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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 16:54

La guerre de 1870 fut un terrible désastre pour la France.

Bismarck avait savamment préparé son coup pendant qu'en France Edmond le Bœuf Sinistre de la guerre et maréchal de France affirmait : « il ne manque pas un bouton de guêtre à nos soldats ». Ce « le Bœuf » aurait mieux fait de s'appeler « l'âne ». Ce qui fait immanquablement penser à celui (Paul Reynaud) qui déclarait en septembre 1939 : « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts » ! On peut d'ailleurs trouver un certain nombre d'analogies entre la guerre de 1870 et celle de 1940. Dans les deux cas, ce fut la France qui déclara la guerre, en 1870 sans avoir les moyens de la faire et en 1939 sans la faire, il fallut attendre le bon vouloir des nazis en mai 1940 pour que notre déclaration de guerre se transforme en guerre !

petit rappel des faits :

*1864 : la Prusse, s'allie à l'Autriche et fait la guerre au Danemark, ce qui fut appelé « la guerre des Duchés ». Pauvre Danemark, 2 armées ennemies pour le prix d'une !

Trois Duchés furent la dépouille que se partagèrent les vainqueurs, au traité de Vienne le 30 octobre 1864. La Prusse y avait gagné une extension territoriale et un excellent entraînement à la guerre pour ses troupes.

*1866. Exploitant un différent sur les Duchés annexés, la Prusse déclara la guerre à l'Autriche. Cette guerre commencée le 23 juin était quasiment terminée le 3 juillet lors de la cuisante défaite autrichienne à Sadowa (lieu situé en Bohême dans l'actuelle République Tchèque). Le nouveau royaume d'Italie s'était allié à la Prusse, et malgré la défaite de l'armée italienne commandée par Alfonso La Marmora, le 24 juin 1866, l'Italie récupéra la Vénétie que l'Autriche occupait encore. Quand à la Prusse, outre de nouvelles extensions, un nouvel entraînement à la guerre pour son armée, elle prenait à l'Autriche le premier rôle sur l'espace germanique.

*1867, la Prusse parvint à organiser une « confédération des États d'Allemagne du Nord » dont elle prenait le contrôle

*1870, Bismarck, qui cherchait la guerre, provoquait la France ; c'est la fameuse dépêche d'Ems du 14 juillet 1870, qui rendait compte d'une entrevue entre le roi de Prusse et l'Ambassadeur de France à Berlin et que Bismarck avait falsifiée.

*Dès le 19 juillet, la France déclarait la guerre à la Prusse et mobilisait 900.000 soldats, pendant que les Prussiens en alignaient 1.200.000, en outre mieux armés, mieux entraînés et mieux commandés. En prime, la déclaration de guerre à l'initiative de la France, permettait à la Prusse de présenter la France comme l'agresseur et la Prusse comme l'agressée !

*Le premier affrontement entre les 2 armées eut lieu dès le 4 août 1870 à Wissenbourg (dans le Bas-Rhin). Le 2 septembre Napoléon III avec une armée de 80.000 hommes était contraint de capituler à Sedan et abdiquait de son titre d'Empereur le 4 septembre ce qui entraînait la proclamation de la troisième République française.

*Dès le 18 septembre, la ville de Paris était assiégée

*le 28 septembre 1870, Strasbourg capitulait

*le 27 octobre Bazaine capitulait à Metz avec 173.000 soldats et 1700 pièces d'artillerie.

*La première assemblée législative de la troisième République réunie à Bordeaux, parvient à créer une nouvelle armée appelée armée de l'est, en confie le commandement au général Bourbaki et lui demande de secourir Belfort assiégée par les Prussiens.

*Malgré des combats du 15 au 17 janvier 1871, Bourbaki ne parvient pas à déloger les Prussiens qui en outre envoient une nouvelle armée pour prendre les Français en tenaille.

*Le 26 janvier Bourbaki confie le commandement de l'armée au général Clinchant, puis tente de se suicider.

*Clinchant ne sachant pas mieux que Bourbaki comment s'en sortir et ne voulant pas tomber aux mains des Prussiens, rencontre le 1er février 1871 le général Herzog commandant en chef des armées suisses à Verrières, commune suisse frontalière située dans le canton de Neuchatel, district de Val de Travers, en fait, à une dizaine de kms à l'est de Pontarlier. Grâce à un accord connu sous le nom de « convention des Verrières », l'armée française, en piteux état, se livre aux Suisses : 87.847 soldats dont 2467 officiers, 11.800 chevaux, 285 canons et 1158 voitures.

*Mais les Suisses qui avaient proclamé leur neutralité dans le conflit, ne voulant pas mécontenter les Prussiens et surtout le terrible Bismarck, désarment les Français à leur passage de frontière et les traitent comme prisonniers de guerre.

*En fait, beaucoup furent dirigés vers des établissements hospitaliers et soignés et les Suisses sauvèrent la vie de beaucoup de nos soldats.

*Pendant ce temps là, en France, l'empire allemand avait été proclamé dans la galerie des glaces à Versailles le 18 janvier 1871, un armistice le 28 janvier (sauf pour le front de l'est) et des préliminaires de paix furent ratifiés le 2 mars 1871.

*Les Français prisonniers des Suisses furent rapatriés entre le 13 et le 24 mars 1871. Mais au préalable, les Suisses avaient réclamé à la République française, le remboursement des frais de garde ! Ce qui fut fait en août 1872 par le versement à la Suisse de 12 millions de francs (suisses).

Cet épisode semble oublié, mais il n'empêche que les Suisses peuvent se vanter d'avoir fait prisonniers 87.847 soldats français soit tout ce qu'il restait de l'armée de l'est.

Un tableau peint en 1881 par Édouard Castres, représente le passage de la frontière par cette armée. Ce tableau est exposé au musée de Lucerne, on en trouvera une reproduction en illustration.

J.D. 26 juillet 2016

l'armée française franchissant la frontière suisse, photo du tableau : J.P. Neri

l'armée française franchissant la frontière suisse, photo du tableau : J.P. Neri

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 17:21

Cette expression de « Grande Grèce » se rapporte aux colonies grecques hors de la Grèce proprement dite. Mais selon les auteurs, on ne trouve pas le même champ géographique. Pour les uns ce sont les implantations en Italie du sud, pour d'autres celles sur l'actuelle côte turque (qui furent à l'origine des guerres « médiques » entre Perses et Grecs au début du cinquième siècle avant notre ère), etc.

Le concept qui me paraît le plus simple et le plus opérationnel est de considérer que firent partie de la « Grande Grèce » toutes les implantations grecques hors de la Grèce elle-même.

On trouvera en annexe une carte de cette Grande Grèce que j'ai empruntée à Wikipédia. L'auteure s'appelle Christine Moulin, il s'agit d'une Française installée en Grèce depuis une trentaine d'années. D'après ce que j'ai vu sur internet, elle organise des voyages à la demande. Voir son site : http://contact@decouvrirlagrece.com

(publicité gratuite)

Cette carte illustre très bien la rivalité qu'il y eut entre Phéniciens et Grecs pour la conquête de la Méditerranée occidentale. Ils se firent la guerre jusqu'à ce que le Raminagrobis Romain, qu'ils n'avaient pas vu venir, les mette d'accord en les croquant l'un et l'autre, comme la belette et le petit lapin de la fable. Voir la fiche N°269 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/01/l-invasion-des-peuples-de-la-mer-n-269.html

Il convient d'ajouter que les différentes cités grecques se firent, elles aussi, souvent la guerre et que ces implantations extérieures de colonies renforçaient leur pouvoir à l'intérieur de la mère-patrie.

Les Grecs, comme les Égyptiens et les Romains furent de grands bâtisseurs et laissèrent d'importants monuments dans beaucoup de leurs colonies. Le résultat est qu'aujourd'hui on trouve plus de monuments grecs hors de Grèce que dans la Grèce elle-même et en outre, des monuments parmi les mieux conservés.

Parmi toutes ces réalisations fabuleuses, je vais en citer deux : Paestum, à une centaine de kms au sud de Naples et Agrigente sur la côte sud de la Sicile.

Paestum :

Le site de Paestum, sur le territoire actuel de Cappacio Paestum en Campanie, a été fondé sous le nom de Poseidonia vers l'an 600 avant notre ère par des Grecs de la cité de Sybaris : cité grecque elle-même fondée vers l'an 720 avant notre ère dans le golfe de Tarente. Sybaris se trouve aujourd'hui sur le territoire de la commune de Cassano all'Ionio, ville de Calabre sur le golfe de Tarente.

Les Lucaniens se sont emparés de la cité au quatrième siècle avant notre ère. La Lucanie, antique région, était à cheval sur les actuelles régions italiennes de Campanie (capitale Naples), et de Basilicate (capitale Potenza). Ils donnèrent à la ville le nom de Paeston.

Les Romains ont pris la cité en l'an 273 avant notre ère et l'ont appelé : Paestum.

La cité a alors suivi le sort de Rome. Son déclin commença lors d'une épidémie de malaria au quatrième siècle de notre ère et la ville fut détruite par les Sarrasins vers l'an 877.

Elle disparut complètement et fut redécouverte en 1748 à l'occasion de travaux. Le site fut classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1998.

Le site s'étend sur 120 hectares dont seulement 25 ont été fouillés. Il comprend des antiquités de la période romaine (amphithéâtre, forum…), de la période des Lucaniens (une enceinte de 4,75 kms de long), mais surtout de la période grecque parmi lesquelles 3 temples majeurs.

Les découvreurs du XVIIIe siècle leur ont donné des noms en fonction de vocations supposées, mais qui n'ont pas été confirmées par les études plus récentes, mais ces noms du XVIIIe ont néanmoins subsisté.

