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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 11:08

Plusieurs notes de ce blog sont déjà consacrées aux souverains de l'histoire de France (81, 82, 109, 160, 239, 247, 248, 249, 250). Il y a déjà de quoi réviser ses leçons d'histoire. Voici maintenant les derniers rois de France avec une première note relative à Louis XVI :

Les notes N° 245 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/06/louis-xvi-et-nantes-n-245.html et 253 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/08/varennes-n-253.html sont déjà consacrées à ce roi. Voici quelques informations complémentaires :

1-L'acte d'accusation :

*Après la prise des Tuileries (le 10 août 1792), Louis XVI avait été suspendu de ses fonctions de roi par l'Assemblée législative puis interné avec sa famille à la prison du Temple à compter du 13 août. Le 21 septembre 1792, la royauté avait été abolie en France par la Convention qui avait succédé à l'Assemblée législative.

*Dans « Révolution française », publié chez XO Editions en 2008, (tome 1, chapitre 34) Max Gallo rappelle que les sans-culottes venaient hurler sous les fenêtres de la prison « leur haine du gros cochon et de la putain » et au chapitre 36 du même ouvrage qu'un ancien boucher nommé Legendre devenu député avait déclaré à la tribune de la Convention : « Egorgeons le cochon ! Faisons autant de quartiers qu'il y a de départements pour en envoyer un morceau à chacun ! ». C'est à l'image du degré de haine contre la famille royale, probablement d'une minorité de la population, mais c'est celle qui a fait la Révolution.

*Le 6 décembre 1792, la Convention Nationale, constitua une commission de 21 membres « chargés de rédiger l'acte d'accusation de Louis XVI ». Cela montre clairement que Louis XVI fut coupable avant d'être jugé. Le même jour, sur proposition de Marat, l'Assemblée adopte : « lors de tous les scrutins du procès, les votes auront lieu par appel nominal et à voix haute ».

*Peu avant le 10 août 1792, dans un des murs du palais des Tuileries, Louis XVI avait fait pratiquer une armoire secrète. Il s'était fait aider par un serrurier de Versailles qu'il connaissait depuis longtemps et qui s'appelait Gamain (François).

Mais le 20 novembre 1792, ce Gamain alla trouver Roland (Jean-Marie, mari de Manon Roland) un Girondin qui était alors ministre de l'Intérieur, pour lui révéler l'existence de cette cache connue sous le nom « d'armoire de fer ».

*La cache fut ouverte, les papiers analysés. Ils servirent à l'acte d'accusation du roi. Mais comme il n'y avait pas de quoi fouetter un chat ou tout au moins pas de quoi justifier la guillotine (il y avait surtout dans la cache des correspondances avec les frères de Louis XVI exilés à l'étranger ), la commission mit sur le dos de Louis XVI tous les massacres effectués par les révolutionnaires ennemis de Louis XVI. En lui imputant ainsi des milliers de cadavres, il devint coupable.

*Le rapport d'accusation fut lu à la Convention, en présence du roi le 11 décembre 1792. Voici le récit qu'en fait Alphonse de Lamartine dans « histoire des Girondins » (publiée en 1847) au livre trente-quatrième, chapitres V et VI :

« On fit la lecture de l'acte d'accusation : c'était la longue énumération de tous les griefs que les factions de la Révolution avaient successivement élevés contre la couronne, en y comprenant leurs propres actes, depuis les journées des 5 et 6 octobre à Versailles (lorsque la foule obligea la famille royale a quitter Versailles pour venir s'installer à Paris aux Tuileries), jusqu'à la journée du 10 août (1792, il s'agit de la prises des Tuileries). Toutes les tentatives de résistance du roi au mouvement qui précipitait la monarchie étaient appelées trahisons ; c'était bien plus l'acte d'accusation de son caractère et des circonstances que l'acte d'accusation de ses crimes. Il n'y avait que sa nature de coupable. Mais le temps trop lourd pour tous, on le rejetait tout entier sur lui. Il payait pour le trône, pour l'aristocratie, pour le sacerdoce, pour l'émigration, pour La Fayette, pour les Girondins, pour les Jacobins eux-mêmes. C'était l'homme émissaire des temps antiques, inventé pour porter les iniquités de tous.

