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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 19:18

Le Moyen-Age connut une triste fin (voir note N°203 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/11/la-triste-fin-du-moyen-age-n-203.html)

Pendant que la peste sévissait (épidémies régulières dont la peste noire à partir de 1348), que Français et Anglais s'étripaient (guerre de Cent Ans de 1337 à 1453), qu'Armagnacs et Bourguignons faisaient de même (la guerre à l'intérieur de la guerre de Cent Ans), que Philippe IV le Bel faisait arrêter le pape Boniface VIII le 8 septembre 1303 à Anagni (à 60 kms au sud-est de Rome), puis les Templiers (en octobre 1307) ; les Ottomans poursuivaient leurs offensives contre l'Empire byzantin (prise de Constantinople le 29 mai 1453).

Les États chrétiens et l’Église catholique se déchiraient. Après la guerre entre les Guelfes (partisans du pape) et les Gibelins (partisans du Saint Empire) ; il y eut le Grand Schisme, avec des papes à Rome et d'autres ailleurs en même temps. Récapitulation sur le tableau ci-après des papes et anti-papes de 1305 à 1455:

Clément V (5.6.1305/ 20.4.1314) en Avignon

Jean XXII (7.8.1316/4.12.1334) en Avignon

Nicolas V (12.5.1328/25.8.1330) à Rome

Benoit XII (20.12.1334/25.4.1342) en Avignon

Clément VI (7.5.1342/6.12.1352) en Avignon

Innocent VI (18.12.1352/12.9.1362) en Avignon

Urbain V (28.9.1362/19.12.1370) en Avignon

Grégoire XI (30.12.1370/27.3.1378) en Avignon

Clément VII (20.9.1378/16.9.1394) en Avignon

Urbain VI (18.4.1378/15.10.1389) à Rome

Benoit XIII (28.9.1394/11.3.1403) en Avignon. Il dut s'enfuir d'Avignon et siégea à Peniscola en Espagne (Catalogne) jusqu'au 23.5.1423

Boniface IX (2.11.1389/1.10.1404) à Rome

Innocent VII (17.10.1404/6.11.1406) à Rome

Grégoire XII (30.11.1406/4.11.1415) à Rome

Alexandre V, élu à Pise (26.6.1409/3.5.1410)

Jean XXIII,élu à Bologne (17.5.1410/28.5.1415)

Martin V (1.11.1417/20.2.1431) à Rome

Clément VII à Peniscola(10.6.1423/26.7.1429)

Eugene IV (3.4.1431/23.2.1447) à Rome puis à Florence de 1432 a 1441

Nicolas V (6.3.1447/24.3.1455) à Rome

Félix V élu à Bâle (5.11.1439/7.4.1449) siégea à Bâle puis à Lausanne.

Voir sous forme de tableau en annexe

Pour résoudre tous ces problèmes, il y eut une suite de conciles :

*Concile de Pise :

Ce concile commença en mars 1409 et se termina le 7 août de la même année. Y participèrent 14 cardinaux partisans du pape de Rome et 10 du pape d'Avignon ( le Vatican possédait le Comtat Venaissin et par conséquent Avignon depuis 1274), outre de nombreux évêques. Ce concile déposa les 2 papes en place : celui d'Avignon (Benoit XIII qui avait le soutien de l'Espagne, du Portugal, de la France et de l'Ecosse) et celui de Rome (Grégoire XII soutenu par les Etats italiens et ceux du Saint Empire) et procéda à l'élection d'un nouveau pape (Alexandre V archevêque de Milan) qui s'installa à Bologne. Alexandre V mourut le 3 mai 1410. Des cardinaux réunis à Bologne élurent, pour le remplacer un nouveau pape qui régna sous le nom de Jean XXIII jusqu'au 29 mai 1415.

Mais les 2 papes démis se maintenant, l’Église se retrouva avec 3 papes ou selon la doctrine de l’Église, avec 1 pape et 2 anti-papes.

*Concile de Constance :

Il s'ouvrit le 5 novembre 1414 pour se terminer le 22 avril 1418. Sigismond empereur germanique imposa un vote par nation et non par prélat pour retirer la majorité aux Italiens.

Le 11 novembre 1417, le Concile élut un nouveau pape : Martin V (cardinal à Rome, pour Sigismond , c'était raté) qui fit une entrée triomphale à Rome, en tant que pape, seulement le 22 septembre 1420. Il mourut le 20 février 1431.

