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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 15:00

1-Saint Louis :

*Le futur roi Louis IX naquit le 25 avril 1214. Il est le fils de Blanche de Castille (1188/1252, fille d'Alphonse VIII roi de Castille et d'Aliénor d'Angleterre, et par elle, nièce de Richard Cœur de Lion) et du roi de France Louis VIII (1187/1226). Il est également, par son père, le petit fils de Philippe-Auguste (1165/1223).

*A la mort de son père, le 8 novembre 1226, il devint roi de France et fut couronné à Reims le 29 novembre 1226. Il avait 12 ans. Il régna donc d'abord sous la régence de sa mère jusqu'en 1234.

*Il dut faire face à des révoltes de seigneurs ainsi qu'à la guerre contre l'Angleterre. Cette dernière se termina par le traité de Paris le 28 mai 1258.

Durant son règne, Louis IX parvint à affermir le pouvoir royal, à en agrandir le domaine, à réformer les institutions, à imposer une monnaie unique sur l'ensemble du domaine royal, à créer la Sorbonne, l'hospice des Quinze-Vingts...Sans oublier que son règne correspond à l'époque de la construction des grandes cathédrales françaises.

*Il acheta à Constantinople les instruments de la passion du Christ, d'abord la couronne d'épines puis le reste et c'est pour eux qu'il fit construire la Sainte Chapelle de Paris à partir de 1242.

*Il épousa Marguerite de Provence, fille de Raymond Béranger comte de Provence et de Béatrice de Savoie (voir note N°5 http://jean.delisle.over-blog.com/article-beatrice-de-savoie-55880926.html).

Le mariage fut célébré le 27 mai 1234 en la cathédrale Saint Étienne de Sens (Yonne) par Guillaume de Savoie évêque de Valence et oncle de Marguerite. Elle fut couronnée reine de France dès le lendemain.

*Il participa à la septième croisade puis à la huitième.

*A la septième croisade, Louis IX embarqua d'Aigues-Mortes le 25 août 1248, guerroya en Egypte où il fut fait prisonnier le 7 avril 1250. Sa femme prit le commandement de l'armée et parvint à réunir la rançon demandée par les musulmans. Louis fut libéré et se rendit en terre sainte avec le reste de son armée. Il réorganisa le domaine chrétien au Proche-Orient, faisant particulièrement renforcer les défenses des places fortes. Il embarqua de Saint Jean d'Acre pour la France le 24 avril 1254. Pendant ces 6 années d'absence, en France ce fut Blanche de Castille qui assura encore la régence.

*Pour la huitième croisade, Louis IX partit encore d'Aigues-Mortes en mai 1270, débarqua près de Tunis le 15 juillet 1270, s'empara de la ville de Carthage le 24 juillet 1270 et mourut de maladie (la peste) sur le site de Carthage le 25 août 1270.

Louis IX fut canonisé par l’Église en août 1297.

L'inhumation et la canonisation de Saint Louis mériteraient d'en écrire un gros roman !

Son fils (1245/1285) devint roi de France sous le nom de Philippe III. Il fut en conflit avec son oncle, Charles d'Anjou (1227/1285) qui fut roi de Naples et de Sicile pour l'inhumation de Louis IX, que Philippe voulait ramener en France et Charles en Sicile. Finalement Charles eut les entrailles et le reste du corps fut disséqué et bouilli pour enlever les chairs. Le reste du squelette fut ramené en France via la Sicile et l'Italie. Il arriva à Paris le 21 mai 1271 et fut inhumé à Saint Denis le 22 mai. Plusieurs tombeaux se succédèrent. Le dernier en or de 1298 disparut vers 1420 récupéré et fondu par les Anglais lors de la guerre de Cent Ans. Entre temps, des morceaux d'os de Saint Louis avaient été donnés à de nombreux souverains d'Europe.

Quant à la canonisation, entre le décès de Louis IX en 1270 et la canonisation 27 ans plus tard, 10 papes se succédèrent, chacun voulant reprendre le dossier !

