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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 20:22

Les Américains, ou tout au moins les décideurs en matière de culture et d'histoire, semblent avoir une affection particulière pour Jeanne d'Arc (Joan of Arc pour les Américains). A tel point qu'en 2001, un auteur (Robin Blaetz) publia une étude aux presses universitaires de Virginie ((University Press of Virginia) : « Joan of Arc in American Film and culture » (Jeanne d'Arc dans les films et la culture américaine).

J'ai déjà eu l'occasion d'illustrer des notes avec Jeanne d'Arc:

-note précédente sur Jeanne d'Arc à Chambéry

-une affiche de propagande américaine de la seconde guerre mondiale utilisant Jeanne d'Arc, voir note N°109 http://jean.delisle.over-blog.com/la-guerre-de-cent-ans-n-109

-une statue équestre de Jeanne d'Arc à la Nouvelle-Orléans. Voir note N°231 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/03/jeanne-d-arc-n-231.html

Statues :

Cette statue de la Nouvelle-Orléans est une reproduction de l'original réalisé par Emmanuel Fremiet (1824/1910) et inauguré place des Pyramides à Paris (1er) en 1874. Frémiet avait pris comme modèle une jeune Lorraine de 18 ans (Aimée Girod)

Onze copies ont été réalisées de cette œuvre dont 3 se trouvent aux États-Unis : à La Nouvelle-Orléans, à Philadelphie et à Portland (Oregon).

Emmanuel Fremiet réalisa de nombreuses sculptures dont les plus connues sont l'archange Saint Michel (en cuivre et doré) terrassant le dragon au sommet du Mont Saint Michel et la statue équestre de Napoléon 1er (en bronze) inaugurée à Grenoble le 17 août 1868 place d'Armes (devenue place de la Constitution en 1870 puis place de Verdun après la guerre de 14) et déplacée en 1929 à Laffrey (Isère) sur la « prairie de la rencontre ».

Des statues de Jeanne d'Arc, attribuées à d'autres artistes, on en trouve ailleurs aux États-Unis un peu partout : à New-York, Washington, San Francisco, dans la cathédrale Saint Louis de la Nouvelle-Orléans, en Virginie, en Caroline du Sud, au Connecticut, au Massachusetts etc

autres témoignages :

Signalons pêle-mêle, sans être, et de très loin, exhaustif :

*le film de 1917 de Cecil B. DeMille (1881/1959) « Joan the woman »

*un film en 1948 « Joan of Arc » de Victor Fleming (1883/1949), Ingrid Bergman y tient le rôle de Jeanne. Victor Fleming est surtout connu pour son film « Gone with the Wind » (Autant en emporte le vent)

*le film de 1957 « Saint Joan » d'Otto Preminguer

*Deux livres en 1895 et 1896 : « Mémoires de Jeanne d'Arc » (Personal Recollections of Joan of Arc) et « le Roman de Jeanne d'Arc » de Mark Twain (1835/1910)

*une pièce de théâtre « Joan of Lorraine » en 1946 de Maxwell Anderson (1888/1959) dramaturge américain

*des tableaux, un peu partout dont le tableau de 1879 de Jules Bastien-Lepage (1848/1884) qui se trouve au Metropolitan de New-York.

*une chanson « Joan of Arc » dans le répertoire 2015 de Madonna

*une utilisation de Jeanne d'Arc comme sur ces boîtes de fromage que j'ai photographiées en avril 2016 dans une épicerie de Southern Pines (Caroline du Nord)

pour conclure :

Jeanne ne connut pas l'affection particulière des Américains pour elle. Elle fut brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431 et la traversée de l'Atlantique par Christophe Colomb n'est que de 1492. Mais il est probable, en outre, que beaucoup de Français, n'ont aujourd'hui aucune idée de la faveur dont bénéficie Jeanne d'Arc aux États-Unis (Plus qu'en France?).

Le jour où dans les écoles en France on enseignera les exploits de Saladin à la place de ceux de Jeanne d'Arc, au moins, on pourra, pour s'informer sur l'histoire de France, demander aux États-Unis.

