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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 09:49

Le comte de Savoie Amédée VI (le comte Verd) fit deux testaments :

*Le premier daté du 3 janvier 1366 (c'est-à-dire avant d'aller guerroyer en Orient pour libérer son cousin Jean V Paléologue empereur byzantin) nommait Bonne de Bourbon comme Régente des Etats de Savoie et comme tutrice du futur Amédée VII. Bonne de Bourbon, épouse du comte Verd avait de nombreux liens avec la Cour de France (voir la fiche N°194)

*Le second daté du 27 février 1383 de San Stefano près de Campobasso (ville du sud de l'Italie dans la région Molise) accordait à Bonne de Bourbon la gouvernance des Etats de Savoie à vie. Amédée VI n'hésita pas à confier des missions militaires à son fils mais pour l'administration et la diplomatie, il indiquait nettement qu'il faisait plus confiance à son épouse qui avait d'ailleurs de grandes qualités d'administratrice.

C'est 2 jours plus tard (le 1er mars) que Amédée VI quittait la vie emporté par la peste. Son fils Amédée VII (le comte Rouge) avait 23 ans.

Un conseil de régence se réunit à Chambéry et approuva le testament du comte Verd et un accord pour une cogestion fut conclut entre Bonne de Bourbon et son fils le 18 juillet 1383.

Ensuite, à la mort du comte Rouge le 1er novembre 1391, il y eut un conflit entre Bonne de Bourbon, mère du défunt et grand-mère du successeur (le futur Amédée VIII) qui avait 8 ans et Bonne de Berry, épouse du défunt et mère du successeur. C'est-à-dire un conflit entre la belle-mère et sa belle-fille. Le comte Rouge pour sa part avait fait juste avant sa mort un testament confiant la Régence à sa mère et non à sa femme.

BONNE de BERRY : Naquit en 1365. Elle est la fille de Jean de France duc de Berry et de Jeanne d'Armagnac. Elle avait épousé Amédée VII (le comte Rouge) le 18 janvier 1377.

Jean de France duc de Berry était un des fils de Jean le Bon roi de France, il était par conséquent le frère de Charles V roi de France, l'oncle de Charles VI roi de France... Jean le Bon (grand-père de Bonne de Berry) s'était marié avec Bonne de Luxembourg sœur de Charles IV empereur germanique. On voit que Bonne de Berry avait grandement autant de relations, spécialement avec la Cour de France, que Bonne de Bourbon. Il y avait d'ailleurs des liens familiaux communs ainsi par exemple : -Charles V roi de France était l'oncle de Bonne de Berry et le beau-frère de Bonne de Bourbon.

-Jeanne de Bourbon était la sœur de Bonne de Bourbon et la tante de Bonne de Berry.

-Charles VI roi de France était le cousin de Bonne de Berry (par son père) et le neveu de Bonne de Bourbon (par sa mère)

-De même, Bonne de Berry était la descendante au cinquième degré de Philippe le Hardi roi de France tandis que Bonne de Bourbon en descendait au troisième degré....

Le conflit n'était pas seulement un conflit belle-mère/belle-fille : trop classique. Il y avait derrière les intérêts du duc de Bourbon d'une part et ceux du duc de Berry frère du roi de France et du duc de Bourgogne d'autre part. Et on était encore en plein dans la guerre de Cent Ans, ce qui se passait en Savoie n'intéressait pas que les Savoyards.

C'est dans ce contexte qu'il faut replacer les rumeurs d'empoisonnement qui circulèrent dès la mort du comte Rouge (voir note N°196), l'arrestation et la torture du médecin (Jean de Grandville qui avait soigné le comte et qui avait été recruté par Bonne de Bourbon), par le clan du duc de Berry et « naturellement » les accusations furent portées par le torturé contre Bonne de Bourbon et un de ses proches, ainsi que l'exécution sauvage de l'apothicaire (Pierre de Lompnès)! Faute d'oser s'en prendre directement à Bonne de Bourbon, on s'en prit à son entourage et on répandit généreusement les aveux extorqués sous la torture. Ce genre de pratiques n'était pas nouveau et ne l'est toujours pas !

Aujourd'hui, il est admis que la blessure du comte Rouge se referma trop rapidement et qu'il mourut du tétanos. Jean de Grandville ne fut pas exécuté tout de suite après ses « aveux ». Où se réfugia-t-il ? Facile à deviner : chez le duc de Bourbon (au château de Montbrison où il ne survécut pas longtemps).

