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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 15:08

I- En Belgique :

Marie José naquit le 4 août 1906 à Ostende. Elle est la fille d'Albert 1er (1875/1934) roi des Belges de 1909 à son décès et d'Elisabeth de Bavière (1876/1965) reine des Belges à partir de son mariage à Munich avec Albert le 2 octobre 1900. Cette Elisabeth qui soigna les blessés durant la guerre de 14 fut surnommée « la reine infirmière ». Voir illustration sur note N°171 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/04/les-femmes-et-la-guerre-de-14-n-171.html. Elle était la filleule d'Elisabeth d'Autriche dite Sisi.

Pour sa part Marie José se maria le 8 janvier 1930, à Rome, avec Humbert fils de Victor-Emmanuel III roi d'Italie. Avec Humbert elle eut 4 enfants.

II - En Italie :

Marie José vécut à Rome dans un contexte très difficile :

*Victor-Emmanuel III était devenu roi suite à l'assassinat, par un anarchiste, de son père (Humbert 1er décédé à Monza le 29 juillet 1900).

*Suite à la marche sur Rome le 28 octobre 1922, le roi avait fait appel dès le 30 octobre à Benito Mussolini pour former un gouvernement.

*Dans les années 1911/1912, suite à une guerre gagnée contre l'empire ottoman, l'Italie avait commencé à se constituer un empire colonial. Mussolini poursuivit en envahissant l'Ethiopie en 1935 puis l'Albanie en 1939 et faisait décerner à Victor-Emmanuel III le titre d'empereur d'Ethiopie le 9 mai 1936 et de roi d'Albanie le 7 avril 1939. Pour la Maison de Savoie issue d'Humbert modeste Mauriennais au XIe siècle, se retrouver avec un titre d'empereur devait être satisfaisant !

*Puis il y eut tous les accords : Le 1er novembre 1936, à Milan Mussolini annonçait l'alliance avec l'Allemagne. Le 6 novembre 1937, l'Italie adhérait au pacte anti-komintern (ou troisième internationale, voir fiche N°182 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/06/la-russie-sovietique-en-1925-n-182.html) signé entre l'Allemagne et le Japon l'année précédente. Le 27 septembre 1940, l'Italie adhèra au pacte tripartite (Allemagne, Japon, Italie que rejoindront ensuite la Hongrie, la Roumanie, la Slovaquie, la Bulgarie et la Yougoslavie).

*Le 1er septembre 1939, l'Allemagne avait envahie la Pologne, puis la Hollande, le Luxembourg et la Belgique le 10 mai 1940, sans déclaration de guerre mais ce n'est pas cela qui pouvait embarrasser Hitler !

*En Belgique c'était le frère de Marie José qui était devenu roi sous le nom de Léopold III depuis le 23 février 1934. Ainsi Marie-José se retrouvait dans un pays d'adoption allié de l'Allemagne qui envahissait son pays natal et alors que son frère était roi.

*Le 10 juin 1940, l'Italie déclarait la guerre à la France. Mussolini espérait profiter de la débâcle française pour récupérer la Corse, Nice et la Savoie, rien de moins !

*D'abord vainqueurs, les pays de l'axe commençaient à subir des défaites après qu'Hitler ait rompu son alliance avec Staline. Après les débarquements des alliés en Sicile, en juillet 43, puis dans le sud de l'Italie en septembre 1943, le roi Victor-Emmanuel III fit arrêter Mussolini ; voir la dernière partie de la fiche N°43 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-republiques-italiennes-75683488.html

*Malgré son revirement, Victor-Emmanuel III dut démissionner le 9 mai 1946 en faveur de son fils.

Humbert devint donc roi d'Italie sous le nom d'Humbert II le 9 mai 1946 et Marie José reine d'Italie.... jusqu'au référendum du 2 juin 1946 qui mit fin, après 24 jours de règne, à la monarchie et instaura la République. Marie José fut surnommée « la Reine de Mai ».

III – En Suisse :

Dès le 6 juin, Marie José et ses enfants partirent pour le Portugal où Humbert les rejoignit le 13 juin. La constitution italienne adoptée après la proclamation de la République, interdit le séjour en Italie des membres de la famille royale.