J.D. 8 juin 2016

Jeanne d'Arc à Fairmount Park à Philadelphie et au musée des Beaux-Arts de Philadelphie, photos J.D. avril 2016
Jeanne d'Arc à Fairmount Park à Philadelphie et au musée des Beaux-Arts de Philadelphie, photos J.D. avril 2016

Jeanne d'Arc à Fairmount Park à Philadelphie et au musée des Beaux-Arts de Philadelphie, photos J.D. avril 2016

Jeanne d'Arc dans une épicerie de Caroline du Nord, photo J.D. avril 2016

Jeanne d'Arc dans une épicerie de Caroline du Nord, photo J.D. avril 2016

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 20:03

Tous les élèves apprennent à l'école que Benjamin Franklin inventa le paratonnerre (en 1752). Mais beaucoup n'en savent guère plus sur ce personnage important dans l'Histoire des États-Unis puisqu'il en fut l'un des « Pères fondateurs » (the Founding Fathers). Voici quelques données le concernant :

Les débuts :

*Benjamin Franklin naquit à Boston (Massachusetts) le 17 janvier 1706, en étant le dix-septième et dernier enfant dans sa famille. Ce Benjamin en fut vraiment le benjamin !

*Il put aller à l'école mais commença à l'âge de 10 ans à fabriquer des chandelles et des savons dans le magasin de son père (Josuah, s'écrit aussi Josiah) à Boston tout en faisant l'apprentissage de divers autres métiers (maçon, chaudronnier, tonnelier).

*En 1718, il commença un apprentissage chez son frère (James) qui venait de s'installer à Boston comme imprimeur.

*En 1721, son frère créa un journal (New England Courant) dans lequel Benjamin écrivit sous un pseudonyme.

*Ne s'entendant pas avec son frère, il le quitta en 1723 et partit pour New-York où il ne trouva pas de travail. Il se retrouva à Philadelphie où il put se faire embaucher dans une imprimerie.

*En 1729, il put racheter un journal (Pennsylvania Gazette) qu'il développa, puis fonda une imprimerie en 1730 et édita un almanach (Poor Richard) à partir de 1732, qui eut beaucoup de succès et lui assura une certaine aisance financière.

*En septembre 1730, il se mit en ménage avec Deborah Read, fille du premier logeur de Benjamin à Philadelphie. Ils eurent 2 enfants : un garçon et une fille.

La Carrière politique :

*En 1736, il devint secrétaire de l'Assemblée de Pennsylvanie (organe sous autorité anglaise) et s'investit beaucoup à la fois pour la Pennsylvanie et pour la ville de Philadelphie : fondation de la première bibliothèque de prêts des Etats-Unis en 1731, d'un corps de sapeurs pompiers volontaires en 1738, de l'assurance contre l'incendie, de l'Académie de Philadelphie en 1749, de l'hôpital de Pennsylvanie en 1752, de l'éclairage public à Philadelphie en 1756…

*En 1737, il avait été nommé Maître des Postes de Pennsylvanie, élu membre de l'Assemblée de Pennsylvanie en 1751, Maître des Postes Général pour l'Amérique du Nord en août 1753, envoyé à Londres en 1757 pour porter les doléances des colons envers le pouvoir anglais. Il fut nommé à Londres « agent des colonies » en 1764.

C'est dans les mêmes moments que commença la contestation de l'autorité anglaise par les colons des 13 colonies britanniques d'Amérique du Nord. Voir la fiche N°135 http://jean.delisle.over-blog.com/la-constitution-americaine-n-135.html

*C'est de Boston (ville natale de Benjamin Franklin) que partit la contestation. Le « Boston Massacre » le 5 mars 1770, King Street à Boston où les soldats anglais tirèrent sur la foule faisant 5 morts et 6 blessés, fut exploité à fond par les partisans de l'indépendance (independence en anglais).

*Rentré à Philadelphie, Benjamin Franklin se joignit aux partisans de l'indépendance et prit une part très importante aux événements. Voir fiche N° 287 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/05/la-maison-des-charpentiers-n-287.html

*Il fit parti de la commission des cinq nommée en juin 1776 par le premier congrès continental pour rédiger la proclamation de l'Indépendance. Cette commission comprenait : John Adams (pour le Massachusetts), Benjamin Franklin (pour la Pennsylvanie), Thomas Jefferson (pour la Virginie, il fut le principal rédacteur), Robert R. Livingston (pour l’État de New-York) et Roger Sherman (pour le Connecticut). Benjamin Franklin fut également l'un des 56 signataires (qui représentaient les 13 colonies) de cette déclaration. A noter que 3 des signataires de cette déclaration devinrent Président des États-Unis : George Washington de 1789 à 1797, John Adams de 1797 à 1801 et Thomas Jefferson de 1801 à 1809. C'est le 4 juillet 1776 dans « l'Independence Hall » de Philadelphie que le Congrès Continental l'approuva.

*En octobre 1776, Benjamin Franklin fut envoyé à Paris pour obtenir l'aide de la France contre les Anglais. Il fut ensuite « ministre plénipotentiaire » (c'est-à-dire investit des pleins pouvoirs) des États-Unis en France de septembre 1778 à mai 1785.