Chacune des deux Bonne avait ses partisans, on aurait pu en venir aux armes mais des « Etats généraux » furent réunis à Chambéry et le 27 avril 1393 ils donnèrent la Régence à Bonne de Bourbon et obtinrent le 8 mai de la même année, sous la pression du roi de France, un traité de réconciliation entre les deux Bonne. Il faut dire que ces Etats généraux étaient composés de locaux et que Bonne de Bourbon, Régente depuis le premier testament du comte Verd en 1366, tenait ses gens en main.

Mais dépitée de voir sa belle-mère triompher, Bonne de Berry s'exila et se remaria en décembre 1393. Elle était enceinte au moment de la mort du comte Rouge ; elle accoucha d'une petite Jeanne le 26 juillet 1392 soit, à quelques jours près, 9 mois après la mort du comte Rouge.

Bonne de Bourbon avait triomphé, mais le camp adverse était trop fort, le triomphe fut de courte durée. Le 2 novembre 1393, le duc de Bourgogne (frère du duc de Berry et du roi de France) émancipa le futur Amédée VIII (il avait 10 ans), et déclara la Régence terminée. Bonne de Bourbon s'exila à Macon où elle mourut le 19 janvier 1403.

Ainsi, la querelle des Bonne ne fut pas une bonne querelle car les deux à peu d'intervalle durent renoncer au pouvoir.

Au lieu de se combattre elles auraient mieux fait de s'entendre comme des sœurs, au moins on aurait pu les appeler (au choix) : les Bonne sœurs ou les sœurs Bonne (trop tentant!)

J.D. 25 octobre 2014

références :

fiche N°194 : http://jean.delisle.over-blog.com/2014/09/les-regentes-de-la-maison-de-savoie-n-194.html

fiche N°196 : http://jean.delisle.over-blog.com/la-mort-cu-comte-rouge-n-196.html

Le comte Verd, portrait publié en 1827 par Jean Frezet dans "Histoire de la Maison de Savoie"

Le comte Verd, portrait publié en 1827 par Jean Frezet dans "Histoire de la Maison de Savoie"

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 16:34

*Amédée VII est né le 24 février 1360 à Chambéry. Il est le fils d'Amédée VI (le comte Verd) et de Bonne de Bourbon (voir fiche N°194 consacrée aux Régentes).
Il fut marié le 18 janvier 1377 à Paris dans l'hôtel Saint-Pol avec Bonne de Berry fille du duc Jean de Berry, fils de Jean le Bon roi de France et frère du roi de France Charles V . Mais Bonne de Berry n'avait que 10 ans au moment du mariage et ce n'est qu'en mars 1381 qu'elle vint rejoindre son époux en Savoie d'abord au château de Pont d'A
in.

*Lorsque Amédée VI s'absentait, il confiait la Régence du comté à son épouse Bonne de Bourbon et la direction des armées savoyardes à son fils dès que cela fut possible.

*Amédée VII fit ses premières armes en 1378 contre le sire de Beaujeu en Maconnais

*A l'automne 1382, Charles VI, le nouveau roi de France, fit appel à l'aide de la Savoie contre les Anglais qui avaient effectué un nouveau débarquement à Dunkerque (on était en plein dans la guerre de Cent Ans). C'est Amédée VII à la tête de « sept cents lances » qui rejoignit les troupes françaises à Arras. Au moment du départ, Amédée VII apprit la mort de son père et c'est vêtu de noir qu'il arriva dans le nord de la France où les dames le surnommèrent : « le comte noir ».

*Les Savoyards et Amédée VII se battirent comme des lions aux côtés des Français et les Anglais, cette fois là, durent rembarquer. Admiratif devant le courage d'Amédée, le roi de France (Charles VI) déclara que le rouge, couleur du feu, irait mieux que le noir à Amédée qui s'habilla en rouge et fut surnommé « le comte Rouge ».

