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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 16:44

 

 

*Le 13 octobre 2016, le conseil exécutif de l'Unesco s'est prononcé sur une résolution présentée par 7 pays musulmans : l'Algérie, L'Egypte, le Liban, le Maroc, le Qatar, le Soudan, le Sultanat d'Oman.

*Cette résolution a pour objet de nier tous liens historiques entre la ville de Jérusalem et le Judaïsme. Cela fait partie des grandes manœuvres diplomatiques pour aider les Palestiniens dans leurs revendications territoriales contre Israël.

*56 pays ont pris part au vote : 24 ont approuvé la résolution, 26 se sont abstenus et 6 ont voté contre : l'Allemagne, l'Estonie, les Etats-Unis, la Lituanie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Parmi les abstentionnistes : la France, l'Italie, l'Espagne, la Grèce…

*Le Mexique qui a voté la résolution a demandé un nouveau vote, ce pays n'avait pas dû comprendre le caractère extravagant d'une résolution destinée à réécrire l'Histoire à des fins politiques.

*Irina Bokova, Bulgare, élue Directrice Générale de l'Unesco le 23 octobre 2009 a critiqué ce vote dans ces termes :

« Le jour du vote, Mme Bokova avait pris ses distances avec ce texte, estimant que "le patrimoine de Jérusalem est indivisible" et que "chacune de ses communautés a droit à la reconnaissance explicite de son histoire et de son lien avec la ville". "Nier, occulter ou vouloir effacer l'une ou l'autre des traditions juive, chrétienne ou musulmane revient à mettre en péril l'intégrité du site", avait-elle dit. « 

A la suite de cette prise de position, Madame Bokova a reçu des menaces de mort et la sécurité la concernant a dû être renforcée.

 

L'Unesco : est une des Agences de l'ONU créée le 16 novembre 1945. Son siège qui est à Paris (7 place Fontenoy) dans le septième arrondissement a été inauguré le 3 novembre 1958. L'Unesco possède en complément une cinquantaine de bureaux répartis sur la planète. Cette Agence est surtout connue pour le classement des villes et sites au patrimoine mondial, mais a une vocation bien plus large. Voici la définition des rôles de l'Unesco :

« Elle a pour objectif selon son acte constitutif de « contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations, afin d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’Homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion, que la Charte des Nations unies reconnaît à tous les peuples « 

 

Jérusalem et Judaïsme :

J'ai déjà fait une récapitulation dans ce blog sur l'histoire d'Israël. Voir la note N° 6 http://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-d-israel-55889409.html.

Rappelons brièvement que la bible hébraïque a été mise par écrit au septième siècle avant notre ère c'est-à-dire 14 siècles avant l'écriture du Coran !

Que la Bible chrétienne (catholiques, orthodoxes, toutes les branches du protestantisme…) reprend dans sa partie « Ancien testament » l'intégralité de la bible hébraïque. Que les textes du Nouveau Testament de la Bible chrétienne ont été écrits au premier siècle de notre ère, soit 6 siècles avant le Coran !

Dans la Bible, Jérusalem est cité 669 fois !

Que Jérusalem soit une ville sainte pour les Hébreux se retrouve dans l'Ancien Testament (livre d'Isaïe en 48 et 52 ; de Néhémie en 11 ; de Daniel en 9, de Tobie en 13, dans l'Ecclésiaste en 49 etc) mais également dans le Nouveau Testament (Evangile selon Saint Mathieu en 4 et 53, Apocalypse en 21 et 22…)

Alors affirmer qu'il n'y a pas de liens historiques entre Jérusalem et Judaïsme est une contre-vérité historique et même une débilité.

 

Position de la France :

Que la France se soit abstenue dans ce vote est proprement scandaleux. Il est vrai qu'il ne faut pas mécontenter nos chers amis du Qatar, de l'Arabie… qui comme chacun le sait sont des grands défenseurs des droits de l'Homme et encore plus des droits des Femmes ! Ce n'est pas pour rien qu'il y a 3 ministres musulmanes dans l'actuel gouvernement (qui ont toutes les trois la double nationalité marocaine et française). . Ce n'est pas pour rien que Hollande s'est laissé photographier le 4 mai 2015 à Riyad avec le drapeau vert de l'Islam sur les épaules et le sabre de l'Islam à la main, le jour même où un condamné était décapité en Arabie ! J'en ai mis la photo en illustration de la note N° 217 http://jean.delisle.over-blog.com/chiites-et-sunnites-n-217.html

Mais tant qu'à faire de s'abstenir la France aurait dû voter la résolution, pour nous récompenser nos chers amis du golfe persique nous auraient passer quelques commandes d'armement supplémentaires !

Dès juin 2012, Jean-François Kahn publiait aux éditions Plon un livre intitulé : « La catastrophe du 6 mai 2012 »

Quand j'avais acheté le livre, j'avais pensé : Yes we Kahn ! Je le pense toujours.

J.D. 18 octobre 2016

 

ajout du 20 octobre 2016 : Jean Jaurès naquit à Castres (Tarn) le 3 septembre 1859. Il fut lauréat du concours général en latin (Bécassine ne doit pas être au courant!) avant d'intégrer le lycée Louis le Grand à Paris puis l’Ecole Normale Supérieure (où il fut premier en philosophie en 1878).

Outre une carrière d'enseignant, il se lança très vite en politique. Il est surtout connu pour avoir fondé le quotidien « l'Humanité » en avril 1904, pour être un des fondateurs de la SFIO en 1905, pour avoir défendu Dreyfus, les mineurs, la classe ouvrière de manière générale et pour avoir été un farouche opposant à la guerre qui se préparait. Cela entraîna son assassinat le 31 juillet 1914 au bar Le Croissant à Montmartre par un Villain (mais Jeanne d'Arc fut condamnée par un Cauchon et Robespierre atteint d'un coup de pistolet tiré par un Merda ! )

Les opinions et activités de Jean Jaurès ne l'empêchèrent pas de faire venir de l'eau du Jourdain pour le baptême de son fils : Louis Paul Jaurès né le 27 août 1898. On retrouve cette histoire d'eau du Jourdain dans la biographie d'Aristide Briand par Georges Suarez, tome 1 (publié chez Plon en juillet 1938) au chapitre VI.

Devant le vote servile de la France à l'Unesco, il me paraît évident que Jaurès enverrait le capitaine de pédalos au piquet avec un bonnet d'âne !

 

 

 

Yes, we Kahn

Yes, we Kahn

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 20:40

*On peut borner de l'an 481 à l'an 751 le règne des Mérovingiens qui constituent la première dynastie royale française. Voir note N°247 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/07/les-merovingiens-n-247.html

*Viennent ensuite les Carolingiens qui, sur une partie ou la partie appelée aujourd'hui « France », régnèrent de l'an 751 à l'an 987. Voir note N°248 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/07/charles-le-gros-n-248.html

*Ces premières dynasties consacrèrent beaucoup d'énergie à combattre l'invasion musulmane et à empêcher l'islamisation de la France. Dans ceux, qui à l'époque sauvèrent la France de l'islam, notons surtout : Charles Martel, Pépin le Bref et Charlemagne.

