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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 15:46

 

 

Les Républiques italiennes et leurs ancêtres :

 

La République bolonaise ou bolognaise

En mars 1796, Barras au nom du Directoire nomma Bonaparte général en chef de l'armée d'Italie. Bonaparte né le 15 août 1769 n'avait pas encore 27 ans (à 16 ans il était lieutenant et à 24 général de brigade). Bonaparte était envoyé pour combattre une coalition du Piémont et de l'Autriche.

L'armée piémontaise de Victor-Amédée III était vaincue à Mondovi le 21 avril 1796. Le 28 avril 1796, à l'occasion de l'armistice de Cherasco, Victor-Amédée III cédait la Savoie et Nice à la France, ce qui n'était qu'une régularisation, puisque la France occupait ces territoires.

L'armée autrichienne de l'Archiduc d'Autriche François II fut battue à Montenotte le 12 avril, à Dego le 13 avril, à Millesimo le 14 avril, à Lodi le 10 mai, à Lonato le 3 août, à Castiglione le 5 août, à Arcole les 16 et 17 novembre et à Rivoli le 14 janvier 1797.

Les empereurs du Saint Empire Romain Germanique avaient aussi le titre « d'Archiducs d'Autriche » depuis que les Habsbourg s'étaient imposés sur l'Empire Dès 1278 Vienne était devenue la capitale de ce Saint Empire Romain Germanique. Ils prirent le nom « d'Empereurs d'Autriche » avec la disparition du Saint Empire Romain Germanique, ainsi François II deviendra le 11 août 1804 le premier empereur d'Autriche sous le nom de François 1er, tandis que le Saint Empire Romain germanique disparaît officiellement le 6 août 1806.

Bonaparte en profita pour réorganiser complètement l'Italie très divisée et ce depuis des siècles. Il commença par créer une série de Républiques appelées « Républiques sœurs » (de la République française) avant d'arriver au royaume d'Italie dont il fut roi.

La République bolonaise (Bologne faisait partie des états pontificaux) créée en 1796 n'eut qu'une brève existence puisqu'elle fut rattachée à la République Cispadane le 16 octobre 1796

La République cispadane

Elle fut proclamée à Modène par Bonaparte le 16 octobre 1796, un gouvernement était formé dès le 7 janvier 1797 et la constitution fut, elle, proclamée le 19 mars 1797. Cette république eut Modène pour capitale. Elle permit d'abord de réunir les anciennes provinces de Bologne, Ferrare, Modène, Reggio d'Emilie, à partir du 30 janvier 1797, cette République s'agrandit des pays de Massa et de Carrare, puis de la Romagne (région de Ravenne) à partir du 19 février 1797. C'est le 7 janvier 1797 que les représentants de Bologne, Ferrare, Modène et Reggio Emilia, réunis à Reggio, adoptèrent le drapeau tricolore (vert, blanc, rouge) qui deviendra le drapeau italien.

Cette République cispadane qui réunissait des territoires au sud du Pô, fut unie à la République transpadane au nord du Pô pour former la République Cisalpine le 29 juin 1797

La République transpadane

Elle fut proclamée par Bonaparte le 15 octobre 1796. Elle correspondait à l'ancien royaume de Lombardie (Milan, Bergame, Crema)

Cette République, qui eut sa capitale à Milan, fut unie à la République cispadane dans la République Cisalpine le 29 juin 1797.

La République cisalpine

Cette République fut créée par réunion des Républiques cispadane et transpadane en juin 1797. Une constitution fut adoptée le 8 juillet 1797. Milan était la capitale de ce nouvel état, Le pouvoir exécutif était confié à 5 ministres formant un directoire. La République lors de sa création s'étendait sur 42.500 kms2 et comptait 3.240.000 habitants. Elle fut divisée en 20 départements. Un fort contingent de l'armée française resta stationné en République cisalpine aux frais de celle-ci.
Cette République prit fin une première fois suite à l'invasion Austro-Russe d'avril 1799 (Milan était réoccupée le 29 avril). La République Cisalpine fut restaurée après la victoire française de Marengo le 14 juin 1800. Cette République prit le nom de « république italienne » le 26 janvier 1802, puis devint le royaume d'Italie le 17 mars 1805 avec Napoléon comme roi et Eugène de Beauharnais comme vice-roi.

 

Les Républiques italiennes

La première République italienne: La première République italienne fut donc celle qui succéda à la République Cisalpine le 26 janvier 1802 avant de devenir le royaume d'Italie, lequel compta 24 départements soit un peu plus que la République cisalpine. Liste des 24 départements : Adda, Adige, Adriatique, Agogna, Bacchiglione, Bas-Pô, Brenta, Crostolo, Haut-Adige, Haut-Pô, Lario, Mella, Métaure, Mincio, Musone, Olona, Panaro, Passariano, Piave, Reno, Rubicon, Serio, Tagliamento, Tronto. Ce royaume d'italie prit fin à la chute de Napoléon 1er.

La seconde République italienne : Après le débarquement des alliés en Sicile le 10 juillet 1943 et dans le sud de l'Italie les 3 et 9 septembre 1943, le roi d'Italie Victor-Emmanuel III qui espérait faire oublier sa collaboration depuis 1922 avec le parti fasciste et Mussolini, avait fait arrêter Mussolini à Rome, le 25 juillet 1943. Fin août, Mussolini avait été transféré à Campo Imperatore sur le Gran Sasso (massif des Abbruzes). C'est là qu'il fut libéré par un commando parachutiste allemand le 12 septembre 1943. D'abord conduit à Munich où il rencontra Hitler le 14 septembre, Mussolini annonça le 18 septembre à la radio de Munich la création de « la République sociale italienne » et du Parti fasciste républicain en remplacement du Parti national fasciste. Durant le même temps, pour faire face à l'offensive alliée, les Allemands avaient envahi l'Italie. Mussolini rentra en Italie le 23 septembre 1943 et dès le 27, un gouvernement était constitué. Théoriquement, Rome restait la capitale de cette République, mais de fait, elle fut à Salo sur la rive ouest du lac de Garde, les ministères étant répartis en différents lieux entre Milan et le lac de Garde. Cette République fut, de ce fait, à l'époque, appelée « République de Salo » – (avec un accent sur le o mais mon clavier ne connait pas). Un arministice avait été signé avec les alliés à Rome le 8 septembre. L'Italie fut ainsi divisée en deux durant quelques mois : au sud, l'Italie des alliés et du Roi, et au nord, l'Italie des Allemands et de Mussolini. Une première ligne de démarcation appelée « ligne Gustave » sépara l'Italie en deux. Cette ligne située au sud de Rome passait par le Mont Cassin. Puis avec l'avance des alliés, il y eut une seconde ligne appelée « ligne gothique ». Celle-ci traversait l'Italie à peu près à la hauteur de Rimini c'est-à-dire nettement plus au nord que la première ligne de défense allemande. Cette République de Salo collabora avec les nazis dans la politique anti-juive et également pour fournir des otages à chaque fois qu'un soldat allemand était tué par la résistance qui s'était organisée au nord de l'Italie (10 otages fusillés pour chaque soldat allemand). Dans de nombreuses villes d'Italie du Nord, la résistance prit le pouvoir et proclama des Républiques locales. Une vingtaine virent ainsi le jour, mais la plupart n'eurent qu'une brève existence (2 mois au plus) car à chaque fois, l'armée allemande intervenait et rétablissait l'administration de la République de Mussolini.

Lors de la grande offensive alliée en 1945, au nord de l'Italie, Mussolini et quelques membres de sa suite tentèrent de fuir l'Italie à bord d'une colonne allemande. Cette colonne fut stoppée par des partisans le 25 avril 1945 à Dongo au nord du lac de Côme. Mussolini arrêté fut fusillé avec sa maitresse (Clara Petacci) le 28 avril. Leurs cadavres ainsi que quelques autres de leur suite, furent amenés à Milan et pendus par les pieds pour être exposés à la foule.

Ainsi prenait fin cette République sociale italienne.

La troisième République italienne: c'est l'actuelle République. Celle-ci vit le jour après un référendum le 2 juin 1946, où les Italiens et les Italiennes (qui votaient pour la première fois) eurent à choisir entre la poursuite de la royauté ou l'avènement de la République. Officiellement 54% des votants se prononcèrent pour la République, ce qui mit fin à la royauté et en même temps à la dynastie des souverains de Savoie.

J.D. 4 juin 2011

Nota : ce texte fait partie d'une série de trois. Le premier intitulé "les Républiques romaines" est déjà sur le blog, et après celui-ci, il reste à venir le dernier qui sera intitulé "les Républiques en Italie".

 

 

 

 

 

 

 

 

le palais du Quirinal en 1833 (tableau Agostino Tofanelli). Depuis 1947, résidence des Présidents de la République italienne

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Napoléon remet le code civil à la ville de Rome, esquisse pour la décoration du Quirinal

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 11:49

 

Légions contre Phalanges ou les éléphants ça trompe

 

 

 

Les Romains

Au quatrième siècle avant notre ère, les Romains sont très loin d'avoir terminé la conquête de l'Italie. Même leurs possessions en Italie centrale ne sont pas encore assurées.

Mais autour des années 300 avant notre ère, les combats des Romains contre les autres peuples de l'Italie centrale se sont multipliés. Les Romains connurent quelques échecs mais beaucoup plus de victoires contre les Etrusques, les Samnites, les Ombriens, les Marses, les Herniques, les Eques … Ils créèrent des colonies, annexèrent des cités.... Voir Tite-Live, « Histoire romaine », livres IX et X.

Les Grecs

Les Grecs, eux, avaient commencé à s'implanter en Italie dès la fin du VIIIe siècle avant notre ère dans 3 régions principales :

*En Sicile où ils multiplièrent les implantations (Messine, Syracuse, Géla, Sélinonte, Segeste, Agrigente, Megara)

*Dans le sud de l'Italie, d'une part sur le golfe de Tarente (Tarente, Crotone, Metaponte, Sibari) et d'autre part dans la pointe sud de la Calabre (Locres, Reggio)

*dans la région du Vésuve (Naples, Cumes, Ischia, Pouzzoles, Herculanum, Paestum).

Cette présence grecque à l'extérieur fut appelée « la Grande Grèce ».