En août 1947, Marie José vint s'installer à Genève. Elle décéda le 27 janvier 2001 à Thonex près de Genève. Elle fut inhumée à Hautecombe où se trouvait déjà Humbert II décédé le 18 mars 1983 (dans la première chapelle à droite en entrant dans l'église de l'abbaye d'Hautecombe, sur la rive ouest du lac du Bourget)

Il fallut attendre une loi constitutionnelle du 23 octobre 2002 pour que les membres de la famille royale soient autorisés à remettre les pieds en Italie. Certains auteurs pensent que le référendum du 2 juin 1946 fut truqué. Je n'ai pas les éléments pour avoir une opinion sur le sujet mais bientôt 70 ans plus tard, la question n'a plus d'intérêt.

Marie José voyagea beaucoup. Elle écrivit une histoire de la Maison de Savoie en 3 volumes publiés en édition française chez Albin Michel, le tome 1 en juillet 1957, le second en avril 1962 et le dernier en octobre 1962. Elle publia également en édition italienne « Emanuele Filiberto di Savoia » (duc de Savoie de 1553 à 1580)

Les textes de Marie José sont d'une grande érudition.

J.D. 21 novembre 2014

tombeaux d'Humbert II et Marie José à Hautecombe, photo du livre "Abbaye d'hautecombe" publié par la Communauté du Chemin Neuf

tombeaux d'Humbert II et Marie José à Hautecombe, photo du livre "Abbaye d'hautecombe" publié par la Communauté du Chemin Neuf

photos d'Humbert II et Marie José, photos du livre "Abbaye d'Hautecombe publié par la Communauté du Chemin Neuf

photos d'Humbert II et Marie José, photos du livre "Abbaye d'Hautecombe publié par la Communauté du Chemin Neuf

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 19:01

1-L'Italie dans la triple alliance :

A partir du royaume de Sardaigne, l'unité de l'Italie avait pu se réaliser grâce à l'appui de la France de Napoléon III et aux victoires sur l'Autriche. L'affaiblissement de l'Autriche devait coûter cher, peu d'années plus tard, à la France et à Napoléon III (voir sur le blog la note N°1 « réunion de la Savoie et de Nice à la France »)http://jean.delisle.over-blog.com/article-reunion-de-la-savoie-et-de-l-arrondissement-de-nice-a-la-france-en-1860-55731847.html

Après s'être alliée à la France contre l'Autriche, l'Italie s'allia à la Prusse en 1866, encore contre l'Autriche, et récupéra Venise et la Vénétie.

Le nouveau royaume d'Italie, proclamé le 17 mars 1861, occupé à faire son unité, avait pris du retard dans beaucoup de domaines sur les autres pays européens et spécialement dans la constitution d'un empire colonial.

*L'Italie avait des visées sur la Tunisie où ses nationaux étaient les étrangers les plus nombreux, mais elle fut prise de vitesse par la France. Sous prétexte de protéger sa frontière algérienne, la France envahit la Tunisie et en fit d'abord un protectorat français par le traité du Bardo signé le 12 mai 1881 avec le bey de Tunis. Lequel protectorat se transforma en annexion par la Convention de la Marsa le 8 juin 1883.

*Le 7 octobre 1879, l'empire allemand et l'empire d'Autriche-Hongrie avaient signé un traité d'assistance mutuelle, appelé « duplice ». Les Autrichiens pour se prémunir contre les visées des Russes dans les Balkans et les Allemands contre la France dont ils pensaient qu'ils voudraient récupérer l'Alsace et la Lorraine.

*Mécontente de l'intervention française en Tunisie, l'Italie rejoignit le 20 mai 1882 l'alliance entre l'Allemagne et l'Autriche et la « duplice » devint la « triplice » ou triple alliance.

*En face, la France, la Grande-Bretagne et la Russie s'unissaient dans la triple entente en 1907. Il y eut d'abord des accords entre la Russie et la France en 1892/1893, puis entre l'Angleterre et la France ((entente cordiale 8 avril 1904), puis entre la Grande-Bretagne et la Russie le 31 août 1907 qui transformèrent de fait des accords bilatéraux en triple entente.

2-l'Italie neutre :

Les accords de la triple alliance étaient des accords défensifs, qui n'engageaient les signataires qu'en cas d'agression de l'un d'eux. Or ce fut l'Empire d'Autriche-Hongrie qui déclara la guerre à la Serbie et l'Empire allemand qui déclara la guerre à la Russie puis à la Belgique et à la France. L'Italie en profita d'abord pour rester neutre dans le conflit et surtout pour se vendre au plus offrant. La diplomatie italienne négocia des avantages territoriaux, avec les 2 camps, avant de s'engager.