Temple dédié à Héra :

Ce temple de style dorique fut construit vers l'an 550 avant notre ère. Il fut baptisé du nom de « Basilique » au XVIIIe siècle mais était dédié à Héra, qui dans la mythologie grecque était la fille de Cronos et de Rhéa et par conséquent la sœur de Zeus dont elle fut également l'épouse.

Ce temple mesure 24,35 mètres sur 54. Il possède 18 colonnes de chaque côté et 9 colonnes sur les faces avant et arrière. Ces colonnes ont 4,68 mètres de hauteur.

Temple dédié à Athéna :

Ce temple fut appelé « temple de Cérès » au XVIIIe siècle.

Cérès, déesse romaine correspond à la Déméter grecque. Elle est aussi dans la mythologie grecque fille de Chronos et de Rhéa. De son frère (Zeus), elle eut une fille : Perséphone (Proserpine pour les Romains). Déméter était la déesse de la terre et aussi celle des mystères d'Eleusis.

Athéna, fille de Zeus, était la déesse de la guerre (la Minerve des Romains) son symbole était la chouette. C'est en son honneur que la capitale des Grecs doit son nom d'Athènes.

Ce temple fut construit vers l'an 500 avant notre ère mélangeant les styles dorique et ionique. Il comporte 13 colonnes sur les côtés et 6 sur les faces avant et arrière.

Second temple à Héra :

ce temple construit vers l'an 450 avant notre ère fut appelé de Poseidon au XVIIIe siècle en référence au nom premier de la cité (Poseidonia). Au vingtième siècle il fut attribué à Héra, ce qui est contesté dans les textes les plus récents. Il serait en effet surprenant que la déesse Héra ait eu 2 temples dans la même cité. Une dédicace à Poseidon semble plus logique. D'autres auteurs récents attribuent ce temple à Zeus. Avoir dans la même cité un temple à Héra et un à Zeus a aussi sa logique.

Poseidon, le Neptune des Romains, est le dieu de la mer. Son symbole est le trident. Il est lui aussi fils de Chronos et de Rhéa et frère aîné de Zeus.

Zeus était le maître des Dieux, l'équivalent du Jupiter romain et d'Amon-Ré en Égypte. Les humains l'ont imaginé grand séducteur autant de déesses que de femmes. Son symbole est souvent la foudre.

Ce temple a 24,30 mètres sur 59,90 avec un fronton dorique, 14 colonnes de chaque côté et 6 sur les façades avant et arrière.

Le musée :

Situé de l'autre côté de la route et à mi-chemin entre l'amphithéâtre et le temple dit de Cérès, un musée a été inauguré en novembre 1952. Il fut agrandi en 1966 puis en 1970. Aujourd'hui il présente sur 3 étages toutes les découvertes effectuées lors des diverses campagnes de fouilles, ce qui illustre à la fois l'histoire de la cité mais de façon plus générale l'art grec.

Agrigente :

Le site d'Agrigente est situé presque au milieu de la côte sud de la Sicile.

La cité a été fondée vers l'an 580 avant notre ère par les Grecs de la cité de Gela, située aussi sur la côte sud de Sicile (à environ 75 kms à l'est d'Agrigente) et elle-même fondée vers l'an 690 avant notre ère par les Grecs de l'île de Rhodes. Akrakas fut le premier nom donné à la cité par les Grecs.

Cette cité connut un développement très important, ce qu'il reste des ruines grecques a reçu le nom de « Vallée des Temples » et a été classé au patrimoine de l'Unesco en 1997.

Comme tout le reste de la Sicile, les habitants de cette cité virent les combats à répétition entre Grecs et Phéniciens représentés par Carthage, puis entre Romains et Carthaginois, sans oublier les guerres entre les différentes cités grecques !

Après la première guerre punique (de -264 à -240), Rome annexa la Sicile. Ils donnèrent à Akrakas le nom d'Agigentum.

Après la chute de l'empire romain d'Occident, en l'an 476, la Sicile fut prise par les Byzantins (Empire romain d'Orient) en l'an 535, puis par les Arabes au IXe siècle. Ils donnèrent à la ville le nom de Girgenti.

Il y eut ensuite les Normands à partir de 1087, les Espagnols (dynastie d'Aragon) à compter de 1282, puis le royaume de Naples et des deux Siciles (en 1442)… Même les souverains de la Maison de Savoie eurent le titre de rois de Sicile de 1713 à 1720.

Enfin l'expédition de Garibaldi et de ses chemises rouges en 1860 permit de réunir la Sicile au nouveau royaume d'Italie.

Des nombreux monuments construits par les Grecs à Agrigente aux VIe et Ve siècles avant notre ère, il ne reste de traces que de 9 d'entre eux, mais une partie du site antique est encore enfoui sous les maisons et cultures de l'actuelle ville d'Agrigente. La muraille qui ceinturait la ville grecque mesurait 12 kms de long. Parmi les temples dont il reste traces, citons :

le temple de la Concorde : construit vers l'an 430 avant notre ère, de style dorique et comportant 34 colonnes. Il fut transformé en basilique chrétienne en l'an 579 et cela le sauva probablement de la destruction. En outre il fut l'objet d'une restauration en 1748, et c'est le restaurateur de l'époque qui lui donna son nom de temple de la Concorde mais on ne sait pas à quelle divinité il était dédié. Il avait 17 mètres sur 38 environ. Il est le seul temple d'Agrigente à peu près conservé.

Le temple de Zeus : construit vers -480, de 112 mètres sur 56 avec des colonnes de 20 mètres de haut aurait été le monument le plus important d'Agrigente, mais il fut détruit par les Carthaginois en -406.

le temple d'Héra : construit vers -450, de 17 mètres sur 38 avec 13 colonnes de côté et 6 de face. Détruit par les carthaginois en -406. Quelques colonnes ont pu être redressées.

Le temple de Castor et Pollux de la moitié du cinquième siècle (avant notre ère) de 14 mètres sur 32 environ avec 13 colonnes de côté et 6 de face. Il reste 3 colonnes debout. Dans la mythologie grecque, les jumeaux Castor et Pollux étaient les enfants de Zeus et de Léda reine de Sparte et par conséquent les frères de la belle Hélène.

Le temple d'Héraclès : construit vers l'an -500, il possédait 38 colonnes dont 8 furent relevées en 1924. Héraclès (Hercule pour les Romains) était fils de Zeus et d'Alcmène épouse du roi de Tirynthe (ville de Grèce en Argolide). Héraclès ou Hercule est surtout connu pour la légende des 12 travaux.

Le temple d'Athéna : construit au début du Ve siècle (avant notre ère) mesurait 15 mètres sur 35 environ avec 6 colonnes par 13

le temple à Déméter : construit vers -480/-470, mesurait 13 mètres sur 30 environ

le temple d'Héphaïstos : construit vers -430, mesurait 17 mètres sur 35 avec 6 colonnes sur 13. Héphaïstos (Vulcain pour les Romains) était le fils d'Héra seule ou d'Héra et de Zeus selon les versions. Il est le maître des forges.

Agrigente a aussi son musée archéologique qui rassemble nombre des découvertes effectuées sur le site.

En conclusion et pour employer la terminologie d'un célèbre guide touristique, les sites de Paestum et d'Agrigente méritent plus qu'un détour, carrément un voyage.

J.D. 20 juillet 2016

carte de l'expansion grecque et phénicienne

carte de l'expansion grecque et phénicienne

temples de Paestum, de haut en bas : Basilique ou Héra, Athéna ou Cérès, Héra ou Poseidon, photos Michèle Delisle avril 2002, et temple de la Concorde à Agrigente, photo J.D. 10 juillet 1973
temples de Paestum, de haut en bas : Basilique ou Héra, Athéna ou Cérès, Héra ou Poseidon, photos Michèle Delisle avril 2002, et temple de la Concorde à Agrigente, photo J.D. 10 juillet 1973

temples de Paestum, de haut en bas : Basilique ou Héra, Athéna ou Cérès, Héra ou Poseidon, photos Michèle Delisle avril 2002, et temple de la Concorde à Agrigente, photo J.D. 10 juillet 1973

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 16:24

On peut lire sur certains textes que la ville de Turin fut fondée sous le règne d'Auguste (empereur de -27 à +14) et prit le nom d'Augusta Taurinorum ».

Si cela est exact pour le nom à partir du règne d'Auguste, par contre la ville existait au minimum 2 siècles avant Auguste. Au mieux, Auguste en aurait été le restaurateur ou aurait donné un nouvel élan à cette cité.

*Polybe, historien d'origine grecque qui vécut de -200 à -125 (dates approximatives) raconte dans ses « Histoires » au livre III, qu'Hannibal assiégea Turin durant 3 jours et prit la ville d'assaut. Or l'arrivée d'Hannibal en Italie se situe à la fin de l'année 218 avant notre ère.

*Avant Auguste, la ville s'appelait « Taurasia » et tenait son nom de son peuple fondateur, une tribu celtique que Polybe appelle « Taurisques » et les latins « Taurines » ou « Taurini ». Cette tribu tire son nom d'une racine « taur » qui signifie « montagne » (voir Taurus en Turquie par exemple ou Tauredunum ou Mont Taurus dans le Valais en Suisse dont l'écroulement en l'an 563 provoqua de gros dégâts et un tsunami sur le lac Léman).