Ces colonies restaient en contact avec les cités-mères qui les avaient créées, et par ce biais, la multiplication des victoires romaines finit par attirer l'attention des Grecs qui comprirent que l'expansion romaine risquait à terme de menacer leurs colonies. Ces implantations grecques avaient d'abord été des comptoirs commerciaux, mais avaient pris une importance stratégique dans le cadre d'une lutte de plusieurs siècles pour le contrôle de la Méditerranée occidentale entre Grecs, Phéniciens (représentés surtout par Carthage), Etrusques …

Les Tarentins

Ce furent les Tarentins les premiers qui appelèrent la mère-patrie au secours. Tarente avait été fondée en -706 par les Grecs de Sparte (aujourd'hui, la ville de Tarente est jumelée avec Sparte, ville reconstruite à partir de 1864). En -282, les Romains avaient envoyé une ambassade à Tarente. Selon Denys d'Halicarnasse, les Tarentins auraient insulté les envoyés de Rome, le chef de la délégation romaine (Pestinius) reçut même des excréments sur ses vêtements. Lorsque, de retour à Rome, ces envoyés racontèrent devant le Sénat comment ils avaient été humiliés par les Tarentins, le Sénat décida immédiatement la guerre.

Les Tarentins, qui se doutaient du résultat de leur comportement, envoyèrent une ambassade à Pyrrhus roi d'Epire qui de son temps était considéré comme le général grec le plus habile.

Pyrrhus

Pyrrhus, né en -319, pensait descendre d'Achille, le héros grec de la guerre de Troie (dont l'histoire est située 9 siècles avant Pyrrhus). Beaucoup d'auteurs ont d'ailleurs plutôt comparé Pyrrhus à Achille qu'à Alexandre le Grand. L'Epire constituait à l'époque une partie nord-ouest de la Grèce y compris l'actuelle Albanie. Pyrrhus avait déjà conquis une grande partie de la Grèce, mais avait été chassé de la Macédoine et de la Thessalie par suite de multiples jeux de trahisons. Plutarque écrit (« vie de Pyrrhus » en 12) : « On voit par là que les rois n'ont pas à accuser les gens du peuple de changer de camp suivant leur intérêt, car ils ne font en cela qu'imiter les rois eux-mêmes, qui sont des maîtres en fait de mauvaise foi et de trahison, et qui sont persuadés que l'on réussit d'autant mieux qu'on pratique moins la justice ». Parlant des princes qui gouvernent les peuples, Plutarque ajoute : « Ils ne cessent de se faire la guerre , parce que l'esprit de jalousie et de complot est dans leur nature. Guerre et paix ne sont pour eux que des mots dont ils se servent indifféremment, comme de monnaies, en vue de leur intérêt et non de la justice ».

Au moment où l'ambassade de Tarente débarqua, Pyrrhus qui venait de subir un grave échec avait besoin de se « refaire ». Il décida donc de partir en guerre contre les Romains. Cette guerre fut décrite par plusieurs auteurs antiques :

Les sources

*Appien d'Alexandrie qui naquit vers 95 et mourut vers 165. Il écrivit une « histoire romaine » en 24 livres. Le livre correspondait au contenu d'un rouleau de papyrus dont se servaient les auteurs pour écrire. Mais sur les 24 livres d'Appien, 14 furent perdus dont celui concernant la guerre entre Pyrrhus et les Romains. Néanmoins, Appien est cité par d'autres auteurs

*Florus, historien romain qui naquit vers 70 et mourut vers 140. Il écrivit un « abrégé de l'histoire romaine » en 4 livres. Cela va de la fondation de Rome à l'an 9 de notre ère. La guerre entre Pyrrhus et les Romains est décrite vers la fin du livre I

*Eutrope, historien romain du quatrième siècle de notre ère qui écrivit lui aussi un « abrégé de l'histoire romaine » en 10 livres, qui va de la fondation de Rome à l'empereur Jovien (an 364). Il est question de Pyrrhus et des Romains au livre II

*Plutarquehistorien grec né vers 46 et mort vers l'an 125. Il écrivit des biographies sur beaucoup d'hommes célèbres connus de son temps, dont une « vie de Pyrrhus ». Sur Pyrrhus, c'est le texte le plus complet qui nous soit parvenu.

*Denys d'Halicarnasse, historien grec qui vécut de -60 à l'an 8. Il écrivit « Les antiquités romaines » en 20 livres, ce récit va de l'invasion gauloise (en -290) au début de la première guerre punique (-264). Ce texte est en grande partie perdu. La partie concernant Pyrrhus et les Romains se trouvait aux livres XIX et XX. Par contre est conservé un texte de cet auteur intitulé « Les Vertus, les Vices et les Ambassades » où il est question de Pyrrhus.

*Diodore de Sicile,historien grec du premier siècle avant notre ère, écrivit une « bibliothèque historique » en 40 livres dont 15 subsistent. Pyrrhus est traité au livre XXI

*Tite-Live, historien romain, est le contemporain parfait d'Auguste premier empereur romain qui vécut de -63 à +14, alors que Tite-Live vécut de -59 à +17. Il écrivit toute l'histoire de Rome depuis la fondation de la cité jusqu'à l'an -9 : « Histoire romaine ». Il pensait probablement aller jusqu'à la mort d'Auguste mais n'en eut pas le temps. Son œuvre comprenait 142 livres dont seuls 35 nous sont parvenus, soit à peine le quart. La partie restante, aux publications de GF Flammarion, représente 7 livres de plus de 500 pages chacun ! Cela donne une idée de l'œuvre gigantesque de Tite-Live mais aussi de l'histoire romaine qui est aussi une partie de l'histoire du monde occidental. Le texte concernant Pyrrhus, chez Tite-Live, fait partie des livres perdus.

La première bataille (en-280)

Pour parer au plus pressé, Pyrrhus commença par envoyer à Tarente un de ses lieutenants (Cinéas) avec 3.000 soldats, puis prépara une expédition beaucoup plus importante.

Selon Plutarque (vie de Pyrrhus en 15), Pyrrhus embarqua au printemps de l'an -280 avec 20.000 phalangistes, 3.000 cavaliers, 2.000 archers, 500 frondeurs et 20 éléphants. La flotte fut prise par une tempête, mais tous les navires finirent par arriver à Tarente.

On méditera au passage sur la marine qui, il y a 23 siècles, avait la capacité d'embarquer, d'acheminer et de débarquer une telle armée. Et quand on pense que le musée national de la Marine à Paris (au Trocadéro) fait commencer l'histoire de la marine à Christophe Colomb !

Pyrrhus recruta sur place des soldats dans les cités grecques d'Italie et spécialement à Tarente. Les Romains mis au courant de l'arrivée des Grecs envoyèrent leur armée commandée par le consul Laevinius. La première bataille eut lieu à Héraclée (aujourd'hui cité de Policoro) sur le côté ouest du golfe de Tarente à 4 kms à l'intérieur des terres. La bataille demeura indécise durant plusieurs heures puis Pyrrhus fit donner les éléphants. Les Romains n'en avaient jamais vus. Ces chars d'assaut semèrent la panique dans les rangs romains surtout parmi la cavalerie. Ainsi Florus écrit : « leur odeur inconnue (il s'agit des éléphants), leur cri aigu épouvantèrent les chevaux qui, croyant ces ennemis nouveaux plus redoutables qu'ils n'étaient en effet, causèrent par leur fuite, (il s'agit de la fuite de la cavalerie), une vaste et sanglante déroute ». Selon Denys d'Halicarnasse, cette première bataille fit 15.000 morts côté Romains et 13.000 dans le camp des Grecs et de leurs alliés. Pyrrhus resté maître du terrain s'empara du camp des Romains et put s'approcher à 55 kms de Rome. Pour l'essentiel, l'armée romaine avait été mise en déroute mais non détruite. C'est ce qui fut appelé « une victoire à la Pyrrhus ».

La seconde bataille (été -279)

Après cette victoire Pyrrhus reçut le renfort de plusieurs peuples italiques (Samnites, Lucaniens...). Malgré cela il comprit qu'il ne pourrait s'emparer de Rome, il envoya alors son conseiller Cinéas en ambassade à Rome. Celui-ci fut reçu par le Sénat romain qui semblait hésiter sur la conduite à tenir. Alors un citoyen romain nommé Appius Claudius qui avait été consul en -307 et en -296, mais qui était devenu aveugle se fit emmener au Sénat pour haranguer les Sénateurs. Il leur rappela qu'au temps des victoires d'Alexandre-le-Grand, les sénateurs romains se vantaient qu'ils auraient vaincu Alexandre-le-Grand si il était venu en Italie. L'argument fit mouche, les sénateurs firent savoir à Cinéas qu'ils ne traiteraient avec Pyrrhus que lorsque lui et tous ses soldats auraient quitté l'Italie.

Une seconde bataille eut lieu à Ausculum dans les Pouilles (Aujourd'hui Ascoli di Satriano à une trentaine de kms au sud de Foggia). Une nouvelle fois la bataille fut longtemps indécise. Pyrrhus fit donner les éléphants, mais voilà ce qu'écrit Florus : « Caius Minucius, hastaire de la quatrième légion (de hasta : lance), en coupant la trompe de l'un des éléphants, avait montré que ces animaux pouvaient mourir. Dès lors on les accabla aussi de traits, et des torches enflammées lancées contre les tours (il s'agit des tours situées sur le dos des éléphants) couvrirent les bataillons ennemis tout entiers de débris enflammés... Le carnage ne se termina pas avant que la nuit séparât les combattants, et que le roi lui-même(il s'agit de Pyrrhus) le dernier à finir avec une blessure à l'épaule, fut emporté par ses gardes sur son bouclier».

Chaque camp revendiqua la victoire. Selon Denys d'Halicarnasse, cette bataille fit 15.000 morts aussi bien du côté des Romains que du côté des Grecs et de leurs alliés. Voici sur cette bataille le commentaire de Plutarque : « Pyrrhus, dit-on répondit à l'un de ceux qui le félicitaient : si nous remportons encore une victoire sur les Romains, nous serons complètement perdus. C'est qu'il avait laissé sur les champs de bataille une grande partie des troupes qu'il avait amenées, et presque tous ses amis et ses généraux. Il n'en avait pas d'autres à faire venir, et il voyait faiblir le zèle de ses alliés d'Italie, tandis que le camp des Romains se remplissait vite et abondamment comme à une source intarissable située dans le pays même... »

70 ans après Pyrrhus, Hannibal connaîtra le même problème.

