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11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 12:41

Le château d’Allaman N°632

 

Le château d’Allaman construit à la fin du treizième siècle, est situé en Suisse dans le canton de Vaud, entre Genève (à 50 kms au sud-ouest) et Lausanne (à 25 kms au nord-est). Il est « coincé » entre la route qui longe le lac et l’autoroute parallèle à la route et qui passe derrière le château. En bords de lac, entre Allaman et Lausanne, on trouve le château de Morges ; entre Allaman et Genève, les châteaux de Rolle, Prangins et Coppet ; et à l’intérieur des terres, à 5 kms au nord d’Allaman : le château d’Aubonne.

Le château d’Allaman fut incendié en 1530 par les confédérés lors de l’affaire des « chevaliers de la cuillère ». Il s’agissait d’une confrérie secrète qui regroupait les partisans d’une réunion de leur territoire aux États de Savoie. Les confédérés étaient les partisans de l’unité de la Suisse avec à leur tête principalement les Bernois et les Zurichois.

Toutes les archives du château furent brûlées en 1802 lors de la révolte des « Bouria-Papey » (une révolte paysanne). Le château fut classé aux monuments historiques en 1975.

Lausanne est le chef-lieu du canton de Vaud qui a été réuni à la Suisse le 19 février 1803 lors de « l’acte de médiation » de Napoléon Bonaparte attribuant une constitution à la Suisse.

Le château appartint à un certain nombre de propriétaires successifs qui tous plus ou moins, le réparèrent, l’agrandirent, le transformèrent…En 2006 un investisseur allemand (cela rime avec Allaman) avait acheté le château et sa parcelle de 50.000 m². Il investit beaucoup pour rénover le bâtiment mais accumula 41 millions (de francs suisses) de dettes. En 2013, l’Office des poursuites de Morges le mit en vente. C’est la banque J.P. Morgan qui avait 28 millions de créances qui le racheta en 2018 pour 20 millions de francs.

Parmi les anciens propriétaires successifs, l’un peut attirer particulièrement notre attention. Il s’appelle Jean-Jacques de Sellon. Sa famille protestante et originaire de Nîmes quitta la France pour la Suisse lors de la révocation de l’édit de Nantes (par l’édit de Fontainebleau du 18 octobre 1685 signé par Louis XIV et qui entraîna le départ de 300.000 protestants, des bourgeois qui firent la fortune de leurs pays d’accueil, principalement Hollande, Suisse Angleterre et États-Unis).

Un Gaspar de Sellon acquit le château d’Allaman en 1755. A sa mort sans héritier, ce fut son frère Jean-François qui hérita, lequel fut le père de Jean de Sellon et le grand-père de notre Jean-Jacques de Sellon né en 1782. En 1786, Joseph II empereur du Saint Empire donna un titre de comte à Jean de Sellon.

Le 26 mai 1805, Jean-Jacques de Sellon assista en la cathédrale de Milan au sacre de Napoléon Bonaparte comme roi d’Italie. Napoléon le prit comme majordome. Jean-Jacques de Sellon eut alors l’occasion de recevoir à Allaman de nombreux personnages célèbres à l’époque dont Joséphine de Beauharnais, Joseph Bonaparte, Franz Listz, George Sand, Camillo Cavour….

En 1820, il fut le fondateur d’une Société pour la paix (Society of peace). Certains auteurs veulent voir dans cette société, l’ancêtre de la Société des Nations. L’esprit est le même : remplacer les guerres par le droit et des procédures internationales d’arbitrages. Jean-Jacques de Sellon fut le premier président de cette société pour la paix qui organisa des congrès mondiaux réunissant des pacifistes du monde entier. Parmi ces congrès, celui de 1849 tenu à Paris où Victor Hugo prononça un discours aussi remarquable que visionnaire. Je l’ai mis en annexe à la note précédente (N°631). Malheureusement, après ce congrès pour la paix il y eut des guerres un peu partout : guerre en 1849 entre le royaume de Sardaigne et l’Autriche ; guerre de Crimée en 1854/1855 contre la Russie ; guerre civile aux États-Unis de 1861 à 1865 ; guerre de la Prusse contre le Danemark en 1864, contre l’Autriche en 1866 et contre la France en 1870 etc etc

Il y eut régulièrement des congrès pour la paix ; le plus célèbre fut celui de 1912, magnifié par un texte très émouvant de Louis Aragon : « les cloches de Bâle », voir la note N°8 http://jean.delisle.over-blog.com/article-clara-zetkin-58616039.html mais l’on sait que 2 ans après ce congrès, commença l’une des plus grandes boucheries de l’histoire !

Le moins que l’on puisse constater est que les congrès pour la paix n’ont encore jamais empêché les guerres !

On trouvera en illustration une vue du château, emprunt au net.

J.D. 11 mai 2020

château d'Allaman

château d'Allaman

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 09:06

On trouvera, jointe en illustration, une carte montrant l'emprise territoriale respective des Républiques maritimes de Gênes et de Venise au tournant XIVe/XVe siècles. Carte publiée sur le net dans le cadre d'un article de Romain Lamothe et Jean-Christophe Ricklin.

Fondée à la fin du septième siècle, comment cette République de Venise « coincée » au fond de l'Adriatique a-t-elle pu parvenir à une telle puissance, non seulement par ses acquisitions terrestres et maritimes, mais par la force de sa monnaie (le ducat d'or vénitien fut créé en 1284), de son économie, de son commerce … ?