2-Carthage :

Selon les fouilles archéologiques et les datations au carbone 14, la cité de Carthage fut fondée en l'an 814 avant notre ère, par les Phéniciens de la cité de Tyr, c'est-à-dire une soixantaine d'années avant Rome. Voir « Carthage » de Serge Lancel Fayard 1992. Cette date ne correspond pas avec celle issue des légendes (Enéide de Virgile…).

Aujourd'hui la ville est située sur le golfe de Tunis dans la banlieue nord-est de Tunis. A noter que l'antique Utique (ça rime) avait été fondée par les Phéniciens sur le golfe de Tunis à une trentaine de kms au nord de Carthage, mais environ 3 siècles avant Carthage.

Très vite, Carthage devint la principale cité phénicienne en Méditerranée occidentale, tandis que Rome prospérait de l'autre côté de la mer. Inévitablement les 2 cités entrèrent en conflit : ce furent les guerres « puniques » de -264 à -146 date de la destruction de Carthage par les Romains.

Plusieurs notes de ce blog sont déjà consacrées aux guerres puniques et à Carthage, voir spécialement la note N°18 http://jean.delisle.over-blog.com/article-hannibal-1-texte-59402856.html et ses annexes et la note N°224 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/02/la-reine-didon-n-224.html

La reconstruction d'une ville (romaine) sur l'ancien site de Carthage se fit sous le règne d'Auguste (de -27 à +14).

A partir de la christianisation de l'empire romain (édit de Milan en 313), la Tunisie devint un important centre de la chrétienté notamment sous l'influence de Saint Augustin (354/430), un des « pères de l'Eglise » qui fut évêque d'Hippone (Annaba au nord-est de l'Algérie).

Les Vandales s'emparèrent de la ville romaine de Carthage en l'an 439, les Byzantins la reprirent en 534 et les Arabes s'emparèrent de la Tunisie entre les années 647 et 670. Les Ottomans s'imposèrent à partir de 1574 et les Tunisiens s'affranchirent des Ottomans en 1612 sous la direction de Mourad Bey.

Lors d'un congrès tenu à Berlin en 1878, Allemands et Anglais donnèrent leur feu vert à la France pour annexer la Tunisie et ce au détriment du nouveau royaume d'Italie qui avait des visées sur ce pays. L'annexion par la France fut effective en 1881.

Des soulèvements pour l'indépendance commencèrent en 1952. Par accords des 3 juin 1955 et 20 mars 1956, la France concéda l'indépendance à la Tunisie mais en conservant la base de Bizerte (sur la Méditerranée, au nord de la Tunisie) qui fut finalement rétrocédée à la Tunisie le 15 octobre 1963.

3-Saint Louis à Carthage :

3a-la chapelle Saint Louis :

Le 8 août 1830, Hussein II bey de Tunis faisait don au roi de France Charles X du terrain situé à Carthage sur la colline de Byrsa où était décédé Saint Louis.
En fait, Charles X venait d'être renversé par la révolution des 27 au 29 juillet 1830 (les Trois Glorieuses). Louis-Philippe prit le relais. La première pierre d'une chapelle dédiée à Saint Louis fut posée le 25 août 1840. Cette chapelle fut construite sur le modèle de la chapelle royale de Dreux (au nord de l'Eure-et-Loir). Cette chapelle terminée en 1845 fut détruite en 195
0.

3b-la cathédrale Saint Louis :

Sur la même colline de Byrsa et proche de la chapelle, une cathédrale dédiée à Saint Louis fut mise en chantier en 1884, année où le cardinal Charles Lavigerie fut nommée archevêque de Carthage. Cette cathédrale Saint Louis fut consacrée le 15 mai 1890. Lavigerie fondateur de l'ordre des « pères blancs » fit construire en annexes de la cathédrale des locaux pour l'ordre des pères blancs qui y organisèrent un musée Saint louis qui regroupait nombre d'antiquités découvertes dans les parages. L'ensemble fut cédé à la Tunisie en 1964.

Depuis, la cathédrale a été transformée en édifice culturel pour expositions etc et dénommé « Acropolium » en 1993. les locaux des pères blancs sont eux devenus le musée national de carthage.