La Sicile (-278/-276)

Pyrrhus ne savait plus trop quoi faire lorsqu'il reçut des délégations venant d'Agrigente et de Syracuse. Les Carthaginois étaient en train de conquérir toute la Sicile et les cités grecques appelaient Pyrrhus au secours. Embarassé en Italie, il embarqua pour la Sicile durant l'été -278 et fut vainqueur des Carthaginois. Mais une fois maître de la Sicile, il se comporta en tyran. Les cités qui l'avaient fait venir se révoltèrent contre lui et Pyrrhus revint en Italie après avoir recruté des mercenaires en Sicile pour compléter son armée. En quittant la Sicile, Pyrrhus aurait dit : Quel champ clos, mes amis, nous laissons aux Carthaginois et aux Romains » Mais profitant de l'absence de Pyrrhus, les Romains avaient réglé le sort des alliés de Pyrrhus en Italie.

La troisième bataille (printemps -275)

La dernière bataille eut lieu à Bénévent (Benevento à une centaine de kms au nord-est de Naples). Là, les éléphants effrayés par les Romains firent volte-face et semèrent le carnage dans les rangs de l'armée de Pyrrhus qui apprit à ses dépens que « les éléphants ça trompe ». Les Romains taillèrent en pièces l'armée de Pyrrhus qui parvint à s'enfuir et s'embarqua avec quelques débris de son armée pour retourner en Epire.

La fin de l'histoire

revenu en Grèce, Pyrrhus au lieu de se tenir tranquille, repartit dans de nouvelles aventures guerrières, mais fut tué à Argos dans le Péloponnèse en -272.

Aussitôt Pyrrhus parti de Sicile, les Carthaginois revinrent conquérir les territoires perdus, mais lorsqu'ils apprirent que Pyrrhus qui les avait vaincus, avait été battu par les Romains, les Carthaginois comprirent qu'ils n'étaient plus les seuls maîtres dans la Méditerranée occidentale, la guerre entre Rome et Carthage était devenue inévitable (voir sur mon blog, le texte consacré à Hannibal http://jean.delisle.over-blog.com/article-hannibal-1-texte-59402856.html).

J.D. 21 mai 2011

 

 

 

la légion défend encore la France en 2015, caricature Riposte Laïque du 24 mai 2015

la légion défend encore la France en 2015, caricature Riposte Laïque du 24 mai 2015

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 16:10

Santena.jpg  

Les asperges vertes de Santena

 

 

 

Santena est une ville italienne d'environ 10.600 habitants située à une vingtaine de kms au sud-est de Turin en direction d'Asti. Cette ville possède un château qui appartint à la famille Cavour et qui conserve de nombreux souvenirs de cette famille. Dans une annexe du château sont inhumés le célèbre Cavour (Camillo Benso comte de Cavour) et quelques autres membres de sa famille. Le château et ses dépendances ont été rachetés par la ville de Turin qui en a confié la gestion à la fondation « Camillo Cavour »

Cavour naquit à Turin le 10 août 1810 au Palazzo Cavour situé aujourd'hui au N° 8 de la via...Cavour. C'est là également qu'il mourut le 6 juin 1861.

Dans le cadre des campagnes d'Italie de Bonaparte, le Piémont avait d'abord était érigé en « République Piémontaise » le 10 septembre 1798, devenue « République subalpine » le 20 juin 1800 puis directement annexé à la France le 11 septembre 1802. Cavour est donc né en territoire français comme beaucoup de ses compatriotes à cette époque (Verdi, Garibaldi etc). A sa naissance, Cavour eut pour parrain et marraine le prince Camille Borghèse et son épouse (Pauline Bonaparte sœur de Napoléon et veuve du général Leclerc, que le Prince avait épousé le 6 novembre 1803).
Après le traité de Tilsit le 7 juillet 1807, Napoléon avait nommé son beau-frère (Camille Borghèse) « gouverneur général des départements au delà des Alpes ».

Le gouverneur s'installa au « Palazzina di caccia di Stupinigi » c'est-à-dire au pavillon de chasse de Stupinigi qui faisait partie d'un ensemble de résidences que les souverains de la dynastie de Savoie avaient fait construire autour de Turin.

Le français fut la langue maternelle de Cavour par sa mère (Adèle de Sellon) qui était originaire de Genève et aussi par sa grand-mère paternelle : Philippine de Sales (arrière petite nièce de Saint François de Sales) qui venait de Thorens-Glières (aujourd'hui en Haute-Savoie)

Le jeune Cavour commença d'abord une carrière militaire et dès l'hiver 1826/1827 (à 16 ans) il était lieutenant du corps de génie. Il démissionna de l'armée le 12 novembre 1831. Entre temps, il participa aux travaux de fortifications dans les Alpes en particulier aux forts de l'Esseillon en Maurienne.
En 1832, il se fit élire maire de Grinzane, ville de la province de Coni, il en fut maire jusqu'en 1848. Depuis la ville a pris le nom de Grinzane-Cavour De 1834 à 1843, Cavour voyagea beaucoup en Suisse, en France, en Angleterre et s'intéressa durant cette période au développement économique et en particulier à l'agriculture, à l'industrie, aux voies ferrées et à la banque.

Dans le royaume de Sardaigne, Cavour devint ministre de l'agriculture et du commerce le 11 mars 1850, auquel il ajouta le ministère des finances le 19 avril 1851. Il devint chef du gouvernement le 4 novembre 1852 puis Président du conseil du royaume d'Italie après la proclamation de ce royaume le 17 mars 1861. Cavour fut seulement absent du gouvernement 6 mois après l'armistice de Villafranca, c'est-à-dire du 12 juillet 1859 au 15 janvier 1860. L'on sait que beaucoup considèrent Cavour comme le principal artisan de l'unité italienne, mais il n'eut guère le temps d'en profiter puisqu'il mourut moins de 3 mois après la proclamation du royaume d'Italie.

Par sa famille, Cavour avait de grandes propriétés foncières en particulier à Santena et c'est dans les années 1840 qu'il initia et encouragea dans cette région la culture de l'asperge. Depuis et sans discontinuer, l'asperge verte est devenue une spécialité de Santena.

Chaque année, le troisième lundi de mai il y a une foire aux asperges à Santena. Sur une place de Santena (piazza Martiri della Libertà) a été érigé un monument à la gloire de l'asperge, représentant une femme sur 4 côtés surmontés d'une botte d'asperges. Beau symbole pour Cavour qui fut un grand amateur autant des femmes que des asperges. A Turin, au Palazzo Cavour, se tient d'ailleurs du 26 mars 2011 au 26 juin 2011 une exposition sur le thème « Cavour séducteur et gourmet ».

C'est Cavour qui eut l'idée d'envoyer dans les bras de Napoléon III la Castafiore, oh erreur, la Castiglione (Virginia Oldoini mariée à 17 ans avec le comte François Verasis di Castiglione). Cette Castiglione est décrite comme fantasque et aimant les bijoux. Ainsi, l'historien genevois Paul Guichonnet dans son excellent livre (« histoire de l'annexion de la Savoie à la France » la Fontaine de Siloé, février 2003) écrit page 88 à propos de la Castiglione : «  Eblouie et grisée par son aventure, la Castiglione affiche son triomphe sans discrétion. Elle fait état des largesses du monarque, argent, dentelles de prix, une émeraude de 100.000 francs, ce qui attise la jalousie de ses rivales, indispose l'empereur et suscite l'animosité viscérale de l'impératrice Eugénie ».

Je me demande si lorsqu'Hergé édita « les bijoux de la Castiglione » oh pardon de la Castafiore, ne fut pas influencé par le personnage de la Castiglione ?

J.D. 14 mai 2011

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 23:30

Dans l'histoire de Rome, il y eut quatre républiques. La plus longue dura 482 ans et la plus courte 5 mois.

 

La république antique :

On ne sait pas si Rémus et Romulus ont réellement existé, mais leur histoire, elle, existe. On la retrouve chez Tite-Live (histoire romaine), chez Plutarque (Vie de Romulus), chez Ovide (Les Fastes) etc Virgile dans l'Enéide se chargeant de faire le lien entre les Romains et les héros troyens. Légendaire ou réelle, l'histoire de la fondation de Rome fait partie de l'histoire romaine.

Selon la légende, Romulus fut le premier roi de Rome. A sa suite, se succédèrent 6 autres rois : 3 rois sabins puis 3 rois étrusques. Le dernier roi s'appelait Tarquin qui fut surnommé « Tarquin le Superbe » pour le distinguer du premier roi étrusque appelé lui aussi Tarquin et surnommé « Tarquin l'ancien ».

Le fils de Tarquin le Superbe viola une citoyenne romaine nommée Lucrèce. Celle-ci se suicida après avoir révélé le viol à son mari.

Le mari en question ameuta le peuple de Rome qui chassa le roi en -509 et proclama la République. A ce moment là, Rome n'était pas encore grand chose : le site de Rome et très peu de territoire autour.

Dans la République romaine, le peuple réuni en assemblées, nommait les magistrats, avec au sommet de la magistrature 2 consuls élus pour un an. Ces magistrats possédaient le pouvoir exécutif tandis que le Sénat, constitué d'anciens magistrats, devenant sénateurs à vie, avait le pouvoir législatif.