*La dynastie suivante (les Capétiens) luttèrent aussi contre l'islam spécialement en participant aux croisades.

I) Rappel sur les dynasties françaises :

_les Mérovingiens commencent en 481 avec le règne de Clovis et se terminent avec Childéric III. Le roi Clovis et Charles Martel maire du Palais furent les principales figures de cette dynastie.

-les Carolingiens débutent avec le sacre de Pépin le Bref en 751 et finissent en 987 avec la mort du roi Louis V. Charlemagne, roi, puis empereur, est le personnage phare des Carolingiens.

-les Capétiens ont leur origine dans le sacre d'Hugues Capet en 987 et se terminent en 1328 après le règne de Charles IV le Bel. Tirant les leçons de l'instabilité dûe aux partages des royaumes à chaque décès, les capétiens adoptèrent le droit d'aînesse. Les fils qui ne régnaient pas, reçurent un « apanage » (territoire en propre) mais avec obligation de « serment de vassalité » vis-à-vis du souverain en titre. Outre Hugues Capet, les principaux souverains de cette dynastie sont : Philippe Auguste mort en 1223, Louis IX (Saint Louis) décédé en 1270 et Philippe IV le Bel mort en 1311

-les Capétiens se prolongent par les Valois à partir du sacre de Philippe VI de Valois en 1328 jusqu'à la mort d'Henri III en 1589. Les plus célèbres représentants de cette branche sont Louis XI mort en 1483, Louis XII décédé le 1er janvier 1515, François 1er mort en 1547, Henri II décédé en 1559, sans oublier Catherine de Médicis décédée en 1589.

-puis viennent les Bourbons à partir du sacre de Henri IV en 1589 jusqu'à la chute de Charles X en 1830, mais avec l'interruption de la Révolution et du premier empire. Nous avons dans cette dynastie en plus d'Henri IV tous les Louis de Louis XIII à Louis XVIII sans oublier tous les grands serviteurs de la royauté (Richelieu, Colbert, Vauban, Mazarin etc etc)

-enfin la royauté française se termine avec la branche Bourbon-Orléans et un seul représentant : Louis-Philippe roi de 1830 à 1848.

II) Rappel sur les causes des croisades :

*Tout d'abord, il ne faut pas confondre les croisades stricto sensu, qui peuvent être bornées de l'an 1095 à l'an 1291, et les luttes plus globales contre l'islamisation de l'Europe commencées dès le début du huitième siècle et qui vont de la Reconquista en Espagne (achevée le 2 janvier 1492 par la prise de Grenade), jusqu'à la bataille de Navarin le 20 octobre 1827 en passant par toutes les batailles pour chasser les musulmans de l'Est de l'Europe, par la bataille de Lépante (7 octobre 1571), la lutte contre les barbaresques etc etc etc. Au total les nations européennes auront mené plus de 1.000 ans de guerres pour empêcher l'islamisation du continent. Cela peut expliquer aussi l'acharnement de certain(e)s à réduire au maximum l'enseignement de l'Histoire dans les programmes scolaires !

*Pour en revenir aux croisades, selon les croyances chrétiennes, Jésus fut crucifié à Jérusalem (sur le Golgotha) puis inhumé dans le tombeau de Joseph d'Arimathie. (vers l'an 30) près du lieu de la crucifixion.

*En 63 avant notre ère, Pompée s'était emparé de Jérusalem pour le compte des Romains. Mais en 70 (au premier siècle de notre ère), suite à une révolte des Juifs, Titus avait détruit la ville.

*Au siècle suivant, vers l'an 130 l'empereur Hadrien décide de faire reconstruire Jérusalem et à l'emplacement du saint Sépulcre, il fait construire un temple dédié à Vénus.

*Puis vers l'an 325, l'empereur Constantin qui était devenu chrétien et qui transféra, en 330, sa capitale à Byzance (qui prendra le nom de Constantinople) décide de faire rechercher les lieux de la mort du Christ et de son tombeau. Les lieux sont retrouvés sur indication de Macaire évêque de Jérusalem. C'est d'ailleurs dans le même temps que Hélène mère de Constantin retrouve la croix supposée de la crucifixion de Jésus. Constantin fait élever une basilique sur ces lieux qui prend d'abord le nom de Constantin puis du Saint Sépulcre.

*Cette basilique est détruite par les Perses en 614, reconstruite par l'empereur byzantin Héraclius en 630.

*Mahomet meurt le 7 juin 632. Les Musulmans sous le califat d'Omar (un des beaux-pères de Mahomet) s'emparent de Jérusalem en 638. Sur l'emplacement du temple de Salomon, les Arabes mettent en chantier en 690 le dôme du Rocher puis en 705 la mosquée Al-Aqsa.

*Les Arabes laissent les chrétiens venir en pèlerinage à Jérusalem.

La basilique du Saint Sépulcre subit des dégâts dûs à un tremblement de terre en 746 et à des incendies en 841 et 938, mais à chaque fois les dégâts sont réparés.

*Les Egyptiens déjà musulmans (l'Egypte avait été conquise et islamisée par les Arabes dès l'an 642). s'emparent de Jérusalem en l'an 969

*en 1009, le calife du Caire Al-Hakim fait détruire de nombreux monuments chrétiens dont le monastère Sainte Catherine dans le Sinaï et la basilique du saint Sépulcre à Jérusalem.

*En 1027, l'empereur byzantin Michel IV parvient à un accord avec le calife Al-Mustansir-Billah et fait reconstruire la basilique du Saint Sépulcre qui est achevée en 1048.

*En 1071, les Turcs Seldjoukides s'emparent de Jérusalem et en interdisent l'accès aux chrétiens. D'origine turque, les Seldjoukides doivent leur nom à un chef nommé Seldjouk. Ils s'étaient emparés d'un vaste territoire comprenant l'Iran et l'Irak d'aujourd'hui. Leur capitale était dans l'actuelle ville de Téhéran et ils parlaient le persan.

*Cette interdiction ajoutée à la destruction de l'an 1009 déclencha les croisades pour libérer les lieux Saints, d'autant que cela se passait dans un contexte de conquêtes militaires musulmanes continues depuis le septième siècle.

III)Jérusalem ville sainte :

On n'entend souvent dire (ou voir écrit) que Jérusalem est une ville sainte « pour les trois religions monothéistes ». Ceux qui disent cela ne connaissent pas l'islam !

Car pour les musulmans, les chrétiens sont des « impies », des « associateurs », des « incrédules » et des « polythéistes » (Coran versets 72 et 73 sourate V) car ils associent le Fils et le Saint Esprit à Dieu (au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit).

