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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 17:27

*C'est Henri IV, du Saint empire romain germanique, qui fit don du Bugey à la Maison de Savoie, en 1077

*C'est Henri IV roi de France qui récupéra le Bugey au profit de la France par le traité de Lyon du 17 janvier 1601.

moralité : comme pour les trains de la SNCF, un Henri IV peut en cacher un autre, ou si l'on préfère : deux Henri IV pour le prix d'Ain !.

Le Bugey :

le Bugey historique comprenait 3 sous-régions à cheval sur les actuels départements de l'Ain et de la Savoie :

*le Haut-Bugey qui correspond grosso-modo à l'actuel arrondissement de Nantua dans l'Ain

*le Bas-Bugey qui recouvre l'Arrondissement de Belley dans l'Ain

*le Petit Bugey situé à l'ouest de la Savoie. Lors de la dernière réforme cantonale en France, un nouveau canton appelé » « canton de Bugey savoyard » a d'ailleurs été créé en Savoie par regroupement de 3 anciens cantons (Saint Genix, Yenne et Ruffieux) décret 2014-272 du 27 février 2014

Dans l'antiquité, 3 peuples gaulois se partagèrent le Bugey :

-Les Séquanes dans le Haut Bugey, ils occupaient la Franche-Comté et débordaient sur le Bugey , leur capitale était à Besançon;

-les Allobroges dans la partie savoyarde ou proche de la Savoie. César le confirme dans la guerre des Gaules puisqu'il écrit (au livre I en 11 : « Les Allobroges qui avaient sur la rive droite du Rhône des villages et des propriétés... ». Vienne était la capitale des Allobroges ; mais toute la partie de l'Allobrogie située sur la rive gauche du Rhône avait été annexée par les Romains en -121 ;

-les Ambarres entre les deux précédents. On retrouve le nom de ces Ambarres dans ceux d'Ambérieu, Ambronay etc. Les Ambarres firent partie des nombreux peuples gaulois qui disparurent (en tant que peuples) à l'occasion de la guerre des Gaules. Le chiffre de 300 peuples gaulois avant la guerre et de 60 après, se retrouve chez plusieurs auteurs.

C'est lors de la première année de la guerre des Gaules (donc en -58) que le Bugey fut annexé par Rome. Il suivit alors le sort de Rome et de la Gaule romaine durant environ 5 siècles, puis fut intégré au royaume de Bourgogne avant de tomber sous la coupe des Francs au septième siècle.

Lorsque les petits-fils de Charlemagne se partagèrent son empire (traité de Verdun en 843), le Bugey se retrouva dans la Lotharingie avant d'être donné à la Savoie en 1077 etc.

Henri IV empereur :

Fils d'Henri III empereur germanique et d'Agnès d'Aquitaine, le futur empereur germanique Henri IV naquit le 11 novembre 1050. Henri III avant son décès le 5 octobre 1056, avait fait couronné son fils « roi de Germanie » à Aix-la-Chapelle le 17 juillet 1054. A la mort de son père, Henri avait à peine 6 ans, il régna sous la régence de sa mère et ne sera considéré comme majeur que le 29 mars 1065.

Son règne ne fut pas un long fleuve tranquille. Il dut faire face aux Saxons , aux princes allemands, aux papes successifs, à Mathilde de Toscane alliée du pape et même à ses fils.

Il s'ensuivit de nombreuses années de guerres jusqu'à ce que l'un de ses fils l'oblige à abdiquer le 31 décembre 1105. Il mourut le 7 août 1106.

Les empereurs germaniques s'étaient arrogés le droit de nommer les évêques et par ce biais ils contrôlaient aussi le pape. Mais Henri IV arriva au pouvoir au moment où le Vatican prétendit reprendre le pouvoir sur la nomination de tous les membres du clergé. Ce fut appelé « la querelle des investitures ». Henri IV parvint en janvier 1076, à réunir une assemblée d'évêques qui déposa le pape pendant que le pape excommuniait Henri IV. Il y eut dans ce temps plusieurs papes. Les princes allemands s'étant alliés au pape, Henri IV traversa les Alpes par la Savoie et le Mont Cenis pour empêcher la fusion des armées ennemies. C'est pour récompenser les Savoyards de leur aide à cette occasion qu'il leur fit don du Bugey. En outre, en 1066, Henri avait épousé Berthe, fille d'Adélaïde de Suse et d'Othon, troisième comte de Savoie.

Le pape (Grégoire VII) s'était réfugié dans un château fortifié appartenant à Mathilde de Toscane à Canossa (dans les Apennins). Isolé Henri IV dut venir faire amende honorable le 25 janvier 1077

Henri IV roi de France :

Il naquit à Pau le 13 décembre 1553 et mourut à Paris assassiné par Ravaillac le 14 mai 1610.

Il est le fils d'Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albret.

*Son père (1518/1562) était descendant du roi de France Louis IX (Saint Louis) et le frère du prince de Condé. Antoine de Bourbon participa au siège de Rouen pour le compte des armées catholiques. Il fut tué d'un coup d'arquebuse alors qu'il urinait contre les murailles ce qui fit dire à Voltaire : « le prince ici gisant vécut sans gloire et mourut en pissant » !

*Jeanne d'Albret (1528/1572) était par sa mère une nièce de François premier. Henri IV était donc, non seulement descendant de Louis IX par son père mais le petit-neveu de François 1er.

Jeanne d'Albret fut reine de Navarre de 1555 à sa mort en 1572. Très protestante elle se sépara de son mari lorsque celui-ci bascula dans le camp catholique. A sa mort, son fils Henri devint roi de Navarre sous le nom d'Henri III.

*Henri, à sa naissance avait été baptisé catholique, il changea plusieurs fois de camp et de religion. Il fut élevé à la Cour de France de 1561 à 1567.

*Il épousa Marguerite de Valois (la reine Margot), fille de Catherine de Médicis et d'Henri II roi de France le 18 août 1572, à une période où Henri était protestant. Son mariage attira à Paris tout le gratin du protestantisme français, ce qui permit la Saint Barthélemy le 24 août 1572. Sur la responsabilité de ce massacre des protestants, les auteurs sont divisés. L'opinion à laquelle je suis arrivé est que la responsabilité de Catherine de Médicis est évidente mais ce n'est qu'une opinion que personne n'a l'obligation de partager.

*Après l'assassinat du roi de France Henri III le 2 août 1589, Henri III roi de Navarre abjura le calvinisme en la basilique de Saint Denis le 25 juillet 1593 et fut couronné roi de France sous le nom d'Henri IV en la cathédrale de Chartres le 27 février 1594.

*Il se remaria avec Marie de Médicis le 17 décembre 1600 en la cathédrale Saint Jean-Baptiste de Lyon. Avec elle, il eut six enfants dont le futur Louis XIII.

*Henri IV eut beaucoup d'autres enfants d'une quantité de maîtresses, dont 3 enfants avec Gabrielle d'Estrées, 3 enfants avec Catherine Henriette de Balzac d'Entraigues etc etc.

Aujourd'hui, sans le savoir de nombreux citoyens et citoyennes ont le « bon roi Henri » dans leurs ancêtres !

*Il accorda la liberté de culte aux Protestants par l’Édit de Nantes le 30 avril 1598.

*Cet édit fut remis en cause en deux temps : sous Louis XIII l'édit d'Alès le 28 juin 1629 revint sur le droit des Protestants de conserver des places fortes puis sous Louis XIV, l'édit de Fontainebleau du 22 octobre 1685 (plus connu sous le nom de « Révocation de l'édit de Nantes ») leur enleva la liberté de culte.

*Après son assassinat le 14 mai 1610, Henri IV fut inhumé à Saint Denis le 1er juillet 1610. Mais sa tombe comme beaucoup d'autres fut saccagée lors de la Révolution.

Illustration :

on trouvera en illustration une carte de l'Europe en 1095, sous le règne d'Henri IV empereur germanique. J'emprunte cette carte à un article signé Jean-Pierre Fabricius et daté Janvier 2015. Elle est intéressante en soi mais elle le devient beaucoup plus si on la compare à la carte de l'Europe après le traité de Verdun en l'an 843. Lors de ce traité, les 3 petits-fils de Charlemagne se partagèrent son empire en 3, une partie « franque » : la Francie occidentale, une partie « germanique » : la Francie orientale et une partie intermédiaire qui allait de la Mer du Nord à l'Italie, qui englobait Aix-la-Chapelle et qui fut appelée « Lotharingie » parce qu'attribuée à Lothaire. Voir fiche N°248 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/07/charles-le-gros-n-248.html

En 1095, soit 2 siècles et demi plus tard, qu'est devenue la Lotharingie ?

Elle s'est évaporée, « bouffée » par la partie germanique !

J.D. 30 septembre 2016

carte de l'Europe en 1095

carte de l'Europe en 1095

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 22:51

Cette note N°300 est consacrée à Saint Jean d'Arvey, où je réside depuis 37 années. Je devais bien cela à cette commune de Savoie.

L'Histoire et le passé de cette commune ont déjà fait l'objet d'un certain nombre de publications. En voici 2 :

*« Saint-Jean-d'Arvey en Savoie » de Nicole Vaget-Grangeat publié en 1999 à La Fontaine de Siloé. Ce livre est très documenté et abondamment illustré.

* »Je suis née avant la guerre... à Saint Jean » de Geneviève Crémilleux née Roux. Ce livre est encore en vente chez l'auteure à Saint Jean d'Arvey (04 79 28 42 47)

En complément à ces ouvrages, voici 3 anciennes descriptions de Saint Jean d'Arvey :

* »Dictionnaire du Duché de Savoie », auteur anonyme (1840) :

« Saint Jean d'Arvey : commune à 1 lieue 1/2 au nord-est du mandement, postes et insinuation de Chambéry (Savoie-propre). Population : 1.000 habitants, superficie : 3193 journaux. Son territoire en pente prend de la montagne du Nivolet et s'étend jusqu'à la rive droite de la rivière de Laisse et forme une commune assez étendue ayant regard au sud-est. Elle est très productive en vins, grains, bois, fruits, légumes et fourrages. Elle est traversée par la nouvelle route de communication avec les Bauges par Les Déserts. »

* »Promenades en Savoie » par Achille Raverat 1872 :

« le chemin plusieurs fois replié sur lui-même nous conduit bientôt à Saint Jean d'Arvey, gros village s'étendant à son aise sur le large plateau qui descend du mont Chaffardon, et s'appuie sur les rochers du Bout-du-Monde. La commune est riche en grains, légumes, fourrage et bois ; on y trouve même quelques vignes.

