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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 14:31

*En -52, Labiénus lieutenant de César gagne la bataille contre le peuple celte des Parisii qui occupait l'actuelle île de la Cité (voir La guerre des Gaules de Jules César au livre VII). Les Parisii ayant incendié leur cité et détruit les ponts, les Romains reconstruisent la ville et l'appellent « Lutétia » qui deviendra « Lutè²ce » puis Paris probablement vers la fin du quatrième siècle de notre ère.

*En 508, Clovis installe la capitale des Francs à Paris.

*A partir de l'an 790, Charlemagne prend Aix-la-Chapelle (Aachen) pour capitale.

*En 888, Paris reprend de l'importance lorsque Eudes est élu roi des Francs pour avoir défendu Paris contre les Normands.

*en 987 sous Hugues Capet, la ville de Paris est confirmée comme capitale du royaume. Ayant l'administration de l’État, la ville n'a pas d'administration propre.

*en 1263, sous le règne de Louis IX (Saint Louis) : les marchands, organisés en corporations, élisent ce qui peut être considéré comme la première municipalité. Des « échevins » sont chargés de représenter les habitants auprès du roi. La corporation des marchands d'eau étant la plus importante c'est son blason qui devient celui de la ville de Paris.

*le 7 juillet 1357, Etienne Marcel prévôt des Marchands achète au dauphin une maison dite « maison aux piliers » pour l'administration communale. Elle était située sur l'actuel emplacement de l'Hôtel de Ville. Etienne Marcel fut assassiné le 31 juillet 1358.

*Sous François 1er commence la construction, sur le même emplacement, d'un palais pour l'administration communale sous la conduite de Boccador architecte italien. Pierre Violle prévôt des marchands pose la première pierre le 15 juillet 1533. Cette construction ne fut achevée qu'en 1628. Entre-temps, les guerres de religions étaient passées par là !

*Durant la Révolution, la mairie de Paris est le siège de la commune insurrectionnelle de Paris et la place de grève devant la mairie un des lieux d'exécution. Voir les notes N° 254 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/10/l-annee-1794-en-france-n-254.html et 264 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/12/guillotine-et-guillotin-n-264.html

*le 19 mars 1803, la place de Grève devant la mairie devient place de l'Hôtel-de-Ville.

*C'est du balcon de l'Hôtel de Ville de Paris que le vieux général La Fayette donne l'accolade au duc d'Orléans le 31 juillet 1830, ce qui permet la transition monarchique entre Charles X et le duc d'Orléans qui devient le roi Louis-Philippe

*C'est de la mairie de Paris que fut proclamée la seconde République le 24 février 1848. Voir note N°261 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/11/alphonse-de-lamartine-n-261.html

*le 24 mai 1871, pendant « la commune de Paris », le bâtiment est incendié

*entre 1874 et 1882 : le bâtiment est reconstruit. Les architectes (Théodore Ballu et Deperthes) s'inspirent beaucoup de l'ancien bâtiment.

Tourisme :

L'Hôtel de Ville de Paris fut lié à beaucoup d'événements de l'histoire de France, il n'en est pas moins un bâtiment à l'intérêt touristique certain mais trop peu connu. En témoigne, le guide Vert Michelin « Paris » (édition 01-2014) qui ne consacre que 4 lignes à ce monument outre la référence au téléphone pour s'inscrire à une visite.

Pour l'intérêt touristique ce bâtiment cumule au moins deux handicaps :

*la proximité de monuments plus réputés ; il suffit de traverser le pont d'Arcole pour être devant Notre-Dame de Paris avec en face la Sainte Chapelle ; le Louvre, Beaubourg...sont également proches. Or beaucoup de touristes souhaitent voir un maximum de choses dans un minimum de temps et ignorent l'Hôtel de Ville.

*le fait qu'il s'agit d'un bâtiment siège de l'administration municipale de Paris et dont, par conséquent, la première vocation n'est pas de recevoir des touristes. Il y a quelques visites guidées en nombre limité sur inscription préalable et pour un nombre restreint de participants.

*Il recèle pourtant des salons somptueux dont la salle des fêtes dans laquelle des fresques représentent les provinces de France, par ordre alphabétique :

Algérie (représentée sous la forme d'une femme voilée), Auvergne, Berry, Bourgogne, Bretagne, Champagne, Comté de Nice, Flandre, Gascogne, Guyane, Languedoc, Lorraine, Lyonnais, Normandie, Picardie, Provence, en se replaçant dans le contexte de l'époque (l'Alsace annexée etc).

*A l'extérieur la façade est ornée de nombreuses statues :

-plus d'une centaine sont consacrées à la mémoire d'importants personnages : Richelieu, Voltaire, La Bruyère, madame de Sévigné, Elisabeth Vigée le Brun….

