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19 novembre 2017 7 19 /11 /novembre /2017 15:13

Les Saints de la dynastie Savoie N°403

 

Partis de Maurienne, 43 membres de la même famille se succédèrent durant plus de 9 siècles comme « souverains de Savoie ».

D'abord comtes vers 1032, puis ducs de Savoie en 1416, roi de Sicile en 1713, titre changé pour celui de rois de Sardaigne en 1720 puis finalement rois d'Italie en 1861 jusqu'à la proclamation de la République italienne en 1946. Sur l'histoire de cette dynastie voir les fiches N°66 http://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-de-la-maison-de-savoie-59295182.html et 56 http://jean.delisle.over-blog.com/article-savoie-et-maison-de-savoie-99226231.html

Ces 43 souverains et leur famille eurent au moins un point commun qui ne faiblit pas au cours des siècles, ils furent toujours d'ardents défenseurs de la religion catholique. Participation aux croisades (fiche N°75 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-croisades-et-la-maison-de-savoie-111013595.html) ou batailles contre les musulmans  (voir fiche N°372 http://jean.delisle.over-blog.com/2017/05/la-bataille-de-lepante-n-372.html). Ils financèrent la construction d'églises ou d'abbayes ainsi que des ordres religieux. L'un des ducs de Savoie devint même pape (fiche 285 http://jean.delisle.over-blog.com/felix-V-le-pape-aux-3.000-bulles-n-285.html).

Plusieurs membres de cette famille furent béatifiés par les papes ; les voici :

*Humbert III : fils de Mathilde d'Albon et d'Amédée III, il naquit le 1er août 1136 au château d'Aveillane (sur le territoire d'Avigliana dans le Piémont). Lorsque Amédée III partit pour la seconde croisade en 1147, il confia son fils à un moine de l'abbaye de Hautecombe. Humbert devint le huitième comte de Savoie à la mort de son père à Chypre en 1148. De son séjour à Hautecombe il conserva un grand sentiment de piété. Durant son règne il fut le fondateur de la chartreuse d'Aillon en Savoie ainsi que de l'abbaye de Saint Antoine de Ranvers (San Antonio di Ranverso) à Battigliera Alta (Piémont). Décédé le 4 mars 1189, il fut le premier membre de la dynastie Savoie à être inhumé à Hautecombe où une statue le représente. Un vitrail lui est également consacré dans la cathédrale Saint François de Sales à Chambéry. Il fut béatifié par le pape Grégoire XVI en 1836 pour le sept-centième anniversaire de sa naissance.

*Boniface de Savoie : fils de Marguerite de Genève et du comte de Savoie Thomas 1er, il naquit vers 1207. Il commença une carrière religieuse comme moine à la Grande Chartreuse (à Saint Pierre de Chartreuse Isère) puis fut nommé évêque de Belley dans l'Ain en 1232 puis archevêque de Cantorbéry (Canterbury dans le Kent en Grande-Bretagne) en 1241 jusqu'à son décès le 18 juillet 1270 au château de Sainte Hélène sur Isère (Savoie). Il fut inhumé à l'abbaye de Hautecombe (Savoie) Il fut béatifié le 23 février 1839 par le pape Grégoire XVI en même temps que Louise de Savoie. Il est représenté sur un vitrail de l'église Saint François de Sales à Chambéry.

*Marguerite de Savoie : Elle naquit vers 1383 à Pignerol (Pinerolo dans le Piémont) fille d'un Amédée de Savoie et petite-fille par sa mère d'un autre Amédée comte de Genève. Elle fut mariée un 17 janvier 1403 à Théodore II marquis de Montferrat (dans le Piémont). Veuve en 1418 elle fut la fondatrice du monastère de Sainte Marie-Madeleine (rattaché à l'ordre des Dominicains) à Alba dans le Piémont où elle prit le voile. Décédée le 23 novembre 1464, elle fut inhumée dans l'église Marie-Madeleine de Albe. Elle fut béatifiée par le pape Clément X en 1671. Elle est représentée sur un vitrail de l'église Saint François de Sales à Chambéry, sur une mosaïque de l'église Notre-Dame du Léman à Thonon-les-Bains ainsi que sur un panneau des boiseries du chœur de la basilique Sainte Marie-Madeleine à Saint Maximin la Sainte Baume dans le Var

*Amédée IX : fils d'Anne de Chypre et du duc de Savoie Louis 1er, il naquit à Thonon-les-Bains le 1er février 1435. Il devint le troisième duc de Savoie à la mort de son père le 29 janvier 1465. Il se maria en 1452 avec Yolande de France fille de Marie d'Anjou et du roi de France Charles VII. Plus tourné vers la piété que vers l'administration, c'est sa femme qui, de fait, dirigea le duché. Décédé le 30 mars 1472, il fut inhumé dans la cathédrale Saint Eusèbe à Verceil (Vercelli, Piémont) où le rejoignit Yolande de France lors de son décès le 23 août 1478. Dans cette cathédrale sont également inhumés les ducs de Savoie Charles II (mort en 1553) et Victor-Amédée 1er décédé en 1637. Amédée IX fut béatifié par le pape Paul V en 1677. Il est représenté sur un vitrail et sur une fresque de l'église Saint François de Sales à Chambéry.

*Louise de Savoie : Fille du duc de Savoie Amédée IX et de Yolande de France (sœur de Louis XI), elle naquit à Bourg-en-Bresse le 28 juillet 1462. Mariée à Hugues de Châlon le 24 août 1479, elle devint veuve en 1490. Elle entra alors chez les Clarisses à Orbe (canton de Vaud en Suisse)

Décédée le 24 juillet 1503, sa dépouilles fut transposée en 1838 dans la chapelle du palais royal de Turin. Elle fut béatifiée en 1839 par le pape Grégoire XVI.

Il ne faut pas confondre cette Louise de Savoie avec la mère de François 1er

*Marie Clotilde de France : fille de Marie-Josèphe de Saxe et de Louis Ferdinand (fils de Louis XV) elle naquit à Versailles le 23 septembre 1759. Trois de ses frères furent rois de France (Louis XVI, Louis XVIII et Charles X, les deux derniers épousèrent une princesse de Savoie) ; Marie Clotilde épousa elle-même le 6 septembre 1775 en la Sainte Chapelle du château de Chambéry Charles-Emmanuel qui devint roi de Sardaigne en 1796 et qui fut contraint de se réfugier en Sardaigne suite à l'invasion et à l'annexion d'une partie de l'Italie par la France. Elle assista impuissante à tous les événements de la Révolution française, à l'exécution de son frère (LouisXVI), de sa belles-sœur (Marie-Antoinette), de son neveu, à l'invasion de la Savoie puis du Piémont et d'une grande partie de l'Italie...

Marie-Clotilde décéda à Naples le 7 mars 1802 et fut inhumée dans l'église Santa Caterina de Naples. Elle fut déclarée « vénérable » par le pape Pie VII le 10 avril 1808.

 

Illustration : on trouvera en illustration la cathédrale Saint Eusèbe de Verceil (Vercelli) en Piémont, au sud-ouest de Novara et à peu près à mi-chemin entre Turin et Milan ; où furent inhumés trois ducs de Savoie.

J.D. 19 novembre 2017

cathédrale de Vercelli où furent inhumés 3 ducs de Savoie, image du net

cathédrale de Vercelli où furent inhumés 3 ducs de Savoie, image du net

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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 18:28

Montmayeur est le nom d'une des grandes familles de Savoie.

Les traces les plus anciennes de cette famille remontent au XIIe siècle

Au XIVe siècle, ils sont intitulés « seigneurs de Villar-Sallet et Moutier » selon l'orthographe de l'époque. En fait ils ont autorité sur une zone assez grande comprenant principalement la Tarentaise, la vallée de l'Isère (partie savoyarde), la vallée du Gelon et les Bauges.

Ils ont le titre de « seigneurs de Montmayeur » au début du XVe siècle puis reçoivent le titre de comtes en 1449, alors que les comtes de Savoie sont devenus ducs en 1416.

Jusqu'à la disparition des différentes branches de la famille, au dix-septième siècle, ils furent vassaux de la Maison de Savoie, participant aux côtés des comtes puis des ducs de Savoie à leurs croisades, guerres... et fournirent à la Savoie de nombreux conseillers et plusieurs « maréchaux de Savoie ».

Aujourd'hui, il reste deux principaux témoignages de cette famille : à Villard Sallet, dans la vallée du Gelon (canton de La Rochette) et à Aime en Tarentaise.

Villard Sallet : Sur cette commune a été construit au douzième siècle un « château de Montmayeur » qui fut ravagé en 1597 par les troupes dauphinoises de Lesdiguières qui devint duc par la grâce de Louis XIII en 1611.

