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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 20:45

à Lyon l'hôtel de ville a été construit dans les années 1645/1651 c'est-à-dire au tout début du règne de Louis XIV. (Louis XIII mourut en 1643).

Sur le fronton de l'hôtel de ville, (côté place des Terreaux) fut réalisée une statue équestre de Louis XIV.
Cette statue fut détruite en 1792 sous la Révolution. Une nouvelle statue fut réalisée en 1829 sous le roi Charles X mais cette fois dédiée à Henri IV (grand-père de Louis XIV). Elle est toujours en place.
Il faut dire qu'entre-temps, c'est-à-dire en 1713 avait été dressée la statue équestre de Louis XIV place Bellecour. Cette statue de Louis XIV place Bellecour fut aussi détruite par les révolutionnaires mais remplacée dès 1828. Cela explique qu'en 1829, Henri IV fut choisi pour trôner sur le fronton de l'hôtel de ville de Lyon.

Le nom de Henri IV est associé :

*au traité de Lyon du 17 janvier 1601 : traité qui permit à la France de récupérer La Bresse, le Bugey, le pays de Gex et le Valromey. Entre Genève et Lyon, le Rhône devint la nouvelle frontière française. Cela suite à une guerre entre la France d'Henri IV et le duché de Savoie de Charles-Emmanuel 1er.

La possession du marquisat de Saluces (Saluzzo pour les Italiens) fut la cause première de cette guerre. Ce territoire situé aujourd'hui en Italie dans la province de Coni, permettait une liaison entre les différentes possessions de la Maison de Savoie situées en Italie, dans la région de Nice et en Savoie, Haute Savoie, Ain...

Les Français s'étaient emparés du marquisat de Saluces en 1538, Charles-Emmanuel l'avait pris aux Français en 1588. Des négociations n'aboutissant pas, Henri IV déclara la guerre le 11 août 1600. Il était arrivé à Lyon le 9 juillet avec 30.000 soldats. L'invasion fut rapide, Chambéry fut pris dès le 20 août. C'est la citadelle de Montmélian qui résista le plus longtemps mais qui se rendit le 16 novembre 1600.

Outre la cession des territoires mentionnés ci dessus, Charles-Emmanuel dut payer 100.000 écus à la France mais par contre il garda le marquisat de Saluces. Ce traité déséquilibra le domaine de la Maison de Savoie en réduisant de beaucoup la partie de ce côté-ci des Alpes et en augmentant la partie italienne. Sur l'histoire de la Maison de Savoie voir les fiches N° 56 http://jean.delisle.over-blog.com/article-savoie-et-maison-de-savoie-99226231.html et 66 http://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-de-la-maison-de-savoie-59295182.html

*À l'édit de Nantes du 13 avril 1598 : édit qui mit fin, au moins provisoirement, aux guerres de religion entre catholiques et protestants en France.

Pendant les guerres de religion, Lyon avait été aux mains des protestants en 1562/1563, puis en février 1589 la ville avait rejoint la ligue c'est-à-dire le camp catholique ultra. Henri III roi de Navarre était devenu le roi de France Henri IV en 1589. C'est en 1593 qu'il abjura le protestantisme, la ville de Lyon se décida alors à le soutenir à partir de février 1594.

Après avoir guerroyé contre le duc de Savoie, Henri IV était de retour à Lyon le 9 décembre 1600.

Sa principale maîtresse (Gabrielle d'Estrée) était décédée le 10 avril 1599. Elle avait eu 3 enfants avec Henri IV. Par bulle d'annulation du pape Clément VIII du 24 octobre 1599, le mariage d'Henri IV et de Marguerite de Valois (la reine Margot) était du passé.

Par procuration, le 5 octobre 1600, il avait épousé Marie de Médicis (petite fille de l'empereur germanique Ferdinand 1er) à Florence à Santa Maria del Fiore. Marie était arrivée à Lyon le 3 décembre.

Une nouvelle cérémonie de mariage se déroula le 17 décembre 1600 en la cathédrale Saint Jean de Lyon avec le cardinal-légat Aldobrandini neveu du pape.