*Amédée VII fit aussi la guerre en Suisse contre les Valaisans qui s'étaient révoltés suite à la nomination d'un évêque issu de la Maison de Savoie en remplacement d'un autre évêque qui avait été défenestré. En juillet 1384 la ville de Sion fut prise par les troupes savoyardes, pillée et incendiée. En 1388 ce furent les troupes savoyardes commandées par Rodolphe de Gruyère qui furent massacrées par les Valaisans. Il fallut 3 années au comte Rouge pour reprendre complètement le Valais. Toujours en 1388, le comte Rouge avait annexé Nice et sa région à la Maison de Savoie. C'est le 28 septembre 1388 qu'Amédée avait fait une entrée triomphale à Nice. C'est en 1526 que cette acquisition de la Maison de Savoie prit le nom de « comté de Nice »

*Avec Bonne de Berry, Amédée VII eut 3 enfants : Amédée né le 4 septembre 1483, futur Amédée VIII, ainsi que 2 filles (Bonne et Jeanne). Avec une maîtresse originaire de Bourg-en-Bresse (Françoise Arnaud), Amédée eut également 2 enfants : Humbert dit Humbert le Bâtard et une fille (Jeanne)

LA MORT DU COMTE ROUGE :

En octobre 1391, la Cour de Savoie était à Ripaille. Entre le 9 et le 11 octobre Amédée VII qui chassait dans les forêts de la région de Thonon eut un grave accident. Son cheval heurta une racine et se renversa sur Amédée qui subit une blessure au tibia droit.

Amédée fut soigné par un médecin nommé Jean de Grandville qui avait été recruté à la Cour de Savoie par Bonne de Bourbon mère d'Amédée VII. Les remèdes appliqués par Grandville et préparés par l'apothicaire (pharmacien) Pierre de Lompnes furent sans effet et Amédée VII décéda dans la nuit du 1 au 2 novembre 1391. Le comte Rouge fut inhumé à Hautecombe.

Très vite le bruit se répandit et la nouvelle ne fit qu'enfler qu'il avait été empoisonné.

Le médecin, Jean de Grandville, fut mis à la torture et sous l'effet des traitements avoua tout ce que les tortionnaires voulaient lui faire avouer. Il accusa Bonne de Bourbon et Othon III de Grandson seigneur d'Aubonne (en Suisse dans le canton de Vaud).

Quant à l'apothicaire voilà le traitement qui lui fut réservé. J'en prends le récit dans le livre consacré à Amédée VI et Amédée VII publié en 1957 chez Albin Michel et

œuvre de Marie-José (fille du roi des Belges Albert 1er et dernière reine d'Italie en 1946, décédée en 2001 elle fut inhumée à Hautecombe où elle rejoignit son mari Humbert II dernier roi d'Italie).

Voici ce récit :

« Au mois de juillet 1393, Pierre de Lompnes fut décapité, puis écartelé sur la place de Chambéry, devant les représentants des communes vaudoises, et entouré de soldats qui faisaient grand vacarme avec leurs armes pour couvrir la voix dudit Pierre. Son corps fut coupé en morceaux, salés et mis dans des barils, puis envoyés dans les villes de Moudon, d'Avigliana, et d'Ivrée, en Piémont. La tête fut transportée à Bourg-en-Bresse, et attachée, tournée de face, à une des portes de la ville. Vision terrifiante et injuste châtiment ».

Alors que le 3 avril 1395, à Bourg-en-Bresse, le pauvre Pierre de Lompnes était reconnu innocent !

Quant à Othon de Grandson qui avait été accusé sous la torture par le médecin Grandville, il s'était d'abord enfui en Angleterre. Il rentra en France en 1396 (il avait 60 ans) et fut alors provoqué en duel par l'un de ses ennemis (Gérard d'Estavayer). Le duel eut lieu à Bourg-en-Bresse le 7 août 1397 et Othon de Grandson fut tué.

Sympa les mœurs du Moyen-Age !

Bien sûr si l'on compare avec les guerres, massacres, attentats et génocides de toutes sortes du XXe siècle, il n'y a pas photo ! Et si l'on se tourne au temps de Néron, d'Attila et de beaucoup d'autres ce n'est pas mieux.
Triste cons
tat

J.D. 22 octobre 2014

Le comte Rouge, illustration de Samuel Guichenon en 1660 dans "Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie"

Le comte Rouge, illustration de Samuel Guichenon en 1660 dans "Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie"

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 16:20

Au cours des 9 siècles d'histoire de la dynastie de Savoie, des comtes de Savoie aux rois d'Italie, en passant par les ducs de Savoie et les rois de Sardaigne, il y eut souvent vacance du pouvoir soit parce que le souverain était parti en guerre ou en croisade, ou soit parce qu'à la suite d'un décès, le successeur était trop jeune pour gouverner. Dans ces cas, ce sont les femmes qui ont assuré la continuité du pouvoir. En voici quelques exemples :

*Adélaïde de Suse :

Elle naquit à Turin en 1020. Elle est la fille du marquis de Suse (Susa dans le Piémont italien) et de Berthe de Toscane. Elle épousa d'abord Hermann IV de Souabe dont elle eut deux enfants.

