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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 15:23

On trouvera en illustration une carte de l'Italie du Nord en 1439, carte extraite de « La Maison de Savoie » tome II édité chez Albin Michel en 1962 et œuvre de Marie José, dernière reine d'Italie (en 1946).

Sur Marie José, voir la note N° 204 http://jean.delisle.over-blog.com/marie-jose-la-reine-de-mai-n-204.html à laquelle sont joints le portrait de Marie José et son tombeau à l'abbaye d'Hautecombe en Savoie. Voir également le portrait joint à la note N°267 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/01/la place-des-celestins-à-lyon-n-267.html

En complément d'illustration, on trouvera la reproduction d'un timbre émis par la poste italienne à l'occasion du mariage à Rome le 8 janvier 1930, de Marie José et d'Humbert. Sur le timbre on remarque la présence de la croix de Savoie, qui resta jusqu'à la fin le symbole des rois d'Italie.

*La carte de l'Italie du Nord en 1439 permet de situer, pour cette époque, les États de Savoie dans leur environnement. Elle permet de voir également l'importance de l'extension de la République de Venise en terre ferme et d'expliquer les nombreux conflits de Venise avec Milan et avec la papauté. Le siège religieux ou spirituel de l’Église était à Rome, mais il y avait un cardinal-légat administrateur à Bologne.

*C'est le 19 février 1416, que Amédée VIII, dix-neuvième et dernier comte de Savoie devint duc par la grâce de Sigismond, empereur romain germanique. En février 2016, le Conseil Général de la Savoie a été à l'initiative de quelques événements pour commémorer le six-centième anniversaire du Duché de Savoie.

*Ce blog contient de nombreuses notes sur l'histoire de la Savoie et de la Maison de Savoie. Voir particulièrement les notes N° 66 http://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-de-la-maison-de-savoie-59295182.html et 56 http://jean.delisle.over-blog.com/article-savoie-et-maison-de-savoie-99226231.html

*Dans « la Maison de Savoie », Marie José consacre 2 tomes entiers à Amédée VIII.

Cet Amédée VIII fut comte de Savoie à la mort de son père en 1391, devint duc en 1416, devint pape (Félix V) de 1439 à 1449 et mourut le 7 janvier 1451 retiré à Ripaille (aujourd'hui en Haute-Savoie).

*A son époque, Amédée VIII fut un des plus importants souverains d'Europe. Il déploya toujours une intense activité diplomatique et fut à plusieurs reprises appelé comme arbitre dans des conflits.

*Le choix de la carte en 1439, correspond à la fin du règne d'Amédée en tant que duc de Savoie et à l'apogée du Duché de Savoie, mais non de la Maison de Savoie, qui fut à son apogée avec les rois d'Italie.

*La carte montre l'extension du domaine de la Savoie en territoire français, de la Saône à la Méditerranée, ainsi qu'en Suisse. Cette extension fut la cause de nombreuses guerres, occupations… avec tous les voisins et particulièrement, le royaume de France, la Suisse germanophone et en Italie avec Milan, l'Autriche, etc.

*Au fil des siècles, la Maison de Savoie perdit de plus en plus de territoires de ce côté-ci des Alpes pendant qu'elle s'étendait côté italien.

*Le terme de duché de Savoie s'appliqua à tout le domaine dépendant de la souveraineté des ducs de Savoie et faisait suite au « comté de Savoie ». Mais lorsqu'en 1713, ils obtinrent un titre de rois, d'une part ils cessèrent d'être vassaux du saint Empire romain germanique et d'autre part le terme « duché de Savoie » subsista pour la partie française du domaine.

*Sur l'évolution particulière du duché de Savoie, côté français, voir la note N°106 http://jean.delisle.over-blog.com/la-savoie-de-1792-à-1914-n-106

J.D. 13 mars 2016

Italie du Nord en 1439, carte publiée par Marie José

Italie du Nord en 1439, carte publiée par Marie José

mariage de Marie José et d'Humbert

mariage de Marie José et d'Humbert

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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 16:29

Agnadel (Agnadello en italien) est un lieu situé en Lombardie à une trentaine de kms à l'est de Milan ou, si l'on préfère à 8 kms à l'est de la rivière Adda (qui coule vers le sud et se jette dans le Pô un peu en amont de Crémone). La bataille eut lieu le 14 mai 1509. Elle est, de fait, une péripétie dans un ensemble de 11 guerres que les historiens ont appelé « guerres d'Italie » même si il y eut d'autres guerres en Italie. De façon plus conjoncturelle cette guerre fut causée par une rivalité entre la République de Venise et la papauté pour la possession de la Romagne (région historique d'Italie bordée à l'ouest par la Toscane et à l'est par l'Adriatique. Les principales villes de Romagne sont Ravenne et Rimini. Aujourd'hui la Romagne dépend de la région administrative Emilie-Romagne dont la capitale est à Bologne.

I-la bataille d'Agnadel :

Pour contrer les visées expansionnistes de Venise sur la terre ferme, le pape Jules II (il fut pape de 1503 à 1513), parvint à former le 10 décembre 1508, une ligne contre Venise, appelée « ligue de Cambrai » (il s'agit de Cambrai dans le nord de la France). Cette ligue comprenait Maximilien 1er pour le Saint Empire romain germanique, Ferdinand d'Aragon pour l'Espagne, le bon roi Louis XII pour la France et bien sûr l'armée du pape.

Louis XII qui avait des troupes présentes en Italie (voir point II) se dirigea vers Venise.

La République de Venise avait confié le commandement de son armée de terre à 2 cousins : Bartolomeo d'Alviano et Niccolo di Pitigliano. A l'approche des troupes françaises, l'armée vénitienne était stationnée près de Treviglio (à environ 10 kms au nord d'Agnadel), mais jugeant la position défavorable pour eux, les 2 chefs décidèrent de se déporter vers le sud pour se retrancher derrière le Pô.

La troupe de Venise se mit en route, mais la partie de l'armée conduite par Niccolo di Pitiglio avança plus vite que celle conduite par Bartolomeo d'Alviano, et celui-ci avec 8.000 soldats, fut accroché par l'avant-garde de l'armée française conduite par Charles d'Amboise (Maréchal de France) à Agnadel.

Lorsque le gros de l'armée française conduit par Louis XII (et qui comprenait le célèbre chevalier Bayard) tomba sur l'arrière des troupes vénitiennes de d'Alviano, ce fut un carnage, d'autant que Louis XII avait avec lui de l'artillerie et en tout 4 fois plus de troupes que d'Alviano. Les troupes de d'Alviano furent littéralement exterminées et d'Alviano lui-même, blessé, fait prisonnier. Lorsque le restant des troupes au service de Venise, sous la conduite de Pitiglio, apprit le carnage, ce fut la débandade et la désertion généralisée. La Sérénissime n'avait plus d'armée de terre. Pour les Vénitiens ce fut le « désastre d'Agnadel ».

La République de Venise aurait pu disparaître, mais Jules II n'aimait pas les Français, et ne voulait surtout pas qu'ils s'installent en Italie durablement. Il constitua une nouvelle ligue, cette fois contre la France.

Constituée le 4 octobre 1511 et appelée « Sainte Ligue », elle comprit : les Etats pontificaux, la République de Venise, les cantons suisses et l'Espagne. Ils furent rejoints le 13 novembre 1511 par l'Angleterre d'Henri VIII (Barbe bleue) et le 17 mai 1512 par le Saint empire de Maximilien.

II-les guerres d'Italie :

Commencées en 1494 sous le règne du roi de France Charles VIII, les « guerres d'Italie » se poursuivirent sous les règnes de Louis XII, de François 1er pour se terminer en 1559 sous Henri II .

Ces guerres ont leur origine dans la revendication conjointe de plusieurs souverains d'Europe pour récupérer le royaume de Naples et le duché de Milan et ce parce qu'à force de mariages entre toutes les Cours d'Europe, tout le monde descendait de tout le monde et pouvait revendiquer un héritage.