L'église, moderne de style grec, a son intérieur décoré dans le genre pompéïa, décoration assez originale et en harmonie avec l'architecture de l'édifice. Non loin de l'église, dans un carrefour du village, voici une grosse pierre brute dont les villageois font l'objet d'une vénération traditionnelle, nous avons tout lieu de présumer que c'est un menhir, une petite croix de fer fixée au sommet de ce monument druidique, l'a conquis au christianisme.

Il existait sur ce territoire plusieurs domaines ayant le titre de fiefs : Salins, modeste maison bourgeoise, Chaffardon, gros bâtiment qui semble écrasé sous le poids d'une énorme toiture aplatie, La Bathie, construction massive, crénelée et habitée malgré son délabrement. La Bathie appartenait à la famille de Seyssel, dont on voit les armes au dessus de la porte d'entrée.

Au-delà de Saint Jean d'Arvey, un nouveau chemin se détache de la route principale et descend au fond du ravin de la Laisse, là où cette rivière reçoit le nant de Tormeroz. Un pont élevé, un vieux moulin placé entre les deux cours d'eau, une puissante végétation et de gros rochers forment en cet endroit un très heureux tableau. »

* »Histoire des communes savoyardes », ouvrage rédigé par un collectif (Philippe Paillard, Michèle Brocard, Lucien Lagier-Bruno, André Palluel-Guillard), éditions Horvath, mai 1982 :

Saint-Jean-d'Arvey (à noter les 2 traits d'union dans l'orthographe du nom de la commune. Sur les bulletins municipaux, c'est à partir de 2010 que l'on trouve : Saint-Jean d'Arvey, alors que sur l'annuaire des postes on a : Saint Jean d'Arvey, comme sur le dictionnaire du duché de Savoie en 1840, tandis que sur l'annuaire des communes de France, on a toujours Saint-Jean-d'Arvey, ainsi que sur l'almanach du facteur)

Appellation médiévale : Arvisium

Toponyme révolutionnaire : Mont d'Arvey

Habitants : les Sangerains (et les Sangeraines).>

Population : 635- 669 (en 1776)-1030- 715- 597- 587 (au recensement de 1975 et 1628 habitants au recensement de 2013)

Altitude : 570 mètres (au chef-lieu)

Superficie : 1301 hectares

à 7 kms de Chambéry.

Province de Savoie, puis de Savoie-Propre, mandement de Chambéry (1815/1860). Judicature mage de Chambéry. Tabellion de Chambéry.

Diocèse de Grenoble (Décanat de Savoie) puis diocèse de Chambéry (1779/1792), diocèse de Chambéry et Genève (1802/1820), puis de Chambéry depuis 1820.

Pendant la Révolution, canton de Saint-Alban. Après 1800, canton de Chambéry-Nord. Après 1816, mandement de Chambéry.

Hameaux et lieux-dits : La Corbière, la Crouette, l’Église, Lovettaz, Montagny, Le Nivolet, Planaz, Le Puisat, Les Thermes, Les Villard.

En grande partie adossée au rebord méridional du plateau des Bauges, du Mont-Peney et du Nivolet, Saint-Jean-d'Arvey est apprécié depuis longtemps, comme station climatique jouissant d'une des plus belles vues sur la cluse de Chambéry, les massifs de la Chartreuse et des Belledonnes et la vallée du Grésivaudan. La commune est limitée au sud et à l'est par le cours de la Leysse qui se précipite en cascade au Bout du Monde. Un de ses affluents, la Doria, sort d'un trou du rocher au pied de la falaise ; un autre orifice au-dessus du précédent laisse également sortir de l'eau, en cas de fortes pluies ; elle coupe la commune en deux par un profond ravin.

Les fouilles du docteur Carret (1844/1912) : Le relief calcaire des Préalpes a provoqué la formation de nombreuses grottes. Non loin de la source de la Doria s'ouvre la grotte de la Doria dite aussi Grotte à Carret. Une légende locale voulait que cette grotte ait été habitée par une famille princière expulsée d'Italie ; la famille Donaz dit le Prince, connue à Saint-Jean, tirerait son origine des anciens habitants de cette grotte.

Ce lieu fut certainement habité à l'époque néolithique (période qui, en Europe, va de 7000 à 2000 avant J.C.); on a trouvé quelques silex.Mais il est surtout intéressant par l'évocation du personnage du docteur Carret qui devait pendant sept années, à partir de 1886, faire fouiller la grotte de fond en comble. Jules Carret, notable chambérien, conseiller municipal (de Chambéry), député de la Savoie, fut un personnage haut en couleurs : franc-maçon, anthropologue et archéologue à ses heures, le portrait de ce que l'on considérait alors comme un original. En 1895, il achète à la commune de Saint-Jean-d'Arvey une parcelle de terrain devant l'entrée de la grotte et se fait bâtir, sous la caverne, une maison à moitié enterrée, sobre et austère, où il résidera durant ses vacances de député et plus longtemps après avoir été battu, en 1889. Il mettra à jour des ossements d'animaux et un squelette humain de Cro Magnon (c'est en 1868 que fut découvert en Dordogne, un squelette dit de Cro Magnon qui remonte à 27.000 ans avant notre ère, à la suite, par analogie, les squelettes compris entre -40.000 et -12.000 ans furent considérés comme de Cro Magnon), mais, malgré un travail colossal, ses découvertes ne combleront pas son attente.

Les origines : Le Mont Peney fut donc un lieu très anciennement habité (on y a découvert aussi des gravures rupestres de l'âge de bronze) (grosso-modo, l'âge de bronze va de -3000 à -1000 avant notre ère) ; dans la commune ont été trouvées des tombes romaines.

Au Moyen Age (période qui va de la chute de l'Empire romain d'occident en l'an 476 à la chute de Constantinople en 1453), Saint-Jean-d'Arvey releva d'abord de la seigneurie d'Arvey qui comprenait aussi Thoiry et Puygros ; deux familles se partageaient le pays : les d'Arvey et les Chaffardon. Les Chaffardon apparaissent au début du XIIIe siècle et se firent construire une maison forte qui fut transformée plus tard en château. La seigneurie passe en 1633 à la famille d'Oncieu par les mains de Janus d'Oncieu, président du Sénat de Savoie, en faveur de qui elle fut érigée en marquisat en 1682. Sous la Révolution (Saint-Jean-d'Arvey est alors devenu Mont-d'Arvey), la famille émigra à Turin. En 1876, Joseph d'Oncieu épousera la fille d'un riche industriel de la Sarre qui fera reconstruire le château sur les parties anciennes, lui donnant son aspect actuel. La famille Perrier en est devenu propriétaire depuis 1970.

Les d'Arvey connus dès le Xe siècle avaient fait construire au XIIIe siècle une maison forte sur l'emplacement de la villa d'un colon romain du nom d'Alvisius. En 1421, le duc de Savoie (il s'agit d'Amédée VIII qui en 1421 avait le titre de duc depuis 5 ans) accorde à Pierre de Salins l'investiture et le fait seigneur de Salins. En 1539, il est vendu à la famille de Antoine Piochet , avocat à Chambéry. Son petit-fils y fera d'importantes réparations. Viendra ensuite la famille de la Place qui gardera le titre de Salins puis Perrier de la Bathie.

Actuellement, on voit une tour ancienne englobée dans un corps de logis des XVIe et XVIIe siècles.

L'église de Saint-Jean-d'Arvey, dédiée à Saint> Jean-Baptiste, était, comme le prieuré de Thoiry, sous la dépendance du chapitre de la Sainte Chapelle (du château de Chambéry). Pendant une grande partie du Moyen Age, les visites pastorales la dépeignent comme mal entretenue et délabrée ; en 1667, elle est une première fois reconstruite de fond en comble et disparaissent ainsi les vestiges des anciennes chapelles ; l'église actuelle est du XIXe siècle.

Métiers du fer : En dehors de l'activité rurale traditionnelle qui permettaient de subvenir aux besoins des habitants, la commune offrait la particularité de posséder une petite industrie métallurgique.

Cette activité semble d'ailleurs remonter loin dans la passé et s'exerçait dans le hameau de la Crouettaz, dont le nom viendrait peut-être d'une grotte d'où aurait été extrait le minerai de fer.

Cette exploitation aurait été le fait des moines chartreux tant de Bellevaux-en-Bauges (il y a sûrement une erreur de frappe et il s'agit probablement de Bellecombe-en-Bauges) que de Saint-Hugon, d'où serait venu (d'Arvillard plus exactement) un certain Grangeat qui exploitera les mines de son vivant. Les Grangeat seront maîtres de forges jusqu'en 1840.

Le combustible était fourni par le bois de forêt du Bois-Rond et l'on raconte que les plaques de fer, extraites des hauts fourneaux, étaient traînées dans la forêt dans des couloirs jusqu'au sommet de la côte ; de là elles glissaient jusqu'aux forges, au lieu-dit le Martinet, un peu après le hameau de la Crouettaz, non loin du mamelon, de la Pallud (commune de Thoiry) où résidaient les nobles de la Pallud, premiers propriétaires des forges. Les ouvriers des forges logeaient à la Crouettaz.

De petits métiers procuraient quelques ressources aux habitants. Certains avaient ainsi au XIXe siècle continué de porter le bois de la forêt communale et le bois de noyer au marché de Chambéry ; cet usage aurait cessé à la fin du siècle (il >s'agit du XIXe siècle).

