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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 16:29

Agnadel (Agnadello en italien) est un lieu situé en Lombardie à une trentaine de kms à l'est de Milan ou, si l'on préfère à 8 kms à l'est de la rivière Adda (qui coule vers le sud et se jette dans le Pô un peu en amont de Crémone). La bataille eut lieu le 14 mai 1509. Elle est, de fait, une péripétie dans un ensemble de 11 guerres que les historiens ont appelé « guerres d'Italie » même si il y eut d'autres guerres en Italie. De façon plus conjoncturelle cette guerre fut causée par une rivalité entre la République de Venise et la papauté pour la possession de la Romagne (région historique d'Italie bordée à l'ouest par la Toscane et à l'est par l'Adriatique. Les principales villes de Romagne sont Ravenne et Rimini. Aujourd'hui la Romagne dépend de la région administrative Emilie-Romagne dont la capitale est à Bologne.

I-la bataille d'Agnadel :

Pour contrer les visées expansionnistes de Venise sur la terre ferme, le pape Jules II (il fut pape de 1503 à 1513), parvint à former le 10 décembre 1508, une ligne contre Venise, appelée « ligue de Cambrai » (il s'agit de Cambrai dans le nord de la France). Cette ligue comprenait Maximilien 1er pour le Saint Empire romain germanique, Ferdinand d'Aragon pour l'Espagne, le bon roi Louis XII pour la France et bien sûr l'armée du pape.

Louis XII qui avait des troupes présentes en Italie (voir point II) se dirigea vers Venise.

La République de Venise avait confié le commandement de son armée de terre à 2 cousins : Bartolomeo d'Alviano et Niccolo di Pitigliano. A l'approche des troupes françaises, l'armée vénitienne était stationnée près de Treviglio (à environ 10 kms au nord d'Agnadel), mais jugeant la position défavorable pour eux, les 2 chefs décidèrent de se déporter vers le sud pour se retrancher derrière le Pô.

La troupe de Venise se mit en route, mais la partie de l'armée conduite par Niccolo di Pitiglio avança plus vite que celle conduite par Bartolomeo d'Alviano, et celui-ci avec 8.000 soldats, fut accroché par l'avant-garde de l'armée française conduite par Charles d'Amboise (Maréchal de France) à Agnadel.

Lorsque le gros de l'armée française conduit par Louis XII (et qui comprenait le célèbre chevalier Bayard) tomba sur l'arrière des troupes vénitiennes de d'Alviano, ce fut un carnage, d'autant que Louis XII avait avec lui de l'artillerie et en tout 4 fois plus de troupes que d'Alviano. Les troupes de d'Alviano furent littéralement exterminées et d'Alviano lui-même, blessé, fait prisonnier. Lorsque le restant des troupes au service de Venise, sous la conduite de Pitiglio, apprit le carnage, ce fut la débandade et la désertion généralisée. La Sérénissime n'avait plus d'armée de terre. Pour les Vénitiens ce fut le « désastre d'Agnadel ».

La République de Venise aurait pu disparaître, mais Jules II n'aimait pas les Français, et ne voulait surtout pas qu'ils s'installent en Italie durablement. Il constitua une nouvelle ligue, cette fois contre la France.

Constituée le 4 octobre 1511 et appelée « Sainte Ligue », elle comprit : les Etats pontificaux, la République de Venise, les cantons suisses et l'Espagne. Ils furent rejoints le 13 novembre 1511 par l'Angleterre d'Henri VIII (Barbe bleue) et le 17 mai 1512 par le Saint empire de Maximilien.

II-les guerres d'Italie :

Commencées en 1494 sous le règne du roi de France Charles VIII, les « guerres d'Italie » se poursuivirent sous les règnes de Louis XII, de François 1er pour se terminer en 1559 sous Henri II .

Ces guerres ont leur origine dans la revendication conjointe de plusieurs souverains d'Europe pour récupérer le royaume de Naples et le duché de Milan et ce parce qu'à force de mariages entre toutes les Cours d'Europe, tout le monde descendait de tout le monde et pouvait revendiquer un héritage.

*1-Alphonse V d'Aragon s'était emparé du royaume de Naples en 1442. Charles VIII roi de France voulut récupérer ce royaume, il s'en empara en février 1495 mais abandonna la ville dès le mois de mai de la même année suite à la constitution d'une ligue anti-française par les Etats du Nord de l'Italie. Le traité de Verceil (Vercelli) du 9 octobre 1495 mit fin à la première de ces guerres. Les Français durent évacuer l'Italie.

*2-Louis , arrière petit-fils de Charles V roi de France, petit neveu de Charles VI et lointain parent de Charles VIII lui succéda comme roi de France à compter du 7 avril 1498 sous le nom de Louis XII. De son prédécesseur, il hérita du trône, de la couronne, de l'épouse (Anne de Bretagne) et des guerres d'Italie. Entré en Italie en 1499, Louis XII s'empara de Gênes et de Milan en juillet. Louis était le petit-fils de Valentine Visconti et à ce titre revendiquait Milan. Ludovic Sforza récupéra Milan en mars 1500. La ville fut reprise par les Français dès le mois d'avril 1500. Charles d'Amboise fut nommé gouverneur de Milan et cela termina la seconde guerre d'Italie.