Selon les chroniqueurs de l'époque, Henri IV âgé de 47 ans n'attendit pas la venue du cardinal pour s'occuper de sa nouvelle épouse âgée de 25 ans et un premier enfant (le futur Louis XIII) naquit le 27 septembre 1601

Issue d'une riche famille de banquiers florentins, Marie apportait en dot 600.000 écus d'or.

Dans un article du Point du 9 décembre 2012, on trouve le commentaire suivant :

« c'est la première fois qu'il (Henri IV) se fait payer pour dépuceler une vierge ».

Marie de Médicis fut couronnée reine de France le 13 mai 1610, il était temps, c'est le lendemain qu'Henri IV était assassiné par Ravaillac ! Sur Marie de Médicis voir aussi la note N°81 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-medicis-reines-de-france-113493818.html

Pour conclure :

Lyon avait beaucoup de raisons de rendre hommage à Henri IV dont la première visite dans cette ville remontait à 1595. Elle le fait à travers la statue de l'hôtel de ville mais il y a aussi une rue Henri IV (dans le 2e arrondissement) ainsi qu'un buste d'Henri IV au premier étage de la cour intérieure d'un immeuble appelé « maison Henri IV » qui communique avec la rue Juiverie ainsi qu'avec la montée Saint Barthélémy. Il s'agit d'une œuvre du XIX siècle réalisée dans une maison où aurait résidé le roi en 1600.

Lyon rend également hommage à Louis XIV (place Bellecour). On trouve aussi à Lyon un pont Bonaparte (qui enjambe la Saône), une rue Marie-Antoinette, un Cours Eugénie, une place et une impasse Saint Louis (Louis IX roi de France), un Cours Charlemagne. La ville aime les têtes couronnées.

A propos de Saint Louis on remarque que l'on trouve à Lyon dans les 80 rues, places, ...dédiées à un saint.

Il est surprenant que des juges (genre mur des cons) n'aient pas encore trouvé que des noms de villes dédiées à des Saints (Saint Nazaire, Saint Etienne, Saint Brieuc....) et des noms de rues à l'intérieur des villes portant des noms de saints, portent atteinte à la laïcité !

Mais il suffit d'attendre, cela viendra sûrement !

J.D. 4 août 2015

Henri IV à Lyon, photo J.D. 2 août 2015

Henri IV à Lyon, photo J.D. 2 août 2015

le buste d'Henri IV dans la "maison Henri IV" cinquième arrondissement, photo du net

le buste d'Henri IV dans la "maison Henri IV" cinquième arrondissement, photo du net

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 21:08

 

Deux femmes issues de la famille Médicis de Florence furent Reines de France. Toutes les deux eurent le pouvoir après la mort de leur mari. Curieuse communauté de destin entre ces deux Florentines.

Catherine de Médicis : Naquit à Florence le 13 avril 1519 et décéda à Blois le 5 janvier 1589. Elle est la fille de Laurent II de Médicis et de Madeleine de la Tour d'Auvergne (cousine de François 1er). Catherine de Médicis est également la petite-nièce de Léon X (fils de Laurent Le Magnifique) qui fut pape de 1513 à 1521, et la petite-cousine de Clément VII (fils de Julien de Médicis) qui fut pape de 1523 à 1534.

Elle fut mariée à Marseille le 28 octobre 1533 avec le second fils de François 1er. Lequel deviendra roi de France sous le nom d'Henri II après la mort de François 1er le 31 mars 1547. Catherine, elle, ne sera sacrée reine de France que le 10 juin 1549 à Saint Denis.

Avec Henri II, Catherine de Médicis eut 10 enfants dont trois morts en bas âge, 5 fils (dont 3 seront successivement rois de France sous les noms de François II, Charles IX et Henri III) et 5 filles dont l'une, Elisabeth, sera reine d'Espagne et une autre, Marguerite, sera reine de France (la reine Margot) par son mariage avec Henri III roi de Navarre qui deviendra roi de France sous le nom d'Henri IV (sacre en la cathédrale de Chartres le 27 février 1594).