3c-la statue de Saint Louis :

Une statue de Saint Louis, réplique de celle figurant à Saint Denis fut envoyée à Carthage par le roi Louis-Philippe et fut mise en place le 11 août 1841. Elle figure dans les jardins du musée national de Carthage.

On trouvera en illustration, des représentations de la chapelle en 1888, de la cathédrale et de la statue, empruntées sur le net.

J.D. 8 septembre 2016

chapelle, statue et cathédrale Saint Louis à Carthage
chapelle, statue et cathédrale Saint Louis à Carthage
chapelle, statue et cathédrale Saint Louis à Carthage

chapelle, statue et cathédrale Saint Louis à Carthage

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 20:40

*On peut borner de l'an 481 à l'an 751 le règne des Mérovingiens qui constituent la première dynastie royale française. Voir note N°247 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/07/les-merovingiens-n-247.html

*Viennent ensuite les Carolingiens qui, sur une partie ou la partie appelée aujourd'hui « France », régnèrent de l'an 751 à l'an 987. Voir note N°248 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/07/charles-le-gros-n-248.html

*Ces premières dynasties consacrèrent beaucoup d'énergie à combattre l'invasion musulmane et à empêcher l'islamisation de la France. Dans ceux, qui à l'époque sauvèrent la France de l'islam, notons surtout : Charles Martel, Pépin le Bref et Charlemagne.

*La dynastie suivante (les Capétiens) luttèrent aussi contre l'islam spécialement en participant aux croisades.

I) Rappel sur les dynasties françaises :

_les Mérovingiens commencent en 481 avec le règne de Clovis et se terminent avec Childéric III. Le roi Clovis et Charles Martel maire du Palais furent les principales figures de cette dynastie.

-les Carolingiens débutent avec le sacre de Pépin le Bref en 751 et finissent en 987 avec la mort du roi Louis V. Charlemagne, roi, puis empereur, est le personnage phare des Carolingiens.

-les Capétiens ont leur origine dans le sacre d'Hugues Capet en 987 et se terminent en 1328 après le règne de Charles IV le Bel. Tirant les leçons de l'instabilité dûe aux partages des royaumes à chaque décès, les capétiens adoptèrent le droit d'aînesse. Les fils qui ne régnaient pas, reçurent un « apanage » (territoire en propre) mais avec obligation de « serment de vassalité » vis-à-vis du souverain en titre. Outre Hugues Capet, les principaux souverains de cette dynastie sont : Philippe Auguste mort en 1223, Louis IX (Saint Louis) décédé en 1270 et Philippe IV le Bel mort en 1311

-les Capétiens se prolongent par les Valois à partir du sacre de Philippe VI de Valois en 1328 jusqu'à la mort d'Henri III en 1589. Les plus célèbres représentants de cette branche sont Louis XI mort en 1483, Louis XII décédé le 1er janvier 1515, François 1er mort en 1547, Henri II décédé en 1559, sans oublier Catherine de Médicis décédée en 1589.

-puis viennent les Bourbons à partir du sacre de Henri IV en 1589 jusqu'à la chute de Charles X en 1830, mais avec l'interruption de la Révolution et du premier empire. Nous avons dans cette dynastie en plus d'Henri IV tous les Louis de Louis XIII à Louis XVIII sans oublier tous les grands serviteurs de la royauté (Richelieu, Colbert, Vauban, Mazarin etc etc)

-enfin la royauté française se termine avec la branche Bourbon-Orléans et un seul représentant : Louis-Philippe roi de 1830 à 1848.

II) Rappel sur les causes des croisades :

*Tout d'abord, il ne faut pas confondre les croisades stricto sensu, qui peuvent être bornées de l'an 1095 à l'an 1291, et les luttes plus globales contre l'islamisation de l'Europe commencées dès le début du huitième siècle et qui vont de la Reconquista en Espagne (achevée le 2 janvier 1492 par la prise de Grenade), jusqu'à la bataille de Navarin le 20 octobre 1827 en passant par toutes les batailles pour chasser les musulmans de l'Est de l'Europe, par la bataille de Lépante (7 octobre 1571), la lutte contre les barbaresques etc etc etc. Au total les nations européennes auront mené plus de 1.000 ans de guerres pour empêcher l'islamisation du continent. Cela peut expliquer aussi l'acharnement de certain(e)s à réduire au maximum l'enseignement de l'Histoire dans les programmes scolaires !