*Concile de Pavie :

Il s'ouvrit en mai 1423 mais fut interrompu le 22 juin de la même année pour cause de peste dans la région.

*Concile de Sienne :

Il prit le relais du concile de Pavie le 22 août 1423 et se termina le 26 janvier 1424 sans avoir pris de grandes décisions

*Concile de Bâle :

Il débuta le 23 juillet 1431 dans la cathédrale de Bâle et se termina fin 1449. Très vite, ce concile entra en conflit avec le pape en voulant affirmer la primauté du concile sur le pape. Ce pape, Eugène IV (originaire de Venise, neveu du pape Grégoire XII, cardinal depuis 1426, élu à Rome le 3 mars 1431) promulgua 2 bulles de dissolution du concile : le 12 novembre 1431 puis le 11 février 1432. Mais les prélats qui participaient au concile, au moins pour nombre d'entre-eux, poursuivirent leurs travaux. Une émeute à Rome obligea Eugène IV à s'installer à Florence durant 9 années (1432/1441).

En réponse à l'hostilité du Pape, le concile de Bâle le déclara « hérétique » en juin 1438. En réponse à cette réponse, le pape excommunia le 4 septembre 1439, tous les participants à ce concile. Dès le 5 novembre 1439, le concile de Bâle élisait un nouveau pape : le duc de Savoie Amédée VIII qui devint pape sous le nom de Félix V ; en notant cependant qu'il est classé « anti-pape » dans la nomenclature officielle de l’Église catholique qui recense 36 « anti-papes » malgré qu'ils aient été tous élus par une assemblée de prélats.

*Conciles de Ferrare et de Florence :

Pour contrer le concile de Bâle qui lui était hostile, le pape Eugène IV convoqua un concile qui s'ouvrit à Ferrare (Ferrara en italien) le 8 janvier 1438, mais se transporta à Florence pour cause d'épidémie de peste. Le concile reprit à Florence à compter du 16 janvier 1439, alors que durant le même temps d'autres cardinaux et évêques poursuivaient leur concile et leurs conciliabules à Bâle.

A ces conciles (Ferrare et Florence), Eugène IV tenta de réunir les Églises catholique et orthodoxe dont la séparation avait commencé en 1054 et s'était confirmée en 1204 lors de la prise de Constantinople par l'armée de la quatrième croisade. Un décret de réunification des Églises fut signé le 5 juillet 1439 dans la cathédrale de Florence (Santa Maria dei Fiori) par le pape Eugène IV et par l'empereur byzantin Jean VIII Paléologue. Ce décret de réunification fut proclamé dans la cathédrale Sainte Sophie de Constantinople le 12 décembre 1452. Mais 6 mois plus tard, Constantinople tombait aux mains des Ottomans musulmans et devenait Istanbul, mettant fin à plus d'un millénaire d'histoire de l'Empire romain d'Orient ou Empire byzantin. Ce fut l’Église russe qui dirigea le monde orthodoxe à la place de Byzance ; or cette Église n'avait pas reconnu le décret de réunification ; il devint, de fait, lettre morte.

Les relations entre l’Église catholique et l'islam avait été l'un des thèmes d'études du concile de Bâle. La plupart des prélats préconisaient un « dialogue constructif » avec l'islam. Cependant à ce concile, Jean Germain évêque de Nevers, probablement plus au fait de l'islam que ses collègues déclara : « la méthode pacifiste avec les musulmans est difficile, inutile, risquée et scandaleuse ».

Ajoutons encore, sur le concile de Bâle, que Nicolas V dernier pape de cette période de schisme, donna le duché de Savoie à la France par bulle du 12 décembre 1447 et ce bien sûr pour faire de la France une alliée face aux prélats réunis à Bâle. Cela n'eut pas de suite.

Félix V :

Amédée naquit à Chambéry le 4 septembre 1383. Il devint le 19e et dernier comte de Savoie sous le nom d'Amédée VIII à la mort de son père (Amédée VII dit le comte rouge) le 1er novembre 1391.

Il devint le premier des 15 ducs de Savoie, le 19 février 1416 par la grâce de Sigismond empereur germanique. Il se maria le 27 octobre 1401 avec Marie de Bourgogne petite-fille de Jean le Bon roi de France, décédée le 8 octobre 1422.

Devenant pape, Amédée VIII abdiqua de son titre de duc de Savoie en faveur de son fils Louis le 6 janvier 1440.