A mesure qu'on déroulait devant lui ce tableau des fautes de son règne, et qu'on remuait le sang du Champ-de-Mars (fusillade au Champ-de-mars le 17 juillet 1791), du 20 juin (Première invasion des Tuileries le 20 juin 1792 où le roi fut obligé de coiffer le bonnet rouge révolutionnaire et de boire à la santé de la Nation) et du 10 août (seconde invasion des Tuileries le 10 août 1792), pour en détourner la responsabilité sur lui seul, quelques-uns des conspirateurs de ces journées, répandus parmi ses juges, tels que Pétion, Barbaroux, Louvet, Carra, Marat, Danton, Legendre, ne pouvaient s'empêcher de rougir et de baisser les yeux. Leur conscience leur disait intérieurement qu'il y avait pudeur à déclarer auteur de ces attentats celui qui en avait été victime. Ils se vantaient hautement quelques jours avant d'avoir ourdi ces conspirations contre le trône. Mais le sentiment du droit est si fort parmi les hommes, que, même quand ils le violent, ils en affectent encore l'hypocrisie, et que les conspirateurs les plus avoués, non contents d'avoir la victoire, veulent encore avoir la légalité de leur côté.

Le roi écouta cette lecture dans l'attitude d'une impassible attention. Seulement, à deux ou trois passages où l'accusation dépassait les bornes de l'injustice et de la vraisemblance, et où on lui reprochait le sang du peuple si religieusement épargné par lui pendant tout son règne, il ne put s'empêcher de trahir par un sourire amer et par un mouvement involontaire des épaules l'indignation contenue qui l'agitait. On voyait qu'il s'attendait à tout, excepté à l'accusation d'avoir été un prince sanguinaire ».

2-La condamnation :

A la suite de cet acte d'accusation, les députés de la Convention nationale eurent à se prononcer à partir du 15 janvier 1793. Ils durent répondre à 3 questions :

*Louis est-il coupable ?

*La décision de la Convention sera-t-elle soumise à la ratification du peuple ?

*Qu'elle sera la peine ?

-A la première question, 683 députés répondirent que Louis était coupable, 10 députés s'abstinrent, il n'y eut aucune voix contre.

-Sur la seconde question, le recours au peuple fut rejeté par 423 voix (ou 424?) contre 280

-enfin sur la dernière question, par appel nominal et à haute voix à la tribune, (le vote s'étant terminé le 17 janvier à huit heures du soir), 387 voix contre 334

votèrent la mort du roi. Suite à des contestations, un nouveau vote eut lieu le 18 janvier. Il donna 361 voix pour la mort du roi et 360 contre !

Parmi ceux qui votèrent la mort : Philippe duc d'Orléans (le 15 septembre 1792, la Commune de Paris lui avait donné le nom de « Philippe Egalité »), lointain cousin de Louis XVI (ils avaient Louis XIV et son ascendance dans leurs ancêtres communs).

Certains avaient demandé un sursis dans l'exécution du roi. Il fut rejeté le 20 janvier par 380 voix contre 310 et Louis XVI fut guillotiné le 21 janvier 1793.

3-le contexte du vote :

Un certain nombre de députés qui étaient contre la mort du roi votèrent pour. Quelques-uns par peur pour leur propre vie, d'autres par tactique pour ne pas laisser aux seuls Jacobins, vis-à-vis de l'opinion publique, l'avantage d'avoir tué le roi.

Les Conventionnels (députés de la Convention) furent soumis à une pression extrême. Voici le récit qu'en fait Alphonse de Lamartine dans l'histoire des Girondins au livre trente-cinquième chapitres I et III :

« L'aspect de la ville était menaçant, l'aspect de l'enceinte était sinistre. La Commune (il s'agit de la Commune de Paris) et les Jacobins, décidés à emporter la condamnation de Louis XVI comme une victoire personnelle sur leurs ennemis, et à pousser la contrainte morale jusqu'à la violence, avaient rassemblé depuis plusieurs jours à Paris toutes les forces dont leurs journaux, leurs correspondances et leurs affiliations dans les départements leur permettaient de disposer. Les meneurs des faubourgs avaient recruté leurs bandes de femmes et d'enfants en haillons pour hurler la mort du tyran dans les rues qui avoisinaient la Convention. Théroigne de Méricourt et Saint-Huruge, les assassins d'Avignon (voir note N°95 http://jean.delisle.over-blog.com/article-avignon-et-la-revolution-n-95-116032820.html), les égorgeurs de septembre, les combattants du 10 août, les fédérés accumulés dans Paris avant de se rendre aux frontières; des volontaires et des soldats retenus à Paris par le ministre de la Guerre Pache pour grossir les séditions plus que pour les réprimer ; une population étrangère à toute passion politique, mais sans ouvrage et sans pain, et trompant son désespoir par son agitation ; ces masses de curieux que les grands spectacles font sortir de leurs maisons comme des essaims sortent des ruches à l'approche des orages, et qui, sans passion individuelle, prêtent l'apparence du nombre à la passion de quelques-uns ; les contre-coups d'août (prise des Tuileries le 10 août 1792) et de septembre (massacres de tous les détenus des prisons parisiennes du 2 au 5 septembre 1792) qui ébranlaient encore les imaginations ; la nuit, qui prêtait au tumulte ; la rigueur de la saison qui tendait la fibre et qui portait au désespoir ; enfin ce nom de roi, qui résumait en lui toutes les misères, toutes les iniquités, toutes les trahisons imputées à la royauté, et qui faisait croire au peuple qu'en immolant l'homme qui portait ce titre on immolerait du même coup les calamités, les crimes, les souvenirs et les espérances d'une institution répudiée : tout imprimait à la nuit du 16 janvier (1793) ce caractère d'impulsion irrésistible qui donne à une manifestation populaire la force d'un élément »....