-12 statues représentent les arts et les métiers : science, histoire, poésie, musique, tragédie, comédie, sculpture, architecture, gravure, peinture, agriculture et industrie

-enfin 31 statues illustrent des villes de France, soit 17 sur la façade principale (côté place de l'hôtel de ville) : Amiens, Bordeaux, Bourges, Brest, Caen, Le Havre, Le Mans, Limoges, Montpellier, Nantes, Orléans, Paris, Poitiers, Rennes, Rouen, Toulouse, Tours. Et 14 sur la façade arrière (côté rue de Lobeau) : Besançon, Chambéry, Clermont, Dijon, Grenoble, Lille, Lyon, Marseille, Nancy, Nice, Nîmes, Reims, Saint Etienne, Troyes.

Cet hommage rendu aux villes et provinces de France ainsi qu'aux grands personnages de notre histoire, aux arts et aux métiers ajoute encore à la vocation nationale de l'Hôtel de Ville de Paris.

J.D. 30 décembre 2015

l'Hôtel de Ville après l'incendie de 1871

l'Hôtel de Ville après l'incendie de 1871

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 19:00

Joseph Ignace Guillotin naquit à Saintes (Charente-Maritime) le 28 mai 1738. Il fit des études de médecine et obtint son doctorat en 1770.

Il fut « initié » dans une loge, à Angoulême, en 1772 et participa à la création du Grand Orient de France en 1773 par évolution de la Grande loge de France qui avait été créée le 24 juin 1738.

Il épousa Elise Saugrain le 14 juillet 1787 et fut élu député du Tiers-Etat aux Etats-Généraux qui s'ouvrirent à Versailles le 5 mai 1789 et devinrent Assemblée nationale le 17 juin puis Assemblée nationale constituante après le « serment du jeu de paume » le 20 juin 1789.

Le 9 octobre 1789, Guillotin proposa à l'Assemblée l'unification des peines pour les condamnés à la peine capitale.

La peine de mort :

Lorsque les groupes humains prirent de l'importance en nombre et se « socialisèrent », ils durent édicter des règles de fonctionnement et prévoir des sanctions pour les contrevenants et pour ceux qui constituaient un danger pour les autres. Ainsi naquit la justice. La trace la plus ancienne que l'on en conserve vient de Babylone, au dix-huitième siècle avant notre ère, dans un code appelé « code Hammurabi ». Pour asseoir leur autorité, les obsédés du pouvoir contrôlèrent la justice ou se proclamèrent la justice avec droit de vie et de mort sur les autres et ce à travers les siècles et les civilisations. Les mêmes utilisèrent aussi souvent la religion et se prétendirent investis par Dieu.

En France, avant la Révolution il y avait des peines différentes selon les crimes ou forfaits : les voleurs étaient pendus, les hérétiques ou incendiaires allaient au bûcher, les parricides ou régicides étaient écartelés, les faux monnayeurs subissaient le « bouillage » (ils étaient plongés dans un liquide bouillant, généralement de l'eau, mais pour un supplice plus raffiné, ils étaient mis dans l'eau froide, qui était chauffée jusqu'à ce que mort s'en suive), les bandits et meurtriers subissaient le supplice de la roue, dans quelques cas, les condamnés étaient décapités, au sabre ou à l'épée pour les nobles, à la hache pour les roturiers…

Ce droit était inspiré du droit romain (loi des douze tables vers l'an 450 avant notre ère, voir Tite-Live, « Histoire romaine » livre III point 9 et suivants). Le droit romain avait lui-même emprunté aux Grecs.

La guillotine :

En complément de sa proposition du 9 octobre, Guillotin proposa à l'assemblé constituante le 1er décembre 1789, que la peine capitale soit uniformément la décapitation et qu'elle soit effectuée par une machine pour sécuriser et accélérer l'exécution. Dans l'esprit de Guillotin il s'agissait de rendre la peine de mort moins barbare et il fut horrifié que son nom reste attaché à cet engin de mort.

Des machines à décapiter avaient déjà été utilisées dans les siècles précédents en Italie, Allemagne, Ecosse … Guillotin ne fut donc pas l'inventeur de cette machine, il en fut seulement le promoteur en France.

Il se rapprocha d'Antoine Louis, médecin du roi (Louis XVI) pour mettre au point la machine à décapiter. Louis XVI qui s'intéressait à la mécanique eut même l'occasion de donner son avis !

Louis et Guillotin confièrent l'exécution de l'engin à un artisan nommé Tobias Schmidt.
C'est le 25 mars 1792 que Louis XVI signa la loi faisant adopter la machine à trancher la tête des condamn
és.

Le 15 avril 1792 des essais furent effectués à Bicêtre d'abord sur des moutons puis sur des cadavres.

La première exécution eut lieu le 25 avril 1792 pour un voleur nommé Pelletier.

Des machines à trancher la tête furent alors fabriquées en nombre pour en envoyer un exemplaire dans les principaux départements, pour en pourvoir Paris ainsi que les commissaires qui furent envoyés en mission et qui partaient avec leur guillotine !

