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15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 13:43

La vision de Dante N° 673

 

« La vision de Dante » est le titre d’un long poème (740 vers) de Victor Hugo daté du 24 février 1853 et intégré dans La légende des siècles.

Ce poème commence ainsi :

« Dante m’est apparu. Voici ce qu’il m’a dit... »

 

et se termine par :

« Et, comme je fuyais, dans la nuée ardente

Une face apparut et me cria : Mon Dante,

prends ce pape qui fit le mal et non le bien,

Mets-le dans ton enfer, je le mets dans le mien »

 

L’action du poème se déroule en 1853 :

« Dans l’an cinquante-trois du siècle dix-neuvième »

 

Dante dans son tombeau voit apparaître un ange

« Et je vis apparaître un ange surprenant…

Il portait sur sa tête ingénue et superbe

Ce mot des cieux, ce mot qui contient tout le verbe :

Justice. On le pouvait voir distinctement... »

 

L’ange appelle tous ceux qui furent victimes de l’injustice à se manifester :

« Et l’archange cria : Trépassés ! Trépassés !

Levez-vous, accourez, venez, comparaissez !

Voici l’instant où l’aigle aura peur des colombes.

O victimes ! Sortez des nuits, sortez des tombes... »

 

Ils arrivent innombrables

« Quels sont vos meurtriers, et vos bourreaux ? Dit l’ange

Et d’une seule voix ils dirent : les soldats »

 

L’ange alors convoque les soldats

« C’étaient des millions d’hommes bardés de fer »…

« Ce n’est pas nous, ce sont nos capitaines.

Nous dûmes obéir à leur ordre inhumain ;

Nous n’étions que le glaive, eux, ils étaient la main.

C’est sur eux, non sur nous, que le crime retombe... »

 

Les capitaines accusent les juges, ceux-ci les princes, qui se défaussent sur le pape et le dit pape sur dieu ! Pratique personne n’est coupable ; cela me rappelle l’affaire « du sang contaminé » en avril 1991 lorsque la ministre de la santé (Georgina Dufoix) se déclara « responsable mais pas coupable » !

La tirade sur les juges vaut son pesant de moutarde ou plus probablement s’agissant d’un rêve de Dante, son pesant de pizze ! En voici un extrait :

« Vous êtes, dit l’esprit, les juges de la terre.

De vous tous qui teniez le livre de la loi

pas un ne me connaît, mais je vous connais, moi.

Écoutez. Vous avez trahi le droit auguste,

Absous les scélérats, condamné l’homme juste.

Et lié l’innocence aux pieds du crime heureux…. »

 

Le portrait d’un des princes dans le poème semble prémonitoire :

« le dernier qui venait, horrible au milieu d’eux,

Était à chaque marche encombré de squelettes

Et de cadavres froids aux bouches violettes,

Et le plancher rougi fumait, de sang baigné ;

le char qui le portait dans l’ombre était traîné

par un hibou tenant dans sa griffe une hache.

Un être aux yeux de loup, homme par la moustache…. »

 

Sur Dante, voir la fiche N°146 http://jean.delisle.over-blog.com/2013/12/dante-n-146.html

sur Victor Hugo la fiche N° 631 http://jean.delisle.over-blog.com/2020/05/les-chouans-et-les-vendeens-balzac-dumas-hugo-n-631.html

le pape dont il est question dans ce poème est Pie IX, mais, la longueur des notes étant limitée sur ce blog depuis 4 ou 5 ans, ce sera l’objet de la prochaine fiche.

En illustration, un portrait de Victor Hugo par Léon Bonnat, daté 1879, emprunt au net.

J.D. 15 novembre 2020

 

 

 

La vision de Dante N°673
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14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 07:47

Élections N° 672

 

Le 3 novembre 2020, les électeurs américains n’ont pas élu le président des États-Unis, mais les grands électeurs appelés, eux, à élire le président. Ce vote des grands électeurs doit intervenir le 14 décembre 2020 et c’est le Sénat américain qui comptabilise ces votes et devra proclamer le président élu (ou réélu) avant le 23 décembre, lequel prendra (ou poursuivra) ses fonctions à partir du 21 janvier 2021.

Donc, constitutionnellement, d’ici ce vote et cette proclamation de décembre, il n’y a pas de nouveau président élu ou réélu !

Cela n’a pas empêché certains chefs d’État, Macron en tête de féliciter Joe Biden alors même que le dépouillement des bulletins pour l’élection des grands électeurs n’était pas terminé et que l’actuel président contestait la régularité des votes. En France quasiment tous nos médias répétaient, presque en boucle comme des perroquets, que Trump contestait sans preuves.