*Le 3 septembre 1783, Benjamin Franklin fut l'un des 3 signataires (avec John Adams et John Jay) pour la partie américaine, du traité de Paris par lequel l'Angleterre reconnaissait l'indépendance de ces anciennes colonies. La signature eut lieu au 56 rue Jacob (dans le sixième arrondissement).

*Le 17 septembre 1787, Benjamin Franklin fut l'un des 39 signataires de la Constitution américaine. Une « Convention Constitutionnelle » s'était réunie à Philadelphie à partir du 25 mai 1797, pour rédiger une Constitution qui puisse être acceptée par les 13 États membres (les 13 anciennes colonies britanniques à savoir : le New Hampshire, le Massachusetts, le Rhode Island, le Connecticut, l’État de New York, le New Jersey, la Pennsylvanie, le Delaware, le Maryland, la Virginie, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud, et la Géorgie). Cette Constitution fut ensuite approuvée par les 13 États entre le 7 décembre 1787 (pour le Delaware) et le 29 mai 1790 (pour le Rhode Island).

Benjamin Franklin fut le seul américain à avoir signé à la fois : la déclaration d'indépendance en 1776, le traité de Paris en 1783 et la Constitution en 1787.

On trouvera en illustration, l'encrier exposé dans le « Congress Hall » de Philadelphie, qui servit pour la signature de la Déclaration d'Indépendance et de la Constitution.

Benjamin Franklin est aussi connu pour avoir milité contre l'esclavage.

La carrière scientifique :

En même temps que sa carrière politique, Benjamin Franklin fut de son temps un scientifique réputé. Outre le paratonnerre, il fut le premier à cartographier le trajet du Gulf Stream, inventa les lunettes à double foyer, le poêle à bois à combustion contrôlée etc

Il mourut à Philadelphie le 17 avril 1790 où il est inhumé. En France, l'Assemblée Constituante décréta 3 jours de deuil national. Une rue de Paris dans le seizième arrondissement porte son nom.

A Philadelphie, Benjamin Franklin a donné son nom à un pont, un square, un park, un Institut… On le trouve également sur les billets de 100 dollars.

Parmi les citations attribuées à Benjamin Franklin, j'ai retenu celle-ci :

« En ce monde rien n'est certain, à part la mort et les impôts »

D'avoir commencé à travailler à l'âge de dix ans ne l'empêcha pas de parvenir au sommet dans plusieurs domaines : bel exemple d'autodidacte.

J.D. 28 mai 2016

Benjamin Franklin au musée des Beaux-Arts de Philadelphie et sosie avec ma fille Claire à Philadelphie, photos J.D. avril 2016
Benjamin Franklin au musée des Beaux-Arts de Philadelphie et sosie avec ma fille Claire à Philadelphie, photos J.D. avril 2016

Benjamin Franklin au musée des Beaux-Arts de Philadelphie et sosie avec ma fille Claire à Philadelphie, photos J.D. avril 2016

encrier qui servit pour la signature de la Déclaration d'Indépendance et pour la Constitution, photo J.D. avril 2016

encrier qui servit pour la signature de la Déclaration d'Indépendance et pour la Constitution, photo J.D. avril 2016

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 10:00

On trouvera ci-joint en illustrations :

*un dragon chinois, lors d'une fête chinoise (intitulée : « Chinese Lantern Festival » qui se déroule du 22 avril au 12 juin 2016), dans un parc chinois, du quartier chinois de Philadelphie .

La symbolique du dragon en général et du dragon chinois en particulier est particulièrement complexe et a souvent été associée au pouvoir des Empereurs.

*Une porte d'entrée du quartier chinois de Philadelphie

Chacun peut se faire la réflexion que les Chinois, partout où ils vont, bossent et s'en sortent. Dans leur pays d'adoption, les communautés chinoises n'ont pas de délinquance particulière et ce ne sont pas les Chinois qui remplissent les prisons.

Les communautés chinoises conservent leur culture et leurs traditions mais ne prétendent pas les imposer aux autres.

Partout où il y a d'importantes communautés chinoises, celles-ci participent au développement économique et à l'animation folklorique de leur cité.