Dans « Les Blancs et les Bleus » (ouvrage publié en 1867/1868), Alexandre Dumas cite l'exemple de François Goulin commissaire extraordinaire du Directoire qui était arrivé chez les chouans avec sa guillotine, que Cadoudal parvint à faire enlever et à faire guillotiner publiquement avec sa propre guillotine (en 1797?).

A Paris, les lieux d'exécutions furent :

-Place de Grève (devenue place de l'Hôtel de Ville en 1803)

-place du Carrousel (nom donné en 1662)

-au champ de Mars

-place de la Révolution (devenue place de la Concorde le 26 octobre 1795)

-place Saint Antoine ((place de la Bastille depuis le 27 juin 1792)

-barrière du trône renversé ( ancienne place du Trône, devenue place du trône renversé après le 10 août 1792 puis place de la Nation le 14 juillet 1880).

Durant la Révolution, la guillotine eut de nombreux surnoms : La Louisette (à cause d'Antoine Louis) , la Mirabelle (de Mirabeau), le Moulin à silence, le raccourcissement patriotique, le rasoir national, la Monte-à-regret, le Vasistas, la Veuve, la Bécane… mais les mots « guillotine » et « guillotiner » s'imposèrent.

Selon les estimations actuellement disponibles, durant la période révolutionnaire, 19.000 têtes furent tranchées à Paris et 42.000 en Province. Mais ce ne fut qu'une petite partie des exécutions de la Révolution. Un très grand nombre des exécutés n'était probablement coupable de rien. Les termes de « période de la terreur » et de « fureur révolutionnaire » paraissent justifiés. Mais qui réhabilitera les innocents exécutés ?

Il ne manqua jamais de volontaires pour exercer la fonction de bourreau ni de foule pour assister aux exécutions ; ce qui ne fut ni propre à la Révolution ni à la France. Dans certaines familles on était bourreau de père en fils. Ainsi Louis XVI fut guillotiné par un nommé Charles Louis Sanson issu d'une famille de bourreaux de 1688 à 1847.

Après la Révolution, la décapitation resta mode d'exécution des condamnés à mort en France où la dernière exécution publique eut lieu en 1939 et la dernière décapitation par la guillotine le 10 septembre 1977 à la prison des Baumettes à Marseille, puis la peine de mort fut abolie par une loi votée le 18 septembre 1981 et promulguée le 9 octobre.

C'était l'aboutissement d'une longue chaîne d'interventions, dont on ne rappellera qu'une seule : celle du député Louis-Michel Le Pelletier de Saint Fargeau qui demanda, le 3 mai 1791, l'abolition de la peine de mort et des galères, devant l'Assemblée constituante.

J.D. 26 décembre 2015

Charlotte Corday après l'assassinat de Marat tableau de 1880 de Jean-Joseph Weerts, musée de Roubaix

Charlotte Corday après l'assassinat de Marat tableau de 1880 de Jean-Joseph Weerts, musée de Roubaix

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 15:58

1-en Grèce :

Les chevaux de Saint Marc ont été sculptés en Grèce vers le 4ème siècle avant notre ère, probablement par le sculpteur Lysippe. Ils sont en cuivre (98% de cuivre, 1% d'étain, 1% de plomb, ce qui les fait appeler parfois : « chevaux de bronze ») et faisaient partie d'un quadrige. Ils auraient d'abord été dans l'île de Chio. Chaque cheval pèse 900 kgs, mesure 2,53 mètres sur 2,33 mètres de haut.

2-à Rome :

ils furent transférés à Rome au temps de Néron (1er siècle de notre ère) pour orner sa maison, récupérés au second siècle par Trajan pour son arc de Triomphe

3-à Byzance :

transportés à Constantinople par Constantin pour orner l'hippodrome au quatrième siècle (c'est en 330 que Constantin transféra la capitale de l'empire romain à Constantinople).

4-à Venise :

Les Vénitiens s'en emparèrent en 1204.

Lors de la quatrième croisade pour aller délivrer la ville de Jérusalem occupée par les musulmans, les croisés firent appel à la flotte vénitienne pour les transporter en terre sainte. Mais le doge de Venise (Enrico Dandolo) emmena les croisés prendre la ville chrétienne de Constantinople pour la piller. Venise en rapporta un important butin.

Ils ornent la façade de Saint Marc depuis 1254.