Les servants : Les servants étaient l'objet d'une croyance très généralement répandue en Savoie mais qui donnaient motifs dans la région de Saint-Jean et de Thoiry aux récits les plus fantastiques. C'étaient des sortes de génies tutélaires (génies de protection), que possédaient les familles importantes et principalement les seigneurs. Ils prenaient volontiers la forme d'un animal monstrueux (chien, cheval ou petit chat devenant soudain d'une grosseur prodigieuse) et apparaissaient souvent la nuit. Gare alors à celui qui s'aventurait dans le champ d'un de ces personnages ; en sus de la frayeur, il risquait de voir s'abattre sur lui une grêle de pierres ou d'être emporté par d'énormes blocs de rocher dévalant de la montagne. D'autres fois il renversait la marmite de soupe de l'intrus à table, cassait la vaisselle, ou suspendait pendant la nuit une jument à la charpente du galetas. Il y avait plusieurs de ces êtres fantastiques à Saint-Jean-d'Arvey : le servant du Bois-Rond qui surveillait les propriétés des seigneurs de S>alins et leurs troupeaux. Celui de Ste Nicolle (on trouve aussi souvent l'orthographe Saint Nicolle que Sainte Nicolle) qui prenait un malin plaisir à cacher les outils des ouvriers agricoles, celui du château de Salins, apparaissant la nuit sous la forme d'un élégant cavalier ou d'un chien énorme.

Au début du présent siècle (il s'agit du vingtième siècle) Saint-Jean-d'Arvey était un lieu de villégiature apprécié ; à la veille du second conflit mondial, cinq hôtels étaient ouverts ; la commune comptait aussi plusieurs cafés (6) et de nombreux commerçants (épiciers, fromagers, boulangers, bouchers). Il y avait aussi un maréchal-ferrant, un cordonnier, et plusieurs charpentiers et menuisiers. Aujourd'hui encore, le village garde trace de cette pluri-activité qui en fait ses charmes ; la population, longtemps en déclin, remonte progressivement depuis 1968. En octobre 1980, elle était de 824 habitants, en hausse donc importante sur le dernier recensement.

St-Jean-d'Arvey veut actuellement maîtriser l'afflux de population engendré par la croissance du chef-lieu (il s'agit de Chambéry et de son agglomération), et respecter l'environnement : éviter la pollution des sources par les infiltrations provenant du plateau des Déserts, intégrer la propriété Chaffardon que la commune vient d'acquérir. La municipalité y projette le maintien d'un espace vert sur trente-cinq hectares, accroissant ainsi la surface lui appartenant (c'était déjà le village ayant la plus grande superficie appartenant à la commune). Trois hectares supplémentaires seront constructibles sous forme de lotissements ».

Commentaires : Les citations sont en italiques, les ajouts en caractères droits sont des précisions pour éclairer le lecteur.

Il convient de lire ces textes en gardant en mémoire leur date de publication.

A titre de cadrage général, on peut ajouter :

*C'est à partir du XIe siècle que les descendants du Mauriennais Humbert constituèrent une dynastie et agrandirent leur territoire. D'abord avec un titre de comtes puis de ducs (en 1416) puis de rois (à partir de 1720). Le terme « duché de Savoie » concerna l'ensemble du territoire de la Maison de Savoie, jusqu'à la royauté. Ensuite il désigna seulement la partie française de leurs possessions, ce qui correspond aujourd'hui aux départements Savoie et Haute-Savoie.

*Vassale du Saint Empire romain germanique jusqu'en 1720, la Savoie fut souvent envahie surtout par les troupes françaises, mais aussi par les Espagnols. Une première annexion de la Savoie par la France eut lieu de 1536 à 1559 sous les règnes de François 1er et d’Henri II. C’est durant cette période que François 1er imposa l’usage du Français en Savoie. A partir du traité de Lyon en 1601, les possessions de la Maison de Savoie de ce côté-ci des Alpes diminuèrent , tandis qu'elles augmentaient du côté italien.

*Le « duché de Savoie » fut une nouvelle fois annexé par la France après l'invasion de septembre 1792 puis rendu au royaume de Sardaigne après la chute de Napoléon Bonaparte avant d'être finalement « réuni » à la France officiellement à compter du 14 juin 1860 à midi.

*Entre 1815 et 1860, le duché de Savoie avait été divisé en provinces. La région de Chambéry constituait « la Savoie propre », la région d'Albertville : « la Haute-Savoie » etc

On rappellera, parce que c'est quand même croustillant, qu'au référendum d'avril 1860 pour savoir si les habitants voulaient devenir Français, dans les bureaux de vote, ils n'eurent à leur disposition que des bulletins « OUI », pas d'isoloirs et que dans beaucoup de villages, les électeurs se rendirent pour voter, en cortège, au sortir de la messe, drapeaux français et fanfare en tête.

En dernière remarque, ajoutons que sur la porte latérale, l'église de Saint Jean d'Arvey, consacrée à Saint Jean-baptiste, porte la date de 1665, ouf, les ouvriers qui ont construit l'église avaient déjà la bière 1664 pour se rafraîchir !

Sur le « Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie » d'Adolphe Gros, publié en 1994 à La Fontaine de Siloë, voici l'évolution du nom de Saint Jean d'Arvey :

-Ecclesia Sancti Johannis de Arvesio vers l'an 1100

-Apud Sanctum Johannem de Arvisiis en 1207

-Parrochia Sancti Johannis de Arveisio en 1344

-Ecclesia Sancti Johannis de Arveysio en 1497

-St Jehan d'Alveys en 1575

-St Jehan d'Alvay en 1632

-St Jean d'Arveis au XVIIe siècle

-St-Jean-d'Arvey en 1738

Illustrations :

on trouvera en illustrations jointes à cette note :

*une photo du Mont Peney qui domine Saint Jean d'Arvey, photo Michèle Delisle 1998

*la photo d'une habitation de Saint Jean d'Arvey, route de la Crouette. Photo Dominique Croix avril 2016. Voir son site consacré principalement à la photo :

http://croixdelisle.over-blog.com

J.D. 26 juin 2016

Le Mont Peney et habitation à Saint Jean d'Arvey
Le Mont Peney et habitation à Saint Jean d'Arvey

Le Mont Peney et habitation à Saint Jean d'Arvey

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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 16:19

La commune de « Les Déserts » est en Savoie, dans le massif des Bauges, mais elle fait partie administrativement, depuis 1973, du canton de Saint Alban Leysse qui est situé pour l'essentiel dans la partie sud de l'agglomération de Chambéry.

Cette commune de 3359 hectares s'étage entre 636 mètres d'altitude et 1845 mètres ; le chef-lieu est à 1080 mètres.

Elle fut d'abord dédiée à Saint Michel, puis fut surnommée « Saint Michel-des-Déserts », avant d'être finalement appelée « Les Déserts ».

Elle a sur son territoire la Croix du Nivolet, la station de La Féclaz et en partie la station du Revard.

*La Commune :

Cette commune atteignit son pic de population au recensement de 1848 avec 1526 habitants, pour retomber à 455 au recensement de 1975 et remonter à 758 en 2013, probablement atteinte par l'extension de l'agglomération de Chambéry, même si le centre des Déserts est à 14 kms de Chambéry et avec un dénivelé de 800 mètres de centre à centre.

La commune de Les Déserts adhéra au syndicat « Savoie Grand Revard » en 1990, au Parc Naturel des Bauges en décembre 1995, au syndicat des communes du canton de Saint Alban Leysse le 1er juin 2002 et à Chambéry Métropole le 2 septembre 2005.

C'est sur son territoire que la Leysse prend sa source pour aller se jeter dans le lac du Bourget après avoir traversé l'agglomération de Chambéry. Il y a 2 ans, mon petit-fils Romain, qui avait alors 15 ans, m'avait dit : « le lac du Bourget est un chien puisqu'il est au bout de la Leysse » !

Les habitants sont appelés les Désertiers et les Désertières.

L'église de la commune est dédiée à Saint Michel et le bâtiment actuellement visible a été consacré en 1880. Cette église est en surplomb au-dessus de la route départementale 912.

*La Croix du Nivolet :

Cette Croix est située sur une pointe du massif des Bauges (à 1547 mètres d'altitude) qui domine la cluse de Chambéry. Elle est visible de presque toute l'agglomération de Chambéry et en constitue l'un des symboles.

La première croix fut inaugurée le 15 septembre 1861 par Monseigneur Vibert évêque de Maurienne, l'évêque de Chambéry en poste à l'époque était trop âgé pour se rendre sur le site.

Suite à des destructions dues à différentes causes, la croix fut l'objet de restaurations avec des inaugurations le 2 juillet 1911, le 2 juillet 1960 et en 1989.

La dernière version a 21,50 mètres de haut et 5 mètres dans le sol, pour une envergure de 9,60 mètres et un poids de 7 tonnes.

*La Féclaz :

Cette station située entre 1350 et 1525 mètres d'altitude participe à l'ensemble « Savoie Grand Revard » qui comprend La Féclaz, le Revard et Saint François de Sales et qui permet le ski de fond (140 kms de pistes) et le ski alpin avec 14 remontées mécaniques. La station de la Féclaz elle-même a une capacité d'accueil touristique de 3500 lits environ.

Sur son territoire a été inaugurée en 1936 la chapelle « Notre-Dame des Neiges ».

Le site d'abord appelé « le plateau des Chalets » prit son nom de La Féclaz dans les années 1930. Sur ce site, le premier investissement hôtelier date de 1892. C'est en 1924 que la Société PLM (Paris-Lyon-Marseille) commença à y investir. La route arriva à La Féclaz en 1931, l'électricité en 1947/48 et l'eau en 1961/1962.

*Le Revard :

Le plateau du Revard domine la ville d'Aix-les-Bains et le lac du Bourget. Son point culminant est à 1562 mètres d'altitude et le belvédère à 1538 mètres. Il est à cheval sur 4 communes : Les Déserts, Pugny-Chatenod, Trévignin et Le Montcel.