C'est le 24 juin 1440 qu'Amédée fit une entrée triomphale à Bâle aux sons des « cloches de Bâle ». Il fut couronné pape à Bâle le 24 juillet 1440. Dans son histoire de « La Maison de Savoie », Marie-José (dernière reine d'Italie) consacre deux tomes entiers à Amédée VIII (édition Albin Michel en 1962) dont une grande partie est consacrée à son activité de pape sous le nom de Félix V. Pour mettre fin à la division de l’Église, Félix V abdiqua le 7 avril 1449. Le pape (Nicolas V) lui conserva un titre de cardinal.

Il régna comme pape d'abord à Bâle puis à Lausanne. Travailleur et organisateur, son action toucha de nombreux domaines et se traduisit par plus de 3.000 bulles aujourd'hui regroupées en huit volumes conservés aux Archives de Turin sous le nom de « Bullaire ». Il en existe une copie aux archives du Vatican.

Au jugement de Marie-José, son pontificat fut exemplaire, mais pour l’Église il fut un anti-pape, cependant il fit probablement beaucoup plus pour la communauté chrétienne que beaucoup d'autres pontifes classés « vrais papes », surtout quand on pense à certains pontifes comme Alexandre VI Borgia !. Comme quoi tout est relatif dans ce bas monde !

J.D. 6 mai 2016

portrait de Félix V publié par Marie-José

portrait de Félix V publié par Marie-José

liste des papes et anti-papes de 1305 à 1455

liste des papes et anti-papes de 1305 à 1455

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 15:27

Ma fille Claire m'a suggéré une note sur la guerre de Cent Ans. La voici

*1-Définition : On appelle « guerre de Cent Ans » la guerre qui opposa les Anglais et les Français entre 1337 et 1453, guerre qui s'étendit donc sur une période de 116 années même si il y eut des périodes de trêves.

première remarque : l'année 1453 est également l'année où les Ottomans musulmans s'emparèrent de Constantinople (le 29 mai), mettant ainsi fin à l'empire romain d'Orient ou empire Byzantin. Les deux événements sont étroitement liés. En effet si les Anglais et les Français au lieu de s'étriper connement durant un siècle s'étaient occupés de ce qui se passait à l'Est.... mais on ne réécrit pas l'Histoire.

Seconde remarque : L'année 1453 sert de borne ou de repère à de nombreux historiens pour fixer la fin de la période appelée « Le Moyen Âge ». Cette période avait commencé avec la fin de l'empire romain d'Occident en l'an 476. Le Moyen Âge va donc de la chute de l'empire romain d'Occident à la chute de l'empire romain d'Orient : facile à retenir. Le Moyen Âge s'étend donc sur presque mille ans de 476 à 1453. Avant le Moyen Âge, c'est la période appelée « l'Antiquité » et après le Moyen Âge c'est la « Renaissance ».

troisième remarque : certains historiens, mais minoritaires, me semble-t-il, datent la fin du Moyen Âge de l'an 1492 (découverte de l'Amérique). Cette date ne me paraît pas du tout pertinente parce qu'à le fin du XVe siècle, la Renaissance dans le domaine des arts a largement commencé spécialement en Italie.

Quatrième remarque : Dans l'Histoire de l'espèce humaine il y eut (hélas) bien d'autres guerres qui durèrent cent ans ou beaucoup plus comme les guerres puniques entre Rome et Carthage (de -264 à -146 soit sur une période de 118 ans), celle entre Rome et les Samnites qui dura près de 3 siècles ou les guerres russo-turques commencées en 1568 et qui s'étendirent sur plus de trois siècles.

Cinquième remarque : Si ce fut une guerre entre l'Angleterre et la France, il faut remarquer que tous les mouvements de troupes, toutes les réquisitions pour les approvisionner, tous les combats, toutes les destructions de récoltes, l'abattage des troupeaux, les massacres, les viols, les pillages et incendies de villes se firent sur le continent et non en Angleterre. Officiellement, la France après bien des défaites, finit par l'emporter, mais en fait notre pays déplora beaucoup plus de victimes et subit beaucoup plus de dégâts que l'Angleterre. Alors où fut le vainqueur ?

*2-Les causes de la guerre de Cent Ans :

Première cause : Il y eut de tous temps des alliances par mariages entre les Cours d'Europe, si bien que tout le monde était en famille avec tout le monde parmi les têtes couronnées. Mais lorsqu'un souverain mourait sans descendance, il y avait plusieurs candidats pour revendiquer le droit à la succession et surtout les territoires qui allaient avec la couronne. Cela entraîna de nombreuses guerres de « successions » comme la guerre de succession de Bretagne de 1341 à 1364, la guerre de succession d'Espagne de 1701 à 1714, la guerre de succession de Pologne de 1733 à 1738, la guerre de succession d'Autriche de 1740 à 1748 etc.