5-à Paris :

pris par Bonaparte qui les fait installer devant les Tuileries en 1798 puis sur l'arc de triomphe du Caroussel en 1808. Ils furent déposés de Venise le 13 décembre 1797, acheminés par voie de mer jusqu'à Toulon où ils arrivèrent le 6 avril 1798. Ce transport par mer n'est pas véritablement un exploit si l'on pense par exemple à Pyrrhus qui fit transporter par mer 23 siècles plus tôt une armée entière avec éléphants et chevaux. Les chevaux de Saint Marc furent transportés ensuite par voie fluviale d'Arles, via le Rhône, la Saône, le canal du Centre, la Loire, les canaux de Briare et du Loing et enfin la Seine. Ils arrivèrent à Paris le 17 juillet 1798

6-à Venise :

Ils furent restitués à Venise par les Autrichiens en 1815 (à l'époque Venise avait été annexée par l'Autriche, ce qui explique la générosité de l'Autriche vis-à-vis de Venise), mis à l'abri à Rome durant la première guerre mondiale, puis dans un monastère près de Padoue durant la seconde guerre mondiale, protégés de la pollution en 1981 dans le musée Saint Marc après une restauration. C'est au cours de cette restauration qu'ils purent être datés. Ils sont remplacés par des copies sur le façade de Saint Marc ainsi que sur l'arc de triomphe du Carrousel à Paris.

Ces chevaux furent vraiment des chevaux voyageurs.

J.D. 21 février 2015

en complément voir la note N°227 sur le lion de Saint Marc http://jean.delisle.over-blog.com/2015/03/le-lion-de-saint-marc-n-227.html

en haut, chevaux originaux, au centre copies sur la façade de Saint Marc, au premier plan les Tétrarques, en bas : reproductions miniature au musée Correr de Venise

en haut, chevaux originaux, au centre copies sur la façade de Saint Marc, au premier plan les Tétrarques, en bas : reproductions miniature au musée Correr de Venise

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 14:32

La première guerre mondiale ou guerre de 14 fut riche en innovations pour tuer des humains plus rapidement et surtout en plus grande quantité ! Dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres l'Empire allemand fut en avance sur les alliés. En voici deux exemples :

Les Gothas :

Dès le début de la guerre de 14 des ballons dirigeables genre Zeppelin furent utilisés pour balancer des bombes. La mort venait du ciel, c'était nouveau, mais les dirigeables étaient très vulnérables compte tenu de leur taille.

En Allemagne, l'Etat-Major avait demandé à la firme Gothaer Waggonfabrik de fabriquer des avions capables de transporter des bombes. Le premier de ces avions (un bimoteur, biplan) sortit des chaînes le 27 juillet 1915. Les modèles évoluèrent au fil de la guerre. Mais grosso-modo ces avions comportaient 3 hommes d'équipage : un pilote et 2 mitrailleurs dont l'un balançait des bombes par dessus bord manuellement (ne pas confondre manuellement et Manuel ment). Ces avions avaient une autonomie de 500 à 800 kms selon les modèles. Ces avions furent appelés « Gothas » du nom de la firme qui les fabriquait.

La première utilisation de ces bombardiers fut effectuée à l'automne 1916 sur le front de Roumanie. Ensuite sur Londres. Le 13 juin 1917, 18 Gothas partis de Gand (en Belgique) bombardèrent Londres, il y eut 162 morts et 400 blessés. Paris commença à être bombardée par les Gothas fin janvier 1918.

La grosse Bertha :

A la demande de l'armée, la firme Krupp fabriqua un canon capable de percer les défenses des forteresses. Ce canon reçut le nom de Bertha en l'honneur de Bertha Krupp et fut vite surnommé « la grosse Bertha » (Dicke Bertha pour les Allemands). Ce canon fut utilisé la première fois à Liège le 12 août 1914 et contre les autres places fortes belges (Namur, Anvers, Ypres etc). Il avait une courte portée : 14 kms mais une forte puissance. A peu près en même temps que les Gothas commençaient à bombarder Paris, un canon de longue portée commençait, lui, à canonner Paris. Les médias de l'époque aussi bien que la population confondirent ce canon longue portée (entre 110 et 130 kms) avec la grosse Bertha et attribuèrent les obus qui tombaient sur Paris à la grosse Bertha. Ce canon longue portée fut surnommé par les Allemands : « Pariser Kanonen ». Il avait un tube de 34 mètres de long. Les Allemands en utilisèrent 3 exemplaires pour bombarder Paris.

Aristide Briand tenait un journal intime dans lequel il rend compte des événements. Son témoignage sur les bombardements de Paris me parait particulièrement intéressant pour reconstituer la manière dont la population dut vivre les choses. Le voici :

*« jeudi 31 janvier 1918 : La nuit dernière les Gothas sont venus sur Paris. Ils y sont restés de minuit à une heure et demie. Nombreuses bombes un peu partout. Il y a des victimes, on parle de vingt morts et de quarante blessés. Il ne semble pas qu'un seul Gotha ait payé ce forfait »

*« vendredi 1er février : Les Gothas ne sont pas revenus. Les pertes dans le dernier raid sont de quarante-cinq morts et deux cent sept blessés »

*« samedi 9 mars : La nuit dernière les Gothas sont venus deux heures sur Paris. Nombreuses bombes sur la rive droite. »