Cette république fit d'abord la conquête de l'Italie au terme de nombreuses guerres contre les autres occupants du territoire :

*guerres contre les Etrusques en – 507 puis de -406 à -395

*guerres contre d'autres latins en -496 puis de -340 à -338

*guerres contre les Volsques de -488 à -486

*guerre contre les Eques en -458

*guerres contre les Samnites de-343 à -341, de -328 à -312 puis de-310 à -304

etc

Puis d'une grande partie du monde connu de l'époque. Voici les principales étapes de cette conquête :

Sicile : -241

Sardaigne et Corse : -231

Espagne : -197

Illyrie (Yougoslavie) : -167 à -45

Grèce : -146

Afrique du nord : -146

Proche-Orient : -129

La Gaule narbonnaise : -121

La Crête, Chypre... : de -74 à -58

La Syrie : -64

La Gaule : -51

L'Egypte : -30

Durant cette période, Rome avait dû, en outre, faire face à de nombreux périls :

*l'invasion gauloise en -390 et en -367

*l'invasion grecque avec Pyrrhus de -280 à -275

*les guerres contre Carthage (guerres puniques) de – 264 à -146

*les révoltes d'esclaves dont celle de Spartacus fut la plus connue (en -73)

etc

Mais les conquêtes en amenant richesses et puissance à Rome, excitèrent les appétits ce qui fut la cause de guerres civiles pour la prise de pouvoir dont les plus célèbres furent celle entre Marius et Sylla puis celle entre César et Pompée, ce qui entraîna des combats de légions contre légions. Après l'assassinat de Jules César le 15 mars de l'an 44 avant notre ère, 3 prétendants au pouvoir s'unirent d'abord en formant le second triumvirat et se partagèrent le territoire de Rome : Octave petit neveu de César prit l'Europe, Marc-Antoine ancien lieutenant de César récupéra l'Asie plus l'Egypte et enfin Lépide (proconsul de la Gaule narbonnaise) à qui revint l'Afrique (sauf l'Egypte). Lépide fut le premier éliminé et l'Afrique passa sous le contrôle d'Octave. Enfin Octave fut vainqueur d'Antoine et de Cléopâtre à la bataille d'Actium le 2 octobre -31.

Le triumvirat, gouvernement à trois se réduisit au gouvernement à un !

En -27, le Sénat accorda à Octave tous les honneurs, tous les pouvoirs et tous les titres dont celui « d'Auguste » qui devint son nom.

Auguste ne déclara pas la fin de la République, mais de fait elle n'existait plus, les assemblées du peuple (les comices) ne furent plus réunies et si le Sénat subsista, sa principale fonction fut de « lécher les bottes » à l'empereur. Cette situation explique probablement que Rome ne légiféra jamais pour fixer le mode de désignation des empereurs. Cela fut par la suite cause de nombreuses autres guerres entre prétendants au pouvoir.

Quoi qu'il en soit, tous les historiens s'accordent pour fixer, de fait, la fin de la République romaine en -27 après 482 années d'existence d'une histoire très glorieuse.

 

La République romaine du douzième siècle :

A Rome au douzième siècle, un moine nommé Arnaud de Brescia critiquait vivement le Vatican, comme le feront après lui Savonarole (au quinzième siècle) ou Martin Luther (au seizième siècle). En 1143 il parvint à soulever la population de Rome qui déclara la République. Pour gouverner la cité, l'assemblée du peuple élut un patrice et 56 sénateurs. Le Pape quitta Rome. Mais en 1155, l'empereur germanique Frédéric Barberousse parvint à faire arrêter Arnaud de Brescia, le livra au Pape. Arnaud de Brescia condamné à mort fut brûlé vif à Rome et ce fut la fin de cette République romaine

 

La République romaine du dix-huitième siècle :

A la tête d'une armée du Directoire, le général Berthier s'empara de Rome le 11 février 1798. Le Pape Pie VI fut arrêté, transporté successivement à Sienne, à Florence, à Grenoble puis à Valence où il mourut le 29 août 1799.

La République romaine fut proclamée le 15 février 1798. Des commissaires français (Daunon et Monge) rédigèrent une constitution pour la nouvelle République. Cette constitution fut proclamée le 20 mars 1798 par le général Masséna qui avait remplacé Berthier.

Ferdinand IV roi de Naples parvint à reprendre la ville le 27 novembre 1798, la perdit le 14 décembre 1798, la reprit aux Français en septembre 1799. Officiellement la République romaine fut dissoute en juin 1800. Un concile fut réuni à Venise à partir du 1er décembre 1799. un nouveau pape fut élu : Pie VII. Il rentra à Rome le 3 juillet 1800, mais l'on sait que les troupes françaises envahirent Rome à nouveau en 1808, que Rome et sa région furent directement annexées à la France par décret en 1809 et ce jusqu'à la chute de Napoléon. Le pape Pie VII fut envoyé en captivité d'abord à Savone puis à Fontainebleau. Il ne rentra à Rome qu'en 1814.

 

La République romaine du dix-neuvième siècle:

Après la chute de Napoléon 1er, les vainqueurs se réunirent en congrès à Vienne pour se partager les dépouilles de l'empire napoléonien (dans le partage des dépouilles, l'Autriche représentée par Metternich se tailla la part du lion), mais aussi pour assurer la pérennité d'une Europe de têtes couronnées de droit divin et pour s'opposer aux idées des philosophes et de la Révolution française : droits des peuples, droits des nationalités, démocratie...

Une chape de plomb s'abattit sur les peuples européens. La situation créée par le congrès de Vienne fut appelée « le concert européen » et n'eut qu'un mérite, assurer la paix après une période de guerres qui furent appelées « guerres napoléoniennes » ce qui permit de faire admettre à l'opinion publique que ce Napoléon était le seul responsable de toutes ces guerres, en oubliant les 7 coalitions de l'Europe contre la France de 1792 à 1815. Coalitions dont l'Angleterre (la perfide Albion) fut la principale instigatrice ! En France, au moins, on aurait put baptiser ces guerres de « guerres anglaises ».

L'année 1848 fut celle des révolutions en Europe. Cette année fut appelée « l'année du printemps des peuples » ou « du printemps des révolutions ». En voici un bref résumé :

*12 janvier 1848 : soulèvements à Palerme contre le roi de Naples et de Sicile (Ferdinand II)

*22/24 février 1848 : révolution à Paris entraînant la chute de Louis-Philippe et l'avènement de la seconde République française

*13/14 mars 1848 : Révolution à Vienne, Metternich doit démissionner

*15 mars 1848 : soulèvements à Budapest

*17 mars 1848 : début de révolution à Berlin

*17 mars 1848 : soulèvement à Venise, les Autrichiens sont chassés et la « République de Saint Marc » est proclamée

*18/22 mars 1848 : soulèvements à Milan, les Autrichiens sont chassés de la ville.

*18/23 mars 1848 : soulèvements à Rome, Messine, Reggio

*15 mai 1848 : soulèvements à Naples

Toutes ces révolutions eurent 2 conséquences : la guerre contre l'Autriche et la proclamation de la République romaine.

La guerre contre l'Autriche:

Au congrès de Vienne, l'Autriche avait de nouveau annexé la Vénétie et la Lombardie.

Après les soulèvements à Venise et à Milan, le roi de Sardaigne Charles-Albert à Turin, se mit à la tête de ses troupes et partit en guerre contre l'Autriche. Il reçut quelques renforts de Léopold II Grand Duc de Toscane, de Ferdinand II roi de Naples et de Sicile et aussi du Pape Pie IX. Le 24 mars 1848, le Pape, qui était encore souverain d'un important territoire, déclara soutenir la cause (de la libération de la Vénétie et de la Lombardie) et envoya une troupe de 7.500 soldats commandés par le général Durando. Ce contingent fut appelé « l'armée romaine ». Mais le 29 avril 1848, le Pape faisait volte-face et déclarait qu'il ne voulait pas faire la guerre à l'Autriche et ordonnait à ses troupes de regagner leur patrie (les états pontificaux). Mais ni les soldats ni le général Durando ne voulurent obéir à ses nouveaux ordres du Pape et ils continuèrent le combat contre les Autrichiens. Vaincus le 10 juin 1848, ils durent capituler.

Le retrait du pape entraîna celui de Ferdinand II qui ordonna à ses troupes de rentrer à Naples. Mais là encore les soldats aussi bien que Pepe leur général refusèrent d'obéir. Ils parvinrent à rejoindre Venise et participèrent à la défense de la ville contre l'armée autrichienne, jusqu'à ce qu'ils soient vaincus eux aussi. L'armée autrichienne reprit Venise le 24 août 1849. La République de Saint Marc avait été proclamée le 22 mars 1848, elle aura quand même duré 17 mois.

On connait la suite : Charles-Albert abdiqua après la victoire autrichienne à Novare le 23 mars 1849 et Victor-Emmanuel II lui succéda.

La République romaine:

La volte-face du Pape entraîna des troubles à Rome, le 15 novembre 1848, le comte Pellegrino Rossi chef du gouvernement pontifical était assassiné. Le 12 décembre 1848, Giuseppe Garibaldi entrait à Rome à la tête d'une armée de volontaires. Le même jour une junte prenait le pouvoir à Rome. Cette junte se dissolvait d'elle-même le 26 décembre 1848 après avoir fixé des élections pour les 21 et 22 janvier 1849.

Le 24 décembre 1848, le Pape parvenait à quitter Rome et alla se réfugier dans les états du roi de Naples et de Sicile.

La République romaine était proclamée le 5 février 1849.

Le 9 février, un « décret fondamental » :

*confiait le pouvoir exécutif à un triumvirat composé de Giuseppe Mazzini, Carlo Armellini et Aurelio Saffi.

*Garibaldi était nommé général de brigade de l'armée romaine

*le pape était déchu de son pouvoir temporel sur ses états

*la nouvelle République déclarait vouloir participer à l'unité de l'Italie.

La seconde République française ne reconnut pas cette République romaine. Le Président de la République (Louis Napoléon Bonaparte, pas encore Napoléon III) soutint le Pape. Il envoya une armée commandée par le général Oudinot, qui débarqua à Civittavechia le 24 avril 1849. Cette armée prit de vitesse l'armée autrichienne et l'armée napolitaine. Malgré une résistance héroïque contre l'armée française, l'armée romaine de Garibaldi dut capituler le 4 juillet 1849. .
Cette République romaine n'avait existé que 150 jours.

Le Pape put rentrer dans ses états et récupérer son pouvoir temporel, mais pour peu de temps car en 1860, le royaume de Sardaigne annexait la Romagne, l'Ombrie et Les Marches, anciens territoires pontificaux. Grâce à son protecteur (Napoléon III) le Pape parvenait à conserver Rome, mais après la défaite de Sedan et l'abdication de Napoléon III (le 4 septembre 1870), le royaume d'Italie récupérait Rome qui en devenait la capitale. Il fallut attendre les accords de Latran le 11 février 1929 pour que la papauté récupère un peu de souveraineté sur la cité du Vatican.