*Je ne sais quand, ni pour quelles raisons la ville de Turin prit le taureau (toro en italien) comme symbole. Le taureau figure dans le blason de la ville, sur les bornes-fontaines…

*Un club de foot turinois (le Torino Football Club) est surnommé « il Toro », il a aussi le taureau dans son blason. Ce club fondé en 1906, fut l'un des principaux clubs italiens, il remporta 5 fois de suite le championnat de foot italien ; mais le 4 mai 1949, l'avion qui ramenait l'équipe de Lisbonne, son accompagnement technique et des journalistes, heurta la colline de Superga qui domine Turin et il n'y eut pas de survivants. Un monument a été dressé au lieu de l'impact et fait toujours l'objet d'un « pèlerinage », de la part de Turinois, aux dates anniversaires de la catastrophe. Le club existe toujours mais n'est plus ce qu'il était avant 1949. C'est la Juventus qui est devenue le club-phare de Turin.

*Une compagnie d'assurances (Toro Assicurazioni) fondée à Turin il y a 170 ans, a pris aussi le taureau comme référence.

Torino histoire :

C'est à l'occasion des guerres contre Carthage (de -264 à -146) que Rome acheva la conquête de l'Italie dont l'Italie du nord (appelée encore à l'époque « Gaule cisalpine ») à partir de l'an -225.

Turin et sa région suivirent donc la fortune de Rome et connurent dans les derniers siècles de l'empire romain d'Occident les grandes invasions comme le reste de l'Italie.

Après la chute de l'empire romain d'Occident (en l'an 476) Turin devint au sixième siècle le siège d'un duché lombard, puis passa sous le contrôle des Francs et de l'empire Carolingien.

*Vers l'an 1048, le mariage d'Adélaïde de Suze avec le comte de Savoie Othon 1er fit passer Turin et sa région dans le domaine de la Maison de Savoie.

*En 1562, Turin devint la capitale des Etats de Savoie lorsque Emmanuel-Philibert dixième duc de Savoie transféra son administration de Chambéry à Turin. Il a sa statue place San Carlo à Turin ; il le mérite bien quand on considère tous les investissements que firent les souverains de la Maison de Savoie à Turin et aux alentours, spécialement à la fin du XVIIe siècle et au début du dix-huitième siècle sous les règnes de Charles-Emmanuel II et Victor-Amédée II. Voir fiche N°56 http://jean.delisle.over-blog.com/article-savoie-et-maison-de-savoie-99226231.html

*Turin devint ensuite capitale du royaume de Sicile de 1713 à 1720, puis du royaume de Sardaigne de 1720 à 1861, enfin capitale du royaume d'Italie de 1861 à 1865.

Il y eut cependant des interruptions :

*Après l'invasion de l'Italie par les armées françaises commandées par Bonaparte, Turin devint au 10 septembre 1798 capitale d'une « République piémontaise » puis chef-lieu du département (français) du Pô du 11 septembre 1802 à fin avril 1814.

*C'est de Turin qu'est partie l'unité de l'Italie suite à l'alliance avec la France de Napoléon III, alliance combinée par Cavour et Victor Emmanuel II. C'est le 3 mai 1859 que la France déclara la guerre à l'empire d'Autriche-Hongrie. On trouvera en annexe un dessin montrant l'accueil enthousiaste que reçurent les troupes françaises lors de la traversée de Turin en mai 1859. Aider à faire l'unité italienne partait d'un bon sentiment, mais en affaiblissant l'Autriche, Napoléon III fit le jeu de la Prusse et cela lui coûta son trône. Voir fiche N°1http://jean.delisle.over-blog.com/article-reunion-de-la-savoie-et-de-l-arrondissement-de-nice-a-la-france-en-1860

*Après la proclamation du royaume d'Italie le 19 mars 1861, Turin prit une part importante dans le développement de la nouvelle Italie : création de la FIAT en 1889 qui fit de Turin la capitale de l'automobile italienne. La ville est également le siège de nombreuses sociétés comme Lavazza, Cinzano, Martini, la banque San Paolo etc etc

*La ville est devenue également un centre culturel important, a été « capitale olympique » avec les jeux olympiques d'hiver en 2006 et a pris une grande part dans la célébration en 2011 du cent-cinquantième anniversaire de la proclamation du royaume d'Italie.

La ville de Turin et son environnement proche méritent un voyage compte tenu de la richesse du bâti, de l'histoire de la ville …

On comprend bien que des touristes qui viennent en Europe, probablement qu'une fois dans leur vie, d'Australie, du Japon ou du Brésil ; si ils visitent l'Italie, ils donneront priorité à Venise, Florence ou Rome, mais c'est dommage pour beaucoup d'autres villes comme Turin.

J.D. 24 mars 2016

Ajout du 27 mars 2016 :

Un ami de la Dante (Gian Paolo Mauro) m'a transmis un texte en italien sur l'origine du nom de Turin. Le voici :

« Riguardo all'etimologia del toptonimo di Torino esistono due ipotesi. La più probabile potrebbe essere quella legata al termine celtico, di origine indeuropa taur (o thor)che significa monte. A conferma di cio vi sarebbe la testimonianza che riporta l'usanza celtica di venerare alcuni elementi della natura tra cui le montagne. Un'altra ipotesi più fantasiosa e meno attendibile ha invece dato vita ad una leggenda popolare che ricondurrebbe all'esistenza, nei pressi di un villaggio neolitico, di un temibile drago che sarebbe stato sconfitto da un toro (taurus) che un contadino avrebbe fatto inebriare con un otre di vino. La lotta tra i due animali sarebbe stata cruenta al punto che il toro, dopo aver sconfitto il mostro, moti perle ferite riportate. Il popolo, in onore della vittima decisero di chiamarsi Taurini »

Traduction :

Regardons l'étymologie du nom de Turin : il existe deux hypothèses :

La plus probable pourrait être celle liée à la terminologie celtique, d'origine indo-européenne taur (ou thor) qui signifie montagne. En confirmation de cela, vous avez le témoignage rapporté par l'usage celtique de vénérer des éléments de la nature à travers les montagnes.

Une autre hypothèse plus fantaisiste et moins digne de foi a au contraire donné vie à une légende populaire selon laquelle, aux abords d'un village néolithique, se trouva un terrible dragon qui aurait été vaincu par un taureau qu'un paysan aurait enivré avec une outre de vin. La lutte entre les deux animaux aurait été sanglante, au point que le taureau après avoir vaincu le monstre, mourut des blessures reçues. Le peuple en honneur de la victime décida de s'appeler « Taurini ».

Ajout du 29 mars 2016 :

Dans le dernier tome de « Maison de Savoie », Marie José (dernière reine d'Italie inhumée à Hautecombe le 2 février 2001), publie la liste des « confréries réunissant les gens de métiers » à Turin à l'époque d'Amédée VIII (décédé le 7 janvier 1451), c'est-à-dire au début du quinzième siècle, ce qui correspond aussi à la fin du Moyen Age, en rappelant que les historiens sont quasi unanimes pour borner le Moyen Age de l'an 476 (fin de l'Empire romain d'Occident) à l'an 1453 (fin de l'Empire romain d'Orient et fin de la guerre de Cent Ans).

Cette liste donne une idée des métiers exercés à l'époque, tout au moins de ceux qui étaient organisés en confrérie, la voici :

barbiers, tailleurs, marchands, taverniers, charpentiers, mégissiers, lainiers, cordonniers, fourniers, potiers, serruriers, cardeurs, boulangers, épiciers, meuniers, scieurs, bêcheurs, scribes, bûcherons, bergers, vignerons, laboureurs et pêcheurs

entrée des troupes françaises à Turin en mai 1859

entrée des troupes françaises à Turin en mai 1859

borne fontaine à Turin, photo J.D. 6 juin 2015

borne fontaine à Turin, photo J.D. 6 juin 2015

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 09:06

On trouvera, jointe en illustration, une carte montrant l'emprise territoriale respective des Républiques maritimes de Gênes et de Venise au tournant XIVe/XVe siècles. Carte publiée sur le net dans le cadre d'un article de Romain Lamothe et Jean-Christophe Ricklin.

Fondée à la fin du septième siècle, comment cette République de Venise « coincée » au fond de l'Adriatique a-t-elle pu parvenir à une telle puissance, non seulement par ses acquisitions terrestres et maritimes, mais par la force de sa monnaie (le ducat d'or vénitien fut créé en 1284), de son économie, de son commerce … ?

Il n'y a probablement pas une réponse unique mais un ensemble de causes, parmi lesquelles je mettrais volontiers en avant d'une part une organisation politique efficace (voir note N°273 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/02/la-venetie-n-273.html) et surtout la puissance de la marine vénitienne aussi bien commerciale que militaire. Cette puissance était elle-même le résultat de l'organisation des chantiers navals.

I-L'Arsenal :

L'Arsenal (arsenale en italien) est situé à l'est de la cité dans le quartier du même nom, mais en signalant que sur certains documents, le quartier « Arsenale » est rattaché au quartier « Castello », mais il paraît plus pertinent de considérer l' »arsenale » comme un quartier à part entière.

*Les premiers chantiers navals à Venise datent du huitième siècle, mais les vrais chantiers navals organisés rationnellement ont été lancés en 1104 par Ordelafo Faliero qui fut de 1102 à 1118 le trente-quatrième doge de Venise. Il mourut à Zadar (en Croatie, sur l'Adriatique, mais ville appelée à l'époque de Faliero : « Zara ») en expédition militaire en 1118. Il fut inhumé dans la basilique Saint Marc.

*Des extensions des chantiers eux-mêmes et/ou de leurs accès à la mer furent réalisés entre 1143 et 1169, entre 1304 et 1325 (arsenale nuovo) en 1473 (arsenale nuovissimo). L'activité de l'arsenal cessa à partir de 1716.

*En 1797, Bonaparte récupéra les armements disponibles et en 1806, fit réaliser une nouvelle extension. En octobre 1866, la Marine italienne en prit possession.