La guerre dite de cent ans est d'abord une guerre de succession même si son nom ne le dit pas. En 1337, Philippe VI était roi de France (il le fut de 1328 à 1350). Il était le fils de Charles de Valois (frère de Philippe le Bel et qui ne fut pas roi) lui-même fils de Philippe III le Hardi qui fut roi de France de 1270 à 1285. En Angleterre régnait Edouard III qui était le fils d'Edouard II et d'Isabelle de France, elle-même fille du roi de France Philippe IV (plus connu sous le nom de Philippe le Bel, roi de France de 1285 à 1314) et petite fille de Philippe III le Hardi.

Philippe le Bel, surtout connu pour avoir fait arrêter les templiers (le 13 octobre 1307) et les avoir fait condamner au bûcher pour récupérer leur fortune, eut 4 enfants avec Jeanne de Navarre : 3 fils et une fille Isabelle. Les 3 fils furent rois de France successivement : Louis X le Hutin de 1314 à 1316, Philippe V de 1316 à 1322 et Charles V de 1322 à 1328. Les trois moururent sans descendance et c'est un de leurs neveux qui devint roi de France sous le nom de Philippe VI. Mais en Angleterre, Edouard III petit-fils de Philippe le Bel par sa mère Isabelle et arrière petit-fils de Philippe III le Hardi se prétendit plus légitime que Philippe VI.

Le 7 octobre 1337, Edouard III roi d'Angleterre revendiqua la couronne de France, le premier novembre de la même année il sommait Philippe VI d'abdiquer de tous ses titres et le 26 janvier 1340, Edouard III se proclama roi de France. Ce fut la guerre.

Pour la petite histoire, Isabelle de France, reine d'Angleterre (et digne fille de son père Philippe le Bel) fit arrêter en 1325 et déposer son mari Edouard II roi d'Angleterre, fit proclamer son fils roi sous le nom d'Edouard III et comme il n'avait que 12 ans se fit nommer régente. Tout cela fait, elle fit exécuter son mari et régna avec son amant Roger Mortimer jusqu'en 1330 date à laquelle le jeune roi put faire arrêter et exécuter Mortimer l'amant de sa mère et récupérer le pouvoir.

Seconde cause : Par le biais des héritages, mariages etc les Anglais étaient devenus maîtres d'une grande partie du territoire français. Philippe Auguste qui fut roi de France de 1180 à 1223 commença à guerroyer contre les Anglais et récupéra ainsi la Normandie, l'Anjou et le Maine et ce grâce à des victoires contre Jean sans Terre, le roi d'Angleterre de l'époque, spécialement à la Roche aux Moines (dans l'actuel Maine-et-Loire) le 2 juillet 1214 et à Bouvines (au sud-est de Lille dans le Nord) le 27 juillet 1214. Philippe le Bel poursuivit la guerre contre les Anglais et récupéra la Gascogne en 1294.

Ce rappel permet de penser que la guerre de Cent Ans ne fut, de fait, qu'un épisode d'une rivalité franco-anglaise commencée au début du XIIIe siècle et qui se termina le 18 juin 1815 dans la morne plaine de Waterloo. Durant toute cette période, les Anglais surent très habilement nouer des alliances sur le continent et susciter moult coalitions contre la France et cela dura 6 siècles !

Lorsque Philippe VI devint roi de France, les Anglais étaient encore maîtres de la Guyenne. Le territoire de cette province varia au fil des batailles et des traités mais pour simplifier la Guyenne correspondait à l'actuelle région Aquitaine avec Bordeaux pour capitale. Edouard III avait le titre de roi d'Angleterre mais aussi de duc de Guyenne. Philippe VI prétendit qu'Edouard III lui devait allégeance en tant que duc de Guyenne, ce que, bien sûr, Edouard III refusa. Ce qui fut la seconde cause de la guerre de Cent Ans.

*3-Un malheur n'arrive jamais seul : Comme si les atrocités de la guerre ne suffisaient pas pour le malheur des gens, la peste venue d'Afrique du Nord débarqua à Marseille début novembre 1347 et de là se répandit à toute l'Europe. C'était la terrible peste noire qui, en cinq ans, fit 25 millions de victimes en Europe, soit entre le tiers et la moitié de la population européenne selon les estimations, mais cela n'arrêta même pas la guerre !