*« mardi 12 mars : La nuit dernière, les Gothas sont revenus sur Paris. Ils étaient parait-il soixante-dix ou quatre-vingts. Nombreuses bombes. Une sur le ministère de la Guerre provoque un incendie. Pendant la durée du raid, je suis allé au Bois (de Boulogne) d'où j'ai assisté à l'attaque. Terrible canonnade. A un moment, les feux de barrage étaient au dessus du bois et j'ai entendu des Gothas passer au-dessus. Ce sont ceux qui, sans doute, sont allés jeter des bombes sur Ville-d'Avray, Saint-Cloud et Reuil. Ils avaient dû s'égarer. Les victimes sont assez nombreuses. Une panique dans une station de métro (Bolivar) a tué plus de gens que les avions allemands. »

* »samedi 23 mars : Un coup de téléphone m'apprend que Paris a été bombardé par un canon à longue portée. Cent vingt kilomètres ! Ce canon serait dans la région de Saint Gobain. »

* »vendredi 29 mars (C'était le vendredi Saint) : Un obus tombe sur l'église Saint-Gervais. Soixante-quinze morts, quatre-vingt-dix blessés. »

* »samedi 30 mars : coups de canon sur Paris »

* »dimanche 31 mars : à la chambre (des députés) vers 3 heures, une détonation dans la direction du quartier latin. C'est le canon allemand qui recommence à bombarder. Trois coups seulement espacés de quart d'heure en quart d'heure »

* »lundi 1er avril : Plusieurs obus sur Paris. Peu de victimes »

* »mardi 2 avril : la nuit dernière, à 3 heures du matin, alerte d'avions. Quelques bombes dans les XIIe et XXe arrondissements. Peu de victimes. Ce matin deux obus. »

* »mercredi 3 avril : 10 heures, un obus envoyé sur Paris. »

* »samedi 6 avril : 11 heures : un obus sur Paris, midi : un obus »

* »vendredi 12 avril : 3 heures et demie : je vais au Sénat – une explosion énorme dans le voisinage. C'est un obus. 7 heures : les obus ont continué à tomber sur Paris. »

* »samedi 13 avril : la nuit dernière, les Gothas sont venus sur Paris. L'alerte n'a pu être donnée qu'au moment où la première bombe tombait sur Paris. Le raid a duré une demi-heure. Un incendie a été provoqué rue de Rivoli à la maison du Bûcheron. Il y a de nombreux morts et blessés. »

* »dimanche 14 avril : la nuit dernière, jusque vers une heure du matin, les obus sont tombés sur Paris malgré le vent qui soufflait en tempête. »

* »mardi 16 avril : cette nuit six obus sur Paris »

* »samedi 1er juin : toutes les nuits, les Parisiens sont alertés par les Gothas »

* »mardi 25 juin : ce sont de nouveaux raids de Gothas »

* »vendredi 28 juin : Raid de Gothas la nuit dernière. Nombreuses bombes sur Paris. Sérieux dégâts. Nombreux morts et blessés. Une bombe est tombée sur la place Vendôme près de la colonne. Une autre sur le ministère de la Justice. Sérieux dégâts. »

* »samedi 29 juin : nouveau raid la nuit dernière. »

* »lundi 15 juillet : couché à la campagne. A minuit réveillé par un roulement continu au loin. Vitres tremblent. C'est le canon du front. L'offensive allemande recommence. On l'a attendue les bras croisés. »

* »mardi 16 juillet : l'offensive allemande est en effet déclenchée sur un front de 80 kilomètres. Région Dormans-Massige. Les canons continuent à faire rage. Nos troupes, parait-il, tiennent partout. »

* »lundi 11 novembre 1918, 11 heures : le canon tonne ; ce n'est plus le canon qui tue, c'est le canon pour rire, le canon d'allégresse pour la victoire. »

J.D. 11 avril 2014

nota : il est question d'Aristide Briand dans une quinzaine de notes de ce blog dont on peut trouver la liste sur la fiche N°76 :

http://jean.delisle.over-blog.com/article-blog-liste-des-articles-111165313.html

ajout du 31 juillet 2014 : Une lectrice me signale que sa mère chantait : "les Parisiens sont avertis que les Gothas sont sur Paris, ceux qui n'ont pas la gueule cassée, peuvent aller s'r'coucher!"

et précise : "pendant la guerre maman habitait Paris, et c'était la sonnerie du clairon qui sonnait la fin de l'alerte"

La grosse Bertha, illustration parue dans "Le Miroir" du 27 septembre 1914

La grosse Bertha, illustration parue dans "Le Miroir" du 27 septembre 1914

bombardements sur Paris avant les Gothas

bombardements sur Paris avant les Gothas

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 09:34

Il y eut en 1910 la plus importante crue connue de la Seine et de certains de ses affluents. A Paris même, l'eau monta sans discontinuer une dizaine de jours. Le maximum fut atteint le 28 janvier, jour où le zouave du pont de l'Alma eut de l'eau jusqu'aux épaules. La décrue s'étala sur 35 jours. Armand Fallières était Président de la République, Aristide Briand Président du Conseil. Voici l'intéressante description qu'en fait Georges Suarez dans sa biographie d'Aristide Briand (tome II publié en 1938, chapitre VI) :