Au fil des siècles le site s'est appelé successivement « Reva », « Mont Rival », « Mont d'Azy », « Mont Revers ». C'est en 1873 qu'il prend le nom de « Mont Revars », orthographié « Mont Revard » depuis le vingtième siècle.

Le développement du Revard, à partir de 1878, est lié à la réputation de la station thermale d'Aix-les-Bains au XIXe siècle. Le site fut desservi, depuis Aix-les-Bains par un chemin de fer à crémaillère de 1892 à 1937, puis par un téléphérique de 1935 à 1969 et enfin par la route ; la route nationale 513 devenue en 1972 la route départementale 913.

L'activité ski a commencé en 1905, faisant du Revard une des plus anciennes stations de sports d'hiver en France. Le belvédère a été réaménagé en 2011. Il permet une vue sur Aix-les-bains, le lac du Bourget et la chaîne de l'Epine qui domine le lac côté ouest et qui constitue, pour les géographes, le dernier maillon du Jura.

Outre les activités d'hiver, l'ensemble « Savoie Grand-Revard » a de nombreuses activités estivales dont un site de départ de parapentes au Revard.

*Toponymie :

Un habitant (le patron du restaurant « Le Margériaz ») de la commune « Les Déserts » m'a demandé il y a environ 3 semaines si je savais pourquoi cette commune s'appelait « Les Déserts » alors que située en montagne, elle est très boisée et très verte.

Sur internet, je n'ai pas trouvé la réponse. J'ai regardé dans le « dictionnaire du Duché de Savoie », ouvrage daté de l'an 1840, dont le rédacteur est resté anonyme et le travail à l'état de manuscrit qui s'est retrouvé, on ne sait par quel cheminement, aux Archives départementales de la Savoie qui ont numérisé le document.

C'est à partir de cet exemplaire possédé par la Savoie que la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie (SSHA, digne société savante fondée le 6 août 1855) en a assuré la publication en 2 volumes (2004 et 2005).

L'ouvrage concerne toutes les communes de l'ancien Duché de Savoie, il est classé par ordre alphabétique des communes mais « Les Déserts » est classé à la lettre « M » sous l'appellation « Saint Michel-des-Déserts » (Les Déserts ) et voici ce que l'on peut lire sur cette commune:

«... Elle était jadis peu productive, par la paresse de ses habitants qui préféraient aller voler le bois dans les forêts dont la commune et les voisines abondent et venir le vendre à Chambéry que de cultiver leurs terres. Ce commerce n'a pas entièrement cessé mais il a beaucoup diminué ...».

Je ne sais pas ce que les habitants de la commune vont penser de cette information, mais depuis bientôt deux siècles, il y a prescription.

J.D. 23 juin 2016

Ajout du 29 juin 2016 :

suite à cet article, j'ai reçu un très intéressant témoignage de madame Sartori née Favetta aux Déserts. Voici son texte :

« Je suis née en 1929 aux Déserts. C’est avec intérêt que j’ai lu tous les détails que vous donnez sur cette belle région. Je ne suis pas d’accord avec la fin de votre article qui dit qu’en 1840 les habitants étaient fainéants et voleurs.

Je vais donc témoigner de ce que j’ai vu durant mon enfance et aussi de ce qui m’a été raconté à l’époque par les habitants les plus âgés.

Ces gens pauvres travaillaient très durement pour vivre. Ils allaient faucher l’herbe jusqu’au sommet du Margériaz pour nourrir leurs vaches.

Chaque printemps, ils étaient obligés de remonter les terres de leurs champs abrupts, sur leur dos, dans des « cassecos ».

Ils allaient couper du bois pour se chauffer, dans des endroits dangereux.

Ils profitaient de la neige en hiver pour transporter le fumier sur les terrains pentus.

Ils se levaient très tôt pour porter à la fruitière le lait de leurs vaches (leur seul revenu).

Comme ils avaient des hivers longs et rigoureux, ils devaient dégager la neige à la pelle pour pouvoir accéder aux abreuvoirs et faire boire leurs bêtes.

En été, ils se levaient à l’aube pour faucher leurs prés à la faux. Tout le foin était mis dans des « barillons » que les hommes portaient sur leur dos jusqu’à leur grange.

Ces gens avaient des terrains très morcelés et chacun d’entre eux connaissait bien les limites de ses propriétés et les surveillait.

PS. Il serait intéressant de connaître l’histoire du château des Déserts, la date de sa construction, les personnes qui l’ont habité puis abandonné. Des ruines sont encore visibles aux Mermets. Je n’ai jamais réussi à avoir une information précise sur cette période de l’histoire des Déserts. C’est peut-être à cette époque que les paysans ont essayé de survivre dans des conditions encore plus difficiles que celles que j’ai connues. »

Nota : le texte du dictionnaire du Duché de Savoie est daté 1840. Ce qui correspond probablement à la fin du texte. Il concerne plusieurs centaines de communes et représente un énorme travail qui a certainement duré de nombreuses années. Entre ce texte et le témoignage de Madame Sartori , au minimum un siècle s'est écoulé, ils ne sont donc pas forcément incompatibles.

En outre l'auteur du dictionnaire du Duché de Savoie est resté anonyme et il ne cite pas ses sources. Tout ce qu'il écrit est-il vrai ou vraisemblable ? Je ne peux le dire. Mais c'est la seule explication que j'ai trouvée au nom « Les Déserts ». Si un lecteur de ce blog a une autre explication, je suis preneur.

Pour répondre à la demande de madame Sartori sur le château des Déserts, voici ce que j'ai trouvé dans « Histoire des communes savoyardes » publiée en mai 1982 (pour la référence des auteurs, voir la fiche N°300) :

« Il y avait une seigneurie de Saint Michel des Déserts qui, en 1359, où elle apparaît, était possession de la famille Valard de Chambéry. Les Lageret la possédèrent ensuite, puis après l'exécution de Jean Lageret (Ce Lageret né vers 1375 était devenu conseiller d'Amédée VIII, il fut décapité à Chambéry le 24 septembre 1417 après avoir été accusé de sortilèges et d'envoûtements) et un bref passage dans le patrimoine de la Maison de Savoie, elle fut successivement propriété des Bonivard, jusqu'en 1523, puis des Crescherel dont un descendant, Claude, connut une certaine célébrité grâce à ses « Heures successives » poèmes publiés à Genève en 1551. Viennent ensuite les Seyssel, les Sardoz de Chieri, les Coysia et enfin les Pavey qui en furent investis en 1789. Le château des Déserts, dont il ne reste aucune trace, aurait été un édifice assez vaste remontant à une « haute antiquité », et bâti sur une terrasse de la rive gauche de la Leysse, face à l'église, côté est. Au XVIIIe siècle, on y remarquait une grande salle dont l'ornementation consistait en une garniture de têtes de cerfs pendues aux murailles ».

ajout du 7 juillet 2016 :

Dans le dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie » d'Adolphe Gros publié en 1994 à « La Fontaine de Siloë », on trouve les noms suivants pour Les Déserts :

Ecclesia Sancti Michaelis de Deserto en 1340

Ecclesia Sancti Michaelis de Desertis en 1414

avec le commentaire suivant :

« Le nom de Désert s'applique donc à des hameaux ou maisons isolés dans une région peu cultivée d'aspect désertique. Il signifie aussi un essert »

Le mot « essert » utilisé est probablement une déformation de « Essart » dont j'ai trouvé la définition suivante :

« Le mot essart peut avoir différentes significations. Il désigne aussi bien des terres nouvellement défrichées, les défrichements de terrain définitifs ou les temporaires, le simple abattage de bois, l'éclaircissement de la forêt ou même de terrains vagues ».

Ajout du 2 octobre 2017 : 

remarque d'une lectrice du blog : 

Bonjour,

En référence à l'allusion aux Désertiers "voleurs de bois et fainéants" ceux-ci parlent encore des Sangerains comme étant des "voleurs de vaches" histoire ancienne (années 1800)faisant référence à un vol des vaches à des fermiers des Charmettes.

J Théolas

Le Nivolet vu de Chambéry, l'église Saint Michel-des-Déserts et vitrail de St Michel terrassant le démon, photos J.D. 22 et 24 juin 2016
Le Nivolet vu de Chambéry, l'église Saint Michel-des-Déserts et vitrail de St Michel terrassant le démon, photos J.D. 22 et 24 juin 2016
Le Nivolet vu de Chambéry, l'église Saint Michel-des-Déserts et vitrail de St Michel terrassant le démon, photos J.D. 22 et 24 juin 2016

Le Nivolet vu de Chambéry, l'église Saint Michel-des-Déserts et vitrail de St Michel terrassant le démon, photos J.D. 22 et 24 juin 2016

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 18:05

L'Isère est le nom à la fois d'une rivière et d'un département.

1-La Rivière :

Sur la rivière l'Isère, voir déjà la fiche N°221 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/02/grenoble-et-les-inondations-n-221.html

Ajoutons en outre que la rivière l'Isère parcourt 286 kms de sa source en Savoie à son embouchure dans le fleuve Rhône dans le département de la Drôme. L'Isère effectue la moitié de son parcours en Savoie, une trentaine de kms dans le département de la Drôme et le reste soit environ 110 kms dans le département de l'Isère.

2-le département de l'Isère :

*Les départements en France ont été créés par une loi et un décret du 22 décembre 1789, complétés par un décret du 26 février 1790.

L'ancienne province du Dauphiné (formée en 1349) a été démembrée en 3 départements : Les Hautes-Alpes, la Drôme et l'Isère.

Pour avoir vécu 6 ans à Grenoble (de fin 1963 à 1969) et pour y avoir encore des attaches familiales, il me semble que les habitants utilisent plus souvent le terme « Dauphinois » que le terme « Isérois ».

*Le grand quotidien régional s'appelle d'ailleurs le Dauphiné Libéré (qui parait depuis le 7 septembre 1945. Il avait succédé au quotidien « Les Allobroges » fondé le 22 août 1944 en remplacement du « Petit Dauphinois »).