En outre, durant les périodes de trêves, les mercenaires recrutés pour la guerre furent licenciés. Comme il fallait bien qu'ils vivent, ils s'organisèrent en bandes qui prirent le nom de « grandes compagnies » et dévastèrent le pays. Un temps Bertrand Du Guesclin parvint à les neutraliser en les envoyant guerroyer en Espagne mais cela ne dura pas et les ravages causés par ces pillards ajoutèrent aux malheurs du peuple. Comme on le voit , entre la guerre, la peste et le brigandage, le Moyen Âge ne termina pas en apothéose, ce fut une période noire (comme la peste du même nom).

*4-la guerre : je ne vais pas décrire les péripéties de la guerre par le menu. Il y faudrait un livre entier et ce n'est pas le but de ce genre de notes. Rappel quand même pour mémoire de quelques faits importants :

-3 décembre 1339 : alliance anglo-flamande contre la France

-24 juin 1340 : défaite française à la bataille navale de l'Ecluse en Flandres

-12 juillet 1346 : débarquement anglais à Saint Vasst-la-Hougue en Normandie

-26 juillet 1346 : les Anglais pillent Caen et Le Tréguier

-26 août 1346 : terrible défaite française à Crécy (au nord d'Abbeville dans l'actuel département de la Somme)

-4 août 1347 : Calais se rend aux Anglais après 11 mois de siège. C'est là que se situe l'épisode des 6 bourgeois de Calais

-22 août 1350 : mort de Philippe VI roi de France à Nogent-le-Roi (Eure-et-Loir). Son fils devient roi sous le nom de Jean II (plus connu sous le nom de Jean le Bon)

-juin 1354 : Charles le Mauvais roi de Navarre et lui aussi arrière petit-fils de Philippe III le Hardi, s'allie aux Anglais

-6 novembre 1355 : le Prince Noir (fils aîné d'Edouard III) débarque à Bordeaux avec 15.000 hommes. Son armée met au pillage plusieurs villes dont Carcassonne, Castelnaudary...

-19 septembre 1356 : le roi de France Jean le Bon est fait prisonnier par les Anglais à la bataille de Poitiers. Il est emmené prisonnier en Angleterre.

-8 mai 1360 : traité de Brétigny, les Français doivent livrer le port de La Rochelle, payer une rançon de 3 millions d'écus d'or et livrer 40 otages dont 2 fils du roi qui est libéré. Mais l'un de ses fils, otage, s'étant évadé Jean le Bon se livre aux Anglais et meurt à Londres le 8 avril 1364. Charles V devient roi de France

-24 juin 1372 : victoire française à la bataille navale de La Rochelle

-13 juillet 1380 : du Guesclin est tué au siège de Chateauneuf de Randon en Auvergne

-16 septembre 1380 : mort de Charles V à Nogent-sur-Marne, son fils devient le roi Charles VI

-5 août 1392 : le roi de France Charles VI frappé de folie

-25 octobre 1415 : désastreuse défaite des Français à Azincourt (dans l'Artois)

-6 octobre 1416 : les Bourguignons s'allient aux Anglais

-20 octobre 1417 : les Anglais s'emparent de Caen

-21 mai 1420 : traité de Troyes : toute la partie de la France au nord de la Loire tombe sous domination anglaise. Les Anglais conservent par ailleurs la Guyenne au sud. Ainsi la Loire sert de ligne de démarcation avec l'occupant au nord et la France libre au sud. J'ai déjà entendu cela quelque part !

-21 octobre 1422 : Henri VI d'Angleterre se proclame roi de France

-30 octobre 1422 : le dauphin Charles se proclame roi de France et s'installe à Bourges

-25 février 1429 : à Chinon, première entrevue entre Charles VII et Jeanne d'Arc

-8 mai 1429 : Jeanne d'Arc délivre Orléans

-juillet 1429 : Jeanne d'Arc est parvenue à conduire Charles VII à Reims où il est couronné roi de France le 17 juillet

-24 juillet 1430 : Les Bourguignons s'emparent de Jeanne d'Arc à Compiègne et la vendent aux Anglais pour 10.000 écus

-30 mai 1431 : Jeanne est brûlée à Rouen sur la place du Vieux-Marché

-21 septembre 1435 : les Bourguignons changent d'alliance et se rallient au roi de France

-13 avril 1436 : Paris est libéré par les troupes françaises après 16 années d'occupation et redevient capitale du royaume de France le 1er décembre 1436. "Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé mais Paris libéré" : J'ai déjà entendu cela quelque part !