De ce château, aujourd'hui, il reste le donjon carré de 19,60 mètres de haut et de 7,60 mètres de côté ainsi qu'une tour. Donjon et tour ont été classés par les Monuments Historiques le 19 septembre 1989. Voici ce que l'on peut lire à leur sujet dans le dictionnaire du duché de Savoie daté de 1840 :

*à Montmayeur : « Ancien château situé sur une colline qui domine la vallée des Molettes, de Saint-Pierre de Soucy et de Sainte-Hélène du Lac à l'ouest et celle de La Rochette à l'est. Il ne reste de ce château, berceau de la plus illustre et la plus puissante maison de la Savoie, que deux vieilles tours noircies et élancées qui se dessinent sur les Alpes. C'était une branche de celle de Miolans (il s'agit de la famille de Miolans). Le drame qui fit raser leur château au commencement du XVe siècle n'est pas de notre ressort. Sur la sommité de la commune de Montmayeur, on voit les traces d'une voie romaine assez bien conservée ».

*à Villard-Sallet (écrit aussi Villarsallet dans le document de 1840) : « ...Située sur la rive gauche du Gelon, au revers oriental de la colline de Montmayeur...On y voit un vieux château qu'ont habité les comtes de Savoie. »

Les visites sont libres toute l'année

Aime : Il reste une tour carrée du quatorzième siècle appelée « tour de Montmayeur » de 19,30 mètres de haut et de 9,55 mètres de côté qui était entourée d'une enceinte, qui, elle, a disparu. Cette tour a été classée par les Monuments Historiques le 21 août 1983. Voici ce que l'on peut lire sur le dictionnaire du duché de Savoie de 1840 :

« C'est le Forum Claudi des Romains et il fut la capitale d'une de leurs provinces, comme on le voit par des inscriptions conservées. Il était jadis clos de murs ; on y voit encore des portes, des restes de fortifications, de souterrains et de tours. »

Aujourd'hui, la tour appartient à la commune d'Aime, qui l'a transformée en musée : *au sous-sol, le vin en Savoie au Moyen-Age,

*au rez-de-chaussée, niveau qui servait de salle de justice, reconstitution d'une scène d'époque médiévale,

*sur les 3 premiers étages : données sur les constructions en Tarentaise en fonction de l'altitude

*au dernier niveau : documents sur l'histoire de la Savoie et de la famille Montmayeur, avec une terrasse d'où l'on a une vue superbe sur l'environnement d'Aime.

Les expositions présentées sont de qualité mais l'entrée est payante avec un tarif modeste

J.D. 16 août 2016

tour Montmayeur à Aime (Savoie), photo J.D. 11 août 2016

tour Montmayeur à Aime (Savoie), photo J.D. 11 août 2016

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 17:09

Amédée, le sixième du nom dans la dynastie de la Maison de Savoie naquit à Chambéry le 4 janvier 1334 et décéda de la peste le 1er mars 1383 à Capoue (Italie).

Il devint le comte de Savoie Amédée VI à la mort de son père (Aymon-le-Pacifique) le 22 juin 1343.

Dès 1348, Amédé VI reçut le surnom de « Comte Verd » après un tournoi, à Chambéry au Verney (lieu situé entre la rivière Leysse et le château, aujourd'hui jardin public), où il était habillé tout en verd selon l'orthographe en usage au quatorzième siècle. Voici ce qu'écrit à ce sujet Samuel Guichenon en 1660 dans " Histoire généalogique de la royale Maison de Savoie" :

Le Comte qui parut le premier iour de la jouste aux armes verdes, son cheval capparassonné de Verd, & la livrée de ses gens verde, y acquit le surnom de Verd”.

*A la fin du seizième siècle en France, le mot “verd” , d'où sont restés verdure, verdâtre, verdoyant, reverdir… a commencé à s'écrire “vert” et l'usage “vert” a perduré.

*S'agissant du nom d'Amédée VI, comme à l'évidence, aucun humain n'a jamais cotoyé le comte Vert mais qu'ils sont très nombreux a avoir connu le comte Verd, il me semblait qu'il y avait lieu de conserver l'orthographe “comte Verd”. En Italie, il est d'ailleurs appelé : “il conte Verde”.

*Mais durant des années j'ai eu l'impression d'être le seul à avoir cette opinion.

On a en effet à Chambéry une avenue du Comte Vert, un restaurant du Comte Vert, une salle du Comte Vert dans le château des ducs…

*Et puis, miracle, cette semaine de fin juillet 2016, j'ai vu écrit 2 fois “Comte Verd”.

*Le lundi 25 juillet 2016, dans la grange batelière de l'abbaye d'Hautecombe, sur la rive ouest du lac du Bourget en Savoie, à l'occasion d'une exposition consacrée aux 600 ans du duché de Savoie (exposition du 18 juin au 18 septembre 2016), sur le mur à gauche en entrant, sur une grande banderolle récapitulant tous les membres de la dynastie “Savoie” on trouve : “Amédée VI dit le comte Verd”.

*le mercredi 27 juillet 2016, au château des ducs de Savoie à Chambéry, dans les Salles de la Chambre des comptes, pour une exposition intitulée : “Le château, la Savoie, dix siècles d'histoire”, on trouve la même mention : “Amédée VI dit le Comte Verd”.

*Alors on verra peut-être un jour l'Avenue du Comte Verd à Chambéry et la salle du Comte Verd au château des Ducs.

J.D. 27 juillet 2016

P.S. sur le comte Verd, voir en complément la note N°66 :

http://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-de-la-maison-de-savoie-59295182.html

le comte Verd à Hautecombe et dans le château des ducs à Chambéry, photos J.D. 25 et 27 juillet 2016
le comte Verd à Hautecombe et dans le château des ducs à Chambéry, photos J.D. 25 et 27 juillet 2016

le comte Verd à Hautecombe et dans le château des ducs à Chambéry, photos J.D. 25 et 27 juillet 2016

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 15:26

Sybille de Bâgé naquit en l'an 1255 à Bâgé, dans l'actuel département de l'Ain, et à une dizaine de kms à l'est de Macon (qui n'est pas dans l'Ain).

A noter que selon les auteurs, on trouve l'orthographe Sybille, Sibylle ou Sibille, Bâgé, Bagé ou Baugé.

*Elle fut la fille de Guy II de Bâgé, décédé en 1255, l'année de naissance de sa fille, et de Béatrice dauphine de Montferrat.

Côté paternel, elle descend d'une lignée qui, depuis le début des années 1.000 s'intitulait : « sires de Bâgé et seigneurs de Bresse ».

*Son grand-père, Renaud IV de Bâgé mourut en 1250 à Mansourah en Égypte alors qu'il accompagnait le roi Louis IX (Saint Louis) à la septième croisade. Les sires de Bâgé ont régulièrement participé aux croisades.

*A la mort de Renaud IV, Philippe de Savoie, alors archevêque de Lyon prit la tutelle des enfants de Renaud.

C'est Philippe de Savoie qui arrangea le mariage de Sybille avec un de ses neveux : Amédée de Savoie qui devint comte de Savoie (Amédée V) en 1285.

*Pour sa part, le mariage eut lieu le 5 juillet 1272 au château de Chillon à l'extrémité est du lac Léman. Sybille apportait la Bresse en dot à son mari, ce qui n'était qu'une régularisation car, de fait, la Maison de Savoie, par la tutelle de Philippe avait récupéré la Bresse dès 1266, puis, poursuivant son expansion, le Bugey et le Valromey en 1359 et le Revermont en 1389.

*Avec Amédée V, Sybille eut 8 enfants dont deux furent successivement comtes de Savoie : Edouard comte de 1323 à sa mort en 1329 et Aymon comte de 1329 à son décès en 1343.

Sybille de Bâgé décéda le 27 mai 1294 et fut inhumée à l'abbaye d'Hautecombe le 4 juin de la même année, avec son fils Jean décédé dans les mêmes moments. Elle y a encore un très beau cénotaphe : le deuxième, à gauche, dans la contre allée gauche en entrant.

On trouvera en illustration la représentation de l'abbaye d'Hautecombe en 1824 c'est-à-dire après le passage des vandales de la Révolution. Cette gravure a été publiée dans « abbaye d'Hautecombe » éditée par la Communauté du Chemin Neuf en mars 2014.

*La Bresse resta dans le domaine de la Maison de Savoie jusqu'au traité de Lyon du 17 janvier 1601 par lequel Henri IV récupéra pour la France : La Bresse, le Bugey, le Valromey et le pays de Gex.

*De ces trois siècles et demi d'appartenance à la Savoie, il reste en Bresse de nombreux témoignages, voir la note N°56 http://jean.delisle.over-blog.com/article-savoie-et-maison-de-savoie-99226231.html

dont le plus connu est l'église de Brou à l'entrée de Bourg-en-Bresse (en venant de Chambéry).