*3-En septembre 1501, Louis XII s'emparait de Naples mais entrait en guerre en 1502 contre Ferdinand II d'Aragon, il dut signer en février 1504 l'armistice de Lyon, par lequel la France cédait le royaume de Naples à l'Espagne. C'est en décembre 1503, au cours de cette guerre que le chevalier Bayard s'illustra en défendant l'accès d'un pont sur le Garigliano (petit fleuve d'une cinquantaine de kms qui sépare le Latium, région de Rome et la Campanie région de Naples)

*4-C'est au cours de la quatrième guerre d'Italie que se déroula la bataille d'Agnadel dont il est question au point I. Après la constitution de la sainte ligue contre la France, nos troupes s'emparèrent de Bologne en mai 1511, gagnèrent la bataille de Ravenne le 11 avril 1512 mais furent vaincues à Novarre le 6 juin 1513. Par le traité de Dijon,le 14 septembre 1513, la France renonçait une fois de plus à ses prétentions sur l'Italie. C'est au cours de la bataille de Ravenne que Gaston de Foix duc de Nemours et commandant les armées françaises, mourut en combattant.

*5-Après le décès de Louis XII le 1er janvier 1515, c'est son petit cousin qui devint roi sous le nom de François 1er (Charles d'Orléans père de François 1er était le cousin de Louis XII, fils d'un autre Charles d'Orléans, le père de Louis XII étant l'oncle du père de François 1er). Il reprit les guerres d'Italie. Ce fut la célèbre victoire de Marignan (aujourd'hui Melegnano en Lombardie, à une quinzaine de kms au sud-est de Milan). A la suite de quoi François 1er s'entendit avec le nouveau roi d'Espagne (Charles V dit Charles Quint devenu roi en mars 1516) par la paix de Noyon (dans l'Oise) du 13 mai 1516. La France reconnaissait la propriété du royaume de Naples à l'Espagne tandis que l'Espagne reconnaissait la souveraineté de la France sur le Milanais. Cela termina la cinquième guerre d'Italie.

*6-Charles Quint roi d'Espagne étant devenu en juin 1519 Empereur du Saint Empire romain germanique, la France de François 1er se trouva complètement encerclée. François 1er reprit la guerre en Italie. Francesco Sforza reprit Milan en avril 1522, que les Français récupérèrent le 26 octobre de la même année. La situation semblait stabilisée lorsqu'il y eut la terrible défaite de Pavie le 24 février 1525, où François 1er fait prisonnier fut d'abord emprisonné à Gênes puis emmené en Espagne. Après rançon et renoncements à tous droits sur l'Italie il fut libéré au bout d'un an. C'est au cours de cette guerre que le chevalier Bayard fut tué le 30 avril 1524 dans le Piémont. Originaire de Poncharra dans le département de l'Isère, Bayard fut d'abord inhumé à Saint Martin d'Hères dans la banlieue de Grenoble puis transféré le 24 août 1822 dans l'église Saint André de Grenoble. A Poncharra, le château Bayard a été transformé en musée en 1975 et rénové en 2015. La commune de Pontcharra qui vit naître Bayard est jumelée avec Rosavenda dans le Piémont qui vit mourir le chevalier.

*7-Libéré le 17 mars 1526, François 1er oublia ses promesses et rejoignit la ligue de Cognac contre le Saint Empire ; ligue qui regroupait, le pape, l'Angleterre, Milan, Venise Florence et la France. Les troupes impériales furent commandées par Charles III de Bourbon qui avait servi Louis XII puis François 1er avant de passer à l'ennemi.

C'est durant cette septième guerre d'Italie qu'eut lieu le sac de Rome par les troupes de Charles Quint à partir du 6 mai 1527. Charles de Bourbon lui-même fut tué durant la prise de Rome ; Cette guerre se termina par la paix de Cambrai le 5 août 1529.

*8-La mort le 1er novembre 1535 du duc de Milan François II entraîna une nouvelle revendication de François 1er roi de France sur le Milanais. En 1536, les troupes françaises envahirent et annexèrent la Savoie et le Piémont pendant que Charles Quint envahissait la Provence. Cette huitième guerre d'Italie se termina par la paix de Nice le 18 juin 1536. La France garda (provisoirement) la Savoie et le Piémont. C'est durant cette période d'occupation que François 1er imposa l'usage du Français en Savoie.

*9-En novembre 1540, Charles Quint donna le Milanais à son fils Philippe. Cela déclencha la neuvième guerre d'Italie. L'Angleterre s'allia à Charles Quint, l'Ecosse à François 1er. Il y eut des combats un peu partout de l'Ecosse au Milanais en passant par le nord, l'est et le sud de la France. Cette guerre se termina en 2 temps : entre la France et l'Espagne, par le traité de Quercy en Laonnois (dans l'Aisne) aux termes duquel la France conservait la Savoie et le Piémont mais renonçait à l'Artois, la Flandre, le Milanais et Naples. Avec l'Angleterre il y eut le traité d'Andres (dans le Pas-de-Calais) le 7 juin 1546 par lequel Henri VIII restituait Boulogne à la France. A noter un John de Lisle parmi les négociateurs anglais.