-24 juin 1442 : Charles VII pénètre en Guyenne et reprend peu à peu le territoire aux Anglais. Bordeaux capitule le 29 juin 1451, un débarquement anglais reprend Bordeaux le 23 octobre 1452.

-17 juillet 1453 : à Castillon en Gironde à 60 kms de Bordeaux, 300 bouches à feu (des canons) écrasent l'armée anglaise . C'est la dernière bataille qui termine la guerre de Cent Ans. Durant une longue période, la mobilité de l'armée anglaise et l'efficacité de ses archers l'emportèrent sur la chevalerie française. Mais dans les dernières années, la réforme de l'armée et l'efficacité de l'artillerie renversèrent le rapport des forces et donnèrent la victoire à la France qui était parvenue à chasser les Anglais de presque tout le territoire. Au total, la guerre de Cent Ans s'est déroulée sous 5 rois de France (Philippe VI, Jean II Le Bon, Charles V, Charles VI et Charles VII) et sous 5 rois d'Angleterre (Edouard III, Richard II, Henri IV, Henri V et Henri VI).

*5-Les conséquences : Outre les conséquences internationales (invasion musulmane de l'Europe par l'Est), la misère et les destructions engendrées par une guerre si longue, les massacres sans fin, la destruction de nombreuses villes, la pression fiscale sur les pauvres contribuables des 2 côtés de la Manche pour financer la guerre, il faut signaler une conséquence qui semble peu connue :

Après l'invasion de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant (bataille d'Hastings le 14 octobre 1066), la langue française était devenue la langue de la Cour anglaise, la langue de délibération du parlement et la langue d'enseignement dans les écoles anglaises. Avec la guerre de Cent Ans, en 1349, l'anglais remplaça le français comme langue d'enseignement et en 1362, ce fut au tour du parlement d'adopter l'anglais pour ses délibérations. Que serait devenu le sort de la langue française en Angleterre sans la guerre de Cent Ans ? On ne réécrit pas l'Histoire J.D. 8 mai 2013, mise à jour le 1er juin 2013

Jeanne d'Arc sur une affiche américaine des années 40. photo J.D. octobre 2013

Jeanne d'Arc sur une affiche américaine des années 40. photo J.D. octobre 2013

statue de Jeanne d'Arc dans la cathédrale Saint François de Sales à Chambéry Savoie

statue de Jeanne d'Arc dans la cathédrale Saint François de Sales à Chambéry Savoie

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 15:57

En 1078, les Turcs musulmans seldjoukides de Malik Shah 1er, s'emparèrent de Jérusalem, que les Arabes musulmans avaient conquise en 638 (6 ans après la mort de Mahomet). Mais les Arabes avaient toujours laissé aux chrétiens le libre accès aux « lieux saints », tandis que les Turcs, en prenant la ville de Jérusalem, massacrèrent la population, en grande partie musulmane, (au nom de Dieu, cela va de soi) et interdirent l'accès de la ville aux chrétiens.

La même année, les Turcs s'emparèrent de Nicée (aujourd'hui Iznik), ville située près de la mer de Marmara, sur la rive sud et presqu'en face de Constantinople. C'était une grave menace pour l'empire byzantin chrétien ou empire romain d'orient. L'empereur byzantin Alexis 1er Commène fit appel aux Européens.

En 1095, le pape Urbain II convoqua un concile à Clermont (qui ne deviendra Clermont-Ferrand par fusion qu'en 1630) et le 27 novembre 1095, le pape lança un appel à la croisade en vue de retrouver le libre accès aux lieux saints (en outre le saint Sépulcre avait été détruit par les musulmans en 1009) et aussi pour défendre l'empire byzantin. L'appel du pape fut repris par de nombreux prédicateurs dont le plus célèbre est Pierre l'Hermite. Ils prêchaient la croisade parce que « Deus lo volt » (Dieu le veut).

Des groupes se constituèrent un peu dans toute l'Europe et convergèrent vers Jérusalem. Cela fut appelé la première croisade, en fait il y en eut plusieurs dans la même. Chemin faisant certains groupes se livrèrent à des pillages et même à des massacres notamment de communautés juives, toujours au nom de Dieu !

A Paris, le 8 novembre 1793, Manon Roland sur l'échafaud s'écria : « Ô liberté que de crimes on commet en ton nom ! » Mais ce n'est rien dans l'histoire de l'espèce humaine au regard de tous les massacres qui se firent et qui se font encore au nom de Dieu !