L'opinion italienne était très divisée : Il y avait les pacifistes opposés à l'entrée en guerre de l'Italie, les partisans de l'entrée en guerre avec l'Allemagne et l'Autriche et ceux qui voulaient un engagement avec la triple entente (Angleterre, France, Russie). Parmi ces derniers signalons particulièrement 2 personnalités : Benito Mussolini et Gabriele d'Annunzio.

*Benito Mussolini : (1883/1945) milita d'abord au sein du parti socialiste italien (PSI) et fut directeur à partir de 1912 de « Avanti » organe du PSI.

Pacifiste, Mussolini participa même à la « semaine rouge » (Settimana rossa) du 7 au 14 juin 1914. Mouvement pacifiste parti d'Ancône qui s'opposait à l'intervention militaire italienne en Libye dans le cadre de la constitution par l'Italie d'un espace colonial.

Puis Mussolini vira de bord complètement et défendit la participation à la guerre du côté de la triple entente. Il fut exclu du PSI le 29 novembre 1914 et créa alors son propre journal : « Il popolo d'Italia » et le parti fasciste après la guerre (en 1921) et l'on connaît la suite. Lors de l'entrée en guerre de l'Italie, Mussolini fut enrôlé au 11e bersaglier le 2 septembre 1915 et envoyé au front. Promu caporal le 1er mars 1916 il fut blessé le 23 février 1917 et réformé.

On peut au passage faire un parallèle entre le parti communiste français (PCF) né au Congrès de Tours en décembre 1920 d'une scission du parti socialiste, l'ancienne SFIO (section française de l'internationale ouvrière) et le parti communiste de l'Italie (PCI) né d'une scission du parti socialiste italien au congrès de Livourne en janvier 1921. Mais les comparaisons ont leurs limites. Le PCI sous la direction de Palmiro Togliatti (1893/1964) d'abord puis d'Enrico Berlinguer (1922/1984) ensuite sut prendre ses distances avec le PCUS (parti communiste de l'Union Soviétique), ce que ne fit pas le PCF. Le PSI a d'ailleurs changé son nom en 1991 pour devenir le PDS (parti démocratique de la gauche étant entendu que « gauche » en italien se dit « sinistra », tout un programme!)

*Gabriele d'Annunzio : (1863/1938) patriote italien, auteur de romans, de pièces de théâtre, poète, élu député en 1897. Lorsque l'Italie entra en guerre, il s'engagea dans l'aviation (il avait plus de 50 ans). Un de ses exploits est d'avoir effectué un raid jusqu'à Vienne le 9 août 1918 pour balancer des tracts à la population autrichienne.

En Italie la victoire fut appelée « victoire mutilée » parce que toutes les promesses faites pour engager l'Italie dans la guerre avec la triple entente ne furent pas tenues.

D'Annunzio n'accepta pas cette situation, avec quelques troupes il s'empara de Rijeka (Fiume en italien) en septembre 1919 pour « offrir » à l'Italie ce territoire situé à la jonction entre l'Istrie et la côte dalmate. Aujourd'hui port de Croatie.
Le gouvernement italien ne suivit pas immédiatement. D'Annunzio proclama un état libre mais dû évacuer en 1922. Finalement l'Italie l'annexa en 1924, mais la région fut cédée à la Yougoslavie par le traité de Paris du 10 févr
ier 1947.

3-L'Italie dans la guerre :

Le 4 mars 1915, l'Italie avait adressé un mémorandum aux puissance de la triple entente pour résumer ses revendications territoriales ; les voici telles que décrites par Georges Suarez dans « Briand » tome III (publié en mars 1939), chapitre III :

« Le mémorandum italien du 4 mars demandait au nord tout le Trentin (région de Trente que l'Italie récupéra en 1919) l'annexion, sur la côte orientale de l'Adriatique, de trois têtes de pont, la première contiguë à la Vénétie (avec Trieste qui appartenait à l'Autriche-Hongrie) la seconde, plus au sud, comprenant les deux tiers de la Dalmatie et enfin un territoire turc, Vallona, clef du canal d'Otrante avec une sorte de protectorat sur l’État albanais. En Asie mineure, elle réclamait la région d'Adalia en face des îles du Dodécanèse et dans le cas où les nations de l'Entente s'enrichiraient de dépouilles coloniales de l'Allemagne des compensations à déterminer sur les confins de la Somalie, de l’Érythrée et de la Libye, c'est-à-dire au détriment des possessions françaises et anglaises. »

Mais le gouvernement italien avait précisé que l'armée italienne ne pourrait matériellement entrer en campagne avant le 14 avril (1915)

Toujours selon Suarez, en cas de victoire, l'Allemagne avait, elle, promis l’Égypte à l'Italie.