*1-Alphonse V d'Aragon s'était emparé du royaume de Naples en 1442. Charles VIII roi de France voulut récupérer ce royaume, il s'en empara en février 1495 mais abandonna la ville dès le mois de mai de la même année suite à la constitution d'une ligue anti-française par les Etats du Nord de l'Italie. Le traité de Verceil (Vercelli) du 9 octobre 1495 mit fin à la première de ces guerres. Les Français durent évacuer l'Italie.

*2-Louis , arrière petit-fils de Charles V roi de France, petit neveu de Charles VI et lointain parent de Charles VIII lui succéda comme roi de France à compter du 7 avril 1498 sous le nom de Louis XII. De son prédécesseur, il hérita du trône, de la couronne, de l'épouse (Anne de Bretagne) et des guerres d'Italie. Entré en Italie en 1499, Louis XII s'empara de Gênes et de Milan en juillet. Louis était le petit-fils de Valentine Visconti et à ce titre revendiquait Milan. Ludovic Sforza récupéra Milan en mars 1500. La ville fut reprise par les Français dès le mois d'avril 1500. Charles d'Amboise fut nommé gouverneur de Milan et cela termina la seconde guerre d'Italie.

*3-En septembre 1501, Louis XII s'emparait de Naples mais entrait en guerre en 1502 contre Ferdinand II d'Aragon, il dut signer en février 1504 l'armistice de Lyon, par lequel la France cédait le royaume de Naples à l'Espagne. C'est en décembre 1503, au cours de cette guerre que le chevalier Bayard s'illustra en défendant l'accès d'un pont sur le Garigliano (petit fleuve d'une cinquantaine de kms qui sépare le Latium, région de Rome et la Campanie région de Naples)

*4-C'est au cours de la quatrième guerre d'Italie que se déroula la bataille d'Agnadel dont il est question au point I. Après la constitution de la sainte ligue contre la France, nos troupes s'emparèrent de Bologne en mai 1511, gagnèrent la bataille de Ravenne le 11 avril 1512 mais furent vaincues à Novarre le 6 juin 1513. Par le traité de Dijon,le 14 septembre 1513, la France renonçait une fois de plus à ses prétentions sur l'Italie. C'est au cours de la bataille de Ravenne que Gaston de Foix duc de Nemours et commandant les armées françaises, mourut en combattant.

*5-Après le décès de Louis XII le 1er janvier 1515, c'est son petit cousin qui devint roi sous le nom de François 1er (Charles d'Orléans père de François 1er était le cousin de Louis XII, fils d'un autre Charles d'Orléans, le père de Louis XII étant l'oncle du père de François 1er). Il reprit les guerres d'Italie. Ce fut la célèbre victoire de Marignan (aujourd'hui Melegnano en Lombardie, à une quinzaine de kms au sud-est de Milan). A la suite de quoi François 1er s'entendit avec le nouveau roi d'Espagne (Charles V dit Charles Quint devenu roi en mars 1516) par la paix de Noyon (dans l'Oise) du 13 mai 1516. La France reconnaissait la propriété du royaume de Naples à l'Espagne tandis que l'Espagne reconnaissait la souveraineté de la France sur le Milanais. Cela termina la cinquième guerre d'Italie.

*6-Charles Quint roi d'Espagne étant devenu en juin 1519 Empereur du Saint Empire romain germanique, la France de François 1er se trouva complètement encerclée. François 1er reprit la guerre en Italie. Francesco Sforza reprit Milan en avril 1522, que les Français récupérèrent le 26 octobre de la même année. La situation semblait stabilisée lorsqu'il y eut la terrible défaite de Pavie le 24 février 1525, où François 1er fait prisonnier fut d'abord emprisonné à Gênes puis emmené en Espagne. Après rançon et renoncements à tous droits sur l'Italie il fut libéré au bout d'un an. C'est au cours de cette guerre que le chevalier Bayard fut tué le 30 avril 1524 dans le Piémont. Originaire de Poncharra dans le département de l'Isère, Bayard fut d'abord inhumé à Saint Martin d'Hères dans la banlieue de Grenoble puis transféré le 24 août 1822 dans l'église Saint André de Grenoble. A Poncharra, le château Bayard a été transformé en musée en 1975 et rénové en 2015. La commune de Pontcharra qui vit naître Bayard est jumelée avec Rosavenda dans le Piémont qui vit mourir le chevalier.

*7-Libéré le 17 mars 1526, François 1er oublia ses promesses et rejoignit la ligue de Cognac contre le Saint Empire ; ligue qui regroupait, le pape, l'Angleterre, Milan, Venise Florence et la France. Les troupes impériales furent commandées par Charles III de Bourbon qui avait servi Louis XII puis François 1er avant de passer à l'ennemi.

C'est durant cette septième guerre d'Italie qu'eut lieu le sac de Rome par les troupes de Charles Quint à partir du 6 mai 1527. Charles de Bourbon lui-même fut tué durant la prise de Rome ; Cette guerre se termina par la paix de Cambrai le 5 août 1529.

*8-La mort le 1er novembre 1535 du duc de Milan François II entraîna une nouvelle revendication de François 1er roi de France sur le Milanais. En 1536, les troupes françaises envahirent et annexèrent la Savoie et le Piémont pendant que Charles Quint envahissait la Provence. Cette huitième guerre d'Italie se termina par la paix de Nice le 18 juin 1536. La France garda (provisoirement) la Savoie et le Piémont. C'est durant cette période d'occupation que François 1er imposa l'usage du Français en Savoie.

*9-En novembre 1540, Charles Quint donna le Milanais à son fils Philippe. Cela déclencha la neuvième guerre d'Italie. L'Angleterre s'allia à Charles Quint, l'Ecosse à François 1er. Il y eut des combats un peu partout de l'Ecosse au Milanais en passant par le nord, l'est et le sud de la France. Cette guerre se termina en 2 temps : entre la France et l'Espagne, par le traité de Quercy en Laonnois (dans l'Aisne) aux termes duquel la France conservait la Savoie et le Piémont mais renonçait à l'Artois, la Flandre, le Milanais et Naples. Avec l'Angleterre il y eut le traité d'Andres (dans le Pas-de-Calais) le 7 juin 1546 par lequel Henri VIII restituait Boulogne à la France. A noter un John de Lisle parmi les négociateurs anglais.

*10-Le 26 juillet 1552, la population de Sienne en Toscane avait chassé la garnison espagnole de la ville et appelé la France à l'aide. Suite au décès de François 1er le 31 mars 1547, son fils était devenu roi sous le nom d'Henri II. En même temps que la guerre en Italie, des opérations militaires se déroulaient aussi en France. En avril 1552, Henri II s'était emparé des villes de Metz, Toul et Verdun ; puis de la Corse prise à Gênes en 1553. Cette guerre se termina le 15 février 1556, par la Trève de Vaucelles (au sud-ouest de Cambrai dans le nord). La France gardait Metz, Toul, Verdun, la Corse, la Savoie et le Piémont.

*11- Début 1557, Henri II envoya le duc François de Guise avec une nouvelle armée en Italie. Mais la cuisante défaite de l'armée française à Saint Quentin dans l'Aisne le 10 août 1557 amena le traité de Cateau-Cambresis (à une vingtaine de kms au sud de Cambrai) les 2 et 3 avril 1559. La France rendit ses possessions au duc de Savoie Emmanuel-Philibert, la Corse aux Génois mais conservait Calais pris aux Anglais le 8 janvier 1558 et qui possédaient la ville depuis 1347. En outre le développement du protestantisme inquiétait autant le roi de France que celui d'Espagne et les incita à cesser leur guéguerre en Italie.

III-Bilan :

Après 11 guerres étalées sur 65 années, chacun était quasiment revenu à la case départ : tout ça pour ça !

