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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 10:40

Aujourd'hui, 18 juin 2015, va être célébré en grande pompe à Waterloo le bicentenaire de la célèbre bataille. Le journal en ligne du Point (et probablement beaucoup d'autres) y consacre plusieurs articles.

200.000 spectateurs sont attendus pour une reconstitution de la bataille avec 6.000 figurants (dont 650 Anglais avec des uniformes français) 360 chevaux, une centaine de canons et la présence de plusieurs chefs d'Etats. Ce soir sur le site de Waterloo un spectacle sera donné devant 60.000 spectateurs : « L'Expiation » de Victor Hugo .

Toute l'Europe y sera sauf les officiels français !

Voici reproduit le titre d'un article du journal en ligne du Point qui résume bien la situation :

ACTUALITÉ

CULTURE

HISTOIRE

Napoléon superstar à Waterloo !

Le Point - Publié le 30/05/2015 à 09:44

200 000 personnes sont attendues le 18 juin pour revivre la dernière bataille de l’empereur. Tandis que Napoléon est devenu, en France, un pestiféré...

Qui ne se souvient que le 2 décembre 2005, un peu partout en Europe avait été célébré le bicentenaire de la bataille d'Austerlitz... sauf en France ! Chirac alors président s'y était opposé. Mais le même Chirac avait envoyé le porte-avions Charles De Gaulle participer aux commémorations anglaises de leur victoire de Trafalgar (21 octobre 1805). Pauvre De Gaulle, il ne méritait pas cela !

Je m'étais demandé, il y a déjà longtemps, si De Gaulle avait choisi le 18 juin (1940) en rapport avec Waterloo, pour lancer son appel, mais je n'ai jamais eu la réponse.

La Belgique a voulu éditer une pièce de 2 euros pour célébrer l'événement de Waterloo. Le gouvernement français s'y est opposé ! Résultat, depuis lundi 15 juin 2015, la monnaie royale belge fabrique 70.000 pièces de 2,50 euros et des pièces en argent de 10 euros pour rappeler Waterloo.

Quand on pense que notre premier ministre ne sait même pas que l'île de la Réunion est dans l'Océan Indien : le Canard enchaîné du mercredi 17 juin 2015 y consacre 2 caricatures

Pauvre France, je n'en dirais pas plus mais je n'en pense pas moins !

J.D. 18 juin 2015

En illustration :

*le lion de Waterloo, monument érigé en 1826, hauteur : 41 mètres, longueur : 169 mètres, architecte : Charles Vander Straeten, sculpteur : Jean-Louis Van Geel

*statue de Cambronne et inscription sur le socle; Cours Cambronne à Nantes; photos J.D. 20 juin 2015

monument à Waterloo

monument à Waterloo

statue de Cambronne et inscription sur le socle à Nantes Cours Cambronne, photo J.D. 20 juin 2015

statue de Cambronne et inscription sur le socle à Nantes Cours Cambronne, photo J.D. 20 juin 2015

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 13:20

Le promeneur attentif qui visite Chambéry peut découvrir nombre d'inscriptions qui fournissent des informations sur la vocation ancienne d'immeubles, sur la réception de personnalités ou sur l'histoire de la ville...

Parmi ce grand nombre d'inscriptions, en voici 3 :

I) sur l'hôtel de Cordon 71 rue Saint Réal :

l'inscription indique l'hébergement en ce lieu du roi de France Henri IV en 1600 et de Hérault de Séchelles durant la Révolution.

Henri IV

naquit à Pau le 13 décembre 1553. Il est le fils de Jeanne d'Albret reine de Navarre et d'Antoine de Bourbon lointain descendant de Saint Louis (Louis IX 1214/1270).

*En 1560, Antoine de Bourbon nommé « lieutenant général du royaume de France », toute la famille s'installa à Paris. Mais après la mort d'Antoine de Bourbon au siège de Rouen en 1562, Jeanne d'Albret retourna s'installer dans la Navarre.

Baptisé catholique, le futur Henri IV devint alors protestant dont il rejoignit les troupes en 1568 à La Rochelle puis à Saintes.

*Après batailles et négociations, Henri épousa le 18 août 1572 Marguerite de Valois (la reine Margot) fille du roi Henri II (roi de France de 1547 à 1559) et de Catherine de Médicis et sœur du roi Henri III (roi de France de 1574 à 1589).

Jeanne d'Albret revenue à Paris pour le mariage de son fils y mourut le 9 juin 1572. Henri devint donc roi de Navarre sous le nom d'Henri III peu avant son mariage avec la reine Margot.

*C'est l'époque où régnèrent de fait 3 Henri : Henri III roi de Navarre, Henri III roi de France et Henri de Guise dit le Balafré à la tête des ligues catholiques.

Henri III roi de France fit assassiner Henri de Guise à Blois le 23 décembre 1588, puis son frère cardinal de Lorraine le lendemain (24 décembre 1588). Mais l'on sait que Henri III roi de France sera assassiné le 1er août 1589 tandis qu'Henri III roi de Navarre devenu Henri IV roi de France sera à son tour assassiné le 14 mai 1610.

*Entre-temps, profitant de la venue à Paris de nombreux chefs protestants pour le mariage d'Henri roi de Navarre, Catherine de Médicis les fit assassiner dans la nuit du 23 au 24 août 1572 (Saint Barthélémy), en signalant néanmoins que les avis des historiens sont partagés sur la responsabilité de Catherine de Médicis.

*Après la mort d'Henri III roi de France, Henri III roi de Navarre devint aussi roi de France sous le nom d'Henri IV le 2 août 1589. Cela n'empêcha pas la guerre de continuer en France entre protestants et catholiques jusqu'à ce que le nouveau roi se convertisse au catholicisme le 25 juillet 1593 (Paris vaut bien une messe!) et qu'il proclame de Nantes le 13 avril 1598 un édit qui accorde la liberté de culte aux protestants.

*C'est le 25 février 1594 qu'Henri IV fut sacré et couronné roi de France en la cathédrale de Chartres, par l'évêque de Chartres (Nicolas de Thou). Il fut hébergé dans un immeuble qui existe toujours et qui se trouve place de la cathédrale face au porche Ouest ou porche central (celui qui est entre les deux clochers)

*En 1599, Henri IV parvint à faire annuler son mariage avec la reine Margot et il épousa le 5 octobre 1600 la florentine Marie de Médicis (voir la note N° 81 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-medicis-reines-de-france-113493818.html).

Sans parler de ses nombreuses maîtresses ! Mais enfin il vaut mieux un chef d'Etat compétent avec des maîtresses que l'inverse.... encore qu'il y a des cumulards qui ont des maîtresses et qui sont notoirement incompétents comme chef d'Etat !

*L'année 1600 fut une année de guerre (une de plus!) entre les Dauphinois emmenés par François de Bonne de Lesdiguières et les Savoyards du duc Charles-Emmanuel 1er (voir la note N°74 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-guerres-dauphine-savoie-110715942.html). C'est en 1349 que la France avait récupéré le Dauphiné. Henri IV vint donc aider les Dauphinois à lutter contre les Savoyards.

*Henri IV fit son entrée à Chambéry le 21 août 1600. C'est à cette occasion qu'il logea rue Saint Réal. Son séjour en Savoie se prolongea de la durée du siège de la forteresse de Montmélian (du 16 août au 16 novembre 1600).

Henri IV profita de ce temps pour aller prendre un bain le 3 octobre 1600 à Aix dans un ancien bain romain restauré au temps de Charlemagne. Il en est fait mention par le docteur Jean-Baptiste Cabias (dans « Merveilles des Bains d'Aix en Savoye » publié à Lyon en 1623). D'après Cabias, Henri IV aurait dit à propos des bains d'Aix : « Tous les bains et étuves des Médecins de Paris, de France, voire même de l'Europe ne valent rien en regard de ceux-ci ».

*Henri IV profita de cette guerre pour imposer à la Savoie le traité de Lyon du 17 janvier 1601 par lequel la France récupéra la Bresse, le Bugey, le Valromey et le pays de Gex. Ceci après Lyon en 1312, le Dauphiné en 1349, la Provence en 1481/1482, la Franche-Comté en 1674 et avant la souveraineté des Dombes (capitale Trévoux) en 1762, puis la Savoie et Nice d'abord de 1792 à 1814/1815 avant la réunion définitive en 1860. Comme quoi, au delà des régimes qui se succédèrent, la France eut de la continuité dans sa politique pour donner à notre pays sa frontière naturelle (les Alpes) au sud-est.

Après son assassinat, Henri IV fut inhumé à Saint Denis.

Henri IV aurait dit à propos du peuple (source : dictionnaire d'Histoire de France Perrin 1981, page 486):

« Si l'on ruine mon peuple, qui me nourrira ? Qui soutiendra les charges de l'Etat ? Qui paiera les redevances ? C'est lui qui nous fait tous vivre ».

Il y a bien des sinistres des finances qui devraient méditer !

Hérault de Séchelles

naquit à Paris le 15 novembre 1759 sous le nom de Marie-Jean Hérault de Séchelles. A dix-huit ans, il fut présenté à la reine Marie-Antoinette par sa cousine (Yolande de Polignac). La reine le fit nommer « avocat du roi au Châtelet » en 1777 puis avocat général au parlement de Paris en 1785.

Malgré les faveurs extraordinaires dont il bénéficia de la part de la royauté, il rejoignit la Révolution dès la prise de la Bastille (14 juillet 1789).

*Il fut élu député à l'assemblée législative en 1791, assuma différentes responsabilités dans les comités révolutionnaires, fut président de l'Assemblée en novembre 1792 puis fut envoyé en mission dans le nouveau département du Mont Blanc. C'est à cette occasion qu'il résida à Chambéry.

*Il y était encore lorsque eurent lieu les débats sur la mise en accusation de Louis XVI (du 10 au 26 décembre 1792) et lors des votes qui amenèrent la condamnation à mort de Louis XVI (du 16 au 19 janvier 1793). Mais, absent des votes, il fit savoir qu'il aurait voté la mort du roi.

*Cela ne lui porta pas chance (comme à beaucoup d'autres) car proche de Danton, il fut mis en accusation en même temps que Danton et ses amis et guillotiné le 5 avril 1794.

II sur l'Hôtel d'Allinges 104 rue Juiverie :

L'inscription indique la présence de Don Philippe (Don Felipe) infant d'Espagne pendant l'occupation espagnole de la Savoie, et du général de Montesquiou ; explications :

L'Infant d'Espagne :

*La mort le 19 octobre 1740 de Charles VI empereur du Saint empire romain germanique entraîna une guerre qui dura 8 années et qui est connue sous le nom de « guerre de succession d'Autriche ».

Charles VI avait désigné sa fille Marie-Thérèse pour lui succéder. Mais il y avait bien d'autres prétendants qui prétextèrent qu'une femme ne pouvait diriger le Saint Empire ! (de mon avis, pour que des femmes chefs d'Etat fassent pire que beaucoup d'hommes, il faudrait vraiment qu'elles en fassent exprès!).