Hélas, la plupart des gens que l'on appelle les Occidentaux ne connaissent pas le Coran et encore moins la Sunna ou la loi musulmane, mais ils sont néanmoins persuadés de savoir ce qu'est l'islam.

IIIA pour les Juifs :

La Bible hébraïque correspond strictement à l'ancien testament de la Bible chrétienne dont les 5 premiers livres sont appelés « pentateuque » par les chrétiens et « torah » par les Juifs.

Selon l'ancien testament ou la bible hébraïque, c'est David qui conquit Jérusalem vers l'an 1.000 avant notre ère et en fit la capitale des Hébreux. Toujours selon les mêmes sources, c'est sur l'emplacement désigné par Dieu que Salomon fit construire le temple destiné à recevoir l'arche d'alliance. On comprend donc que Jérusalem soit une ville sainte pour les Juifs. Voir plus de détails sur mon blog, note N°6 http://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-d-israel-55889409.html

IIIB pour les Chrétiens :

Pour les chrétiens, Jésus est fils de Dieu, pour les musulmans il est seulement un prophète, inférieur à Mahomet cela va de soi, et pour les Juifs, il est un simple citoyen.

Selon les évangiles, Jésus fit plusieurs séjours à Jérusalem (présentation au temple...), y fut condamné, crucifié, enseveli, et y ressuscita. Jérusalem est donc pour toutes ces raisons aussi une ville sainte pour les chrétiens.

IIIC pour les Musulmans :

Mahomet étant encore à La Mecque (donc avant 622) raconta à ses disciples alors peu nombreux, qu'une nuit il fut réveillé par l'ange Gabriel (Jibril pour les musulmans) qui le fit monter sur une monture nommée Albouraq. Cette monture conduisit Mahomet à Jérusalem, puis de là au ciel où Mahomet rencontra Dieu, puis la monture le ramena à La Mecque durant la même nuit. Cette histoire est racontée dans la biographie la plus ancienne qui existe sur Mahomet, celle d'Ibn 'Ishâq (mort en l'an 768) dont le texte fut recopié par Ibn Hichâm (mort en l'an 834). Une édition en langue française fut imprimée en juin 2001 à Beyrouth et diffusée en France par la librairie de l'Orient (18 rue des Fossés Saint Bernard à Paris 5e).

Cela est en outre repris dans le Coran à la sourate XVII intitulée : « le voyage nocturne ». Cette sourate commence ainsi :

« Gloire à Celui qui a fait voyager de nuit son serviteur

de la Mosquée sacrée à la Mosquée très éloignée... »

« Celui » désigne Dieu et pour les Musulmans, la « Mosquée sacrée » désigne La Mecque et la « Mosquée éloignée » Jérusalem. Au temps de Mahomet, il n'y avait pas de mosquée à Jérusalem et les textes ne disent pas pourquoi pour aller de La Mecque au ciel, Mahomet dut passer par Jérusalem située à 1.500 kms de La Mecque.

Le verset 9 de la sourate LIII précise que lorsque Mahomet rencontra Dieu, celui-ci se tenait « à une distance de deux portées d'arc ou moins encore ».

Toujours est-il que cela justifie que les Musulmans fassent de Jérusalem une ville sacrée pour eux, mais elle fut possédée par les Hébreux plus de 1.600 ans avant que les Musulmans n'y mettent les pieds.

Mosquée Al-Aqsa, nom donné à celle construite au début du huitième siècle, à l'emplacement du temple de Salomon, veut dire « mosquée éloignée ».

IV les croisades :

C'est le 27 novembre 1095, à l'occasion du concile de Clermont que le pape Urbain II prêcha la première croisade pour aller « libérer les lieux saints ».

Il y eut en tout une dizaine de croisades avec à boire et à manger c'est-à-dire le meilleur et le pire (pillages, massacres...).

La première croisade s'empara de Jérusalem le 15 juillet 1099 et les croisés fondèrent un royaume latin d'Orient. Mais la ville fut reprise par Saladin le 2 octobre 1187 et la chute, le 18 mai 1291, de Saint Jean d'Acre, dernier bastion chrétien, mit fin aux croisades.

Il y avait eut beaucoup de divisions entre les Byzantins et les autres et même entre les autres et les musulmans restèrent maîtres du terrain.

Parmi les rois de France, Louis VII participa à la seconde croisade (de 1147 à 1149), Philippe Auguste à la troisième (de 1189 à 1192) et Louis IX (saint Louis) aux huitième et neuvième croisades et il mourut à Carthage le 25 août 1270.

A travers l'histoire de la société humaine il y eut toujours des guerres pour de multiples raisons (ou prétextes). Mais j'ai l'impression depuis une vingtaine d'années qu'il existe des constantes au delà des péripéties passagères ou locales.

Ainsi il me semble qu'il existe un antagonisme qui resurgit régulièrement entre l'Orient et l'Occident, de la guerre de Troie à la situation actuelle en passant par les guerres médiques, les guerres puniques, les guerres des Romains puis des Byzantins contre les Perses, les croisades...

Au cinquième siècle avant notre ère, Socrate, rapporté par Platon (dans « La République ») déclare déjà que les guerres qui opposent Orient et Occident sont de nature différente aux guerres internes à chaque camp.

J.D. 1er août 2015

Saint Louis à Damiette Egypte en 1248, VIIe croisade, source Larousse

Saint Louis à Damiette Egypte en 1248, VIIe croisade, source Larousse

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 20:25

En 2014, pourra être célébré l'anniversaire de beaucoup d'événements. Est-ce que ce sera le cas ? Nous le verrons bien. Voici les principaux événements qui pourraient être concernés :

*il y a 2.000 ans : le 19 août 14, mourait Auguste qui fut le premier empereur de l'histoire de la Rome antique. C'est au début de son règne (en -27) que la Gaule fut divisée en provinces : la Gaule belgique, la Gaule lyonnaise, et la Gaule aquitaine qui s'ajoutèrent à la Gaule narbonnaise. C'est la même année que Lugdunum (Lyon) fut désignée comme capitale des Gaules. Plusieurs villes doivent également leur fondation et leur nom à Auguste : Aoste dans le département de l'Isère (ancien vicus Augustus), Aosta dans le Val d'Aoste (ancienne ville d'Augusta Praetoria Salassorum), Clermont (ancienne ville d'Augustonemetum), Auch (ancienne ville d'Augusta Ausciorum), Autun (ancienne ville d'Augustodunum)

*il y a 1400 ans : le 5 mai 614, les Perses s'emparent de Jérusalem et de la « vraie croix ». Cette croix aurait été découverte par Hélène la mère de l'empereur Constantin à l'occasion d'un voyage qu'elle fit à Jérusalem en l'an 326. En l'an 627, l'empereur byzantin Héraclius vainqueur des Perses obtint la restitution de la Croix qui fut ensuite transférée à Constantinople lors de la conquête musulmane de la Palestine en l'an 638. Une partie de cette croix revint à Jérusalem après la prise de la ville par les croisés en juillet 1099. Cette partie de la croix tomba aux mains des musulmans lorsque Saladin reprit Jérusalem en septembre 1187, puis disparut. La partie de la croix restée à Constantinople subit une amputation après la prise de Constantinople par les croisés en juin 1204, pour donner des morceaux de cette croix à un certain nombre des croisés. Le roi de France Louis IX (Saint Louis), rachète tout ce qu'il peut des instruments de la passion du Christ dont le reste de la croix et fait construire à Paris la Sainte Chapelle pour abriter ces reliques. La croix, elle, disparaît en juillet 1794 durant la Révolution.