« Un matin de janvier 1910, les plaines de l'Ile-de-France disparurent sous les eaux des fleuves en crue. Ce fut un désastre dont Paris subit les plus graves effets. La Seine , emportant passerelles et garde-fous, montait sans cesse, battant les berges et les assises des ponts de ressacs inquiétants. La gare Saint-Lazare était menacée dans ses fondations. L'ambassade d'Allemagne, complètement submergée, avait été abandonnée par ses hôtes. On atteignait le Palais-Bourbon en barque et l'on pêchait le goujon dans les salles d'attente de la gare d'Orsay. La circulation était interrompue et les communications coupées par des petits lacs où les soldats servaient de passeurs au public. A Clichy, les conduites d'eau avaient éclaté et l'inondation, en flots boueux et jaunes, fouillait tous les quartiers. De la rue de l'Université à la rue de Lille, on ne circulait qu'en bateau. Les sous-sols des Affaires étrangères et du Palais de Justice étaient noyés. L'eau dévalait en ruisseaux dans les rues et ramenait des égouts de hideuses épaves. Dans la banlieue, le fleuve avait isolé des millions de gens qui n'avaient plus ni abris ni vivres. Il y eut de nombreux morts. Les cimetières étaient inondés, les cadavres que les eaux rejetaient restaient sans sépulture. La Seine coulait comme une route mouvante entre les maisons chancelantes, tourbillonnait autour des arbres dénudés qui tendaient leurs branches épuisées vers le ciel noir. Le spectacle était grandiose, tragique. Toute la journée, une foule angoissée regardait passer l'interminable défilé des trophées que le flot rapportait des champs dévastés. Le bétail, ventre en l'air, entre les meules de paille qui s'effilochaient dans l'eau, des tonneaux, des meubles, des morts roulaient dans cette course éperdue du courant, ou s'accrochaient aux arches des ponts comme dans un sursaut de vie. Le monde entier compatit au sort des sinistrés. Le tsar envoya 100.000 francs que l'on ne put accepter, le protocole s'opposant à ce que l'offrande d'un souverain étranger fût supérieure à celle du Président de la République. Or, M. Fallières n'avait donné que 20.000 francs. Nicolas II s'inclina et réduisit sa souscription à 10.000 francs. Le pape envoya 30.000 francs à l'archevêque de Paris. S'il les avait envoyés au ministre de l'Intérieur, il aurait mis celui-ci dans l'obligation de le remercier, et aussi de renouer des relations avec le Vatican. Encore une occasion manquée ! L'Allemagne organisa des souscriptions et Guillaume II versa personnellement 10.000 francs. Certains hommes d'extrême-droite manifestèrent dans la circonstance un curieux état d'esprit. Antonin Dubost, au Sénat, venait d'adresser au nom de l'Assemblée, ses condoléances émues aux victimes quand Delahaye lui jeta : Vous êtes châtiés pour votre impiété ; vous craignez de vous humilier devant Dieu !

A cet anathème, Briand répliqua par un bel hommage à la réconciliation nationale imposée par la catastrophe. A un rédacteur du Gaulois, M. de Maizière, il dit :

On a beau nous railler, nous traiter de légers et de snobs, il y a une qualité que l'on ne nous retirera ni aux uns, ni aux autres, c'est cette vaillance commune, le meilleur de notre patriotisme français qui ne trouve son véritable rôle que devant un danger. Croyez-moi, ce malheur qui est tombé sur nous à l'improviste a plus fait pour l'apaisement des partis et des sectes qu'un discours de Périgueux. (voir ci-après) L'étranger qui a fui Paris menacé pourra revenir dans Paris réparé, assaini, joyeux d'avoir secoué son fardeau d'infortune.

Devant la catastrophe, en effet, l'opinion publique s'était ressaisie et avait oublié ses divisions dans un bel élan de solidarité nationale. Briand soutenu par toute la presse, fit face au danger avec un esprit de décision qui ne surprenait plus personne. Un conseiller municipal, Dausset, avait réclamé l'état de siège. Briand s'y opposa et donna directement ses instructions aux trois services intéressés : 1° au préfet de police pour le service d'ordre et la sécurité des personnes ; 2° au préfet de la Seine pour le ravitaillement et la distribution des secours ; 3° au gouverneur militaire de Paris pour le concours de l'armée et la protection des immeubles endommagés (20.000 rien qu'à Paris même) contre les pillards.