*Le roi de Prusse (Frédéric II) le premier entra en guerre contre l'Autriche. Il parvint à entraîner avec lui la France de Louis XV, puis l'Espagne, le royaume de Naples, la Suède, la République de Gênes. Durant le même temps, l'Autriche parvenait à obtenir l'alliance de la Grande Bretagne, des Provinces Unies (ancien nom des Pays-Bas), du royaume de Hanovre, du royaume de Sardaigne, de la Russie.

*L'Electorat de Bavière et le royaume de Saxe furent d'abord avec la Prusse puis dans un second temps avec l'Autriche.

*Il y eut de très nombreuses batailles. La France participa à beaucoup de ces batailles principalement contre les Anglais (dont la bataille de Fontenoy le 11 mai 1745 qui se termina par la victoire française), les Hollandais, les Autrichiens...et notre armée l'emporta souvent.

Après 8 années de guerres qui avaient épuisé les belligérants, une paix fut signée à Aix-la-Chapelle (Aachen) le 18 octobre 1748. La Prusse y gagnait d'importants gains territoriaux dont la Silésie. Malgré ses nombreuses victoires, la France n'obtint rien. C'est de là que naquit l'expression : « travailler pour le roi de Prusse » !

*C'est dans le contexte de cette guerre que la France avait envahi le Piémont pendant que l'Espagne envahissait et occupait la Savoie. De là l'inscription sur l'installation de l'infant d'Espagne à Chambéry.

*Les Espagnols arrivèrent par le sud : col du Galibier qu'ils franchirent le 31 août 1742. Le duché de Savoie était dépourvu de troupes piémontaises, l'invasion se fit donc sans coup férir et dès le 7 septembre 1742, les Espagnols entraient à Chambéry.

*Fin septembre, début octobre 1742 le roi de Sardaigne Victor-Amédée II lança une contre-attaque par la Maurienne et la Tarentaise et refoula les Espagnols qui se regroupèrent sur le territoire français (région de Fort Barraux/Chapareillan dans l'Isère).

*L'Espagne envoya des renforts et dans la nuit du 18 au 19 décembre 1742, les Espagnols passèrent une nouvelle fois la frontière et ce furent les Piémontais qui durent s'enfuirent.

*L'Infant arriva à Chambéry le 5 janvier 1743 et s'installa au château, mais dès le 28 février 1743, un incendie détruisit le château que les autorités espagnoles firent passer pour un accident mais sans que l'on sache très bien si il s'agissait d'un accident ou d'un acte de sabotage contre l'occupant.

Dans la nuit l'Infant se réfugia à l'Hôtel d'Allinges et y resta durant toute l'occupation qui ne se termina qu'après le traité d'Aix-la-Chapelle.

*Don Philippe quitta Chambéry le 25 décembre 1748, mais le départ des troupes espagnoles s'échelonna jusqu'à fin février 1749. Durant les années d'occupation, la population du Duché de Savoie fut soumis à d'importantes réquisitions pour assurer la subsistance des troupes espagnoles.

*Quant au château de Chambéry, les Espagnols l'avaient laissé en ruines. Il fut restauré dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.

Le général de Montesquiou :

*naquit à Paris le 17 octobre 1739 sous le nom de Anne-Pierre de Montesquiou. Il fit une carrière militaire avec un avancement rapide : lieutenant au régiment Royal-Pologne en 1756, capitaine au régiment du Roi en 1757, colonel aux Grenadiers de France en 1758, aide-maréchal des logis en 1761, maréchal de camp en 1780, élu le 16 mai 1789 député de la noblesse aux Etats-Généraux, se rallia au Tiers-Etat le 25 juin 1789.

*Fut chargé de l'armée du midi et envahit la Savoie le 22 septembre 1792. Voir la fiche N° 71 http://jean.delisle.over-blog.com/article-la-revolution-francaise-et-la-savoie-109795056.html.

*Il mourut à Paris le 30 décembre 1798

III sur l'hôtel des Marches de Bellegarde rue Croix d'Or (N°13 à 25)

C'est là que furent hébergés Hérault de Séchelles durant la Révolution (voir au point I ci dessus), le pape Pie VII en 1804 et Napoléon en 1805.

Pie VII

naquit le 14 août 1742 à Cesena (province de Forli, région Emilie-Romagne, proche de l'Adriatique), sous le nom de Barnaba Niccolo Maria Luigi Chiaramonti.

Le 2 octobre 1756 il entra comme novice à l'abbaye bénédictine de Santa Maria del Monte à Cesena. Il fut ordonné prêtre le 21 septembre 1765.

*Après être passé par Saint Paul Hors-les-Murs à Rome puis par l'abbaye San Giovanni à Parme (Emilie-Romagne), il fut nommé évêque le 16 décembre 1782 à Tivoli (dans le Latium à une trentaine de kms à l'est de Rome) puis Cardinal le 14 février 1785 à Imola (province de Bologne en Emilie-Romagne). Il y était encore lorsque la ville d'Imola fut envahie par l'armée française en juin 1796.

*Quelques mois plus tard (dans la nuit du 19 au 20 février 1798) à Rome, le pape Pie VI était enlevé par l'armée française et retenu prisonnier successivement à Sienne, Bologne, Parme, Turin, Briançon, Grenoble et Valence où il décéda le 29 août 1799.

*Rome étant occupée un conclave s'ouvrit le 30 novembre 1799 dans l'île de San Giorgio Maggiore (dans la lagune de Venise) et le 14 mars 1800, le cardinal Chiaramonti était élu pape sous le nom de Pie VII.

*Après la victoire de Marengo (14 juin 1800), la France récupéra l'Italie du Nord et le nouveau pape put regagner Rome le 3 juillet 1800. Il ratifia le Concordat le 14 mai 1801 et récupéra les Etats Pontificaux en 1803

*C'est donc dans un contexte de relations nettement améliorées avec la France que le pape accepta de venir couronner Napoléon empereur à Notre-Dame de Paris le 2 décembre 1804 et c'est à l'occasion de ce voyage que le pape fut hébergé à Chambéry.

*Les bonnes relations Pie VII/Napoléon prirent fin lorsque le pape refusa d'appliquer le blocus continental qui avait été décidé par le décret impérial prit à Berlin le 21 novembre 1806.

*Rome était à nouveau occupée militairement à partir du 2 février 1808, les Etats Pontificaux annexés le 17 mai 1809. Le pape répondait par une bulle d'excommunication (de Napoléon) en date du 10 juin 1809.

*dans la nuit du 5 au 6 juillet 1809, Pie VII était fait prisonnier puis détenu successivement à Florence, Alexandrie, Grenoble, Savone puis Fontainebleau. C'est durant le transfert de Savone à Fontainebleau que le pape tomba malade le 12 juin 1812 et fut soigné à l'hospice du col du Mont Cenis .

*En janvier 1814, Napoléon décida de libérer le pape et de lui restituer ses Etats. Le pape quitta la France le 23 janvier 1814 et fit un retour triomphal à Rome le 14 mai 1814.

*Pie VII décéda à Rome le 20 août 1823

Napoléon 1er :

En Italie du Nord il créa un royaume dont il se fit couronner roi à Milan le 26 mai 1805 (voir la fiche N°22 http://jean.delisle.over-blog.com/article-l-italie-sous-napoleon-1er-61707999.html). C'est à l'occasion de ce voyage à Milan qu'il fut hébergé à Chambéry là où, peu de mois avant, avait été hébergé Pie VII.

J.D. 21 avril 2015

P.S. La récapitulation thématique des notes de ce blog se trouve sur la fiche N°76 http://jean.delisle.over-blog.com/article-blog-liste-des-articles-111165313.html,

la récapitulation des illustrations se trouve sur la fiche N°219 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/01/illustrations-jointes-aux-notes-du-blog-n-219.html

inscriptions à Chambéry rue Saint Réal, rue Juiverie et rue Croix d'Or

inscriptions à Chambéry rue Saint Réal, rue Juiverie et rue Croix d'Or

sacre d'Henri IV en la cathédrale de Chartres le 27 février 1594, dessin de Desmaretz fin XVIe siècle

sacre d'Henri IV en la cathédrale de Chartres le 27 février 1594, dessin de Desmaretz fin XVIe siècle

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 20:25

En 2014, pourra être célébré l'anniversaire de beaucoup d'événements. Est-ce que ce sera le cas ? Nous le verrons bien. Voici les principaux événements qui pourraient être concernés :

*il y a 2.000 ans : le 19 août 14, mourait Auguste qui fut le premier empereur de l'histoire de la Rome antique. C'est au début de son règne (en -27) que la Gaule fut divisée en provinces : la Gaule belgique, la Gaule lyonnaise, et la Gaule aquitaine qui s'ajoutèrent à la Gaule narbonnaise. C'est la même année que Lugdunum (Lyon) fut désignée comme capitale des Gaules. Plusieurs villes doivent également leur fondation et leur nom à Auguste : Aoste dans le département de l'Isère (ancien vicus Augustus), Aosta dans le Val d'Aoste (ancienne ville d'Augusta Praetoria Salassorum), Clermont (ancienne ville d'Augustonemetum), Auch (ancienne ville d'Augusta Ausciorum), Autun (ancienne ville d'Augustodunum)

*il y a 1400 ans : le 5 mai 614, les Perses s'emparent de Jérusalem et de la « vraie croix ». Cette croix aurait été découverte par Hélène la mère de l'empereur Constantin à l'occasion d'un voyage qu'elle fit à Jérusalem en l'an 326. En l'an 627, l'empereur byzantin Héraclius vainqueur des Perses obtint la restitution de la Croix qui fut ensuite transférée à Constantinople lors de la conquête musulmane de la Palestine en l'an 638. Une partie de cette croix revint à Jérusalem après la prise de la ville par les croisés en juillet 1099. Cette partie de la croix tomba aux mains des musulmans lorsque Saladin reprit Jérusalem en septembre 1187, puis disparut. La partie de la croix restée à Constantinople subit une amputation après la prise de Constantinople par les croisés en juin 1204, pour donner des morceaux de cette croix à un certain nombre des croisés. Le roi de France Louis IX (Saint Louis), rachète tout ce qu'il peut des instruments de la passion du Christ dont le reste de la croix et fait construire à Paris la Sainte Chapelle pour abriter ces reliques. La croix, elle, disparaît en juillet 1794 durant la Révolution.

*il y a 1300 ans : le 16 décembre 714, mort de Pépin de Herstal dit Pépin le Gros, son fils lui succède sous le nom de Charles Martel

*il y a 1200 ans : le 28 janvier 814 mort de Charlemagne à Aix-la-Chapelle. Son fils lui succède comme empereur d'Occident sous le nom de Louis le Pieux.

*il y a 800 ans : l'armée anglaise de Jean sans Terre roi d'Angleterre débarque à La Rochelle le 16 février 1214. Le 2 juillet victoire de Philippe Auguste sur Jean sans Terre à La Roche aux Moines (Maine-et-Loire) et le 27 juillet 1214 à Bouvines (au sud-est de Lille) contre une coalition alliée aux Anglais et conduite par l'empereur germanique Othon IV

*il y a 700 ans : le 18 mars 1314, à Paris (au bout de l'île de la Cité) Jacques de Mollay Grand Maître des Templiers et l'un de ses compagnons sont brûlés. Nombre d'autres templiers avaient déjà été conduits au bûcher avant eux sur ordre de Philippe IV le Bel.