*Pour en revenir aux croisades, selon les croyances chrétiennes, Jésus fut crucifié à Jérusalem (sur le Golgotha) puis inhumé dans le tombeau de Joseph d'Arimathie. (vers l'an 30) près du lieu de la crucifixion.

*En 63 avant notre ère, Pompée s'était emparé de Jérusalem pour le compte des Romains. Mais en 70 (au premier siècle de notre ère), suite à une révolte des Juifs, Titus avait détruit la ville.

*Au siècle suivant, vers l'an 130 l'empereur Hadrien décide de faire reconstruire Jérusalem et à l'emplacement du saint Sépulcre, il fait construire un temple dédié à Vénus.

*Puis vers l'an 325, l'empereur Constantin qui était devenu chrétien et qui transféra, en 330, sa capitale à Byzance (qui prendra le nom de Constantinople) décide de faire rechercher les lieux de la mort du Christ et de son tombeau. Les lieux sont retrouvés sur indication de Macaire évêque de Jérusalem. C'est d'ailleurs dans le même temps que Hélène mère de Constantin retrouve la croix supposée de la crucifixion de Jésus. Constantin fait élever une basilique sur ces lieux qui prend d'abord le nom de Constantin puis du Saint Sépulcre.

*Cette basilique est détruite par les Perses en 614, reconstruite par l'empereur byzantin Héraclius en 630.

*Mahomet meurt le 7 juin 632. Les Musulmans sous le califat d'Omar (un des beaux-pères de Mahomet) s'emparent de Jérusalem en 638. Sur l'emplacement du temple de Salomon, les Arabes mettent en chantier en 690 le dôme du Rocher puis en 705 la mosquée Al-Aqsa.

*Les Arabes laissent les chrétiens venir en pèlerinage à Jérusalem.

La basilique du Saint Sépulcre subit des dégâts dûs à un tremblement de terre en 746 et à des incendies en 841 et 938, mais à chaque fois les dégâts sont réparés.

*Les Egyptiens déjà musulmans (l'Egypte avait été conquise et islamisée par les Arabes dès l'an 642). s'emparent de Jérusalem en l'an 969

*en 1009, le calife du Caire Al-Hakim fait détruire de nombreux monuments chrétiens dont le monastère Sainte Catherine dans le Sinaï et la basilique du saint Sépulcre à Jérusalem.

*En 1027, l'empereur byzantin Michel IV parvient à un accord avec le calife Al-Mustansir-Billah et fait reconstruire la basilique du Saint Sépulcre qui est achevée en 1048.

*En 1071, les Turcs Seldjoukides s'emparent de Jérusalem et en interdisent l'accès aux chrétiens. D'origine turque, les Seldjoukides doivent leur nom à un chef nommé Seldjouk. Ils s'étaient emparés d'un vaste territoire comprenant l'Iran et l'Irak d'aujourd'hui. Leur capitale était dans l'actuelle ville de Téhéran et ils parlaient le persan.

*Cette interdiction ajoutée à la destruction de l'an 1009 déclencha les croisades pour libérer les lieux Saints, d'autant que cela se passait dans un contexte de conquêtes militaires musulmanes continues depuis le septième siècle.

III)Jérusalem ville sainte :

On n'entend souvent dire (ou voir écrit) que Jérusalem est une ville sainte « pour les trois religions monothéistes ». Ceux qui disent cela ne connaissent pas l'islam !

Car pour les musulmans, les chrétiens sont des « impies », des « associateurs », des « incrédules » et des « polythéistes » (Coran versets 72 et 73 sourate V) car ils associent le Fils et le Saint Esprit à Dieu (au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit).

Hélas, la plupart des gens que l'on appelle les Occidentaux ne connaissent pas le Coran et encore moins la Sunna ou la loi musulmane, mais ils sont néanmoins persuadés de savoir ce qu'est l'islam.