J.D. 30 avril 2011

 

 

 

Pline l'Ancien et Pline le Jeune sur la façade de la cathédrale de Côme (en Lombardie) photos J.D. 20 mai 2009

Pline l'Ancien et Pline le Jeune sur la façade de la cathédrale de Côme (en Lombardie) photos J.D. 20 mai 2009

le viol de Lucrèce en -509, tableau de Felice Ficherelli en 1640 à la Ca' Rezzonico à Venise

le viol de Lucrèce en -509, tableau de Felice Ficherelli en 1640 à la Ca' Rezzonico à Venise

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 09:09

Sous l'empereur Honorius, au début du cinquième siècle de notre ère, la capitale de l'empire romain d'occident fut transférée à Ravenne (sur la côte Adriatique). En l'an 476, Odoacre chef des Hérules avait envahi la ville et le 4 septembre 476, Romulus Augustule, dernier empereur romain d'Occident abdiquait. Pour presque tous les historiens, cela signait la fin de l'histoire de la Rome antique. Pour tous les historiens unanimes (mais si, c'est possible!), la chute de l'empire romain d'occident marque également le passage entre la période appelée « l'antiquité » et celle nommée « le moyen-âge ».

Cette histoire avait commencé douze siècles plus tôt lors de la fondation de Rome le 21 avril de l'an 753 avant notre ère. Date « légendaire » tirée d'un texte de Plutarque, historien grec né vers l'an 46 au premier siècle de notre ère. Voir « Vie de Romulus » en 12.

On notera que les datations au carbone 14 effectuées au XXe siècle, sur le site du mont Palatin à Rome, montrent que l'occupation humaine la plus ancienne de ce site, remonte au huitième siècle avant notre ère. Nous sommes donc dans un cas de figure où la légende n'est pas contredite par les recherches scientifiques.

Sur les causes de la chute de l'empire romain, il a été énormément écrit et ce depuis longtemps. Voir par exemple Edward Gibbon (historien anglais du XVIIIe siècle) : « Histoire du déclin et de la chute de l'empire romain » (collection Bouquins- Robert Laffont).

Et pourtant, peu de temps avant la chute, en l'an 451, Aetius, dernier grand général romain de l'empire d'occident avait vaincu Attila à la bataille « des champs catalauniques ». Les historiens ont longtemps situé ce lieu près de Châlons-en -Champagne, mais des historiens plus récents le placent à 7 kms de la ville de Troyes.

Pour la petite histoire, Attila avait pu battre en retraite en conservant l'essentiel de ses forces et il avait encore d'importantes ambitions de conquêtes lorsqu'il mourut une nuit au printemps de l'an 453 alors qu'il avait pris une jeune vierge nommée Ildico. Pour ce conquérant, dont le seul nom faisait trembler les peuples, sa dernière conquête lui fut fatale !

De cette victoire sur Attila, Aetius avait tiré une grande gloire. Cela porta ombrage à l'empereur Valentinien III qui fit venir Aetius à Ravenne et l'assassina le 21 septembre de l'an 454. Ainsi mourait le dernier grand général qui aurait pu prolonger l'histoire de la Rome antique.

Pour résumer, en simplifiant à l'extrême, les conquêtes avaient enrichi l'empire et les citoyens ne voulaient plus de guerres, plus de batailles, ils voulaient jouir de leurs biens et de la vie, tandis que les femmes romaines faisaient beaucoup moins d'enfants. Les légionnaires eux-mêmes n'avaient plus le civisme de leurs aînés. Ils partaient surtout en campagne avec l'espoir de faire du butin. Juvénal (auteur latin né vers 60 au premier siècle de notre ère) affirme dans ses « Satires » que les vices de toutes les générations qui se succéderont sur la terre ne pourront pas dépasser les vices des Romains de son temps ! Mais pendant qu'à l'intérieur de l'empire on ne pensait que jeux, spectacles, orgies ..., de l'autre côté du limes (frontière fortifiée et gardée de l'empire), la situation était totalement opposée : les peuples appelés « barbares » qui n'avaient rien à perdre, ne redoutaient ni la guerre ni la mort, leurs femmes restaient très fécondes et ils ne rêvaient que de l'opulence de l'empire. Ce qui devait arriver arriva, sous la pression démographique, les frontières furent enfoncées et les « grandes invasions » commencèrent. Plusieurs fois elles furent repoussées, puis finalement l'empire fut submergé.

Cela entraîna d'importants bouleversements politiques et organisationnels. Après l'unité de l'empire, lentement mais sûrement des états-nations se formèrent, qui « naturellement » se firent la guerre. Mais cette évolution n'entraîna pas une rupture en termes de « civilisations » parce qu'au cinquième siècle, l'empire s'était en grande partie christianisé et que les peuples envahisseurs, au fil du temps, se convertirent. L'Eglise avait permis la transition. En quelque sorte, les envahisseurs s'étaient romanisés.

Il est difficile de ne pas faire un parallèle entre la situation du cinquième siècle et celle du vingt-et-unième siècle. Il suffit de transposer le vocabulaire, de remplacer  peuples « barbares » par pays du tiers monde ou peuples de la faim, empire romain par monde occidental, grandes invasions par invasion des sans papiers, des droits au logement, droits à la CMU, droits au RMI, droits à ceci ou à cela.

Mais la comparaison a ses limites, car les nouveaux envahisseurs sont pris en mains par des stratèges, les islamistes, qui développent le « communautarisme » pour que les nouveaux arrivants (les migrants et leur descendance) ne puissent pas « s'occidentaliser ». Si ils parviennent à leurs fins, c'est-à-dire si le communautarisme se développe, avec le temps, le choc sera bien pire qu'au cinquième siècle car cette fois, il y aura rupture de civilisation.

J.D. 4 avril 2011

Les Tétrarques à Venise place saint Marc photo Michèle Delisle septembre 1993

Les Tétrarques à Venise place saint Marc photo Michèle Delisle septembre 1993

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 16:11

secteur-Delisle.jpg  

Les Delisle au Canada

 

 

Le plus ancien Delisle dont on trouve la trace au Canada, est un nommé Louis Delisle, fils de Charles Delisle (né en 1606) et de Marguerite Petit née en 1623 et petit-fils d'un Nicolas Delisle (né en 1580) et d'une Jeanne Marie née en 1578. Ce Louis Delisle fut baptisé le 11 avril 1645 à Dampierre en Bray (dans l'actuelle Seine-Maritime). Il débarqua à Québec le 19 juin 1665 avec les 1300 hommes du régiment Carignan. Amenés au Québec pour lutter contre une coalition des Iroquois et des Anglais, ces hommes furent laissés au Canada pour assurer le peuplement francophone. Louis XIV leur envoya un contingent de jeunes femmes françaises qui furent appelées « les filles du roi ». Louis Delisle épousa le 15 octobre 1669 à Québec, l'une de ces filles du roi nommée Louise Desgranges née en 1648. Ils eurent 10 enfants. Louis Delisle obtint une concession de 20 arpents de terre dans la seigneurie de Dombourg (soit probablement une dizaine d'hectares, sous réserves car il est assez difficile de s'y retrouver dans ces anciennes mesures, qui en outre variaient localement). Lors d'un recensement en 1681 à Neuville, les Delisle possèdent un fusil, 7 bêtes à cornes et 20 arpents de terre en culture. Neuville est située sur la rive nord du Saint Laurent à quelques kms en amont de la ville de Québec. Louis Delisle mourut le 10 septembre 1693 à l'Hôtel Dieu de Québec. Ces premiers Delisle durent prospérer ou d'autres arrivèrent ou probablement les deux car les Delisle devinrent vite nombreux au Québec.

Ainsi, à l'occasion des événements des années 1837/1838 (révolte armée des francophones contre les Anglais. Voir sur mon blog le texte sur « Famille-sans-nom » de Jules Verne  http://jean.delisle.over-blog.com/article-jules-verne-deux-livres-peu-connus-63314876.html) on trouve traces de nombreux Delisle. Ainsi, sur une pétition datée du 1er décembre 1837, il y a 21 Delisle :

1 Alexis, 1 Antoine, 1 Auguste, 1 François, 2 Jacques, 1 Jean, 2 Jean-Baptiste, 3 Joseph, 1 Léandre, 2 Nazaire, 1 Nacost, 1 Nicolas, 1 Olivier, 1 Séraphin, 1 Siméon, 1 Théophile.

Sur divers autres documents de la même période, on trouve 13 autres Delisle :

1 autre Auguste, 2 Augustin, 1 Benjamin, 1 Charles, 1 Hyacinthe, 2 John, 3 autres Joseph, 1 autre Léandre, et 1 Pierre

Si ils étaient déjà nombreux, il semble que les Delisle furent divisés entre les « patriotes » qui prirent les armes contre les Anglais et les « loyalistes » qui respectaient le pouvoir en place. Ce pouvoir était détenu par les Anglais depuis que Louis XV avait abandonné le Canada aux Anglais par le traité de Paris en date du 10 février 1763, malgré que démographiquement les francophones, à l'époque étaient beaucoup plus nombreux que les anglophones au Canada.

A l'occasion d'une consultation des « pages blanches » de l'annuaire téléphonique du Canada, consultation effectuée le 29 mars 2011, on trouve 2.768 Delisle au Québec dont 286 à Montréal (population : 1.620.693 habitants), 342 à Québec (population : 491.142 habitants) etc alors que dans la zone anglophone, on ne trouve que 11 Delisle à Toronto (population : 2.503.281 habitants), 28 à Ottawa (population : 812.129 habitants) . Les Delisle au Canada semblent donc bien concentrés dans la partie francophone c'est-à-dire au Québec et particulièrement à Québec. Les populations indiquées ci-dessus proviennent du guide vert Michelin Canada édition 2009.

 

Actuellement au Canada, on trouve :

*un lac Guillaume Delisle qui communique avec la baie d'Hudson. Voir sur mon blog (jean.delisle.over-blog.com) la note consacrée aux frères Delislehttp://jean.delisle.over-blog.com/article-les-freres-delisle-70094895.html

*une ancienne localité appelée Delisle, à l'est du lac Saint Jean dans la province de Québec, à 400 kms environ au nord de Montréal. Deux Delisle (Philippe et François) sont signalés en 1725 dans la seigneurerie du Vaudreuil. C'est probablement à leur descendance que cette commune doit son nom. En 1979, la commune Delisle avait absorbé une autre commune nommée Saint-Coeur-de-Marie, mais l'ensemble fusionna avec la commune d'Alma le 21 février 2001. depuis, l'ancienne commune Delisle est devenue un quartier d'Alma. En 1962 Alma avait déjà absorbé 3 autres communes et une en 1976, ce qui en fait aujourd'hui une commune de 202 km2. Elle s'appelait d'ailleurs Saint Joseph d'Alma jusqu'en 1954. Lorsqu'on arrive à Alma par le quartier Delisle, il y a un panneau sur lequel est indiqué : "Bienvenue à Delisle, secteur Delisle, Alma". Un peu plus loin on a un autre panneau indiquant : "secteur industriel Delisle" où l'on a un garage Delisle et une entreprise de traitement de l'eau Delisle. On trouve également sur cette ancienne commune la Maison des Jeunes de Delisle et la bibliothèque de Delisle.