Le 29 novembre 1314, mort de Philippe IV le Bel à Fontainebleau

*il y a 500 ans : le 9 janvier 1514, mort d'Anne de Bretagne. Elle fut mariée avec Louis XII roi de France du 8 janvier 1499 à sa mort. Avant Louis XII elle avait été l'épouse de Charles VIII roi de France du 6 décembre 1491 au 7 avril 1498. Avec Louis XII, Anne de Bretagne eut 2 filles : Claude de France qui fut la première épouse de 1515 à 1524 de François 1er roi de France et Renée de France duchesse de Chartres qui fut mariée en 1528 avec Hercule d'Este duc de Ferrare et fils de Lucrèce Borgia.

*il y a 400 ans : à Paris le 27 octobre 1614, première réunion des Etats généraux.

*il y a 300 ans: le 6 mars 1714, signature du traité de Rastatt (ville allemande à une dizaine de kms de Baden-Baden) entre la France représentée par le maréchal de Villars et l'Autriche représentée par le prince Eugène de Savoie. Ce traité fut une annexe aux 2 traités d'Utrecht signés en 1713 et mettant fin à la guerre de succession d'Espagne

le 8 décembre 1714, l'empire ottoman déclare la guerre à la République de Venise. Cette guerre qui dure jusqu'en 1718 fera perdre à Venise ses îles de la mer Egée.

*il y a 200 ans : le 12 mars 1814, les Anglais occupent Bordeaux

le 30 mars, la ville de Paris assiégée capitule

le 3 avril, le Sénat à Paris, prononce la déchéance de Napoléon et nomme un gouvernement provisoire

le 6 avril, Napoléon abdique à Fontainebleau

le 28 avril, Napoléon embarque à Fréjus à bord d'un navire anglais pour l'île d'Elbe

le 3 mai, Louis XVIII arrive à Paris

le 4 mai, Napoléon arrive à l'île d'Elbe

le 12 mai, licenciement de 300.000 soldats de l'armée impériale française

le 20 mai, Victor-Emmanuel Ier est de retour à Turin

le 24 mai, le pape Pie VII est de retour à Rome

le 29 mai, mort de Joséphine à la Malmaison

le 30 mai, le traité de Paris ramène la France à ses frontières de 1792. En outre l'île Maurice qui était devenue française en 1715 sous le nom « d'Isle de France » est cédée aux Anglais qui la rebaptise île « Mauritius »

le 25 août, les Anglais incendient Washington

le 12 septembre , Genève rejoint la Confédération helvétique

le 23 septembre, ouverture du Congrès de Vienne

*il y a 100 ans : le 16 mars 1914, Gaston Calmette directeur du Figaro est abattu par Henriette Cailleaux dont le mari (Joseph Cailleaux) est ministre des finances, il fut aussi président du conseil des ministres.

Le 7 juin, ouverture du canal de Panama (l'élargissement en cours devrait être terminé en 2014)

le 28 juin, à Sarajevo (Bosnie), assassinat de l'Archiduc d'Autriche François Ferdinand et de son épouse (la duchesse de Hohenberg) par un membre de la « main noire »

le 3 juillet, en France, adoption de l'impôt progressif sur le revenu dont Joseph Cailleaux fut le promoteur

le 16 juillet, à Paris, sur demande de Jean Jaurès, le congrès socialiste préconise la grève générale pour s'opposer à la guerre

le 28 juillet, acquittement d'Henriette Cailleaux

le 28 juillet, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie

le 31 juillet, assassinat de Jean Jaurès au bar Le Croissant à Montmartre

le 1er août, l'Allemagne déclare la guerre à la Russie, le même jour en France ordre de mobilisation générale

le 2 août, l'Allemagne envahit le Luxembourg

le 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France et envahit la Belgique

le 4 août, la Grande Bretagne déclare la guerre à l'Allemagne

le 6 août, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Russie, pendant que la Serbie déclare la guerre à l'Allemagne

le 12 août, la Grande Bretagne et la France déclarent la guerre à l'Autriche-Hongrie

le 23 août, le Japon déclare la guerre à l'Allemagne

le 25 août, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre au Japon

le 2 septembre, le gouvernement français se transporte à Bordeaux

5 septembre, mort sur le front de Charles Péguy

du 6 au 12 septembre, bataille de la Marne

le 20 septembre, les Allemands bombardent la cathédrale de Reims

4 octobre, invasion de la Pologne par l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie

12 octobre, les Allemands s'emparent de Lille

le 29 octobre, l'empire ottoman attaque la flotte russe en mer Noire

1er novembre, début de la guerre sur mers et sous-marine

le 5 novembre, la Grande Bretagne, la France et la Russie déclarent la guerre à l'empire ottoman

le 20 décembre, le gouvernement français revient à Paris.

Voici quelques-uns des principaux événements survenus une année en « 14 » où l'on voit que ce sont les années 1814 et 1914 qui en sont le plus riches mais pas très joyeux pour la France et les Français. Croisons les doigts pour 2014. Si vous aimez les commémorations vous serez servis en 2014, car outre les « centenaires », vous aurez les 70 ans de l'année 1944 avec l'inévitable anniversaire du débarquement le 6 juin, la libération de Paris etc, les 60 ans des événements de 1954 dont la chute de Dien Bien Phu, le début de la guerre d'Algérie, les 50 ans de l'année 1964 etc.

J.D. 17 mai 2013

décoration sur le mur extérieur du musée gallo-romain d'Aoste Isère, photo J.D. 27 avril 2015

décoration sur le mur extérieur du musée gallo-romain d'Aoste Isère, photo J.D. 27 avril 2015

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 09:52

 

 

Voici le début de la préface d'Alexandre Dumas pour son roman historique « Les Blancs et les Bleus » publié en 1867/1868 :

« Encore un nouveau vaisseau que, sous le titre de Les blancs et les Bleus, nous allons lancer à la mer.

Inutile de demander sous quel pavillon.

Notre pavillon a toujours été celui de la France.

Quand la France a eu deux pavillons, nous nous sommes constamment rangé sous celui que nous regardions comme le pavillon national, parfois même nous avons combattu l'autre; mais, par cela même que nous l'avons combattu, nous ne l'avons jamais insulté.

Comment insulterait-on le drapeau d'Ivry, de Denain, de Fontenoy, quand il est porté par des mains aussi braves, aussi loyales et aussi pures que celles des Bonchamps, des d'Elbée et des Lescure? (il s'agit de 3 chefs des Vendéens)

Napoléon, qui s'y connaissait en braves, appelait la guerre de Vendée la guerre des géants.

Le seul crime de ceux qui la faisaient était de substituer la foi à la raison; la preuve qu'ils étaient aveuglés par une fausse croyance, c'est que la royauté pour laquelle ils mouraient les a trahis, c'est que le Dieu qu'ils invoquaient les a abandonnés.

Pendant neuf cents ans, ce Dieu avait pris la cause des rois; il était temps qu'à la fin il prît la cause des peuples.

Mais ce Dieu sait que j'ai visité avec le même respect les champs de bataille de La Tremblaye et de Torfou (Il s'agit de 2 sites de batailles de la guerre de Vendée en octobre 1793) que ceux de Marengo, d'Austerlitz et de Wagram.

Partout où des hommes ont donné leur vie, c'est-à-dire le bien le plus précieux qu'ils aient reçu de Dieu, puisque Dieu lui-même ne peut le leur rendre, partout où des hommes ont laissé leur vie pour confesser leur foi, trois hommes doivent s'incliner devant leur tombe : l'historien, le romancier et le poète.

Et pour moi, il n'y a pas de mérite à être resté fidèle, pendant toute ma vie, à la religion dans laquelle je suis né. Lorsque j'ouvris les yeux (en 1802) la République n'avait pas encore rendu le dernier soupir, et je fut bercé sur le sein mourant de cette mère héroïque ; mes hochets ont été les épaulettes d'or (son père fut général) que mon père venait de détacher de son habit et, longtemps avant d'atteindre sa garde, je me suis mesuré à son sabre de bataille.

Mon pavillon à moi, fils de la République allaité par l'Empire, est celui qui fut arboré par les vainqueurs du 14-juillet sur la Bastille, vide et fumante; qui conduisit nos soldats à Valmy, à Montebello, à Rivoli, aux Pyramides, à Marengo, à Austerlitz, à Burgos, à Ocana (avec un accent sur le « n ») , à Wagram, à la Moscowa, à Lutzen, à Bautzen, à Champaubert et à Montmirail : qui suivit Napoléon à l'Ile d'Elbe pour reparaître avec lui le 20 mars 1815; qui disparut dans le glorieux gouffre de Waterloo, et que, tout déchiré par les balles anglaises et les baïonnettes prussiennes, nous vîmes surgir, par un soir d'orage, au milieu de la fusillade et de la fumée, le 29 juillet 1830, avec des cris de joie et d'amour sur les tours de Notre-Dame. (allusion au drapeau tricolore qui avait disparu avec le retour de la monarchie suite à la chute du premier empire).

Et jamais vous ne comprendrez cela, hommes d'une autre génération que la nôtre, jamais vous ne comprendrez ce qu'il a eu pour nous de bonheur et d'orgueil à voir tout à coup se dérouler, le soir d'un combat, aux derniers rayons du soleil couchant, aux derniers pétillements de le fusillade, ce drapeau avec lequel nos pères avaient fait le tour de l'Europe, et qui jeté de côté comme un haillon, avait été vingt ans avili et calomnié.... »

 

Très beau texte, mais notre pauvre Dumas (qui pouvait se prendre pour Alexandre) a dû se retourner dans sa tombe (il est au Panthéon à Paris depuis fin novembre 2002) quand, il y a 2 ou 3 ans, une racaille a été primée dans un concours pour avoir présenté une photo le montrant se torchant le derrière avec un drapeau tricolore.

J.D. 22 février 2013

Napoléon et ses soldats, gravures extraites des souvenirs de J.R. Coignet en 1851, réédition en 1965 aux éditions de Saint Clair

Napoléon et ses soldats, gravures extraites des souvenirs de J.R. Coignet en 1851, réédition en 1965 aux éditions de Saint Clair

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 17:33

Dans la présentation des « mémoires de Garibaldi » publiés en 1860, Alexandre Dumas parle des liens qui unirent le premier empire et la franc-maçonnerie, voici ce qu'il écrit :

« Napoléon prit la maçonnerie sous sa protection; mais en la protégeant, il la faussa, la détourna de son but, la plia à sa convenance, et en fit un instrument de despotisme. Ce n'est point la première fois que l'on a forgé des chaînes avec des épées. Joseph Napoléon (Il s'agit de Joseph Napoléon Bonaparte frère aîné de Napoléon) fut Grand Maître de l'Ordre; l'archichancelier Cambacérès, Grand Maître adjoint; Joachim Murat (beau-frère de Napoléon par son mariage avec Caroline Bonaparte), second Grand Maître adjoint. L'impératrice Joséphine étant à Strasbourg, en 1805, présida la fête de l'adoption de la loge des Francs-Cavaliers de Paris. Dans le même temps, Eugène de Beauharnais (beau-fils de Napoléon par sa mère Joséphine)était Vénérable de la loge de Saint-Eugène de Paris. Venu depuis en Italie, avec la dignité de vice-roi, le Grand-Orient de Milan le nomma maître et souverain Commandeur du Suprême Conseil du trente-deuxième grade, c'est-à-dire lui accorda le plus grand honneur que l'on pût lui faire, selon les statuts de l'Ordre.