*Dès le doge Faliero, tout fut pensé de façon rationnelle : les approvisionnements, les stockages, les fabrications, les utilisations… non seulement pour les coques des galères mais pour leurs armements (canons, poudres, boulets...) les cordages, les rames, les mâts, les voiles… Au plus fort de l'utilisation de cet arsenal (XVIIe siècle), 16.000 ouvriers y étaient employés, les chantiers avaient la capacité de sortir une galère par jour ! (La galère était un navire navigant à la fois à voiles et à rames. Une copie de galère du XVIIIe siècle a été lancée à Morges, sur le lac Léman, en 2001). Ils étaient alors considérés comme les plus grands chantiers navals au monde. On peut en tout état de cause penser qu'ils furent un modèle très en avance de grande entreprise industrielle. Dès 1297, il fut décidé que les galères construites seraient polyvalentes afin d'être utilisées comme navires de commerce en temps de paix et pouvoir être transformées en navires de guerre en quelques heures en cas de besoin. La marine vénitienne compta jusqu'à 3.000 navires marchands et 300 navires de guerre. Outre le transport marchand pour les négociants vénitiens et les galères armées pour les opérations de guerre de la République, la marine vénitienne servit encore à transporter de nombreuses troupes : pour les croisés, pour le compte d'autres Etats… mais bien sûr la Sérénissime se faisait payer ses services.

*Un bon exemple du génie vénitien d'alors, peut être donné avec l'approvisionnement en bois. Les bois vinrent des préalpes vicentines (au nord de Vicence) , de l'Altopiano dei Sette comuni. Afin de pouvoir évacuer aisément les bois exploités, les Vénitiens créèrent une voie d'accès et de dégagement de 2,5 kms sur 810 mètres de dénivelé, comprenant 4.444 marches et une partie lisse pour la circulation des bois. Cette voie fut appelée : « Calà del Sasso ».

*On enseigne encore Austerlitz dans les écoles de guerre, on devrait enseigner l'organisation de l'Arsenal de Venise dans les écoles de management !

II-le déclin :

L'examen de la carte de l'expansion de Venise et de Gênes montre que Venise investit sur la côte adriatique et sur les îles de la Méditerranée orientale, tandis que Gênes investissait sur les côtes de la Mer Noire mais aussi sur la Méditerranée orientale. Pour les 2 cités-états, il s'agissait de favoriser ses négociants, ses marins marchands dans le commerce orient-occident.

*Les 2 Etats furent forcément en guerre comme Venise le fut avec les autres cités maritimes : Pise, Amalfi, Ancône, Raguse (ancien nom de Dubrovnik)… mais aussi pour l'extension terrestre avec Milan, Florence, les Etats du Vatican, puis à l'extérieur avec l'Autriche, la Hongrie, l'Espagne et la France qui se mêlaient des affaires italiennes…

Dans toutes ces guerres à répétition, Venise connut plus de victoires que de défaites et poursuivit son expansion jusqu'à ce que deux événements nouveaux viennent gripper la belle machine à conquêtes :

*la découverte de l'Amérique, à partir de 1492, entraîna la fréquentation de nouvelles routes maritimes, la découverte de produits nouveaux … ce qui dévalorisa le commerce orient-occident

*mais du point précédent, Venise aurait pu s'en remettre. Pour l'essentiel, ce sont les conquêtes de l'empire ottoman qui amenèrent la décadence de Venise. Après la prise de Constantinople le 29 mai 1453, les Ottomans se répandirent sur l'Europe par l'est et voulurent dominer la Méditerranée. Cela entraîna de nombreuses guerres entre Venise et les Ottomans : de 1499 à 1503, en 1538, de 1570 à 1573, de 1645 à 1669, de 1684 à 1716 etc. Les Ottomans s'emparèrent de Rhodes en 1522, de Chypre en 1571, de la Crète en 1700 et de toutes les îles vénitiennes de la Méditerranée orientale, des possessions sur la côte Yougoslave…. La brillante victoire navale de Lépante (en Grèce dans le golfe de Patras) le 7 octobre 1571, ne modifia pas le cours des choses. C'est donc d'une Venise très affaiblie dont s'empara Bonaparte en 1797.

Si l'on veut résumer : dans l'histoire de Venise, il y eut 8 siècles d'expansion puis 3 siècles de déclin. « La Roche tarpéienne est proche du Capitole » disaient les Romains mais la chute est toujours plus rapide que l 'ascension !

J.D. 26 février 2016

empires de Venise et Gênes, fin XIVe siècle

empires de Venise et Gênes, fin XIVe siècle

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 10:08

L'église Saint Roch (chiesa San Rocco) est située à Venise dans le quartier San Polo.

Église très intéressante mais malheureusement pour sa réputation, elle est « coincée » entre la Scuola Grande di San Rocco et l 'église Santa Maria Gloriosa dei Frari (voir la note N°275), beaucoup plus réputées.

On a par exemple 8 tableaux du Tintoret (Tintoretto) dans l'église Saint Roch , alors qu'il y en a près de 60 dans la Scuola San Rocco juste à côté. La même église serait située dans un village de France, elle attirerait de nombreux touristes, mais noyée dans les splendeurs de Venise, elle passe inaperçue. On en a confirmation par le Guide Vert Michelin « Italie du Nord » (édité en 2010) qui consacre une page entière à la Scuola mais ne mentionne même pas l'église.

1-Les écoles (scuole) de Venise :

Ces écoles étaient des confréries soit professionnelles (corporatives), soit charitables. Placées sous la protection d'un Saint. Les plus importantes avaient leurs locaux et leur église.

*En 1400, les « scuole » furent divisées en scuole Grandi : San Rocco, Santa Maria della Carità (la plus ancienne confrérie de Venise fondée en 1260), San Marco, San Teodoro, San Giovanni Evangelista, et la Misericordia

*et en scuole Minori qui furent dans les 400 au temps de leur plein développement.

*En 1806, ces confréries furent supprimées par Napoléon, sauf celle de San Rocco qui subsista et existe toujours. Elle comporte encore dans les 350 membres qui se réunissent régulièrement et qui sont dirigés par une chancellerie comportant 15 membres.

*En son temps Tintoretto (1518/1594) fut membre de cette confrérie, ce qui explique aussi les nombreuses peintures qu'il réalisa dans les bâtiments de cette confrérie qui en possédait 3 : l'actuel musée (scuola Grande di San Rocco), l'église et un bâtiment appelé « scoletta » rarement ouvert au public.

2-Saint Roch :

Il naquit en France à Montpellier, dans une riche famille en 1295 (on trouve aussi pour sa naissance la date 1350, mais 1295 paraît plus crédible). Il perdit ses parents à l'âge de 20 ans et décida de consacrer sa vie aux pauvres.

Voyageant en Italie il soigna les pestiférés à Acquapendante, Rome, Rimini, Cesena, Forli et Piacenza où il fut lui-même atteint de la peste. Il s'isola dans une forêt pour ne pas contaminer d'autres personnes et fut aidé par un chien qui lui apportait du pain. Intrigué par le manège de son chien, le maître découvrit Saint Roch, et le secourut.

Il rentra dans sa ville natale en 1322, mais n'étant pas reconnu, il fut emprisonné et mourut en prison le 16 août 1327. Il fut reconnu par sa famille après son décès. Inhumée en France, sa relique fut enlevée par des Vénitiens dans la nuit du 24 au 25 février 1485, c'est tout au moins ce que rapporte la légende de Saint Roch. Avant cet enlèvement, une confrérie au nom de San Rocco, reconnue en 1478 par le Conseil des Dix de la République de Venise avait vu le jour.

C'est le pape Urbain VIII qui approuva le 26 octobre 1629 le culte de Saint Roch. Depuis, le culte de Saint Roch s'est répandu un peu partout dans le monde et de nombreuses églises ou chapelles sont consacrées à ce Saint. Il y a même des hôtels appelés Saint Roch. Il est le Saint patron des pestiférés et de beaucoup d'autres.

3-l'église :

L'église, pour honorer Saint Roch, fut construite de 1489 à 1508 sous la direction de Bartolomeo Bon. Elle fut en grande partie reconstruite en 1725. La façade actuelle a été érigée entre 1765 et 1771, une sculpture au dessus de la porte d'entrée représente Saint Roch avec des pestiférés.

L'église renferme 8 toiles de Tintoretto consacrées à la vie de Saint Roch ainsi que des peintures de Guiseppe Angeli, de Sébastiano Ricci (dont une œuvre de 1733 représente Hélène, la mère de l'empereur Constantin retrouvant la croix du Christ), de Giovanni Pordenone , de Giovanni Fumiani, de Francesco Solimena, de Felice Carena, de Francesco Trevisani, et de Aldo Schiavone.

L'urne contenant les reliques de Saint Roch se trouve au dessus de l'autel, ainsi qu'une statue du Saint.

J.D. 18 février 2016

façade de l'église Saint Roch (San Rocco) à Venise

façade de l'église Saint Roch (San Rocco) à Venise

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 07:19

La Vénétie est une des 20 régions administratives italiennes. Elle est bordée à l'est par l'Adriatique et le Frioul-Vénétie Julienne, au nord par le Trentin Haut-Adige avec une pointe qui confine à l'Autriche, à l'ouest par la Lombardie et au sud par l'Emilie-Romagne.

La Vénétie a une superficie de 18.391 kms2 et une population qui avoisine les 5 millions d'habitants répartis dans 7 provinces (Belluno, Padoue, Rovigo, Trévise, Venise, Vérone, Vicence) qui comportent 581 communes.