Enfin, le 15 juillet 1099, la ville de Jérusalem était prise et un royaume chrétien de Jérusalem se constitua. Godefroy de Bouillon (duc de Basse-Lotharingie, et descendant de Charlemagne), un des principaux chefs de la croisade, ne voulant pas d'un titre de roi, c'est son frère , Baudoin, qui le devint. On sait qu'il y eut conquêtes et reconquêtes successives. Jérusalem fut reprise par Saladin le 2 octobre 1187 et Saint Jean d'Acre, dernier bastion chrétien en terre sainte, retomba entre les mains des musulmans le 18 mai 1291. Cela mit fin à l'ère des croisades.

Sans entrer dans l'histoire des neuf croisades (et même 10, puisqu'il y eut en 1239 une croisade qui ne fut pas numérotée, comme elle se situe entre la sixième et la septième, on pourrait l'appeler la six bis), voici quelle fut la participation des Comtes de Savoie aux croisades, avec comme principale source Samuel Guichenon dans « Histoire généalogique de la royale Maison de Savoie », texte de 1660 :

*Humbert II dit Le Renforcé fut le sixième comte de Savoie de 1094 à son décès en 1103. Il participa à la première croisade.

*Amédée III septième comte de Savoie de 1103 à son décès en 1148, participa d'abord en mai 1104 à une expédition génoise pour libérer Saint Jean d'Acre, puis à la seconde croisade qui eut lieu de 1147 à 1149. Amédée III mourut à Chypre le 30 août 1148. Selon Guichenon, c'est à la suite de cette seconde croisade, que la Maison de Savoie, remplaça dans son blason, l'aigle par la croix blanche qui était le symbole des Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem.

*Thomas 1er neuvième comte de Savoie de 1189 à son décès en 1233. Participa avec de nombreux membres de la noblesse savoyarde à la quatrième croisade qui se déroula de 1202 à 1204 et qui fut prêchée par le pape Innocent III. L'objectif était Jérusalem, mais la croisade fut détournée de son objectif initial au profit des Vénitiens, au temps du doge Enrico Dandolo, et au lieu de prendre Jérusalem, les croisés s'emparèrent de Constantinople, ville chrétienne, capitale de l'empire byzantin, les 12/13 avril 1204. Ils pillèrent la ville durant 3 jours, détruisant un important patrimoine de l'humanité (écrits et sculptures antiques...) sans oublier des massacres et établirent un empire latin de Constantinople. On trouve encore des traces de ce pillage par exemple à Venise avec les lions à l'entrée de l'arsenal ou avec les 4 chevaux de bronze qui se trouvent sur la balustrade au dessus du portail central de la basilique Saint Marc (il s'agit de copies, les originaux étant conservés à l'abri dans la galerie de Saint Marc). Les Byzantins reprirent la ville en 1261, ce qui mit fin à cet empire latin.

Parmi les membres de la noblesse savoyarde, il y avait Pierre de Seyssel, marquis d'Aix. Il rapporta à Aix un morceau de la Sainte Croix. Il s'agissait de la croix qu'Hélène la mère de l'empereur Constantin avait retrouvée à Jérusalem en 326, en faisant effectuer des fouilles dans la grotte du tombeau du Christ au dessus de laquelle l'empereur Hadrien avait fait élever un temple dédié à Vénus.

Arrivé à Aix, probablement en 1205, ce morceau supposé de la vraie croix fut placé dans un reliquaire et vénéré dans une église qui se trouvait sur l'actuelle place Maurice Mollard. Cette église appelée de Sainte Marie avait pris la place d'un monument romain. L'église changea de nom pour s'appeler église Sainte Croix à partir de 1205. La présence de la relique amena à Aix de nombreux pèlerinages dont le plus célèbre reste celui de Saint François-de-Sales en 1594.

Officiellement la relique de la Sainte Croix fut remise le 29 ventôse an II (19 mars 1794) avec tous les objets de piété au directoire du district révolutionnaire de Chambéry (voir sur mon blog la note intitulée « La Révolution française et la Savoie») http://jean.delisle.over-blog.com/article-la-revolution-francaise-et-la-savoie-109795056.html). Dans « L'Histoire d'Aix-les-Bains », Jules de Mouxy de Loche explique en 1898, que la relique de la croix avait été cachée par la famille Despine et restituée par un baron Despine à l'église d'Aix après le rétablissement du culte. Monseigneur Bigex évêque de Chambéry en reconnut l'authenticité lors d'une visite qu'il fit à Aix le 1er mai 1826 (voir dans la réédition du livre de Jules de Mouxy de Loche de 1978 chez Laffitte Reprints à Marseille, tome 1 pages 551 et suivantes). L'église Sainte Croix fut démolie au début du XXe siècle après l'inauguration de la nouvelle église Notre Dame. Des vitraux, statues et reliques furent transportés dans la nouvelle église, mais on ne parla plus de la sainte Croix, il semble que les reliques n'aient plus le vent en poupe.