Avant ces guerres d'Italie il y avait eu la guerre de Cent Ans (1337/1453), puis l'invasion musulmane de l'Europe par l'est sans oublier toutes les guerres « régionales » entre Louis XI et Charles le Téméraire en France, la guerre des 2 roses en Angleterre etc etc

Sitôt les guerres d'Italie terminées ce furent les guerres de religion qui commencèrent… A croire que les humains ne peuvent pas vivre sans s'étriper !

Dans l'histoire de l'espèce humaine, qui peut citer des périodes de plusieurs décennies pendant lesquelles il n'y eut aucune guerre sur toute la terre ?

Sous beaucoup de réserves je pourrais en citer 3 :

-sous le règne de Ramsès II au treizième siècle avant notre ère qui, après avoir combattu les Hittites s'entendit avec eux et ils imposèrent la paix, au moins dans leur sphère d'influence

-sous le règne de Numa qui fut roi à Rome juste après Romulus et régna 43 années (de -715 à -672) sans guerre. Mais Numa est-il un personnage historique ou légendaire ?

-enfin sous le règne d'Auguste qui fut le premier romain à porter le titre d'empereur de -27 à +14 ; et encore il faut oublier les légions de Varus et quelques autres.

C'est quand même un peu maigre !

J.D. 1er mars 2016

En illustration : la bataille d'Agnadel, gravure sur acier de 1850, dessinée par Henry Emy, gravée par Rebel ; à la Galerie Napoléon à Paris

bataille d'Agnadel

bataille d'Agnadel

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 09:06

On trouvera, jointe en illustration, une carte montrant l'emprise territoriale respective des Républiques maritimes de Gênes et de Venise au tournant XIVe/XVe siècles. Carte publiée sur le net dans le cadre d'un article de Romain Lamothe et Jean-Christophe Ricklin.

Fondée à la fin du septième siècle, comment cette République de Venise « coincée » au fond de l'Adriatique a-t-elle pu parvenir à une telle puissance, non seulement par ses acquisitions terrestres et maritimes, mais par la force de sa monnaie (le ducat d'or vénitien fut créé en 1284), de son économie, de son commerce … ?

Il n'y a probablement pas une réponse unique mais un ensemble de causes, parmi lesquelles je mettrais volontiers en avant d'une part une organisation politique efficace (voir note N°273 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/02/la-venetie-n-273.html) et surtout la puissance de la marine vénitienne aussi bien commerciale que militaire. Cette puissance était elle-même le résultat de l'organisation des chantiers navals.

I-L'Arsenal :

L'Arsenal (arsenale en italien) est situé à l'est de la cité dans le quartier du même nom, mais en signalant que sur certains documents, le quartier « Arsenale » est rattaché au quartier « Castello », mais il paraît plus pertinent de considérer l' »arsenale » comme un quartier à part entière.

*Les premiers chantiers navals à Venise datent du huitième siècle, mais les vrais chantiers navals organisés rationnellement ont été lancés en 1104 par Ordelafo Faliero qui fut de 1102 à 1118 le trente-quatrième doge de Venise. Il mourut à Zadar (en Croatie, sur l'Adriatique, mais ville appelée à l'époque de Faliero : « Zara ») en expédition militaire en 1118. Il fut inhumé dans la basilique Saint Marc.

*Des extensions des chantiers eux-mêmes et/ou de leurs accès à la mer furent réalisés entre 1143 et 1169, entre 1304 et 1325 (arsenale nuovo) en 1473 (arsenale nuovissimo). L'activité de l'arsenal cessa à partir de 1716.

*En 1797, Bonaparte récupéra les armements disponibles et en 1806, fit réaliser une nouvelle extension. En octobre 1866, la Marine italienne en prit possession.

*Dès le doge Faliero, tout fut pensé de façon rationnelle : les approvisionnements, les stockages, les fabrications, les utilisations… non seulement pour les coques des galères mais pour leurs armements (canons, poudres, boulets...) les cordages, les rames, les mâts, les voiles… Au plus fort de l'utilisation de cet arsenal (XVIIe siècle), 16.000 ouvriers y étaient employés, les chantiers avaient la capacité de sortir une galère par jour ! (La galère était un navire navigant à la fois à voiles et à rames. Une copie de galère du XVIIIe siècle a été lancée à Morges, sur le lac Léman, en 2001). Ils étaient alors considérés comme les plus grands chantiers navals au monde. On peut en tout état de cause penser qu'ils furent un modèle très en avance de grande entreprise industrielle. Dès 1297, il fut décidé que les galères construites seraient polyvalentes afin d'être utilisées comme navires de commerce en temps de paix et pouvoir être transformées en navires de guerre en quelques heures en cas de besoin. La marine vénitienne compta jusqu'à 3.000 navires marchands et 300 navires de guerre. Outre le transport marchand pour les négociants vénitiens et les galères armées pour les opérations de guerre de la République, la marine vénitienne servit encore à transporter de nombreuses troupes : pour les croisés, pour le compte d'autres Etats… mais bien sûr la Sérénissime se faisait payer ses services.

*Un bon exemple du génie vénitien d'alors, peut être donné avec l'approvisionnement en bois. Les bois vinrent des préalpes vicentines (au nord de Vicence) , de l'Altopiano dei Sette comuni. Afin de pouvoir évacuer aisément les bois exploités, les Vénitiens créèrent une voie d'accès et de dégagement de 2,5 kms sur 810 mètres de dénivelé, comprenant 4.444 marches et une partie lisse pour la circulation des bois. Cette voie fut appelée : « Calà del Sasso ».

*On enseigne encore Austerlitz dans les écoles de guerre, on devrait enseigner l'organisation de l'Arsenal de Venise dans les écoles de management !

II-le déclin :

L'examen de la carte de l'expansion de Venise et de Gênes montre que Venise investit sur la côte adriatique et sur les îles de la Méditerranée orientale, tandis que Gênes investissait sur les côtes de la Mer Noire mais aussi sur la Méditerranée orientale. Pour les 2 cités-états, il s'agissait de favoriser ses négociants, ses marins marchands dans le commerce orient-occident.

*Les 2 Etats furent forcément en guerre comme Venise le fut avec les autres cités maritimes : Pise, Amalfi, Ancône, Raguse (ancien nom de Dubrovnik)… mais aussi pour l'extension terrestre avec Milan, Florence, les Etats du Vatican, puis à l'extérieur avec l'Autriche, la Hongrie, l'Espagne et la France qui se mêlaient des affaires italiennes…

Dans toutes ces guerres à répétition, Venise connut plus de victoires que de défaites et poursuivit son expansion jusqu'à ce que deux événements nouveaux viennent gripper la belle machine à conquêtes :

*la découverte de l'Amérique, à partir de 1492, entraîna la fréquentation de nouvelles routes maritimes, la découverte de produits nouveaux … ce qui dévalorisa le commerce orient-occident

*mais du point précédent, Venise aurait pu s'en remettre. Pour l'essentiel, ce sont les conquêtes de l'empire ottoman qui amenèrent la décadence de Venise. Après la prise de Constantinople le 29 mai 1453, les Ottomans se répandirent sur l'Europe par l'est et voulurent dominer la Méditerranée. Cela entraîna de nombreuses guerres entre Venise et les Ottomans : de 1499 à 1503, en 1538, de 1570 à 1573, de 1645 à 1669, de 1684 à 1716 etc. Les Ottomans s'emparèrent de Rhodes en 1522, de Chypre en 1571, de la Crète en 1700 et de toutes les îles vénitiennes de la Méditerranée orientale, des possessions sur la côte Yougoslave…. La brillante victoire navale de Lépante (en Grèce dans le golfe de Patras) le 7 octobre 1571, ne modifia pas le cours des choses. C'est donc d'une Venise très affaiblie dont s'empara Bonaparte en 1797.