*10-Le 26 juillet 1552, la population de Sienne en Toscane avait chassé la garnison espagnole de la ville et appelé la France à l'aide. Suite au décès de François 1er le 31 mars 1547, son fils était devenu roi sous le nom d'Henri II. En même temps que la guerre en Italie, des opérations militaires se déroulaient aussi en France. En avril 1552, Henri II s'était emparé des villes de Metz, Toul et Verdun ; puis de la Corse prise à Gênes en 1553. Cette guerre se termina le 15 février 1556, par la Trève de Vaucelles (au sud-ouest de Cambrai dans le nord). La France gardait Metz, Toul, Verdun, la Corse, la Savoie et le Piémont.

*11- Début 1557, Henri II envoya le duc François de Guise avec une nouvelle armée en Italie. Mais la cuisante défaite de l'armée française à Saint Quentin dans l'Aisne le 10 août 1557 amena le traité de Cateau-Cambresis (à une vingtaine de kms au sud de Cambrai) les 2 et 3 avril 1559. La France rendit ses possessions au duc de Savoie Emmanuel-Philibert, la Corse aux Génois mais conservait Calais pris aux Anglais le 8 janvier 1558 et qui possédaient la ville depuis 1347. En outre le développement du protestantisme inquiétait autant le roi de France que celui d'Espagne et les incita à cesser leur guéguerre en Italie.

III-Bilan :

Après 11 guerres étalées sur 65 années, chacun était quasiment revenu à la case départ : tout ça pour ça !

Avant ces guerres d'Italie il y avait eu la guerre de Cent Ans (1337/1453), puis l'invasion musulmane de l'Europe par l'est sans oublier toutes les guerres « régionales » entre Louis XI et Charles le Téméraire en France, la guerre des 2 roses en Angleterre etc etc

Sitôt les guerres d'Italie terminées ce furent les guerres de religion qui commencèrent… A croire que les humains ne peuvent pas vivre sans s'étriper !

Dans l'histoire de l'espèce humaine, qui peut citer des périodes de plusieurs décennies pendant lesquelles il n'y eut aucune guerre sur toute la terre ?

Sous beaucoup de réserves je pourrais en citer 3 :

-sous le règne de Ramsès II au treizième siècle avant notre ère qui, après avoir combattu les Hittites s'entendit avec eux et ils imposèrent la paix, au moins dans leur sphère d'influence

-sous le règne de Numa qui fut roi à Rome juste après Romulus et régna 43 années (de -715 à -672) sans guerre. Mais Numa est-il un personnage historique ou légendaire ?

-enfin sous le règne d'Auguste qui fut le premier romain à porter le titre d'empereur de -27 à +14 ; et encore il faut oublier les légions de Varus et quelques autres.

C'est quand même un peu maigre !

J.D. 1er mars 2016

En illustration : la bataille d'Agnadel, gravure sur acier de 1850, dessinée par Henry Emy, gravée par Rebel ; à la Galerie Napoléon à Paris

bataille d'Agnadel

bataille d'Agnadel

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 14:23

 

 

1-L'édition:

En 1846, les éditions Alexandre Cadot publièrent un roman historique intitulé : « Les Deux Diane », sous la signature d'Alexandre Dumas déjà célèbre (Il avait déjà publié Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo etc).

Mais un auteur appelé Paul Meurice en revendiqua la paternité, tandis qu'un troisième nommé Félix Davin qui avait publié en 1836 « Une fille naturelle » cria au plagiat. En 1864, un nommé Charles Daudville publia un comparatif pour montrer que le ou les auteurs des Deux Diane s'était ou s'étaient inspirés du texte de Félix Davin.

En février 1865, Alexandre Dumas adressait à Paul Meurice une lettre dans laquelle il reconnaissait n'être pour rien dans ce roman, alléguant que c'est l'éditeur et non lui qui décida de faire paraître ce roman sous sa signature.

Malgré cela, « Les Deux Diane » figurent toujours dans la liste complète des œuvres d'Alexandre Dumas, quelquefois accompagnées en notes de la mention : »en collaboration avec Paul Meurice » car les critiques contemporains sont persuadés que Dumas est pour quelque chose dans ce roman, il est vrai que c'est du Dumas « tout craché ». L'édition de ce roman est déjà en soi rocambolesque. A ma connaissance, la dernière édition  des « Deux Diane » a été effectuée en octobre 2012, chez Robert Laffont dans la collection « Bouquins ». Le volume comprend également « Ascanio » et « L'Horoscope » de Dumas. La partie consacrée aux « Deux Diane » va de la page 393 à la page 1048 soit environ 650 pages.