La fin des croisades ne mit pas fin pour autant aux guerres entre Orient et Occident, entre monde musulman et monde chrétien. On peut penser que cela se situe dans un cadre historique plus vaste, dans une lutte millénaire entre Orient et Occident allant de la guerre de Troie à la situation actuelle et passant par les guerres médiques, les guerres puniques, les croisades etc. Quant aux musulmans, depuis le tout début du huitième siècle, c'est-à-dire depuis treize siècles, ils ont l'idée fixe d'envahir l'Europe pour l'islamiser (l'invasion musulmane de l'Europe par l'Espagne commença dès l'an 711). La Maison de Savoie prit amplement sa part dans la défense de l'Europe chrétienne :

*Amédée V, quatorzième comte de Savoie de 1285 à 1323. En 1315, sa flotte délivra Rhodes assiégée par les Ottomans. C'est à la suite de cette expédition que F.E.R.T. (Fortitudo ejus Rhodum tenuit : son courage a sauvé Rhodes) devint la devise de la Maison de Savoie (voir Alexandre Dumas « La Royale Maison de Savoie », éditions La Fontaine de Siloé 1998, tome 1 page 8).

*Amédée VI dit le Comte Verd (avec un « d » selon l'orthographe en usage au temps du Comte), dix-septième comte de Savoie de 1343 à son décès en 1383. En 1366, le Comte Verd alla porté secours à son cousin l'empereur byzantin Jean V Paléologue qui avait été attaqué par les Turcs et les Bulgares et qui était retenu prisonnier en Bulgarie. La victoire d'Amédée VI sur les Turcs à Gallipoli avait assuré provisoirement la survie de l'empire byzantin. Après avoir vaincu les Turcs, le comte Verd envahit la Bulgarie, s'empara de plusieurs villes et assiégea Varna. Le roi de Bulgarie accepta alors de libérer Jean V Paléologue qui put reprendre son trône à Constantinople. Les Bulgares durent regretter leur alliance avec les Turcs car en 1396, ils furent envahis par les Ottomans et ne retrouvèrent leur indépendance qu'en 1878 soit 5 siècles plus tard.

*En 1396, Humbert le Bâtard (fils d'Amédée VII, le comte Rouge, et de Françoise Arnaud de Bourg-en-Bresse) participe avec 70 chevaliers savoyards à une croisade organisée par Sigismond roi de Hongrie. Ils furent fait prisonniers à Nicopolis (dans l'actuelle Bulgarie) par le sultan Bajazet. Ils ne furent libérés contre rançon qu'en 1402 et parce que Bajazet avait lui-même été vaincu par Tamerlan (venu d'Ouzbékistan et qui avait sa capitale à Samarcande).

*Emmanuel-Philibert dit Tête de Fer, dixième duc de Savoie de 1553 à 1580. En 1571, trois galères de la flotte d'Emmanuel-Philibert, parties de Nice et commandées par l'amiral André Provana de Leyni, participèrent à la bataille navale de Lépante le 7 octobre 1571, bataille au cours de laquelle les Ottomans perdirent 240 navires et 30.000 hommes.

*Prince Eugène de Savoie-Carignan, petit fils de Charles-Emmanuel onzième duc de Savoie. Le prince Eugène s'était mis au service de la Maison d'Autriche. Il fut nommé Feld-maréchal en 1687 puis Feld-maréchal général en 1693. Il fut principalement chargé d'arrêter l'invasion musulmane de l'Europe par l'Est. Il infligea aux armées ottomanes de terribles défaites au terme de victoires à Zenta en Serbie le 11 septembre 1697, à Petrovaradin en Serbie le 5 août 1716, à Timisoara en Roumanie en août 1716 ou à Belgrade en Serbie, le 22 août 1717.

J.D. 8 octobre 2012, mise à jour le 11 novembre 2014

 

Liens entre l'empire byzantin et la Maison de Savoie au quatorzième siècle

Liens entre l'empire byzantin et la Maison de Savoie au quatorzième siècle

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