*il y a 1300 ans : le 16 décembre 714, mort de Pépin de Herstal dit Pépin le Gros, son fils lui succède sous le nom de Charles Martel

*il y a 1200 ans : le 28 janvier 814 mort de Charlemagne à Aix-la-Chapelle. Son fils lui succède comme empereur d'Occident sous le nom de Louis le Pieux.

*il y a 800 ans : l'armée anglaise de Jean sans Terre roi d'Angleterre débarque à La Rochelle le 16 février 1214. Le 2 juillet victoire de Philippe Auguste sur Jean sans Terre à La Roche aux Moines (Maine-et-Loire) et le 27 juillet 1214 à Bouvines (au sud-est de Lille) contre une coalition alliée aux Anglais et conduite par l'empereur germanique Othon IV

*il y a 700 ans : le 18 mars 1314, à Paris (au bout de l'île de la Cité) Jacques de Mollay Grand Maître des Templiers et l'un de ses compagnons sont brûlés. Nombre d'autres templiers avaient déjà été conduits au bûcher avant eux sur ordre de Philippe IV le Bel.

Le 29 novembre 1314, mort de Philippe IV le Bel à Fontainebleau

*il y a 500 ans : le 9 janvier 1514, mort d'Anne de Bretagne. Elle fut mariée avec Louis XII roi de France du 8 janvier 1499 à sa mort. Avant Louis XII elle avait été l'épouse de Charles VIII roi de France du 6 décembre 1491 au 7 avril 1498. Avec Louis XII, Anne de Bretagne eut 2 filles : Claude de France qui fut la première épouse de 1515 à 1524 de François 1er roi de France et Renée de France duchesse de Chartres qui fut mariée en 1528 avec Hercule d'Este duc de Ferrare et fils de Lucrèce Borgia.

*il y a 400 ans : à Paris le 27 octobre 1614, première réunion des Etats généraux.

*il y a 300 ans: le 6 mars 1714, signature du traité de Rastatt (ville allemande à une dizaine de kms de Baden-Baden) entre la France représentée par le maréchal de Villars et l'Autriche représentée par le prince Eugène de Savoie. Ce traité fut une annexe aux 2 traités d'Utrecht signés en 1713 et mettant fin à la guerre de succession d'Espagne

le 8 décembre 1714, l'empire ottoman déclare la guerre à la République de Venise. Cette guerre qui dure jusqu'en 1718 fera perdre à Venise ses îles de la mer Egée.

*il y a 200 ans : le 12 mars 1814, les Anglais occupent Bordeaux

le 30 mars, la ville de Paris assiégée capitule

le 3 avril, le Sénat à Paris, prononce la déchéance de Napoléon et nomme un gouvernement provisoire

le 6 avril, Napoléon abdique à Fontainebleau

le 28 avril, Napoléon embarque à Fréjus à bord d'un navire anglais pour l'île d'Elbe

le 3 mai, Louis XVIII arrive à Paris

le 4 mai, Napoléon arrive à l'île d'Elbe

le 12 mai, licenciement de 300.000 soldats de l'armée impériale française

le 20 mai, Victor-Emmanuel Ier est de retour à Turin

le 24 mai, le pape Pie VII est de retour à Rome

le 29 mai, mort de Joséphine à la Malmaison

le 30 mai, le traité de Paris ramène la France à ses frontières de 1792. En outre l'île Maurice qui était devenue française en 1715 sous le nom « d'Isle de France » est cédée aux Anglais qui la rebaptise île « Mauritius »

le 25 août, les Anglais incendient Washington

le 12 septembre , Genève rejoint la Confédération helvétique

le 23 septembre, ouverture du Congrès de Vienne

*il y a 100 ans : le 16 mars 1914, Gaston Calmette directeur du Figaro est abattu par Henriette Cailleaux dont le mari (Joseph Cailleaux) est ministre des finances, il fut aussi président du conseil des ministres.

Le 7 juin, ouverture du canal de Panama (l'élargissement en cours devrait être terminé en 2014)

le 28 juin, à Sarajevo (Bosnie), assassinat de l'Archiduc d'Autriche François Ferdinand et de son épouse (la duchesse de Hohenberg) par un membre de la « main noire »

le 3 juillet, en France, adoption de l'impôt progressif sur le revenu dont Joseph Cailleaux fut le promoteur

le 16 juillet, à Paris, sur demande de Jean Jaurès, le congrès socialiste préconise la grève générale pour s'opposer à la guerre

le 28 juillet, acquittement d'Henriette Cailleaux

le 28 juillet, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie

le 31 juillet, assassinat de Jean Jaurès au bar Le Croissant à Montmartre

le 1er août, l'Allemagne déclare la guerre à la Russie, le même jour en France ordre de mobilisation générale

le 2 août, l'Allemagne envahit le Luxembourg

le 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France et envahit la Belgique

le 4 août, la Grande Bretagne déclare la guerre à l'Allemagne

le 6 août, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Russie, pendant que la Serbie déclare la guerre à l'Allemagne

le 12 août, la Grande Bretagne et la France déclarent la guerre à l'Autriche-Hongrie

le 23 août, le Japon déclare la guerre à l'Allemagne

le 25 août, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre au Japon

le 2 septembre, le gouvernement français se transporte à Bordeaux

5 septembre, mort sur le front de Charles Péguy

du 6 au 12 septembre, bataille de la Marne

le 20 septembre, les Allemands bombardent la cathédrale de Reims

4 octobre, invasion de la Pologne par l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie

12 octobre, les Allemands s'emparent de Lille

le 29 octobre, l'empire ottoman attaque la flotte russe en mer Noire

1er novembre, début de la guerre sur mers et sous-marine

le 5 novembre, la Grande Bretagne, la France et la Russie déclarent la guerre à l'empire ottoman

le 20 décembre, le gouvernement français revient à Paris.