Il n'y a probablement pas une réponse unique mais un ensemble de causes, parmi lesquelles je mettrais volontiers en avant d'une part une organisation politique efficace (voir note N°273 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/02/la-venetie-n-273.html) et surtout la puissance de la marine vénitienne aussi bien commerciale que militaire. Cette puissance était elle-même le résultat de l'organisation des chantiers navals.

I-L'Arsenal :

L'Arsenal (arsenale en italien) est situé à l'est de la cité dans le quartier du même nom, mais en signalant que sur certains documents, le quartier « Arsenale » est rattaché au quartier « Castello », mais il paraît plus pertinent de considérer l' »arsenale » comme un quartier à part entière.

*Les premiers chantiers navals à Venise datent du huitième siècle, mais les vrais chantiers navals organisés rationnellement ont été lancés en 1104 par Ordelafo Faliero qui fut de 1102 à 1118 le trente-quatrième doge de Venise. Il mourut à Zadar (en Croatie, sur l'Adriatique, mais ville appelée à l'époque de Faliero : « Zara ») en expédition militaire en 1118. Il fut inhumé dans la basilique Saint Marc.

*Des extensions des chantiers eux-mêmes et/ou de leurs accès à la mer furent réalisés entre 1143 et 1169, entre 1304 et 1325 (arsenale nuovo) en 1473 (arsenale nuovissimo). L'activité de l'arsenal cessa à partir de 1716.

*En 1797, Bonaparte récupéra les armements disponibles et en 1806, fit réaliser une nouvelle extension. En octobre 1866, la Marine italienne en prit possession.

*Dès le doge Faliero, tout fut pensé de façon rationnelle : les approvisionnements, les stockages, les fabrications, les utilisations… non seulement pour les coques des galères mais pour leurs armements (canons, poudres, boulets...) les cordages, les rames, les mâts, les voiles… Au plus fort de l'utilisation de cet arsenal (XVIIe siècle), 16.000 ouvriers y étaient employés, les chantiers avaient la capacité de sortir une galère par jour ! (La galère était un navire navigant à la fois à voiles et à rames. Une copie de galère du XVIIIe siècle a été lancée à Morges, sur le lac Léman, en 2001). Ils étaient alors considérés comme les plus grands chantiers navals au monde. On peut en tout état de cause penser qu'ils furent un modèle très en avance de grande entreprise industrielle. Dès 1297, il fut décidé que les galères construites seraient polyvalentes afin d'être utilisées comme navires de commerce en temps de paix et pouvoir être transformées en navires de guerre en quelques heures en cas de besoin. La marine vénitienne compta jusqu'à 3.000 navires marchands et 300 navires de guerre. Outre le transport marchand pour les négociants vénitiens et les galères armées pour les opérations de guerre de la République, la marine vénitienne servit encore à transporter de nombreuses troupes : pour les croisés, pour le compte d'autres Etats… mais bien sûr la Sérénissime se faisait payer ses services.

*Un bon exemple du génie vénitien d'alors, peut être donné avec l'approvisionnement en bois. Les bois vinrent des préalpes vicentines (au nord de Vicence) , de l'Altopiano dei Sette comuni. Afin de pouvoir évacuer aisément les bois exploités, les Vénitiens créèrent une voie d'accès et de dégagement de 2,5 kms sur 810 mètres de dénivelé, comprenant 4.444 marches et une partie lisse pour la circulation des bois. Cette voie fut appelée : « Calà del Sasso ».

*On enseigne encore Austerlitz dans les écoles de guerre, on devrait enseigner l'organisation de l'Arsenal de Venise dans les écoles de management !

II-le déclin :

L'examen de la carte de l'expansion de Venise et de Gênes montre que Venise investit sur la côte adriatique et sur les îles de la Méditerranée orientale, tandis que Gênes investissait sur les côtes de la Mer Noire mais aussi sur la Méditerranée orientale. Pour les 2 cités-états, il s'agissait de favoriser ses négociants, ses marins marchands dans le commerce orient-occident.

*Les 2 Etats furent forcément en guerre comme Venise le fut avec les autres cités maritimes : Pise, Amalfi, Ancône, Raguse (ancien nom de Dubrovnik)… mais aussi pour l'extension terrestre avec Milan, Florence, les Etats du Vatican, puis à l'extérieur avec l'Autriche, la Hongrie, l'Espagne et la France qui se mêlaient des affaires italiennes…

Dans toutes ces guerres à répétition, Venise connut plus de victoires que de défaites et poursuivit son expansion jusqu'à ce que deux événements nouveaux viennent gripper la belle machine à conquêtes :

*la découverte de l'Amérique, à partir de 1492, entraîna la fréquentation de nouvelles routes maritimes, la découverte de produits nouveaux … ce qui dévalorisa le commerce orient-occident

*mais du point précédent, Venise aurait pu s'en remettre. Pour l'essentiel, ce sont les conquêtes de l'empire ottoman qui amenèrent la décadence de Venise. Après la prise de Constantinople le 29 mai 1453, les Ottomans se répandirent sur l'Europe par l'est et voulurent dominer la Méditerranée. Cela entraîna de nombreuses guerres entre Venise et les Ottomans : de 1499 à 1503, en 1538, de 1570 à 1573, de 1645 à 1669, de 1684 à 1716 etc. Les Ottomans s'emparèrent de Rhodes en 1522, de Chypre en 1571, de la Crète en 1700 et de toutes les îles vénitiennes de la Méditerranée orientale, des possessions sur la côte Yougoslave…. La brillante victoire navale de Lépante (en Grèce dans le golfe de Patras) le 7 octobre 1571, ne modifia pas le cours des choses. C'est donc d'une Venise très affaiblie dont s'empara Bonaparte en 1797.