Veuve, elle se remaria vers 1045 avec Othon 1er troisième comte de Savoie à qui elle apporta en dot Suse (Susa), Ivrée (Ivrea) , Pignerol (Pinerolo)... Ce furent les premiers domaines de la dynastie Savoie du côté italien des Alpes.

Avec Othon, Adélaïde eut 4 enfants :

*Pierre (1048/1078),

*Amédée (1050/1094),

*Berthe (1051/1087 qui épousa en 1066 Henri de Franconie, qui était alors roi de Germanie et de Bourgogne, et qui deviendra empereur du Saint Empire romain germanique en 1084, (ce qui fit d'Adélaïde de Suse la belle-mère d'Henri IV, empereur germanique de 1084 à 1105, et la grand-mère d'Henri V empereur de 1111 à 1125)

*Adélaïde de Savoie, appelée aussi Adélaïde de Turin (1052/1079)

A la mort d'Othon le 19 mars 1060, l'aîné de ses fils (Pierre) n'avait que 12 ans ; ce fut Adélaïde de Suse qui assura la régence et qui semble avoir conservé le pouvoir, de fait, longtemps sous le règne de Pierre 1er (quatrième comte de Savoie) et d'Amédée II (cinquième comte de Savoie). En 1064, elle avait fondé le monastère de Sainte Marie à Pinerolo. En 1070 elle s'empara d'Asti dont les habitants s'étaient soulevés contre son autorité et elle incendia la ville.

Adélaïde de Suse mourut le 19 décembre 1091 à Canischio (Piémont). Elle fut inhumée en la cathédrale Saint Jean-Baptiste de Turin. Une statue la représente dans la cathédrale de Suse.

En 1077, elle avait autorisé le passage des Alpes à l'empereur Henri IV se rendant à Canossa (en Emilie-Romagne) pour rencontrer le Pape Grégoire VII. Elle l'avait même accompagné jusqu'à Canossa.

*Bonne de Bourbon :

Elle naquit en juin 1340 et décéda à Macon le 19 janvier 1403. Elle est la fille de Pierre 1er duc de Bourbon et d'Isabelle de Valois. Par sa mère , Bonne de Bourbon est l'arrière petite fille de Philippe III le Hardi roi de France de 1270 à 1285 et l'arrière arrière petite fille de Louis IX (Saint Louis) roi de France de 1226 à 1270. Isabelle de Valois fut la nièce de Philippe IV le Bel roi de France de 1245 à 1285 et la cousine de Louis X roi de France de 1314 à 1316, de Philippe V roi de France de 1316 à 1322 et de Charles IV roi de France de 1322 à 1328.

Jeanne de Bourbon, sœur de Bonne, fut mariée à Charles V qui fut roi de France de 1364 à 1380. Ce qui fit de Bonne de Bourbon la belle-sœur de ce roi de France et la tante de Charles VI qui fut roi de France de 1380 à 1422.

Suite à une guerre qui mit en cause le comte de Genève, les Dauphinois, le royaume de France de Jean le Bon et le comté de Savoie, il y eut un traité dit traité de Paris du 5 janvier 1355. Ce traité impliquait :

*l'alliance de la Maison de Savoie avec la France contre l'Angleterre (on était en pleine guerre de 100 ans)

*des rectifications de frontières par échange de territoire entre Dauphiné et Savoie

*et le mariage du comte de Savoie Amédée VI dit le « comte Verd » (avec un « d » selon l'orthographe en usage au temps du comte) avec Bonne de Bourbon

Le mariage fut célébré par procuration à Paris les premiers jours d'octobre 1355 et c'est le 22 octobre que Bonne de Bourbon, nouvelle comtesse de Savoie, arrivait dans ses Etats.

Le comte Verd fut souvent absent pour guerroyer, notamment lorsqu'il partit combattre les Turcs et les Bulgares pour porter secours à l'empereur de Byzance. Il confia durant ses absences la Régence de ses Etats à Bonne de Bourbon.