*le canton Delisle créé en 1868 et qui se trouve au confluent du lac saint Jean et de la rivière Saguenay

*une autre localité nommée Delisle fondée en 1907 sur des terrains appartement à des frères Delisle. Cette localité se trouve à 41 kms au sud-ouest de Saskatoon, dans l'état de Saskatchewan (état bordé par l'Alberta à l'ouest et le Manitoba à l'est). La capitale de cet état est Régina.

*une rivière nommée Delisle qui se jette dans le Saint Laurent (sur sa rive gauche) sur le territoire de la commune de Coteau-du-lac à 40 kms au sud-ouest de Montréal. Cette rivière prend sa source dans l'Ontario, elle a 30 kms de long. Sur un acte du 27 février 1832, il est déjà question "de la rivière à Delisle"

*J'ai également trouvé sur internet un hôpital (Primary health center) Delisle situé dans l'état de Saskatchewan.

*On trouve également quelques Delisle qui furent députés soit au parlement du Québec à Québec, soit comme représentants du Québec au parlement du Canada :

Au parlement du Canada :

-Arthur Delisle (1859/1936) fut d'abord avocat puis fut élu une seule fois en 1891

-Michel Simon Delisle (1856/1931) fut élu aux élections de 1900, 1904, 1908, 1911, 1917, 1921, 1925, 1926.
Au parlement du Québec :

-Gustave Delisle, né à Chicoutimi en 1879 et mort dans la même ville en 1937. Fut élu comme candidat conservateur aux élections législatives de 1923, 1927, 1931, et ce au titre de la circonscription de Chicoutimi.

-Georges Isidore Delisle (1856/1920). Fut élu et réélu au titre du parti libéral du Québec dans la circonscription de Saint Maurice de 1908 à 1920.

-Margaret F. Delisle (née Fortier en 1946). Fut élue, au titre du parti libéral dans la circonscription Jean Talon en 1994, 1998 et 2003, mais elle abandonna son mandat pour des raisons de santé. Durant son mandat, elle fut Ministre déléguée à la protection de la jeunesse et à la réadaptation. Le 20 mai 2009, elle a été nommée Présidente du Conseil d'Administration du musée de la Civilisation à Québec.

J.D. 1er avril 2011

dernière mise à jour le 27 juin 2011

 

drapeau du Québec

drapeau du Québec

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 10:05

 

Les frères Delisle

lac-Guillaume-Delisle.jpg

Jules Verne, dans une « Histoire générale des grands voyages et des grands voyageurs » publiée en 1878, parle de 3 frères Delisle. Voici ce qu'il écrit :

 

« Cassini proclamait avec raison que la cartographie n'était plus à la hauteur de la science. En effet, Sanson avait suivi aveuglément les longitudes de Ptolémée, sans tenir compte des progrès des connaissances astronomiques. Ses fils et petits-fils n'avaient fait que rééditer ses cartes en les complétant, et les autres géographes se traînaient dans la même ornière. Le premier, Guillaume Delisle, construisit de nouvelles cartes, en mettant à profit les données modernes, et rejeta de parti pris tout ce qu'on avait fait avant lui. Son ardeur fut telle, qu'il avait entièrement exécuté ce projet à vingt-cinq ans. Son frère, Joseph-Nicolas, enseignait l'astronomie en Russie, et envoyait à Guillaume des matériaux pour ses cartes. Pendant ce temps, Delisle de la Croyère, son dernier frère, visitait les côtes de la mer Glaciale, fixait astronomiquement la position des points les plus importants, s'embarquait sur le vaisseau de Behring et mourait au Kamtchatka.

Voilà ce que furent les trois Delisle. Mais à Guillaume revint la gloire d'avoir révolutionné la cartographie.

Il parvint dit Cooley, à faire concorder les mesures anciennes et modernes et à combiner une masse considérable de documents; au lieu de limiter ses corrections à une partie du globe, il les étendit au globe entier, ce qui lui donne un droit très positif à être regardé comme le créateur de la géographie moderne. Pierre le Grand, à son passage à Paris, lui rendit hommage, en le visitant pour lui donner tous les renseignements qu'il possédait lui-même sur la géographie de la Russie.

Est-il rien de plus concluant que ce témoignage d'un étranger? Et, si nos géographes sont dépassés aujourd'hui par ceux de l'Allemagne et de l'Angleterre, n'est-ce pas une consolation et un encouragement de savoir que nous avons excellé dans une science où nous travaillons à reprendre notre ancienne supériorité?

Delisle vécut assez pour voir les succès de son élève J.B. D'Anville.... »

 

Jules Verne parle de trois frères Delisle, mais en fait ils furent quatre (comme les trois mousquetaires). Revue de famille :

 

Le Père :

CLAUDE DELISLE :Fils d'un médecin, Claude Delisle naquit à Vaucouleurs dans la Meuse le 5 novembre 1644 et décéda à Paris le 2 mai 1720. Après des études de droit, il devint d'abord avocat, puis il s'orienta vers l'histoire qu'il enseigna. Il fut l'auteur de plusieurs ouvrages dont :

« Relations historiques du royaume de Siam » en 1684,

« Atlas historique et généalogique » en 1718,

« traité de chronologie » publié en 1730,

« abrégé de l'histoire universelle » publié en 1731,

« introduction à la géographie avec un traité de la sphère » publié en 1746

Cette énumération, qui n'est pas exhaustive, montre que l'historien fut aussi géographe. Au début de leur carrière, il put donc aider ses fils tant par ses connaissances que par ses relations. Il avait notamment enseigné l'histoire à Philippe d'Orléans, duc de Chartres...petit-fils de Louis XIII, et qui fut régent de 1715 à 1723 durant l'enfance de Louis XV.

Il obtint la charge de « censeur royal » (il s'agissait à l'époque d'une compagnie d'experts chargée d'autoriser la publication imprimée de livres avec privilège royal)

Il se maria une première fois avec Marie Malaine, puis devenu veuf, il se remaria avec Charlotte Nicole Millet de la Croyère.

De ses 2 épouses, il eut 12 enfants dont cinq seulement parvinrent à l'âge adulte, une fille (Angélique) et 4 fils

 

Les Fils:

GUILLAUME DELISLE: naquit à Paris le 28 février 1675 et décéda d'une attaque d'apoplexie à Paris le 25 janvier 1726.

Il s'orienta très vite vers la cartographie-géographie. Il  avait déjà publié ses premières cartes dès 1700 et était reçu à l'Académie royale des Sciences en 1702.. Il fut chargé d'enseigner la géographie au futur roi Louis XV et reçut pour cela le 24 août 1718 le titre de « premier géographe du roi ». Il rencontra le tsar Pierre le Grand pour la première fois à Paris le 17 juin 1706 et entretint avec lui une correspondance jusqu'en 1721.

En mars 1726, plus de cent cartes de Guillaume Delisle furent recensées dans le « Mercure de France »

Il publia lui aussi plusieurs ouvrages dont :

« conjectures sur la position de l'île de Méroé » en 1708,

« observation sur la variation de l'aiguille aimantée » en 1710

« détermination géographique de la situation et de l'étendue des différentes parties de la terre » en 1720

« remarques sur la carte de la mer Caspienne » en 1721

Sur une "carte du Canada ou de la Nouvelle France" de Guillaume Delisle réalisé en 1703, figure pour la première fois le nom de la baie d'Hudson.

En 1962, le gouvernement du Québec donna le nom de Guillaume Delisle à un lac dénommé antérieurement « Richmond Gulf ». Il s'agit d'un lac d'eau salée située au Québec à environ 1200 kms au nord de Montréal, de forme triangulaire, d'une superficie de 712 kms2 et de 61 kms sur 22 dans ses plus grandes dimensions. Il communique avec la partie sud-est de la baie d'Hudson par un chenal de 5 kms de long appelé « le Goulet ». Ce lac Guillaume Delisle, ainsi qu'un autre lac proche appelé « le lac à l'eau claire » forment un ensemble qui figure sur le registre des aires protégées du Québec. Des Inuits vivent encore au bord du lac Guillaume Delisle.

Un écrivain (connu à son époque) nommé Bernard Le Bouyer de Fontenelle fit l'éloge de Guillaume Delisle lors de son décès en 1726.

De son mariage le 23 janvier 1707 avec Marie Darbisse,Guillaume Delisle laissa une fille prénommée Charlotte. Après la mort de son père, Charlotte épousa, au début de 1729, Philippe Buache, un élève de son père qui travaillait à "L'Atelier Delisle"depuis 1719. Cet atelier avait été fondé pour imprimer et diffuser les cartes de géographie. L'atelier périclita après le décès de Guillaume. Sa fille Charlotte décéda en 1730 à l'occasion de son premier accouchement, mais sa fille survécut. Quant à Philippe Buache, il récupéra en 1729 le titre de premier géographe du roi, titre qui avait été créé pour Guillaume Delisle

Un livre intitulé "L'Atelier Delisle" a été publié en novembre 2000 aux éditions "Septentrion". L'auteur s'appelle : Nelson-Martin Dawson. Ce livre de 300 pages, particulièrement documenté, contient spécialement un beau portrait de Guillaume Delisle page 144, ainsi qu'une liste exhaustive des cartes et études dues à Guillaume depuis l'année 1700 (pages 253 à 258). Ce livre est diffusé par la FNAC

 

JOSEPH-NICOLAS DELISLE: né à Paris le 4 avril 1688, décédé à Paris le 11 septembre 1768.