Henri II avait une maîtresse officielle : la très belle Diane de Poitiers qui l'accompagnait dans toutes les cérémonies de la Cour et eut la charge de l'éducation des enfants royaux et même d'une fille, prénommée Diane et qu'Henri eut avec une Piémontaise nommée Filippa Duci. Cependant pour certains auteurs, cette Diane est la fille de Diane de Poitiers et d'Henri II (voir « Les Deux Diane », ouvrage publié en 1854, sous la signature, peut-être à tort?, d'Alexandre Dumas) .

En somme, le roi avait une épouse pour la descendance et une maîtresse pour la beauté et le plaisir.

En 1559, il y eut à la Cour de France un double mariage : celui d'une sœur d'Henri II, appelée aussi Marguerite, avec Emmanuel-Philibert duc de Savoie et celui d'Elisabeth fille d'Henri et de Catherine de Médicis avec Philippe II roi d'Espagne. A cette occasion il y eut de grandes festivités dont l'organisation d'un tournoi à Paris, le 30 juin 1559, rue Saint Antoine, au cours duquel Henri II affronta Gabriel de Montgommery capitaine de la garde écossaise du roi (à noter que le nom de Montgommery est généralement écrit avec 2 « M » en France et un seul en Angleterre, ce qui fait que selon les auteurs on peut trouver les 2 orthographes). Henri II fut blessé par Montgommery et décéda de ses blessures le 10 juillet 1559 à l'Hôtel des Tournelles (situé du côté nord de l'actuelle place des Vosges), et ce malgré les soins du célèbre Ambroise Paré.

La version officielle reprise par tous les historiens est qu'il s'agissait d'un « accident ». Cependant pour un accident, le comportement de Montgommery fut bien curieux : sans même attendre le verdict d'Ambroise Paré, il s'enfuit en Angleterre où il fut accueilli par la reine Elisabeth première. Montgommery ne revint en France que pour combattre les catholiques de 1562 à 1574. Il participa à de nombreuses batailles et massacra beaucoup de catholiques non seulement dans les combats mais aussi hors combats. Montgommery s'était converti au protestantisme. Hors, avec beaucoup de continuité, Henri II depuis 1547 avait persécuté les protestants. Voir l'édit de Paris du 19 novembre 1549, l'édit de Chateaubriant du 21 juin 1551, l'édit de Compiègne du 24 juillet 1557 et l'édit d'Ecouen du 2 juin 1559.

Un attentat contre le roi en septembre 1557 d'un nommé Caboche avait déjà été attribué aux protestants. Montgommery sera finalement pris fin mai 1574, il fut exécuté le 26 juin 1574.

La même version officielle montre Catherine de Médicis en veuve éplorée portant grand deuil etc. Mais la mort de son mari lui permit de se venger de Diane de Poitiers à qui elle reprit les somptueux cadeaux faits par son royal amant dont le château de Chenonceau. Elle lui permit également d'exercer le pouvoir.

Après la mort d'Henri II, son fils aîné devint roi sous le nom de François II, qui régna jusqu'à sa mort le 5 décembre 1560, c'est-à-dire guère plus d'un an. François avait épousé à Paris le 24 avril 1558, Marie Stuart reine d'Ecosse. Cette Marie était la fille de Jacques V roi d'Ecosse et de Marie de Guise, une Française de la famille des Guise.

Aussi, sous l'influence de Marie Stuart, François II gouverna avec les Guise au grand dam de Catherine de Médicis, à qui, ainsi le pouvoir échappa …. provisoirement !

Les Guise dirigeaient le parti catholique dans sa branche la plus anti-protestante, la politique anti protestante d'Henri II se poursuivit donc sous François II. La France était alors divisée en deux, catholiques d'un côté, protestants de l'autre, mais en outre dans chaque camp, il y avait des rivalités pour le pouvoir.... ce qui n'a guère changé presque 5 siècles plus tard, même si la division en 2 n'est plus la même !

Catherine ne perdit pas son temps et noua des alliances dans le parti catholique avec les ennemis des Guise mais aussi avec les protestants ce qui fait écrire à certains auteurs sur l'esprit de tolérance de Catherine de Médicis etc. De mon avis ils oublient qu'elle était avant tout une Florentine et une Florentine du seizième siècle qui fut en Italie le grand siècle des Borgia et des Médicis et qu'en outre Catherine fut parente de deux papes Médicis successifs : tout un programme ! Cela devrait amener à ne pas confondre esprit de tolérance et grandes manœuvres pour arriver au pouvoir !