Si l'on veut résumer : dans l'histoire de Venise, il y eut 8 siècles d'expansion puis 3 siècles de déclin. « La Roche tarpéienne est proche du Capitole » disaient les Romains mais la chute est toujours plus rapide que l 'ascension !

J.D. 26 février 2016

empires de Venise et Gênes, fin XIVe siècle

empires de Venise et Gênes, fin XIVe siècle

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 15:58

1-en Grèce :

Les chevaux de Saint Marc ont été sculptés en Grèce vers le 4ème siècle avant notre ère, probablement par le sculpteur Lysippe. Ils sont en cuivre (98% de cuivre, 1% d'étain, 1% de plomb, ce qui les fait appeler parfois : « chevaux de bronze ») et faisaient partie d'un quadrige. Ils auraient d'abord été dans l'île de Chio. Chaque cheval pèse 900 kgs, mesure 2,53 mètres sur 2,33 mètres de haut.

2-à Rome :

ils furent transférés à Rome au temps de Néron (1er siècle de notre ère) pour orner sa maison, récupérés au second siècle par Trajan pour son arc de Triomphe

3-à Byzance :

transportés à Constantinople par Constantin pour orner l'hippodrome au quatrième siècle (c'est en 330 que Constantin transféra la capitale de l'empire romain à Constantinople).

4-à Venise :

Les Vénitiens s'en emparèrent en 1204.

Lors de la quatrième croisade pour aller délivrer la ville de Jérusalem occupée par les musulmans, les croisés firent appel à la flotte vénitienne pour les transporter en terre sainte. Mais le doge de Venise (Enrico Dandolo) emmena les croisés prendre la ville chrétienne de Constantinople pour la piller. Venise en rapporta un important butin.

Ils ornent la façade de Saint Marc depuis 1254.

5-à Paris :

pris par Bonaparte qui les fait installer devant les Tuileries en 1798 puis sur l'arc de triomphe du Caroussel en 1808. Ils furent déposés de Venise le 13 décembre 1797, acheminés par voie de mer jusqu'à Toulon où ils arrivèrent le 6 avril 1798. Ce transport par mer n'est pas véritablement un exploit si l'on pense par exemple à Pyrrhus qui fit transporter par mer 23 siècles plus tôt une armée entière avec éléphants et chevaux. Les chevaux de Saint Marc furent transportés ensuite par voie fluviale d'Arles, via le Rhône, la Saône, le canal du Centre, la Loire, les canaux de Briare et du Loing et enfin la Seine. Ils arrivèrent à Paris le 17 juillet 1798

6-à Venise :

Ils furent restitués à Venise par les Autrichiens en 1815 (à l'époque Venise avait été annexée par l'Autriche, ce qui explique la générosité de l'Autriche vis-à-vis de Venise), mis à l'abri à Rome durant la première guerre mondiale, puis dans un monastère près de Padoue durant la seconde guerre mondiale, protégés de la pollution en 1981 dans le musée Saint Marc après une restauration. C'est au cours de cette restauration qu'ils purent être datés. Ils sont remplacés par des copies sur le façade de Saint Marc ainsi que sur l'arc de triomphe du Carrousel à Paris.

Ces chevaux furent vraiment des chevaux voyageurs.

J.D. 21 février 2015

en complément voir la note N°227 sur le lion de Saint Marc http://jean.delisle.over-blog.com/2015/03/le-lion-de-saint-marc-n-227.html

en haut, chevaux originaux, au centre copies sur la façade de Saint Marc, au premier plan les Tétrarques, en bas : reproductions miniature au musée Correr de Venise

en haut, chevaux originaux, au centre copies sur la façade de Saint Marc, au premier plan les Tétrarques, en bas : reproductions miniature au musée Correr de Venise

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 20:57

 

Voici un texte qui me parait intéressant sur la Révolution française. Il est d'Alexandre Dumas ; extrait de son roman historique « Les Blancs et les Bleus » publié en 1867 en feuilleton et en 1868 en livre.

Ces extraits se trouvent dans la partie 2 de l’œuvre, intitulée « le 13 vendémiaire », à partir du chapitre 1, le texte de Dumas est en italique, le reste constitue des précisions que j'ai ajoutées pour éclairer le texte de Dumas :

« ...ces deux terribles et cependant inévitables années 1794 et 1795...la Révolution avait dévoré ses enfants. Voyons à l’œuvre cette terrible marâtre.

Le 5 avril 1794, les cordeliers ont été exécutés.

Danton, Camille Desmoulins, Basire, Chabot, Lacroix, Hérault de Séchelles, et le pauvre poète martyr Fabre d'Eglantine, l'auteur de la plus populaire de nos chansons populaires : il pleut, il pleut bergère, sont morts ensemble, sur le même échafaud, où les ont poussés Robespierre, Saint-Just, Merlin (de Douai), Couthon, Collot d'Herbois, Fouché (de Nantes) et Vadier.

Puis est arrivé le jour des jacobins.

Vadier, Tallien, Billaud, Fréron accusent Robespierre d'avoir usurpé la dictature, et Robespierre, la mâchoire brisée d'un coup de pistolet (coup de pistolet attribué au gendarme Merda), Saint-Just, la tête haute, Couthon, les deux jambes broyées, Lebas, leurs amis enfin, tous ensemble, au nombre de vingt-deux, sont exécutés le lendemain de cette tumultueuse journée qui, dans l'histoire, porte la date fatale du 9-Thermidor (27 juillet 1794).

Le 10 thermidor, la Révolution vivait toujours, parce que la Révolution était immortelle, et qu'il n'appartient pas à un parti qui s'élève ou qui tombe de la tuer ; la Révolution vivait toujours, mais la République était morte !