« Si une communauté n'est pas acceptée, c'est parce qu'elle ne donne pas de bons produits, sinon elle est admise sans problème. Si elle se plaint de racisme à son égard, c'est parce qu'elle est porteuse de désordre. Quand elle ne fournit que du bien, tout le monde lui ouvre les bras. Mais il ne faut pas qu'elle vienne chez nous pour imposer ses mœurs. » Charles De Gaulle

propos rapportés par Philippe De Gaulle dans « De Gaulle mon père » Plon 2003, tome 1 page 433

Pour d'autres citations de Charles De Gaulle voir la fiche N°10 http://jean.delisle.over-blog.com/article-charles-de-gaulle-citations-58676099.html

J.D. 19 mai 2016

à Philadelphie, photos J.D. avril 2016
à Philadelphie, photos J.D. avril 2016

à Philadelphie, photos J.D. avril 2016

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 08:42

Les Bourgeois de Calais constituent un épisode de la guerre de Cent Ans mais aussi une sculpture ou plus exactement un ensemble représentant les 6 Bourgeois de Calais.

1-La sculpture :

La ville de Calais commanda une œuvre à Auguste Rodin pour commémorer l'épisode de la guerre de Cent Ans, cette œuvre en bronze fut inaugurée à Calais, place de l'Hôtel de ville, en 1895.

Onze copies en furent réalisées. Elles se trouvent, (avec les dates de réalisation):

*aux États-Unis : à Philadelphie (en 1925), à Washington (en 1943), à New-York (en 1985), et à Pasadena (Californie en 1968),

*au Danemark (Copenhague, en 1903), en Belgique (Mariemont en 1905), en France (Paris en 1926), en Angleterre (Londres en 1908), en Suisse (Bâle en 1943), au Japon (Tokyo en 1953) et en Corée (Séoul en 1995).

Voir illustration de la sculpture qui se trouve au musée Rodin de Philadelphie.

2-L'Histoire :

Sur les causes et le déroulement de la guerre de Cent Ans, voir la note N° 109 http://jean.delisle.over-blog.com/la-guerre-de-cent-ans-109

C'est après la cuisante défaite de l'armée française à Crécy le 26 août 1346, que le roi d'Angleterre Edouard III mit le siège devant Calais à compter du 4 septembre 1346, et ce pour avoir une tête de pont sur le sol français.

Au début du siège, la ville put être ravitaillée par mer, mais l'Angleterre prit des dispositions pour bloquer l'accès au port.

Après 11 mois de siège, la ville affamée et à cours de munitions dut se rendre. Jean de Vienne commandant de la place négocia avec le roi anglais la sauvegarde de la population.

Edouard III accepta d'épargner la population mais demanda que 6 responsables de la ville se livrent en chemise, pieds nus et la corde au cou.

Eustache de Saint Pierre, Jacques et Pierre de Wissant, Jean de Fiennes, Andrieu d'Andres et Jean d'Aire se livrèrent au roi d'Angleterre. Sur intervention de la reine d'Angleterre, Philippa de Hainaut, la vie des 6 otages fut épargnée.

Ils restèrent prisonniers en Angleterre 6 mois puis le roi de France Philippe VI les racheta à l'Angleterre, ainsi que des officiers français prisonniers.

La population française de Calais fut expulsée et remplacée par des Anglais.

La ville de Calais resta anglaise durant 2 siècles. Il fallut attendre François de Guise , sous le règne du roi de France Henri II, pour que la France reprenne Calais aux Anglais le 7 janvier 1558. Ce François de Guise dit le Balafré fut assassiné à Orléans le 24 février 1563, à ne pas confondre avec Henri de Guise dit aussi le Balafré, assassiné, lui, au château de Blois le 23 décembre 1588.

Cet épisode de la reprise de Calais aux Anglais a inspiré Alexandre Dumas dans :

*Les deux Diane, voir fiche N°82 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-deux-diane-114214150.html

*La royale Maison de Savoie fiche N°67 http://jean.delisle.over-blog.com/article-alexandre-dumas-et-la-royale-maison-de-savoie-108508764.html

J.D. 12 mai 2016

sculpture au Musée Rodin de Philadelphie, photos J.D. 24 avril 2016
sculpture au Musée Rodin de Philadelphie, photos J.D. 24 avril 2016
sculpture au Musée Rodin de Philadelphie, photos J.D. 24 avril 2016

sculpture au Musée Rodin de Philadelphie, photos J.D. 24 avril 2016

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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 08:48

1-Betsy Ross

*Elisabeth Griscom (dite Betsy) naquit à Philadelphie le 1er janvier 1752 dans une famille de Quakers.

Elle épousa en 1773 John Ross, un Anglican, ce qui lui valut d'être rejetée de la communauté des Quakers. Ce John Ross possédait une boutique de tapisserie dans Arch Street à Philadelphie. Il décéda en janvier 1776.

Betsy se remaria 2 fois, une première fois en 1777 avec un mari décédé en 1782 et la seconde fois en 1783 avec ce troisième mari décédé en 1817.

Elle-même décéda à Philadelphie le 30 janvier 1836.