En signalant que les provinces italiennes sont en voie de disparition dans le cadre des réformes menées tambour battant par Matteo Renzi ; ce qui va entraîner la suppression de 86 présidents de province, de 3400 élus et d'environ 20.000 postes de fonctionnaires.

Bien que hors du sujet, je ne résiste pas à l'envie de signaler que Matteo Renzi né à Florence en 1975 était Président de la province de Florence le 13 juin 2004, maire de Florence le 22 juin 2009, secrétaire du Parti Démocrate Italien le 15 décembre 2013, et Président du Conseil italien le 22 février 2014. Il a formé un gouvernement restreint de 16 ministres… qui travaillent et c'est autre chose que la « République des couacs » ; suivez mon regard (il mène vers le Palais de l'enlisé pour reprendre un titre d'article paru sur un journal en ligne du 9 février 2016) !

1-Rattachement à l'Italie :

Ce sont les 21 et 22 octobre 1866 que se déroula la consultation de la population de la Vénétie pour le rattachement à l'Italie. Il y eut 69 NON et 641.758 OUI

Ce résultat est gravé sur le socle de la statue équestre de Victor-Emmanuel II, quai Schiavoni à Venise.

Sur le même socle on trouve :

-la date de 1848 (premier soulèvement des Vénitiens contre l'occupant autrichien)

-la date du 1er mai 1887 (inauguration du monument à Victor-Emmanuel II)

-la croix de Savoie qui resta le symbole de la royauté italienne jusqu'à la fin (1946)

- les lettres SPQR (Senatus Populusque Romanus : le Sénat et le Peuple romain), probablement pour marquer la continuité de l'histoire du royaume d'Italie avec la Rome antique.

*La consultation faisait suite à la guerre de la Prusse contre l'Autriche. Le nouveau royaume d'Italie, proclamé le 17 mars 1861, s'était allié à la Prusse. Les Italiens furent vaincus sur terre le 24 juin 1866 à la bataille de Custoza (province de Vérone) et sur mer à la bataille de Lissa (aujourd'hui île de Vis en Croatie) le 20 juillet 1866. Mais les Autrichiens furent vaincus par les Prussiens à la bataille de Sadowa (dans l'actuelle République tchèque) le 3 juillet 1866.

2-Les Vénètes :

L'antique peuple des Vénètes a donné son nom à la Vénétie ainsi qu'à Venise.

Dans « Guerre des Gaules » (au livre III) Jules César combat les Vénètes en Armorique (actuelle Bretagne). Ces Vénètes « bretons » ont donné son nom à la ville de Vannes. Je crois que le lien entre les 2 peuples « Vénètes » vient des textes légendaires sur la guerre de Troie.

*Selon les textes de Virgile (Enéide, livre I), de Tite-Live (Histoire romaine livre I), de Tacite (Annales livre XVI) et de Caton l'ancien (Origines livre II), après la prise de la cité par les Grecs, des survivants troyens emmenés par Anténor (beau-frère de Priam roi de Troie) débarquèrent au fond de l'Adriatique et fondèrent Aquilée, Adria, Padoue, Vérone…

*Brutus, aïeul du roi Arthur et petit-fils d'Enée (qui, lui, avait débarqué dans le Latium après un séjour à Carthage chez la reine Didon), aurait été le premier roi légendaire de Bretagne où il se serait installé avec des descendants des Troyens. Cela est rapporté au début du douzième siècle par Geoffroy de Monmouth dans « l'Histoire des Rois de Bretagne ».

Il fut une époque où chaque peuple cherchait à se donner des ancêtres glorieux. Les Troyens en étaient, en outre ils avaient disparu; ils constituaient donc des ancêtres commodes qui furent revendiqués par plusieurs peuples (Romains etc).

Le point commun entre les Vénètes bretons et les Vénètes italiens tiendrait donc dans leurs légendaires ancêtres troyens.

Il convient en outre de rappeler que dans l'antiquité, le nord de l'Italie était appelé « Gaule cisalpine », tandis que la France actuelle étendue jusqu'au Rhin était la « Gaule transalpine ». C'est au tournant IIIe / IIe siècles que la Gaule cisalpine fut conquise par Rome ; période durant laquelle les Vénètes furent toujours les alliés de Rome. Mais elle ne devint province romaine, sous le nom de « Gaule cisalpine », qu'en -81 avec un siège à Modène. Enfin en -43 la Gaule cisalpine fit partie de l'Italie et le terme de « Gaule cisalpine » disparut. Mais avant, Vénètes de l'Adriatique ou Vénètes de l'Armorique étaient tous Gaulois, cisalpins ou transalpins mais Gaulois !

3-Venise :

Sur l'histoire proprement dite de Venise, voir la fiche N°144 http://jean.delisle.over-blog.com/2013/12/florence-et-venise-souvenirs-n-144.html

et plus marginalement les fiches N° 225 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/02/chevaux-de-saint-marc-n-225.html, 227 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/03/le-lion-de-saint-marc-n227.html, 270 à 272, 274 à 279 et 309

En complément aux informations fournies par les notes précitées, voici quelques données :

*120 doges se succédèrent comme chefs de l'exécutif de la République de Venise.

Le premier, Paolo Lucio Anafesto fut doge de l'an 697 à 717 et le dernier, Ludovico Manin (s'écrit aussi Lodovico Manin) fut élu doge le 9 mars 1789 et abdiqua le 12 mai 1797 suite à l'invasion des troupes de Bonaparte. En même temps prit fin la République de Venise qui avait duré 11 siècles.

*Le premier doge résida à Eraclea (en terre ferme, au nord-est de la lagune le long du Piave) ; le quatrième doge (Teodato Ipato doge de 742 à 755) transféra le siège à Malamocco (sur l'île du Lido), enfin le dixième doge (Angelo Participazio doge de 811 à 827) transféra les institutions au Rialto en attendant la construction du palais des doges commencée en décembre 1340 et qui fut le siège des institutions de la République de Venise durant plus de 4 siècles.

*Jusqu'en l'an 764, les premiers doges étaient nommés par Byzance ou Constantinople. Il y eut d'ailleurs une interruption de 737 à 742, période durant laquelle Byzance administra directement le territoire. Ensuite les doges furent élus à vie, mais durent gouverner avec un système un peu complexe qui comprenait :

-Un Grand Conseil formé des seuls représentants des familles inscrites au livre d'or de Venise (les descendants des familles considérées comme fondatrices). Le Grand Conseil se réunissait tous les dimanches et possédait le pouvoir législatif, restreint par le pouvoir des autres organes de gouvernement,

-Un Sénat responsable de la politique extérieure et de la nomination des ambassadeurs de Venise

-Un collège de 26 membres et un collège suprême de 9 membres recueillaient les doléances des habitants, les transmettaient aux différentes instances et répondaient aux citoyens.

-enfin un Conseil des 10 (créé en 1310) qui comportait en fait 17 membres et qui était une institution judiciaire

*La ville de Venise est construite sur 117 îles, comportant 150 canaux et 416 ponts. En 1171 elle fut divisée en 7 quartiers (Arsenale, Cannaregio, Castello, Dorsoduro, San Marco, San Polo, Santa Croce).

*En 1846, la ville fut reliée à la terre ferme au moyen d'un pont ferroviaire de 3600 mètres comportant 222 arches. Il fut doublé d'un pont routier en 1932

*Le Grand Canal long de 4 kilomètres est traversé seulement par 4 ponts

*Il reste 84 églises dans Venise intra-muros et l'on atteint 123 églises en ajoutant celles des îles de la lagune. Il y en avait plus de 200 au XVIIIe siècle. Ces églises renferment des œuvres d'art (peintures, sculptures..) d'une richesse inestimable. En ajoutant le contenu des musées, palais et fondations, si il est une ville qui mérite d'être inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, c'est bien Venise.

J.D. 11 février 2016

ajout du 11 septembre 2016 : A Constantinople, dans l'hippodrome, il y avait des courses de chars avec 2 camps : les « bleus » et les « verts » qui quelquefois s'affrontaient durement. Procope de Césarée (500/565) dans « Histoire secrète de Justinien » dit que le camp des « bleus » était des Vénètes. Mais quels liens avec les Vénètes bretons ou ceux de Vénétie ?

résultat du référendum de 1866 sur la base du monument à Victor-Emmanuel II à Venise. photo J.D. 2 février 2016

résultat du référendum de 1866 sur la base du monument à Victor-Emmanuel II à Venise. photo J.D. 2 février 2016

symbole romain sur la base du monument à Victor-Emmanuel II à Venise, photo J.D. 2 février 2016

symbole romain sur la base du monument à Victor-Emmanuel II à Venise, photo J.D. 2 février 2016

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 17:32

C'est en septembre de l'an 476, 5 siècles après l'avènement d'Auguste comme premier empereur, que prit fin l'empire romain d'Occident (voir fiche N°39 http://jean.delisle.over-blog.com/article-l-empire-romain-le-4-septembre-de-l'an-476-70944795.html). Il avait succédé à 5 siècles de République romaine qui elle-même avait poursuivi l’œuvre des Rois de Rome. A noter au passage que Romulus, le fondateur légendaire de Rome est considéré comme le premier roi (latin) et que c'est sur le mont Palatin qu'il créa la ville !

Au total ce que l'on nomme « Rome antique » aura eu 12 siècles d'existence, non compris un millénaire de survie par le biais de l'empire romain d'Orient (ou empire byzantin). Sa disparition entraîna de nombreux bouleversements dans l'espace de l'ancien empire romain d'Occident. Parmi ces ruptures, en voici deux :

En dehors de l'Italie : lentement mais sûrement, des Etats-nations virent le jour comme le royaume d'Espagne, le royaume de France, le royaume d'Angleterre, le Saint empire romain germanique …. Ce mouvement concerna quasiment toute l'Europe, sauf l'Italie.