Avec Robespierre et Saint-Just, la République a été décapitée...

Le lendemain et le surlendemain, quatre-vingt-deux jacobins suivirent Robespierre, Saint-Just et leurs amis sur la place de la Révolution. (c'est là que se trouvait la guillotine, aujourd'hui place de la Concorde)...

Le 17 mai 1795, un décret fermait définitivement la salle des Jacobins, berceau de la Révolution, soutien de la République. (créé en 1789, le club des Jacobins s'était installé dans l'ancien couvent des Jacobins rue Saint Honoré. Ce couvent appartenait à l'ordre des Dominicains , dont le premier établissement à Paris était situé rue Saint Jacques, ce qui fait qu'indirectement les terribles révolutionnaires jacobins devaient leur nom à ...Saint Jacques !)

Fouquier-Tinville, l'accusateur public, le collègue de la hache du bourreau, qui n'était pas plus coupable qu'elle, puisqu'il n'avait fait qu'obéir aux ordres du Tribunal révolutionnaire, comme la hache lui avait obéi à lui-même, Fouquier-Tinville est guillotiné avec quinze juges ou jurés du Tribunal révolutionnaire.

Pour que la réaction soit complète, l'exécution a lieu en place de Grève.
L'ingénieuse invention de M. Guillotin a repris sa première place : seulement, les gibets ont disparu : l'égalité de la mort est consacrée.
(la guillotine fonctionna en France pour la première fois le 25 avril 1792 place de Grève, actuelle place de l'Hôtel de Ville, avant d'être déplacée place du Carrousel puis place de la Révolution, où furent exécutés Louis XVI, Marie Antoinette, Danton, Robespierre etc).

Le 1er prairial (il s'agit du premier prairial an III, c'est-à-dire du 20 mai 1795), Paris s'aperçoit que décidément il meurt de faim. La famine pousse les faubourgs sur la Convention. Hâves, déguenillés, affamés, ils envahissent la salle des séances ; le député Féraud est tué en voulant défendre le président Boissy d'Anglas.

Vu le trouble que cet événement a porté dans l'assemblée, Boissy d'Anglas s'est couvert.
On lui présente la tête de Féraud au bout d'une pique. Il se découvre pieusement, salue et remet son chapeau sur sa tête.

Seulement, pendant ce salut, de demi-révolutionnaire qu'il était, Boissy d'Anglas est devenu à moitié royaliste....

...Fréron (né à Paris en 1754, d'abord journaliste, ce Fréron fut élu député de Paris à la Convention le 14 septembre 1792, il siégea avec les Montagnards) ne savait pas s'arrêter dans sa cruauté, ne sachant point s'arrêter dans sa faiblesse. Envoyé à Marseille (il agissait comme député de la Convention « représentant du peuple en mission », il représentait en fait le Tribunal révolutionnaire qui avait été institué le 10 mars 1793) , il en fut l'épouvante. Carrier avait noyé à Nantes, Collot d'Herbois avait fusillé à Lyon ; à Marseille, Fréron fit mieux : il mitrailla.

Un jour qu'il supposait, après une décharge d'artillerie, que quelques-uns des condamnés s'étaient laissés tomber en même temps que ceux qui avaient été atteints et contrefaisaient les morts, le temps lui manquant pour passer, avant la nuit, la revue des survivants, il cria :

Que ceux qui ne sont pas morts se relèvent, la patrie leur pardonne.
Les malheureux qui étaient restés sains et saufs crurent à cette parole et se relevèrent.
Feu ! Cria Fréron.

Et l'artillerie recommença ; seulement, cette fois, la besogne était bien faite, personne ne se releva plus.....(cela se passa fin octobre 1793, en bas de la Canebière. Fin décembre 1793, le même Fréron organisait les massacres à Toulon).

Quand il revint à Paris, Paris avait fait un pas vers la clémence ; l'ami de Robespierre se fit son ennemi, le jacobin fit un pas en arrière et se trouva être cordelier. Il flairait le 9-Thermidor...

...Elle (il s'agit de la Convention qui gouverna la France du 21 septembre 1792 au 26 octobre 1795. C'est durant cette période que se situe « la Terreur » qui fit selon les estimations 200.000 morts en France dont 40.000 par la guillotine) avait été mère cruelle.

Elle avait dévoré les girondins, les cordeliers et les jacobins, c'est-à-dire les plus éloquents, les plus énergiques, les plus intelligents de ses enfants.
Mais elle a été fille dévouée.

Elle a combattu à la fois, et avec succès, les ennemis du dehors et les ennemis du dedans.
Elle a maintenu l'unité et l'indivisibilité de la France.

Elle a mis quatorze armées sur pied ; elle les a mal nourries, c'est vrai ; mal habillées, c'est vrai ; mal chaussées, c'est vrai ; plus mal payées encore. Qu'importe ! Ces quatorze armées ont non seulement partout repoussé l'ennemi hors de la frontière, mais elles ont pris le comté de Nice, la Savoie, fait une pointe en Espagne et mis la main sur la Hollande.

Elle a créé le grand-livre de la dette nationale , l'Institut, l'Ecole polytechnique, l'Ecole normale, le musée du Louvre et le Conservatoire des arts et métiers.(Dumas fait plusieurs oublis dont le principal est l'instauration du système métrique).
Elle a rendu huit mille trois cent soixante-dix décrets, la plupart révolutionnaires.

Elle a donné aux hommes et aux choses un caractère excessif. La grandeur était gigantesque, le courage téméraire, le stoïcisme impassible.