*En 1870, William Canby, petit-fils de Betsy, adressa une lettre à « l' Historical Society of Pensylvania » pour révéler que sa grand-mère avait été contactée en juin 1776 par George Washington pour réaliser le premier drapeau américain.

*On ne possède par d'autres preuves que cette lettre mais, vrai ou légende, Betsy et son drapeau sont maintenant une partie de l'histoire américaine.

*A Philadelphie, la maison de Betsy Ross (au 239 Arch Street) est intégrée dans le circuit historique de la ville, avec inscription et reproduction du premier drapeau américain à 13 étoiles. Sur la même avenue et tout proche se trouve le cimetière où sont inhumés Benjamin Franklin et son épouse. C'est également assez proche des autres sites historiques de Philadelphie, alors tant qu'à faire d'être dans le secteur autant jeter un coup d’œil à la « Betsy Ross House ».

2-Elfreth's Alley

Elfreth's Alley est réputée être la plus ancienne rue de Philadelphie et même des États-Unis. Elle est toute proche de la maison de Betsy Ross.

J.D. 10 mai 2016

inscription et drapeau sur la maison de Betsy Ross, photos J.D. 23 avril 2016
inscription et drapeau sur la maison de Betsy Ross, photos J.D. 23 avril 2016

inscription et drapeau sur la maison de Betsy Ross, photos J.D. 23 avril 2016

inscriptions Elfreth's Alley et rue, photos J.D. 23 avril 2016
inscriptions Elfreth's Alley et rue, photos J.D. 23 avril 2016
inscriptions Elfreth's Alley et rue, photos J.D. 23 avril 2016

inscriptions Elfreth's Alley et rue, photos J.D. 23 avril 2016

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 10:54

Les touristes qui se rendent à Philadelphie ne peuvent manquer de visiter la très célèbre « Liberty Bell ». Cette cloche a 3,70 mètres à sa base, et pèse 940 kgs. Elle est constituée de 70 % de cuivre, de 25 % d'étain et pour les autres 5 % de plomb, de zinc, d'arsenic, d'or et d'argent.

Pour le bicentenaire de la proclamation de l'Indépendance des États-Unis, elle fut placée à compter du 1er janvier 1976 dans un pavillon spécial appelé « Liberty Pavillon » puis transférée depuis le 9 octobre 2003 dans le « Liberty Bell Center ».

C'est dans les années 1830 que les abolitionnistes lui donnèrent son nom de Liberty Bell (cloche de la liberté). Mais cette cloche est fendue et possède une histoire très complexe, peut-être comme la Liberté elle-même ?

Voici un résumé de cette histoire :

Première cloche :

Lorsque William Penn arriva en Amérique en 1681, il amenait une cloche avec lui. Cette première cloche fut suspendue à une branche d'arbre. Elle servait à rassembler la population.

Seconde cloche :

Au cours de la construction de la nouvelle ville de Philadelphie, un bâtiment fut érigé pour l'administration anglaise et dénommé : « Pensylvania State House ». En 1751, un clocher fut ajouté au « Pensylvania State House », cela donna l'idée aux habitants de faire réaliser une cloche plus importante. Une commande fut passée à Thomas Lester de la fonderie Lester et Pack de Londres.

Cette cloche arriva à Philadelphie en août 1752 alors que le clocher destiné à la recevoir n'était pas terminé. La cloche fut néanmoins suspendue pour l'essayer. Au premier coup de battant, elle se fendit ! Les fondeurs de Londres avaient gravé sur la cloche une citation empruntée au Lévitique (troisième livre de l'Ancien Testament ou de la Bible hébraïque) et dont la traduction est : « la liberté dans le pays tout entier et pour tous ses habitants »

Deux habitants de Philadelphie (John Pass et John Stow) proposèrent de refondre la cloche, ce qui fut fait.

Troisième cloche :

La nouvelle cloche fut présentée à la population en mars 1753. Les fondeurs furent hués par la foule car le son fut jugé affreux.

Quatrième cloche :

Les 2 fondeurs promirent de refondre à nouveau la cloche. Ce qui fut réalisé en juin 1753. Le son fut cette fois jugé bon et la cloche rejoignit le clocher terminé entre-temps. Ils avaient conservé l'inscription d'origine et avaient seulement ajouté leur nom.

Il existe plusieurs versions sur la date et l'origine de la fente ou des fentes car il y eut plusieurs réparations. Toujours est-il que la cloche sonna pour la dernière fois en 1855 alors qu'elle était déjà surnommée « Liberty Bell ». Était-ce la voix de la Liberté qui était étouffée ? À chacun d'en juger mais curieux symbole.