Si l'on veut résumer : dans l'histoire de Venise, il y eut 8 siècles d'expansion puis 3 siècles de déclin. « La Roche tarpéienne est proche du Capitole » disaient les Romains mais la chute est toujours plus rapide que l 'ascension !

J.D. 26 février 2016

empires de Venise et Gênes, fin XIVe siècle

empires de Venise et Gênes, fin XIVe siècle

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 15:58

1-la conquête française :

*Après Brienne et l'école militaire de Paris, c'est le 28 septembre 1785, que Napoléon Bonaparte recevait son grade de lieutenant d'artillerie. Né le 15 août 1769, il avait tout juste 16 ans.

*Affecté en garnison dans différentes villes, il se retrouva à Toulon en septembre 1793 au moment où Barras y était envoyé en mission, par la Convention nationale, pour reprendre la ville qui s'était livrée aux Anglais. Barras donna son titre de capitaine à Bonaparte. Dès le 19 décembre la ville était complètement reprise et le 22, Bonaparte était nommé général de brigade, il avait 24 ans.

*En octobre 1795, pour faire face à une tentative de reprise de pouvoir par les royalistes à Paris, Barras fit appel à Bonaparte. C'est ce qu'on appelle dans les livres d'histoire, le « 13 vendémiaire » (5 octobre 1795). Bonaparte fit mitrailler les nobles sur le parvis de l'église Saint Roch (dans l'actuelle rue Saint Honoré, 1er arrondissement). Pauvre Saint Roch, lui qui avait passé sa courte vie à aider les autres, il ne méritait pas qu'une des églises dédiées à son nom, serve « de mur des mitraillés ». A l'époque, cela sauva la République. Dès le 16 octobre, Bonaparte était général de division et Barras devenait le principal Directeur du Directoire qui succéda à la Convention nationale le 26 octobre 1795.

*Barras commençait à s'inquiéter de la popularité du jeune général. Il réalisa une double opération : Le mariage de Napoléon le 19 mars 1796 le débarrassait de sa maîtresse (Joséphine) et d'autre part il l'envoyait comme général en chef de l'armée d'Italie, en espérant probablement que des échecs rabaissent sa gloire.

*Mais ce fut la fulgurante campagne d'Italie au cours de laquelle les armées sardes mais surtout autrichiennes furent bousculées dans toute l'Italie du nord au terme d'une impressionnante collection de victoires.

*C'est le 12 mai 1797 que les soldats de Bonaparte entrèrent à Venise. Bonaparte mit fin à 11 siècles d'histoire de la République de Venise, qui n'était, il est vrai, à ce moment là, plus que l'ombre d'elle même. Le dernier doge abdiqua.

*Tout au long de la campagne d'Italie, Bonaparte rançonna et fit parvenir au Directoire d'importantes sommes d'argent. Il s'empara également, spécialement à Venise, de beaucoup d’œuvres d'art qu'il fit parvenir en France. Des Vénitiens en gardent encore une grande rancœur, comme ce gardien de musée rencontré à la Ca' d'Oro le 5 février 2016 et qui prenait à témoins contre Napoléon et contre la France tous les touristes de passage. Pourquoi pas, sauf que le pillage de Constantinople par les Vénitiens lors de la quatrième croisade, ne lui posait par contre aucun problème : deux poids, deux mesures !

2-première occupation autrichienne :

L'armée française occupa et administra Venise. Mais Bonaparte négocia avec l'Autriche sans guère se soucier du Directoire. Par le traité de Campoformio (aujourd'hui Campoformido dans la province d'Udine) du 18 octobre 1797, Napoléon cédait la Vénétie à l'Autriche, mais la France conservait la Lombardie et récupérait les Flandres autrichiennes (la Belgique), ce qui était une régularisation puisque l'armée française occupait aussi bien la Lombardie que la Belgique. Il n'était pas encore dans les mœurs internationales que les populations concernées par les traités soient consultées.

L'Autriche organisait alors les « Etats Autrichiens d'Italie » en Vénétie. Les occupants français avaient été détestés par la population locale, les Autrichiens le furent plus encore. Le même phénomène avait été observé dans le Piémont. Voir les mémoires de Philippine de Sales (grand-mère de Camillo Cavour) : note N°52 http://jean.delisle.over-blog.com/article-philippine-de-sales-et-le-piemont-89037776.html

3-retour à la France :

L'Autriche ayant rejoint la troisième coalition contre la France (en rappelant qu'il y eut 7 coalitions contre la France de 1792 à 1815 et que cela se situait dans une longue tradition, commencée en 1214, de coalitions anti-françaises, et qui ne se termina qu'en 1815), son armée fut vaincue à Ulm (en Allemagne sur le Danube) en octobre 1805 et surtout à la célèbre bataille d'Austerlitz (dans l'actuelle République tchèque, proche de la frontière autrichienne) le 2 décembre 1805. L'empereur François 1er d'Autriche fut contraint de signer le traité de Presbourg (aujourd'hui Bratislava en Slovaquie) le 26 décembre 1805. La France récupéra la Vénétie.

Napoléon 1er avait été proclamé roi d'Italie le 17 mars 1805 et couronné à Milan le 26 mai 1805. La Vénétie fut intégrée à ce royaume d'Italie dont la capitale était à Milan. Eugène de Beauharnais était vice-roi.

En 1812, la Vénétie devint le département de l'Adriatique (Adriatico) et fit partie des 24 départements créés dans le royaume d'Italie de Napoléon et dont voici la liste, pour mieux délimiter ce royaume ; avec entre-parenthèses le chef-lieu du département :

Adda (Sondrio) ; Adige (Vérone) ; Adriatique (Venise) ; Agogna (Novare) ; Bacchiglione (Vicence) ; Bas-Pô (Ferrare) ; Brenta (Padoue) ; Crostolo (Reggio Emilia) ; Haut-Adige (Trente) ; Haut-Pô (Crémone) ; Lario (Côme) ; Mella (Brescia) ; Métaure (Ancône) ; Mincio (Mantoue) ; Musone (Maserata) ; Olona (Milan) ; Panaro (Modène) ; Passaeiano (Udine) ; Piave (Belluno) ; Reno (Bologne) ; Rubicon (Forli) ; Serio (Bergame) ; Tagliamento (Trévise) ; Tronto (Fermo).

Ces 24 départements italiens s'ajoutèrent aux 14 départements créés dans la zone de l'Italie directement rattachée à la France par Napoléon ; voir liste sur fiche N°21 http://jean.delisle.over-blog.com/article-garibaldi-et-verdi--61434798.html

Napoléon eut de grands projets pour Venise. Sa première abdication, le 6 avril 1814, entraîna quelques jours plus tard (le 21 avril) la fin de son royaume d'Italie.

4-nouvelle occupation autrichienne :

le 7 avril 1815 était proclamé le Royaume de Lombardie-Vénétie, plus souvent appelé Royaume lombard-vénitien, complètement sous la coupe de l'Autriche.

En 1848, année de Révolutions dans beaucoup de pays d'Europe, les Vénitiens se soulevèrent contre l'occupant le 17 mars, proclamèrent la République de Saint Marc le 22 mars (voir fiche N°45 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-republiques-en-italie-79062862.html). Charles-Albert roi de Sardaigne se lançait dans une guerre contre l'Autriche mais fut vaincu et dut abdiquer. Les Vénitiens durent capituler le 22 août 1849 et il semble que les Autrichiens en reprenant la ville ne firent pas de cadeaux aux patriotes !

Il fallut la guerre de la Prusse contre l'Autriche en 1866, pour que Venise et la Vénétie rejoignent l'Italie, voir fiche 273 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/02/la-venetie-n-273.html.

Au total, par occupation directe ou par royaume inféodé interposé, Venise aura été française moins de 10 ans et autrichienne un peu plus de 50 ans. Il semble cependant que la présence française ait laissé au moins autant de traces que l'autrichienne. La personnalité de Napoléon ne laisse pas indifférent que l'on soit pour ou contre et ceci explique probablement cela.