Voici quelques-uns des principaux événements survenus une année en « 14 » où l'on voit que ce sont les années 1814 et 1914 qui en sont le plus riches mais pas très joyeux pour la France et les Français. Croisons les doigts pour 2014. Si vous aimez les commémorations vous serez servis en 2014, car outre les « centenaires », vous aurez les 70 ans de l'année 1944 avec l'inévitable anniversaire du débarquement le 6 juin, la libération de Paris etc, les 60 ans des événements de 1954 dont la chute de Dien Bien Phu, le début de la guerre d'Algérie, les 50 ans de l'année 1964 etc.

J.D. 17 mai 2013

décoration sur le mur extérieur du musée gallo-romain d'Aoste Isère, photo J.D. 27 avril 2015

décoration sur le mur extérieur du musée gallo-romain d'Aoste Isère, photo J.D. 27 avril 2015

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 15:57

En 1078, les Turcs musulmans seldjoukides de Malik Shah 1er, s'emparèrent de Jérusalem, que les Arabes musulmans avaient conquise en 638 (6 ans après la mort de Mahomet). Mais les Arabes avaient toujours laissé aux chrétiens le libre accès aux « lieux saints », tandis que les Turcs, en prenant la ville de Jérusalem, massacrèrent la population, en grande partie musulmane, (au nom de Dieu, cela va de soi) et interdirent l'accès de la ville aux chrétiens.

La même année, les Turcs s'emparèrent de Nicée (aujourd'hui Iznik), ville située près de la mer de Marmara, sur la rive sud et presqu'en face de Constantinople. C'était une grave menace pour l'empire byzantin chrétien ou empire romain d'orient. L'empereur byzantin Alexis 1er Commène fit appel aux Européens.

En 1095, le pape Urbain II convoqua un concile à Clermont (qui ne deviendra Clermont-Ferrand par fusion qu'en 1630) et le 27 novembre 1095, le pape lança un appel à la croisade en vue de retrouver le libre accès aux lieux saints (en outre le saint Sépulcre avait été détruit par les musulmans en 1009) et aussi pour défendre l'empire byzantin. L'appel du pape fut repris par de nombreux prédicateurs dont le plus célèbre est Pierre l'Hermite. Ils prêchaient la croisade parce que « Deus lo volt » (Dieu le veut).

Des groupes se constituèrent un peu dans toute l'Europe et convergèrent vers Jérusalem. Cela fut appelé la première croisade, en fait il y en eut plusieurs dans la même. Chemin faisant certains groupes se livrèrent à des pillages et même à des massacres notamment de communautés juives, toujours au nom de Dieu !

A Paris, le 8 novembre 1793, Manon Roland sur l'échafaud s'écria : « Ô liberté que de crimes on commet en ton nom ! » Mais ce n'est rien dans l'histoire de l'espèce humaine au regard de tous les massacres qui se firent et qui se font encore au nom de Dieu !

Enfin, le 15 juillet 1099, la ville de Jérusalem était prise et un royaume chrétien de Jérusalem se constitua. Godefroy de Bouillon (duc de Basse-Lotharingie, et descendant de Charlemagne), un des principaux chefs de la croisade, ne voulant pas d'un titre de roi, c'est son frère , Baudoin, qui le devint. On sait qu'il y eut conquêtes et reconquêtes successives. Jérusalem fut reprise par Saladin le 2 octobre 1187 et Saint Jean d'Acre, dernier bastion chrétien en terre sainte, retomba entre les mains des musulmans le 18 mai 1291. Cela mit fin à l'ère des croisades.

Sans entrer dans l'histoire des neuf croisades (et même 10, puisqu'il y eut en 1239 une croisade qui ne fut pas numérotée, comme elle se situe entre la sixième et la septième, on pourrait l'appeler la six bis), voici quelle fut la participation des Comtes de Savoie aux croisades, avec comme principale source Samuel Guichenon dans « Histoire généalogique de la royale Maison de Savoie », texte de 1660 :

*Humbert II dit Le Renforcé fut le sixième comte de Savoie de 1094 à son décès en 1103. Il participa à la première croisade.

*Amédée III septième comte de Savoie de 1103 à son décès en 1148, participa d'abord en mai 1104 à une expédition génoise pour libérer Saint Jean d'Acre, puis à la seconde croisade qui eut lieu de 1147 à 1149. Amédée III mourut à Chypre le 30 août 1148. Selon Guichenon, c'est à la suite de cette seconde croisade, que la Maison de Savoie, remplaça dans son blason, l'aigle par la croix blanche qui était le symbole des Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem.

*Thomas 1er neuvième comte de Savoie de 1189 à son décès en 1233. Participa avec de nombreux membres de la noblesse savoyarde à la quatrième croisade qui se déroula de 1202 à 1204 et qui fut prêchée par le pape Innocent III. L'objectif était Jérusalem, mais la croisade fut détournée de son objectif initial au profit des Vénitiens, au temps du doge Enrico Dandolo, et au lieu de prendre Jérusalem, les croisés s'emparèrent de Constantinople, ville chrétienne, capitale de l'empire byzantin, les 12/13 avril 1204. Ils pillèrent la ville durant 3 jours, détruisant un important patrimoine de l'humanité (écrits et sculptures antiques...) sans oublier des massacres et établirent un empire latin de Constantinople. On trouve encore des traces de ce pillage par exemple à Venise avec les lions à l'entrée de l'arsenal ou avec les 4 chevaux de bronze qui se trouvent sur la balustrade au dessus du portail central de la basilique Saint Marc (il s'agit de copies, les originaux étant conservés à l'abri dans la galerie de Saint Marc). Les Byzantins reprirent la ville en 1261, ce qui mit fin à cet empire latin.

Parmi les membres de la noblesse savoyarde, il y avait Pierre de Seyssel, marquis d'Aix. Il rapporta à Aix un morceau de la Sainte Croix. Il s'agissait de la croix qu'Hélène la mère de l'empereur Constantin avait retrouvée à Jérusalem en 326, en faisant effectuer des fouilles dans la grotte du tombeau du Christ au dessus de laquelle l'empereur Hadrien avait fait élever un temple dédié à Vénus.

Arrivé à Aix, probablement en 1205, ce morceau supposé de la vraie croix fut placé dans un reliquaire et vénéré dans une église qui se trouvait sur l'actuelle place Maurice Mollard. Cette église appelée de Sainte Marie avait pris la place d'un monument romain. L'église changea de nom pour s'appeler église Sainte Croix à partir de 1205. La présence de la relique amena à Aix de nombreux pèlerinages dont le plus célèbre reste celui de Saint François-de-Sales en 1594.