IIIA pour les Juifs :

La Bible hébraïque correspond strictement à l'ancien testament de la Bible chrétienne dont les 5 premiers livres sont appelés « pentateuque » par les chrétiens et « torah » par les Juifs.

Selon l'ancien testament ou la bible hébraïque, c'est David qui conquit Jérusalem vers l'an 1.000 avant notre ère et en fit la capitale des Hébreux. Toujours selon les mêmes sources, c'est sur l'emplacement désigné par Dieu que Salomon fit construire le temple destiné à recevoir l'arche d'alliance. On comprend donc que Jérusalem soit une ville sainte pour les Juifs. Voir plus de détails sur mon blog, note N°6 http://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-d-israel-55889409.html

IIIB pour les Chrétiens :

Pour les chrétiens, Jésus est fils de Dieu, pour les musulmans il est seulement un prophète, inférieur à Mahomet cela va de soi, et pour les Juifs, il est un simple citoyen.

Selon les évangiles, Jésus fit plusieurs séjours à Jérusalem (présentation au temple...), y fut condamné, crucifié, enseveli, et y ressuscita. Jérusalem est donc pour toutes ces raisons aussi une ville sainte pour les chrétiens.

IIIC pour les Musulmans :

Mahomet étant encore à La Mecque (donc avant 622) raconta à ses disciples alors peu nombreux, qu'une nuit il fut réveillé par l'ange Gabriel (Jibril pour les musulmans) qui le fit monter sur une monture nommée Albouraq. Cette monture conduisit Mahomet à Jérusalem, puis de là au ciel où Mahomet rencontra Dieu, puis la monture le ramena à La Mecque durant la même nuit. Cette histoire est racontée dans la biographie la plus ancienne qui existe sur Mahomet, celle d'Ibn 'Ishâq (mort en l'an 768) dont le texte fut recopié par Ibn Hichâm (mort en l'an 834). Une édition en langue française fut imprimée en juin 2001 à Beyrouth et diffusée en France par la librairie de l'Orient (18 rue des Fossés Saint Bernard à Paris 5e).

Cela est en outre repris dans le Coran à la sourate XVII intitulée : « le voyage nocturne ». Cette sourate commence ainsi :

« Gloire à Celui qui a fait voyager de nuit son serviteur

de la Mosquée sacrée à la Mosquée très éloignée... »

« Celui » désigne Dieu et pour les Musulmans, la « Mosquée sacrée » désigne La Mecque et la « Mosquée éloignée » Jérusalem. Au temps de Mahomet, il n'y avait pas de mosquée à Jérusalem et les textes ne disent pas pourquoi pour aller de La Mecque au ciel, Mahomet dut passer par Jérusalem située à 1.500 kms de La Mecque.

Le verset 9 de la sourate LIII précise que lorsque Mahomet rencontra Dieu, celui-ci se tenait « à une distance de deux portées d'arc ou moins encore ».

Toujours est-il que cela justifie que les Musulmans fassent de Jérusalem une ville sacrée pour eux, mais elle fut possédée par les Hébreux plus de 1.600 ans avant que les Musulmans n'y mettent les pieds.

Mosquée Al-Aqsa, nom donné à celle construite au début du huitième siècle, à l'emplacement du temple de Salomon, veut dire « mosquée éloignée ».

IV les croisades :

C'est le 27 novembre 1095, à l'occasion du concile de Clermont que le pape Urbain II prêcha la première croisade pour aller « libérer les lieux saints ».

Il y eut en tout une dizaine de croisades avec à boire et à manger c'est-à-dire le meilleur et le pire (pillages, massacres...).

La première croisade s'empara de Jérusalem le 15 juillet 1099 et les croisés fondèrent un royaume latin d'Orient. Mais la ville fut reprise par Saladin le 2 octobre 1187 et la chute, le 18 mai 1291, de Saint Jean d'Acre, dernier bastion chrétien, mit fin aux croisades.

Il y avait eut beaucoup de divisions entre les Byzantins et les autres et même entre les autres et les musulmans restèrent maîtres du terrain.