Puis il visita les quartiers sinistrés, les hôpitaux, et seconda le zèle des sauveteurs par ses apparitions dans les endroits les plus périlleux. Enfin, les eaux se retirent lentement découvrant dans leur retraite d'immenses dévastations. Le 10 février, Clémenceau dans l'Aurore félicita le gouvernement : Il sort à son honneur de la catastrophe. Tout a été fait avec tact, sang-froid et méthode

Le péril écarté, la France revint à ses querelles. »

L'allusion à Périgueux concerne un discours qu'y prononça Briand le 10 octobre 1909, juste avant la rentrée parlementaire. Ce discours complètement oublié aujourd'hui fit sensation à l'époque, il dénotait une intelligence et une hauteur de vue, hélas, peu commune chez nos politiques. Voici quelques extraits des commentaires qu'en fait Suarez (livre II, chapitre VI) :

« Briand ouvrit la saison politique par un grand discours qui est resté dans l'Histoire du régime, comme l'aurore de temps nouveaux. Il y sonnait le glas de tous les vieux sectarismes, y jetait la définition d'un apaisement généreux et fécond et exhortait la France à se libérer des luttes fratricides, à faire passer un grand souffle purificateur à travers les petites marres stagnantes croupissantes qui se forment et s'étendent un peu partout dans le pays.

Les « marres stagnantes » firent fortune. L'image est restée dans le vocabulaire des polémistes qui s'en servent, quelquefois, pour dénoncer chez l'adversaire les erreurs qu'ils sont les premiers à entretenir dans leurs troupes. Ce discours de Périgueux, chez Briand, était une solennelle déclaration de paix à l'intérieur. La paix semble bien avoir été sa mission depuis les années où il militait dans les rangs révolutionnaires. Syndicaliste, il avait préconisé la révolution « légalitaire », sans effusion de sang, ni barricades. Socialiste, il avait recommandé l'union de tous les républicains. Ministre, il avait fait d'une loi de haine un instrument de paix. Chef de gouvernement, il tentait de regrouper autour du même drapeau, la collectivité nationale...

Si Briand était resté un homme de parti, il n'aurait jamais eu toutes ses aises pour pacifier les consciences et les esprits. S'il ne s'était pas dégagé de la mystique de gauche, pendant les durs débats sur la séparation des Eglises et de l'Etat, il n'aurait jamais fait accepter la loi par ses adversaires....

Au moment où il prononça le discours de Périgueux, le régime parlementaire traversait une crise de discrédit.(déjà!). Les députés n'assistaient que fort irrégulièrement aux séances et chargeaient leurs voisins de les remplacer au moment du vote, (déjà!) ce qui créait dans les scrutins un tel désordre qu'on ne connaissait les résultats qu'après pointage. Le public s'en était vivement ému. Il était déjà dressé contre le Parlement depuis le relèvement de l'indemnité parlementaire à 15.000 francs (déjà!). Cette désaffection croissante à l'égard du régime donnait de la force et des arguments aux partisans de la représentation proportionnelle contre les « arrondissementiers ». Certains passages du discours de Briand répondaient à ces mouvements de l'opinion. Il les encadrait dans une doctrine de la réconciliation nationale comme il n'en fut jamais formulé...

Il sait le coût des expériences trop audacieuses : la démocratie ne vit pas que de réformes sociales. Elle vit aussi de la prospérité du pays. Il faut pour que le pays prospère, lui donner l'ordre, la sécurité et la paix. C'est le premier devoir d'un gouvernement... »

J.D. 30 août 2013

P.S. La récapitulation thématique des notes de ce blog se trouve sur la fiche N° 76 http://jean.delisle.over-blog.com/article-blog-liste-des-articles-111165313.html

vue de Paris durant l'inondation de 1910

vue de Paris durant l'inondation de 1910

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 06:49

Dans le tome 1, publié en juillet 1938, de la biographie qu'il a consacrée à Aristide Briand, Georges Suarez peint la situation de la Société, surtout parisienne, lorsque le jeune Briand, venant de Saint Nazaire, commence des études de droit à Paris, au début des années 1880, tout en travaillant chez un avoué. Voici ce texte :

« La vie de Paris était encore fleurie, dans ses folies, de sentiments et de grâce. On y prenait le temps de vivre, de bien vivre. Les fiacres roulaient, au trot de chevaux dociles et sages. On disait au cocher : A l'heure et droit devant vous !

Et il partit au rythme lent de ce siècle pas trop pressé. Le tintement léger des tramways, dans la rumeur des rues, les omnibus à impériale, les terrasses que fleurissaient de leurs larges chapeaux les élégantes de ce temps, les cafés bourdonnant de bruits heureux, de potins de coulisses, de propos légers, les théâtres et les concerts régnaient sur les boulevards et les goûts du jour. La bataille politique où Georges Clemenceau se taillait contre Jules Ferry une réputation de démolisseur, les fringants équipages du Bois où trônait la belle Léonide Leblanc, les duels sensationnels, la toilette des femmes, leurs robes longues et compliquées qui mesuraient le plaisir des hommes, les salons où se faisaient et se défaisaient les réputations, l'esprit des revuistes et des chansonniers, l'insouciance des nuits, partout le vice cynique et bon garçon donnaient au panorama parisien un charme et une séduction sans réplique nulle part.