Officiellement la relique de la Sainte Croix fut remise le 29 ventôse an II (19 mars 1794) avec tous les objets de piété au directoire du district révolutionnaire de Chambéry (voir sur mon blog la note intitulée « La Révolution française et la Savoie») http://jean.delisle.over-blog.com/article-la-revolution-francaise-et-la-savoie-109795056.html). Dans « L'Histoire d'Aix-les-Bains », Jules de Mouxy de Loche explique en 1898, que la relique de la croix avait été cachée par la famille Despine et restituée par un baron Despine à l'église d'Aix après le rétablissement du culte. Monseigneur Bigex évêque de Chambéry en reconnut l'authenticité lors d'une visite qu'il fit à Aix le 1er mai 1826 (voir dans la réédition du livre de Jules de Mouxy de Loche de 1978 chez Laffitte Reprints à Marseille, tome 1 pages 551 et suivantes). L'église Sainte Croix fut démolie au début du XXe siècle après l'inauguration de la nouvelle église Notre Dame. Des vitraux, statues et reliques furent transportés dans la nouvelle église, mais on ne parla plus de la sainte Croix, il semble que les reliques n'aient plus le vent en poupe.

La fin des croisades ne mit pas fin pour autant aux guerres entre Orient et Occident, entre monde musulman et monde chrétien. On peut penser que cela se situe dans un cadre historique plus vaste, dans une lutte millénaire entre Orient et Occident allant de la guerre de Troie à la situation actuelle et passant par les guerres médiques, les guerres puniques, les croisades etc. Quant aux musulmans, depuis le tout début du huitième siècle, c'est-à-dire depuis treize siècles, ils ont l'idée fixe d'envahir l'Europe pour l'islamiser (l'invasion musulmane de l'Europe par l'Espagne commença dès l'an 711). La Maison de Savoie prit amplement sa part dans la défense de l'Europe chrétienne :

*Amédée V, quatorzième comte de Savoie de 1285 à 1323. En 1315, sa flotte délivra Rhodes assiégée par les Ottomans. C'est à la suite de cette expédition que F.E.R.T. (Fortitudo ejus Rhodum tenuit : son courage a sauvé Rhodes) devint la devise de la Maison de Savoie (voir Alexandre Dumas « La Royale Maison de Savoie », éditions La Fontaine de Siloé 1998, tome 1 page 8).

*Amédée VI dit le Comte Verd (avec un « d » selon l'orthographe en usage au temps du Comte), dix-septième comte de Savoie de 1343 à son décès en 1383. En 1366, le Comte Verd alla porté secours à son cousin l'empereur byzantin Jean V Paléologue qui avait été attaqué par les Turcs et les Bulgares et qui était retenu prisonnier en Bulgarie. La victoire d'Amédée VI sur les Turcs à Gallipoli avait assuré provisoirement la survie de l'empire byzantin. Après avoir vaincu les Turcs, le comte Verd envahit la Bulgarie, s'empara de plusieurs villes et assiégea Varna. Le roi de Bulgarie accepta alors de libérer Jean V Paléologue qui put reprendre son trône à Constantinople. Les Bulgares durent regretter leur alliance avec les Turcs car en 1396, ils furent envahis par les Ottomans et ne retrouvèrent leur indépendance qu'en 1878 soit 5 siècles plus tard.

*En 1396, Humbert le Bâtard (fils d'Amédée VII, le comte Rouge, et de Françoise Arnaud de Bourg-en-Bresse) participe avec 70 chevaliers savoyards à une croisade organisée par Sigismond roi de Hongrie. Ils furent fait prisonniers à Nicopolis (dans l'actuelle Bulgarie) par le sultan Bajazet. Ils ne furent libérés contre rançon qu'en 1402 et parce que Bajazet avait lui-même été vaincu par Tamerlan (venu d'Ouzbékistan et qui avait sa capitale à Samarcande).

*Emmanuel-Philibert dit Tête de Fer, dixième duc de Savoie de 1553 à 1580. En 1571, trois galères de la flotte d'Emmanuel-Philibert, parties de Nice et commandées par l'amiral André Provana de Leyni, participèrent à la bataille navale de Lépante le 7 octobre 1571, bataille au cours de laquelle les Ottomans perdirent 240 navires et 30.000 hommes.

*Prince Eugène de Savoie-Carignan, petit fils de Charles-Emmanuel onzième duc de Savoie. Le prince Eugène s'était mis au service de la Maison d'Autriche. Il fut nommé Feld-maréchal en 1687 puis Feld-maréchal général en 1693. Il fut principalement chargé d'arrêter l'invasion musulmane de l'Europe par l'Est. Il infligea aux armées ottomanes de terribles défaites au terme de victoires à Zenta en Serbie le 11 septembre 1697, à Petrovaradin en Serbie le 5 août 1716, à Timisoara en Roumanie en août 1716 ou à Belgrade en Serbie, le 22 août 1717.

J.D. 8 octobre 2012, mise à jour le 11 novembre 2014

 

Liens entre l'empire byzantin et la Maison de Savoie au quatorzième siècle

Liens entre l'empire byzantin et la Maison de Savoie au quatorzième siècle

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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 09:04

La croix blanche est celle de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem, appelé aussi « Ordre des Hospitaliers », avant de devenir « l'Ordre de Rhodes », puis « l' Ordre de Malte ».

La croix rouge est celle des Templiers

et la croix noire celle des Chevaliers Teutoniques.

Enfin, en principe, car, au fil des siècles et selon les lieux, notamment la croix rouge semble avoir représenté les 3 ordres à un moment ou à un autre.

 

Les Hospitaliers :

En 1 048, des moines partis d'Amalfi sous la direction du vénérable frère Gérald se rendirent à Jérusalem et y fondèrent un hospice, dédié à Saint Jean Baptiste, pour accueillir les chrétiens qui venaient en pèlerinage au Saint Sépulcre, en terre musulmane puisque les Arabes s'étaient emparés de Jérusalem en l'an 638. Après la prise de Jérusalem par les croisés le 15 juillet 1099 et l'instauration d'un royaume chrétien de Jérusalem, les moines prirent le nom d'Ordre Hospitalier de Saint Jean de Jérusalem.

Cet ordre à vocation uniquement humanitaire à son origine se transforma en ordre militaire vers 1140, tout en conservant sa vocation hospitalière.

Après la reconquête musulmane, la défaite d'Hatin le 4 juillet 1187, la perte de Jérusalem reprise par Saladin le 2 octobre 1187 et celle de Saint Jean d'Acre en 1221, les Hospitaliers installèrent leur siège à Chypre en 1291, puis à Rhodes en 1302 après la perte de Chypre. C'est là qu'ils prirent le nom de Chevaliers de Rhodes... jusqu'à la perte de Rhodes en 1522.

En 1530, Charles Quint, par acte du 24 mars leur donna l'île de Malte, c'est ainsi qu'ils s'appelèrent Chevaliers de Malte. Cette île avait appartenu à Carthage puis aux Romains de -218 à 533, à Byzance de 533 à 869, aux Arabes de 869 à 1091, puis aux Normands en 1091 et enfin au royaume de Sicile à partir de 1127.