Bernadotte était maçon; son fils, le prince Oscar fut Grand Maître de la loge suédoise; dans les différentes loges de Paris, furent successivement initiés : Alexandre, duc de Wurtemberg; le prince Bernard de Saxe-Veimar, et jusqu'à l'ambassadeur persan, Askeri-Khan; le président du Sénat, comte de Lacépède, présidait le Grand Orient de France, duquel étaient officiers d'honneur les généraux Kellerman, Masséna et Soult. Les princes, les ministres, les maréchaux, les Officiers, les magistrats, tous les hommes enfin remarquables par leur gloire ou considérables par leur position, ambitionnaient de se faire recevoir maçons. Les femmes elles-mêmes voulurent avoir leurs loges, dans lesquelles entrèrent : mesdames de Vaudemont, de Carignan, de Girardin, de Narbonne, et beaucoup d'autres dames de grandes maisons; cependant une seule fut reçue non pas comme sœur, mais comme frère. C'était la fameuse Xaintrailles, à laquelle le Premier Consul avait donné un brevet de chef d'escadron.

Mais ce n'était pas en France seulement que fleurissait alors la maçonnerie. Le roi de Suède en 1811, instituait l'ordre civil de la maçonnerie. Frédéric-Guillaume II roi de Prusse, avait, vers la fin du mois de juillet de l'année 1800, approuvé par édit la constitution de la Grande Loge de Berlin. Le prince de Galles ne cessa de gouverner l'Ordre, en Angleterre, que lorsqu'en 1813, il fut nommé régent. Enfin, dans le mois de juillet 1814, le roi de Hollande, Frédéric-Guillaume se déclara protecteur de l'Ordre, et permit que le prince royal, son fils, acceptât le titre de Vénérable honoraire de la loge de William-Frédéric d'Amsterdam...

En Italie la maçonnerie tomba avec la domination française; mais en ses lieu et place commença d'apparaître le carbonarisme, qui semblait reprendre la tâche où la maçonnerie l'avait abandonnée, pour la continuer dans son sens libérateur... »

 

Ce texte de Dumas montre que Napoléon avait placé son monde pour contrôler la maçonnerie. Peut-être parce qu'il ne put pas contrôler l'Eglise ?

Après les horreurs de la révolution particulièrement anti-cléricale, le concordat ramena la paix religieuse. Un nouveau pape avait été élu le 14 mars 1800 sous le nom de Pie VII. Il ratifia le concordat le 15 août 1801. En avril 1802, Bonaparte, encore premier consul, ajouta au texte du Concordat 77 articles organiques sans l'accord du pape. Ces articles permettaient de soustraire l'Eglise de France à l'autorité du pape et par conséquent d'en faire une Eglise nationale. Pie VII vint néanmoins à Paris en décembre 1804, pour le couronnement de Napoléon empereur, espérant en contre-partie obtenir une abrogation de ces articles organiques. Ce ne fut pas le cas. Le refus du pape de participer au blocus continental acheva la brouille entre Napoléon et Pie VII. Le 2 février 1808, l'armée française occupait Rome, le 17 mai 1809, les Etats Pontificaux étaient annexés à l'empire français et dans la nuit du 5 au 6 juillet 1809, le pape était arrêté et emprisonné. Il fit un retour triomphal à Rome le 24 mai 1814.

De tous temps, des souverains, qu'ils s'appellent rois, empereurs, tyrans ou dictateurs cherchèrent à contrôler la religion. Jules César le premier se fit élire Grand Pontife en l'an -63 et le resta jusqu'à son assassinat le 15 mars -44.

Le 17 novembre 1534, le roi Henri VIII s'était auto-proclamé chef de l'Eglise anglaise. Et ce parce que le pape avait refusé son divorce avec sa première épouse (Catherine d'Aragon, tante de Charles Quint).

Durant près de 3 siècles (du XIe au XIVe) il y eut la guerre entre le Saint Empire romain germanique et la papauté pour savoir qui avait le pouvoir de nommer les évêques etc. On pourrait multiplier les exemples car les souverains cherchaient souvent l'onction papale pour légitimer leur pouvoir, mais voulaient aussi contrôler leur Eglise pour consolider ce pouvoir.

J.D. 24.1.2013

Elisa Bonaparte à Lucques (Lucca) place Napoléon, photo J.D. 26 mai 2009

Elisa Bonaparte à Lucques (Lucca) place Napoléon, photo J.D. 26 mai 2009

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 08:01

Par hasard, hier (dimanche 16 septembre 2012), j'ai pu parcourir un livre intitulé :

« Autrefois Primarette »

Primarette est une commune du département de l'Isère, canton de Beaurepaire.

Ce livre a été publié à Lyon en 2002 aux éditions Bellier. L'auteur (e) Andrée Collion qui a fait une carrière d'institutrice, était décédée depuis 4 ans au moment de la publication et c'est grâce à la diligence de son mari que le livre a vu le jour. Il s'agit d'un travail de recherche remarquable. Cette note n'est pas destinée à parler de Primarette, mais parce que page 139, l'auteur (e) publie la copie d'un article de presse datant de 1845, « retrouvé dans un grenier ». Cet article est relatif au retour en France, début 1845, de 25.000 soldats de la Grande Armée, dont 800 originaires de l'Isère. L'article explique que ces soldats furent fait prisonniers fin 1812 au moment de la Retraite de Russie, qu'ils furent déportés en Sibérie et traités comme des esclaves, condamnés sous le fouet à tirer des tombereaux ou des charrettes etc

Quand on tombe sur ce genre d'informations, beaucoup de questions viennent à l'esprit et par exemple :

*Combien ont été faits prisonniers pour qu'après plus de 30 ans de déportation en Sibérie il en reste encore 25.000 vivants ?

*Comment ces gens furent accueillis dans leur village et leur famille alors qu'ils étaient considérés comme morts depuis plus de 30 ans ?

*Pourquoi je n'ai jamais rien lu sur ce sujet ? Etc

Interloqué, en rentrant à mon domicile hier soir, j'ai immédiatement cherché sur internet (wikipedia etc). Pour l'instant je n'ai pas retrouvé d'articles sur le sujet. Quant aux statistiques sur la campagne et la retraite de Russie de 1812, ils varient beaucoup d'un texte à l'autre. Les chiffres de Thierry Lentz (historien né à Metz en 1959 et par ailleurs directeur de la Fondation Napoléon) semblent remporter le plus de suffrages.

Selon cet auteur, la campagne de Russie a fait 200.000 morts dans les rangs de la Grande Armée (morts au combat, morts de faim, morts de froids, noyés etc), il y aurait eu entre 150.000 et 190.000 prisonniers, 130.000 déserteurs et 60.000 qui se sont réfugiés chez des Russes (paysans essentiellement).

Selon d'autres textes, Napoléon franchit le Niemen les 24/25 juin 1812 à la tête d'une armée de 691.500 soldats dont 380.000 Français, le reste étant des Autrichiens, des Prussiens, des Polonais, des Hongrois, des Italiens etc. Le Niemen est un fleuve de 937 kms, à l'est de la Pologne, qui se jette dans la Baltique après avoir coulé en Biélorussie, Lituanie et Russie. Franchir le Niemen c'était envahir la Russie. Six mois plus tard, c'est-à-dire le 13 décembre 1812, ils n'étaient plus que 30.000 à franchir le Niemen en sens inverse, soit moins de 5% de l'effectif de départ. En prenant la fourchette haute pour les prisonniers et en additionnant les morts, les déserteurs et les rescapés, on parvient à 610.000. Il nous manque donc 80.000 soldats pour parvenir à notre chiffres de départ. Mais celui-ci est-il bon ?

Vaincu, Napoléon vit tous ceux qui s'étaient alliés à lui se retourner contre lui, ce fut la curée que l'on sait. L'histoire est ainsi faite : « malheur aux vaincus », ce n'est pas nouveau.

Ce que l'on ne sait pas, c'est quel sort les Russes réservèrent aux prisonniers non Français compte-tenu que très rapidement leur pays s'est retrouvé allié à la Russie ?

Si un lecteur de cette note a de l'information sur ce sujet des prisonniers de la Grande Armée en Russie, je suis preneur.

Le texte sur Primarette est disponible sur internet, il suffit de taper sur Google : « Autrefois Primarette ». Dans ce texte, il est signalé à de nombreuses reprises des cas de bébés ou d'enfants mangés par des loups, mais c'est une autre histoire.

J.D. 17 septembre 2012

Napoléon 1er sur des timbres tchèques pour le bi-centenaire d'Austerlitz

Napoléon 1er sur des timbres tchèques pour le bi-centenaire d'Austerlitz

le maréchal Ney pendant la retraite de Russie; gravure extraite des souvenirs de J.R. Coignet en 1851, réédition de 1965 aux éditions de Saint Clair

le maréchal Ney pendant la retraite de Russie; gravure extraite des souvenirs de J.R. Coignet en 1851, réédition de 1965 aux éditions de Saint Clair

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 12:53

 

 

 

 

Je viens de terminer la lecture du « Journal intime de Philippine de Sales marquise de Cavour ». Ce journal intime reconstitué par Piera Rossoti Pogliano a été édité en Italie en 2000 et en France en octobre 2011 aux éditions Altal à Chambéry : excellent.

Françoise-Joséphine-Marie-Philippine de Sales est née le 15 juin 1762, d'une famille dont la noblesse remonterait à l'an 1073. Saint François de Sales (1567/1622) en est le personnage le plus connu. Cette famille possédait en Haute-Savoie le château de Thorens-Glières, construit au XIe siècle (où Philippine fut élevée) et celui de Duingt.

Elle fut mariée le 24 février 1781 avec Philippe (Joseph Philippe Benso marquis de Cavour), alors âgé de 39 ans et partit vivre dans le Piémont avec son mari.

Son journal intime commence la veille de son mariage, il n'est pas tenu au jour le jour, il s'écoule parfois plusieurs mois entre 2 transcriptions auxquelles sont intercalées quelques lettres reçues par Philippine et provenant de son fils, de sa belle-fille, de son beau-frère... Le dernier texte de Philippine dans son journal est du 31 mai 1848. Elle a alors presque 86 ans. Elle décèdera le 15 avril 1849 après avoir vu disparaître la plupart de ses proches.