En Italie : de l'an 476 à la proclamation du royaume d'Italie le 17 mars 1861, c'est-à-dire durant quatorze siècles, l'Italie fut complètement divisée en de nombreux Etats dont les souverainetés, les limites, les noms même se modifièrent sans cesse en fonction des événements. Il y eut, dans l'Italie, des Républiques maritimes (Venise, Gênes, Pise, Amalfi, Ancône...) ; des Républiques tout court (voir fiche N° 45 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-republiques-en-italie-79062862.html) des royaumes (de Naples, de Sicile, de Sardaigne, de Lombardie...) ; des duchés (de Toscane, de Lucques, de Parme, de Modène, de Mantoue, de Brescia...), des principautés (Bénévent...), des marquisats, sans oublier les communes libres et les Etats de l'Eglise.

Résultats en Italie : la multiplication des souverainetés entraîna la multiplication des guerres de Venise avec Gênes, de Gênes avec Pise, de Pise avec Florence, de Florence avec Milan, de Milan avec Venise.... On peut mettre tous les noms des souverainetés qui ont régné en Italie dans un chapeau et tirer au hasard, elles se sont fait la guerre, il y a de fortes chances, car en quatorze siècles, tout le monde a fait la guerre à tout le monde en Italie, avec des alliances, des changements d'alliances, des trahisons....

Résultats hors de l'Italie : Les Etats-nations en Europe se firent la guerre autant que les Cités-états de l'Italie. On peut trouver des guerres entre l'Espagne et l'Angleterre, entre l'Angleterre et la France , entre la France et l'Autriche, entre l'Autriche et la Prusse, entre la Prusse et la Pologne, entre la Pologne et la Russie, entre la Russie et la Suède etc etc Là, encore, tout le monde a fait la guerre avec tout le monde.

Mais en prime, pour les autres nations de l'Europe, l'Italie fut considérée comme un bien vacant et sans maître et cela suscita de nombreuses convoitises, particulièrement celles de la France, du Saint empire et de l'Espagne.

Pour la France, on peut citer parmi les souverains qui sont allés guerroyer en Italie : Pépin le Bref, son fils Charlemagne, Louis le Pieux (fils de Charlemagne), Charles VIII, Louis XII, François 1er (1515 c'est Marignan), Henri II, Louis XIII, Louis XIV , Louis XV, les armées de la Révolution, Napoléon Bonaparte, Napoléon III

L'Allemagne : Le Saint empire avait au moins 2 bonnes raisons d'intervenir en Italie : pour empêcher la France de s'implanter en Italie et à cause des conflits entre Papes et Empereurs. Les Italiens se rangèrent soit du côté de l'empereur (les Gibelins) soit du côté du pape (les Guelfes) ; mais comme ce serait trop simple et que les humains ne semblent pas aimer les choses simples, il y eut des divisions, par exemple entre les Guelfes qui se divisèrent entre « Blancs » et « Noirs ». Pour la petite histoire, les Noirs l'emportèrent sur les Blancs et Dante qui était du parti des Blancs fut banni de Florence et la maison de sa famille (les Alighieri, mais à son époque on écrivait Allighieri, voir illustration avec la note N°146 http://jean.delisle.over-blog.com/2013/12/dante-n-146.html) fut détruite, ce qui n'empêche pas des guides à Florence de montrer la maison natale de Dante aux touristes.

L'Espagne : dans le cadre de ses conflits avec la France, l'Espagne intervint aussi souvent en Italie (voir le sac de Rome par les soldats de Charles Quint en 1527) etc

Le résultat est que l'Italie fut durant des siècles le principal champ de bataille de l'Europe, la France fut le second mais pour d'autres raisons et c'est une autre histoire. Sans oublier les deux guerres mondiales du vingtième siècle auxquelles participa l'Italie.

L'Italie, le patrimoine et le miracle : Pour avoir circulé souvent en Italie, d'Ouest en Est, du Nord au Sud, j'ai pu constater, mais chacun le sait, l'abondance des monuments de toutes les époques depuis l'antiquité qui sont parvenus jusqu'à nous, à peu près en bon état. Ce n'est pas sans raisons que l'Italie est le pays de la terre qui possède le plus de sites inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Quand on imagine les dégâts que font les débarquements, les invasions, les sièges, les batailles, les occupations, les flux et reflux des armées, qui furent si nombreux en Italie, il a fallu un vrai miracle pour qu'il n'y ait pas plus de destructions dans le patrimoine italien, un miracle à l'italienne.

J.D. 16 février 2015

temple dit de Neptune à Paestum (5e siècle avant J.C.), basilique à Pompéi (2e siècle avant J.C.) et "Scala fenicia" (escalier des Phéniciens) à Capri; photos Michèle Delisle avril 2002

temple dit de Neptune à Paestum (5e siècle avant J.C.), basilique à Pompéi (2e siècle avant J.C.) et "Scala fenicia" (escalier des Phéniciens) à Capri; photos Michèle Delisle avril 2002

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 15:08

I- En Belgique :

Marie José naquit le 4 août 1906 à Ostende. Elle est la fille d'Albert 1er (1875/1934) roi des Belges de 1909 à son décès et d'Elisabeth de Bavière (1876/1965) reine des Belges à partir de son mariage à Munich avec Albert le 2 octobre 1900. Cette Elisabeth qui soigna les blessés durant la guerre de 14 fut surnommée « la reine infirmière ». Voir illustration sur note N°171 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/04/les-femmes-et-la-guerre-de-14-n-171.html. Elle était la filleule d'Elisabeth d'Autriche dite Sisi.

Pour sa part Marie José se maria le 8 janvier 1930, à Rome, avec Humbert fils de Victor-Emmanuel III roi d'Italie. Avec Humbert elle eut 4 enfants.

II - En Italie :

Marie José vécut à Rome dans un contexte très difficile :

*Victor-Emmanuel III était devenu roi suite à l'assassinat, par un anarchiste, de son père (Humbert 1er décédé à Monza le 29 juillet 1900).

*Suite à la marche sur Rome le 28 octobre 1922, le roi avait fait appel dès le 30 octobre à Benito Mussolini pour former un gouvernement.

*Dans les années 1911/1912, suite à une guerre gagnée contre l'empire ottoman, l'Italie avait commencé à se constituer un empire colonial. Mussolini poursuivit en envahissant l'Ethiopie en 1935 puis l'Albanie en 1939 et faisait décerner à Victor-Emmanuel III le titre d'empereur d'Ethiopie le 9 mai 1936 et de roi d'Albanie le 7 avril 1939. Pour la Maison de Savoie issue d'Humbert modeste Mauriennais au XIe siècle, se retrouver avec un titre d'empereur devait être satisfaisant !

*Puis il y eut tous les accords : Le 1er novembre 1936, à Milan Mussolini annonçait l'alliance avec l'Allemagne. Le 6 novembre 1937, l'Italie adhérait au pacte anti-komintern (ou troisième internationale, voir fiche N°182 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/06/la-russie-sovietique-en-1925-n-182.html) signé entre l'Allemagne et le Japon l'année précédente. Le 27 septembre 1940, l'Italie adhèra au pacte tripartite (Allemagne, Japon, Italie que rejoindront ensuite la Hongrie, la Roumanie, la Slovaquie, la Bulgarie et la Yougoslavie).

*Le 1er septembre 1939, l'Allemagne avait envahie la Pologne, puis la Hollande, le Luxembourg et la Belgique le 10 mai 1940, sans déclaration de guerre mais ce n'est pas cela qui pouvait embarrasser Hitler !

*En Belgique c'était le frère de Marie José qui était devenu roi sous le nom de Léopold III depuis le 23 février 1934. Ainsi Marie-José se retrouvait dans un pays d'adoption allié de l'Allemagne qui envahissait son pays natal et alors que son frère était roi.

*Le 10 juin 1940, l'Italie déclarait la guerre à la France. Mussolini espérait profiter de la débâcle française pour récupérer la Corse, Nice et la Savoie, rien de moins !

*D'abord vainqueurs, les pays de l'axe commençaient à subir des défaites après qu'Hitler ait rompu son alliance avec Staline. Après les débarquements des alliés en Sicile, en juillet 43, puis dans le sud de l'Italie en septembre 1943, le roi Victor-Emmanuel III fit arrêter Mussolini ; voir la dernière partie de la fiche N°43 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-republiques-italiennes-75683488.html

*Malgré son revirement, Victor-Emmanuel III dut démissionner le 9 mai 1946 en faveur de son fils.

Humbert devint donc roi d'Italie sous le nom d'Humbert II le 9 mai 1946 et Marie José reine d'Italie.... jusqu'au référendum du 2 juin 1946 qui mit fin, après 24 jours de règne, à la monarchie et instaura la République. Marie José fut surnommée « la Reine de Mai ».

III – En Suisse :

Dès le 6 juin, Marie José et ses enfants partirent pour le Portugal où Humbert les rejoignit le 13 juin. La constitution italienne adoptée après la proclamation de la République, interdit le séjour en Italie des membres de la famille royale.

En août 1947, Marie José vint s'installer à Genève. Elle décéda le 27 janvier 2001 à Thonex près de Genève. Elle fut inhumée à Hautecombe où se trouvait déjà Humbert II décédé le 18 mars 1983 (dans la première chapelle à droite en entrant dans l'église de l'abbaye d'Hautecombe, sur la rive ouest du lac du Bourget)

Il fallut attendre une loi constitutionnelle du 23 octobre 2002 pour que les membres de la famille royale soient autorisés à remettre les pieds en Italie. Certains auteurs pensent que le référendum du 2 juin 1946 fut truqué. Je n'ai pas les éléments pour avoir une opinion sur le sujet mais bientôt 70 ans plus tard, la question n'a plus d'intérêt.