Le 18 mai 1565, une flotte turque débarqua 30.000 hommes pour s'emparer de l'île. Le Grand Maître de l'Ordre (Jean Parisot de la Valette) ne disposait que de 800 chevaliers et 1450 soldats. Ils parvinrent néanmoins à résister jusqu'à l'arrivée d'une armée espagnole le 7 septembre. Ils fondèrent La Valette à partir de 1566.

Malte resta un état souverain appartenant à l'ordre jusqu'à la conquête de Bonaparte en octobre 1798, les membres de l'Ordre se réfugièrent alors en Russie. Les Anglais s'emparèrent de l'île en 1800 et l'annexèrent officiellement en 1814. L'île de Malte devint indépendante le 21 septembre 1964, mais avec la reine d'Angleterre comme souveraine, jusqu'à la proclamation de la République le 13 décembre 1974.

L'Ordre de Malte participa de manière importante à la bataille de Saint Jean d'Acre en 1151, à celle d'Ascalon du 16 au 22 août 1153, à la célèbre victoire navale de Lépante le 7 octobre 1571 contre les Ottomans et fut également victorieux des Ottomans à la bataille navale de Damiette (au large de l'Egypte) le 16 août 1732.

Après la dissolution de l'Ordre des Templiers le 22 mars 1312 par le pape Clément V, l'ordre de Malte récupéra les biens des Templiers sauf bien sûr ceux que Philippe IV le Bel avait récupérés. En dehors de leurs possessions à Malte, l'Ordre s'était répandu dans toute l'Europe, mais perdit beaucoup de ses possessions en Allemagne et Europe du nord lors de la réforme protestante ainsi que ses possessions anglaises en 1540.

En 1834, le Pape Grégoire XVI autorisa l'installation de l'Ordre de Malte à Rome au palais de Malte, sur un terrain de 12.000 m2. C'est toujours là que se trouve le siège de l'Ordre. Un certain nombre de gouvernements ont reconnu la souveraineté de l'Ordre de Malte sur ce territoire de 12.000 M2, ce qui permet à l'Ordre d'avoir des représentations dans diverses instances internationales.

Depuis le XIXe siècle, l'ordre est uniquement caritatif et s'est répandu dans de nombreux pays. En 1998, le gouvernement maltais autorisa l'ordre à se réinstaller au fort Saint Ange à La Valette.

A ses débuts les membres religieux de l'ordre portaient une cape noire à croix blanche, jusqu'à ce que la croix blanche sur fond rouge devint leur emblème. La forme de leur croix a reçu le nom de « croix de Malte ». En 1999, l'Ordre de Malte célébra le neuf-centième anniversaire de sa fondation.

Il existe également une branche protestante et une branche orthodoxe de l'Ordre de Malte. Les 3 branches (catholique, protestante et orthodoxe) ont, pour leurs actions caritatives, un comité de coordination situé à Berne.

 

Les Templiers :

Après l'instauration du royaume chrétien de Jérusalem, il fallut défendre le territoire repris aux Musulmans et assurer la sécurité des pèlerins qui venaient en Palestine. L'Ordre religieux et militaire des Templiers fut fondé en 1119 par Hugues de Payns et Godefroy de Saint Omer. Le roi de Jérusalem Beaudoin II leur concéda une partie de son palais à l'emplacement de l'ancien temple de Salomon. Cet ordre qui s'appela d'abord « ordre des pauvres chevaliers du Christ et du temple de Salomon », prit vite le nom de Chevaliers du Temple puis de Templiers. La règle de l'ordre fut approuvée par le concile de Troyes le 13 janvier 1129. Cette règle était un mélange de la règle de Saint Benoit et de Saint Augustin.

Les templiers furent une force militaire d'élite. Ils participèrent à de nombreuses batailles, celles où les chrétiens furent vainqueurs : celle du 16 au 22 août 1153 pour la prise d'Ascalon sous Beaudoin III (mais les templiers qui s'étaient élancés les premiers furent pris, exécutés et leurs corps exposés sur les remparts dont celui de Bernard de Tramolay alors maître de l'ordre), celle de Montgisard le 25 novembre 1177 sous Beaudoin IV, celle d'Arsouf le 7 septembre 1191 sous la conduite de Richard Cœur de Lion, celle de Mansourah sous la conduite de Louis IX (Saint Louis) le 8 février 1250..., mais aussi à des batailles qui furent gagnées par les Musulmans : la reprise d'Ascalon par Saladin le 4 septembre 1187, de Jérusalem le 20 octobre 1187, de Saint Jean d'Acre en 1191 etc.

Saladin avait une haine particulière envers les Templiers, ceux qu'il faisait prisonniers étaient décapités. Des Templiers participèrent également à des opérations militaires en Espagne dans le cadre de la « reconquita ». Pour se financer et financer leurs opérations, les Templiers fondèrent dans plusieurs pays d'Europe (spécialement France, Belgique, Italie, Espagne, Portugal) un réseau de monastères appelés « commanderies ». Les succès militaires des Templiers leur attirèrent la sympathie de toute la chrétienté occidentale et l'Ordre reçut de nombreuses donations. Ils firent fructifier leur domaine qui ne cessait de grandir. Leur fortune leur permit d'assumer un rôle de banque. Ils furent même gardien de certains trésors royaux.

Après la disparition du royaume chrétien de Jérusalem, les Templiers achetèrent l'île de Chypre à Richard Cœur de Lion et y installèrent leur siège. Mais ils avaient été créés pour défendre le royaume chrétien de Jérusalem; dans la mesure où celui avait disparu, la papauté se demanda si il fallait maintenir l'Ordre. Il fut d'abord proposé de le fusionner avec les Hospitaliers, mais les Templiers y étaient opposés. Leur fortune suscita des convoitises et pour corser le tout il y eut conflit entre la papauté et certains souverains, dont le roi de France Philippe IV le Bel, pour savoir qui allait contrôler cette force armée.

L'avide roi de France Philippe IV le Bel qui avait déjà expulsé les Juifs de France en juin 1306 pour récupérer leurs biens, confia à son confident, Guillaume de Nogaret, le soin de monter une opération contre les Templiers. Les 13 et 14 octobre 1307, dans toutes les commanderies de France, les templiers furent arrêtés. Sous la torture certains avouèrent les vices que leurs bourreaux voulurent leur faire avouer. Les Templiers furent accusés de sorcellerie. Un premier contingent de 54 templiers fut envoyé au bûcher le 12 mai 1310. Le Pape Clément V prononça la dissolution de l'Ordre du Temple le 22 mars 1312 lors du concile de Vienne, puis les biens des Templiers furent dévolus aux Hospitaliers par une bulle papale du 2 mai 1312, sauf en France ou Philippe le Bel fit mains basses sur tous leurs biens. Il était parvenu à ses fins et bien ingratement car fin décembre 1306, lors d'une révolte du peuple de Paris, le roi avait trouvé refuge auprès des Templiers !