L'attachement au nom des anciennes provinces semble d'ailleurs général. Pour tout le monde, les habitants de l'Eure-et-Loir sont des Beaucerons et non des Euréliens ou je ne sais quoi et ceux de la Loire Atlantique des Bretons !

*Pour punir les Lyonnais de leur rébellion, en 1793, la Convention avait amputé le département d'un grande partie de son territoire. Voir la fiche N°256 (http://jean.delisle.over-blog.com/2015/10/lyon-et-les-jacobins-n-256.html)

*Mais avec l'importance prise par l'agglomération lyonnaise cela posa des problèmes et plusieurs rectifications de frontières furent effectuées au profit du Rhône et au détriment de l'Ain et surtout de l'Isère. C'est ainsi que par décret du 2 mars 1852, le département de l'Isère perdit 4 communes (Bron, Vaulx-en-Velin, Venissieux, Villeurbannne), puis 23 communes par la loi du 29 décembre 1967 (Chaponnay, Chassieu, Communay, Corbas, Décines-Charpieu, Feyzin, Genas, Jonage, Jons, Marennes, Meyrieu, Mions, Pusignan, Saint Bonnet de Mure, Saint Laurent de Mure, Saint Pierre de Chandieu, Saint Priest, Saint Symphorien d'Ozon, Serezin-du-Rhône, Simandres, Solaize, Ternay, Toussieu) et enfin une dernière commune par décret du 5 mars 1971 (Colombier-Saugnieu)

*Il reste tout de même encore 532 communes dans le département de l'Isère, mais par un paradoxe, une seule de ces communes a le mot « Isère » dans son appellation : Saint-Quentin-sur-Isère, alors que l'on en trouve 3 dans la Drôme (Romans-sur-Isère, Chateauneuf-sur-Isère et Pont-de-l'Isère) et 6 en Savoie (voir liste sur fiche N°221)

*Toujours dans le paradoxe, il y a trois communes du département de l'Isère qui rendent hommage au fleuve Rhône (contre une seule pour la rivière Isère) : Chasse-sur-Rhône, Saint-Alban-du-Rhône et Saint-Clair-du-Rhône, non compris Serezin-du-Rhône détachée de l'Isère en 1967.

En consultant les listes de communes, je me suis rendu compte que dans un département comme l'Isère, 120 communes ont un nom qui rend hommage à un Saint comme Saint Marcellin, Saint Martin d'Hères, la Côte Saint André etc . Si l'on ajoute 4 Notre-Dame de quelque chose et 3 « La Chapelle ...». Cela fait tout de même 24 % des communes avec une référence chrétienne (on a le même pourcentage en Savoie)!

*Mais que font donc les connards de chez Connard qui font des procès pour faire interdire les crèches (de Noël)! Ne voient-ils pas que voyager dans un pays avec autant de références chrétiennes, cela va « stigmatiser » ces pauvres musulmans, eux qui sont si discrets et qui surtout n'affichent pas leurs croyances et n'imposent pas leurs mœurs aux autres!

J.D. 25 janvier 2016

Eglise Saint Bernard de Menthon à Val d'Isère photo Rundvald

Eglise Saint Bernard de Menthon à Val d'Isère photo Rundvald

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 13:25

Le 20 janvier 1791, le quotidien « Chronique de Paris » publiait un article signé Michel de Cubières et intitulé : « Observations à MM les Auteurs de la chronique de Paris, sur l'état actuel de la Savoye, relativement à la révolution de la France ».

*Michel de Cubières (1752/1820) fut poète et auteur dramatique, sans conviction politique très précise , il fit l'éloge de Voltaire en 1780, rédigea aussi bien un « poème à la gloire de Marat » (en août 1793) qu'il honora Napoléon en célébrant la paix de Lunéville et la bataille de Marengo en 1800 puis la bataille d'Austerlitz en 1806 (bataille du 2 décembre 1805).

La Chronique de Paris avait publié un article se demandant qu'elle était l'opinion des Savoyards vis-à-vis de la Révolution française en cours. Michel de Cubières qui s'était rendu en Savoie en mai 1790, envoya un article à la Chronique de Paris, relatant particulièrement un entretien qu'il avait eu avec un vicaire savoyard.

*La Chronique de Paris parut tous les jours du 24 août 1789 au 25 août 1793. Jean-Antoine de Condorcet en fut le principal rédacteur. Girondin, il n'avait pas voté la mort de Louis XVI. Il fit partie de tous les Girondins condamnés en 1793, voir la note N° 251 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/11/les-savoyards-en-mai-1790-n-262.htlm.

Il parvint à s'enfuir, mais le 26 mars 1794, reconnu, il fut arrêté et interné à la prison de Bourg-la-Reine. Le 28, il était retrouvé mort dans sa cellule. Selon Alphonse de Lamartine dans histoire des Girondins, publiée en 1847, au chapitre XVIII du livre cinquante-sixième, il avala du poison qu'il portait toujours sur lui, pour échapper à la guillotine.

Voici le texte de l'article publié le 20 janvier 1791, en respectant l'orthographe de l'article, c'est-à-dire l'orthographe de l'époque :

« ...Le caractère général du Savoyard est la probité, la simplicité et, depuis quelque tems, une sorte de fierté , née sur-tout de la connoissance des droits de l'homme, et de cette voix intérieure et secrète qui crie à chaque peuple mal gouverné : tu n'es pas fait pour être esclave. Le roi, enfin, et toute la cour de Savoye, craignent que la Savoye ne se détache tôt ou tard de l'empire de Sardaigne, et que les Savoyards ne se donnent à la France, autant par amour des Français que par haine des Piémontois.

...les vertus du roi sont le seul lien qui attache encore le Savoyard au trône de Sardaigne, et après tout, continua-t-il avec vivacité, pourquoi seroit-on surpris d'un pareil événement ? Et pourquoi le trouveroit-on extraordinaire ? Le Piémont et la Savoye sont séparés par les Alpes éternelles, et la nature peut-elle avoir voulu que la Savoye et le Piémont appartinssent à un même souverain ? Non, non, l'ambition des princes ne sauroit réunir ce qu'a divisé la nature. La nature a voulu que le Piémont fit partie de l'Italie, et que les Alpes ont repoussé et repoussent sans cesse la Savoye dans les domaines de la France. Les Savoyards d'ailleurs, ont les mêmes mœurs, les mêmes usages, le même langage que les Français et l'habitude, et mille conformités, et mille rapports indestructibles s'unissent à la nature pour que les Français ne fassent qu'un avec les Savoyards, et pour que ces deux nations soient soumises aux mêmes loix et au même monarque.

Considérez enfin combien est cruelle, depuis la révolution Française ; la situation des Savoyards. Ils adorent les Français, je viens de le prouver sur l'heure ; et par les loix de leur gouvernement monarchique, ils sont obligés de haïr ces mêmes Français…

Ils abhorrent les Piémontois, et le gouvernement leur dit : regardez les Piémontois comme vos compatriotes, et aimez-les comme vos frères. Leur malheur va plus loin encore : ils sont forcés d'avoir des relations d'intérêts et des liaisons de tout genre avec les Piémontois ; qui ne cessent de leur reprocher leur amour pour la France, de commercer avec la France, qui se plaint souvent à eux de leurs liaisons avec les Piémontois, et pour comble d'infortune, ils ne peuvent pas se passer de ces mêmes Français, qu'ils aiment et qu'on leur ordonne de haïr. Croyez-vous qu'un état aussi violent puisse long-tems durer ? Non, Messieurs, non, la nature, l'opinion, la raison et la nécessité semblent s'être unies pour rendre la Savoye Française... ».

*Commentaires :

En 2010, pour préparer une conférence sur la réunion de la Savoie et de l'Arrondissement de Nice à la France en 1860 (voir note N°1 http://jean.delisle.over-blog.com/article-reunion-de-la-savoie-et-de-l-arrondissement-de-nice-a-la-france-en-1860) , j'avais consulté nombre de documents et, sur l'opinion des populations concernées, j'en avais tiré 2 conclusions :

-la consultation des populations en avril 1860 fut une sinistre farce : les fonctionnaires et militaires piémontais avaient quitté Savoie et Nice et ce sont des fonctionnaires français qui ont organisé la consultation et des militaires français qui étaient présents, alors qu'officiellement Savoie et Nice appartenaient encore au royaume de Sardaigne.

Dans les bureaux de vote, il n'y avait à la disposition des électeurs que des bulletins OUI et pas d'isoloirs….

-malgré cela il apparaît que pour tout un tas de raisons, géographiques, linguistiques, économiques, et même religieuses en 1860…. une majorité de la population devait préférer la réunion à la France, d'autant que le souvenir de Napoléon 1er et du grand empire était encore vivace chez les savoyards autant que chez les Niçois (ces territoires annexés par la France en 1792, avaient été rendus au royaume de Sardaigne en 1814/1815) ; et que l'unité de l'Italie n'était pas encore faite. En outre les fonctionnaires et militaires piémontais en poste en Savoie étaient considérés par la population locale comme une troupe d'occupation.

Cet article paru en 1791 dans la Chronique de Paris conforte le sentiment que les Savoyards préféraient la France.

Historiquement, voir fiche N°66 http://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-de-la-maison-de-savoie-59295182.html, la dynastie Savoie, partie de Maurienne, s'étendit de ce côté-ci des Alpes avant de s'implanter en Italie. Au fil des siècles, la partie italienne grandissait en même temps que la partie française se réduisait et le transfert de la capitale de Chambéry à Turin en 1562 portait en germe la scission.

On trouvera en illustration une caricature publiée dans « Le Chat » le 31 décembre 1848 (cliché bibliothèque municipale de Chambéry) qui montre le souverain de Sardaigne (Charles-Albert) qui tente de retenir une vache qui veut aller brouter en France avec cette légende : « rien à faire, la tarine, si c'en est une, n'entend pâturer que sur territoire français ».