Il s'intéressa à l'astronomie et à la géographie après une éclipse solaire en 1706 et fut professeur au collège de France (collège royal) dès 1718. Il fut également membre de l'Académie royale des Sciences. En 1712, il avait fait établir un observatoire d'astronomie dans le dôme du Luxembourg. Le tsar Pierre le Grand l'appela à Saint-Pétersbourg, pour créer et diriger une école d'astronomie, reliée à l'Académie des Sciences de Russie. C'est début novemvre 1725, année de la mort de Pierre 1er (décédé le 8 février 1725) que Joseph Nicolas rejoignit Saint Pétersbourg et commença sa mission. Il explora la Sibérie lors d'un voyage de février à décembre 1740. Il fut le principal auteur d'une carte générale de la Russie publiée en 1745. Il fut de retour à Paris le 15 septembre 1747 et créa son propre observatoire à l'hôtel de Cluny. En 1915, Albert Isnard recensa 190 cartes de la Russie dues à Joseph-Nicolas Delisle. On voit donc que l'astronome fut aussi géographe. Durant son long séjour en Russie, ce Delisle copia secrètement, malgré la méfiance des Russes, de nombreux documents et de nombreuses cartes qu'il réussit à faire parvenir à la Cour de France. La carrière de ce Delisle en Russie a été particulièrement étudiée par Marie-Anne Chabin (née en 1959), qui fut conservatrice à la Direction des Archives de France et qui réalisa une thèse sur les relations franco-russes au XVIIIe siècle.

Parmi les publications de Joseph-Nicolas Delisle :

« projet de la mesure de la terre en Russie » de 1737

« Mémoires pour servir à l'histoire et au progrès de l'astronomie, de la géographie et de la physique » en 1738.

Joseph-Nicolas avait rencontré Newton en 1734 et fut l'un des premiers scientifiques français à partager les théories de Newton. Durant son séjour en Russie, Joseph-Nicolas inventa en 1732 une échelle de température qui à l'époque fut appelée « échelle Delisle ». Il fut aussi l'inventeur d'un thermomètre universel de grande précision. En 1763, il se retira à l'abbaye Ste Geneviève où il mourut en 1768.

C'est en l'honneur de ce Joseph-Nicolas, qu'en 1935, un cratère sur la lune (sur la face visible nord) fut appelé « cratère Delisle ». Ce cratère fut photographié par la mission Apollo 15 en 1971. Un massif montagneux lunaire d'un diamètre de 30 kms à sa base et situé à 15 kms du cratère Delisle, a été appelé « Mons Delisle ».

 

LOUIS DELISLEdit DELISLE DE LA CROYERE (du nom de sa mère)

naquit en 1690. Fut lui aussi astronome.

En 1727, sur proposition de son frère Joseph-Nicolas, l'impératrice de Russie Catherine (première), confia à ce Louis Delisle une mission d'observations astronomiques et physiques sur toutes les côtes nord de la Russie. Cette exploration dura 3 années. Dans ses carnets de voyages, Louis Delisle consigna de nombreuses observations non seulement sur les territoires mais aussi sur les populations rencontrées En 1741, il s'embarqua pour une expédition avec Behring et mourut au cours de cette expédition le 22 octobre 1741 dans le Kamtchatka.

Un internaute, professeur de culture française à l'Université Fédérale de l'Oural à Ekaterinbourg, et qui s'est intéressé à l'histoire de Louis Delisle, m'a signalé que ce Louis Delisle passa quelques années au Canada comme militaire avant son départ pour la Russie. Toujours selon la même source, Louis Delisle est signalé en 1717 au fort Saint Louis (aujourd'hui fort Chambly au Québec). Il rentra à Paris en 1724 avec le grade de sergent.

 

SIMON-CLAUDE DELISLE:

Fut le moins célèbre des quatre frères. Il naquit en 1675 et mourut en 1708. On sait de lui seulement qu'il fut historien et suppléa son père (Claude) dans ses leçons d'histoire.

  J.D. 24.3.2011, dernière mise à jour le 30.10.2011

Guillaume Delisle extrait de "L'Atelier Delisle" de Nelson Martin Dawson

Guillaume Delisle extrait de "L'Atelier Delisle" de Nelson Martin Dawson

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 18:26

La région de Chartres a été érigée en comté en l’an 806 (sous Charlemagne). Ce comté tomba dans le domaine royal français en 1234, puis fut érigé en duché par François 1eren 1528. Ce duché fut donné à Renée de France fille du roi Louis XII et d'Anne de Bretagne. Elle fut donc la première duchesse de Chartres.

Renée de France apporta ce duché en dot lors de son mariage le 28 mai 1528 avec Hercule II d’Este duc de Ferrare (Ferrara en italien, c'est une très belle ville située à l'intérieur d'un triangle délimité par Venise, Ravenne et Bologne)
Cet Hercule d’Este (2° duc de Ferrare de ce nom) était le fils d’Alphonse d’Este duc de Ferrare (mort en 1534) et de Lucrèce Borgia (elle-même fille du pape Alexandre VI Borgia. Ce pape avait reconnu 7 enfants de 4 maitresses. Parmi ses enfants, les plus connus sont Lucrèce et César Borgia).
Renée de France s'était convertie au calvinisme après un séjour de Calvin à Ferrare en 1536. Il faut dire qu'avec une belle-mère fille de pape...

Persécutée par son mari pour cette conversion, elle se réfugia en France en son château de Montargis en 1560. Présente à Paris le 24 août 1572 (jour de la Saint Barthélémy), Renée de France soutint les protestants jusqu'à sa mort le 12 juin 1575.

En 1528 également, François 1er avait donné le duché de Nemours à Philippe de Savoie (1490/1533) fils de Philippe II septième duc de Savoie

A la mort d’Hercule II en 1559, le titre de duc de Chartres revint à son fils Alphonse II d’Este duc de Ferrare. A la mort en 1597 de cet Alphonse resté sans enfant, le duché de Chartres revint à sa sœur Anne d’Este (1531/1607), veuve en premières noces du duc de Guise. Anne d’Este s’était remariée en 1566 avec Jacques de Savoie, déjà duchesse de Chartres, elle était devenue par son mariage duchesse de Nemours. Ce Jacques de Savoie (1531/1585) était le fils de Philippe de Savoie et par conséquent le petit-fils de Philippe II, septième duc de Savoie. Parmi ses titres, Jacques de Savoie fut comte de Genève, il prit même le titre de duc de Genève en 1564.

Anne d’Este mourut en mai 1607 et le duché de Chartres revint à son fils Henri 1erde Savoie (1572/1632) qui vendit le duché de Chartres en 1623 à Louis XIII pour 250.000 écus d’or. Quant au duché de Nemours, il resta dans la famille de Savoie jusqu'en 1657. Il revint ensuite à la couronne de France jusqu'en 1689, date où Louis XIV le donna à son frère Philippe duc d'Orléans

Louis XIII donna le duché de Chartres à son frère Gaston d’Orléans. Après la participation de ce Gaston à une conspiration, le titre revint au roi. A la suite, Louis XIV donna le titre de duc de Chartres à son frère Philippe d’Orléans, qui cumula ainsi les titres de duc de Chartres, de Nemours et d'Orléans. Le duché d'Orléans avait été créé en 1344.

Si le duché de Chartres a disparu en même temps que la royauté, le titre de duc de Chartres est resté dans la famille d’Orléans. Dans le cadre de la République, les titres de noblesse, n'ont, bien entendu, plus aucune valeur.... sauf pour ceux qui les portent.

 

 

liste des ducs de Chartres :

*Renée de France de 1528 à 1575

*Alphonse d'Este de 1575 à 1597

*Anne d'Este de 1597 à 1607

*Henri 1er de Savoie de 1607 à 1623

*Gaston d'Orléans (fils d'Henri IV et frère de Louis XIII) de 1626 à 1660

*Philippe 1er duc d'Orléans (fils de Louis XIII et frère de Louis XIV) de 1660 à 1674

*Philippe II fils du précédent de 1674 à 1701

*Louis IV fils du précédent de 1703 à 1723

*Louis-Philippe 1er fils du précédent de 1725 à 1752

*Philippe II de 1752 à 1785. Au moment de la révolution, il prend le nom de Philippe égalité. Devenu député de Paris à la Convention, il vote la mort de son cousin Louis XVI le 15 janvier 1793 (condamnation obtenue à une voix de majorité). Cela ne porta pas chance à Philippe égalité qui fut accusé d'être l'ami des Girondins et guillotiné le 6 novembre 1793.

*Louis Philippe qui devint roi de France en 1830, eut le titre de duc de Chartres de 1785 à 1793

*Ferdinand Philippe Louis d'Orléans, fils de Louis Philippe, duc de Chartres de 1810 à 1830

*Robert d'Orléans petit-fils du précédent de 1850 à 1910

*Henri d'Orléans comte de Paris, eut le titre de duc de Chartres de 1933 à 1972

*Charles-Louis d'Orléans petit fils du précédent depuis 1972

 

J.D. Avril 2008, dernière mise à jour : 3 mars 2011

 

 

Chartres, vitrail sur une émission de 1963

Chartres, vitrail sur une émission de 1963

Chartres il y a un siècle

Chartres il y a un siècle

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 11:46

 

Les coqs de Key West

 

 

Key West est le dernier élément d'un chapelet d'îlots situés au sud de la Floride. Ils sont reliés entre eux et avec le continent par une série de ponts dont le plus long a 7 miles, soit 11,263 kms (le mile américain fait 1,609 kms). Du centre de Miami à Key West il y a environ 250 kms.

Ces ponts et ces îlots sont traversés par la route N° 1 (l'US 1), qui, sur cette traversée a le golfe du Mexique à l'ouest et l'Atlantique à l'est. Cette route a son point de départ à Key West sur la Whithehead Street près du port. Un panneau situé à l'angle de la Whitehead Street et de la Fleming Street indique à son recto le point zéro de cette route et à son verso la fin de la route. Beaucoup de touristes se font photographier sous ce panneau. L'US 1 est moins connue que la célèbre route 66 qui reliait Chicago à Santa Monica au nord de Los Angeles, mais elle est plus longue. En effet l'US 1 longe toute la côte Est des USA jusqu'à la frontière canadienne et son parcours fait ainsi 3846 kms contre « seulement » 3670 pour la route 66.

Key West est le point le plus au sud des Etat-Unis. Une très grosse borne d'environ 2,50 mètres de haut indique le point sud des USA. Cet endroit n'est qu'à 90 miles des côtes de Cuba , soit 145 kms environ. Les touristes font la queue pour se faire photographier à côté de cette borne qui est située à l'angle de Whitehead Street et de South Street.