Le tout, étalé sur 67 années, constitue un témoignage extraordinaire sur la façon dont fut perçue et vécue, dans le Piémont, une période particulièrement mouvementée :

 

I) Le contexte

*à partir de 1789, Révolution française, dont les échos parvenaient dans le Piémont

*Invasion et annexion par la France en septembre 1792 de la Savoie et du Comté de Nice avec confiscation des biens de la noblesse et du clergé et abolition des titres nobiliaires (les parents de Philippine viennent se réfugier chez leur fille en Piémont)

*le 14 août 1795, Philippine note dans son journal : « Les Français ont guillotiné leur souverain et maintenant ils ont un gouvernement qui s'appelle le Directoire. Ici à Turin, nous avons couru de graves dangers à cause d'une conjuration jacobine qui a failli renverser notre monarchie. On attend maintenant que les responsables soient condamnés »

*invasion de l'Italie du nord par les troupes françaises commandées par Bonaparte. Parties de Savone en Ligurie en avril 1796, les troupes atteignaient Venise le 12 mai 1797 après avoir vaincu les troupes piémontaises puis autrichiennes à Montenotte, Millesimo, Dego, Mondovi, Lodi, Bassano, Arcole, Rivoli. Dès le 15 mai 1796, Victor Amédée III roi de Sardaigne, capitulait, cédait la Savoie et Nice à la France...

*Après le décès le 16 octobre 1796 de Victor Amédée III, Charles Emmanuel IV lui succédait puis s'enfuyait d'abord pour Florence puis pour la Sardaigne. La France rançonnait le Piémont, occupait ses forteresses...

*Le 10 septembre 1798, le Piémont était érigé en République piémontaise

*En juin 1799, les troupes russes et autrichiennes s'emparaient du Piémont et l'occupaient, les troupes françaises s'étaient repliées sur Grenoble. Les nouveaux occupants refusent le retour du roi (ce qui peut laisser penser que les Autrichiens avaient dans l'idée d'annexer toute l'Italie du Nord). Ceux des Piémontais qui s'étaient montrés favorables à la révolution française, et qui sont tous appelés « Jacobins » dans le Piémont, sont pourchassés et massacrés pour un certain nombre.

*retour des Français en juin 1802, puis annexion du Piémont à la France le 11 septembre 1802. C'est d'abord Menou qui fut nommé gouverneur puis remplacé en 1808 par le prince Camille Borghèse époux de Pauline Bonaparte. Ils arrivent à Turin le 21 avril 1808. Pauline organise une Cour dont Philippine devient la première dame d'honneur, son fils Michel chambellan, sa belle fille Adèle et Victoire sœur d'Adèle dames de compagnie. Philippine va alors assister aux fêtes et réceptions organisées par Pauline et l'accompagner dans ses voyages à Aix-les-bains, Paris et Nice.

*le 19 novembre 1804, le pape Pie VII s'arrête à Turin. Il est en route pour Paris où il va couronner Napoléon empereur (le 2 décembre 1804)

*en avril 1805, Napoléon et Joséphine s'arrêtent une semaine à Turin sur le chemin de Milan où Napoléon va se faire sacrer roi d'Italie le 28 mai 1805 avec la couronne de fer des rois lombards

*avril 1810, Napoléon épouse Marie-Louise. Dans son journal du 28 juin 1810, Philippine note : « Au mois d'avril, j'ai aussi assisté au mariage, organisé avec le faste habituel dans le salon carré du Louvre, mais j'ai eu l'impression que le peuple français n'aime pas beaucoup la nouvelle impératrice, petite nièce de cette Marie-Antoinette, exécrée au point que quelqu'un l'appelle l'Autrichienne avec un mépris évident »

*1812 campagne de Russie, à Turin début 1813, le palais Madame est transformé en hôpital pour accueillir des blessés de la Grande Armée

*en mars 1814 : retour de l'armée autrichienne et du roi Victor-Emmanuel 1er qui avait succédé à Charles-Emmanuel IV. Ceux qui avaient collaboré avec l'Empire français sont d'abord mal vus et chassés des responsabilités. Dans son journal du 23 décembre 1815, Philippine note : « Le roi, mal inspiré par quelque fanatique, a trouvé bon de sortir le vieil almanach Palmaverde et de remettre à leur poste dans l'administration ceux qui les occupaient avant 1798, même s'ils sont morts! ». Mais devant la nécessité d'avoir des gens compétents, les évincés sont peu à peu réintégrés. Dans son journal du 20 juin 1819, Philippine note : « Pour les responsabilités du gouvernement, il faut s'en remettre à des gens d'expérience, qui ont servi honnêtement leur pays, peu importe si le régime politique était différent. Charles-Albert, prince de Carignan a très bien compris cette vérité ».

 

II) Les événements familiaux

*le matin de son mariage, Marie, la nounou de Philippine fait apporter un baquet d'eau chaude pour lui faire prendre un bain et Philippine d'écrire dans son journal : « il est vrai que nous avons l'habitude de nous laver souvent, jusqu'à trois fois par an ». Voilà qui renseigne sur les mœurs du temps.

*Lorsque le soir du mariage, Philippe rejoint Philippine au lit il lui dit : « Je suis votre mari, vous devez vous soumettre »! Elle avait vu son mari pour la première fois quatre jours avant le mariage. Autres temps, autres mœurs.

*Ils partent de Thorens-Glières le 28 février avec 3 carrosses (pour les mariés, les domestiques, les bagages). Ils mettent 5 jours pour arriver à Lanslebourg. Là, ils doivent démonter les carrosses pour leur faire franchir le Mont Cenis enneigé à dos de mulets ainsi que les bagages. Les voyageurs eux, sont acheminés par des porteurs appelés « marrons ». Cela donne une idée des difficultés de communications entre la Savoie et Turin capitale du royaume de Sardaigne auquel appartenait la Savoie

*Ils arrivent finalement à Turin le 12 mars après un arrêt à l'abbaye de la Novalesa. Ils sont accueillis à l'hôtel des Cavour rue Notre Dame des Neiges par une trentaine de domestiques. Cet hôtel, construit en 1729, est aujourd'hui le pallazo Cavour et la rue N.D. Des Neiges s'appelle la via Cavour.

*Philippe utilise la dot de Philippine pour racheter à Santena une propriété avec château et parc. Philippine y est inhumée dans une chapelle annexe au château ainsi que Camille Cavour, son petit-fils et quelques autres membres de leur famille. Cette propriété a été rachetée par la ville de Turin qui en a confié la gestion à une « association Cavour ». Sur sa dot, Philippine écrit dans son journal du 23 février 1781 : « Pour moi, mon père a constitué dès mon enfance, une dot de quatre-vingt-dix-mille francs, plus cent-vingt mille francs en bijoux, qu'il va remettre à Philippe après notre mariage. Tout cela, évidemment, en plus de mon trousseau qui est assez riche. Pendant des années, j'ai brodé des draps, des nappes, des mouchoirs, du linge, et l'on a aussi fait travailler pour moi les bonnes sœurs franciscaines de Chambéry ».

*30 décembre 1781, Philippine accouche d'un garçon qui est prénommé Michel et qui restera enfant unique. Philippine a commencé à seconder son mari dans la gestion des domaines de la famille Cavour. Elle prendra une place de plus en plus importante dans cette gestion. Au fil des années la famille Cavour acquiert des domaines agricoles qu'elle exploite. A Santena, Philippine fera même de l'élevage de vers à soie.

*dans son journal du 15 septembre 1781, Philippine précise que toutes les personnes qu'elle fréquente à Turin parlent le français.

*15 septembre 1795 : décès à Turin du père de Philippine. Elle écrit dans son journal : « Les cloches ne sonneront pas pour la mort de mon père, Turin n'a plus de cloches, on les a fondues pour faire des canons »

*1796 : Philippine est contrainte de vendre ses bijoux pour faire vivre sa famille. Avec la guerre, l'insécurité et la pauvreté s'installent dans le Piémont. Dans son journal du 25 octobre 1796, Philippine note : « Si j'écrivais tous les jours, je parlerais tous les jours de notre angoisse et de notre incertitude, du manque d'argent pour faire vivre la famille, des impôts toujours plus lourds que nous devons débourser pour financer notre royaume et satisfaire l'avidité des Français ».

*dans son journal du 20 mars 1804, Philippine rend compte d'une discussion familiale pour trouver à Michel une épouse bien dotée car avec les événements, les Cavour sont désargentés. Philippine avance le nom d'une jeune fille nommée Victorine « qui a une dot considérable ». Mais Franquin (frère de Philippe et par conséquent beau-frère de Philippine) qui connait la Victorine en question « affirme qu'elle est boudeuse et têtue, et que tout ce qu'il lui faut c'est un mari capable de la fouetter au moins deux fois par jour ».Après un argument aussi frappant (c'est le cas de le dire) Philippine n'insiste pas et l'on parle ensuite de la famille Sellon de Genève qui a trois filles à marier et qui a prévu pour chacune une dot de 120.000 francs. Cela semble convenir d'autant que le principal intéressé (Michel) fréquente cette famille et connait les trois sœurs. Il porte son choix sur Adèle qui semble avoir le caractère le plus agréable.

*11 avril 1805 : mariage de Michel et d'Adèle de Sellon

*28 juin 1806 : naissance d'un premier fils (Gustave) au foyer de Michel et Adèle. Cet enfant sera tranquille et studieux

*avril 1807 : à quelques jours de distance mort de Philippe le mari de Philippine et de la mère de Philippine

*décret impérial le 3 décembre 1809 : Philippine devient comtesse d'Empire. Elle n'en parle pas dans son journal.

*10 août 1810 : naissance d'un deuxième fils dans le foyer de Michel et Adèle. Il est baptisé le 21 août 1810 avec pour marraine Pauline Bonaparte et pour parrain Camille Borghèse. L'enfant est donc prénommé Camille qui deviendra Camillo lorsque le Piémont réintègre le royaume de Sardaigne en 1814. Dans son journal du 21 août 1810, Philippine note : « les seuls cris (pendant la cérémonie de baptême) très aigus et incroyables, pour un nouveau-né de dix jours seulement, ont été ceux du protagoniste, qui n'a absolument pas apprécié ce qui était en train de se passer ». Il manifestait peut-être déjà son anti-cléricalisme ! Ce Camille contrairement à son frère sera un enfant indiscipliné, dominateur mais particulièrement doué.

*10 décembre 1819 : dans son journal Philippine annonce l'entrée de Camille à l'Académie militaire (il a 9 ans) et fait état de la liste de tout ce qu'il doit emmener : »le linge marqué mis à part, l'enfant devra avoir dans sa malle un crucifix, le catéchisme chrétien du diocèse de Turin, un livre de prières, l'Office de la vierge Marie et l'Office de la Semaine sainte »!

*le 29 janvier 1821, toute la famille est réunie à la chapelle de Santena pour célébrer la Saint François de Sales, célébration suivie d'un repas dont Philippine note le menu dans son journal du 30 : « quartier de bœuf rôti, terrines de brochet et d'anguille, soupe de crêtes de coq, poulets truffés, faisan à la broche, esturgeon à la sauce piquante, pâté au jambon, gaufres à la crème, gâteau de Savoie, compotes de poires et de cerises ». On voit que la prospérité était revenue !