... »Les abords et l'intérieur de la salle de la Convention semblaient plutôt disposés pour une exécution que pour un jugement. L'heure, le lieu, les avenues étroites, les cours tortueuses, les voûtes sombres de l'antique monastère (d'octobre 1789 à mai 1793, l'Assemblée siégea dans le manège des Tuileries auquel avaient été annexés les bâtiments des anciens couvents des Capucins et des Feuillants) , les lanternes rares qui luttaient avec les ténèbres d'une nuit d'hiver et pâlissaient les visages ; les armes qui brillaient et retentissaient à toutes les portes, les pièces de canon que les canonniers, la mèche allumée, semblaient garder aux deux entrées principales, moins pour intimider le peuple que pour tourner ces pièces contre la salle si l'arrêt fatal n'en sortait pas ; le sourd mugissement d'une multitude innombrable veillant debout dans les rues adjacentes et pressant de tous côtés les murs comme pour leur arracher l'arrêt ; le mouvement des patrouilles qui fendaient avec peine cet océan d'hommes pour faire place aux représentants attardés ; les costumes, les physionomies, les bonnets rouges, les carmagnoles, les visages contractés, les voix rauques, les gestes atroces et significatifs, tout semblait calculé pour faire entrer par tous les sens dans l'âme des juges l'inexorable arrêt portée d'avance par le peuple. Ou sa mort ou la tienne ! Tels étaient les seuls mots murmurés tout bas, mais d'un accent impératif, à l'oreille de chaque député qui traversait les groupes pour se rendre à son poste.....

Les couloirs de la Convention, livrés aux chefs les plus sanguinaires des séditions de Paris, étaient également obstrués de groupes armés. Ces hommes s'y tenaient en ordre et en silence par respect du lieu ; mais on les avait postés là comme des symptômes vivants de la terreur que leurs noms, leurs armes et leurs souvenirs devaient imprimer aux juges du roi. Maillard, Fournier l'Américain, Jourdan Coupe-Tête donnaient des ordres par signe à leurs anciens complices, et leur désignaient d'un clin d’œil les noms et les visages qu'ils devaient observer et retenir. Il fallait défiler sous leurs yeux pour pénétrer dans l'enceinte. Ils semblaient écrire les signalements dans leur mémoire. C'étaient les statues de l'assassinat placées aux portes du tribunal du peuple pour commander la mort. Chaque député les coudoyait en entrant.... ».

De la même façon, voici ce qu'écrit Max Gallo dans « Révolution française » tome I chapitre 38 :

« Tandis que les citoyens honnêtes de cette ville attendent dans un calme profond le jugement de Louis XVI, peut-on lire dans les Annales républicaines du 18 janvier (1793) toutes les avenues de la Convention sont entourées d'une foule inconnue d'agitateurs dont les vociférations se font entendre jusque dans le temple législatif, et semblent vouloir influencer les opinions de nos mandataires. On les entend beugler de toutes leurs forces que si Louis XVI n'est pas condamné à mort, ils iront eux-même l'assassiner. Quelques députés en entrant hier dans la salle ont été menacés d'être massacrés s'ils ne votent pas la mort... ».

Conclusions :

L'acte d'accusation de Louis XVI fut une farce grotesque et son jugement par les députés conventionnels fut effectué dans un climat de terreur.

Dans l'histoire de France, si il y a un roi qui ne méritait pas d'être guillotiné, c'est bien Louis XVI, mais enfin chacun est libre d'avoir un jugement différent. Personne ne nous fera un procès sur notre opinion concernant la mort de Louis XVI.