*Trois communes de l'Ain portent encore le nom de Bâgé : Bâgé-le-Châtel, Bâgé-la-Ville et Saint-André-de-Bâgé, sans oublier la Communauté de communes du « Pays de Bâgé » qui regroupe 9 des 10 communes de l'ancien canton de... Bâgé et compte dans les 15.000 habitants.

C'est Bâgé-le-Châtel qui fut la capitale des Sires de Bâgé et qui fut en conséquence la capitale de la Bresse jusqu'au décès de Sybille de Bâgé. C'est alors Bourg-en-Bresse qui récupéra le rôle de capitale.

J.D. 17 juillet 2016

Hautecombe en 1824, source : Communauté du Chemin Neuf et cénotaphe de Sybille de Bagé à Hautecombe, photo J.D. 25 juillet 2016
Hautecombe en 1824, source : Communauté du Chemin Neuf et cénotaphe de Sybille de Bagé à Hautecombe, photo J.D. 25 juillet 2016

Hautecombe en 1824, source : Communauté du Chemin Neuf et cénotaphe de Sybille de Bagé à Hautecombe, photo J.D. 25 juillet 2016

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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 19:18

Le Moyen-Age connut une triste fin (voir note N°203 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/11/la-triste-fin-du-moyen-age-n-203.html)

Pendant que la peste sévissait (épidémies régulières dont la peste noire à partir de 1348), que Français et Anglais s'étripaient (guerre de Cent Ans de 1337 à 1453), qu'Armagnacs et Bourguignons faisaient de même (la guerre à l'intérieur de la guerre de Cent Ans), que Philippe IV le Bel faisait arrêter le pape Boniface VIII le 8 septembre 1303 à Anagni (à 60 kms au sud-est de Rome), puis les Templiers (en octobre 1307) ; les Ottomans poursuivaient leurs offensives contre l'Empire byzantin (prise de Constantinople le 29 mai 1453).

Les États chrétiens et l’Église catholique se déchiraient. Après la guerre entre les Guelfes (partisans du pape) et les Gibelins (partisans du Saint Empire) ; il y eut le Grand Schisme, avec des papes à Rome et d'autres ailleurs en même temps. Récapitulation sur le tableau ci-après des papes et anti-papes de 1305 à 1455:

Clément V (5.6.1305/ 20.4.1314) en Avignon

Jean XXII (7.8.1316/4.12.1334) en Avignon

Nicolas V (12.5.1328/25.8.1330) à Rome

Benoit XII (20.12.1334/25.4.1342) en Avignon

Clément VI (7.5.1342/6.12.1352) en Avignon

Innocent VI (18.12.1352/12.9.1362) en Avignon

Urbain V (28.9.1362/19.12.1370) en Avignon

Grégoire XI (30.12.1370/27.3.1378) en Avignon

Clément VII (20.9.1378/16.9.1394) en Avignon

Urbain VI (18.4.1378/15.10.1389) à Rome

Benoit XIII (28.9.1394/11.3.1403) en Avignon. Il dut s'enfuir d'Avignon et siégea à Peniscola en Espagne (Catalogne) jusqu'au 23.5.1423

Boniface IX (2.11.1389/1.10.1404) à Rome

Innocent VII (17.10.1404/6.11.1406) à Rome

Grégoire XII (30.11.1406/4.11.1415) à Rome

Alexandre V, élu à Pise (26.6.1409/3.5.1410)

Jean XXIII,élu à Bologne (17.5.1410/28.5.1415)

Martin V (1.11.1417/20.2.1431) à Rome

Clément VII à Peniscola(10.6.1423/26.7.1429)

Eugene IV (3.4.1431/23.2.1447) à Rome puis à Florence de 1432 a 1441

Nicolas V (6.3.1447/24.3.1455) à Rome

Félix V élu à Bâle (5.11.1439/7.4.1449) siégea à Bâle puis à Lausanne.

Voir sous forme de tableau en annexe

Pour résoudre tous ces problèmes, il y eut une suite de conciles :

*Concile de Pise :

Ce concile commença en mars 1409 et se termina le 7 août de la même année. Y participèrent 14 cardinaux partisans du pape de Rome et 10 du pape d'Avignon ( le Vatican possédait le Comtat Venaissin et par conséquent Avignon depuis 1274), outre de nombreux évêques. Ce concile déposa les 2 papes en place : celui d'Avignon (Benoit XIII qui avait le soutien de l'Espagne, du Portugal, de la France et de l'Ecosse) et celui de Rome (Grégoire XII soutenu par les Etats italiens et ceux du Saint Empire) et procéda à l'élection d'un nouveau pape (Alexandre V archevêque de Milan) qui s'installa à Bologne. Alexandre V mourut le 3 mai 1410. Des cardinaux réunis à Bologne élurent, pour le remplacer un nouveau pape qui régna sous le nom de Jean XXIII jusqu'au 29 mai 1415.

Mais les 2 papes démis se maintenant, l’Église se retrouva avec 3 papes ou selon la doctrine de l’Église, avec 1 pape et 2 anti-papes.

*Concile de Constance :

Il s'ouvrit le 5 novembre 1414 pour se terminer le 22 avril 1418. Sigismond empereur germanique imposa un vote par nation et non par prélat pour retirer la majorité aux Italiens.

Le 11 novembre 1417, le Concile élut un nouveau pape : Martin V (cardinal à Rome, pour Sigismond , c'était raté) qui fit une entrée triomphale à Rome, en tant que pape, seulement le 22 septembre 1420. Il mourut le 20 février 1431.

*Concile de Pavie :

Il s'ouvrit en mai 1423 mais fut interrompu le 22 juin de la même année pour cause de peste dans la région.

*Concile de Sienne :

Il prit le relais du concile de Pavie le 22 août 1423 et se termina le 26 janvier 1424 sans avoir pris de grandes décisions

*Concile de Bâle :

Il débuta le 23 juillet 1431 dans la cathédrale de Bâle et se termina fin 1449. Très vite, ce concile entra en conflit avec le pape en voulant affirmer la primauté du concile sur le pape. Ce pape, Eugène IV (originaire de Venise, neveu du pape Grégoire XII, cardinal depuis 1426, élu à Rome le 3 mars 1431) promulgua 2 bulles de dissolution du concile : le 12 novembre 1431 puis le 11 février 1432. Mais les prélats qui participaient au concile, au moins pour nombre d'entre-eux, poursuivirent leurs travaux. Une émeute à Rome obligea Eugène IV à s'installer à Florence durant 9 années (1432/1441).

En réponse à l'hostilité du Pape, le concile de Bâle le déclara « hérétique » en juin 1438. En réponse à cette réponse, le pape excommunia le 4 septembre 1439, tous les participants à ce concile. Dès le 5 novembre 1439, le concile de Bâle élisait un nouveau pape : le duc de Savoie Amédée VIII qui devint pape sous le nom de Félix V ; en notant cependant qu'il est classé « anti-pape » dans la nomenclature officielle de l’Église catholique qui recense 36 « anti-papes » malgré qu'ils aient été tous élus par une assemblée de prélats.

*Conciles de Ferrare et de Florence :

Pour contrer le concile de Bâle qui lui était hostile, le pape Eugène IV convoqua un concile qui s'ouvrit à Ferrare (Ferrara en italien) le 8 janvier 1438, mais se transporta à Florence pour cause d'épidémie de peste. Le concile reprit à Florence à compter du 16 janvier 1439, alors que durant le même temps d'autres cardinaux et évêques poursuivaient leur concile et leurs conciliabules à Bâle.

A ces conciles (Ferrare et Florence), Eugène IV tenta de réunir les Églises catholique et orthodoxe dont la séparation avait commencé en 1054 et s'était confirmée en 1204 lors de la prise de Constantinople par l'armée de la quatrième croisade. Un décret de réunification des Églises fut signé le 5 juillet 1439 dans la cathédrale de Florence (Santa Maria dei Fiori) par le pape Eugène IV et par l'empereur byzantin Jean VIII Paléologue. Ce décret de réunification fut proclamé dans la cathédrale Sainte Sophie de Constantinople le 12 décembre 1452. Mais 6 mois plus tard, Constantinople tombait aux mains des Ottomans musulmans et devenait Istanbul, mettant fin à plus d'un millénaire d'histoire de l'Empire romain d'Orient ou Empire byzantin. Ce fut l’Église russe qui dirigea le monde orthodoxe à la place de Byzance ; or cette Église n'avait pas reconnu le décret de réunification ; il devint, de fait, lettre morte.

Les relations entre l’Église catholique et l'islam avait été l'un des thèmes d'études du concile de Bâle. La plupart des prélats préconisaient un « dialogue constructif » avec l'islam. Cependant à ce concile, Jean Germain évêque de Nevers, probablement plus au fait de l'islam que ses collègues déclara : « la méthode pacifiste avec les musulmans est difficile, inutile, risquée et scandaleuse ».