*le journal du 10 novembre 1826 nous apprend que Camille a eu ses premières épaulettes d'officier à l'Académie militaire, Gustave un doctorat et qu'il s'est marié : »La femme de Gustave s'appelle Adèle Lascaris, fille unique du marquis Augustin Lascaris de Vintimille, et elle a apporté une dot importante, providentielle pour Michel , qui doit finir de payer Léri (propriété agricole achetée par la famille Cavour). Je me souviens que ma dot à moi avait servi à redresser un peu les finances des Cavour , de même que celle de ma bru Adèle; aujourd'hui aussi nous sommes endettés jusqu'au cou, mais ces dettes ont été contractées en vue d'augmenter les propriétés de la famille, pour nos enfants, pour les petits-enfants qui viendront ».

*décembre 1828 : naissance d'un petit Auguste au foyer d'Adèle et Gustave. En juillet 1827, Adèle avait accouché d'un enfant mort-né.

*5 janvier 1829 : Camille écrit à sa grand-mère : « Je vous ai peut-être causé du chagrin quelquefois avec mon impétuosité ou mon obstination, mais je n'ai jamais cessé de vous adorer comme la plus parfaite des femmes et la meilleure des grands-mères ».

*avril 1831 : naissance d'une petite Joséphine au foyer d'Adèle et Gustave

*décembre 1831 : deux décès à 3 jours d'intervalle dans la famille : Franquin le beau-frère de Philippine ainsi que le mari d'une des sœurs d'Adèle (l'épouse de Michel)

*octobre 1832 : Dans son journal, Philippine annonce que Camille a démissionné de l'armée. Il est nommé maire de Grinzane (dans la province de Coni)

*14 décembre 1833 : naissance d'un petit Aynard au foyer d'Adèle et de Gustave

*31 décembre 1833 : décès d'Adèle qui s'était mal remise après son accouchement

*28 juin 1834 : lettre de Camille à sa grand-mère Philippine : « Je n'ai pas, comme vous, la chance de posséder une profonde foi religieuse, je dois trouver le moyen d'engager mes énergies morales, en les consacrant au bénéfice de l'humanité. Pour le moment, je peux seulement les employer dans l'administration de la petite commune de Grinzane, parfois je me trouve même occupé à arbitrer un litige entre quelque jolie fille et un Don Juan de village et, si je rêve de me réveiller un jour et de devenir le premier ministre d'un Royaume d'Italie pour le moment encore improbable, je sais bien, que pour l'instant, je dois planter des choux et cultiver ma vigne ».Camille Cavour avait à peine 24 ans. Son rêve se réalisera 27 ans plus tard lorsqu'il sera premier ministre du royaume d'Italie proclamé le 17 mars 1861. Décédé le 6 juin 1861, il n'en profitera guère, mais l'on voit qu'il y avait « pensé en se rasant » depuis longtemps.

*le journal du 8 juillet 1835 nous apprend que Michel est Maire de Turin et qu'il doit faire face à une épidémie de choléra partie d'Alger et de Gênes et qui commence à se répandre dans le Piémont. Elle sera heureusement rapidement arrêtée.

*Philippine écrit dans son journal du 16 décembre 1837 : « Je suis contente que Camille soit loin de Turin et d'une certaine Dame auprès de qui, murmure-t-on, il est un peu trop assidu, au point de rendre très jaloux son mari »

*14 avril 1847 : décès d'Adèle l'épouse de Michel et mère de Camille et Gustave

*23 mars 1848 : Philippine écrit : « mon arrière-petit-fils Auguste est venu me demander ma bénédiction pour partir à la guerre. L'Europe est à nouveau en flammes, une nouvelle révolution bouleverse la France. L'histoire se répète-t-elle? Pourtant, je n'ai jamais vu Camille aussi content qu'en cette période. Il s'est jeté en politique, il a fondé un journal »

*31 mai 1848 dernier message de Philippine : « Il est très triste de vivre aussi longtemps et de voir mourir tant de personnes chères. Mais cela non, je ne peux plus le supporter. Auguste a été blessé hier, dans la bataille de Goito, une vilaine blessure au ventre, et il est mort ce matin. Notre secrétaire Rinaldi est déjà en route, pour ramener le corps à la maison. C'était un garçon de vingt ans, maintenant c'est un corps. Je ne vais plus écrire dans ce cahier. Je n'ai plus de mots à écrire ni de larmes à verser. Mais pourquoi la mort continue-t-elle à me repousser? »

fin du journal

 

III Jugements de Philippine et de son entourage :

sur la Révolution française: Les milieux piémontais que fréquente Philippine (noblesse et clergé), sont viscéralement hostiles à la Révolution française , ce qui se comprend dans la mesure où la Révolution s'en est prise à la noblesse et au clergé. Ainsi, le 3 octobre 1792, le père de Philippine déclare en arrivant à Turin et à propos des Savoyards qui ont bien accueilli les Français : « Ce sont des hommes sans dieu, des scélérats! Une poignée de parvenus qui a déclaré déchu le roi de Savoie et qui proclame très haut le rattachement à la France. La Savoie est en train de devenir un seul ventre vermineux. Et il est à craindre, ma chère fille, que Turin aussi ne soit déjà profondément pourrie ».

Sur l'invasion de 1796: Depuis toujours, et sur tous les continents, lorsque la soldatesque débarque, c'est très souvent au détriment des populations. Ainsi Philippine écrit : « un groupe de soldats a pillé notre poulailler à la ferme de Trofarello, et il a emporté, deux coqs et cinq chapons, qu'on avait engraissés pour l'hiver et que je comptais vraiment voir dans nos marmites, pas dans celles des soudards français . J'éprouve un fort ressentiment de frustration, en premier lieu parce que nous avons subi un dommage, et après... j'ai la rage au ventre, quand je vois cette ignoble soldatesque faire la loi chez nous »

Réfugiée à Santena pendant les troubles, lorsque Philippine demande à un conseiller si elle peut envisager de rentrer à Turin, il répond : « Vous savez, les habitants de Turin n'aiment pas les Français. Désormais, ils ont bien compris qu'ils ne sont là que pour faire la loi et saccager tout ce qu'ils peuvent ». Et parlant de ceux des Turinois qui soutiennent la Révolution française, il ajoute : « Ils dansent la carmagnole autour des arbres de la liberté , ils lèvent le coude tous ensemble à la taverne, et après ils se promènent dans la ville en criant tapez sur les nobles, tuez les nobles »

Sur Napoléon Bonaparte : Lors de l'invasion de 1796, Bonaparte est considéré comme un ennemi, mais au fil des années les sentiments évoluent. Du journal de Philippine on peut en dégager 3 raisons :

-Avec l'invasion des Autrichiens en 1799, les Piémontais découvrent qu'ils détestent encore plus les Autrichiens que les Français. Ainsi dans le journal du 28 décembre 1815 : »On dépense trois mille lires par jour rien que pour nourrir ces chiens d'Autrichiens qui prétendent être ici pour assurer la stabilité du roi ».(déclaration de Michel fils de Philippine). Dans le journal du 30 septembre 1820 : « « C'est tout naturel pour moi de préférer les Français. Je sais bien qu'à Turin tout le monde ne les aime pas, mais on déteste davantage les Autrichiens ».

-Avec l'insécurité, les pillages... qui s'installent, beaucoup de Piémontais pensent que Bonaparte est le seul homme du moment avec assez de poigne pour rétablir l'ordre non seulement en France mais aussi en Piémont. Voici quelques extraits du journal de Philippine : le 3 octobre 1801 : »Espérons vraiment que ce Bonaparte, que Madame de Staël admire tant, réussira à remettre de l'ordre en France et aussi dans notre pauvre Piémont ». Le 20 août 1802 : »Le consul Bonaparte a l'air d'être un homme de ressources, nous espérons qu'il prendra à cœur les destinées de notre pauvre Piémont ». Le 20 septembre 1802 : « Hier, le 19 septembre 1802 est arrivé ce que nous considérons comme la solution la moins néfaste, c'est-à-dire que le Piémont a été annexé à la France. Notre crainte résidait dans la proclamation d'une République indépendante, qui en réalité aurait été à la merci de la pire canaille, et aurait fourni à la France l'occasion de vomir sur nous toute la pourriture jacobine....Bonaparte qui a suscité tant de crainte, semble au contraire un homme capable de relancer le pays et il est en train de réorganiser la France. Vivement qu'il fasse quelque chose de bon pour nous aussi ». Le 28 juin 1810 : »Soudain me reviennent à l'esprit les années tristes de la révolution et de l'époque où le Piémont n'était pas encore un département de l'empire. Veuille le Seigneur nous conserver longtemps l'Empereur... ».Le 20 mars 1813 : « La France c'est l'Empereur. Et lui, il semble vaciller sur ses jambes. Que va-t-il en être de nous, qui avons placé dans l'Empire tous nos espoirs? Que va-t-il arriver au Piémont? ».

-enfin, et probablement surtout, la pâle figure des rois de Sardaigne qui se succèdent sur le trône à Turin à partir de 1814, rehausse par comparaison la stature de Napoléon et fait regretter à beaucoup de Piémontais la période française même si ils sont obligés de travailler avec les nouvelles autorités. Ainsi, Philippine écrit dans son journal du 9 octobre 1820 : « La perspective que Charles-Albert monte sur le trône reste pour moi très peu séduisante. Il n'a pas le génie de Napoléon Bonaparte, qui n'était pas né fils de roi, mais était certainement né pour diriger les destinées de millions de personnes. J'étais dégoûtée par tout le sang versé, mais que de bonnes nouveautés et que d'espoir nous a donnés l'empereur ».Et sur le journal du 5 juillet 1821 : « Aujourd'hui seulement est arrivée la nouvelle que l'empereur Napoléon Bonaparte est mort sur l'île de Sainte Hélène où il avait été exilé par les Anglais (il est décédé le 5 mai 1821, il a donc fallut 2 mois à l'information pour parvenir à Turin!). J'en suis profondément attristée... Sans doute je garde une grande nostalgie des années de l'Empire, ce furent de bons moments pour ma famille, je me serais moins inquiétée pour l'avenir de mes petits-enfants malgré tout. Napoléon a été vraiment un grand empereur, son époque est unique. Les jeunes croyaient en lui, les personnes capables savaient qu'elles feraient carrière, indépendamment de leur naissance car l'empereur savait reconnaître et récompenser ceux qui avaient du talent ».