Jamais plus froid dédain n'a été professé pour le bourreau, jamais le sang n'a été répandu avec moins de remords.

Veut-on savoir pendant ces deux ans (en fait 3), c'est-à-dire de 1793 à 1795, combien il y a eu de partis en France ?

Il y en a eu trente-trois. Veut-on connaître les noms donnés à chacun d'eux ? :

Ministériels -Partisans de la vie civile – Chevaliers du poignard – Hommes du 10 août -Septembriseurs -Girondins -Brissotins -Fédéralistes -Hommes d'Etat -Hommes du 31 Mai -Modérés -Suspects -Hommes de la plaine -Crapauds du Marais -Montagnards.
Voilà pour 1793 seulement. Passons à 1794 et à 1795 :

Alarmistes -Apitoyeurs -Avilisseurs -Endormeurs -Emissaires de Pitt et Cobourg -Muscadins -Hébertistes -Sans-culottes -Contre-révolutionnaires -Habitants de la crête -Terroristes -Maratistes -Egorgeurs -Buveurs de sang -Thermidoriens -Patriotes de 1789 -Compagnons de Jéhu -Chouans. …

...La Révolution ne pouvait être bien défendue que par ceux qui l'avaient faite, et qui avaient intérêt à la perpétuer. Or quels étaient ceux-là ?

Les conventionnels qui avaient aboli la constitution féodale le 14 juillet et le 4 août 1789 ; qui avaient renversé le trône le 10 août 1792 ; qui, le 21 janvier (1793) avaient fait tomber la tête du roi ; et qui, du 21 janvier jusqu'au jour où l'on était arrivé, avaient lutté contre l'Europe, avaient lassé la Prusse et l'Espagne, au point de leur faire demander la paix, et avaient repoussé l'Autriche au-delà de nos frontières....

...Ainsi, cette grande Convention nationale de France, qui avait renversé une monarchie de huit siècles, qui avait fait chanceler tous les trônes, qui avait fait trembler l'Europe, qui avait chassé les Anglais de la Hollande, les Prussiens et les Autrichiens de la Champagne et de l'Alsace ; repoussé l'Espagne à soixante lieues au-delà des Pyrénées ; écrasé deux Vendées, cette grande Convention nationale de France qui venait de réunir à la France Nice, la Savoie, la Belgique et le Luxembourg ; dont les armées, débordant sur l'Europe, avaient franchi le Rhin comme un ruisseau et menaçaient de poursuivre jusqu'à Vienne l'aigle de la maison de Habsbourg, la Convention ne possédait plus à Paris que le cours de la Seine, de la rue Dauphine à la rue du Bac, et, de l'autre côté de la rivière (en fait du fleuve la Seine) que le terrain compris entre la place de la Révolution et la place des Victoires, n'ayant pour la défendre contre tout Paris que cinq mille hommes et un général à peu près inconnu »

La scène ci-dessus se passe la veille du 13 vendémiaire, c'est-à-dire le 4 octobre 1795. La convention est face à une insurrection de grande ampleur conduite par les royalistes qui sont quasiment maîtres de Paris. Le général inconnu dont il est question est Napoléon Bonaparte, que Barras va chercher pour sauver la Convention.

Bonaparte envoie Murat récupérer des canons grâce auxquels il va foudroyer la noblesse sur le parvis de l'église Saint Roch, sauvant ainsi la Convention, mais l'on connaît la suite. Quelques jours plus tard, la Convention fait place au Directoire dominé par Barras. Pour prix de ses services, Bonaparte est nommé général en chef de l'armée d'Italie où il accumule les victoires avant de partir pour l'Egypte et d'en revenir pour le coup d'Etat du 18 brumaire qui renversa le Directoire pour le Consulat avec comme premier consul....Bonaparte.

« Le changement c'est maintenant » pourrait être le slogan de toutes les révolutions. Mais ce slogan ne dit pas si le changement va être en mieux ou en pire !

J.D. 24 février 2013

assignat révolutionnaire de 1795 ou 1796

assignat révolutionnaire de 1795 ou 1796

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 09:12

 

 

 

Le 14 juin 1800 est le jour de la bataille de Marengo. Le lieu est situé dans le Piémont italien à l'est d'Alexandrie (Alessandria). Cette bataille opposa l'armée française commandée par le général Bonaparte déjà premier Consul à l'armée autrichienne commandée par le général Mélas. D'abord malmenée, l'armée française finit par l'emporter grâce à l'arrivée d'un renfort important, celui de Louis Desaix général de division à la tête de 9.000 hommes, complétée par une charge de cavalerie menée par Kellerman et Murat. C'est à l'occasion de cette seconde campagne d'Italie que Bonaparte et ses troupes avaient franchi à la mi-mai le col du Grand Saint Bernard.

A l'intérieur, cette victoire permit à Bonaparte de consolider sa position de Premier Consul acquise après le coup d'état du 18 brumaire (9 novembre 1799) et le remplacement du Directoire par le Consulat. Elle lui permit aussi de s'affirmer contre d'autres généraux comme Moreau.

A l'extérieur, cette victoire livra l'Italie à la France au détriment des ambitions autrichiennes. Complétée par les victoires de Moreau sur l'armée autrichienne en Bavière et Autriche (la dernière eut lieu à Hohenlinden, dans la banlieue de Munich, le 3 décembre 1800) elle mit fin à la deuxième campagne d'Italie de Bonaparte ainsi qu'à la seconde coalition de l'Europe contre la France (il y eut 7 coalitions contre la France de 1792 à 1815) et entraîna la paix avec l'Autriche par le traité de Luneville le 9 février 1801, la paix avec le royaume de Naples par le traité de Florence le 18 mars 1801, la paix avec la Russie par le traité de Paris le 8 octobre 1801. Restée seule, l'Angleterre finit, elle aussi, par signer la paix par le traité d'Amiens le 25 mars 1802.

