint Augustin.

Les templiers furent une force militaire d'élite. Ils participèrent à de nombreuses batailles, celles où les chrétiens furent vainqueurs : celle du 16 au 22 août 1153 pour la prise d'Ascalon sous Beaudoin III (mais les templiers qui s'étaient élancés les premiers furent pris, exécutés et leurs corps exposés sur les remparts dont celui de Bernard de Tramolay alors maître de l'ordre), celle de Montgisard le 25 novembre 1177 sous Beaudoin IV, celle d'Arsouf le 7 septembre 1191 sous la conduite de Richard Cœur de Lion, celle de Mansourah sous la conduite de Louis IX (Saint Louis) le 8 février 1250..., mais aussi à des batailles qui furent gagnées par les Musulmans : la reprise d'Ascalon par Saladin le 4 septembre 1187, de Jérusalem le 20 octobre 1187, de Saint Jean d'Acre en 1191 etc.

Saladin avait une haine particulière envers les Templiers, ceux qu'il faisait prisonniers étaient décapités. Des Templiers participèrent également à des opérations militaires en Espagne dans le cadre de la « reconquita ». Pour se financer et financer leurs opérations, les Templiers fondèrent dans plusieurs pays d'Europe (spécialement France, Belgique, Italie, Espagne, Portugal) un réseau de monastères appelés « commanderies ». Les succès militaires des Templiers leur attirèrent la sympathie de toute la chrétienté occidentale et l'Ordre reçut de nombreuses donations. Ils firent fructifier leur domaine qui ne cessait de grandir. Leur fortune leur permit d'assumer un rôle de banque. Ils furent même gardien de certains trésors royaux.

Après la disparition du royaume chrétien de Jérusalem, les Templiers achetèrent l'île de Chypre à Richard Cœur de Lion et y installèrent leur siège. Mais ils avaient été créés pour défendre le royaume chrétien de Jérusalem; dans la mesure où celui avait disparu, la papauté se demanda si il fallait maintenir l'Ordre. Il fut d'abord proposé de le fusionner avec les Hospitaliers, mais les Templiers y étaient opposés. Leur fortune suscita des convoitises et pour corser le tout il y eut conflit entre la papauté et certains souverains, dont le roi de France Philippe IV le Bel, pour savoir qui allait contrôler cette force armée.

L'avide roi de France Philippe IV le Bel qui avait déjà expulsé les Juifs de France en juin 1306 pour récupérer leurs biens, confia à son confident, Guillaume de Nogaret, le soin de monter une opération contre les Templiers. Les 13 et 14 octobre 1307, dans toutes les commanderies de France, les templiers furent arrêtés. Sous la torture certains avouèrent les vices que leurs bourreaux voulurent leur faire avouer. Les Templiers furent accusés de sorcellerie. Un premier contingent de 54 templiers fut envoyé au bûcher le 12 mai 1310. Le Pape Clément V prononça la dissolution de l'Ordre du Temple le 22 mars 1312 lors du concile de Vienne, puis les biens des Templiers furent dévolus aux Hospitaliers par une bulle papale du 2 mai 1312, sauf en France ou Philippe le Bel fit mains basses sur tous leurs biens. Il était parvenu à ses fins et bien ingratement car fin décembre 1306, lors d'une révolte du peuple de Paris, le roi avait trouvé refuge auprès des Templiers !

Le grand maître de l'ordre du Temple Jacques de Molay et l'un de ses compagnons Geoffroy de Charnay furent conduits au bûcher le 18 mars 1314 à Paris dans « l'île aux Juifs », île située à l'ouest de l'île de la Cité et depuis rattachée à l'île de la Cité.

Mais, si les Templiers ont disparu, leur légende subsiste et alimente tous les fantasmes, entre leur nom lié au temple de Jérusalem, leur richesse et leur fin tragique, il y a de quoi. Ainsi depuis 8 siècles il y a toujours des gens pour rechercher le « trésor des Templiers ». Selon la légende, sur le bûcher le 18 mars 1314, Jacques de Molay aurait lancé une malédiction contre ses bourreaux. La mort le 20 avril 1314 du Pape Clément V qui avait abandonné l'ordre, celle le 27 avril 1314 de Guillaume de Nogaret qui avait organisé l'arrestation des Templiers en 1307, puis celle de Philippe le Bel le 29 novembre 1314 alimenta le fantasme, mais cette « malédiction » est probablement du même type que la prétendue « malédiction des Pharaons » en 1922 après la découverte de la tombe de Toutankhamon par Howard et Carter.

Dans les batailles, le drapeau des Templiers comportait une bande noire dans sa partie inférieure et une bande blanche avec une croix rouge (en forme de croix de Malte) dans sa partie supérieure.