Marie José voyagea beaucoup. Elle écrivit une histoire de la Maison de Savoie en 3 volumes publiés en édition française chez Albin Michel, le tome 1 en juillet 1957, le second en avril 1962 et le dernier en octobre 1962. Elle publia également en édition italienne « Emanuele Filiberto di Savoia » (duc de Savoie de 1553 à 1580)

Les textes de Marie José sont d'une grande érudition.

J.D. 21 novembre 2014

tombeaux d'Humbert II et Marie José à Hautecombe, photo du livre "Abbaye d'hautecombe" publié par la Communauté du Chemin Neuf

tombeaux d'Humbert II et Marie José à Hautecombe, photo du livre "Abbaye d'hautecombe" publié par la Communauté du Chemin Neuf

photos d'Humbert II et Marie José, photos du livre "Abbaye d'Hautecombe publié par la Communauté du Chemin Neuf

photos d'Humbert II et Marie José, photos du livre "Abbaye d'Hautecombe publié par la Communauté du Chemin Neuf

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 09:17

Le 31 octobre 2014, sur le journal Facebook d'une correspondante italienne était publiée cette pensée :

« In questo momento

di sacrifici, tutti

devono fare delle rinunce.

Il Governo, per esempio

rinuncia ai sacrifici »

traduction : En ce moment de sacrifices, tout le monde doit accepter des renoncements. Le Gouvernement par exemple renonce aux sacrifices

La veille, exactement la veille, c'est-à-dire le 30 octobre 2014, le journal en ligne du Point publiait un article intitulé : « Les rémunérations des conseillers ministériels explosent ».

Mais c'est en France que cela a été révélé, par René Dosière député de l'Aisne depuis 1988, d'abord socialiste puis apparenté socialiste depuis 2007. Spécialiste des questions budgétaires, René Dosière révélait en effet qu'entre 2013 et 2014, les rémunérations des conseillers ministériels (français, pas italiens) avaient augmenté de7,1% et leurs primes de 4,3% soit en moyenne + 6,5% !

En lisant la pensée ci-dessus, en italien, difficile de ne pas faire le rapprochement avec la situation française surtout après la publication, la veille, d'un article sur le même sujet. Quelle coïncidence !

Au lendemain de la première guerre mondiale, les médias avaient qualifié la France et l'Italie de « sœurs latines ».

Je ne vais pas refaire, dans cette note, l'histoire des relations entre la France et l'Italie depuis l'arrivée des Romains. Sur mon blog, l'histoire romaine ainsi que l'histoire de l'Italie sont concernées par une quarantaine de notes ; voir la récapitulation thématique, fiche N°76 http://jean.delisle.over-blog.com/article-blog-liste-des-articles-111165313.html

En complément, ceux qui veulent aller plus loin dans les rapprochements France/Italie peuvent consulter sur Internet les paroles de l'hymne national italien (Fratelli d'Italia). Des esprits chagrins accusent régulièrement notre Marseillaise d'être belliqueuse … mais voir l'hymne de notre sœur latine ! (on peut aussi consulter l'hymne grec!).

J'ai le souvenir qu'au moment des affaires de c.. de Berlusconi, les médias français s'en donnaient à cœur joie. J'ai retrouvé un texte de la presse italienne de 2003 :

« L'opinion qui prévaut ici (en Italie) c'est que quant aux leçons, plus généralement, la France est maintenant très mal placée pour en donner » !

Que dire après les affaires DSK (pas Dodo Sexe Klub de « Dodo la Saumure », mais Dominique Strauss-Kahn), et la rue du Cirque où Hollande se rendait sur un scooter....italien !

Décidément France et Italie sont vraiment des sœurs latines

J.D. 2 novembre 2014

Fratelli D'Italia (Hymne National Italien) (Frères D'Italie)

Fratelli d'Italia
Frères d'Italie,
L'Italia s'è desta,
L'Italie s'est réveillée,
Dell'elmo di Scipio
Dans le casque de Scipion (1)
S'è cinta la testa.
Elle s'est fermé la tête.
Dov'è la Vittoria ?
Où est la victoire ?
Le porga la chioma,
Elle porte une crinière,
Ché schiava di Roma
Esclave de Rome
Iddio la creò.
Les dieux la créèrent.
Stringiamci a coorte
Rassemblons-nous en cohorte (2)
Siam pronti alla morte
Nous sommes prêts à mourir
L'Italia chiamò.
L'Italie nous appelle.

Noi siamo da secoli
Nous sommes depuis des siècles
Calpesti, derisi,
Piétinés, méprisés,
Perché non siam popolo,
Parce que nous ne sommes pas un peuple,
Perché siam divisi.
Parce que nous sommes divisés. (3)
Raccolgaci un'unica
Rallions-nous en un seul
Bandiera, una speme :
Drapeau, une espérance :
Di fonderci insieme
De fusionner tous ensemble
Già l'ora suonò.
Déjà l'heure sonne.
Stringiamci a coorte
Rassemblons-nous en cohorte
Siam pronti alla morte
Nous sommes prêts à mourir
L'Italia chiamò.
L'Italie nous appelle.

Uniamoci, amiamoci,
Unissons-nous, aimons-nous,
L'unione e l'amore
L'union et l'amour
Rivelano ai Popoli
Révèlent aux peuples
Le vie del Signore ;
Les voies du Seigneur ;
Giuriamo far libero
Nous jurons de rendre libre
Il suolo natìo :
Notre sol natal :
Uniti per Dio
Unis par Dieu
Chi vincer ci può ?
Qui pourrait nous vaincre ?
Stringiamci a coorte
Rassemblons-nous en cohorte
Siam pronti alla morte
Nous sommes prêts à mourir
L'Italia chiamò.
L'Italie nous appelle.

Dall'Alpi a Sicilia
Des Alpes à la Sicile
Dovunque è Legnano,
Où que soit Legnano, (4)
Ogn'uom di Ferruccio
Chaque homme de Ferrucci (5)
Ha il core, ha la mano,
A le coeur, a la main,
I bimbi d'Italia
Les enfants d'Italie
Si chiaman Balilla,
S'appellent Balilla (6)
Il suon d'ogni squilla
Le son de toutes les cloches
I Vespri suonò.
Les vêpres sonnent (7)
Stringiamci a coorte
Rassemblons-nous en cohorte
Siam pronti alla morte
Nous sommes prêts à mourir
L'Italia chiamò.
L'Italie nous appelle.

Son giunchi che piegano
Se sont des jonques qui plient
Le spade vendute :
Les épées vendues : (8)
Già l'Aquila d'Austria
Déjà l'Aigle d'Autriche
Le penne ha perdute.
A perdu ses plumes.
Il sangue d'Italia,
Le sang d'Italie,
Il sangue Polacco,
Le sang polonais, (9)
Bevé, col cosacco,
Il a bu, avec le cosaque, (10)
Ma il cor le bruciò.
Mais son coeur lui brûle. (11)
Stringiamci a coorte
Rassemblons-nous en cohorte
Siam pronti alla morte
Nous sommes prêts à mourir
L'Italia chiamò.
L'Italie nous appelle.

(1) Scipion l'Africain : général romain, vainqueur de Zama sur les Carthaginois en 202

(2) cohorte : unité formant le dixième d'une base romaine

(3) en 1848 l'Italie était encore divisée en sept états

(4) Legnano : ville de Lombardie où les Milanais vaincurent Barberousse en 1176

(5) Francesco Ferrucci : capitaine, symbole de Florence en 1530 assiégé par Charles V

(6) Giovanni Battista Perasso dit Balilla : jeune gênois, symbole de la révolte populaire contre la cohalition austro-piémontaise, Gênes, occupé depuis plusieurs mois, fût finalement liberé le 10 Décembre 1746 après cinq jours de lutte

(7) Vêpres siciliennes : massacre des Français de Charles Ier d'Anjou, qui débuta le lundi de Pâques 30 Mars 1282, à l'heure où l'on sonnait les vêpres, la révolte qui fit des milliers de victimes aboutit au couronnement du roi d'Aragon comme roi de Sicile

(8) Epées vendues : troupes mercenaires

(9) la Pologne fût rayée de la carte suite à diverses attaques par les Autrichiens et les Russes au cours du XIXème siècle

(10) cosaque : russe

(11) Il est à noter que ce couplet fût censuré par le gouvernement piémontais alors dominé par l'Autriche

Il est à noter, par ailleurs, que ce texte écrit par Goffredo Mameli et mis en musique par Michele Novaro, est, depuis le 12 Octobre 1946, l'hymne national de la République italienne

le roi Victor-Emmanuel III récompense des soldats français qui le 31 décembre 1917 ont repris aux Autrichiens le Mont Tomba (situé sur la rive droite du Piave à une trentaine de kms au nord-ouest de Trevise

le roi Victor-Emmanuel III récompense des soldats français qui le 31 décembre 1917 ont repris aux Autrichiens le Mont Tomba (situé sur la rive droite du Piave à une trentaine de kms au nord-ouest de Trevise

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 12:26

1-en Italie

Jusqu'à l'unification à partir de 1859, et depuis la chute de Rome (en 476), l'Italie fut très morcelée. Certains territoires changèrent souvent d'Etat et de maître ; d'autres ne furent indépendants que durant des temps limités par exemple Bologne de 1401 à 1506, Ferrare de 1240 à 1598, Mantoue de 1115 à 1708, Gênes qui après des heures glorieuses devint République ligurienne en 1797, fut annexée par la France en 1805 puis par le royaume de Sardaigne en 1815, sans parler de Milan, Naples, de la Sicile...