2-Les personnages:

Parmi les principaux personnages mis en scène par ce roman citons : Les deux Diane (Diane de Poitiers et Diane de France), le roi de France Henri II, la reine Catherine de Médicis, le clan des Guise, le clan des Montmorency, le clan protestant (dont l'amiral de Coligny, le prince de Condé et Ambroise Paré), les Montgommery (Jacques le père et surtout son fils Gabriel qui est le principal personnage du roman), Martin Guerre serviteur de Gabriel de Montgommery qui a un sosie qui lui cause bien des ennuis, ainsi qu'une équipe d'aventuriers qui participent à la prise de Calais. Or on retrouve cette équipe d'aventuriers dans leur nom et leurs caractéristiques dans le tome 1 de « la royale Maison de Savoie », ouvrage d'Alexandre Dumas publié d'abord à Turin à partir de 1852. (voir sur mon blog la note N°67: http://jean.delisle.over-blog.com/article-alexandre-dumas-et-la-royale-maison-de-savoie-108508764.html ). Il semble que les critiques des « Deux Diane » aient ignoré ce fait. Il faut dire que l'œuvre de Dumas sur la royale Maison de Savoie resta longtemps ignorée.

3-L'histoire réelle (ou supposée) :

*Diane de Poitiers: Diane de Poitiers, née fin 1499 ou début 1500, est la fille de Jean de Poitiers seigneur de Saint Vallier et de Jeanne de Batarnay (ce qui compte tenu du contexte aurait pu s'écrire de « bâtard né »). Elle fut mariée le 16 avril 1515 à Louis de Brézé petit-fils de Charles VII et de sa favorite Agnès Sorel.

Diane de Poitiers fut successivement la dame d'honneur de la reine Claude (fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne) mariée à François 1er de 1514 à 1524, de Louise de Savoie (mère de François 1er) puis d'Eléonore de Habsbourg (sœur de Charles Quint et dernière épouse de François 1er de 1530 à 1547). Diane devint veuve le 23 juillet 1531. Avec Louis de Brézé, elle eut 2 filles dont l'une sera mariée avec un Guise.

C'est probablement en 1538 que Diane de Poitiers devint la maitresse d'Henri fils de François 1er et qui deviendra roi de France sous le nom d'Henri II à la mort de François 1er c'est-à-dire en 1547. En 1538, Henri avait 19 ans, Diane exactement le double. Elle restera la maitresse « officielle » d'Henri II jusqu'à la mort de celui-ci le 10 juillet 1559 et ce malgré le mariage d'Henri avec Catherine de Médicis en 1533. En 1548, le nouveau roi donne à sa maitresse le titre de Duchesse de Valentinois. A noter que la grand-mère paternelle de Diane était la sœur du grand-père maternel de Catherine de Médicis.

*Diane de France: Elle est née le 25 juillet 1538 et décédée le 11 janvier 1619.

L'Histoire a retenu qu'elle est la fille d'Henri II et d'une Piémontaise nommée Filippa Duci rencontrée à l'occasion d'une campagne militaire en Italie. Elle fut légitimée par Henri II en 1548 et reçut après la mort d'Henri II le titre de duchesse de Chatellerault en 1563, de duchesse d'Etampes en 1573 et de duchesse d'Angoulême en 1582. Elle fut mariée le 13 février 1553 à Horace Farnèse (duc de Castro et petit-fils du pape Paul III). Veuve 5 mois seulement après son mariage elle fut remariée le 3 mai 1557 à François de Montmorency.

Elle fut élevée par Diane de Poitiers, ce qui permit à certains historiens dans la foulée de Pierre de Bourdeille (dit Brantôme, 1540/1614) d'écrire que cette Diane était la fille de Diane de Poitiers.

*Henri II roi de France: Henri II naquit le 31 mars 1519, il est le fils de François 1er et de Claude de France. Il est donc en même temps le petit-fils de Louise de Savoie par son père et le petit-fils du roi de France Louis XII et d'Anne de Bretagne par sa mère. Son règne commence à la mort de François 1er en 1547. Il hérite des guerres contre Charles Quint (roi d'Espagne de 1516 à 1556 et empereur du St Empire Romain Germanique de 1519 à 1556). C'est en août 1557 qu'eut lieu la terrible défaite de Saint Quentin où les armées espagnoles, anglaises et allemandes commandées par le duc de Savoie Emmanuel-Philibert l'emportèrent sur le connétable de Montmorency. Heureusement pour Henri II et surtout pour la France, Charles Quint avait abdiqué l'année précédente et son fils Philippe II d'Espagne prenant ombrage des succès d'Emmanuel-Philibert lui interdit de poursuivre l'invasion de la France. Henri II fut blessé par Gabriel de Montgommery lors d'un tournoi à Paris le 30 juin 1559 et mourut des suites de cette blessure le 10 juillet suivant. Pour les historiens patentés, il s'agit d'un accident et de rien d'autre et « circulez il n'y a rien à voir ». Mais les mêmes historiens patentés ne se posent aucune question sur l'étrange comportement de Gabriel de Montgommery, qui s'enfuit en Angleterre. Il fut accueilli par Elisabeth 1ère, reine depuis le 17 novembre 1558. Cette Elisabeth n'avait pas encore 3 ans lorsque sa mère (Anne Boleyn) fut décapitée sur ordre de son père (Henri VIII). Durant son règne, Elisabeth 1ère publia la « charte de l'anglicanisme » et persécuta les catholiques. On comprend qu'elle reçut avec bienveillance Montgommery qui avait tué un roi de France auteur de plusieurs édits contre les protestants.