Selon la légende, cette cloche sonna le 4 juillet 1776 jour de la déclaration de l'indépendance américaine, mais il semble que ce ne fut pas le cas.

Cinquième et sixième cloches :

En 1876, pour le centenaire de la déclaration d'Indépendance ; une nouvelle cloche fut fondue en utilisant le métal de canons qui avaient servis durant la guerre contre les Anglais et pendant la guerre de Sécession (Civil War pour les Américains). Cette cloche fut appelée « Centennial Bell ». Elle sonna le 4 juillet 1876 pour le centenaire ainsi que pour l'exposition universelle qui se tint cette année là à Philadelphie. Elle fut ensuite refondue pour améliorer le son et se trouve depuis dans le clocher de « l'Independence Hall ». Elle est d'ailleurs visible depuis le Liberty Bell Center.

Compléments sur la Liberty Bell :

*Elle appartient à la ville de Philadelphie qui en a confié la gestion en 1948 au « National Park Service » fondé en 1916 et qui fête son centenaire cette année.

*Fin 1777, durant la guerre d'indépendance et à l'approche de l'armée anglaise, la cloche avait été transportée et cachée à Bethlehem (en Pennsylvanie à 75 kms de Philadelphie) puis dans une église allemande à Allentown (Pennsylvanie). Elle revint à Philadelphie en juin 1778 après le départ des Anglais.

*Entre 1885 et 1915, elle fit plusieurs voyages à travers les États-Unis à l'occasion de divers événements.

*C'est en 1898 que la cloche fut suspendue à un joug fabriqué avec de l'orme d'Amérique. Deux clous ont été ajoutés pour arrêter la progression de la fente actuelle.

*La Liberty Bell a été utilisée pour illustrer des monnaies (billets et pièces) ainsi que des timbres américains. Elle a été successivement un symbole pour les anti-esclavagistes, les féministes puis pour la défense du monde libre lors des 2 guerres mondiales et durant la guerre froide.

*En 1950, le gouvernement américain commanda 54 répliques de la Liberty Bell à la fonderie Paccard (à Sévrier en Haute-Savoie) dont une pour chacun des États des États-Unis.

*La fonderie Paccard a été fondée au printemps 1796. Elle continue d'ailleurs à fabriquer, pour les amateurs, des répliques de la Liberty Bell à différentes échelles : 1, 1/2, 1/6. (le modèle 1/6 est tout de même à 2706 euros, tarif avril 2016).

*L'une des répliques fondue le 11 mars 2015 fut exposée à l'auditorium de Lyon le 29 mai 2015 à l'occasion d'un concert donné par l'orchestre philharmonique de Philadelphie.

J.D. 9 mai 2016

La Liberty Bell, photos J.D. 22 avril 2016
La Liberty Bell, photos J.D. 22 avril 2016

La Liberty Bell, photos J.D. 22 avril 2016

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 11:49

*Une compagnie de charpentiers fut constituée vers 1724 pour la ville et le comté de Philadelphie. Au début des années 1770, ils se construisirent des locaux qui existent encore et sont connus sous le nom de « Carpenters Hall ».

*A l'automne 1774, ils prêtèrent leurs locaux pour une réunion de représentants de 12 des 13 colonies anglaises d'Amérique. A ce stade, il s'agissait juste de dresser un cahier de revendications à adresser au roi d'Angleterre (George II).

*Cette réunion se tint du 5 septembre au 26 octobre 1774. Elle reste dans l'Histoire des États-Unis comme ayant constitué « le premier Congrès Continental ». C'est à cette occasion que le représentant de la Virginie (Patrick Henry) déclara : « Je ne suis pas Virginien mais Américain », phrase qui fait partie de l'Histoire américaine au même titre que le « Ich bin ein Berliner » de John Kennedy (le 26 juin 1963).

*En décembre 1775, eurent lieu, au second étage de la maison des charpentiers des réunions secrètes entre Benjamin Franklin, John Jay, Francis Daymond et Julien Achard De Bonvouloir, un agent secret travaillant pour le compte de la France. A la suite de ces réunions secrètes, un premier représentant ((Silas Deane) fut envoyé en France pour demander l'aide de Louis XVI contre les Anglais.