Après les congrès de 1815, par exemple, l'Italie se retrouva divisée en 10 Etats : le royaume de Sardaigne (dont la capitale était à Turin) , le royaume lombard-vénitien (sous la dépendance de l'Autriche), le royaume de Naples et de Sicile, les Etats de l'Eglise, le duché de Parme, le duché de Modène, le grand Duché de Toscane, le duché de Massa, le duché de Lucques et San Marin.

Non seulement de nombreuses langues ou dialectes étaient parlés à travers l'Italie, mais chaque Etat avait son système monétaire qui en outre changeait au fur et à mesure des occupations ou annexions par l'Autriche, le Saint empire, la France, l'Espagne.. .Voici un aperçu de cette diversité :

*En Toscane : C'est en Toscane que fut créé en 1252 le Florin en or (en italien « fiorino » -de l'italien « fiore » : fleur-, qui reçut ce nom parce que la première émission comportait une fleur de lis en décoration). Le florin eut à l'époque une grande importance dans les échanges internationaux jusqu'à ce qu'il soit détrôné , à partir de la fin du XVe siècle par le ducat d'or de Venise. Au moment de la réunion de la Toscane au royaume de Sardaigne (en mars 1860), la monnaie en vigueur en Toscane était la lire (lira) avec 3 subdivisions : 1 lira = 12 crazie = 20 soldi = 60 quattrini.

*En Vénétie : C'est en 1282 que fut frappé à Venise le premier ducat en or (le ducat étant la monnaie à l'effigie du duc). En 1543 est créé le « ducato » en argent tandis que le ducat en or prend le nom de sequin « zecchino » (de la Zecca qui était l'hôtel de la monnaie de Venise). L'apogée du ducat, qui remplaça le florin comme monnaie internationale, correspond à l'apogée de la République de Venise et de ses succès militaires et commerciaux. Sous l'occupation autrichienne (à partir de 1797) les monnaies en vigueur furent le fiorino (1 fiorino = 100 soldi) ou le gulden (1 gulden = 100 baiocchi)

*Dans la République de Gênes : De 1252 à 1415 fut frappé à Gênes une monnaie en or appelée le « genovino » subdivisé en « quartarola » (un quart de genovino) et en ottavino (un huitième)

*Dans les Etats pontificaux et en Romagne : jusqu'en 1867, l'unité de comptes est le scudo divisé en baiocchi (1 scudo = 100 baiocchi)

*Dans le royaume de Naples et de Sicile : au moment de la réunification (en octobre 1860), l'unité monétaire était le ducat avec 2 subdivisions (1 ducat = 100 grana = 200 tornese)

*Dans le Trentin : la dernière monnaie en vigueur au moment du rattachement à l'Italie en 1919 est la couronne (1 krone = 100 heller)

*Dans le royaume de Sardaigne : La maison de Savoie eut sa propre monnaie dès son origine puisque le premier comte de Savoie (Humbert aux Blanches mains au XIe siècle) fit battre monnaie (des « Gros d'Argent »). A partir de 1359, Amédée VI (le comte Verd, avec un « d » selon l'orthographe en vigueur à l'époque d'Amédée VI) fit frapper des Florins d'or. En 1561, les anciennes monnaies sont abolies sous le duc Emmanuel-Philibert, et remplacées par la Livre divisée en sols et en deniers (1 Livre = 20 sols = 240 deniers). A partir de 1717, sous Victor-Amédée II (dernier duc de Savoie et premier roi de Sardaigne), changement de parité, la Livre vaut 12 sols ou 144 deniers. Des multiples sont ensuite créés : la Doppia puis le Carlin sous Charles-Emmanuel III : 1 doppia = 2 carlins = 24 livres.

Dès 1801, dans le royaume de Sardaigne (dont une grande partie a été annexée par la France), une première pièce de 20 lires en or est émise dont la valeur est alignée sur celle du franc français. Napoléon 1er impose la lire et sa parité avec le franc à Milan, Venise, Bologne puis à Gênes et Rome . Après la chute de Napoléon, chacun revint à ses anciennes frontières et anciennes monnaies.

Il faut préciser que la lire est une ancienne monnaie qui fut créée en Europe par Charlemagne (monnaie d'argent).

À partir du XVIe siècle, plusieurs Etats en Italie émirent des lires.

Le terme « lire (lira en italien, lire au pluriel) est dérivé du mot latin libra (unité de poids chez les Romains. Cette livre était divisée en 12 onces et pesait 327 grammes).

Le 24 août 1862, le nouveau royaume d'Italie adopta la lire de 4,5 grammes d'argent ou 290,3225 milligrammes d'or. Cette lire fut divisée en 100 centimes. Cette monnaie s'imposa à tous les anciens Etats d'Italie au fur et à mesure de l'unification.

L'Italie adhéra au SME (système monétaire européen) le 12 mars 1979, procéda à deux dévaluations de la lire (6% le 20.7.1985 et 3,5% le 4.9.1992), quitta le SME le 17.9.1992 et le réintégra en novembre 1996.

Enfin la lire a cédé la place à l'Euro (1 euro = 1936,27 lires) à compter du 1er janvier 2002.

2-dans la Rome antique :

Au début de l'histoire de la Rome antique, ce furent des masses métalliques qui servirent pour les échanges. À partir du troisième siècle avant note ère, les Romains fabriquèrent des pièces de monnaie comme on les conçoit aujourd'hui. Ce furent d'abord des « as » en bronze. Puis le monnayage se diversifia au fur et à mesure des conquêtes romaines qui leur permettaient de s'emparer des trésors d'autres pays ou de mettre des mines en exploitation.

Au temps de la République romaine (qui prit fin en -27), on eut déjà des deniers en argent, des sesterces (en argent puis en bronze) et des as en cuivre avec l'équivalence suivante : 1 denier = 4 sesterces = 10 as.

La diversification des monnaies et des métaux utilisés se poursuivit sous l'empire avec les équivalences suivantes :

l'Aureus (en or) = 2 quinaires d'or = 25 deniers d'argent = 50 quinaires d'argent = 100 sesterces en laiton = 200 dupondii en laiton = 400 as en cuivre = 800 semis en cuivre= 1600 quadrans en cuivre

l'Antoninianus créé au 1er siècle valait 2 deniers et l'aureus fut remplacé au début du quatrième siècle par le solidus d'or ; les autres monnaies évoluèrent également.

A l'origine, la valeur de la monnaie était fonction de la valeur et du poids du métal qui la composait. Mais pour faire face au besoin du commerce lié à l'extension de la puissance romaine, puis à l'inflation, on fabriqua de plus en plus de pièces avec le même poids de métal et, pour y parvenir, les pièces furent « fourrées » d'un autre métal (cuivre à l'intérieur de l'argent par exemple) ou leur poids fut réduit.
Ainsi l'antoninianus qui pèse 5,11 grammes dont 50% d'argent en l'an 215, ne pèse plus que 3 grammes avec 1% d'argent seulement en l'an 269. Autre exemple : en 64, Néron fait fabriquer des aurei qui ne contiennent plus de 7,4 grammes d'or au lieu de 7,7 auparavant et des deniers d'argent de 3,45 grammes contre 4,50 à l'or
igine.

Avec des guerres de plus en plus lointaines et à certaines périodes le manque de bras pour l'industrie ou l'agriculture, les prix peuvent monter, c'est l'inflation.

Ainsi, la même mesure de blé qui valait 1 denier au début du premier siècle, en vaut 4 en l'an 250, 50 en 176 et 330 en l'an 301.

En décembre 301, un édit de l'empereur Dioclétien (dit « édit du maximum ») bloque les prix. Les prix maximums suivants furent par exemple fixés :

1 œuf : 1 denier

20 escargots : 4 deniers

1 citron : 24 deniers

1 poulet : 30 deniers

1 oie grasse : 200 deniers

1 esclave femelle de 16 à 40 ans : 25.000 deniers

1 esclave mâle de 16 à 40 ans : 30.000 deniers

1cheval de course : 100.000 deniers

1 lion d'Afrique 150.000 deniers

Si en -31, la fortune du Consul Publius Crassus était évaluée à plus de 100 millions de sesterces, à l'époque de l'édit de Dioclétien, cette somme ne constitue plus que le revenu annuel d'un sénateur moyen tandis qu'un coiffeur ne gagnait que 8 sesterces par client et un avocat 4.000 par plaidoirie.

A l'inverse de la rareté qui entraîne la hausse des prix et l'inflation, la surabondance peut conduire à la chute des cours. L'exemple type étant celui de la conquête de la Sardaigne par les Romains en -238. De nombreux Sardes furent vendus comme esclaves si bien que le prix de l'esclave chuta de beaucoup et jusqu'à la fin de l'histoire romaine, pour désigner quelque chose de pas cher, l'expression "bon marché comme un Sarde" était souvent utilisée.

J.D. 18 août 2014

Nota : la récapitulation thématique des notes de ce blog ainsi que la récapitulation des illustrations se trouvent sur la fiche N°76 http://jean.delisle.over-blog.com/article-blog-liste-des-articles-111165313.html

billets italiens en lires : 1.000 lires de 1990 effigie : Maria Montessori, billet de 10.000 lires de 1978 effigie : Nicolas Copernic, billet de 10.000 lires de 1973 effigie : Michel-Ange

billets italiens en lires : 1.000 lires de 1990 effigie : Maria Montessori, billet de 10.000 lires de 1978 effigie : Nicolas Copernic, billet de 10.000 lires de 1973 effigie : Michel-Ange

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