On trouvera en illustrations 4 représentations de Napoléon extraites de « The wars of Napoléon », ouvrage publié en 2003 par le département d'Histoire de l'Académie militaire de West-Point.

J.D. 23 février 2016

P.S. la récapitulation thématique des notes de ce blog se trouve sur la fiche N°76 http://jean.delisle.over-blog.com/article-blog-liste-des-articles-111165313.html

et la récapitulation des illustrations sur la fiche N°219 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/01/illustrations-jointes-aux-notes-du-blog-n-219.html

Napoléon en 1784

Napoléon en 1784

Napoléon en 1796

Napoléon en 1796

Napoléon en 1810 et 1814

Napoléon en 1810 et 1814

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 07:19

La Vénétie est une des 20 régions administratives italiennes. Elle est bordée à l'est par l'Adriatique et le Frioul-Vénétie Julienne, au nord par le Trentin Haut-Adige avec une pointe qui confine à l'Autriche, à l'ouest par la Lombardie et au sud par l'Emilie-Romagne.

La Vénétie a une superficie de 18.391 kms2 et une population qui avoisine les 5 millions d'habitants répartis dans 7 provinces (Belluno, Padoue, Rovigo, Trévise, Venise, Vérone, Vicence) qui comportent 581 communes.

En signalant que les provinces italiennes sont en voie de disparition dans le cadre des réformes menées tambour battant par Matteo Renzi ; ce qui va entraîner la suppression de 86 présidents de province, de 3400 élus et d'environ 20.000 postes de fonctionnaires.

Bien que hors du sujet, je ne résiste pas à l'envie de signaler que Matteo Renzi né à Florence en 1975 était Président de la province de Florence le 13 juin 2004, maire de Florence le 22 juin 2009, secrétaire du Parti Démocrate Italien le 15 décembre 2013, et Président du Conseil italien le 22 février 2014. Il a formé un gouvernement restreint de 16 ministres… qui travaillent et c'est autre chose que la « République des couacs » ; suivez mon regard (il mène vers le Palais de l'enlisé pour reprendre un titre d'article paru sur un journal en ligne du 9 février 2016) !

1-Rattachement à l'Italie :

Ce sont les 21 et 22 octobre 1866 que se déroula la consultation de la population de la Vénétie pour le rattachement à l'Italie. Il y eut 69 NON et 641.758 OUI

Ce résultat est gravé sur le socle de la statue équestre de Victor-Emmanuel II, quai Schiavoni à Venise.

Sur le même socle on trouve :

-la date de 1848 (premier soulèvement des Vénitiens contre l'occupant autrichien)

-la date du 1er mai 1887 (inauguration du monument à Victor-Emmanuel II)

-la croix de Savoie qui resta le symbole de la royauté italienne jusqu'à la fin (1946)

- les lettres SPQR (Senatus Populusque Romanus : le Sénat et le Peuple romain), probablement pour marquer la continuité de l'histoire du royaume d'Italie avec la Rome antique.

*La consultation faisait suite à la guerre de la Prusse contre l'Autriche. Le nouveau royaume d'Italie, proclamé le 17 mars 1861, s'était allié à la Prusse. Les Italiens furent vaincus sur terre le 24 juin 1866 à la bataille de Custoza (province de Vérone) et sur mer à la bataille de Lissa (aujourd'hui île de Vis en Croatie) le 20 juillet 1866. Mais les Autrichiens furent vaincus par les Prussiens à la bataille de Sadowa (dans l'actuelle République tchèque) le 3 juillet 1866.

2-Les Vénètes :

L'antique peuple des Vénètes a donné son nom à la Vénétie ainsi qu'à Venise.

Dans « Guerre des Gaules » (au livre III) Jules César combat les Vénètes en Armorique (actuelle Bretagne). Ces Vénètes « bretons » ont donné son nom à la ville de Vannes. Je crois que le lien entre les 2 peuples « Vénètes » vient des textes légendaires sur la guerre de Troie.

*Selon les textes de Virgile (Enéide, livre I), de Tite-Live (Histoire romaine livre I), de Tacite (Annales livre XVI) et de Caton l'ancien (Origines livre II), après la prise de la cité par les Grecs, des survivants troyens emmenés par Anténor (beau-frère de Priam roi de Troie) débarquèrent au fond de l'Adriatique et fondèrent Aquilée, Adria, Padoue, Vérone…

*Brutus, aïeul du roi Arthur et petit-fils d'Enée (qui, lui, avait débarqué dans le Latium après un séjour à Carthage chez la reine Didon), aurait été le premier roi légendaire de Bretagne où il se serait installé avec des descendants des Troyens. Cela est rapporté au début du douzième siècle par Geoffroy de Monmouth dans « l'Histoire des Rois de Bretagne ».

Il fut une époque où chaque peuple cherchait à se donner des ancêtres glorieux. Les Troyens en étaient, en outre ils avaient disparu; ils constituaient donc des ancêtres commodes qui furent revendiqués par plusieurs peuples (Romains etc).

Le point commun entre les Vénètes bretons et les Vénètes italiens tiendrait donc dans leurs légendaires ancêtres troyens.

Il convient en outre de rappeler que dans l'antiquité, le nord de l'Italie était appelé « Gaule cisalpine », tandis que la France actuelle étendue jusqu'au Rhin était la « Gaule transalpine ». C'est au tournant IIIe / IIe siècles que la Gaule cisalpine fut conquise par Rome ; période durant laquelle les Vénètes furent toujours les alliés de Rome. Mais elle ne devint province romaine, sous le nom de « Gaule cisalpine », qu'en -81 avec un siège à Modène. Enfin en -43 la Gaule cisalpine fit partie de l'Italie et le terme de « Gaule cisalpine » disparut. Mais avant, Vénètes de l'Adriatique ou Vénètes de l'Armorique étaient tous Gaulois, cisalpins ou transalpins mais Gaulois !

3-Venise :

Sur l'histoire proprement dite de Venise, voir la fiche N°144 http://jean.delisle.over-blog.com/2013/12/florence-et-venise-souvenirs-n-144.html

et plus marginalement les fiches N° 225 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/02/chevaux-de-saint-marc-n-225.html, 227 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/03/le-lion-de-saint-marc-n227.html, 270 à 272, 274 à 279 et 309

En complément aux informations fournies par les notes précitées, voici quelques données :

*120 doges se succédèrent comme chefs de l'exécutif de la République de Venise.

Le premier, Paolo Lucio Anafesto fut doge de l'an 697 à 717 et le dernier, Ludovico Manin (s'écrit aussi Lodovico Manin) fut élu doge le 9 mars 1789 et abdiqua le 12 mai 1797 suite à l'invasion des troupes de Bonaparte. En même temps prit fin la République de Venise qui avait duré 11 siècles.

*Le premier doge résida à Eraclea (en terre ferme, au nord-est de la lagune le long du Piave) ; le quatrième doge (Teodato Ipato doge de 742 à 755) transféra le siège à Malamocco (sur l'île du Lido), enfin le dixième doge (Angelo Participazio doge de 811 à 827) transféra les institutions au Rialto en attendant la construction du palais des doges commencée en décembre 1340 et qui fut le siège des institutions de la République de Venise durant plus de 4 siècles.

*Jusqu'en l'an 764, les premiers doges étaient nommés par Byzance ou Constantinople. Il y eut d'ailleurs une interruption de 737 à 742, période durant laquelle Byzance administra directement le territoire. Ensuite les doges furent élus à vie, mais durent gouverner avec un système un peu complexe qui comprenait :

-Un Grand Conseil formé des seuls représentants des familles inscrites au livre d'or de Venise (les descendants des familles considérées comme fondatrices). Le Grand Conseil se réunissait tous les dimanches et possédait le pouvoir législatif, restreint par le pouvoir des autres organes de gouvernement,

-Un Sénat responsable de la politique extérieure et de la nomination des ambassadeurs de Venise

-Un collège de 26 membres et un collège suprême de 9 membres recueillaient les doléances des habitants, les transmettaient aux différentes instances et répondaient aux citoyens.