En France Bonaparte était en concurrence avec Moreau. Ce dernier s'exila d'abord aux USA puis se mit au service du tsar de Russie. Il participa à la bataille de Dresde (sur l'Elbe en Saxe) le 27 août 1813, du côté des alliés contre la France. Il fut blessé mortellement au cours de cette bataille. Le tsar de Russie fit inhumer Moreau dans la cathédrale de Saint Pétersbourg (où il est toujours) et Louis XVIII lui décerna le titre de maréchal de France à titre posthume (en 1814 durant la première restauration). Il est vrai que le futur Louis XVIII avait quitté la France en juin 1791 au moment où son frère (Louis XVI), sa belle-sœur (Marie-Antoinette) et son neveu (le dauphin) étaient arrêtés à Varennes. Réfugié à Gand, il fut alors surnommé « notre père de Gand ». Il revint en France en septembre 1792 à la tête d'une armée pour participer à l'invasion du pays aux côtés des coalisés. Invasion qui fut arrêtée comme chacun sait à Valmy le 20 septembre 1792. Le futur Louis XVIII se réfugia, après Valmy, d'abord en Russie puis en Angleterre avant de revenir en France durant l'exil de Napoléon à l'île d'Elbe puis après Waterloo.

Quoi qu'il en soit, pour les historiens le 14 juin 1800 fut pour le futur empereur un jour de gloire. De mon avis et malgré ce succès à Marengo il fut pour Napoléon un jour néfaste, car il perdit ce jour là (certains historiens écrivent « le même jour, à la même heure ») 2 de ses meilleurs généraux, peut-être les 2 meilleurs. Il s'agit de Louis Desaix tué à Marengo alors que son intervention avait permis la victoire et de Jean-Baptiste Kléber assassiné au Caire par un musulman fanatique.

*Jean-Baptiste Kléber: né à Strasbourg le 9 mars 1753. Fut militaire dans l'armée autrichienne à compter de 1777. Il s'engagea dans l'armée française du Rhin en 1792. Fut promu général de brigade le 17 août 1793. A ce titre il participa à la guerre de Vendée contre les chouans, puis passa à l'armée du Nord et prit part à la bataille de Fleurus. Enfin, il partit avec l'armée d'Egypte et Bonaparte le 19 mai 1798. Cette campagne d'Egypte avait été souhaitée par le Directoire, qui renonçant à envahir l'Angleterre imagina de couper la route des Indes aux Anglais en prenant l'Egypte. Pour le Directoire cela permettait en outre d'éloigner Bonaparte dont la popularité après sa première campagne d'Italie inquiétait les Directeurs. Kléber prit une part très active à la conquête de l'Egypte et Bonaparte le nomma commandant en chef de l'armée d'Egypte (appelée aussi armée d'Orient) le 22 août 1799, lorsque qu'il rentra en France pour régler les problèmes intérieurs. Les Anglais persuadés que l'armée française d'Egypte était affaiblie poussèrent les Ottomans à passer à l'offensive. La flotte anglaise débarqua une armée ottomane à Damiette (sur la branche orientale du delta du Nil) le 1er novembre 1799. Cette armée fut rapidement rejetée à la mer. Durant le même temps, une armée ottomane de 60.000 soldats envahissait le delta par la voie de terre, et la population du Caire prévenue se soulevait contre l'armée française. Kléber qui ne disposait plus que de 10.000 hommes commença par affronter, le 20 mars 1800, l'armée ottomane à Héliopolis (ville située sur le Nil à l'endroit où ce fleuve se sépare pour former le delta du Nil). Malgré la disproportion des forces, Kléber fut vainqueur dans cette bataille d'Héliopolis . Les Ottomans eurent 3000 tués, les Français moins de 300. Kléber put ensuite se retourner contre la population du Caire qui fut vite matée.

Après l'assassinat de Kléber le 14 juin 1800 par un « musulman fanatique » (qui fut pris, condamné à mort et empalé), ce fut Menou qui prit le commandement de l'armée d'Egypte. Celui-ci, indécis, ne sut faire face à la situation et l'armée française dut abandonner l'Egypte. Cet abandon de l'Egypte par la France fut bénéfique pour l'Angleterre. Si Kléber n'avait pas été assassiné... mais on ne refait pas l'Histoire ! Kléber fut inhumé à Strasbourg au centre de la place d'Armes (devenue ensuite place Kléber) une statue en bronze au dessus de son caveau fut inaugurée le 14 juin 1840. Ajoutons que Kléber avait fondé à Alexandrie une loge « Isis » dont il fut le Vénérable-Maître.

*Louis Desaix: Louis Desaix est né en Auvergne le 17 août 1768 (à ne pas confondre avec le général Joseph Dessaix né en 1764 à Thonon-les-Bains).