Dans une lettre datée du 19 octobre 1821, Michel, fils de Philippine, écrit : « Le roi Charles-Félix est arrivé avant-hier matin... Le roi est resté immobile et silencieux tout le temps (du discours de bienvenue) ses lèvres fines serrées, le visage inexpressif, le regard fixé sur un point indéfini au delà de l'orateur. Il n'a vraiment pas un port de roi, à cause de sa petite taille et de son embonpoint, de sa calvitie prononcée...le roi de sa voix de fausset, a prononcé à son tour un bref discours, qui nous a glacés plus encore que la brume froide du matin. Et de Philippine en date du 5 février 1825, toujours à propos de Charles-Félix : « Ce qui me fait peur, à vrai dire, c'est sa stupidité, une qualité négative qui, à mon avis, pourrait être très dangereuse, même si le fonds est honnête ».

sur Louis Bonaparte :Napoléon envoya d'abord son jeune frère Louis comme gouverneur à Turin. Mais le pauvre Louis n'eut pas le temps de faire trois petits tours qu'il était déjà reparti. Voilà le récit qu'en fait Philippine en date du 15 mars 1804 : »Au début, Bonaparte voulait confier Turin à son frère Louis qu'il a nommé gouverneur des départements subalpins. Louis est un jeune homme corpulent, qui porte des vêtements collants, soulignant sa taille massive; il a le dos voûté, une démarche malhabile, à cause de ses pieds plats. Je ne crois pas qu'il soit méchant, mais il a l'air endormi et Turin l'a refusé presque à l'unanimité...Au Théâtre Royal (ou, plutôt, national), les familles les plus en vue, invitées à fêter Louis Bonaparte, ont envoyé dans les loges leurs domestiques, en signe de refus et de mépris. On s'attendait à des représailles, mais évidemment le consul Bonaparte est un politique plus avisé qu'on ne le croit et, il nous a envoyé le général Menou ».

sur le général Menou :sur le journal du 15 mars 1804 : »Depuis un peu plus d'un an, le général Menou est le gouverneur de Turin...Il est maigre et nerveux, il a les yeux clairs et les lèvres fines, un aspect glacial qui cache un caractère passionné. L'aspect physique mis à part, on dit de lui que c'est un grand caméléon, qu'il est passé de la fidélité à l'ancien régime à l'amitié pour le consul Bonaparte qu'il a suivi en Egypte où il a combattu valeureusement à Aboukir et à Alexandrie. Personnellement je ne pense pas qu'il agisse par calcul. Il me semble sincère et impulsif. Au Caire, il est devenu musulman et il a épousé la fille du tenancier des bains publics, une jeune fille nommée Zébédée qu'il a ramenée à Turin et qu'il garde toujours voilée dans l'ex Palais Royal. On chuchote, mais les domestiques chuchotent toujours à voix assez haute, que, de temps en temps, il la frappe à coups de bâton, avec un amour immense, mais, en réalité, personne n'a jamais vu cette femme mystérieuse, qui, parait-il, ne sort que très rarement, toute voilée, dans un carrosse aux rideaux bien fermés ».

Et dans le journal du 18 février 1808 (alors que Camille Borghèse est arrivé pour remplacer Menou) : « le général Menou qui est toujours seul , il continue à garder jalousement enfermée et voilée sa jeune femme égyptienne ».

Sur le comte Alexandre Lameth Préfet du Pô: journal du 20 mars 1813 : »Il m'a fait une impression très désagréable. Le comte est un homme maigre et sec, avec des yeux ronds de couleuvre. L'impression d'un reptile s'est accentuée quand il a tendu sa main froide et sèche, en simulant un baisemain. En réalité il a effleuré ma main de la pointe du nez. Cet homme m'a semblé une véritable nullité, tout en lui fait penser à quelqu'un qui n'a pas de manières et qui crache du poison parce qu'il ne sait rien faire d'autre... Mais cet individu, qui vient d'arriver à Turin, crie à tous les vents que lui, il n'est pas au service des Cavour comme le général Menou ».

Difficile d'être plus clair !

Sur les blessés revenant de Russie :journal du 10 mars 1813 : « Ils ont les pieds gelés, le nez pourri par la gangrène, beaucoup souffrent de graves formes de dysenterie, parce qu'ils ont mangé de la viande de cheval congelée, et peut-être pas seulement de la viande de cheval. On murmure qu'ils ont aussi mangé la chair de leurs camarades morts dans la neige, en la disputant aux loups ».

Sur Pauline Borghèse (Bonaparte) : sur le journal du 15 mai 1809 : « On pourrait employer mille adjectifs pour la décrire, car elle est belle, vive, intelligente, attentive aux autres -envers moi, elle a toujours fait preuve d'une grande estime et bienveillance- et je crois aussi qu'elle est profondément bonne. Victoire (une sœur d'Adèle, épouse de Michel) en vérité avec une pointe d'envie dans la voix, affirme que les bonnes qualités de la princesse sont tellement nombreuses, qu'elle arrive même à se faire pardonner par les autres femmes d'être aussi belle...Quand c'est l'heure de son bain de lait, son domestique personnel, Paul, un noir herculéen qui l'a suivie depuis Saint Domingue, vient annoncer que tout est prêt. Pauline alors, laisse, avec naturel, tomber sa robe et, statuette d'ivoire se détachant sur la peau d'ébène de son domestique, se rend au bain entre ses bras. Elle en revient une heure plus tard, véhiculée de la même manière, mais enveloppée dans un peignoir en dentelle transparente, et les soins de beauté continuent en public avec massages des pieds et des jambes ». Sur le journal du 30 mai 1814 : « La princesse a décidé de rejoindre l'empereur qui a été exilé sur l'île d'Elbe. C'est bizarre, cette femme aux mille amours est la seule a lui être restée fidèle ». Et sur le journal du 12 juin 1825 : »Aujourd'hui, j'ai reçu une nouvelle très triste...Pauline Bonaparte est morte. Je suis sortie et je suis allée m'asseoir dans mon jardin de roses pour penser à elle... sa chair restera toujours fraîche et jeune dans le portrait en marbre de Canova, qui avait suscité les fureurs du prince Borghèse... »

Philippine et Pauline avaient des caractères et des mœurs vraiment aux antipodes, mais, malgré leurs différences, elles s'estimaient cela paraît incontestable.

Sur Camille enfant : Sur le journal du 2 juillet 1815 : « Aujourd'hui, c'est à mon tour de donner un cours d'orthographe à Camille qui, pour changer, ne veut pas s'y mettre. C'est un enfant très vif, il est difficile de lui imposer un travail auquel il voudrait se soustraire ». Sur le journal du 10 mars 1816 : « Deux petits-enfants comme Camille épuiseraient tout un régiment, pas seulement une vieille grand-mère comme moi !».Sur une lettre d'Adèle (épouse de Michel et mère de Camille) en date du 3 juillet 1816 : « Nos amis se sont beaucoup amusés en voyant ce petit bonhomme présomptueux aux idées très claires, mais je pense que cette tendance marquée à se mettre en avant est excessive pour un enfant de six ans ». Sur le journal du 10 décembre 1819 : « Cet enfant est assez rebelle, je ne sais pas si il va supporter facilement la discipline de l'Académie, qui doit être assez sévère. En tout cas, il devra s'y faire, et ce sera peut-être l'occasion de tenir un peu en bride son tempérament et aussi sa langue ». Sur le journal du 15 avril 1821 : « Nous savons aussi que Camille désobéit souvent ou qu'il manque de respect envers ses supérieurs, et que pour cela il est puni sévèrement ». Sur une lettre de Michel du 19 octobre 1821 : « Quant à Camille, l'abbé Frazet nous informe qu'il a été mis au pain et à l'eau pendant trois jours , pour conduite incorrecte et refus d'obéissance à l'Académie ». Sur le journal du 10 septembre 1824 : « Camille n'étudie que les matières qu'il aime, répond d'une manière arrogante, refuse d'obéir aux supérieurs...J'aime beaucoup mon petit-fils, j'ai souvent pris sa défense pour excuser son espièglerie, mais je pense que le temps est venu pour cet enfant de rentrer dans les limites qui doivent guider sa conduite, et qu'il le fasse vite.... il prend des attitudes de philosophe et il critique le monde entier. C'est ridicule ». Sur une lettre de Michel du 23 octobre 1825 : « Votre petit-fils est un être singulier, doué d'une énergie débordante qu'il lui faut employer, et c'est bien cela qui me préoccupe, en un certain sens, parce qu'il faut canaliser correctement cette vitalité, sinon, dans quelques années, on pourrait se retrouver avec un casse-cou difficile à maîtriser ».

Comme on le voit, le célèbre Cavour ne fut pas un enfant de tout repos, mais on connait la suite.

 

Conclusions: A la lecture du journal intime de Philippine de Sales, ma conclusion personnelle est qu'elle fut vraiment une grande dame, avec un regard particulièrement pertinent sur les événements et sur les gens. Dans son journal du 5 février 1825, elle écrit : « Je garde soigneusement ce cahier, j'espère que personne ne le lira jamais, sinon je vais terminer mes jours dans quelque oubliette, tant il y a de crimes de lèse-majesté dans tout cela ».

Le journal intime de Philippine fut retrouvé en juin 1894 en Autriche à Vienne, par Constantino Nigra qui fut secrétaire de Camille Cavour. Ce journal intime se trouvait avec de nombreux documents ayant appartenu à Camille Cavour, ce qui laisse supposer que Camille récupéra le journal de sa grand-mère après le décès de celle-ci et que heureusement il le conserva et que encore plus heureusement il fut depuis sa redécouverte, toujours conservé et finalement publié. Tout autre scénario, aurait été dommage, oui vraiment dommage.

J.D. 18 novembre 2011

 

Philippine de Sales, portrait publié dans un document municipal de Thorens-Glières en février 2001

Philippine de Sales, portrait publié dans un document municipal de Thorens-Glières en février 2001

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 23:30

Dans l'histoire de Rome, il y eut quatre républiques. La plus longue dura 482 ans et la plus courte 5 mois.

 

La république antique :

On ne sait pas si Rémus et Romulus ont réellement existé, mais leur histoire, elle, existe. On la retrouve chez Tite-Live (histoire romaine), chez Plutarque (Vie de Romulus), chez Ovide (Les Fastes) etc Virgile dans l'Enéide se chargeant de faire le lien entre les Romains et les héros troyens. Légendaire ou réelle, l'histoire de la fondation de Rome fait partie de l'histoire romaine.

Selon la légende, Romulus fut le premier roi de Rome. A sa suite, se succédèrent 6 autres rois : 3 rois sabins puis 3 rois étrusques. Le dernier roi s'appelait Tarquin qui fut surnommé « Tarquin le Superbe » pour le distinguer du premier roi étrusque appelé lui aussi Tarquin et surnommé « Tarquin l'ancien ».

Le fils de Tarquin le Superbe viola une citoyenne romaine nommée Lucrèce. Celle-ci se suicida après avoir révélé le viol à son mari.

Le mari en question ameuta le peuple de Rome qui chassa le roi en -509 et proclama la République. A ce moment là, Rome n'était pas encore grand chose : le site de Rome et très peu de territoire autour.

Dans la République romaine, le peuple réuni en assemblées, nommait les magistrats, avec au sommet de la magistrature 2 consuls élus pour un an. Ces magistrats possédaient le pouvoir exécutif tandis que le Sénat, constitué d'anciens magistrats, devenant sénateurs à vie, avait le pouvoir législatif.