*Lorsque la guerre contre les Anglais prit de l'importance, une autre délégation fut envoyée à Louis XVI. Thomas Paine en fit partie. A la suite de quoi, cet Américain obtint la nationalité française et fut élu le 6 septembre 1792 député du Pas-de-Calais à la Convention Nationale. Voici, à ce sujet, ce qu'écrit Alphonse de Lamartine (dans « Histoire des Girondins » publiée en 1847, au livre trente-troisième, chapitre VI) :

« Payne avait été comblé d'égards par le roi lorsqu'il était venu à Paris pour implorer le secours de la France en faveur de l'Amérique. Louis XVI avait fait don de six millions à la jeune République. Payne n'eut ni la mémoire ni la convenance de sa situation. Ne pouvant s'énoncer en français à la tribune, il écrivit et fit lire à la Convention (le 20 novembre 1792) une lettre ignoble dans les termes, cruelle dans l'intention : longue injure jetée jusqu'au fond du cachot à l'homme dont il avait jadis sollicité la généreuse assistance et à qui il devait le salut de sa patrie. Considéré comme individu, cet homme n'est pas digne de l'attention de la République ; mais comme complice de la conspiration contre les peuples, vous devez le juger, disait Payne... ».

Pauvre Louis XVI, même ceux qu'il avait aidés lui crachaient dessus : « malheur aux vaincus » !

*Le 14 juin 1776, « l'Assemblée de Pennsylvanie » (organe contrôlé par les Anglais) ne put se réunir faute de participants.

*Le 18 juin 1776, dans la salle des Charpentiers, les délégués de Philadelphie et de 10 autres comtés convoquèrent un « corps extra judiciaire » pour nier l'autorité de « l'Assemblée de Pennsylvanie », approuver les résolutions du congrès de l'automne 1774 et commencer à recruter une milice armée pour combattre l'Angleterre.

*Fin septembre 1777, l'armée anglaise s'empara de Philadelphie, le congrès se transporta à Lancaster (autre ville de Pennsylvanie) puis à York avant de revenir à Philadelphie.

*C'est en juin 1778 que les Anglais durent évacuer la ville ; sur terre, ils étaient encerclés par l'armée de Washington et une flotte française commandée par le comte d'Estaing bloquait l'accès par la mer et la rivière Delaware.

*La guerre contre les Anglais, commencée en 1775 dura jusqu'en 1783. La France d'abord, puis l'Espagne et les Provinces Unies (ancien nom des Pays-Bas) envoyèrent troupes, armes et finances pour aider les Américains. Finalement vaincus, les Anglais signèrent le traité de Paris le 3 septembre 1783, par lequel ils reconnaissaient l'indépendance de leurs anciennes colonies d'Amérique.

*Philadelphie de manière générale et la Maison des Charpentiers de façon particulière tiennent donc une grande place dans l'Histoire des États-Unis.

*Aujourd'hui, les responsables du tourisme local savent d'ailleurs parfaitement utiliser l'Histoire pour attirer les visiteurs, mais on ne s'en plaindra pas.

J.D. 8 mai 2016

Maison des Charpentiers, photo J.D. 23 avril 2016

Maison des Charpentiers, photo J.D. 23 avril 2016

Maison des Charpentiers inscription intérieure, photo J.D. 23 avril 2016

Maison des Charpentiers inscription intérieure, photo J.D. 23 avril 2016

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 17:42

*William Penn, fils d'un amiral de la flotte anglaise (lui aussi nommé William Penn) naquit à Londres le 24 octobre 1644.

*Jeune (en 1667), il rejoignit « la Société des Amis », une dissidence de l’Église anglicane qui avait été fondée en 1648 par un nommé George Fox et qui avait commencé à se répandre en Angleterre et dans les colonies britanniques.

A partir de 1650, les membres de la Société des Amis furent aussi appelés « Quakers », et ce dernier terme finit par s'imposer.

Les Quakers contestaient l'utilité du clergé. Pour eux, il devait y avoir une relation directe entre Dieu et les croyants. Cela mit en fureur le clergé anglican qui obtint du pouvoir royal l'interdiction de cette mouvance puis dans un second temps leur persécution. On cite par exemple une femme nommée Mary Dyer qui fut pendue à Boston en 1660 pour son appartenance à cette communauté des Quakers.

Pour sa part, William Penn le jeune (par opposition à son père que l'on peut appeler William Penn l'Ancien comme pour les Pline ou les Caton) fut interné dans la tour de Londres de décembre 1668 à juillet 1669, toujours dans le cadre des persécutions contre les Quakers. Durant cette détention il rédigea un essai appelé « No Cross, No Crown » (ni croix, ni couronne) tout à fait dans l'esprit Quaker mais que les Anarchistes ne renieraient pas !

*Son père, William Penn l'Ancien, avait prêté d'importantes sommes d'argent à la royauté anglaise. A la mort de celui-ci le 16 novembre 1670, William Penn le Jeune qui était sorti de prison, alla négocier avec le roi d'Angleterre Charles II : l'annulation de la dette contre un territoire en Amérique. Le roi ne se fit pas prier et le 4 mars 1681, il octroya à William Penn un vaste territoire en Amérique.