Avec le comte Verd, Bonne eut 4 enfants dont 3 survécurent. Lors du décès du comte Verd à Capoue en Italie le 1er mars 1383, son fils Amédée né le 7 février 1360 avait 23 ans. Mais Bonne avait pris l'habitude du pouvoir et son fils devenu Amédée VII (dit le comte Rouge) dut le partager avec sa mère.

Un accord de régence pour le partage du pouvoir entre la mère (Bonne de Bourbon) et son fils (Amédée VII) fut signé en bonne et due forme à Chambéry le 18 juillet 1383.

Elle conserva la Régence à la mort d'Amédée VII le 1er novembre 1391, son petit-fils fils Amédée VIII n'avait que 8 ans. Mais Bonne de Bourbon entra en conflit avec Bonne de Berry, épouse du défunt et mère du successeur mineur

*Yolande de France :

née à Tours le 23 septembre 1434, elle est la fille de Marie d'Anjou et de Charles VII roi de France et par conséquent la sœur de Louis XI.

En 1452, elle fut mariée avec Amédée IX le bienheureux, troisième duc de Savoie. Ils eurent 11 enfants dont 7 survécurent. Amédée IX mourut le 30 mars 1472. Officiellement Yolande assura la régence du duché durant les 3 dernières années de vie d'Amédée, mais en fait cet Amédée plus tourné vers la religion que le pouvoir laissa sa femme gérer en grande partie le duché. Parmi les enfants de Yolande, deux furent duc de Savoie : Philibert né en 1465 et duc de 1472 à 1482 et Charles né en 1468 et duc de 1482 à 1490. A la mort d'Amédée, Philibert n'avait que 7 ans, Yolande poursuivit la régence

Le 27 juin 1476, Yolande fut enlevée par les soldats de Charles-le-Téméraire duc de Bourgogne et enfermée dans le château de Rouvre (dans l'actuelle Côte d'Or). Elle fut délivrée fin septembre 1476 par une armée envoyée par Louis XI. Selon les chroniqueurs de l'époque les retrouvailles de Yolande et de son frère furent très chaleureuses et ils se jugèrent d'être toujours bon frère et bonne sœur.

Yolande décéda à Chambéry le 23 août 1478. Elle fut inhumée en la cathédrale St Eusèbe à Verceil (Vercelli en Piémont).

Elle avait fait construire une tour en annexe de la Sainte Chapelle de Chambéry, tour qui porte aujourd'hui son nom. Voir la fiche N° 114 http://jean.delisle.over-blog.com/le-carillon-de-chambéry-n-114

*Blanche de Montferrat :

Blanche de Montferrat (Bianca di Monferrato) est née en 1472 à Casale Monferrato (dans le Piémont) et décédée à Turin le 30 mars 1519. Elle est inhumée à Carignano près de Turin dans l'église des Augustins. Elle est la fille de Guillaume VIII de Montferrat et d'Elizabetta Maria Sforza.

Elle se maria le 1er avril 1485 à Charles 1er, cinquième Duc de Savoie décédé le 13 mars 1490.

Blanche de Monferrat se retrouva veuve avec 2 enfants :

Yolande Louise née en 1487, décédée en 1499

Charles Jean Amédée né en 1489 et décédé le 16 avril 1496. A la mort de son père, ce fils hérita du titre de duc de Savoie sous le nom de Charles II, mais il avait 1 an et décéda à l'âge de 7 ans, c'est donc Blanche de Monferrat qui assura la régence. A la mort de ce Charles II, c'est un frère d'Amédée IX (donc oncle par alliance de Blanche de Monferrat) qui devint duc sous le nom de Philippe II dit Sans Terre.

Durant le temps de sa régence, Blanche de Montferrat autorisa le passage des armées de Charles VIII roi de France en route vers l'Italie. Elle fit aussi ouvrir la première imprimerie à Chambéry.

*Christine de France :

Christine de France ou Chrestienne de France naquit à Paris le 10 février 1606 et décéda à Turin le 27 décembre 1663. Elle est la fille de Henri IV roi de France et de Marie de Médicis. Parmi ses frères et sœurs : Louis qui devint Louis XIII roi de France, Elisabeth reine d'Espagne et Henriette reine d'Angleterre.