Pour ce qui me concerne, je dis bravo aux Nantais qui ont conservé la statue de Louis XVI érigée en 1823 place maréchal Foch. Une autre statue de Louis XVI qui avait été réalisée en 1829 par Nicolas Raggi fut détruite début 1942 alors qu'elle était conservée au musée des Beaux-Arts de Bordeaux.

On trouvera en illustration un tableau publié par le quotidien belge « Le Peuple » le 16 octobre 2015 avec comme titre : « La mort héroïque de Marie-Antoinette le 16 octobre 1793 ».

J.D. 17 octobre 2015

Marie-Antoinette le 16 octobre 1793

Marie-Antoinette le 16 octobre 1793

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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 20:13

Tout le monde sait, tout au moins en France, que notre hymne national doit son nom à un bataillon de fédérés marseillais qui entrèrent dans la capitale en chantant un hymne composé par Claude Joseph Rouget de Lisle et d'abord appelé « chant de guerre pour l'armée du Rhin ». Voir la fiche N° 49 http://jean.delisle.over-blog.com/article-rouget-de-lisle-le-et-la-86379435.html

Mais combien savent pourquoi ces Marseillais vinrent à Paris et ce qu'ils y firent ?.

Explications :

1-Pourquoi sont-ils venus ? :

Avec le développement de la Révolution, une coalition se forma en Europe contre la France. La première coalition pour cette période (il y en eut 7 de 1792 à 1815) regroupa : les royaumes de Grande-Bretagne, de Sardaigne, d'Espagne, de Naples, de Prusse du Portugal, Les Provinces Unies (la Hollande) et le Saint Empire (à l'époque : Autriche, Hongrie, Bohême).

La crainte d'une invasion et de voir Paris assiégé, amena l'Assemblée législative, par décret du 8 juin 1792, à réclamer la levée en province de 20.000 gardes nationaux. Cela est à replacer, en outre, dans le contexte de la rivalité entre les Girondins qui tenaient la province et avaient alors le pouvoir et les Montagnards (Jacobins et Cordeliers) qui contrôlaient Paris.

A Marseille, un bataillon de 516 hommes fut enrôlé les 25 et 26 juin 1792, se mit en route, à pied, pour Paris le 3 juillet et arriva dans la capitale le 29 juillet. En traversant la France, tout au long de leur parcours, ces soldats furent accueillis et fêtés par les populations locales. Ces recrues avaient pris le nom de « fédérés ». (nom donné en lien avec la fête de la Fédération du 14 juillet 1790 et pour fêter l'union, la « fédération » de la garde nationale et des gardes venus de province).

Il en vint d'autres provinces ou villes françaises, les premiers étaient parvenus à Paris le 17 juillet ; mais les Marseillais restèrent les plus célèbres. En arrivant à Paris, plusieurs groupes de Fédérés remirent à l'Assemblée une pétition demandant la destitution du roi.

2-Que firent-ils à Paris ? :

*Malgré l'importance de la coalition, Paris ne fut pas assiégé à ce moment là. Les coalisés étaient divisés ou avaient d'autres priorités. Les Prussiens par exemple étaient préoccupés des visées russes sur la Pologne.

*Le duc de Brunswick (Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick né le 9 octobre 1735) avait été mis à la tête des troupes de la coalition. Il fit preuve de beaucoup d'inertie. Certains l'accusèrent d'incompétence d'autres même de trahison. Je n'ai pas d'avis sur la question.

*Ce Brunswick avait donné son nom à un manifeste en date du 25 juillet 1792 qui menaçait la population française de représailles. Au lieu de calmer la fureur révolutionnaire, cela l'excita et conduisit à l'invasion des Tuileries le 10 août 1792.

*Ce jour là, 20.000 manifestants soutenus par les fédérés surtout ceux de Brest et de Marseille s'emparèrent du palais des Tuileries qui était encore occupé par la famille royale. Le palais était défendu par 950 gardes Suisses et quelques 200 nobles venus en renforts. Il y eut des combats et des morts de chaque côté, mais surtout du côté de ceux qui défendaient les Tuileries et le roi et ce d'autant que les fédérés possédaient 12 canons. La garde nationale laissa faire et ce ne fut pas un combat mais une boucherie.

*600 gardes Suisses furent massacrés les autres faits prisonniers, dont 60 emmenés à l'hôtel de ville furent immédiatement massacrés, les autres internés à la prison du Châtelet, de la conciergerie ou de la Force.

Il en fut de même des nobles, quelques-uns parvinrent à s'enfuir dont Pierre de Lamartine père d'Alphonse.