*William Penn traversa l'Atlantique, dès 1681, remonta la rivière Delaware et s'arrêta dans un lieu situé aujourd'hui dans la ville de Philadelphie (Philadelphia pour les Américains) et appelé « Penn's Landing ».

*Le territoire cédé à William Penn était occupé par des Indiens : la tribu Delaware. William Penn eut l'intelligence et l'habileté de rencontrer le chef Delaware (Tamanend), de négocier avec lui et d'indemniser les Indiens bien qu'il n'en ait pas l'obligation au regard des lois anglaises. Grâce à cela, il put s'installer tranquillement, fonder une ville et une colonie qu'il administra au nom de la couronne britannique.

*La colonie :

Le territoire de Penn a 119.000 km² de superficie (soit l'équivalent d'un cinquième du territoire français métropolitain, pour donner un ordre de comparaison) , il lui donna son nom : Penn auquel il ajouta une référence au dieu romain Silvain dieu des bois et divinité rurale. Dans l'esprit, on peut dire que le nom « Pennsylvania » signifie : territoire écologique fondé par Penn.

Penn administra cette colonie au nom de la couronne anglaise et en fit une des treize colonies anglaises sur l'actuel territoire des États-Unis.

Actuellement la Pennsylvanie est l'un des 50 États des États-Unis avec une population d'environ 13 millions d'habitants.

*La ville :

Entre les rivières Delaware (Delaware River) et Schuykill (Schuykill River), Penn fonda sa capitale en 1682 et lui donna le nom de Philadelphia (Philadelphie pour les Français), des racines grecques « Philein » qui veut dire ami comme dans « philanthrope », « francophile » etc et « adelphos » qui signifie « frères » Le nom qu'il donna à sa ville voulait dire qu'il souhaitait une cité fraternelle (Brotherly Love) ce qui était encore tout-à-fait dans l'esprit des Quakers. Tolérante, cette cité attira rapidement beaucoup de monde, d'autant qu'elle est parfaitement située à mi-chemin, ou pratiquement, de New-York et de Washington, avec par la Delaware un débouché sur l'Atlantique. Elle devint la capitale de la nouvelle colonie, laquelle prit une part très importante dans l'indépendance américaine, un siècle après sa fondation (ce qui sera l'objet d'une autre note). Durant 10 années, pendant la construction de la ville de Washington, Philadelphie fut la capitale des États-Unis (de 1790 à 1800), elle céda alors son rôle de capitale de la Pennsylvanie, d'abord à Lancaster jusqu'en 1812 puis à Harrisburg qui l'est toujours malgré que Philadelphie soit une ville plus importante.

C'est à Philadelphie que fut proclamée le 4 juillet 1776 l'indépendance des États-Unis (ce qui entraîna la guerre avec l'Angleterre), que fut adoptée la Constitution américaine le 17 septembre 1787, que fut réuni le premier parlement américain (aujourd'hui « Congress Hall », à l'étage où se trouvent les locaux du premier Sénat américain, des portraits de Louis XVI et de Marie-Antoinette sont toujours conservés), et c'est à Philadelphie que furent élus les 2 premiers Présidents américains : George Washington en 1793 et John Adams en 1797. On notera que le premier gouvernement américain s'était installé à New-York avant de se transférer à Philadelphie en 1790. George Washington avait donc eu un premier mandat de Président dès 1789 commencé à New-York.

William Penn : postérité :

William Penn mourut en Angleterre le 30 juillet 1718. Il eut 2 épouses successives qui eurent chacune 2 enfants. Pendant qu'il était gouverneur de la colonie anglaise de Pennsylvanie, il rédigea un document intitulé « Essai d'un projet pour rendre la paix à l'Europe solide et durable ». Il semble qu'il n'existe plus qu'un seul exemplaire de l'édition de 1693 conservé à Oslo dans la bibliothèque de l'Institut Nobel.

William Penn a sa statue en bronze sculptée par Calder en 1886 et qui trône au sommet de la mairie (City Hall) de Philadelphie à 167 mètres de haut. Voir illustration.

J.D. 7 mai 2016

William Penn au sommet de City Hall, photos Claire Legrand, 22 avril 2016
William Penn au sommet de City Hall, photos Claire Legrand, 22 avril 2016

William Penn au sommet de City Hall, photos Claire Legrand, 22 avril 2016

navire à Penn'sLanding, photo J.D. 22 avril 2016

navire à Penn'sLanding, photo J.D. 22 avril 2016

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