*Catherine de Médicis: voir sur mon blog la note N°81 : http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-medicis-reines-de-france-113493818.html

*Les Guise: L'histoire des Guise commence avec Claude de Lorraine(1496/1550) fait Duc de Guise par François 1er en 1528. Ce Claude de Lorraine se maria en 1513 avec Antoinette de Bourbon (fille de François de Bourbon duc de Vendôme et de Marie de Luxembourg). Ils eurent 12 enfants dont les principaux sont : Marie de Guise qui fut reine d'Ecosse, François de Guise et Charles de Lorraine.

Marie de Guise: née le 22 novembre 1515, elle fut mariée le 12 juin 1538 à Jacques Stuart qui fut roi d'Ecosse sous le nom de Jacques V. Marie de Guise est la mère de Marie Stuart née le 8 décembre 1542. Jacques V décéda en 1548. Marie de Guise fut alors reine régente d'Ecosse jusqu'à sa mort le 10 juin 1560. Elle lutta contre l'extension du protestantisme en Ecosse.

François de Guise: naquit le 17 février 1520. Il se maria le 29 avril 1548 avec Anne d'Este, fille de Renée de France, (elle-même fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne) et d'Hercule II d'Este, (lui-même fils de Lucrèce Borgia). François de Guise fut le chef du parti catholique. Il fut vainqueur des Huguenots en 1562 à Dreux et Rouen, mais il fut blessé au siège d'Orléans le 18 février 1563 et mourut des suites de cette blessure le 24 février suivant. Au moment de la défaite de Saint Quentin en 1557, François de Guise conduisait l'expédition militaire française en Italie, il fut rappelé d'urgence en France par Henri II. Il eut alors le titre de lieutenant général du royaume et reprit aux Anglais leurs conquêtes dans le nord de la France dont Calais en 1558. Avant de partir en Italie il avait déjà guerroyé contre les Anglais et avait reçu en 1545 une blessure au visage à Boulogne, ce qui lui avait valu d'être le premier Guise à être surnommé « le Balafré ».

Charles de Lorraine: né en 1524 et mort en 1574. Il fut cardinal archevêque de Reims. Avec son frère François de Guise, ils eurent de fait le pouvoir durant le court règne de François II qui succéda à Henri II.

Henri de Lorraine duc de Guise ou le second « balafré »: il naquit le 31 décembre 1550 et mourut assassiné au château de Blois le 23 décembre 1588. Il est le fils de François de Guise et d'Anne d'Este (et par conséquent l'arrière petit-fils de Lucrèce Borgia et l'arrière arrière petit-fils du pape Alexandre VI Borgia). Il épousa le 4 octobre 1570 Catherine de Clèves fille du duc de Nevers. Ils eurent 14 enfants dont 7 seulement parvinrent à l'âge adulte.

Henri prit la suite de son père à la tête de la ligue (parti catholique). Son rôle dans la Saint Barthélemy le 24 août 1572 ne semble pas très clair. Il sauva certains protestants dont sa grand-mère (Renée de France protestante), mais en poursuivit d'autres.

Par contre il remporta plusieurs victoires contre l'armée protestante à Ormans (dans la Marne) le 10 octobre 1575 (il fut blessé au visage et devint « le balafré »), à Vimory (dans le Loiret) le 26 octobre 1587 ou à Auneau (Eure-et-Loir) le 24 novembre 1587.

Il prit trop d'importance et le roi Henri III le fit assassiner. Son frère Louis de Lorraine cardinal archevêque de Reims fut assassiné le lendemain soit le 24 décembre 1588.

*Les Montmorency: La maison de Montmorency devint célèbre dès la fin du Xè siècle. Elle fournit à la France 6 connétables, 12 maréchaux, 4 amiraux et un cardinal.

La période qui nous concerne est celle d'Anne de Montmorency né le 15 mars 1493 et tué à la bataille de Saint Denis (entre catholiques et protestants) le 12 novembre 1567. Il est, par sa mère, le petit-fils du duc de Savoie Philippe II.

Il accompagna François 1er durant les guerres d'Italie. Il fut fait prisonnier à Pavie en 1525 en même temps que François 1er et fut libéré contre rançon. Après François 1er, il servit Henri II. Il fut vaincu à la bataille de Saint Quentin en 1525. fait prisonnier il fut une nouvelle fois libéré contre rançon. Il prit part aux guerres de religion du côté des catholiques, mais fut en lutte d'influence constante avec les Guise.

*Les Montgommery: Il y a d'abord Jacques le père (1485/1562) qui fut capitaine de la garde écossaise du roi François1er. Il y a surtout son fils Gabriel (5 mai 1530/26 juin 1574) qui hérita de la charge de son père comme capitaine de la garde écossaise. Il blessa mortellement le roi Henri II (voir ci dessus à Henri II) revint en France participer aux guerres de religion dans le camp protestant. Il fut l'un des principaux capitaines de l'Amiral de Coligny puis de Jeanne d'Albret (la mère du futur Henri IV). Il remporta de nombreuses victoires, mais devenu « l'ennemi public N°1 » des catholiques, il fut assiégé dans Domfront en Normandie et faute de ressources et de secours il dut se rendre le 27 mai 1574. Transféré à Paris. Il fut promptement décapité sur ordre de Catherine de Médicis le 26 juin.