J.D. 28 novembre 2015

Les Savoyards en mai 1790 N°262
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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 13:14

La revue « Isère magazine » de janvier-février 2015, éditée par le Conseil Général du département de l'Isère, consacre plusieurs pages (pages 10 à 13 et page 47) aux inondations à Grenoble au fil des siècles. Avec principalement les années 1219, 1651, 1733, 1740, 1778, 1859. Explications :

*Grenoble et son agglomération sont traversées par 2 rivières (l'Isère et le Drac) qui se rejoignent à la sortie Nord-Ouest de Grenoble (sur le territoire de la commune de Fontaine)

L'Isère : prend sa source en Savoie au Val Prarion, à 2.900 mètres d'altitude, sur le territoire de la commune de Val d'Isère, parcourt toute la vallée de la Tarentaise jusqu'à son débouché à Albertville, se dirige vers Montmélian, passe dans le département de l'Isère, jusqu'à Grenoble par la vallée du Grésivaudan, puis rejoint le Rhône à une quinzaine de kms à l'ouest de Romans ou si l'on préfère à 5 ou 6 kms au nord de Valence.

En tout, la rivière l'Isère parcourt 286 kms dont une partie dans le département de la Savoie un peu plus longue que le parcours dans le département de l'Isère. Cela explique que l'on trouve dans le département de la Savoie des communes qui s'appellent : Feissons-sur-Isère, Gilly-sur-Isère, Grésy-sur-Isère, Sainte-Hélène-sur-Isère, Saint-Paul-sur-Isère, Val-d'Isère.

Le principal affluent de la rivière Isère est l'Arc qui prend sa source sur le territoire de Bonneval-sur-Arc à 2.770 mètres d'altitude, assez près des sources de l'Isère, mais l'une part vers la Tarentaise tandis que l'Arc emprunte toute la vallée de la Maurienne jusqu'à ce qu'elle se jette dans l'Isère sur le territoire de la commune de Chamousset, à peu près à mi-chemin entre Albertville et Montmélian. En tout, l'Arc s'étire sur 127 kms.

En Savoie, Isère et Arc encadrent tout le massif de la Vanoise, dessinant « la poule de Savoie ». C'est visible sur une carte.

Le Drac : prend sa source dans le département des Hautes-Alpes, dans le parc national des Ecrins à 2010 mètres d'altitude sur le territoire de la commune d'Orcières. Le Drac parcourt 130 kms pour rejoindre l'Isère en traversant la vallée du Champsaur passant entre La Mure et Monestier-de-Clermont, puis entre Vizille et Varces. A noter que des travaux d'endiguement réalisés entre le XVIIe et le XVIIIe siècles ont prolongé le cours du Drac pour reporter au delà de Grenoble la confluence Isère/Drac.

Le principal affluent du Drac est La Romanche qui prend sa source dans le département des Hautes-Alpes au glacier de la Plate des Agneaux, sous la barre des Ecrins, sur le territoire de la commune de Villar d'Arène.

La Romanche ne parcourt que 78 kms avant de se jeter dans le Drac à Champ-sur-Drac après avoir arrosé Bourg d'Oisans et Vizille. Le débit de la Romanche est rapide puisque parti de 2.000 mètres d'altitude, le point de confluence n'est qu'à 257 mètres.

Causes des inondations : Celles-ci peuvent avoir 2 principales causes :

*Le bassin versant cumulé Isère/Drac est assez étendu. Tout est relatif, le bassin versant du Mississippi et de ses affluents représente 6 fois la superficie de la France. Il n'y a pas photo ! Mais la caractéristique principale du bassin versant Isère/Drac est d'être en zone de montagne. Rien qu'en Savoie on compte plus de 100 sommets qui dépassent 3.000 mètres d'altitude. Ce bassin versant englobe tout ou partie du Massif de la Vanoise, du Beaufortain, des Bauges, du Massif du Mont Cenis, de la Chartreuse, la chaîne de Belledonne, le massif des Ecrins...

Lorsqu'il y a de fortes pluies au moment de la fonte des neiges, surtout si l'hiver a été neigeux, le cumul pluies/neige fondante peut entraîner d'importants volumes d'eau, des crues et des inondations y compris dans la vallée de l'Arc (la Maurienne). Ce fut la principale cause d'inondations à Grenoble dans les siècles passés.

*Une autre cause est plus sournoise encore. Lorsque se produit un éboulement de montagne, il peut bloquer l'écoulement d'un cours d'eau, en formant un barrage. C'est ce qui se produisit en août 1191, par un éboulement de la Vaudaine qui bloqua l'écoulement de la Romanche à la hauteur de Livet-Gavet. Un lac se forma, atteignant 12 kms de long et surtout une profondeur de 740 mètres, lac qui fut appelé « lac Saint Laurent ». Voir illustration.

Lorsque sous la pression des eaux accumulées, le barrage céda le 14 septembre 1219, il se produisit un véritable tsunami qui ravagea tout sur son passage. Arrivé à Grenoble, le flot était tel qu'il bloqua l'écoulement de la rivière Isère qui à son tour forma un lac à la hauteur de Meylan. Lorsque le flot venu du Drac cessa, ce fut celui de l'Isère accumulée, qui envahit Grenoble et causa le plus de dégâts, d'autant que c'était la nuit et que les portes de la ville étaient fermées ! Il y eut des milliers de victimes dans cette nuit du 14 au 15 septembre 1219. Ce fut la plus grande catastrophe naturelle que connut Grenoble.

Et ensuite ? : Au travers des siècles, Grenoble dut toujours batailler avec ses rivières.

En 1843 fut réalisée sur la rive droite de l'Isère, place de la Cimaise (au nord de la rue Saint Laurent) une fontaine appelée « fontaine au lion » parce qu'elle représente un lion (symbolisant Grenoble) combattant un serpent (représentant l'Isère).

En 1995, du 29 septembre 1995 au 25 novembre, la Bibliothèque municipale de Grenoble présenta une exposition sur le thème « le serpent (l'Isère, la rivière, pas le département) et le dragon (le Drac) » pour retracer l'histoire de la ville et de ses rivières. Serpent et dragon figurent, en outre, dans l'iconographie religieuse.

Il existe toujours un risque d'éboulement dans la Romanche du côté de Séchilienne. Mais les moyens de détection et d'intervention ne sont plus aujourd'hui ceux de 1219 !

Pour les besoins de la production d'électricité, l'EDF a multiplié la construction de barrages abritant des lacs qui représentent des retenues d'eau importantes. Mais ces barrages ont été construits pour être solides même si tout le monde (tout au moins les gens de ma génération) ont en tête l'exemple de la rupture du barrage de Malpasset sur le territoire de Fréjus dans le Var, où cela s'est « mal passé » le 2 décembre 1959. Il y eut 423 victimes et d'impressionnants dégâts matériels. Malpasset avait un nom prédestiné ! La superstition aurait pu être utile. Il ne s'agissait pas d'un barrage EDF mais de la constitution d'une retenue d'eau pour alimenter Fréjus.

Que les habitants des zones concernées par les barrages EDF se disent que les risques liés aux centrales nucléaires (Tchernobyl 26 avril 1986, Fukushima 11 mars 2011) sont beaucoup plus importants que ceux liés aux centrales hydro-électriques.

J.D. 1er février 2015

carte publiée dans "Isère magazine" de janvier/février 2015

carte publiée dans "Isère magazine" de janvier/février 2015

carte publiée dans "Isère magazine" de mars 2015

carte publiée dans "Isère magazine" de mars 2015

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 16:42

Refrain :

Allobroges vaillants ! Dans vos vertes campagnes

Accordez-moi toujours asile et sûreté

Car j'aime à respirer l'air pur de vos montagnes

Je suis la Liberté ! La Liberté !

Couplet 1 :

Je te salue, ô terre hospitalière

Où le malheur trouva protection

D'un peuple libre arborant la bannière

Je vins fêter la constitution

Proscrite hélas ! J'ai dû quitter la France

Pour m'abriter sous un climat plus doux

Mais au foyer a relui l'espérance

En attendant, en attendant je m'arrête chez vous .

Couplet 2 :

Au cri d'appel des peuples en alarme,

J'ai répondu par un cri de réveil ;

Sourds à ma voix, ces esclaves sans armes

Restèrent tous dans un profond sommeil

Relève-toi ma Pologne héroïque !

Car pour t'aider je m'avance à grands pas ;

Secoue enfin ton sommeil léthargique,

Et je le veux, et je le veux, tu ne périras pas !

Couplet 3 :

Un mot d'espoir à la belle Italie :

Courage à vous, Lombards, je reviendrai !

Un mot d'amour au peuple de Hongrie !

Forte avec tous, et je triompherai

En attendant le jour de délivrance,

Priant les Dieux d'apaiser leur courroux,

Pour faire luire un rayon d'espérance

Bons Savoisiens, Bons Savoisiens, je m'arrête chez vous !

Composition :

Le « chant des Allobroges » fut d'abord une mélodie composée, probablement en 1855, par Canterno, un chef de musique du 6ème régiment (du royaume de Sardaigne), et intitulée « la prise de Sébastopol » en souvenir de la bataille de Sébastopol (1854/1855) dans le cadre de la participation du Royaume de Sardaigne à la guerre de Crimée aux côtés de la France, de l'Angleterre et de l'empire ottoman contre la Russie. L'armée du royaume de Sardaigne en Crimée était commandée par Alfonso La Marmora.

Cette mélodie eut beaucoup de succès et en 1856 Joseph Dessaix (neveu du général Dessaix qui commanda la Légion des Allobroges en 1792) composa des paroles en une nuit (comme l'avait fait Claude Joseph Rouget de Lisle en avril 1792 pour La Marseillaise) et les paroles en furent chantées pour la première fois au théâtre de Chambéry le 11 mai 1856 pour la « fête du statut », sous le nom de « La Liberté » qui deviendra ensuite le « chant des Allobroges ».