Louis Desaix fut sous-lieutenant dans le régiment de Bretagne en 1791, puis aide de camp à l'armée du Rhin en 1792 où il devint général de brigade, puis général de division à l'armée Rhin-et-Moselle en 1794. Enfin il s'embarque pour l'Egypte avec Bonaparte. Il participe à la prise de Malte en 1798 et Bonaparte l'envoie à la poursuite de Mourad Bey après la bataille des Pyramides (21 juillet 1798). Desaix est vainqueur de Mourad Bey et de ses Mamelouks le 7 octobre 1799 à Sedyman dans le Faïoum (à une centaine de kms au sud du Caire) Rejoint par Davout et sa cavalerie, Desaix se lance alors à la poursuite de Mourad Bey et remonte le Nil. C'est à cette occasion que les soldats et les savants qui les accompagnent, découvrent les sites merveilleux de Denderah, Louqsor/Karnak, Edfou, Assouan, Philae.... Desaix fait enfin la conquête de la Haute Egypte avant de repartir pour la France le 3 mars 1800 et de rejoindre Bonaparte en Italie où son intervention permit la victoire de Marengo mais aussi où il perdit la vie. Bonaparte le fit inhumer dans la chapelle des Hospitaliers du Grand Saint Bernard. Une statue en bronze de Louis Desaix fut inaugurée à Clermont-Ferrand le 13 août 1848, place de Jaude juste en face de la statue équestre de Vercingétorix.

 

Quels auraient été les événements si Desaix et Kléber n'avaient pas été tués le 14 juin 1800 ? Kléber aurait-il supporté longtemps l'autorité de Bonaparte ? Rien n'est moins certain mais on ne réécrit pas l'histoire.

J.D. 16 février 2013

Napoléon à la citadelle de Sisteron, photo J.D. 13 octobre 2011 et le Maréchal Foch place Kléber à Strasbourg en décembre 1918 où lui fut remis le sabre de Kléber (vainqueur de Fleurus etc) document "Le Miroir" du 8 décembre 1918Napoléon à la citadelle de Sisteron, photo J.D. 13 octobre 2011 et le Maréchal Foch place Kléber à Strasbourg en décembre 1918 où lui fut remis le sabre de Kléber (vainqueur de Fleurus etc) document "Le Miroir" du 8 décembre 1918

Napoléon à la citadelle de Sisteron, photo J.D. 13 octobre 2011 et le Maréchal Foch place Kléber à Strasbourg en décembre 1918 où lui fut remis le sabre de Kléber (vainqueur de Fleurus etc) document "Le Miroir" du 8 décembre 1918

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 15:46

 

 

Les Républiques italiennes et leurs ancêtres :

 

La République bolonaise ou bolognaise

En mars 1796, Barras au nom du Directoire nomma Bonaparte général en chef de l'armée d'Italie. Bonaparte né le 15 août 1769 n'avait pas encore 27 ans (à 16 ans il était lieutenant et à 24 général de brigade). Bonaparte était envoyé pour combattre une coalition du Piémont et de l'Autriche.

L'armée piémontaise de Victor-Amédée III était vaincue à Mondovi le 21 avril 1796. Le 28 avril 1796, à l'occasion de l'armistice de Cherasco, Victor-Amédée III cédait la Savoie et Nice à la France, ce qui n'était qu'une régularisation, puisque la France occupait ces territoires.

L'armée autrichienne de l'Archiduc d'Autriche François II fut battue à Montenotte le 12 avril, à Dego le 13 avril, à Millesimo le 14 avril, à Lodi le 10 mai, à Lonato le 3 août, à Castiglione le 5 août, à Arcole les 16 et 17 novembre et à Rivoli le 14 janvier 1797.

Les empereurs du Saint Empire Romain Germanique avaient aussi le titre « d'Archiducs d'Autriche » depuis que les Habsbourg s'étaient imposés sur l'Empire Dès 1278 Vienne était devenue la capitale de ce Saint Empire Romain Germanique. Ils prirent le nom « d'Empereurs d'Autriche » avec la disparition du Saint Empire Romain Germanique, ainsi François II deviendra le 11 août 1804 le premier empereur d'Autriche sous le nom de François 1er, tandis que le Saint Empire Romain germanique disparaît officiellement le 6 août 1806.

Bonaparte en profita pour réorganiser complètement l'Italie très divisée et ce depuis des siècles. Il commença par créer une série de Républiques appelées « Républiques sœurs » (de la République française) avant d'arriver au royaume d'Italie dont il fut roi.

La République bolonaise (Bologne faisait partie des états pontificaux) créée en 1796 n'eut qu'une brève existence puisqu'elle fut rattachée à la République Cispadane le 16 octobre 1796

La République cispadane

Elle fut proclamée à Modène par Bonaparte le 16 octobre 1796, un gouvernement était formé dès le 7 janvier 1797 et la constitution fut, elle, proclamée le 19 mars 1797. Cette république eut Modène pour capitale. Elle permit d'abord de réunir les anciennes provinces de Bologne, Ferrare, Modène, Reggio d'Emilie, à partir du 30 janvier 1797, cette République s'agrandit des pays de Massa et de Carrare, puis de la Romagne (région de Ravenne) à partir du 19 février 1797. C'est le 7 janvier 1797 que les représentants de Bologne, Ferrare, Modène et Reggio Emilia, réunis à Reggio, adoptèrent le drapeau tricolore (vert, blanc, rouge) qui deviendra le drapeau italien.

Cette République cispadane qui réunissait des territoires au sud du Pô, fut unie à la République transpadane au nord du Pô pour former la République Cisalpine le 29 juin 1797

La République transpadane

Elle fut proclamée par Bonaparte le 15 octobre 1796. Elle correspondait à l'ancien royaume de Lombardie (Milan, Bergame, Crema)

Cette République, qui eut sa capitale à Milan, fut unie à la République cispadane dans la République Cisalpine le 29 juin 1797.