4- Le roman:Dans le roman, Diane de Poitiers est d'abord la maîtresse de François 1er avant d'être supplantée par la duchesse d'Etampes auprès de ce roi. Elle se rabat alors sur le fils de François 1er, le futur Henri II. L'histoire « officielle » conteste que Diane fut la maîtresse de François 1er mais ne conteste pas que Diane fit exiler la duchesse d'Etampes dès qu'Henri II fut roi. Toujours dans le roman, Diane de Poitiers est également la maîtresse de Jacques de Montgommery au début de sa liaison avec Henri II, lequel fait emprisonner au secret Jacques de Montgommery dans la prison du Châtelet. En même temps qu'Henri II elle est également secrètement la maîtresse du connétable de Montmorency. Diane de Poitiers est présentée comme la mère de Diane de France mais durant une grande partie du roman le suspense est entretenu pour savoir si cette Diane a pour père Henri II ou Jacques de Montgommery. Gabriel de Montgommery est élevé par une nourrice qui dans le roman élève également Diane de France. Devenant adulte, Gabriel de Montgommery apprend qui est son père, qu'il est encore vivant et que Diane qu'il aime est peut-être sa sœur. Contre d'importants services qu'il rend à la France, le roi Henri II promet à Gabriel de Montgommery la libération de son père, mais Diane de Poitiers et le connétable de Montmorency conspirent et obtiennent d'Henri II de faire mourir Jacques de Montgommery avant de le rendre à son fils. Devant tant de perfidie et de lacheté, Gabriel jure de venger son père. Tout le roman est construit pour conclure qu'Henri II ne fut pas mortellement blessé par accident mais pour se venger d'une ignoble injustice. Tout au long du roman, Diane de Poitiers est présentée sous un jour vraiment négatif.

Catherine de Médicis n'est pas mieux lotie, car elle ressort de ce roman, assoiffée de pouvoir et prête à tout pour y parvenir. Au chapitre XV, elle fait des avances à Gabriel de Montgommery et lui dit : « Je me suis jusqu'ici effacée au second rang; mais sachez-le, je brillerai bientôt au premier. Mme Diane de Poitiers n'est plus d'âge à conserver longtemps sa beauté et sa puissance . Du jour où le prestige de cette femme s'effacera , mon règne commence, et apprenez que je saurai régner, Gabriel : les instincts de domination que je sens en moi m'en sont garants; et d'ailleurs, c'est dans le sang des Médicis cela... ».

Après la mort d'Henri II, le 10 juillet 1559, c'est l'aîné de ses fils qui règne sous le nom de François II. Marié à Marie Stuart reine d'Ecosse et fille de Marie de Guise, François II gouverne avec ses oncles (François de Guise et Charles de Lorraine), en évinçant sa mère (Catherine de Médicis) du pouvoir. A la fin de 1560, après à peine 18 mois de règne, François II tombe gravement malade, Marie Stuart envoie quérir Ambroise Paré pour le sauver. Mais Catherine de Médicis parvient à empêcher l'intervention d'Ambroise Paré et François II meurt le 5 décembre 1560. La mère (Catherine de Médicis) perd son fils, mais l'ambitieuse a enfin le pouvoir.

Au chapitre CVI du roman, Marie Stuart s'écrie à l'adresse de Catherine de Médicis (sa belle-mère): « Ah! Madame! Madame! Vous avez tué votre enfant!  La reine-mère enveloppa sa bru d'un regard venimeux et glacé où déborda toute la haine qu'elle avait couvée pour elle pendant dix-huit mois. Vous, ma chère, lui dit-elle, vous n'avez plus le droit de parler ainsi, entendez-vous; car vous n'êtes plus reine. Ah! Si fait! Reine en Ecosse. Et nous vous renverrons au plus tôt régner dans vos brouillards ».

Parmi les personnages du roman, sont, en outre, présentés sous un jour très négatif : Arnaud du Thil le sosie de Martin Guerre, le gouverneur anglais de Calais, Charles de Lorraine et le connétable Anne de Montmorency accusé d'avoir poussé Henri II à signer la paix de Cateau-Cambrésis le 3 avril 1559, défavorable à la France alors que François de Guise à la tête de l'armée était vainqueur partout, mais un traité favorable aurait rehaussé la renommée des Guise !

5- Pour conclure :Aujourd'hui on dirait de ce roman qu'il est « politiquement incorrect ». Il remet en effet en cause l'histoire « officielle » sur de nombreux points : la cause de la mort du roi Henri II, la maternité de Diane de France attribuée à une Piémontaise, l'image de Catherine de Médicis, de Diane de Poitiers ou d'Anne de Montmorency...

Si le roman s'écarte, pour l'intérêt du lecteur, de l'histoire supposée réelle, il donne malgré cela ou peut-être à cause de cela, l'impression de présenter un récit plus cohérent que l'histoire officielle. A chacun de se faire une opinion.... enfin si cette histoire l'intéresse.