Ajoutons encore, sur le concile de Bâle, que Nicolas V dernier pape de cette période de schisme, donna le duché de Savoie à la France par bulle du 12 décembre 1447 et ce bien sûr pour faire de la France une alliée face aux prélats réunis à Bâle. Cela n'eut pas de suite.

Félix V :

Amédée naquit à Chambéry le 4 septembre 1383. Il devint le 19e et dernier comte de Savoie sous le nom d'Amédée VIII à la mort de son père (Amédée VII dit le comte rouge) le 1er novembre 1391.

Il devint le premier des 15 ducs de Savoie, le 19 février 1416 par la grâce de Sigismond empereur germanique. Il se maria le 27 octobre 1401 avec Marie de Bourgogne petite-fille de Jean le Bon roi de France, décédée le 8 octobre 1422.

Devenant pape, Amédée VIII abdiqua de son titre de duc de Savoie en faveur de son fils Louis le 6 janvier 1440.

C'est le 24 juin 1440 qu'Amédée fit une entrée triomphale à Bâle aux sons des « cloches de Bâle ». Il fut couronné pape à Bâle le 24 juillet 1440. Dans son histoire de « La Maison de Savoie », Marie-José (dernière reine d'Italie) consacre deux tomes entiers à Amédée VIII (édition Albin Michel en 1962) dont une grande partie est consacrée à son activité de pape sous le nom de Félix V. Pour mettre fin à la division de l’Église, Félix V abdiqua le 7 avril 1449. Le pape (Nicolas V) lui conserva un titre de cardinal.

Il régna comme pape d'abord à Bâle puis à Lausanne. Travailleur et organisateur, son action toucha de nombreux domaines et se traduisit par plus de 3.000 bulles aujourd'hui regroupées en huit volumes conservés aux Archives de Turin sous le nom de « Bullaire ». Il en existe une copie aux archives du Vatican.

Au jugement de Marie-José, son pontificat fut exemplaire, mais pour l’Église il fut un anti-pape, cependant il fit probablement beaucoup plus pour la communauté chrétienne que beaucoup d'autres pontifes classés « vrais papes », surtout quand on pense à certains pontifes comme Alexandre VI Borgia !. Comme quoi tout est relatif dans ce bas monde !

J.D. 6 mai 2016

portrait de Félix V publié par Marie-José

portrait de Félix V publié par Marie-José

liste des papes et anti-papes de 1305 à 1455

liste des papes et anti-papes de 1305 à 1455

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 16:24

On peut lire sur certains textes que la ville de Turin fut fondée sous le règne d'Auguste (empereur de -27 à +14) et prit le nom d'Augusta Taurinorum ».

Si cela est exact pour le nom à partir du règne d'Auguste, par contre la ville existait au minimum 2 siècles avant Auguste. Au mieux, Auguste en aurait été le restaurateur ou aurait donné un nouvel élan à cette cité.

*Polybe, historien d'origine grecque qui vécut de -200 à -125 (dates approximatives) raconte dans ses « Histoires » au livre III, qu'Hannibal assiégea Turin durant 3 jours et prit la ville d'assaut. Or l'arrivée d'Hannibal en Italie se situe à la fin de l'année 218 avant notre ère.

*Avant Auguste, la ville s'appelait « Taurasia » et tenait son nom de son peuple fondateur, une tribu celtique que Polybe appelle « Taurisques » et les latins « Taurines » ou « Taurini ». Cette tribu tire son nom d'une racine « taur » qui signifie « montagne » (voir Taurus en Turquie par exemple ou Tauredunum ou Mont Taurus dans le Valais en Suisse dont l'écroulement en l'an 563 provoqua de gros dégâts et un tsunami sur le lac Léman).

*Je ne sais quand, ni pour quelles raisons la ville de Turin prit le taureau (toro en italien) comme symbole. Le taureau figure dans le blason de la ville, sur les bornes-fontaines…

*Un club de foot turinois (le Torino Football Club) est surnommé « il Toro », il a aussi le taureau dans son blason. Ce club fondé en 1906, fut l'un des principaux clubs italiens, il remporta 5 fois de suite le championnat de foot italien ; mais le 4 mai 1949, l'avion qui ramenait l'équipe de Lisbonne, son accompagnement technique et des journalistes, heurta la colline de Superga qui domine Turin et il n'y eut pas de survivants. Un monument a été dressé au lieu de l'impact et fait toujours l'objet d'un « pèlerinage », de la part de Turinois, aux dates anniversaires de la catastrophe. Le club existe toujours mais n'est plus ce qu'il était avant 1949. C'est la Juventus qui est devenue le club-phare de Turin.

*Une compagnie d'assurances (Toro Assicurazioni) fondée à Turin il y a 170 ans, a pris aussi le taureau comme référence.

Torino histoire :

C'est à l'occasion des guerres contre Carthage (de -264 à -146) que Rome acheva la conquête de l'Italie dont l'Italie du nord (appelée encore à l'époque « Gaule cisalpine ») à partir de l'an -225.

Turin et sa région suivirent donc la fortune de Rome et connurent dans les derniers siècles de l'empire romain d'Occident les grandes invasions comme le reste de l'Italie.

Après la chute de l'empire romain d'Occident (en l'an 476) Turin devint au sixième siècle le siège d'un duché lombard, puis passa sous le contrôle des Francs et de l'empire Carolingien.

*Vers l'an 1048, le mariage d'Adélaïde de Suze avec le comte de Savoie Othon 1er fit passer Turin et sa région dans le domaine de la Maison de Savoie.

*En 1562, Turin devint la capitale des Etats de Savoie lorsque Emmanuel-Philibert dixième duc de Savoie transféra son administration de Chambéry à Turin. Il a sa statue place San Carlo à Turin ; il le mérite bien quand on considère tous les investissements que firent les souverains de la Maison de Savoie à Turin et aux alentours, spécialement à la fin du XVIIe siècle et au début du dix-huitième siècle sous les règnes de Charles-Emmanuel II et Victor-Amédée II. Voir fiche N°56 http://jean.delisle.over-blog.com/article-savoie-et-maison-de-savoie-99226231.html

*Turin devint ensuite capitale du royaume de Sicile de 1713 à 1720, puis du royaume de Sardaigne de 1720 à 1861, enfin capitale du royaume d'Italie de 1861 à 1865.

Il y eut cependant des interruptions :

*Après l'invasion de l'Italie par les armées françaises commandées par Bonaparte, Turin devint au 10 septembre 1798 capitale d'une « République piémontaise » puis chef-lieu du département (français) du Pô du 11 septembre 1802 à fin avril 1814.

*C'est de Turin qu'est partie l'unité de l'Italie suite à l'alliance avec la France de Napoléon III, alliance combinée par Cavour et Victor Emmanuel II. C'est le 3 mai 1859 que la France déclara la guerre à l'empire d'Autriche-Hongrie. On trouvera en annexe un dessin montrant l'accueil enthousiaste que reçurent les troupes françaises lors de la traversée de Turin en mai 1859. Aider à faire l'unité italienne partait d'un bon sentiment, mais en affaiblissant l'Autriche, Napoléon III fit le jeu de la Prusse et cela lui coûta son trône. Voir fiche N°1http://jean.delisle.over-blog.com/article-reunion-de-la-savoie-et-de-l-arrondissement-de-nice-a-la-france-en-1860

*Après la proclamation du royaume d'Italie le 19 mars 1861, Turin prit une part importante dans le développement de la nouvelle Italie : création de la FIAT en 1889 qui fit de Turin la capitale de l'automobile italienne. La ville est également le siège de nombreuses sociétés comme Lavazza, Cinzano, Martini, la banque San Paolo etc etc

*La ville est devenue également un centre culturel important, a été « capitale olympique » avec les jeux olympiques d'hiver en 2006 et a pris une grande part dans la célébration en 2011 du cent-cinquantième anniversaire de la proclamation du royaume d'Italie.

La ville de Turin et son environnement proche méritent un voyage compte tenu de la richesse du bâti, de l'histoire de la ville …

On comprend bien que des touristes qui viennent en Europe, probablement qu'une fois dans leur vie, d'Australie, du Japon ou du Brésil ; si ils visitent l'Italie, ils donneront priorité à Venise, Florence ou Rome, mais c'est dommage pour beaucoup d'autres villes comme Turin.