Parmi les rois de France, Louis VII participa à la seconde croisade (de 1147 à 1149), Philippe Auguste à la troisième (de 1189 à 1192) et Louis IX (saint Louis) aux huitième et neuvième croisades et il mourut à Carthage le 25 août 1270.

A travers l'histoire de la société humaine il y eut toujours des guerres pour de multiples raisons (ou prétextes). Mais j'ai l'impression depuis une vingtaine d'années qu'il existe des constantes au delà des péripéties passagères ou locales.

Ainsi il me semble qu'il existe un antagonisme qui resurgit régulièrement entre l'Orient et l'Occident, de la guerre de Troie à la situation actuelle en passant par les guerres médiques, les guerres puniques, les guerres des Romains puis des Byzantins contre les Perses, les croisades...

Au cinquième siècle avant notre ère, Socrate, rapporté par Platon (dans « La République ») déclare déjà que les guerres qui opposent Orient et Occident sont de nature différente aux guerres internes à chaque camp.

J.D. 1er août 2015

Saint Louis à Damiette Egypte en 1248, VIIe croisade, source Larousse

Saint Louis à Damiette Egypte en 1248, VIIe croisade, source Larousse

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 15:57

En 1078, les Turcs musulmans seldjoukides de Malik Shah 1er, s'emparèrent de Jérusalem, que les Arabes musulmans avaient conquise en 638 (6 ans après la mort de Mahomet). Mais les Arabes avaient toujours laissé aux chrétiens le libre accès aux « lieux saints », tandis que les Turcs, en prenant la ville de Jérusalem, massacrèrent la population, en grande partie musulmane, (au nom de Dieu, cela va de soi) et interdirent l'accès de la ville aux chrétiens.

La même année, les Turcs s'emparèrent de Nicée (aujourd'hui Iznik), ville située près de la mer de Marmara, sur la rive sud et presqu'en face de Constantinople. C'était une grave menace pour l'empire byzantin chrétien ou empire romain d'orient. L'empereur byzantin Alexis 1er Commène fit appel aux Européens.

En 1095, le pape Urbain II convoqua un concile à Clermont (qui ne deviendra Clermont-Ferrand par fusion qu'en 1630) et le 27 novembre 1095, le pape lança un appel à la croisade en vue de retrouver le libre accès aux lieux saints (en outre le saint Sépulcre avait été détruit par les musulmans en 1009) et aussi pour défendre l'empire byzantin. L'appel du pape fut repris par de nombreux prédicateurs dont le plus célèbre est Pierre l'Hermite. Ils prêchaient la croisade parce que « Deus lo volt » (Dieu le veut).

Des groupes se constituèrent un peu dans toute l'Europe et convergèrent vers Jérusalem. Cela fut appelé la première croisade, en fait il y en eut plusieurs dans la même. Chemin faisant certains groupes se livrèrent à des pillages et même à des massacres notamment de communautés juives, toujours au nom de Dieu !

A Paris, le 8 novembre 1793, Manon Roland sur l'échafaud s'écria : « Ô liberté que de crimes on commet en ton nom ! » Mais ce n'est rien dans l'histoire de l'espèce humaine au regard de tous les massacres qui se firent et qui se font encore au nom de Dieu !

Enfin, le 15 juillet 1099, la ville de Jérusalem était prise et un royaume chrétien de Jérusalem se constitua. Godefroy de Bouillon (duc de Basse-Lotharingie, et descendant de Charlemagne), un des principaux chefs de la croisade, ne voulant pas d'un titre de roi, c'est son frère , Baudoin, qui le devint. On sait qu'il y eut conquêtes et reconquêtes successives. Jérusalem fut reprise par Saladin le 2 octobre 1187 et Saint Jean d'Acre, dernier bastion chrétien en terre sainte, retomba entre les mains des musulmans le 18 mai 1291. Cela mit fin à l'ère des croisades.