Le 10 février 1619, en la chapelle du Louvre à Paris, elle épousa Victor-Amédée 1er douzième duc de Savoie dont elle eut 7 enfants ; deux furent ducs de Savoie :

*François-Hyacinthe né le 14 septembre 1632, duc de Savoie à la mort de son père le 7 octobre 1637, décédé le 4 octobre 1638

*Charles-Emmanuel II né le 10 juin 1634, duc de Savoie à la mort de son frère en 1638 (il avait 4 ans)

Christine, surnommée « Madame Royale », assura la régence pour ses 2 fils successivement et conserva de fait le pouvoir jusqu'à sa mort le 27 décembre 1663.

Deux de ses beaux-frères (le cardinal Maurice de Savoie et Thomas-François prince de Carignan et ancêtre au sixième degré de Charles-Albert qui fut roi de Sardaigne) contestèrent la régence et se liguèrent contre Christine. Appuyés par l'Espagne et les Milanais, ils lui firent la guerre. Ils s'emparèrent de Turin le 27 janvier 1639 et Maurice de Savoie fit de Nice sa capitale d'août 1639 à 1642.

Christine s'était réfugiée avec ses enfants, d'abord à Suse puis à Chambéry, et put rentrer à Turin en novembre 1640 après la reconquête de la ville par les troupes françaises et un traité de paix imposé par Richelieu le 14 juin 1642.

Christine de France fut inhumée dans l'église Sainte Christine du couvent des Carmélites de Turin.

Voir la note N°155 : Sonnet à Christine de France Duchesse de Savoie http://jean.delisle.over-blog.com/2014/02/sonnet-a-christine-de-france-duchesse-de-savoie-n-155.html

*Jeanne-Baptiste de Savoie-Nemours :

Elle naquit à Paris le 11 avril 1644 et mourut à Turin le 15 mars 1724. Elle est la fille de Charles-Amédée de Savoie duc de Genève, de Nemours et d'Aumale et d'Elisabeth de Bourbon (petite fille d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées).

Elle se maria le 10 mai 1665 avec Charles-Emmanuel II quatorzième duc de Savoie. Ce Charles-Emmanuel II est le petit-fils d'Henri IV et de Marie de Médicis par sa mère Christine de France ; Marie-Jeanne est l'arrière petite-fille d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées par sa mère.

Marie-Françoise sœur de Jeanne-Baptiste fut reine du Portugal et Jeanne-Baptiste fut l'arrière-grand-mère de Louis XV roi de France et de Louis 1er roi d'Espagne.

Avec Charles-Emmanuel II, Jeanne-Baptiste eut un fils (Victor-Amédée) né le 14 mai 1666. A la mort de Charles-Emmanuel II le 12 juin 1675, son fils n'avait que 9 ans, Jeanne-Baptiste assura la régence. Elle se faisait aussi appeler « Madame Royale », elle voulut conserver le pouvoir même après la majorité de son fils qui la chassa du pouvoir en 1684.

A Turin, le Palazzo Madama doit son nom aux deux « Madame Royale ».

Le corps de Jeanne-Baptiste fut inhumé en la cathédrale Saint Jean-Baptiste de Turin et son cœur en l'église Sainte Christine au couvent des Carmélites de Turin.

Petite conclusion :

Dans la récapitulation ci-dessus, j'ai insisté sur les liens familiaux pour montrer la complexité des relations entre les Cours d'Europe.

On ne peut pas dire que la situation fut meilleure ni pire au temps des Régentes qu'au temps des Souverains en titre.

Dans l'histoire des Sociétés humaines, il n'y a pas besoin d'ouvrir beaucoup de livres d'histoire pour trouver des chefs d'Etats masculins (rois, empereurs, dictateurs, présidents...) qui furent des nullités absolues et firent grand tort à leurs sujets ou concitoyens. D'ailleurs, il y en a encore, suivez mon regard !

De même si l'on cherche dans notre mémoire à citer des noms à classer dans la catégorie « monstres de l'histoire », viendront probablement des noms comme Tibère, Caligula, Néron ou Hitler, Staline, Pol Pot.... mais aucun nom féminin !

Pour que les femmes accédant au pouvoir fassent pire que beaucoup d'hommes, il faudrait vraiment qu'elles le fassent exprès !

J.D. 11 septembre 2014 dernière mise à jour le 21 octobre 2014

P.S. La récapitulation thématique des notes de ce blog ainsi que la récapitulation des illustrations, se trouvent sur la fiche N°76 :http://jean.delisle.over-blog.com/article-blog-liste-des-articles-111165313.html

Ascendance de Victor-Amédée II

Ascendance de Victor-Amédée II

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