*Louis XVI et la famille royale ne durent (ce jour là) leur salut qu'en se réfugiant à l'Assemblée législative qui suspendit le roi. Trois jours plus tard (le 13 septembre 1792) la famille royale était internée à la prison du Temple.

*Certains meneurs dont Marat, à travers son journal l'ami du peuple, ou Danton appelèrent au meurtre des ennemis du peuple. C'était clairement les Suisses et les Nobles emprisonnés qui avaient échappés au massacre du 10 août qui étaient visés.

*A l'époque il n'y avait pas besoin de beaucoup pousser le peuple pour qu'il démarre au quart de tour. Des commandos s'organisèrent et firent le tour des prisons du 2 au 6 septembre 1792 pour en massacrer tout le contenu. Non seulement les Suisses et les Nobles mais par exemple 92 prêtres au séminaire Saint Firmin, 186 prostituées à la Salpétrière, les fous à Bicêtre etc.

*Dans « histoire des Girondins » (chapitre XX du livre vingt-cinquième) Alphonse de Lamartine décrit par exemple un des égorgeurs nommé Delorme :

»infatigable au meurtre, égorgea à lui seul plus de deux cents prisonniers pendant les trois jours et trois nuits du massacre, sans prendre d'autre relâches que les courtes orgies où il allait retremper ses forces dans le vin ».

*Voici comment de son côté Max Gallo décrit ces massacres (dans « Révolution française » tome 1 paru en 2008 chez XO éditions) :

« On tue donc sans hésitation, gaiement.

Autour des cadavres on danse, on chante La Carmagnolle. ..

On les sabre, on les pique, on les dépèce, on arrache leurs entrailles, on tranche leur sexe. On dispose des bancs pour les habitants du quartier qu'on réveille afin qu'ils puissent assister au spectacle purificateur. Et qui oserait refuser quoi que ce soit à ces hommes armés ? Ils posent des lampions sur chaque cadavre.

Et pour que l'ennui de tuer ne vienne pas tuer l'ardeur, on s'excite, on jouit de faire souffrir. On met les condamnés à nu, on entaille leur corps.

Voici la princesse de Lamballe, amie de la reine. C'est une petite femme vêtue de blanc, raconte un témoin, que les bourreaux armés de toutes sortes d'armes assommèrent. On lui coupe la tête, on traîne son corps. On le fend, on arrache le cœur. La rumeur se répand qu'on l'a fait griller et qu'un homme l'a mangé.

On promène la tête et les parties génitales- dit un témoin- jusqu'au Temple. On interpelle Marie-Antoinette. On veut qu'elle voie comment le peuple se venge de ses tyrans... »

*La garde nationale, une nouvelle fois, laissa faire. Quant aux fédérés, si leur participation aux massacres des Tuileries est avérée, elle est moins nette pour les massacres de septembre 1792. Mais à tout le moins ils protégèrent les massacreurs.

3-Leur retour à Marseille :

Les fédérés marseillais étaient de retour dans leur ville le 22 octobre 1792 où ils furent accueillis en héros !

Pour beaucoup leur intervention avait permis l'abolition de la royauté, pour d'autres leur périple à Paris les avait rendus complices de massacreurs.

A chacun de se faire son opinion, étant entendu que personne n'a l'obligation d'avoir une opinion.

J.D. 11 octobre 2015

massacres à la Salpétrière le 3 septembre 1792, auteur anonyme, au musée du Louvre

massacres à la Salpétrière le 3 septembre 1792, auteur anonyme, au musée du Louvre

violon sur lequel Rouget de Lisle composa la musique de La Marseillaise dans la nuit du 25 au 26 avril  2016. Exposé au musée le-Saunier, photo J.D. 4 juillet 2016 et document daté du 3 septembre 1904, photo Anne Delisle-Dugast le 4 juillet 2016 rue du Commerce à Lons-le-Saunier
violon sur lequel Rouget de Lisle composa la musique de La Marseillaise dans la nuit du 25 au 26 avril  2016. Exposé au musée le-Saunier, photo J.D. 4 juillet 2016 et document daté du 3 septembre 1904, photo Anne Delisle-Dugast le 4 juillet 2016 rue du Commerce à Lons-le-Saunier

violon sur lequel Rouget de Lisle composa la musique de La Marseillaise dans la nuit du 25 au 26 avril 2016. Exposé au musée le-Saunier, photo J.D. 4 juillet 2016 et document daté du 3 septembre 1904, photo Anne Delisle-Dugast le 4 juillet 2016 rue du Commerce à Lons-le-Saunier

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