 

Les Chevaliers Teutoniques :

En 1128, des pèlerins germaniques fondèrent à Jérusalem un hôpital pour l'accueil des pèlerins germaniques. Cet hôpital fut dédié à Sainte-Marie-des-Teutoniques. Il se transforma en ordre religieux reconnu par le Pape Clément III en 1191 et suivant la même pente (dans le même contexte) que les ordres précédents il se transforma en ordre militaire en 1198. Dès 1191, leur siège fut à Saint Jean d'Acre. Il fut transféré à Venise après la perte de Saint Jean d'Acre en 1291. Ils prirent part aux combats en Palestine mais furent aussi appelés pour christianiser les peuples de l'est (pays baltes etc). Leurs principales implantions furent en Suisse, en Allemagne, en Pologne et dans les Pays Baltes. Ils régnèrent sur un état dont ils furent souverains et peuvent à ce titre être considérés comme les fondateurs de la Prusse, région dans laquelle ils fondèrent plusieurs villes. Leur capitale fut alors transférée à Marienbourg.

A partir de 1525, les Teutoniques se divisèrent entre une branche devenue protestante et une branche restée catholique et qui s'installa en Autriche.
Le 24 août 1809, Napoléon prononça le dissolution de l'ordre des Teutoniques.

Ils se reconstituèrent comme mouvement caritatif à partir de 1929 avec un siège à Vienne, transféré à Rome depuis 1957.

 

Ainsi dans l'histoire de la chrétienté il y eut trois ordre religieux à vocation militaire.

Qu'en aurait pensé l'auteur du célèbre : « Tu ne tueras point » ?

Il faut néanmoins reconnaître que sans Charles Martel, sans Jean Sobiesky, sans le prince Eugène de Savoie, sans beaucoup d'autres, il y a longtemps que la charia s'appliquerait à toute l'Europe.... mais ce n'est peut-être que partie remise car actuellement les musulmans envahissent l'Europe, l'occupent et y imposent leurs mœurs, sans même avoir besoin d'armée !

 

 

 

...et deux autres Croix

 

La Croix de Savoie

Le drapeau de la Savoie est constitué d'une croix blanche sur fond rouge comme le symbole des Hospitaliers, à la forme de la croix près.

Voici à ce sujet ce qu'écrit Samuel Guichenon dans « Histoire généalogique de la royale maison de Savoye » chez Guillaume Barbier à Lyon en 1660 ou dans une réédition de 1976 aux éditions Horvath à Roanne.

« L'Ancienne chronique de Savoye Manuscripte Françoise & Latine, Champier, Carra, Curtil, Simler & Herminges, ont escrit que le premier des Comtes de Savoye qui prit la croix en ses armes fut Amé III sur ce qu'ayant fait voyage en Palestine, fait lever le Siège d'Acre & secouru les chevaliers de l'ordre de S. Jean de Jerusalem. Il fut prié par eux en memoire d'une action si remarquable, de prendre les Armes de Rhodes, qui ait de gueules à la croix d'argent »....

« Pour moy, s'il m'estoit permis de porter mon jugement ou plustost ma coniecture sur une chose si obscure & si ancienne, ie me persuaderois volontiers qu'Amé III comte de Savoye, qui fit le voyage de la Palestine, en une fameuse croysade l'an 1147, ayt voulu garder la Croix pour ses armes, tant pour la veneration qu'il avoit a cet illustre caractère de nostre Redemption que pour marque de cette expedition militaire »

Les Comtes de Savoie participèrent largement aux Croisades. Non seulement Amédée III, cité par Guichenon, qui fit lever le siège de Saint Jean d'Acre à l'occasion de la deuxième croisade, mais aussi Amédée V qui sauva Rhodes assiégé en l'an 1315 et enfin surtout le comte Verd (Amédée VI) qui vainquit les Turcs à la bataille de Gallipoli et parvient en 1366 à faire libérer son cousin Jean V Paléologue Empereur byzantin qui avait été fait prisonnier par les Bulgares.

Le sceau le plus ancien avec la croix de Savoie est apposé sur une charte de 1143 conservée à l'abbaye de Saint Maurice d'Agaune (Valais Suisse).

Il n'y a ainsi rien de surprenant que les souverains de Savoie aient repris depuis le douzième siècle, le blason des Hospitaliers pour leurs propres armes. Lorsque l'ancien duché de Savoie a été réuni à la France en 1860 et divisé en 2 départements, ils ont l'un et l'autre conservé l'ancien blason des Hospitaliers, devenu celui de la Maison de Savoie, comme drapeau, ce qui est un beau symbole d'unité.

En outre, la croix de Savoie resta dans les symboles de la royauté italienne jusqu'à la proclamation de la République italienne en 1946.

 

Et la Croix suisse

C'est seulement par un décret de la Diète du 21 juillet 1840 que les Suisses ont adopté un drapeau national : croix blanche sur fond rouge, mais les Suisses vous le jugeront, cela n'a rien à voir avec le drapeau de la Maison de Savoie qui n'a jamais que sept siècles d'antériorité. Les habitants des 24 anciennes communes du Duché de Savoie qui furent rattachées à la Suisse après la chute de Napoléon, ne furent en tous cas pas dépaysés en ce concerne le drapeau.

J.D. 20 août 2011, complémnt le 19 septembre 2014

 

 

 

 

 

 

les croix rouge, noire, blanche

les croix rouge, noire, blanche

Partager cet article
Repost0