Le 9 mars les puissances de l'Entente faisaient parvenir leur accord à l'Italie, le 26 avril, un traité était signé à Londres. Ce traité fut complété le 26 avril 1917 par « l'accord de Saint Jean de Maurienne » qui précisait ce qui devait revenir à l'Italie sur la côte est de l'Adriatique .

Le 8 mai 1915, l'Italie dénonçait la Triplice

Le 20 mai la Chambre des députés italienne conférait à son gouvernement les pleins pouvoirs pour faire la guerre

Le 23 mai (1915) Victor-Emmanuel III déclarait la guerre à l'empire d'Autriche-Hongrie

Le 24 mai le prince de Bulow ambassadeur allemand à Rome, quittait la ville avec tout le personnel de l'ambassade

Le 27, Rome rompait les relations diplomatiques avec Berlin mais sans déclarer la guerre à l'Allemagne.

L'Italie entra en guerre mais sans y être prête. Voici ce qu'écrit Suarez (ouvrage cité, même tome chapitre IX) :

« Du côté italien , on n'était pas non plus dans une situation très favorable pour réaliser des opérations d'envergure. Depuis le 20 mars (1916), le général Cadorna (qui était alors chef d'état-major italien) était en France. Il avait exposé à Joffre que son armée souffrait du manque de matériel, en particulier de mitrailleuses et d'artillerie lourde, et qu'il ne pouvait encadrer ni armer les nombreuses classes de soldats qui garnissaient les dépôts. Dans le courant de mars, Joffre avait demandé à Cadorna de prononcer sur les parties praticables de son front une offensive de diversion en faveur de notre armée qui se battait seule à Verdun. Cadorna donna l'ordre aussitôt, selon sa propre expression, d'intensifier les patrouilles sur l'Isonzo. Peut-être était-ce ainsi qu'il entendait une offensive ? Tous les prétextes lui étaient bons pour ajourner l'effort qu'on lui demandait. Les rapports de la mission militaire en Italie en faisaient foi ».

L'Italie fit la guerre à l'Autriche, un front se stabilisa rapidement sur l'Isonzo, rivière qui prend sa source en Slovénie et se jette dans l'Adriatique côté italien. De juin 1915 à novembre 1917, il y eut 12 batailles « de l'Isonzo ». La douzième appelée aussi « bataille de Caporetto » se déroula du 24 octobre au 9 novembre 1917. L'Autriche, renforcée de troupes allemandes enfonça complètement le front italien qui subit d'énormes pertes tant en soldats qu'en matériel.

Cadorna fut remplacé, un front de repli s'organisa sur le Piave (fleuve côtier qui prend sa source dans les Alpes orientales et se jette dans l'Adriatique au nord-est de Venise) et arrêta l'offensive austro-allemande en attendant que l'Italie remporte une importante victoire du 24 au 29 octobre 1918 dite « bataille du Piave ».

La participation de l'Italie mobilisa des troupes autrichiennes d'abord puis austro-allemandes ensuite et les troupes occupées sur ce front ne furent pas disponibles ailleurs pour la triple alliance (l'empire ottoman avait remplacé l'Italie comme principal allié des Austro-allemands à compter d'octobre 1914). La victoire italienne d'octobre 1918 participa à la fin de la guerre.

Selon les chiffres disponibles, les Italiens auraient eu 650.000 morts dans cette guerre, 950.000 blessés et des milliers de « disparus ».

En outre, le coût financier de la guerre entraîna l'inflation, le chômage... et fit le lit du fascisme comme il fit le lit du nazisme en Allemagne.

J.D. 21 février 2014

P.S. La récapitulation thématique des notes de ce blog se trouve sur la fiche N°76 intitulée : « blog, liste des articles »http://jean.delisle.over-blog.com/article-blog-liste-des-articles-111165313.html.

Cesare Battisti patriote italien pendu à Trente, par les Autrichiens, le 11 juillet 1916, photo publiée le 12 août 1917 dans "Le Miroir"

Cesare Battisti patriote italien pendu à Trente, par les Autrichiens, le 11 juillet 1916, photo publiée le 12 août 1917 dans "Le Miroir"

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 15:46

 

 

Les Républiques italiennes et leurs ancêtres :

 

La République bolonaise ou bolognaise

En mars 1796, Barras au nom du Directoire nomma Bonaparte général en chef de l'armée d'Italie. Bonaparte né le 15 août 1769 n'avait pas encore 27 ans (à 16 ans il était lieutenant et à 24 général de brigade). Bonaparte était envoyé pour combattre une coalition du Piémont et de l'Autriche.