J.D. 24 mars 2016

Ajout du 27 mars 2016 :

Un ami de la Dante (Gian Paolo Mauro) m'a transmis un texte en italien sur l'origine du nom de Turin. Le voici :

« Riguardo all'etimologia del toptonimo di Torino esistono due ipotesi. La più probabile potrebbe essere quella legata al termine celtico, di origine indeuropa taur (o thor)che significa monte. A conferma di cio vi sarebbe la testimonianza che riporta l'usanza celtica di venerare alcuni elementi della natura tra cui le montagne. Un'altra ipotesi più fantasiosa e meno attendibile ha invece dato vita ad una leggenda popolare che ricondurrebbe all'esistenza, nei pressi di un villaggio neolitico, di un temibile drago che sarebbe stato sconfitto da un toro (taurus) che un contadino avrebbe fatto inebriare con un otre di vino. La lotta tra i due animali sarebbe stata cruenta al punto che il toro, dopo aver sconfitto il mostro, moti perle ferite riportate. Il popolo, in onore della vittima decisero di chiamarsi Taurini »

Traduction :

Regardons l'étymologie du nom de Turin : il existe deux hypothèses :

La plus probable pourrait être celle liée à la terminologie celtique, d'origine indo-européenne taur (ou thor) qui signifie montagne. En confirmation de cela, vous avez le témoignage rapporté par l'usage celtique de vénérer des éléments de la nature à travers les montagnes.

Une autre hypothèse plus fantaisiste et moins digne de foi a au contraire donné vie à une légende populaire selon laquelle, aux abords d'un village néolithique, se trouva un terrible dragon qui aurait été vaincu par un taureau qu'un paysan aurait enivré avec une outre de vin. La lutte entre les deux animaux aurait été sanglante, au point que le taureau après avoir vaincu le monstre, mourut des blessures reçues. Le peuple en honneur de la victime décida de s'appeler « Taurini ».

Ajout du 29 mars 2016 :

Dans le dernier tome de « Maison de Savoie », Marie José (dernière reine d'Italie inhumée à Hautecombe le 2 février 2001), publie la liste des « confréries réunissant les gens de métiers » à Turin à l'époque d'Amédée VIII (décédé le 7 janvier 1451), c'est-à-dire au début du quinzième siècle, ce qui correspond aussi à la fin du Moyen Age, en rappelant que les historiens sont quasi unanimes pour borner le Moyen Age de l'an 476 (fin de l'Empire romain d'Occident) à l'an 1453 (fin de l'Empire romain d'Orient et fin de la guerre de Cent Ans).

Cette liste donne une idée des métiers exercés à l'époque, tout au moins de ceux qui étaient organisés en confrérie, la voici :

barbiers, tailleurs, marchands, taverniers, charpentiers, mégissiers, lainiers, cordonniers, fourniers, potiers, serruriers, cardeurs, boulangers, épiciers, meuniers, scieurs, bêcheurs, scribes, bûcherons, bergers, vignerons, laboureurs et pêcheurs

entrée des troupes françaises à Turin en mai 1859

entrée des troupes françaises à Turin en mai 1859

borne fontaine à Turin, photo J.D. 6 juin 2015

borne fontaine à Turin, photo J.D. 6 juin 2015

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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 20:45

à Lyon l'hôtel de ville a été construit dans les années 1645/1651 c'est-à-dire au tout début du règne de Louis XIV. (Louis XIII mourut en 1643).

Sur le fronton de l'hôtel de ville, (côté place des Terreaux) fut réalisée une statue équestre de Louis XIV.
Cette statue fut détruite en 1792 sous la Révolution. Une nouvelle statue fut réalisée en 1829 sous le roi Charles X mais cette fois dédiée à Henri IV (grand-père de Louis XIV). Elle est toujours en place.
Il faut dire qu'entre-temps, c'est-à-dire en 1713 avait été dressée la statue équestre de Louis XIV place Bellecour. Cette statue de Louis XIV place Bellecour fut aussi détruite par les révolutionnaires mais remplacée dès 1828. Cela explique qu'en 1829, Henri IV fut choisi pour trôner sur le fronton de l'hôtel de ville de Lyon.

Le nom de Henri IV est associé :

*au traité de Lyon du 17 janvier 1601 : traité qui permit à la France de récupérer La Bresse, le Bugey, le pays de Gex et le Valromey. Entre Genève et Lyon, le Rhône devint la nouvelle frontière française. Cela suite à une guerre entre la France d'Henri IV et le duché de Savoie de Charles-Emmanuel 1er.

La possession du marquisat de Saluces (Saluzzo pour les Italiens) fut la cause première de cette guerre. Ce territoire situé aujourd'hui en Italie dans la province de Coni, permettait une liaison entre les différentes possessions de la Maison de Savoie situées en Italie, dans la région de Nice et en Savoie, Haute Savoie, Ain...

Les Français s'étaient emparés du marquisat de Saluces en 1538, Charles-Emmanuel l'avait pris aux Français en 1588. Des négociations n'aboutissant pas, Henri IV déclara la guerre le 11 août 1600. Il était arrivé à Lyon le 9 juillet avec 30.000 soldats. L'invasion fut rapide, Chambéry fut pris dès le 20 août. C'est la citadelle de Montmélian qui résista le plus longtemps mais qui se rendit le 16 novembre 1600.

Outre la cession des territoires mentionnés ci dessus, Charles-Emmanuel dut payer 100.000 écus à la France mais par contre il garda le marquisat de Saluces. Ce traité déséquilibra le domaine de la Maison de Savoie en réduisant de beaucoup la partie de ce côté-ci des Alpes et en augmentant la partie italienne. Sur l'histoire de la Maison de Savoie voir les fiches N° 56 http://jean.delisle.over-blog.com/article-savoie-et-maison-de-savoie-99226231.html et 66 http://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-de-la-maison-de-savoie-59295182.html

*À l'édit de Nantes du 13 avril 1598 : édit qui mit fin, au moins provisoirement, aux guerres de religion entre catholiques et protestants en France.

Pendant les guerres de religion, Lyon avait été aux mains des protestants en 1562/1563, puis en février 1589 la ville avait rejoint la ligue c'est-à-dire le camp catholique ultra. Henri III roi de Navarre était devenu le roi de France Henri IV en 1589. C'est en 1593 qu'il abjura le protestantisme, la ville de Lyon se décida alors à le soutenir à partir de février 1594.

Après avoir guerroyé contre le duc de Savoie, Henri IV était de retour à Lyon le 9 décembre 1600.

Sa principale maîtresse (Gabrielle d'Estrée) était décédée le 10 avril 1599. Elle avait eu 3 enfants avec Henri IV. Par bulle d'annulation du pape Clément VIII du 24 octobre 1599, le mariage d'Henri IV et de Marguerite de Valois (la reine Margot) était du passé.

Par procuration, le 5 octobre 1600, il avait épousé Marie de Médicis (petite fille de l'empereur germanique Ferdinand 1er) à Florence à Santa Maria del Fiore. Marie était arrivée à Lyon le 3 décembre.

Une nouvelle cérémonie de mariage se déroula le 17 décembre 1600 en la cathédrale Saint Jean de Lyon avec le cardinal-légat Aldobrandini neveu du pape.

Selon les chroniqueurs de l'époque, Henri IV âgé de 47 ans n'attendit pas la venue du cardinal pour s'occuper de sa nouvelle épouse âgée de 25 ans et un premier enfant (le futur Louis XIII) naquit le 27 septembre 1601

Issue d'une riche famille de banquiers florentins, Marie apportait en dot 600.000 écus d'or.

Dans un article du Point du 9 décembre 2012, on trouve le commentaire suivant :

« c'est la première fois qu'il (Henri IV) se fait payer pour dépuceler une vierge ».

Marie de Médicis fut couronnée reine de France le 13 mai 1610, il était temps, c'est le lendemain qu'Henri IV était assassiné par Ravaillac ! Sur Marie de Médicis voir aussi la note N°81 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-medicis-reines-de-france-113493818.html

Pour conclure :

Lyon avait beaucoup de raisons de rendre hommage à Henri IV dont la première visite dans cette ville remontait à 1595. Elle le fait à travers la statue de l'hôtel de ville mais il y a aussi une rue Henri IV (dans le 2e arrondissement) ainsi qu'un buste d'Henri IV au premier étage de la cour intérieure d'un immeuble appelé « maison Henri IV » qui communique avec la rue Juiverie ainsi qu'avec la montée Saint Barthélémy. Il s'agit d'une œuvre du XIX siècle réalisée dans une maison où aurait résidé le roi en 1600.

Lyon rend également hommage à Louis XIV (place Bellecour). On trouve aussi à Lyon un pont Bonaparte (qui enjambe la Saône), une rue Marie-Antoinette, un Cours Eugénie, une place et une impasse Saint Louis (Louis IX roi de France), un Cours Charlemagne. La ville aime les têtes couronnées.

A propos de Saint Louis on remarque que l'on trouve à Lyon dans les 80 rues, places, ...dédiées à un saint.

Il est surprenant que des juges (genre mur des cons) n'aient pas encore trouvé que des noms de villes dédiées à des Saints (Saint Nazaire, Saint Etienne, Saint Brieuc....) et des noms de rues à l'intérieur des villes portant des noms de saints, portent atteinte à la laïcité !