J.D. 9 janvier 2013.

clan Montgomery lors d'une fête écossaise à Laurinburg Caroline du Nord, photo J.D. le 5 octobre 2013

clan Montgomery lors d'une fête écossaise à Laurinburg Caroline du Nord, photo J.D. le 5 octobre 2013

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 21:08

 

Deux femmes issues de la famille Médicis de Florence furent Reines de France. Toutes les deux eurent le pouvoir après la mort de leur mari. Curieuse communauté de destin entre ces deux Florentines.

Catherine de Médicis : Naquit à Florence le 13 avril 1519 et décéda à Blois le 5 janvier 1589. Elle est la fille de Laurent II de Médicis et de Madeleine de la Tour d'Auvergne (cousine de François 1er). Catherine de Médicis est également la petite-nièce de Léon X (fils de Laurent Le Magnifique) qui fut pape de 1513 à 1521, et la petite-cousine de Clément VII (fils de Julien de Médicis) qui fut pape de 1523 à 1534.

Elle fut mariée à Marseille le 28 octobre 1533 avec le second fils de François 1er. Lequel deviendra roi de France sous le nom d'Henri II après la mort de François 1er le 31 mars 1547. Catherine, elle, ne sera sacrée reine de France que le 10 juin 1549 à Saint Denis.

Avec Henri II, Catherine de Médicis eut 10 enfants dont trois morts en bas âge, 5 fils (dont 3 seront successivement rois de France sous les noms de François II, Charles IX et Henri III) et 5 filles dont l'une, Elisabeth, sera reine d'Espagne et une autre, Marguerite, sera reine de France (la reine Margot) par son mariage avec Henri III roi de Navarre qui deviendra roi de France sous le nom d'Henri IV (sacre en la cathédrale de Chartres le 27 février 1594).

Henri II avait une maîtresse officielle : la très belle Diane de Poitiers qui l'accompagnait dans toutes les cérémonies de la Cour et eut la charge de l'éducation des enfants royaux et même d'une fille, prénommée Diane et qu'Henri eut avec une Piémontaise nommée Filippa Duci. Cependant pour certains auteurs, cette Diane est la fille de Diane de Poitiers et d'Henri II (voir « Les Deux Diane », ouvrage publié en 1854, sous la signature, peut-être à tort?, d'Alexandre Dumas) .

En somme, le roi avait une épouse pour la descendance et une maîtresse pour la beauté et le plaisir.

En 1559, il y eut à la Cour de France un double mariage : celui d'une sœur d'Henri II, appelée aussi Marguerite, avec Emmanuel-Philibert duc de Savoie et celui d'Elisabeth fille d'Henri et de Catherine de Médicis avec Philippe II roi d'Espagne. A cette occasion il y eut de grandes festivités dont l'organisation d'un tournoi à Paris, le 30 juin 1559, rue Saint Antoine, au cours duquel Henri II affronta Gabriel de Montgommery capitaine de la garde écossaise du roi (à noter que le nom de Montgommery est généralement écrit avec 2 « M » en France et un seul en Angleterre, ce qui fait que selon les auteurs on peut trouver les 2 orthographes). Henri II fut blessé par Montgommery et décéda de ses blessures le 10 juillet 1559 à l'Hôtel des Tournelles (situé du côté nord de l'actuelle place des Vosges), et ce malgré les soins du célèbre Ambroise Paré.

La version officielle reprise par tous les historiens est qu'il s'agissait d'un « accident ». Cependant pour un accident, le comportement de Montgommery fut bien curieux : sans même attendre le verdict d'Ambroise Paré, il s'enfuit en Angleterre où il fut accueilli par la reine Elisabeth première. Montgommery ne revint en France que pour combattre les catholiques de 1562 à 1574. Il participa à de nombreuses batailles et massacra beaucoup de catholiques non seulement dans les combats mais aussi hors combats. Montgommery s'était converti au protestantisme. Hors, avec beaucoup de continuité, Henri II depuis 1547 avait persécuté les protestants. Voir l'édit de Paris du 19 novembre 1549, l'édit de Chateaubriant du 21 juin 1551, l'édit de Compiègne du 24 juillet 1557 et l'édit d'Ecouen du 2 juin 1559.

Un attentat contre le roi en septembre 1557 d'un nommé Caboche avait déjà été attribué aux protestants. Montgommery sera finalement pris fin mai 1574, il fut exécuté le 26 juin 1574.

La même version officielle montre Catherine de Médicis en veuve éplorée portant grand deuil etc. Mais la mort de son mari lui permit de se venger de Diane de Poitiers à qui elle reprit les somptueux cadeaux faits par son royal amant dont le château de Chenonceau. Elle lui permit également d'exercer le pouvoir.

Après la mort d'Henri II, son fils aîné devint roi sous le nom de François II, qui régna jusqu'à sa mort le 5 décembre 1560, c'est-à-dire guère plus d'un an. François avait épousé à Paris le 24 avril 1558, Marie Stuart reine d'Ecosse. Cette Marie était la fille de Jacques V roi d'Ecosse et de Marie de Guise, une Française de la famille des Guise.