-enfin un Conseil des 10 (créé en 1310) qui comportait en fait 17 membres et qui était une institution judiciaire

*La ville de Venise est construite sur 117 îles, comportant 150 canaux et 416 ponts. En 1171 elle fut divisée en 7 quartiers (Arsenale, Cannaregio, Castello, Dorsoduro, San Marco, San Polo, Santa Croce).

*En 1846, la ville fut reliée à la terre ferme au moyen d'un pont ferroviaire de 3600 mètres comportant 222 arches. Il fut doublé d'un pont routier en 1932

*Le Grand Canal long de 4 kilomètres est traversé seulement par 4 ponts

*Il reste 84 églises dans Venise intra-muros et l'on atteint 123 églises en ajoutant celles des îles de la lagune. Il y en avait plus de 200 au XVIIIe siècle. Ces églises renferment des œuvres d'art (peintures, sculptures..) d'une richesse inestimable. En ajoutant le contenu des musées, palais et fondations, si il est une ville qui mérite d'être inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, c'est bien Venise.

J.D. 11 février 2016

ajout du 11 septembre 2016 : A Constantinople, dans l'hippodrome, il y avait des courses de chars avec 2 camps : les « bleus » et les « verts » qui quelquefois s'affrontaient durement. Procope de Césarée (500/565) dans « Histoire secrète de Justinien » dit que le camp des « bleus » était des Vénètes. Mais quels liens avec les Vénètes bretons ou ceux de Vénétie ?

résultat du référendum de 1866 sur la base du monument à Victor-Emmanuel II à Venise. photo J.D. 2 février 2016

résultat du référendum de 1866 sur la base du monument à Victor-Emmanuel II à Venise. photo J.D. 2 février 2016

symbole romain sur la base du monument à Victor-Emmanuel II à Venise, photo J.D. 2 février 2016

symbole romain sur la base du monument à Victor-Emmanuel II à Venise, photo J.D. 2 février 2016

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 18:23

 

Les Républiques en Italie

(dernière partie)

 

 

Sur le territoire de l'Italie, il y eut de nombreuses Républiques au cours des siècles et pour des raisons multiples :

4 Républiques romaines (voir sur mon blog : « Les Républiques romaines »),

la République bolonaise, la République Cispadane, la République Transpadane, la République Cisalpine, ancêtres de la première République italienne (voir sur mon blog : « Les Républiques italiennes »).

La République Parthénopéenne, la république Subalpine, la République Ligurienne, la République Piémontaise, la République Tibérine, les Républiques d'Alba, d'Amalfi, d'Ancône, de Bergame, de Brescia, de Ferrare, de Florence, de Gênes, de Lucques, de Modène, de Pise, de Saint Marc, de Saint Marin, de Sienne, de Venise.

 

Outre les Républiques déclarées comme telles, à partir de la fin du XIe siècle et jusqu'au début du XIVe, profitant de la guerre entre la Papauté et le Saint Empire Romain Germanique, de nombreuses villes obtinrent pour un temps leur indépendance. Cela correspondait aussi à l'arrivée au pouvoir de la bourgeoisie commerçante et bancaire. Dans ces cités et selon les cas et l'époque, c'est l'assemblée du peuple qui élisait « consuls », « podestats » ou « capitaines du peuples » détenant le pouvoir exécutif. Il est cependant parfois difficile de distinguer la « commune libre » de la « République », sans compter le passage d'un statut à l'autre au fil du temps. Sous cette réserve, parmi ces « communes libres » qui furent un temps indépendantes, citons de manière non exhaustive :

Arezzo (Toscane), Bergame (Lombardie), Bologne (Emilie-Romagne), Brescia (Lombardie), Chiusi (Toscane), Côme (Lombardie), Créma (Lombardie), Crémone (Lombardie), Ferrare (Emilie-Romagne), Fiesole (Toscane), Gubbio (Ombrie), Lucques (Toscane), Mantoue (Lombardie), Milan (Lombardie), Modène (Emilie-Romagne), Padoue (Vénétie), Parme (Emilie-Romagne), Pavie (Lombardie), Pistoia (Toscane), Plaisance (Emilie-Romagne), Prato (Toscane), San Gimignano (Toscane), Sienne (Toscane), Vicence (Vénétie). Cette liste montre que ce phénomène du Moyen-Age concerna l'Italie du Nord ainsi que l'Italie centrale, mais pas l'Italie du sud.

 

La République parthénopéenne: Le roi de Naples Ferdinand IV avait rejoint la seconde coalition contre la France (coalition conduite par le tsar Paul 1er). Ferdinand IV fut vaincu par les troupes françaises en janvier 1799 et la République parthénopéenne fut proclamée à Naples le 21 janvier 1799 par le général Championnet. Cette République englobait tout le territoire continental du royaume de Naples, c'est-à-dire tout le sud de l'Italie. Le roi de Naples s'enfuit à Palerme à bord d'un navire anglais. Une loi du 9 février 1799 divisa cette République en 11 départements, avec Naples pour capitale. Mais les troupes françaises durent abandonner le sud de l'Italie pour seconder le général Moreau attaqué par les Russes dans la plaine du Pô. Les Anglais en profitèrent pour débarquer et rétablir Ferdinand IV sur son trône. Officiellement la République parthénopéenne prit fin le 24 juin 1799, elle aura duré 5 mois et 3 jours.

La République piémontaise: Celle-ci fut créée par Bonaparte le 10 septembre 1798 avec pour capitale Turin. Elle prit fin le 20 juin 1799 suite à l'invasion austro-russe, reprit vie le 20 juin 1800 suite au retour des Français puis devint la République subalpine en 1802.

La République subalpine: Cette République n'eut qu'une brève existence, créée dans le Piémont en 1802, elle fut annexée à la France le 11 septembre 1802 et constitua les départements français suivants : Doire, Marengo, Pô, Sesia, Stura, Tanaro.

La République tibérine: Celle-ci fut proclamée le 4 février 1798 avec Pérouse comme capitale. Son drapeau fut bleu-blanc-rouge comme le drapeau français. Elle fusionna avec la République romaine en 1799.

La République ligurienne: l'ancienne République de Gênes fut transformée en République ligurienne le 14 juin 1797. Cette République fut dirigée par 2 Conseils et un directoire de 5 membres. Ce directoire fut remplacé par un Doge en 1802. Elle conserva le drapeau de l'ancienne République de Gênes (croix de Saint Georges rouge sur fond blanc). Le 4 juin 1805, le territoire de cette République (qui comptait 600.000 habitants) fut directement annexé à la France et constitua les départements des Apennins, de Montenotte et de Gênes. L'ancienne République de Gênes fut rétablie le 28 avril 1814, mais pour peu de temps car son territoire fut donné au royaume de Sardaigne le 28 juin 1814. Après la cuisante défaite de l'armée piémontaise à Novarre le 23 mars 1849 et l'abdication du roi Charles-Albert, les Génois pensèrent retrouver leur indépendance. Apprenant le soulèvement de Gênes, le nouveau roi (Victor-Emmanuel II, fils supposé de Charles-Albert), qualifia les Génois de « vile et infecte race de racailles ». Avec la bénédiction des Autrichiens, il envoya ce qui lui restait de troupes et d'artillerie pour réprimer durement les patriotes génois. Les Autrichiens firent de même avec les patriotes de Venise, Milan etc

La République d'Alba: Alba située dans le Piémont fut érigée en République le 25 avril 1796, jusqu'à l'annexion à la France le 19 avril 1801.