Mais il suffit d'attendre, cela viendra sûrement !

J.D. 4 août 2015

Henri IV à Lyon, photo J.D. 2 août 2015

Henri IV à Lyon, photo J.D. 2 août 2015

le buste d'Henri IV dans la "maison Henri IV" cinquième arrondissement, photo du net

le buste d'Henri IV dans la "maison Henri IV" cinquième arrondissement, photo du net

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 20:00

Pietro Micca est un héros Turinois, Piémontais et Italien. Il fut sujet du duc de Savoie Victor-Amédée II, il fut donc un héros « Savoyard », mais la Savoie étant passée de l'autre côté de la frontière....

I-Le contexte : la guerre de succession d'Espagne :

*Le roi d'Espagne Charles II (de Habsbourg) décéda sans descendance le 1er novembre 1700. Peu de temps auparavant (le 2 octobre 1700), dans un testament, Charles II avait désigné comme héritier pour lui succéder sur le trône d'Espagne, Philippe duc d'Anjou mais surtout petit-fils de Louis XIV. Lequel Louis XIV était marié avec Marie-Thérèse fille du roi d'Espagne Philippe IV et par conséquent sœur de Charles II.

*Dès le 16 novembre 1700 Philippe se faisait proclamer roi d'Espagne sous le nom de Philippe V (Felipe pour les Espagnols), bien qu'il ne fit son entrée à Madrid que le 22 janvier 1701. Mais la perspective qu'il puisse y avoir un souverain qui cumule un jour le trône de France et celui d'Espagne inquiéta les autres Cours d'Europe.

*L'empereur d'Autriche Léopold de Habsbourg revendiqua le trône d'Espagne pour son fils cadet. La Cour d'Espagne avait des liens matrimoniaux autant avec la Cour de France qu'avec l'Autriche. Le roi d'Espagne défunt était le fils de Marie-Anne d'Autriche et par elle le petit-fils de l'empereur Ferdinand III, lequel avait déjà combattu la France dans le cadre de la guerre de « 30 ans » (1618/1648). Toute l'Europe avait été entraînée dans cette guerre qui avait fait un grand carnage. Cette guerre de 30 ans s'était terminée par un ensemble de traités dont le plus connu est celui de « Westphalie ». De cette guerre la France avait récupéré les « Trois Evêchés » (Metz, Toul, Verdun), la Franche-Comté, l'Alsace, l'Artois et le Roussillon.

*La succession du trône d'Espagne entraîna donc une nouvelle guerre qui dura de 1701 à 1713 et des alliances : La France, l'Espagne, le Portugal et le duché de Savoie contre l'Autriche, la Prusse, l'Angleterre et les Provinces Unies (ancien nom des Pays-Bas) nom compris quelques États secondaires.

*Le Portugal d'abord allié de la France changea de camp en mai 1703 et rejoignit la coalition formée autour de l'Autriche. Le Duc de Savoie faisait de même en novembre 1703 bien que l'une de ses filles (Marie-Louise-Gabrielle de Savoie) ait épousé en 1701 Philippe V le nouveau roi d'Espagne. Cela entraîna l'invasion des États de Savoie par les troupes de Louis XIV.

II- Pietro Micca :

*Il naquit le 5 mars 1677 à Sagliano en Piémont (devenue depuis Sagliano Micca).

Il commença une carrière de maçon puis s'engagea dans l'armée de Savoie, où il fut recruté dans le génie comme « mineur » (ou sapeur). Il se maria le 29 octobre 1704 avec Maria Caterina Bonino dont il eut un fils né en 1706.

*C'est en 1562 que le duc de Savoie Emmanuel-Philibert transféra la capitale des Etats de Savoie de Chambéry à Turin. Dès septembre 1564, il lançait la construction d'une forteresse pour défendre sa capitale.

*C'est dès le 14 mai 1706 que les troupes françaises commandées par le duc de la Feuillade commencèrent le siège de cette forteresse de Turin.

*Le duc Victor-Amédée II était parvenu à sortir avant le blocage complet et tentait de rassembler une armée de secours

*Dans la nuit du 29 au 30 août 1706, des grenadiers français utilisant une galerie souterraine étaient prêts à déboucher dans la forteresse. Devant la nécessité et l'urgence, Pietro Micca fit sauter la galerie en faisant exploser un tonneau de « poudre noire ». Pour ce, il utilisa une mèche courte, faute de temps. La galerie explosa, tua Pietro Micca mais boucha le passage aux Français.

*Deux jours plus tard, le prince Eugène de Savoie (voir la note N°66 partie III http://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-de-la-maison-de-savoie-59295182.html) petit-cousin de Victor-Amédée II (ils étaient tous les deux arrières-petits-fils de Charles-Emmanuel 1er (onzième duc de Savoie), arrivait à la tête d'une armée autrichienne, tandis que Victor-Amédée II amenait lui-même des renforts.

*Dès le 7 septembre, l'armée française était obligée de lever le siège, après avoir subi d'importantes pertes.

La guerre se poursuivit encore avec des fortunes diverses et se termina par le traité d'Utrecht qui fut signé en deux fois le 11 avril 1713 et 13 juillet 1713.

*Philippe V petit-fils de Louis XIV était confirmé comme roi d'Espagne mais devait renoncer au trône de France. Quand au duc de Savoie il obtenait un titre de roi (voir fiche N°66)

*Pour commémorer la victoire lors de la bataille de Turin, Victor-Amédée II fit élever la basilique de Superga dominant Turin. En souvenir, tous les ans, le 7 septembre, y est célébré un Te Deum.

*Quant à Pietro Micca, il reste comme un héros national. A Turin un musée lui est consacré via Guiccuardini (très près de la gare Torino Porta Susa). Ce musée communique avec les anciennes galeries qui couraient sous la forteresse et l'on voit encore le lieu où Pietro Micca arrêta les Français.

*Toujours à Turin une statue le représente également à l'angle du Corso Gallileo Ferraris et de la via Cernaia.

*La poste italienne consacra un timbre à Pietro Micca en 1977

*Il existe aussi un certain nombre d'illustrations consacrées à Pietro Micca dont la plus connue est celle d'Andrea Gastaldi de 1858 montrant Pietro Micca mettant le feu au tonneau de poudre. En 1895 un navire marchand italien reçut le nom de Pietro Micca ainsi qu'un sous-marin mis en service en 1935.

J.D. 12 juin 2015

timbre poste italienne de 1977

timbre poste italienne de 1977

Pietro Micca à Turin, photo J.D. 6 juin 2015

Pietro Micca à Turin, photo J.D. 6 juin 2015

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 19:36

I-la famille de Seyssel :

*L'origine de la famille de Seyssel vient de la ville de Seyssel qui ne forma longtemps qu'une seule ville à cheval de chaque côté du Rhône jusqu'à ce que le traité de Turin du 24 mars 1760 ne prenne le Rhône comme frontière entre France et Etats de Savoie. Aujourd'hui, elle forme deux villes situées, l'une en Haute-Savoie sur la rive gauche du Rhône et l'autre dans l'Ain sur la rive droite.

*L'histoire de cette famille se perd « dans la nuit des temps ». Elle est étroitement liée à celle de la ville d'Aix-les-Bains à partir du treizième siècle. Il existe un certain nombre d'actes, documents ou écrits anciens les concernant. Jules de Mouxy de Loche en a effectué une très bonne synthèse dans son « Histoire d'Aix-les-Bains » dont l'original fut édité en 1898 (tome 1) et 1900 (tome 2). Une réédition a été effectuée en 1978 aux éditions Laffitte Reprints à Marseille. Dans cette édition, l'histoire de la Maison de Seyssel se trouve au chapitre III de la page 38 à la page 229.

*La première trace certaine relative à la famille de Seyssel se trouve dans un acte de 1195 et concerne Pierre de Seyssel dont on sait par ailleurs qu'il accompagna le comte de Savoie Thomas 1er à la quatrième croisade destinée à libérer Jérusalem de l'occupation musulmane et qui fut détournée par les Vénitiens pour aller piller Constantinople. Pierre de Seyssel en rapporta un morceau supposé de la vraie croix. Voir la fiche N°75 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-croisades-et-la-maison-de-savoie-111013595.html.

*C'est dans un acte de 1235 que l'on trouve la première mention « Dominus de Aquis » (Seigneur d'Aix) à propos d'Humbert de Seyssel fils du précédent (Pierre de Seyssel)

*C'est en 1476, au temps de Gabriel de Seyssel que les seigneurs d'Aix reçoivent le titre de barons sous la régence de Yolande de France veuve d'Amédée IX troisième duc de Savoie.

*C'est le 1er mars 1575 qu'Emmanuel-Philibert Duc de Savoie donne au baron François de Seyssel le titre de marquis.