Il y a beaucoup de choses à voir à Key West : outre le shopping (la Duval Street est la plus commerçante), la maison d'Ernest Hemingway, qui conserve encore une espèce particulière de chats (ils ont 6 griffes à chaque patte), le phare, le fort Zacharie Taylor qui servit durant la guerre de Sécession (que les Américains appellent guerre civile), de nombreux musées (musée d'histoire, de la faune marine, des papillons, des tortues, des trésors retrouvés en mer etc) sans oublier le spectacle du coucher de soleil sur le golfe du Mexique. Chaque soir c'est le flux de milliers de touristes qui se dirigent vers le bord de mer côté ouest pour voir le coucher de soleil. Voir photo jointe prise à Key West le 2 février 2011.

J'ai eu la chance grâce à ma fille et à mon gendre d'aller à Key West du 31 janvier au 3 février 2011. Durant la journée la température variait entre 25 et 30 degrés. C'est le paradis des retraités qui viennent y passer l'hiver au chaud, et il y a beaucoup de monde à Key West. J'y ai découvert une particularité vraiment curieuse : un farfelu (selon mon jugement) est parvenu à faire classer les poules et les coqs parmi les espèces protégées. Depuis, « la poule au pot tous les dimanches » n'est plus d'actualité à Key West. Cette espèce naturellement prolifique, protégée, s'est multipliée et vit en toute liberté à Key West et bien sûr, envahit tout. Il y a des coqs et des poules sur les rues, les places, les jardins, les terrasses des cafés... Quand un de ces gallinacés veut traverser une rue, les automobilistes s'arrêtent pour le laisser passer. Le matin tôt, c'est le concert d'une multitude de coqs, à croire que ces chanteclers font un concours à qui « cocoricotera » le plus fort.

Dans la nature, il est fréquent qu'une espèce prolifique se multiplie et envahisse un espace au détriment des autres espèces.

En Europe on en a eu un bel exemple avec une espèce particulière de rats, le « Rattus norvegicus » appelé plus communément le rat d'égouts ou rat gris.

Ces rats furent introduits en Europe au début du XVIIIe siècle, amenés dans la cale des navires. Cette espèce est particulièrement prolifique puisque la rate grise est mature sexuellement dès l'âge de 6 semaines, la durée de sa gestation est courte (de 21 à 23 jours). Elle peut ainsi avoir de 4 à 7 portées par an avec à chaque fois de 7 à 12 petits, qui eux-mêmes refont des petits très rapidement. En un an, une rate grise peut potentiellement avoir un millier de descendants ! Les rats gris ont donc proliféré rapidement en Europe et dans les zones où ils se sont installés, ils ont chassé les autres espèces de rats qui occupaient le territoire avant leur arrivée.

J.D. Février 2011

 

à Key West : maison d'Ernest Hemingway, Ibis traversant la rue d'un pas de sénateur, coucher de soleil sur le golfe du Mexique, photos J.D. 1er février 2011

à Key West : maison d'Ernest Hemingway, Ibis traversant la rue d'un pas de sénateur, coucher de soleil sur le golfe du Mexique, photos J.D. 1er février 2011

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 19:02

Ce nom désigne les 5 premiers empereurs romains. Cette dynastie descend de :

Julia, sœur de Jules César et grand-mère d'Octave/Auguste premier empereur romain

et de Claudius premier mari de Livie et père de Tibère le second empereur

Compte tenu des nombreuses alliances entre les deux branches, on trouvera en annexe, un tableau de synthèse dont la vocation est de faciliter la compréhension de la situation.

 

Revue des cinq premiers empereurs :

*OCTAVE/AUGUSTE : (23 septembre-63/19 août+14, empereur de – 27 à +14)

Petit neveu de Jules César (par sa grand-mère maternelle). Dans son testament César désigna Octave comme son héritier.
Après l'assassinat de Jules César le 15 mars de l'an 44 avant notre ère, par Cassius, Brutus et leur bande, Octave s'allia avec Lépide et Marc Antoine. Ils formèrent le second triumvirat. Ils commencèrent par éliminer le parti des assassins de César et en profitèrent pour liquider tous leurs ennemis. L'historien du second siècle de notre ère, Appien d'Alexandrie écrit (dans son « Histoire romaine ») : « Ils échangeaient leurs propres parents ou amis qu'ils voulaient liquider... ainsi que les ennemis de leurs amis et les amis de leurs ennemis ». C'est ainsi que Marc Antoine fit massacrer Cicéron le 7 décembre -43.

Puis ils se partagèrent le territoire de Rome : à Octave l'Europe, à Lépide l'Afrique, à Antoine l'Asie y compris l'Egypte où il s'empressa de prendre la place de César auprès de Cléopâtre.

En vertu du principe selon lequel il ne peut y avoir qu'un crocodile par marigot, ils rompirent leur alliance rapidement. Lépide fut le premier éliminé et Octave récupéra l'Afrique, puis se fut la guerre avec Antoine qui se termina le 2 septembre -31 au large d'Actium par la défaite de la flotte d'Antoine et de celle de Cléopâtre contre la flotte d'Octave. A Alexandrie Octave commença par faire massacrer le fils que César avait eu avec Cléopâtre. César fut pourtant le bienfaiteur d'Octave, mais laisser vivre le fils de César était trop dangereux pour l'avenir d'Octave. C'est en vertu du même principe qu'Euripide dans les Troyennes écrit qu'Ulysse obtint le massacre d'Astyanax fils d'Hector en déclarant qu'il ne fallait pas laisser vivre le fils d'un tel héros.

De retour à Rome, le Sénat accorda successivement au vainqueur le titre de seul triumvir, puis de tribun à vie, de censeur et en janvier -27 les titres de Princeps (premier citoyen), Imperator (empereur) et Auguste. Ce dernier titre deviendra le nouveau d'Octave plus connu sous ce nom d'Auguste.

Mais Auguste laissa subsister le Sénat, pour sauver les apparences de la République alors qu'il avait cumulé tous les pouvoirs et que le rôle du Sénat romain ne fut plus que de flatter l'empereur. Pour l'avenir cela porta grand préjudice à Rome, car le mode de désignation des successeurs ne fut pas défini et ce fut souvent des guerres épouvantables entre les prétendants au titre. Auguste eut le mérite d'amener la paix dans l'empire.
Il mourut le 19 août de l'an 14 de notre ère. En -38, il avait épousé Livie, qui en première noce avait été mariée avec Claudius dont elle avait eut un enfant : Tibère, et alors qu'elle était enceinte d'un second (Drussus)

 

*TIBERE : (16 novembre-42/16 mars +37, empereur de 14 à 37)

A la mort d'Auguste, Livie parvint à imposer son fils Tibère comme empereur. Il fut le premier empereur monstre de l'histoire de Rome. Dans « Vies des douze Césars », Suétone le décrit comme un débauché particulièrement pervers et un dictateur sanguinaire.

Le peuple de Rome eut rapidement la haine de Tibère et il se retira à Capri de peur d'être assassiné. Lorsqu'il mourut empoisonné ou étouffé selon les versions (probablement à l'instigation de Caligula), et que la nouvelle parvint à Rome ce fut une explosion de joie parmi le peuple

 

*GAIUS/CALIGULA : (31 août12/24 janvier 41, empereur de 37 à 41)

Petit neveu de Tibère, un des rares membres de sa famille que Tibère n'avait pas fait assassiner. Caligula était le fils de Germanicus qu'il accompagna enfant dans ses campagnes militaires. Caligula est un surnom donné par les soldats romains, dérivé de caliga (chaussures), pourrait se traduire par « petites godasses ». Il fut le second empereur monstre de l'histoire de Rome. Il portait l'armure d'Alexandre-le-Grand qu'il avait fait sortir de son tombeau. Fut assassiné par les soldats de sa garde.

 

*CLAUDE (1er août-10/13 octobre 54, empereur de 41 à 54)

Neveu de Tibère et petit-fils de Marc Antoine. Les historiens anciens (Suétone, Sénèque) le présentent comme débile et cruel. A l'analyse des événements de son règne, les historiens contemporains sont plus nuancés. En 38, en troisième noce, Claude avait épousé Messaline dont il eut un fils (Britannicus) et une fille (Octavie). En 49, et en quatrième noce, Claude épousa sa nièce Agrippine. Celle-ci avait eut un fils (Néron) d'un précédant mariage avec Domitius autre petit-fils de Marc-Antoine

Après avoir fait adopter son fils Néron par Claude, Agrippine fit empoisonner le dit Claude tandis que Néron avait fait empoisonner Britannicus fils de Claude, en outre, en première noce, Néron épousa Octavie la fille de Claude

 

*NERON (15 décembre 37/9 juin 68, empereur de 54 à 68)

Fut probablement le pire dans la galerie des empereurs monstres de l'histoire romaine. Fit assassiner sa mère Agrippine, tua Popée sa seconde épouse à coups de pieds dans le ventre alors qu'elle était enceinte, viola des vestales, fit émasculer un esclave (Sporus) pour le déguiser en femme, mit le feu à Rome et en prit prétexte pour persécuter les chrétiens, même des sénateurs furent livrés aux lions par Néron. Au printemps de l'an 68, Julius Vindex qui commandait les légions romaines de la Gaule lyonnaise, déclancha la révolte contre la bête Néron qui fut déclaré ennemi public par le Sénat. Julius Vindex fut tué, mais Néron s'enfuit et se fit tuer par un affranchi pour échapper aux soldats qui venaient pour l'arrêter. Après la mort de Néron, les légions de Rome poussèrent Galba au pouvoir puis l'assassinèrent. Les légions d'Espagne désignèrent Othon comme empereur, mais les légions du Rhin mécontentes désignèrent Vitellius comme empereur et marchèrent contre Othon qui se suicida. Enfin les lègions du Danube elles aussi mécontentes désignèrent Vespasien comme empereur et marchèrent contre les légions du Rhin qui furent vaincues, tandis que Vitellius était tué. En quelques mois, ainsi quatre empereurs se succédèrent et d'horribles massacres furent commis entre légions romaines. Comme quoi, la disparition d'un tyran, n'amène pas forcément la paix.

J.D. 13 février 2011

 

 

 

 

 

 

 

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