La République d'Amalfi: Amalfi située au sud de Naples fut érigée en République maritime dès l'an 859. Cette République fut dirigée par 2 préfets élus annuellement sur le modèle des consuls romains. Ces préfets prirent le titre de juges puis de doges (ducs) à partir de l'an 958. Le territoire de cette République correspondait grosso modo à ce qui constitue aujourd'hui la côte amalfitaine. Cette République entretint un commerce très prospère avec l'Afrique du Nord, l'empire byzantin et l'Italie. Elle eut sa propre monnaie, son drapeau (croix de malte blanche sur fond bleu) . Elle remporta des victoires sur les Sarrasins en 915 et en 920, mais elle fut attaquée par les Pisans le 4 août 1135. Le roi de Sicile Roger II vint au secours d'Amalfi. Il fut vainqueur de Pise, mais pour prix de son aide, il annexa Amalfi au royaume de Sicile. Malgré sa perte d'indépendance, Amalfi resta une cité maritime encore très prospère. On attribue à Amalfi la création d'un code maritime et l'invention de la boussole au XIIIe siècle. La prospérité de cette cité prit fin à la suite d'une terrible tempête les 24 et 25 novembre 1343 qui détruisit les arsenaux et une partie de la ville.

Les Républiques d'Ancône:

La première République d'Ancône: Ancône sur l'Adriatique devint République maritime au début du XIIe siècle. Elle résista au siège de Lothaire III (Empereur germanique) en 1137, au siège de Frédéric Barberousse en 1167 et au siège de Venise en 1174. Cette République prit fin lorsque son territoire fut annexé aux Etats pontificaux en 1532

La seconde République d'Ancône: Celle-ci fut créée le 19 novembre 1797, puis intégrée à la République romaine le 7 mars 1798 en devenant le département du Métaure. La ville d'Ancône fut prise en 1799 par les armées autrichienne et russe. Napoléon reprit la région en 1805, le département du Métaure fut alors rattaché au royaume d'Italie

La République bergamasque: Après l'invasion de 1796, la France proclama une République bergamasque à Bergame, ville située en Lombardie à une trentaine de kms au nord-est de Milan. Bergame dépendait de la République de Venise depuis 1428. Cette République eut une brève existence puisqu'elle fut d'abord intégrée à la République transpadane, puis à la République cisalpine et enfin au royaume d'Italie.

La République de Brescia: Brescia (en Lombardie) s'était érigée en commune libre vers l'an 1000, avant de tomber sous la coupe de Milan au début du XIIIe siècle , puis de Venise en 1426. Brescia fut érigée en République durant quelques semaines entre mai et juin 1797 avant d'être rattachée à la République Cisalpine puis au royaume d'Italie.

Les Républiques de Ferrare:

La première République: fut constituée du XIIe siècle jusqu'à la fin du XIIIe siècle, date à laquelle Ferrare (en Emilie-Romagne), comme Modène se donnèrent à la Maison d'Este, dont Ferrare devint la capitale jusqu'à ce que la ville soit annexée par les Etats pontificaux en 1598. Les d'Este transférèrent alors leur capitale à Modène.

La seconde République: Comme la République de Bologne, elle fut créée après l'invasion de l'Italie par Bonaparte en 1796, mais n'eut qu'une brève existence puisqu'elle fut rattachée à la République cispadane proclamée le 16 octobre 1796.

Les Républiques de Florence: Il y eut 3 Républiques dans l'histoire de Florence

La première République: Celle-ci fut créée en 1115 après le décès le 24 juillet 1115 de la comtesse Mathilde de Toscane (dite aussi Mathilde de Canossa), et prit fin en 1434, lorsque l'une des puissantes famille de Florence (celle des Médicis) s'empara du pouvoir au temps de Cosme 1er dit Cosme l'Ancien. Cette République marchande fut d'abord dirigée par un Consul assisté de Prieurs issus des corporations. Ville prospère, Florence ne cessa d'étendre son emprise en annexant : Fiesole en 1135, Pistoia en 1301, Volterra en 1361, Arezzo en 1384, Pise en 1406, Sienne en 1555 etc. A partir de 1252, Florence frappa des florins d'or qui devinrent une référence internationale jusqu'à ce que le florin soit détrôné par le ducat vénitien à la fin du XVe siècle. C'est au temps de cette première République que se situe le conflit entre la Papauté et le Saint Empire Romain Germanique. Les Florentins soutinrent les Guelfes (parti du Pape) contre les Gibelins (parti de l'Empereur). Mais les Guelfes se divisèrent eux-mêmes entre les Guelfes blancs et les Guelfes noirs. Le célèbre Dante Alighieri, natif de Florence en 1265 participa à la vie de sa cité dont il fut même Prieur. Mais il prit parti pour les Guelfes blancs qui furent vaincus. Le 10 mars 1302, Dante fut condamné à l'exil perpétuel sous peine d'être brûlé vif, et la maison de sa famille fut détruite. Les Florentins ne tardèrent pas à regretter le départ de l'illustre enfant du pays.

La seconde République: Après la mort de Laurent le Magnifique en 1492, il y eut à Florence un certain flou. Un moine exalté (Jérome Savonarole) en profita pour soulever la population qui chassa les Médicis et instaura en 1494 une République pieuse et austère. Mais Savonarole en fit trop et la population excédée finit par le livrer. Après avoir été torturé, il fut pendu puis brûlé piazza della Signoria le 23 mai 1498. Sur la place, une plaque indique aujourd'hui l'emplacement du bûcher. Cela mit fin à la seconde République et les Médicis reprirent le pouvoir.

La troisième République de Florence: Le 16 mai 1527, le peuple chassa à nouveau les Médicis et proclama une nouvelle République, mais en 1530, Charles Quint vint assiéger la ville, la reprit et rendit le pouvoir aux Médicis.

La République de Gênes: Celle-ci fut créée en 1099 et s'appela d'abord « République de saint Georges ». Elle prit fin en 1797 (voir ci-dessus : « République ligurienne »). On peut distinguer 5 phases dans la vie de cette République : celle des Consuls, puis des Podestats, puis des Capitaines du Peuple, puis des Doges à vie et enfin celles des Doges élus pour 2 ans. C'est Andrea Doria qui donna en 1528, une constitution à Gênes. Le drapeau de Gênes était constitué de la croix de Saint Georges en rouge sur fond blanc. Selon ce qui semblait « une loi naturelle », elle passa son temps à étendre son territoire, en annexant successivement toute la Ligurie, la Corse, des îles aujourd'hui grecques, établissant en outre des comptoirs commerciaux un peu partout et surtout en Mer Noire. Elle entra forcément en conflit avec d'autres Etats eux aussi candidats à étendre leur territoire. La flotte de Gênes fut vainqueur de la flotte de Pise le 6 août 1284, ce qui permit à Gênes d'annexer Livourne et de s'implanter en Sardaigne ainsi qu'en Corse. Contre Venise, la flotte de Gênes remporta des victoires en 1294, 1298 (les Génois firent prisonnier Marco Polo) et en 1374, mais fut finalement vaincue par Venise en 1381. De combats perdus contre la France, Gênes dut céder la Corse en 1768. Notons que c'est un navire génois qui rapporta de Crimée la funeste peste noire en 1348.

La République de Lucques: Après le décès de Mathilde de Toscane le 24 juillet 1115, Lucques devint d'abord une commune libre, puis après une charte de 1160, prit le titre de République, qu'elle conserva jusqu'à l'invasion française de 1799, sauf 2 interruptions dues à des prises de pouvoir par des notables locaux de 1314 à 1372 et autour de 1400. Le pouvoir législatif dans cette République appartint à un « conseil général » d'abord composé de toute la population, puis ensuite de 180 membres élus par la population des quartiers, les 180 membres élisant eux-mêmes un conseil restreint de 36 membres. Le pouvoir exécutif était détenu par un conseil des Anciens de 9 membres dont un « gonfalonier » qui gardait les clés de la cité. Napoléon transforma Lucques et sa région en principauté qu'il donna à sa sœur Elisa.