Sans entrer dans l'histoire des neuf croisades (et même 10, puisqu'il y eut en 1239 une croisade qui ne fut pas numérotée, comme elle se situe entre la sixième et la septième, on pourrait l'appeler la six bis), voici quelle fut la participation des Comtes de Savoie aux croisades, avec comme principale source Samuel Guichenon dans « Histoire généalogique de la royale Maison de Savoie », texte de 1660 :

*Humbert II dit Le Renforcé fut le sixième comte de Savoie de 1094 à son décès en 1103. Il participa à la première croisade.

*Amédée III septième comte de Savoie de 1103 à son décès en 1148, participa d'abord en mai 1104 à une expédition génoise pour libérer Saint Jean d'Acre, puis à la seconde croisade qui eut lieu de 1147 à 1149. Amédée III mourut à Chypre le 30 août 1148. Selon Guichenon, c'est à la suite de cette seconde croisade, que la Maison de Savoie, remplaça dans son blason, l'aigle par la croix blanche qui était le symbole des Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem.

*Thomas 1er neuvième comte de Savoie de 1189 à son décès en 1233. Participa avec de nombreux membres de la noblesse savoyarde à la quatrième croisade qui se déroula de 1202 à 1204 et qui fut prêchée par le pape Innocent III. L'objectif était Jérusalem, mais la croisade fut détournée de son objectif initial au profit des Vénitiens, au temps du doge Enrico Dandolo, et au lieu de prendre Jérusalem, les croisés s'emparèrent de Constantinople, ville chrétienne, capitale de l'empire byzantin, les 12/13 avril 1204. Ils pillèrent la ville durant 3 jours, détruisant un important patrimoine de l'humanité (écrits et sculptures antiques...) sans oublier des massacres et établirent un empire latin de Constantinople. On trouve encore des traces de ce pillage par exemple à Venise avec les lions à l'entrée de l'arsenal ou avec les 4 chevaux de bronze qui se trouvent sur la balustrade au dessus du portail central de la basilique Saint Marc (il s'agit de copies, les originaux étant conservés à l'abri dans la galerie de Saint Marc). Les Byzantins reprirent la ville en 1261, ce qui mit fin à cet empire latin.

Parmi les membres de la noblesse savoyarde, il y avait Pierre de Seyssel, marquis d'Aix. Il rapporta à Aix un morceau de la Sainte Croix. Il s'agissait de la croix qu'Hélène la mère de l'empereur Constantin avait retrouvée à Jérusalem en 326, en faisant effectuer des fouilles dans la grotte du tombeau du Christ au dessus de laquelle l'empereur Hadrien avait fait élever un temple dédié à Vénus.

Arrivé à Aix, probablement en 1205, ce morceau supposé de la vraie croix fut placé dans un reliquaire et vénéré dans une église qui se trouvait sur l'actuelle place Maurice Mollard. Cette église appelée de Sainte Marie avait pris la place d'un monument romain. L'église changea de nom pour s'appeler église Sainte Croix à partir de 1205. La présence de la relique amena à Aix de nombreux pèlerinages dont le plus célèbre reste celui de Saint François-de-Sales en 1594.

Officiellement la relique de la Sainte Croix fut remise le 29 ventôse an II (19 mars 1794) avec tous les objets de piété au directoire du district révolutionnaire de Chambéry (voir sur mon blog la note intitulée « La Révolution française et la Savoie») http://jean.delisle.over-blog.com/article-la-revolution-francaise-et-la-savoie-109795056.html). Dans « L'Histoire d'Aix-les-Bains », Jules de Mouxy de Loche explique en 1898, que la relique de la croix avait été cachée par la famille Despine et restituée par un baron Despine à l'église d'Aix après le rétablissement du culte. Monseigneur Bigex évêque de Chambéry en reconnut l'authenticité lors d'une visite qu'il fit à Aix le 1er mai 1826 (voir dans la réédition du livre de Jules de Mouxy de Loche de 1978 chez Laffitte Reprints à Marseille, tome 1 pages 551 et suivantes). L'église Sainte Croix fut démolie au début du XXe siècle après l'inauguration de la nouvelle église Notre Dame. Des vitraux, statues et reliques furent transportés dans la nouvelle église, mais on ne parla plus de la sainte Croix, il semble que les reliques n'aient plus le vent en poupe.