La République cisalpine

Cette République fut créée par réunion des Républiques cispadane et transpadane en juin 1797. Une constitution fut adoptée le 8 juillet 1797. Milan était la capitale de ce nouvel état, Le pouvoir exécutif était confié à 5 ministres formant un directoire. La République lors de sa création s'étendait sur 42.500 kms2 et comptait 3.240.000 habitants. Elle fut divisée en 20 départements. Un fort contingent de l'armée française resta stationné en République cisalpine aux frais de celle-ci.
Cette République prit fin une première fois suite à l'invasion Austro-Russe d'avril 1799 (Milan était réoccupée le 29 avril). La République Cisalpine fut restaurée après la victoire française de Marengo le 14 juin 1800. Cette République prit le nom de « république italienne » le 26 janvier 1802, puis devint le royaume d'Italie le 17 mars 1805 avec Napoléon comme roi et Eugène de Beauharnais comme vice-roi.

 

Les Républiques italiennes

La première République italienne: La première République italienne fut donc celle qui succéda à la République Cisalpine le 26 janvier 1802 avant de devenir le royaume d'Italie, lequel compta 24 départements soit un peu plus que la République cisalpine. Liste des 24 départements : Adda, Adige, Adriatique, Agogna, Bacchiglione, Bas-Pô, Brenta, Crostolo, Haut-Adige, Haut-Pô, Lario, Mella, Métaure, Mincio, Musone, Olona, Panaro, Passariano, Piave, Reno, Rubicon, Serio, Tagliamento, Tronto. Ce royaume d'italie prit fin à la chute de Napoléon 1er.

La seconde République italienne : Après le débarquement des alliés en Sicile le 10 juillet 1943 et dans le sud de l'Italie les 3 et 9 septembre 1943, le roi d'Italie Victor-Emmanuel III qui espérait faire oublier sa collaboration depuis 1922 avec le parti fasciste et Mussolini, avait fait arrêter Mussolini à Rome, le 25 juillet 1943. Fin août, Mussolini avait été transféré à Campo Imperatore sur le Gran Sasso (massif des Abbruzes). C'est là qu'il fut libéré par un commando parachutiste allemand le 12 septembre 1943. D'abord conduit à Munich où il rencontra Hitler le 14 septembre, Mussolini annonça le 18 septembre à la radio de Munich la création de « la République sociale italienne » et du Parti fasciste républicain en remplacement du Parti national fasciste. Durant le même temps, pour faire face à l'offensive alliée, les Allemands avaient envahi l'Italie. Mussolini rentra en Italie le 23 septembre 1943 et dès le 27, un gouvernement était constitué. Théoriquement, Rome restait la capitale de cette République, mais de fait, elle fut à Salo sur la rive ouest du lac de Garde, les ministères étant répartis en différents lieux entre Milan et le lac de Garde. Cette République fut, de ce fait, à l'époque, appelée « République de Salo » – (avec un accent sur le o mais mon clavier ne connait pas). Un arministice avait été signé avec les alliés à Rome le 8 septembre. L'Italie fut ainsi divisée en deux durant quelques mois : au sud, l'Italie des alliés et du Roi, et au nord, l'Italie des Allemands et de Mussolini. Une première ligne de démarcation appelée « ligne Gustave » sépara l'Italie en deux. Cette ligne située au sud de Rome passait par le Mont Cassin. Puis avec l'avance des alliés, il y eut une seconde ligne appelée « ligne gothique ». Celle-ci traversait l'Italie à peu près à la hauteur de Rimini c'est-à-dire nettement plus au nord que la première ligne de défense allemande. Cette République de Salo collabora avec les nazis dans la politique anti-juive et également pour fournir des otages à chaque fois qu'un soldat allemand était tué par la résistance qui s'était organisée au nord de l'Italie (10 otages fusillés pour chaque soldat allemand). Dans de nombreuses villes d'Italie du Nord, la résistance prit le pouvoir et proclama des Républiques locales. Une vingtaine virent ainsi le jour, mais la plupart n'eurent qu'une brève existence (2 mois au plus) car à chaque fois, l'armée allemande intervenait et rétablissait l'administration de la République de Mussolini.

Lors de la grande offensive alliée en 1945, au nord de l'Italie, Mussolini et quelques membres de sa suite tentèrent de fuir l'Italie à bord d'une colonne allemande. Cette colonne fut stoppée par des partisans le 25 avril 1945 à Dongo au nord du lac de Côme. Mussolini arrêté fut fusillé avec sa maitresse (Clara Petacci) le 28 avril. Leurs cadavres ainsi que quelques autres de leur suite, furent amenés à Milan et pendus par les pieds pour être exposés à la foule.

Ainsi prenait fin cette République sociale italienne.

La troisième République italienne: c'est l'actuelle République. Celle-ci vit le jour après un référendum le 2 juin 1946, où les Italiens et les Italiennes (qui votaient pour la première fois) eurent à choisir entre la poursuite de la royauté ou l'avènement de la République. Officiellement 54% des votants se prononcèrent pour la République, ce qui mit fin à la royauté et en même temps à la dynastie des souverains de Savoie.

J.D. 4 juin 2011

Nota : ce texte fait partie d'une série de trois. Le premier intitulé "les Républiques romaines" est déjà sur le blog, et après celui-ci, il reste à venir le dernier qui sera intitulé "les Républiques en Italie".

 

 

 

 

 

 

 

 

le palais du Quirinal en 1833 (tableau Agostino Tofanelli). Depuis 1947, résidence des Présidents de la République italienne

le palais du Quirinal en 1833 (tableau Agostino Tofanelli). Depuis 1947, résidence des Présidents de la République italienne

Napoléon remet le code civil à la ville de Rome, esquisse pour la décoration du Quirinal

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