L'armée piémontaise de Victor-Amédée III était vaincue à Mondovi le 21 avril 1796. Le 28 avril 1796, à l'occasion de l'armistice de Cherasco, Victor-Amédée III cédait la Savoie et Nice à la France, ce qui n'était qu'une régularisation, puisque la France occupait ces territoires.

L'armée autrichienne de l'Archiduc d'Autriche François II fut battue à Montenotte le 12 avril, à Dego le 13 avril, à Millesimo le 14 avril, à Lodi le 10 mai, à Lonato le 3 août, à Castiglione le 5 août, à Arcole les 16 et 17 novembre et à Rivoli le 14 janvier 1797.

Les empereurs du Saint Empire Romain Germanique avaient aussi le titre « d'Archiducs d'Autriche » depuis que les Habsbourg s'étaient imposés sur l'Empire Dès 1278 Vienne était devenue la capitale de ce Saint Empire Romain Germanique. Ils prirent le nom « d'Empereurs d'Autriche » avec la disparition du Saint Empire Romain Germanique, ainsi François II deviendra le 11 août 1804 le premier empereur d'Autriche sous le nom de François 1er, tandis que le Saint Empire Romain germanique disparaît officiellement le 6 août 1806.

Bonaparte en profita pour réorganiser complètement l'Italie très divisée et ce depuis des siècles. Il commença par créer une série de Républiques appelées « Républiques sœurs » (de la République française) avant d'arriver au royaume d'Italie dont il fut roi.

La République bolonaise (Bologne faisait partie des états pontificaux) créée en 1796 n'eut qu'une brève existence puisqu'elle fut rattachée à la République Cispadane le 16 octobre 1796

La République cispadane

Elle fut proclamée à Modène par Bonaparte le 16 octobre 1796, un gouvernement était formé dès le 7 janvier 1797 et la constitution fut, elle, proclamée le 19 mars 1797. Cette république eut Modène pour capitale. Elle permit d'abord de réunir les anciennes provinces de Bologne, Ferrare, Modène, Reggio d'Emilie, à partir du 30 janvier 1797, cette République s'agrandit des pays de Massa et de Carrare, puis de la Romagne (région de Ravenne) à partir du 19 février 1797. C'est le 7 janvier 1797 que les représentants de Bologne, Ferrare, Modène et Reggio Emilia, réunis à Reggio, adoptèrent le drapeau tricolore (vert, blanc, rouge) qui deviendra le drapeau italien.

Cette République cispadane qui réunissait des territoires au sud du Pô, fut unie à la République transpadane au nord du Pô pour former la République Cisalpine le 29 juin 1797

La République transpadane

Elle fut proclamée par Bonaparte le 15 octobre 1796. Elle correspondait à l'ancien royaume de Lombardie (Milan, Bergame, Crema)

Cette République, qui eut sa capitale à Milan, fut unie à la République cispadane dans la République Cisalpine le 29 juin 1797.

La République cisalpine

Cette République fut créée par réunion des Républiques cispadane et transpadane en juin 1797. Une constitution fut adoptée le 8 juillet 1797. Milan était la capitale de ce nouvel état, Le pouvoir exécutif était confié à 5 ministres formant un directoire. La République lors de sa création s'étendait sur 42.500 kms2 et comptait 3.240.000 habitants. Elle fut divisée en 20 départements. Un fort contingent de l'armée française resta stationné en République cisalpine aux frais de celle-ci.
Cette République prit fin une première fois suite à l'invasion Austro-Russe d'avril 1799 (Milan était réoccupée le 29 avril). La République Cisalpine fut restaurée après la victoire française de Marengo le 14 juin 1800. Cette République prit le nom de « république italienne » le 26 janvier 1802, puis devint le royaume d'Italie le 17 mars 1805 avec Napoléon comme roi et Eugène de Beauharnais comme vice-roi.

 

Les Républiques italiennes

La première République italienne: La première République italienne fut donc celle qui succéda à la République Cisalpine le 26 janvier 1802 avant de devenir le royaume d'Italie, lequel compta 24 départements soit un peu plus que la République cisalpine. Liste des 24 départements : Adda, Adige, Adriatique, Agogna, Bacchiglione, Bas-Pô, Brenta, Crostolo, Haut-Adige, Haut-Pô, Lario, Mella, Métaure, Mincio, Musone, Olona, Panaro, Passariano, Piave, Reno, Rubicon, Serio, Tagliamento, Tronto. Ce royaume d'italie prit fin à la chute de Napoléon 1er.