Le grand maître de l'ordre du Temple Jacques de Molay et l'un de ses compagnons Geoffroy de Charnay furent conduits au bûcher le 18 mars 1314 à Paris dans « l'île aux Juifs », île située à l'ouest de l'île de la Cité et depuis rattachée à l'île de la Cité.

Mais, si les Templiers ont disparu, leur légende subsiste et alimente tous les fantasmes, entre leur nom lié au temple de Jérusalem, leur richesse et leur fin tragique, il y a de quoi. Ainsi depuis 8 siècles il y a toujours des gens pour rechercher le « trésor des Templiers ». Selon la légende, sur le bûcher le 18 mars 1314, Jacques de Molay aurait lancé une malédiction contre ses bourreaux. La mort le 20 avril 1314 du Pape Clément V qui avait abandonné l'ordre, celle le 27 avril 1314 de Guillaume de Nogaret qui avait organisé l'arrestation des Templiers en 1307, puis celle de Philippe le Bel le 29 novembre 1314 alimenta le fantasme, mais cette « malédiction » est probablement du même type que la prétendue « malédiction des Pharaons » en 1922 après la découverte de la tombe de Toutankhamon par Howard et Carter.

Dans les batailles, le drapeau des Templiers comportait une bande noire dans sa partie inférieure et une bande blanche avec une croix rouge (en forme de croix de Malte) dans sa partie supérieure.

 

Les Chevaliers Teutoniques :

En 1128, des pèlerins germaniques fondèrent à Jérusalem un hôpital pour l'accueil des pèlerins germaniques. Cet hôpital fut dédié à Sainte-Marie-des-Teutoniques. Il se transforma en ordre religieux reconnu par le Pape Clément III en 1191 et suivant la même pente (dans le même contexte) que les ordres précédents il se transforma en ordre militaire en 1198. Dès 1191, leur siège fut à Saint Jean d'Acre. Il fut transféré à Venise après la perte de Saint Jean d'Acre en 1291. Ils prirent part aux combats en Palestine mais furent aussi appelés pour christianiser les peuples de l'est (pays baltes etc). Leurs principales implantions furent en Suisse, en Allemagne, en Pologne et dans les Pays Baltes. Ils régnèrent sur un état dont ils furent souverains et peuvent à ce titre être considérés comme les fondateurs de la Prusse, région dans laquelle ils fondèrent plusieurs villes. Leur capitale fut alors transférée à Marienbourg.

A partir de 1525, les Teutoniques se divisèrent entre une branche devenue protestante et une branche restée catholique et qui s'installa en Autriche.
Le 24 août 1809, Napoléon prononça le dissolution de l'ordre des Teutoniques.

Ils se reconstituèrent comme mouvement caritatif à partir de 1929 avec un siège à Vienne, transféré à Rome depuis 1957.

 

Ainsi dans l'histoire de la chrétienté il y eut trois ordre religieux à vocation militaire.

Qu'en aurait pensé l'auteur du célèbre : « Tu ne tueras point » ?

Il faut néanmoins reconnaître que sans Charles Martel, sans Jean Sobiesky, sans le prince Eugène de Savoie, sans beaucoup d'autres, il y a longtemps que la charia s'appliquerait à toute l'Europe.... mais ce n'est peut-être que partie remise car actuellement les musulmans envahissent l'Europe, l'occupent et y imposent leurs mœurs, sans même avoir besoin d'armée !

 

 

 

...et deux autres Croix

 

La Croix de Savoie

Le drapeau de la Savoie est constitué d'une croix blanche sur fond rouge comme le symbole des Hospitaliers, à la forme de la croix près.

Voici à ce sujet ce qu'écrit Samuel Guichenon dans « Histoire généalogique de la royale maison de Savoye » chez Guillaume Barbier à Lyon en 1660 ou dans une réédition de 1976 aux éditions Horvath à Roanne.

« L'Ancienne chronique de Savoye Manuscripte Françoise & Latine, Champier, Carra, Curtil, Simler & Herminges, ont escrit que le premier des Comtes de Savoye qui prit la croix en ses armes fut Amé III sur ce qu'ayant fait voyage en Palestine, fait lever le Siège d'Acre & secouru les chevaliers de l'ordre de S. Jean de Jerusalem. Il fut prié par eux en memoire d'une action si remarquable, de prendre les Armes de Rhodes, qui ait de gueules à la croix d'argent »....

« Pour moy, s'il m'estoit permis de porter mon jugement ou plustost ma coniecture sur une chose si obscure & si ancienne, ie me persuaderois volontiers qu'Amé III comte de Savoye, qui fit le voyage de la Palestine, en une fameuse croysade l'an 1147, ayt voulu garder la Croix pour ses armes, tant pour la veneration qu'il avoit a cet illustre caractère de nostre Redemption que pour marque de cette expedition militaire »

Les Comtes de Savoie participèrent largement aux Croisades. Non seulement Amédée III, cité par Guichenon, qui fit lever le siège de Saint Jean d'Acre à l'occasion de la deuxième croisade, mais aussi Amédée V qui sauva Rhodes assiégé en l'an 1315 et enfin surtout le comte Verd (Amédée VI) qui vainquit les Turcs à la bataille de Gallipoli et parvient en 1366 à faire libérer son cousin Jean V Paléologue Empereur byzantin qui avait été fait prisonnier par les Bulgares.

Le sceau le plus ancien avec la croix de Savoie est apposé sur une charte de 1143 conservée à l'abbaye de Saint Maurice d'Agaune (Valais Suisse).

Il n'y a ainsi rien de surprenant que les souverains de Savoie aient repris depuis le douzième siècle, le blason des Hospitaliers pour leurs propres armes. Lorsque l'ancien duché de Savoie a été réuni à la France en 1860 et divisé en 2 départements, ils ont l'un et l'autre conservé l'ancien blason des Hospitaliers, devenu celui de la Maison de Savoie, comme drapeau, ce qui est un beau symbole d'unité.

En outre, la croix de Savoie resta dans les symboles de la royauté italienne jusqu'à la proclamation de la République italienne en 1946.

 

Et la Croix suisse

C'est seulement par un décret de la Diète du 21 juillet 1840 que les Suisses ont adopté un drapeau national : croix blanche sur fond rouge, mais les Suisses vous le jugeront, cela n'a rien à voir avec le drapeau de la Maison de Savoie qui n'a jamais que sept siècles d'antériorité. Les habitants des 24 anciennes communes du Duché de Savoie qui furent rattachées à la Suisse après la chute de Napoléon, ne furent en tous cas pas dépaysés en ce concerne le drapeau.

J.D. 20 août 2011, complémnt le 19 septembre 2014

 

 

 

 

 

 

les croix rouge, noire, blanche

les croix rouge, noire, blanche

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