Cette république fit d'abord la conquête de l'Italie au terme de nombreuses guerres contre les autres occupants du territoire :

*guerres contre les Etrusques en – 507 puis de -406 à -395

*guerres contre d'autres latins en -496 puis de -340 à -338

*guerres contre les Volsques de -488 à -486

*guerre contre les Eques en -458

*guerres contre les Samnites de-343 à -341, de -328 à -312 puis de-310 à -304

etc

Puis d'une grande partie du monde connu de l'époque. Voici les principales étapes de cette conquête :

Sicile : -241

Sardaigne et Corse : -231

Espagne : -197

Illyrie (Yougoslavie) : -167 à -45

Grèce : -146

Afrique du nord : -146

Proche-Orient : -129

La Gaule narbonnaise : -121

La Crête, Chypre... : de -74 à -58

La Syrie : -64

La Gaule : -51

L'Egypte : -30

Durant cette période, Rome avait dû, en outre, faire face à de nombreux périls :

*l'invasion gauloise en -390 et en -367

*l'invasion grecque avec Pyrrhus de -280 à -275

*les guerres contre Carthage (guerres puniques) de – 264 à -146

*les révoltes d'esclaves dont celle de Spartacus fut la plus connue (en -73)

etc

Mais les conquêtes en amenant richesses et puissance à Rome, excitèrent les appétits ce qui fut la cause de guerres civiles pour la prise de pouvoir dont les plus célèbres furent celle entre Marius et Sylla puis celle entre César et Pompée, ce qui entraîna des combats de légions contre légions. Après l'assassinat de Jules César le 15 mars de l'an 44 avant notre ère, 3 prétendants au pouvoir s'unirent d'abord en formant le second triumvirat et se partagèrent le territoire de Rome : Octave petit neveu de César prit l'Europe, Marc-Antoine ancien lieutenant de César récupéra l'Asie plus l'Egypte et enfin Lépide (proconsul de la Gaule narbonnaise) à qui revint l'Afrique (sauf l'Egypte). Lépide fut le premier éliminé et l'Afrique passa sous le contrôle d'Octave. Enfin Octave fut vainqueur d'Antoine et de Cléopâtre à la bataille d'Actium le 2 octobre -31.

Le triumvirat, gouvernement à trois se réduisit au gouvernement à un !

En -27, le Sénat accorda à Octave tous les honneurs, tous les pouvoirs et tous les titres dont celui « d'Auguste » qui devint son nom.

Auguste ne déclara pas la fin de la République, mais de fait elle n'existait plus, les assemblées du peuple (les comices) ne furent plus réunies et si le Sénat subsista, sa principale fonction fut de « lécher les bottes » à l'empereur. Cette situation explique probablement que Rome ne légiféra jamais pour fixer le mode de désignation des empereurs. Cela fut par la suite cause de nombreuses autres guerres entre prétendants au pouvoir.

Quoi qu'il en soit, tous les historiens s'accordent pour fixer, de fait, la fin de la République romaine en -27 après 482 années d'existence d'une histoire très glorieuse.

 

La République romaine du douzième siècle :

A Rome au douzième siècle, un moine nommé Arnaud de Brescia critiquait vivement le Vatican, comme le feront après lui Savonarole (au quinzième siècle) ou Martin Luther (au seizième siècle). En 1143 il parvint à soulever la population de Rome qui déclara la République. Pour gouverner la cité, l'assemblée du peuple élut un patrice et 56 sénateurs. Le Pape quitta Rome. Mais en 1155, l'empereur germanique Frédéric Barberousse parvint à faire arrêter Arnaud de Brescia, le livra au Pape. Arnaud de Brescia condamné à mort fut brûlé vif à Rome et ce fut la fin de cette République romaine

 

La République romaine du dix-huitième siècle :

A la tête d'une armée du Directoire, le général Berthier s'empara de Rome le 11 février 1798. Le Pape Pie VI fut arrêté, transporté successivement à Sienne, à Florence, à Grenoble puis à Valence où il mourut le 29 août 1799.

La République romaine fut proclamée le 15 février 1798. Des commissaires français (Daunon et Monge) rédigèrent une constitution pour la nouvelle République. Cette constitution fut proclamée le 20 mars 1798 par le général Masséna qui avait remplacé Berthier.

Ferdinand IV roi de Naples parvint à reprendre la ville le 27 novembre 1798, la perdit le 14 décembre 1798, la reprit aux Français en septembre 1799. Officiellement la République romaine fut dissoute en juin 1800. Un concile fut réuni à Venise à partir du 1er décembre 1799. un nouveau pape fut élu : Pie VII. Il rentra à Rome le 3 juillet 1800, mais l'on sait que les troupes françaises envahirent Rome à nouveau en 1808, que Rome et sa région furent directement annexées à la France par décret en 1809 et ce jusqu'à la chute de Napoléon. Le pape Pie VII fut envoyé en captivité d'abord à Savone puis à Fontainebleau. Il ne rentra à Rome qu'en 1814.

 

La République romaine du dix-neuvième siècle:

Après la chute de Napoléon 1er, les vainqueurs se réunirent en congrès à Vienne pour se partager les dépouilles de l'empire napoléonien (dans le partage des dépouilles, l'Autriche représentée par Metternich se tailla la part du lion), mais aussi pour assurer la pérennité d'une Europe de têtes couronnées de droit divin et pour s'opposer aux idées des philosophes et de la Révolution française : droits des peuples, droits des nationalités, démocratie...

Une chape de plomb s'abattit sur les peuples européens. La situation créée par le congrès de Vienne fut appelée « le concert européen » et n'eut qu'un mérite, assurer la paix après une période de guerres qui furent appelées « guerres napoléoniennes » ce qui permit de faire admettre à l'opinion publique que ce Napoléon était le seul responsable de toutes ces guerres, en oubliant les 7 coalitions de l'Europe contre la France de 1792 à 1815. Coalitions dont l'Angleterre (la perfide Albion) fut la principale instigatrice ! En France, au moins, on aurait put baptiser ces guerres de « guerres anglaises ».

L'année 1848 fut celle des révolutions en Europe. Cette année fut appelée « l'année du printemps des peuples » ou « du printemps des révolutions ». En voici un bref résumé :

*12 janvier 1848 : soulèvements à Palerme contre le roi de Naples et de Sicile (Ferdinand II)

*22/24 février 1848 : révolution à Paris entraînant la chute de Louis-Philippe et l'avènement de la seconde République française

*13/14 mars 1848 : Révolution à Vienne, Metternich doit démissionner

*15 mars 1848 : soulèvements à Budapest

*17 mars 1848 : début de révolution à Berlin

*17 mars 1848 : soulèvement à Venise, les Autrichiens sont chassés et la « République de Saint Marc » est proclamée

*18/22 mars 1848 : soulèvements à Milan, les Autrichiens sont chassés de la ville.

*18/23 mars 1848 : soulèvements à Rome, Messine, Reggio

*15 mai 1848 : soulèvements à Naples

Toutes ces révolutions eurent 2 conséquences : la guerre contre l'Autriche et la proclamation de la République romaine.

La guerre contre l'Autriche:

Au congrès de Vienne, l'Autriche avait de nouveau annexé la Vénétie et la Lombardie.

Après les soulèvements à Venise et à Milan, le roi de Sardaigne Charles-Albert à Turin, se mit à la tête de ses troupes et partit en guerre contre l'Autriche. Il reçut quelques renforts de Léopold II Grand Duc de Toscane, de Ferdinand II roi de Naples et de Sicile et aussi du Pape Pie IX. Le 24 mars 1848, le Pape, qui était encore souverain d'un important territoire, déclara soutenir la cause (de la libération de la Vénétie et de la Lombardie) et envoya une troupe de 7.500 soldats commandés par le général Durando. Ce contingent fut appelé « l'armée romaine ». Mais le 29 avril 1848, le Pape faisait volte-face et déclarait qu'il ne voulait pas faire la guerre à l'Autriche et ordonnait à ses troupes de regagner leur patrie (les états pontificaux). Mais ni les soldats ni le général Durando ne voulurent obéir à ses nouveaux ordres du Pape et ils continuèrent le combat contre les Autrichiens. Vaincus le 10 juin 1848, ils durent capituler.

Le retrait du pape entraîna celui de Ferdinand II qui ordonna à ses troupes de rentrer à Naples. Mais là encore les soldats aussi bien que Pepe leur général refusèrent d'obéir. Ils parvinrent à rejoindre Venise et participèrent à la défense de la ville contre l'armée autrichienne, jusqu'à ce qu'ils soient vaincus eux aussi. L'armée autrichienne reprit Venise le 24 août 1849. La République de Saint Marc avait été proclamée le 22 mars 1848, elle aura quand même duré 17 mois.

On connait la suite : Charles-Albert abdiqua après la victoire autrichienne à Novare le 23 mars 1849 et Victor-Emmanuel II lui succéda.

La République romaine:

La volte-face du Pape entraîna des troubles à Rome, le 15 novembre 1848, le comte Pellegrino Rossi chef du gouvernement pontifical était assassiné. Le 12 décembre 1848, Giuseppe Garibaldi entrait à Rome à la tête d'une armée de volontaires. Le même jour une junte prenait le pouvoir à Rome. Cette junte se dissolvait d'elle-même le 26 décembre 1848 après avoir fixé des élections pour les 21 et 22 janvier 1849.

Le 24 décembre 1848, le Pape parvenait à quitter Rome et alla se réfugier dans les états du roi de Naples et de Sicile.

La République romaine était proclamée le 5 février 1849.

Le 9 février, un « décret fondamental » :

*confiait le pouvoir exécutif à un triumvirat composé de Giuseppe Mazzini, Carlo Armellini et Aurelio Saffi.

*Garibaldi était nommé général de brigade de l'armée romaine

*le pape était déchu de son pouvoir temporel sur ses états

*la nouvelle République déclarait vouloir participer à l'unité de l'Italie.

La seconde République française ne reconnut pas cette République romaine. Le Président de la République (Louis Napoléon Bonaparte, pas encore Napoléon III) soutint le Pape. Il envoya une armée commandée par le général Oudinot, qui débarqua à Civittavechia le 24 avril 1849. Cette armée prit de vitesse l'armée autrichienne et l'armée napolitaine. Malgré une résistance héroïque contre l'armée française, l'armée romaine de Garibaldi dut capituler le 4 juillet 1849. .
Cette République romaine n'avait existé que 150 jours.

Le Pape put rentrer dans ses états et récupérer son pouvoir temporel, mais pour peu de temps car en 1860, le royaume de Sardaigne annexait la Romagne, l'Ombrie et Les Marches, anciens territoires pontificaux. Grâce à son protecteur (Napoléon III) le Pape parvenait à conserver Rome, mais après la défaite de Sedan et l'abdication de Napoléon III (le 4 septembre 1870), le royaume d'Italie récupérait Rome qui en devenait la capitale. Il fallut attendre les accords de Latran le 11 février 1929 pour que la papauté récupère un peu de souveraineté sur la cité du Vatican.

J.D. 30 avril 2011

 

 

 

Pline l'Ancien et Pline le Jeune sur la façade de la cathédrale de Côme (en Lombardie) photos J.D. 20 mai 2009

Pline l'Ancien et Pline le Jeune sur la façade de la cathédrale de Côme (en Lombardie) photos J.D. 20 mai 2009

le viol de Lucrèce en -509, tableau de Felice Ficherelli en 1640 à la Ca' Rezzonico à Venise

le viol de Lucrèce en -509, tableau de Felice Ficherelli en 1640 à la Ca' Rezzonico à Venise

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