A la mort de François II, son frère âgé de 10 ans lui succéda sous le nom de Charles IX. Catherine fut nommée régente de France et eut enfin le pouvoir. Marie Stuart fut contrainte de retourner dans son pays. Elle quitta la France le 14 août 1561 et revint en Ecosse dans un pays profondément divisé entre catholiques et protestants. Marie Stuart et Elisabeth 1ère étaient cousines, mais 2 reines dans le même espace c'était une de trop. Elisabeth soutint les protestants d'Ecosse et ceux-ci l'emportèrent. Marie Stuart fut emprisonnée en juin 1567 et cette ancienne reine de France fut décapitée à la hache le 8 février 1587. Elisabeth 1ère qui fut surnommée « la reine vierge » mourut sans descendance et par une ironie du sort c'est Jacques Stuart fils de Marie Stuart qui lui succéda et réalisa l'unité de l'Angleterre et de l'Ecosse.

Quant à Catherine de Médicis, de nombreux auteurs lui attribuent la responsabilité principale de la Saint Barthélemy le 24 août 1572 où les protestants attirés à Paris par le mariage d'Henri III de Navarre avec Marguerite fille de Catherine de Médicis tombèrent dans un véritable traquenard.

Après la mort de Charles IX, c'est son frère qui lui succéda sous le nom d'Henri III. Celui-ci prétendit gouverner seul, mais Catherine continua d'exercer une influence politique pratiquement jusqu'à sa mort.

 

Marie de Médicis : Elle naquit à Florence le 27 avril 1575 et mourut à Cologne le 3 juillet 1642. Elle est la fille de François 1er de Médicis grand-duc de Toscane et de Jeanne d'Autriche, fille de l'empereur du St Empire. Marie de Médicis n'eut pas de lien de famille direct avec Catherine de Médicis, il faut remonter à la septième génération pour leur trouver un ancêtre commun.

Elle épousa en la cathédrale Saint Jean à Lyon Henri IV roi de France le 17 décembre 1600. Outre ses nombreuses maitresses, Henri avait eu comme première épouse en 1572, Marguerite fille de Catherine de Médicis. Ils s'étaient séparés en 1585. Henri IV avait obtenu l'annulation de son mariage en 1599.

Avec Henri IV, Marie de Médicis eut 6 enfants dont le futur Louis XIII roi de France, tandis qu'une de ses filles (Elisabeth) devint reine d'Espagne, une autre (Henriette) reine d'Angleterre et une troisième (Christine) duchesse de Savoie.

Ce n'est seulement que le 13 mai 1610 que Marie de Médicis fut sacrée reine de France en la basilique Saint Denis. Il était temps ! Car dès le lendemain Henri IV était assassiné à Paris rue de la Ferronnerie par Ravaillac.

Le fils aîné fut proclamé roi de France mais né le 27 septembre 1601, Louis XIII n'avait pas encore 9 ans au moment de l'assassinat de son père Henri IV. Marie de Médicis fut régente et exerça le pouvoir qu'elle ne voulut pas abandonner même lorsque son fils le revendiqua.

Il fallut à Louis XIII faire un coup d'Etat contre sa mère pour devenir roi. Le 24 avril 1617, il fit assassiner Concino Concini conseiller de sa mère et exila sa mère à Blois. Mais celle-ci s'appuyant sur la noblesse fomenta plusieurs rébellions pour reprendre le pouvoir, mais à chaque fois elle échoua. Un moment Richelieu parvint à réconcilier la mère et son fils et fit entrer Marie de Médicis le 3 mai 1616 comme chef du conseil du roi. Cela ne lui suffisait pas et elle continua à conspirer, jusqu'à ce que son fils lui interdit le territoire français, lui retira son titre de reine de France et ses ressources. Elle mourut isolée à Cologne.

Le moins que l'on puisse dire pour conclure est que les femmes de la famille Médicis eurent le goût du pouvoir.

J.D. Le 15 décembre 2012

Catherine de Médicis

Catherine de Médicis

Marie de Médicis

Marie de Médicis

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