Aussi, sous l'influence de Marie Stuart, François II gouverna avec les Guise au grand dam de Catherine de Médicis, à qui, ainsi le pouvoir échappa …. provisoirement !

Les Guise dirigeaient le parti catholique dans sa branche la plus anti-protestante, la politique anti protestante d'Henri II se poursuivit donc sous François II. La France était alors divisée en deux, catholiques d'un côté, protestants de l'autre, mais en outre dans chaque camp, il y avait des rivalités pour le pouvoir.... ce qui n'a guère changé presque 5 siècles plus tard, même si la division en 2 n'est plus la même !

Catherine ne perdit pas son temps et noua des alliances dans le parti catholique avec les ennemis des Guise mais aussi avec les protestants ce qui fait écrire à certains auteurs sur l'esprit de tolérance de Catherine de Médicis etc. De mon avis ils oublient qu'elle était avant tout une Florentine et une Florentine du seizième siècle qui fut en Italie le grand siècle des Borgia et des Médicis et qu'en outre Catherine fut parente de deux papes Médicis successifs : tout un programme ! Cela devrait amener à ne pas confondre esprit de tolérance et grandes manœuvres pour arriver au pouvoir !

A la mort de François II, son frère âgé de 10 ans lui succéda sous le nom de Charles IX. Catherine fut nommée régente de France et eut enfin le pouvoir. Marie Stuart fut contrainte de retourner dans son pays. Elle quitta la France le 14 août 1561 et revint en Ecosse dans un pays profondément divisé entre catholiques et protestants. Marie Stuart et Elisabeth 1ère étaient cousines, mais 2 reines dans le même espace c'était une de trop. Elisabeth soutint les protestants d'Ecosse et ceux-ci l'emportèrent. Marie Stuart fut emprisonnée en juin 1567 et cette ancienne reine de France fut décapitée à la hache le 8 février 1587. Elisabeth 1ère qui fut surnommée « la reine vierge » mourut sans descendance et par une ironie du sort c'est Jacques Stuart fils de Marie Stuart qui lui succéda et réalisa l'unité de l'Angleterre et de l'Ecosse.

Quant à Catherine de Médicis, de nombreux auteurs lui attribuent la responsabilité principale de la Saint Barthélemy le 24 août 1572 où les protestants attirés à Paris par le mariage d'Henri III de Navarre avec Marguerite fille de Catherine de Médicis tombèrent dans un véritable traquenard.

Après la mort de Charles IX, c'est son frère qui lui succéda sous le nom d'Henri III. Celui-ci prétendit gouverner seul, mais Catherine continua d'exercer une influence politique pratiquement jusqu'à sa mort.

 

Marie de Médicis : Elle naquit à Florence le 27 avril 1575 et mourut à Cologne le 3 juillet 1642. Elle est la fille de François 1er de Médicis grand-duc de Toscane et de Jeanne d'Autriche, fille de l'empereur du St Empire. Marie de Médicis n'eut pas de lien de famille direct avec Catherine de Médicis, il faut remonter à la septième génération pour leur trouver un ancêtre commun.

Elle épousa en la cathédrale Saint Jean à Lyon Henri IV roi de France le 17 décembre 1600. Outre ses nombreuses maitresses, Henri avait eu comme première épouse en 1572, Marguerite fille de Catherine de Médicis. Ils s'étaient séparés en 1585. Henri IV avait obtenu l'annulation de son mariage en 1599.

Avec Henri IV, Marie de Médicis eut 6 enfants dont le futur Louis XIII roi de France, tandis qu'une de ses filles (Elisabeth) devint reine d'Espagne, une autre (Henriette) reine d'Angleterre et une troisième (Christine) duchesse de Savoie.

Ce n'est seulement que le 13 mai 1610 que Marie de Médicis fut sacrée reine de France en la basilique Saint Denis. Il était temps ! Car dès le lendemain Henri IV était assassiné à Paris rue de la Ferronnerie par Ravaillac.

Le fils aîné fut proclamé roi de France mais né le 27 septembre 1601, Louis XIII n'avait pas encore 9 ans au moment de l'assassinat de son père Henri IV. Marie de Médicis fut régente et exerça le pouvoir qu'elle ne voulut pas abandonner même lorsque son fils le revendiqua.

Il fallut à Louis XIII faire un coup d'Etat contre sa mère pour devenir roi. Le 24 avril 1617, il fit assassiner Concino Concini conseiller de sa mère et exila sa mère à Blois. Mais celle-ci s'appuyant sur la noblesse fomenta plusieurs rébellions pour reprendre le pouvoir, mais à chaque fois elle échoua. Un moment Richelieu parvint à réconcilier la mère et son fils et fit entrer Marie de Médicis le 3 mai 1616 comme chef du conseil du roi. Cela ne lui suffisait pas et elle continua à conspirer, jusqu'à ce que son fils lui interdit le territoire français, lui retira son titre de reine de France et ses ressources. Elle mourut isolée à Cologne.

Le moins que l'on puisse dire pour conclure est que les femmes de la famille Médicis eurent le goût du pouvoir.

J.D. Le 15 décembre 2012

Catherine de Médicis

Catherine de Médicis

Marie de Médicis

Marie de Médicis

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