Ultérieurement d'autres couplets ou d'autres paroles furent composés. Contexte :

L'année 1848 avait été appelée « l'année des Révolutions » ou « l'année du printemps des Peuples ». Il y avait eu en effet des mouvements insurrectionnels un peu partout en Europe sauf dans le royaume de Sardaigne ou régnait le roi Charles Albert qui avait accordé, le 4 mars 1848, une constitution qui avait transformé la monarchie au pouvoir absolue en monarchie « parlementaire ». Voir la fiche N° 180 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/06/le-code-civil-savoyard-n-180.html

L'empire d'Autriche occupait la partie sud de la Pologne depuis 1846, tandis que la Russie occupait l'essentiel de la Pologne depuis 1813. Laquelle Autriche occupait aussi la Hongrie et toute l'Italie du nord (Vénétie et Lombardie). En 1848, les Vénitiens d'abord puis la Lombardie se soulevèrent contre l'occupant autrichien.

Charles-Albert se porta à leur secours mais fut vaincu par les Autrichiens à la bataille de Novarre le 23 mars 1849.

En France Napoléon Bonaparte le « neveu » était devenu le premier (et le dernier) président de la seconde République française puis avait pris le pouvoir suite au coup d'Etat du 2 décembre 1851. Le second empire fut considéré par les opposants comme une dictature et certains (tel Victor Hugo) se réfugièrent en Belgique, dans les îles anglo-normandes ou en Savoie....

Dans la chanson, la Liberté a quitté la France, se réfugie en Savoie et promet la Liberté aux Polonais, aux Italiens, aux Hongrois.

La « fête du statut » en 1856, à Chambéry, avait pour but de commémorer le « statut fondamental » accordé par Charles-Albert en mars 1848. Mais 4 ans après cette commémoration de 1856, les Savoyards se « donnaient » à la France et se réalisait l'unité de l'Italie.

J.D. 16 août 2014

Sur l'histoire des Allobroges voir les fiches 27/28 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-allobroges-62129941.html

ajout de décembre 2020 :

https://webmail.sfr.fr/fr_FR/main.html#read/VF_pertinent/181152

Statue de la Liberté, photos Claire Legrand le 15 octobre 2005

Statue de la Liberté, photos Claire Legrand le 15 octobre 2005

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 14:59

C'est à Turin le 20 juin 1837 que Charles Albert signa l'édit permettant la publication du code civil « pour les Etats de S.M. Le Roi de Sardaigne », avec application à compter du 1er janvier 1838. (un code pénal fut promulgué par Charles Albert le 26 octobre 1839 et un code de commerce le 30 décembre 1840)

Le royaume de Sardaigne à l'époque comportait :

*Le duché de Savoie (les actuelles Savoie et Haute Savoie)

*Le comté de Nice

*Le Val d'Aoste où l'on parlait encore français

*Le Piémont dont la principale ville était Turin qui était également la capitale du royaume de Sardaigne

*La Ligurie dont Gênes était la principale ville

*La Sardaigne

Le contexte :

La Savoie et le comté de Nice avaient été envahis en septembre 1792 et annexés par la France. A la faveur des campagnes de Bonaparte en Italie tout le reste du royaume de Sardaigne (sauf la Sardaigne elle-même) avait été annexé à la France. Voir sur le blog la fiche N°21. http://jean.delisle.over-blog.com/article-garibaldi-et-verdi-61434798.html

Les populations avaient donc connu le « code civil des Français » ou « code Napoléon » promulgué le 30 ventôse an XII (21 mars 1804).
Lorsque la Maison de Savoie récupéra son trône après la chute de Napoléon, elle commença par rejeter tout ce qui était « français » et tous ceux qui avaient collaboré avec l'empire. Mais au témoignage de Philippine de Sale
s (voir fiche N°52 http://jean.delisle.over-blog.com/article-philippine-de-sales-et-le-piemont-89037776.html) Charles Albert eut une attitude différente et fit promulguer un code civil, inspiré du code Napoléon.

Sur Charles Albert lui-même voir sur le blog la fiche N°66.http://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-de-la-maison-de-savoie-59295182.html

En 1837, l'unité de l'Italie n'était pas encore réalisée et le toscan n'était pas encore devenu la langue officielle italienne.

En Piémont, Ligurie et Sardaigne, on parlait différents dialectes et compte tenu de cette division le français était encore la langue majoritairement parlée dans le royaume de Sardaigne.

J'ai récupéré un exemplaire du code civil imprimé en 1838 chez Puthod imprimeur-libraire Place Saint Léger à Chambéry en édition française. Il y eut une autre édition imprimée à Turin en 1837 à la "Stamperia Reale" sous le titre "codice civile per gli Stati di S.M. il Re di Sardegna". Le texte dit que le roi en signa deux exemplaires originaux conservés aux archives de la cour à Turin, mais sans préciser en quelle langue étaient écrits ces originaux. Ce fut probablement un original dans chaque langue.

La version française fut enregistrée à Turin par la « Chambre des comptes » le 3 juillet 1837 et à Chambéry par le « Sénat de Savoie » le 6 juillet 1837 (en 1837 dans le royaume de Sardaigne, il existait également un Sénat à Turin, un à Nice et un à Gênes).

Le contenu :

Le code comprend :

*un avant-propos

*2415 articles répartis entre un titre préliminaire et 3 livres

*un appendice relatif à différents sujets (tenue des registres de l'état civil …)

Il n'est pas dans la vocation d'un blog essentiellement consacré à l'histoire de faire une analyse de ce code sous l'aspect du droit. Par contre, au regard de l'histoire, l'avant-propos et le titre préliminaire sont intéressants à examiner.

Extrait de l'avant-propos ou présentation :

« Charles-Albert par la grâce de Dieu, Roi de Sardaigne de Chypre et de Jérusalem, duc de Savoie et de Gênes, prince de Piémont etc, etc, etc.

Une des pensées qui ont le plus vivement excité notre sollicitude dès l'époque où nous sommes montés sur le trône de nos ancêtres a été de faire jouir nos bien-aimés sujets des avantages d'une législation uniforme, fixe, complète et basée sur les doctrines de notre sainte religion catholique et sur les maximes fondamentales de la monarchie...

...C'est pourquoi, par le présent édit, de notre science certaine et autorité royale, eu sur ce l'avis de notre conseil d'état, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

article 1er : le code des lois civiles , sanctionné par nous, signé de notre main sur deux exemplaires imprimés, et contresigné par notre garde des sceaux, aura force de loi dans nos états, à dater du premier janvier mil huit cent trente-huit

article 2 : la publication de ce code aura lieu par l'envoi à chaque ville et chef-lieu de commune, d'un exemplaire imprimé, qui sera placé dans la salle du conseil communal, et y restera exposé durant un mois entier, et chaque jour pendant six heures , afin que toute personne puisse en prendre connaissance. Ce code sera en outre inséré dans le recueil des actes de notre gouvernement... »

extraits du code lui-même :

« article 1 : La religion catholique, apostolique et romaine est la seule religion de l'état

article 2 : Le roi s'honore d'être le protecteur de l'église, et d'en faire observer les lois dans toutes les matières qu'il appartient à l'église de régler. Les cours suprêmes veilleront au maintien du plus parfait accord entre l'église et l'état ; et, à cet effet, elles continueront à exercer leur autorité et juridiction en ce qui concerne les affaires ecclésiastiques , selon l'usage et le droit.

Article 3 : les autres cultes qui existent dans l'état ne sont que tolérés, conformément aux usages et aux règlements spéciaux qui les concernent.

Article 4 le roi seul a le pouvoir de faire les lois de l'état....

Commentaires :

*les souverains de Savoie s'étaient auto-attribués les tires de roi de Chypre et de Jérusalem, mais seul le titre de roi de Sardaigne était reconnu par les autres états .

*les résidents dans le royaume n'étaient pas des citoyens mais des sujets de sa majesté le roi. Le terme de « sujet » est utilisé tout au long du code. Mais c'est le 4 mars 1848 que Charles Albert publia le « statut fondamental » qui transforma la monarchie absolue en monarchie parlementaire. Cette transformation facilita probablement le regroupement de tous les patriotes italiens autour de la Maison de Savoie pour faire l'unité de l'Italie. Et si Mussolini était resté dans son coin comme Franco au lieu de se mêler de la seconde guerre mondiale, la Maison de Savoie règnerait peut-être encore en Italie mais on ne réécrit pas l'Histoire.

*enfin, Charles Albert est roi « par la grâce de Dieu » et dès le premier article du code la religion catholique est affirmée comme religion d'état. Cela peut choquer 2 siècles après mais que dire des pays qui appliquent la charia au XXIe siècle ? (Arabie, Yémen, Iran, Indonésie, Pakistan, Afghanistan, Soudan, Somalie, Libye...).

J.D. 18 juin 2014

Charles Albert

Charles Albert

Charles-Albert piazza Carlo Alberto Torino, photo J.D. 2 avril 2011

Charles-Albert piazza Carlo Alberto Torino, photo J.D. 2 avril 2011

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 16:28

Marguerite d'Autriche naquit à Bruxelles le 10 janvier 1480 et décéda (de la gangrène) à Malines (province d'Anvers) le 1er décembre 1530. Elle est la fille de Marie de Bourgogne et de Maximilien 1er et la petite fille de Charles-le-Téméraire.

Marie de Bourgogne : née à Bruxelles le 13 février 1457 et décédée à Bruges le 27 mars 1482. Elle fut la fille d'Isabelle de Bourbon et de Charles-le-Téméraire duc de Bourgogne, dont elle fut l'unique héritière..

Maximilien 1er de Habsbourg: (1459/1519) fut empereur du Saint empire romain germanique du 4 février 1508 à sa mort le 12 janvier 1519, et Archiduc d'Autriche. Il épousa Marie de Bourgogne le 21 avril 1477 dont il eut 2 enfants :

*Philippe le Beau décédé en 1506 et père du futur Charles Quint

*et Marguerite d'Autriche

Charles-le-Téméraire : (1433/1477) duc de Bourgogne. Dans les limites actuelles des Etats, le domaine de Charles-le-Téméraire comprenait : la Hollande, la Belgique, le Luxembourg, le nord de la France, la Bourgogne et la Franche-Comté. Cela correspond à une bonne partie de l'ancienne Lotharingie.