*Plusieurs auteurs anciens (Paradin, Villemert, Guichenon) citent des membres plus anciens de la famille de Seyssel mais sans indiquer leurs sources ce qui laisse planer un doute sur la valeur de leurs indications. Sous cette réserve, voici :

-Rodolphe de Seyssel qui aurait vécu vers l'an mil et qui aurait aidé Bérold de Saxe à s'emparer du château de Culoz qui servait de repaire aux pillards.

-Geoffroy fils du précédent

-Etienne fils de Geoffroy qui aurait fait la guerre dans les années 1020/1030 aux côtés d'Humbert aux Blanches Mains fondateur de la dynastie Savoie, puis Ulrich, un Pierre qui accompagna en 1147 le comte de Savoie Amédée II à la seconde croisade, un second Pierre puis un troisième dont il est question en 1195 (voir troisième paragraphe).

La devise de la maison de Seyssel était : « franc et léal » (loyal) complétée par la formule : « fortiter quod pie » (plus forts parce que pieux).

2-liste des seigneurs, barons et marquis d'Aix-les-Bains :

-Humbert : premier seigneur d'Aix jusqu'en 1244

-Humbert : second seigneur jusqu'en 1294. .

-Guillaume : troisième seigneur jusqu'en 1311

-Humbert : quatrième seigneur jusqu'en 1352

-Aimar : cinquième seigneur jusqu'en 1385. Il participa en 1355 avec le comte Verd à une expédition contre les Anglais dans le nord de la France pour soutenir Jean le Bon roi de France, puis en 1365 à l'expédition du Comte Verd contre les Turcs et les Bulgares et en 1383 à une autre expédition en Flandre pour soutenir Charles VI roi de France.

-Geoffroy : sixième seigneur jusqu'en 1387

-Antoine : septième seigneur jusqu'en 1425. Il accompagne le comte de Savoie Amédée VII (le comte rouge) dans une expédition en Suisse dans le Valais

-Humbert : huitième seigneur jusqu'en 1432. Il prend part en 1414/1415 à la guerre faite au marquis de Saluces par Amédée VIII duc de Savoie (le marquisat de Saluces situé en Italie dans la province de Coni constitua une enclave, dans les Etats de Savoie, qui gênait la liaison entre Turin et Nice) puis en 1424 à la campagne contre le duc de Milan. Il mourut à Rhodes en 1432

-Philibert : neuvième seigneur jusqu'en 1460. Il s'embarqua en 1459 dans une expédition pour Chypre en compagnie de Louis fils du duc Louis de Savoie. Il mourut à Chypre en 1460

-Gabriel : premier baron d'Aix jusqu'en 1505. En mai 1476, il avait été nommé capitaine de la ville et du château de Chambéry par la régente des Etats de Savoie (Yolande de France)

-François-Philibert : second baron jusqu'en 1517. Il avait 3 ans lors du décès de son père Gabriel et 15 lors de son propre décès. Françoise de Seyssel veuve de Gabriel régna à la place de son fils et dirigea la baronnie jusqu'en 1537. Elle était la cousine de François 1er roi de France qui la naturalisa française en 1536

-Charles : troisième baron jusqu'en 1570. Il était cousin d'Henri II roi de France et d'Emmanuel-Philibert duc de Savoie qui le nomma commandant de la place de Chambéry

-François d'abord baron puis premier marquis d'Aix à compter du 1er mars 1575 et jusqu'en 1592. En 1589, le duc de Savoie Charles-Emmanuel avait nommé ce François de Seyssel commandant de la place de Chambéry pour la défendre contre « les hérétiques de Genève ». Le 16 janvier 1590 ce marquis d'Aix fut nommé gouverneur de Savoie. La capitale du duché de Savoie avait été transférée de Chambéry à Turin en 1562. Un gouverneur représentait le duc à Chambéry.

-Charles-Emmanuel deuxième marquis jusqu'en 1604. Il fut décoré du collier de l'Ordre Suprême de l'Annonciade et accomplit différentes missions pour le compte du duc de Savoie (Charles-Emmanuel 1er) auprès du roi d'Espagne et du roi d'Angleterre.

-Louis, frère du précédent, troisième marquis jusqu'en 1650, chevalier de l'Ordre Suprême de l'Annonciade, maréchal de camp du duc de Savoie (sous la régence de Christine de France). Les deux frères Charles et Louis de Seyssel assassinèrent les 2 seigneurs de Saint Paul à Mouxy (près d'Aix en Savoie) qui avaient eux-mêmes assassiné François le premier marquis d'Aix en 1592. Le 26 juin 1630, Louis XIII roi de France accorda au maréchal de Bassompierre les biens de Louis de Seyssel marquis d'Aix qui avait combattu contre lui dans l'armée du duc de Savoie. Le 6 avril 1631, après un traité de paix, Louis récupéra ses biens.

-Maurice quatrième marquis jusqu'en 1660, fut envoyé en ambassade en 1651 (c'était encore sous la régence de Christine de France) auprès de Philippe IV roi d'Espagne. En 1658 il fut nommé commandant des gardes du duché de Savoie.

-Sigismond cinquième marquis jusqu'en 1692

-François-Joseph sixième marquis jusqu'en 1694

-Victor-Amé septième marquis jusqu'en 1754, filleul du duc de Savoie Victor-Amédée II. En 1706, il prit part à la défense de la ville de Turin assiégée par les Français, en qualité de Major du régiment de Savoie où il fut grièvement blessé le 26 août. Il fut nommé lieutenant général en 1731, gouverneur du château de Milan en 1734 dont le roi de Sardaigne Charles-Emmanuel III s'était emparé et qu'il conserva 2 années. En 1733, il avait acheté le marquisat de Sommariva del Bosco (province de Coni, région Piémont). En 1743/1744, il avait participé à la guerre contre les Espagnols et fut à cette occasion nommé général d'infanterie.

-Joseph Henri Octave, huitième marquis jusqu'en 1762. Fut colonel de cavalerie dans l'armée du roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II (dernier roi de Sardaigne et premier roi d'Italie).

-Victor-Amédée neuvième marquis jusqu'en 1819, chevalier de l'Ordre Suprême de l'Annonciade en 1815, général de cavalerie en 1816 dans l'armée du roi de Sardaigne .

-Thomas dixième marquis jusqu'en 1828, fut député au corps législatif de Paris sous l'empire

-Claude onzième marquis jusqu'en 1862, fit une carrière militaire particulièrement brillante qui lui valut de nombreuses décorations et le grade de lieutenant général en 1861. Il avait pris part à la campagne de Lombardie contre l'Autriche en 1848

-Charles Albert douzième marquis jusqu'en 1893, a vendu le 14 septembre 1866 son château à la ville d'Aix-les-Bains et son parc d'Aix à l'Etat (français)

-Aimar frère du précédent treizième marquis jusqu'en 1895, s'est retiré à Sommariva

del Bosco

-Artem, quatorzième et dernier marquis. Il avait fait les campagnes contre l'Autriche en 1859/1860 en tant que capitaine d'un régiment de lanciers. Il devint colonel en 1885 et général de Brigade en 1886 (dans l'armée italienne). Il fit partie des Savoyards qui préférèrent opter pour l'Italie lors de la réunion de la Savoie et de Nice à la France.

3-Claude de Seyssel le maréchal :

*Il est le fils de Humbert de Seyssel huitième seigneur d'Aix et de Marie de Clermont-Montoison. Il est né vers 1430 et mort en 1500.

*Il épousa le 12 octobre 1437 Aimée de la Chambre dont il n'eut pas d'enfant, mais il y eut un fils naturel nommé Claude aussi.

*Le 8 février 1465 il fut nommé gouverneur du Château, de la ville et du comté de Nice.

*Le 20 mars 1465, il est promu « chevalier du Collier de Savoie »

*Le 25 mars 1465, aux Etats-Généraux de Savoie réunis à Chambéry, Claude de Seyssel conseille au duc de Savoie (Amédée IX) de s'unir à Louis XI roi de France contre Charles le Téméraire duc de Bourgogne

*en 1467 Claude de Seyssel est nommé « grand Maréchal de Savoie » en récompense de ses faits d'armes en Italie contre les habitants de Mondovi qui s'étaient soulevés contre la Savoie.

*en 1470 il devient gouverneur du Piémont et négocie un traité avec le duc de Milan

*en 1471, il accompagna la duchesse de Savoie Yolande de France lorsqu'elle fut libérée par les troupes françaises de Louis XI (frère de Yolande) suite à la prise de la forteresse de Montmélian par le comte de Bresse.

*en 1472, il fit partie du Conseil d'Etat (de Savoie) et du Conseil de régence

*en 1476, C'est Claude de Seyssel qui alla demander à Louis XI de libérer sa sœur (Yolande duchesse de Savoie et régente) qui avait été faite prisonnière par Charles le Téméraire.