La fin des croisades ne mit pas fin pour autant aux guerres entre Orient et Occident, entre monde musulman et monde chrétien. On peut penser que cela se situe dans un cadre historique plus vaste, dans une lutte millénaire entre Orient et Occident allant de la guerre de Troie à la situation actuelle et passant par les guerres médiques, les guerres puniques, les croisades etc. Quant aux musulmans, depuis le tout début du huitième siècle, c'est-à-dire depuis treize siècles, ils ont l'idée fixe d'envahir l'Europe pour l'islamiser (l'invasion musulmane de l'Europe par l'Espagne commença dès l'an 711). La Maison de Savoie prit amplement sa part dans la défense de l'Europe chrétienne :

*Amédée V, quatorzième comte de Savoie de 1285 à 1323. En 1315, sa flotte délivra Rhodes assiégée par les Ottomans. C'est à la suite de cette expédition que F.E.R.T. (Fortitudo ejus Rhodum tenuit : son courage a sauvé Rhodes) devint la devise de la Maison de Savoie (voir Alexandre Dumas « La Royale Maison de Savoie », éditions La Fontaine de Siloé 1998, tome 1 page 8).

*Amédée VI dit le Comte Verd (avec un « d » selon l'orthographe en usage au temps du Comte), dix-septième comte de Savoie de 1343 à son décès en 1383. En 1366, le Comte Verd alla porté secours à son cousin l'empereur byzantin Jean V Paléologue qui avait été attaqué par les Turcs et les Bulgares et qui était retenu prisonnier en Bulgarie. La victoire d'Amédée VI sur les Turcs à Gallipoli avait assuré provisoirement la survie de l'empire byzantin. Après avoir vaincu les Turcs, le comte Verd envahit la Bulgarie, s'empara de plusieurs villes et assiégea Varna. Le roi de Bulgarie accepta alors de libérer Jean V Paléologue qui put reprendre son trône à Constantinople. Les Bulgares durent regretter leur alliance avec les Turcs car en 1396, ils furent envahis par les Ottomans et ne retrouvèrent leur indépendance qu'en 1878 soit 5 siècles plus tard.

*En 1396, Humbert le Bâtard (fils d'Amédée VII, le comte Rouge, et de Françoise Arnaud de Bourg-en-Bresse) participe avec 70 chevaliers savoyards à une croisade organisée par Sigismond roi de Hongrie. Ils furent fait prisonniers à Nicopolis (dans l'actuelle Bulgarie) par le sultan Bajazet. Ils ne furent libérés contre rançon qu'en 1402 et parce que Bajazet avait lui-même été vaincu par Tamerlan (venu d'Ouzbékistan et qui avait sa capitale à Samarcande).

*Emmanuel-Philibert dit Tête de Fer, dixième duc de Savoie de 1553 à 1580. En 1571, trois galères de la flotte d'Emmanuel-Philibert, parties de Nice et commandées par l'amiral André Provana de Leyni, participèrent à la bataille navale de Lépante le 7 octobre 1571, bataille au cours de laquelle les Ottomans perdirent 240 navires et 30.000 hommes.

*Prince Eugène de Savoie-Carignan, petit fils de Charles-Emmanuel onzième duc de Savoie. Le prince Eugène s'était mis au service de la Maison d'Autriche. Il fut nommé Feld-maréchal en 1687 puis Feld-maréchal général en 1693. Il fut principalement chargé d'arrêter l'invasion musulmane de l'Europe par l'Est. Il infligea aux armées ottomanes de terribles défaites au terme de victoires à Zenta en Serbie le 11 septembre 1697, à Petrovaradin en Serbie le 5 août 1716, à Timisoara en Roumanie en août 1716 ou à Belgrade en Serbie, le 22 août 1717.

J.D. 8 octobre 2012, mise à jour le 11 novembre 2014

 

Liens entre l'empire byzantin et la Maison de Savoie au quatorzième siècle

Liens entre l'empire byzantin et la Maison de Savoie au quatorzième siècle

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