A partir de 1465, Charles-le-Téméraire fut d'abord en guerre contre Louis XI (roi de France depuis 1461). Puis il fit la guerre aux Suisses et subit 2 cuisantes défaites à Grandson (dans le canton de Vaud) le 2 mars 1476, puis à Morat (dans le canton de Fribourg) le 22 juin 1476. Il se retourna ensuite contre le duc René de Lorraine. Mais ce fut sa dernière guerre. Il mourut le 5 janvier 1477 au sud de Nancy.

Ce fut sa fille Marie de Bourgogne qui hérita de ses domaines, mais comme 3 mois après la mort du Téméraire, elle se mariait avec Maximilien de Habsbourg, ce qui signifie que tous les domaines passaient sous le contrôle du Saint Empire romain germanique ce qui n'interrompit pas, au contraire, la rivalité avec le royaume de France.

Cela se termina (provisoirement) par le traité d'Arras du 23 décembre 1482 . Selon ce traité, Marguerite d'Autriche, qui n'avait pas encore 3 ans, fut fiancée avec le fils de Louis XI (le futur Charles VIII) roi de France. Elle fut élevée à la Cour de France (à Amboise). Elle apportait en dot : la Flandre, l'Artois, la Franche-Comté, le Charolais et Château-Chinon.

Louis XI mourut le 30 août 1483, Charles VIII lui succéda et en 1491 il épousa Anne de Bretagne le 6 décembre 1491, grillant la politesse à Maximilien d'Autriche qui avait déjà épousé (en secondes noces) Anne de Bretagne (mariage par procuration).

Ainsi, après avoir répudié la fille, il piqua la seconde épouse du père, ce qui n'était pas fait pour arranger les affaires entre France et Saint Empire.

Le mariage avec Anne de Bretagne, permit à la France de récupérer la Bretagne. Un nouveau traité fut conclu le 23 mai 1493 avec la Bourgogne (le traité de Senlis) par lequel la France restituait la dot de Marguerite.

Marguerite d'Autriche : Répudiée de la Cour de France le 25 novembre 1491 (Marguerite avait 11 ans), elle retourna aux Pays-Bas et elle épousa Jean d'Aragon (infant d'Espagne) au printemps 1497. Ce premier mari décéda 6 mois plus tard (le 4 octobre 1497). Marguerite resta encore 2 années en Espagne puis revint à Bruxelles en 1500. Elle se remaria le 28 novembre 1501 avec le duc de Savoie Philibert II dit Philibert le Beau. Ce Philibert était le frère de Louise de Savoie qui fut la mère de François 1er roi de France. Ainsi Marguerite fut la tante de François 1er par son mari et la tante de Charles Quint par son frère Philippe le Beau.

Le mariage de Marguerite et de Philibert semble avoir très heureux mais fut de courte durée. Philibert né au château de Pont d'Ain le 10 avril 1480 devint duc de Savoie après le décès de son père Philippe II Sans Terre le 7 novembre 1497. Il mourut le 10 septembre 1504 au château de Pont d'Ain après un accident de chasse. Ils furent donc mariés moins de 3 années. Inconsolable, Marguerite fit construire pour son mari l'église de Brou à Bourg-en-Bresse. Voir sur mon blog l'article N° 66 (histoire de la Maison de Savoiehttp://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-de-la-maison-de-savoie-59295182.html) et 56 (idées de voyages liés à la Maison de Savoiehttp://jean.delisle.over-blog.com/article-savoie-et-maison-de-savoie-99226231.html).
La Bresse avait été intégrée au domaine de la Savoie suite au mariage du comte de Savoie Amédée V dit le Grand avec Sibylle de Bâgé le 5 juillet 1272. Elle fut rattachée à la France après le traité de Lyon le 17 janvier 1601. La Bresse fut donc « savoyarde » un pe
u plus de 3 siècles.

L'élection des Empereurs germaniques : Au temps où vivait Marguerite d'Autriche, la fonction d'empereur germanique était « élective ». L'empereur était élu par un collège de 7 « princes-électeurs ». Ces 7 princes-électeurs étaient :

les archevêques de Cologne, Mayence et Trèves,

le roi de Bohème,

le comte palatin du Rhin,

le Margrave de Brandebourg

le Duc de Saxe

cela avait été promulgué par l'empereur Charles IV à Metz en 1356, promulgation connue sous le nom de « Bulle dOr ».

A la mort de Maximilien le 12 janvier 1519, il y eu des candidats à l'élection dont les principaux furent Henri VIII roi d'Angleterre (le « gentil » roi qui eut 6 épouses dont 2 furent décapitées à la hache : Anne Boleyn le 19 mai 1536 et Catherine Howard le 13 février 1542), François 1er roi de France et Charles (roi des Espagnes, roi de Naples et de Sicile, roi de Jérusalem depuis mars 1516, sans compter tous les autres titres (duc de Bourgogne etc).

Les princes-électeurs vendaient leur voix au plus offrant. Pour être élu il fallait donc rassembler une fortune plus importante que les concurrents.

Marguerite d'Autriche prit le parti de Charles (probablement en souvenir de sa répudiation de France et aussi parce que son père l'avait nommée « Régente des Pays-Bas » en mars 1507) et utilisa toutes ses relations pour lui trouver des financements. Et ce fut donc ce Charles, qui ayant eu le moyen de « graisser la patte » des électeurs plus que les autres, devint empereur, du Saint Empire romain germanique, sous le nom de Charles Quint.

Après l'élection de Charles, Marguerite resta régente des Pays-Bas et eut une importante influence sur les événements politiques de son temps.

Elle fut par exemple négociatrice avec Louise de Savoie (sa belle-sœur) du traité de Cambrai signé le 3 août 1529 qui mettait fin (provisoirement) à la guerre entre Charles Quint et François 1er. Ce traité fut surnommé « la paix des dames »

Elle fut également mécène et encouragea beaucoup les arts, spécialement à l'occasion de la construction de l'église de Brou que ce soient les sculpteurs (comme Conrad Meyt), les tapissiers, les imprimeurs et les relieurs ou les peintres (comme Bernard Van Orley).

A sa mort il semble y avoir eu un consensus en Europe pour la reconnaître comme une des principales personnalités politiques de son époque.

J.D. 28 mars 2014, dernière mise à jour le 22 août 2014

La récapitulation thématique des notes de ce blog se trouve sur la fiche N°76 intitulée : « blog, liste des articles »http://jean.delisle.over-blog.com/article-blog-liste-des-articles-111165313.html

En septembre 2014, l'abbaye royale de Brou à Bourg-en-Bresse a été élue « monument préféré des Français » dans le cadre d'un concours organisé par Antenne 2. Bravo Marguerite d'Autriche duchesse de Savoie.

Marguerite d'Autriche par B. Van Orley, musée de Brou, Bourg-en-Bresse

Marguerite d'Autriche par B. Van Orley, musée de Brou, Bourg-en-Bresse

tombeau de Marguerite à Brou, Bourg-en-Bresse, photo J.D. 23 mars 2014

tombeau de Marguerite à Brou, Bourg-en-Bresse, photo J.D. 23 mars 2014

Sculptures à Brou (La Poste 1976)

Sculptures à Brou (La Poste 1976)

René II duc de Lorraine, vainqueur du Téméraire en janvier 1477, au musée lorrain de Nancy, photo J.D. 29 mai 2015

René II duc de Lorraine, vainqueur du Téméraire en janvier 1477, au musée lorrain de Nancy, photo J.D. 29 mai 2015

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 08:53

Lorsqu'en avril 1860 (c'est pas si vieux) les populations du Duché de Savoie et de l'Arrondissement de Nice furent consultées pour savoir si elles voulaient devenir françaises :

*Une seule question fut posée : la population voulait-elle son rattachement à la France. D'autres questions du genre : voulez-vous rester unis au royaume de Sardaigne (dont la capitale était à Turin) ? Voulez-vous devenir indépendants ? Ou voulez-vous être réunis à la Suisse ?... ne furent pas posées

*Dans les bureaux de vote, les électeurs n'eurent à leur disposition que des bulletins de vote « OUI » (illustration jointe)

*un traité en date du 24 mars 1860 dit « traité de Turin » avait déjà officialisé la cession de la Savoie et de Nice à la France par le royaume de Sardaigne

*Les fonctionnaires et militaires du royaume de Sardaigne étaient rentrés à Turin et ce furent les fonctionnaires français qui organisèrent la consultation des populations en présence de militaires français

Il faut rappeler bien sûr qu'une majorité de la population parlait français surtout en Savoie, qu'elle avait déjà été rattachée à la France dans un passé proche et qu'elle se trouvait sur le versant français des Alpes.

Toute analogie avec le référendum organisée le dimanche 16 mars 2014 en Crimée ne serait pas fortuite.

Et que dire de la constitution des empires coloniaux ? A-t-on consulté les populations ?

Mais c'est probablement avec le Kosovo que l'analogie est la plus complète. Lorsque les populations albanaises et musulmanes du Kosovo ont voulu devenir indépendantes de la Serbie, celle-ci s'y est opposée par la force et en 1999, l'OTAN a fait la guerre à la Serbie au profit du Kosovo. A l'époque, la Russie et quelques autres soutenaient la Serbie contre la volonté d'indépendance des Kosovars.

Aujourd'hui ceux qui soutenaient le droit du Kosovo a devenir indépendant sont contre le droit des habitants de la Crimée à se séparer de l'Ukraine tandis que ceux qui soutenaient le droit de la Serbie à refuser l'indépendance du Kosovo soutiennent le droit à l'indépendance de la Crimée.

Comme quoi honnêteté et politique n'ont jamais fait bon ménage. En outre la France me paraît mal placée, historiquement, pour faire la morale à la Russie !

J.D. 17 mars 2014

Référendum N°166
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