4-Claude de Seyssel l'archevêque

*Fils naturel du précédent, il naquit à Aix vers 1450. Il fit ses études à Pavie puis à Turin .

*Il commença une carrière militaire dans les armées du duc de Savoie puis obliqua vers les Ordres.

*On le retrouve archidiacre de l'évêché de Mondovi (en Italie) en janvier 1478, recteur de l'Université de Turin en 1482 et enseignant le droit canonique à Pavie en 1487.

*Le roi de France Charles VIII appela Claude de Seyssel comme conseiller à la Cour de France probablement en 1494

*Lors de l'avènement de Louis XII comme roi de France en 1498, Claude de Seyssel entra au Conseil du Roi avec la fonction de Maître des Requêtes

*Claude de Seyssel accompagna Louis XII lors de la conquête du Milanais en 1494 et fut nommé membre du Sénat de Milan.

*Il accomplit pour le roi de France plusieurs missions diplomatiques notamment auprès du roi d'Angleterre (Henri VII)

*Il devint évêque de Marseille en juin 1509 (la bulle de confirmation du pape Jules II est datée du 3 décembre 1511), puis archevêque de Turin en juin 1517. En 1514, il avait représenté le roi de France (Louis XII) au concile de Latran.

*Claude de Seyssel mourut à Turin le 30 mai 1520. il avait au cours de sa vie écrit de nombreux ouvrages notamment sur le roi Louis XII.

5-Conclusions :

Le point 3 sur les seigneurs, barons et marquis d'Aix est peut-être un peu indigeste à lire. Celles ou ceux qui s'en donneront la peine se rendront compte que la famille de Seyssel fut toujours fidèle à la dynastie Savoie et lui rendit de grands services. Et encore je n'ai pas pris en compte des branches co-latérales de la famille parmi lesquelles il y eut aussi d'illustres serviteurs de la Maison de Savoie.

Or, l'histoire de la Maison de Savoie à cheval sur la France et l'Italie est en fait un trait d'union entre nos deux pays : les « sœurs latines ».

A l'heure où certain(e)s cherchent à éliminer de l'enseignement en France tout ce rattache notre pays au monde « occidental » : latin, grec, histoire de France..., il paraît plus que jamais indispensable de s'intéresser à notre histoire.

En écrivant cela, je pense au baron Achille Raverat (voir la note N°87 http://jean.delisle.over-blog.com/article-le-baron-achille-raverat-114849626.html) qui au dix-neuvième siècle visita de nombreuses communes même les plus petites et les plus reculées pour consigner tout ce qu'il pouvait de leur histoire afin de contribuer à « l'histoire générale de notre chère France »

Pauvre Achille Raverat si il voyait sa chère France....

J.D. 23 mai 2015

médaille recto verso de 1472 frappée pour Claude de Seyssel le maréchal et sceau de Claude de Seyssel l'Archevêquer

médaille recto verso de 1472 frappée pour Claude de Seyssel le maréchal et sceau de Claude de Seyssel l'Archevêquer

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 15:08

I- En Belgique :

Marie José naquit le 4 août 1906 à Ostende. Elle est la fille d'Albert 1er (1875/1934) roi des Belges de 1909 à son décès et d'Elisabeth de Bavière (1876/1965) reine des Belges à partir de son mariage à Munich avec Albert le 2 octobre 1900. Cette Elisabeth qui soigna les blessés durant la guerre de 14 fut surnommée « la reine infirmière ». Voir illustration sur note N°171 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/04/les-femmes-et-la-guerre-de-14-n-171.html. Elle était la filleule d'Elisabeth d'Autriche dite Sisi.

Pour sa part Marie José se maria le 8 janvier 1930, à Rome, avec Humbert fils de Victor-Emmanuel III roi d'Italie. Avec Humbert elle eut 4 enfants.

II - En Italie :

Marie José vécut à Rome dans un contexte très difficile :

*Victor-Emmanuel III était devenu roi suite à l'assassinat, par un anarchiste, de son père (Humbert 1er décédé à Monza le 29 juillet 1900).

*Suite à la marche sur Rome le 28 octobre 1922, le roi avait fait appel dès le 30 octobre à Benito Mussolini pour former un gouvernement.

*Dans les années 1911/1912, suite à une guerre gagnée contre l'empire ottoman, l'Italie avait commencé à se constituer un empire colonial. Mussolini poursuivit en envahissant l'Ethiopie en 1935 puis l'Albanie en 1939 et faisait décerner à Victor-Emmanuel III le titre d'empereur d'Ethiopie le 9 mai 1936 et de roi d'Albanie le 7 avril 1939. Pour la Maison de Savoie issue d'Humbert modeste Mauriennais au XIe siècle, se retrouver avec un titre d'empereur devait être satisfaisant !

*Puis il y eut tous les accords : Le 1er novembre 1936, à Milan Mussolini annonçait l'alliance avec l'Allemagne. Le 6 novembre 1937, l'Italie adhérait au pacte anti-komintern (ou troisième internationale, voir fiche N°182 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/06/la-russie-sovietique-en-1925-n-182.html) signé entre l'Allemagne et le Japon l'année précédente. Le 27 septembre 1940, l'Italie adhèra au pacte tripartite (Allemagne, Japon, Italie que rejoindront ensuite la Hongrie, la Roumanie, la Slovaquie, la Bulgarie et la Yougoslavie).

*Le 1er septembre 1939, l'Allemagne avait envahie la Pologne, puis la Hollande, le Luxembourg et la Belgique le 10 mai 1940, sans déclaration de guerre mais ce n'est pas cela qui pouvait embarrasser Hitler !

*En Belgique c'était le frère de Marie José qui était devenu roi sous le nom de Léopold III depuis le 23 février 1934. Ainsi Marie-José se retrouvait dans un pays d'adoption allié de l'Allemagne qui envahissait son pays natal et alors que son frère était roi.

*Le 10 juin 1940, l'Italie déclarait la guerre à la France. Mussolini espérait profiter de la débâcle française pour récupérer la Corse, Nice et la Savoie, rien de moins !

*D'abord vainqueurs, les pays de l'axe commençaient à subir des défaites après qu'Hitler ait rompu son alliance avec Staline. Après les débarquements des alliés en Sicile, en juillet 43, puis dans le sud de l'Italie en septembre 1943, le roi Victor-Emmanuel III fit arrêter Mussolini ; voir la dernière partie de la fiche N°43 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-republiques-italiennes-75683488.html

*Malgré son revirement, Victor-Emmanuel III dut démissionner le 9 mai 1946 en faveur de son fils.

Humbert devint donc roi d'Italie sous le nom d'Humbert II le 9 mai 1946 et Marie José reine d'Italie.... jusqu'au référendum du 2 juin 1946 qui mit fin, après 24 jours de règne, à la monarchie et instaura la République. Marie José fut surnommée « la Reine de Mai ».

III – En Suisse :

Dès le 6 juin, Marie José et ses enfants partirent pour le Portugal où Humbert les rejoignit le 13 juin. La constitution italienne adoptée après la proclamation de la République, interdit le séjour en Italie des membres de la famille royale.

En août 1947, Marie José vint s'installer à Genève. Elle décéda le 27 janvier 2001 à Thonex près de Genève. Elle fut inhumée à Hautecombe où se trouvait déjà Humbert II décédé le 18 mars 1983 (dans la première chapelle à droite en entrant dans l'église de l'abbaye d'Hautecombe, sur la rive ouest du lac du Bourget)

Il fallut attendre une loi constitutionnelle du 23 octobre 2002 pour que les membres de la famille royale soient autorisés à remettre les pieds en Italie. Certains auteurs pensent que le référendum du 2 juin 1946 fut truqué. Je n'ai pas les éléments pour avoir une opinion sur le sujet mais bientôt 70 ans plus tard, la question n'a plus d'intérêt.

Marie José voyagea beaucoup. Elle écrivit une histoire de la Maison de Savoie en 3 volumes publiés en édition française chez Albin Michel, le tome 1 en juillet 1957, le second en avril 1962 et le dernier en octobre 1962. Elle publia également en édition italienne « Emanuele Filiberto di Savoia » (duc de Savoie de 1553 à 1580)

Les textes de Marie José sont d'une grande érudition.

J.D. 21 novembre 2014

tombeaux d'Humbert II et Marie José à Hautecombe, photo du livre "Abbaye d'hautecombe" publié par la Communauté du Chemin Neuf

tombeaux d'Humbert II et Marie José à Hautecombe, photo du livre "Abbaye d'hautecombe" publié par la Communauté du Chemin Neuf

photos d'Humbert II et Marie José, photos du livre "Abbaye d'Hautecombe publié par la Communauté du Chemin Neuf

photos d'Humbert II et Marie José, photos du livre "Abbaye d'Hautecombe publié par la Communauté du Chemin Neuf

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