La République de Modène: Modène s'érigea en République au XIIe siècle et se donna à la maison d'Este à la fin du XIIIe siècle jusqu'à l'invasion de l'Italie par Bonaparte. Voir sur mon blog, la République cispadane sur la fiche « Les Républiques italiennes et leurs ancêtres ».

La République de Pise: Vers la fin du IXe siècle, les Pisans obtinrent leur indépendance et s'érigèrent en République. Celle-ci fut reconnue en 1081 par Henri IV empereur du Saint Empire Romain Germanique qui accorda aux Pisans le droit de nommer leur consul et leur conseil des Anciens. La force de Pise fut dans sa marine et son commerce. Elle s'allia d'abord avec Gênes contre l'occupation musulmane de la Méditerranée. Ainsi le 18 août 1063, la flotte de Pise détruisit la flotte arabe au large de Palerme. Pise participa aux croisades et à diverses expéditions en Sicile, en Espagne... Le butin réalisé durant ces expéditions permit de financer les monuments que l'on voit encore à Pise et d'étendre le territoire de la République par annexion d'Amalfi, des Baléares, d'une partie de la Corse, de la Sardaigne...Mais Pise entra en conflit avec les autres Républiques qui avaient des visées sur les mêmes territoires, spécialement Gênes et Venise. Pise remporta d'abord des victoires mais fut vaincue par Gênes lors d'une bataille navale le 6 août 1284, qui ruina la marine de Pise. Le drapeau de la République de Pise était constitué d'une croix tréflée sur fond rouge. En 1406, Pise passa sous la domination de Florence qui laissa s'ensabler le port de Pise.

La République de Saint Marc: La population de Venise se souleva le 17 mars 1848 contre l'occupant autrichien. Daniele Manin et Niccolo Tommaseo, 2 patriotes que les Autrichiens avaient emprisonnés, furent libérés. Le 22 mars la République de Saint Marc était proclamée . La Direction en fut confiée à Daniele Manin tandis que Niccolo Tommaseo (qui sera plus tard le premier auteur d'un dictionnaire de langue italienne) était ministre dans le nouveau gouvernement. Le vieux maréchal autrichien Radetzky vint assiéger la ville. Venise reçut le renfort du général napolitain Guglielmo Pepe arrivé avec 2000 soldats. Malgré cela et une résistance héroïque, la République de Saint Marc dut capituler le 22 août 1849. Le drapeau de cette République fut vert, blanc, rouge avec le lion de Saint Marc sur le vert.

La République de Saint Marin: Saint Marin est réputé avoir été fondé le 3 septembre de l'an 301 par des chrétiens fuyant les persécutions de Dioclétien. Parmi eux un tailleur de pierres nommé Marinus qui a donné son nom à San Marino. Le code juridique de Saint Marin le plus ancien qui soit conservé date de 1295 et l'actuelle constitution de cette République date du 8 octobre 1600. Tous les 5 ans, la population est appelée à élire « un Grand Conseil Général » de 60 membres qui ,possède le pouvoir législatif tandis qu'un « Congrès d'Etat » composé de 10 ministres dirigés par 2 « capitaines-gérants » détient le pouvoir exécutif. C'est le Grand Conseil qui nomme le Congrès d'Etat. Les 2 Capitaines-Gérants ne sont eux, nommés que pour 6 mois, chaque année le 1er avril et le 1er octobre. Le Grand Conseil nomme également un « Conseil des 12 » qui est une instance juridique.

La République de Sienne: Sienne fut d'abord une « commune libre » qui devint « République » à partie de 1350. Elle fut dirigée par un conseil de 9 membres d'abord auto-proclamés puis ensuite cooptés. Son emblème fut la louve allaitant les jumeaux (comme Rome) . Sienne fut « forcément « en conflit avec Florence. Sienne fut vainqueur en 1260, mais vaincue en 1269... En définitive, Sienne fut annexée par Florence à partir de 1555.

La République de Venise: Pour fuir les invasions lombardes, la population en terre ferme se réfugia sur la lagune à partir de l'an 568. A l'époque, la région dépendait de Byzance ou de Ravenne. La République fut constituée en l'an 697, mais sa première capitale fut en terre ferme à Eraclea (à une trentaine de kms au nord-est de Venise). Ce n'est qu'à partir de l'an 1001 que la capitale de cette République fut transférée à Venise et qu'elle prit le nom de République de Venise.

Les 42 familles principales de Venise constituait le Grand Conseil qui élisait le Doge à vie. Celui-ci avait le pouvoir exécutif tandis que le pouvoir législatif était détenu par le Grand Conseil d'où était issu un Conseil des Dix. 120 doges se sont succédé dans l'histoire de cette République. Elle participa aux croisades ce qui lui permit d'étendre son territoire et de s'enrichir notamment au moment du sac de Byzance lors de la quatrième croisade (1204). Le début du quinzième siècle marque l'apogée de la république de Venise après ses victoires sur Gênes en 1381 puis sur les Turcs en 1416. A ce moment là, Venise comptait 3.000 navires marchands et 300 navires de guerre. Elle contrôlait une grande partie du nord-est de l'actuelle Italie, la côte dalmatienne (côte adriatique de l'ex Yougoslavie), des îles en Méditerranée (Chypre, la Crête...). Mais la prise de Constantinople par les musulmans le 29 mai 1453 et leur percée vers l'ouest (c'est-à-dire en Europe de l'est) marque le début de la régression de Venise. Les Turcs s'emparent de Chypre en 1500, puis de la Crête à partir de 1645. Le dernier bastion défendu par Venise tombe en 1669 etc.

Sur son drapeau : le lion de Saint Marc en jaune sur fond rouge. La République de Venise prit fin avec l'invasion de Bonaparte le 12 mai 1797. Le territoire de Venise fut d'abord attribué à l'Autriche dans le cadre du traité de Campo-Formio (18 octobre 1797) puis Napoléon le reprit et l'annexa à son royaume d'Italie, récupéré par l'Autriche en 1815 après la chute de Napoléon, transformé brièvement en République de Saint Marc (voir ce nom), puis récupéré par le royaume d'Italie après la guerre de la Prusse contre l'Autriche en 1866.

 

Conclusions: Cette énumération des principales Républiques qui existèrent dans l'histoire de l'Italie illustre le morcellement de ce pays durant des siècles, quasiment de la chute de Rome en l'an 476 jusqu'à l'unification en 1861.

Toutes ces souverainetés, qu'elles s'appellent communes, républiques, duchés, royaumes se firent très souvent la guerre, comme se la firent tout autant les Etats-Nations constitués en Europe (Espagne, Angleterre, France etc). En outre le territoire de l'Italie fut un champ de bataille pour les autres pays européens.
Mais dans cette division il y eut au moins un aspect positif : la multiplication des capitales et des souverains ou des souverainetés entraina plus qu'ailleurs la réalisation d'un patrimoine d'une richesse exceptionnelle, chaque souverain voulant avoir son palais, son château etc et faisant appel aux plus grands artistes de chaque temps.
Ce n'est pas l'effet du hasard si la Renaissance est partie d'Italie.
Ce n'est pas l'effet du hasard si l'Italie eut tant d'artistes de talent (peintres sculpteurs, musiciens...)

Ce n'est pas l'effet du hasard si aujourd'hui, l'Italie avec 47 sites inscrits à l'inventaire du patrimoine mondial de l'UNESCO est le pays de la terre qui compte le plus de sites inscrits à cet inventaire.

J.D. 10 juillet 2011

 

 

la tour de Pise, photo Michèle Delisle avril 1990

la tour de Pise, photo Michèle Delisle avril 1990

La palla d'Oro avec la statue de la fortune à la Dogana di Mare à Venise, photo J.D. 12 février 2015

La palla d'Oro avec la statue de la fortune à la Dogana di Mare à Venise, photo J.D. 12 février 2015

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