La seconde République italienne : Après le débarquement des alliés en Sicile le 10 juillet 1943 et dans le sud de l'Italie les 3 et 9 septembre 1943, le roi d'Italie Victor-Emmanuel III qui espérait faire oublier sa collaboration depuis 1922 avec le parti fasciste et Mussolini, avait fait arrêter Mussolini à Rome, le 25 juillet 1943. Fin août, Mussolini avait été transféré à Campo Imperatore sur le Gran Sasso (massif des Abbruzes). C'est là qu'il fut libéré par un commando parachutiste allemand le 12 septembre 1943. D'abord conduit à Munich où il rencontra Hitler le 14 septembre, Mussolini annonça le 18 septembre à la radio de Munich la création de « la République sociale italienne » et du Parti fasciste républicain en remplacement du Parti national fasciste. Durant le même temps, pour faire face à l'offensive alliée, les Allemands avaient envahi l'Italie. Mussolini rentra en Italie le 23 septembre 1943 et dès le 27, un gouvernement était constitué. Théoriquement, Rome restait la capitale de cette République, mais de fait, elle fut à Salo sur la rive ouest du lac de Garde, les ministères étant répartis en différents lieux entre Milan et le lac de Garde. Cette République fut, de ce fait, à l'époque, appelée « République de Salo » – (avec un accent sur le o mais mon clavier ne connait pas). Un arministice avait été signé avec les alliés à Rome le 8 septembre. L'Italie fut ainsi divisée en deux durant quelques mois : au sud, l'Italie des alliés et du Roi, et au nord, l'Italie des Allemands et de Mussolini. Une première ligne de démarcation appelée « ligne Gustave » sépara l'Italie en deux. Cette ligne située au sud de Rome passait par le Mont Cassin. Puis avec l'avance des alliés, il y eut une seconde ligne appelée « ligne gothique ». Celle-ci traversait l'Italie à peu près à la hauteur de Rimini c'est-à-dire nettement plus au nord que la première ligne de défense allemande. Cette République de Salo collabora avec les nazis dans la politique anti-juive et également pour fournir des otages à chaque fois qu'un soldat allemand était tué par la résistance qui s'était organisée au nord de l'Italie (10 otages fusillés pour chaque soldat allemand). Dans de nombreuses villes d'Italie du Nord, la résistance prit le pouvoir et proclama des Républiques locales. Une vingtaine virent ainsi le jour, mais la plupart n'eurent qu'une brève existence (2 mois au plus) car à chaque fois, l'armée allemande intervenait et rétablissait l'administration de la République de Mussolini.

Lors de la grande offensive alliée en 1945, au nord de l'Italie, Mussolini et quelques membres de sa suite tentèrent de fuir l'Italie à bord d'une colonne allemande. Cette colonne fut stoppée par des partisans le 25 avril 1945 à Dongo au nord du lac de Côme. Mussolini arrêté fut fusillé avec sa maitresse (Clara Petacci) le 28 avril. Leurs cadavres ainsi que quelques autres de leur suite, furent amenés à Milan et pendus par les pieds pour être exposés à la foule.

Ainsi prenait fin cette République sociale italienne.

La troisième République italienne: c'est l'actuelle République. Celle-ci vit le jour après un référendum le 2 juin 1946, où les Italiens et les Italiennes (qui votaient pour la première fois) eurent à choisir entre la poursuite de la royauté ou l'avènement de la République. Officiellement 54% des votants se prononcèrent pour la République, ce qui mit fin à la royauté et en même temps à la dynastie des souverains de Savoie.

J.D. 4 juin 2011

Nota : ce texte fait partie d'une série de trois. Le premier intitulé "les Républiques romaines" est déjà sur le blog, et après celui-ci, il reste à venir le dernier qui sera intitulé "les Républiques en Italie".

 

 

 

 

 

 

 

 

le palais du Quirinal en 1833 (tableau Agostino Tofanelli). Depuis 1947, résidence des Présidents de la République italienne

le palais du Quirinal en 1833 (tableau Agostino Tofanelli). Depuis 1947, résidence des Présidents de la République italienne

Napoléon remet le code civil à la ville de Rome, esquisse pour la décoration du Quirinal

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