Mais derrière ce décor, brillant des mille feux de la rampe, une bourgeoisie vit, écrit Edouard Drumont, réfugiée dans l'hypocrisie comme dans une citadelle : Toi, tu n'as qu'une qualité, lançait une femme de Gavarni à son mari, tu es hypocrite ! Telle peut être la devise de la bourgeoisie de cette époque. Ses tares entretiennent la verve des boulevardiers, des auteurs gais, et le génie divers d'un Flaubert, d'un Maupassant, d'un Zola, d'un Mirbeau. Les scandales ébranlent le vieil édifices social. Ils le sapent par la base. Le respectable corps des notaires qui est, en quelque sorte, la bourgeoisie elle-même, est décimé par les arrêts de justice. En six ans, de 1880 à 1886, les statistiques révèlent que les fonds détournés par quelques-uns de ces officiers ministériels, se montent à près de 70 millions de francs. La corruption est partout. Elle a pénétré à l'Elysée. Déjà de fâcheux bruits circulent sur certains actes suspects de Wilson, le gendre du président Grévy. On raconte qu'il a fait de la demeure du chef de l'Etat une officine où les décorations, les faveurs, les nominations sont tarifées et à la portée du plus offrant. La découverte du scandale va être le prélude de bien d'autres, non moins graves.

Ces symptômes de désagrégation sociale se manifestent au milieu d'une crise économique qui affecte toutes les branches de l'activité nationale. Les vignes sont ravagées par le phylloxera ; les blés américains et les sucres de betterave allemands concurrencent dangereusement nos produits ; on a élevé les salaires de l'ouvrier agricole pour le retenir aux champs; l'industrie se plaint de la lutte inégale qu'elle doit soutenir contre les importations étrangères. Le malaise se traduit d'abord par des grèves qui éclatent aux mines d'Anzin et par la diminution de notre commerce extérieur. Tandis que le Paris des boulevards s'amuse et fait des mots, les faubourgs grondent et la lutte s'organise. La double faillite menaçante de la société et du système économique, encourage les partis réformateurs à profiter des circonstances.
Le radicalisme reprend de l'élan, sous l'impulsion de Clemenceau, de Pelletan, de Madier-Monjau. Lui-même bientôt sera débordé par le scandale. Les socialistes sont encore fort divisés. A la suite du congrès de Saint-Etienne, en 1882, ils se sont scindés en deux tronçons ; les possibilistes et les guesdistes ; les blanquistes qui sont revenus d'exil à la faveur de la loi d'amnistie, ont fondé un groupe à part avec le Comité révolutionnaire central. Les premiers se sont déclarés hostiles au marxisme et partisans de réformes immédiates adaptées aux nécessités de l'heure et du lieu. Ils recommandent l'application de la doctrine dans le cadre de la région, le fractionnement des buts jusqu'à ce que le socialisme soit réalisable, en un mot, la politique des possibilités. Jules Guesde, dans son journal l'Egalité, condamne les théories des possibilistes et annonce la création d'un nouveau parti. En 1884, les possibilistes ont tenu leur congrès à Rennes et les guesdistes à Roubaix ; mais depuis 1881, le socialisme avait un représentant à la ch
ambre (des députés) : Clovis Hugues et deux tribunes : la bataille de Lissagaray et le Cri du peuple, de Jules Vallès qui rentrait d'exil.....

On suivait attentivement les progrès des grèves qui commençaient à éclater dans le Nord de la France. On s'intéressait à l'évolution du socialisme. On applaudissait Clemenceau, l'adversaire des guerres coloniales....

Le romantisme quarante-huitard (de la révolution de 1848), avec sa grandiloquence et sa pauvreté intellectuelle avait conquis la foule ; des éditeurs avisés répandaient dans les quartiers ouvriers, par fascicules bon marché, les Misérables, Notre-Dame de Paris, le Juif errant. Pas un jour ne s'écoulait sans que Victor Hugo reçut l'hommage de Paris ou de délégations étrangères. Il régnait sur l'opinion publique et laissait tomber de ses lèvres des oracles que l'on recueillait pieusement. Ainsi se dessinaient, se préparaient les futurs assauts contre le vieil ordre social. »

Corruption, crise économique, concurrence étrangère, déficit du commerce extérieur, luttes et divisions politiques... Chacun jugera si ce texte aurait dû avoir pour titre : Il n'y a rien de nouveau sous le soleil !

J.D. 3 juin 2013

construction de la statue de la Liberté dans les ateliers de Bartholdi à Paris rue Chazelles en 1879

construction de la statue de la Liberté dans les ateliers de Bartholdi à Paris rue Chazelles en 1879

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