Pour les lecteurs intéressés, voici en lien, une intervention de François Asselineau (qui fut candidat à la Présidentielle française de 2017) qui affirme qu’il y a bien eut une fraude massive organisée par les Démocrates :

https://www.facebook.com/367713397611/videos/274960517277743/

 

En complément voici un extrait de l’éditorial de Franz-Olivier Giesbert dans Le Point du 12 novembre page 7 :

« Ne sommes-nous pas entrés au stade paroxystique de l’horreur médiatique, quand tout candidat au poste suprême devient illégitime sinon inéligible dès lors qu’il n’est pas de gauche ? Que les médias aient leurs préférences et leurs partis pris, c’est normal. Mais il était triste pour notre métier de voir tant de journalistes transformés en propagandistes enfiévrés, en fébriles attachés de presse, traitant le loufoque Trump de tous les noms parce qu’il ne reconnaissait pas sa défaite -comme Al Gore, qui, en 2000, dans les mêmes conditions, attendit le 12 décembre pour le faire, après une décision de la Cour suprême. Mais il est vrai qu’il était démocrate. »

 

Dans le même édito, voici ce qu’écrit FOG :

"il ne faut pas le dire, le secret a été bien gardé, mais la politique de Trump a profité aux plus démunis. pendant les trois premières années de son mandat, 4 millions de personnes sont sorties de la pauvreté, dont le taux est tombé à son plus bas niveau depuis 1959. Ce qui explique ses scores en progression chez les Latinos et même chez les Noirs, qui, au début de l'annus horribilis 2020 étaient seulement plus de 5% à chercher un emploi. Son coup de frein à l'immigration a, par ailleurs, obligé les patrons, faute d'un surcroît de main-d'oeuvre, à augmenter les bas salaires. Ce n'est pas être trumpiste que de rappeler ces faits que les médias ont mis sous le boisseau, comme beaucoup d'autres."

 

Si tout ce que raconte Asselineau est vrai, je ne vois pas comment la Cour suprême américaine pourrait ne pas reconduire l’actuel locataire de la Maison blanche !

Je vois passer des textes d’internautes qui l’espèrent et se réjouissent d’avance de la tronche que ferait Macron si Trump reste président !

En mai et juin 1968 (j’avais 29 ans) parmi les slogans en vogue, l’un disait :

« Élections pièges à cons ! « 

 

Les élections américaines 2020 risquent d’en être une belle illustration ; les cons n’étant pas les électeurs américains !

En annexe une carte datée du 13 novembre 2020 avec en rouge les États remportés par Trump et en bleu ceux de Biden (emprunt au net).

J.D. 14 novembre 2020

ajout du 16 novembre 2020 :

https://reseauinternational.net/elections-aux-usa-lettre-du-general-francais-2s-dominique-delawarde-a-ses-amis/?fbclid=IwAR00W5fp4KZ_XltwiOVC4TqHgg8GOn26gRt_G8sctzVLLo_tYA0wqZXhZgs

 

Elections N°672
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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 20:00

Les îles Spartleys N° 671

 

Les îles Spartleys (s’écrivent aussi Spartly ou Spartlys) sont un archipel de 14 îles, de plus d’une centaines de récifs ou îlots et de 7 îlots artificiels construits par la Chine depuis 1973, à des fins militaires. L’ensemble est situé en Mer de Chine Méridionale. Cette mer (qui est, de fait, une partie du Pacifique) est bordée par (en partant du sud et en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre) : l’Indonésie, la Malaisie, la Thaïlande, le Vietnam, la Chine, Formose (appelée aussi Taïwan), les Philippines et le Sultanat de Brunei.

Les îles ou îlots appartiennent ou sont revendiqués par : la Chine, la Malaisie, les Philippines, Taïwan, et le Vietnam.

Depuis la victoire de Mao et la proclamation de la République populaire de Chine (le 1er octobre 1949), les Chinois revendiquent Formose où se sont réfugiés les nationalistes chinois partisans de Tchang Kaï Chek. La supériorité militaire américaine a jusqu’à présent interdit à la Chine d’envahir Taïwan. Mais au fil des années, les Chinois sont devenus la première puissance économique et la première puissance financière mondiale et elle devient la première puissance militaire.

La télévision chinoise publie régulièrement des informations sur les 3 derniers porte-avions en construction, sur la flotte d’avions furtifs, sur le dernier missile capable de détruire des porte-avions (sous-entendu américains!). C’est un avertissement sans frais adressé aux États-Unis ! Les Américains n’ont plus les moyens d’empêcher les Chinois de faire ce qu’ils veulent dans leur zone d’influence Pacifique. Il serait surprenant que les dits Chinois n’en profitent pas !

C’est dans ce contexte que se déroulent en ce moment des grandes manœuvres navales comme l’indique l’article ci-après de « L’Orient-Le Jour » du 20 octobre 2020 :

« L'Australie va participer en novembre à des manœuvres militaires au large des côtes indiennes qui réuniront quatre pays inquiets de l'influence grandissante de la Chine. L'Inde, le Japon et les Etats-Unis, et pour la première fois depuis 2007, l'Australie vont participer en novembre à d'importants exercices militaires navals, ce qui devrait susciter l'ire de Pékin ».

L’Inde est à l’ouest de la Chine, le Japon à l’est et l’Australie au sud !

Ces manœuvres se déroulent en mer d’Oman (à l’ouest de l’Inde) et dans le golfe du Bengale (à l’est de l’Inde), en rappelant que des incidents frontaliers entre l’Inde et la Chine le 15 juin 2020 ont fait 20 morts parmi les gardes indiens.

Il faut espérer que cela n’annonce pas des « bruits de bottes » !

On trouvera en illustration une île naturelle transformée en base militaire par la Chine dans l’ensemble des îles Spartleys.

J.D. 11 novembre 2020

ile chinoise militarisée

ile chinoise militarisée

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31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 11:04

Le sac des cités N°670

 

On appelle « sac » d’une ville sa mise au saccage et au pillage.

Dans les temps anciens, lorsqu’une cité tombait, souvent après un long siège, les généraux vainqueurs accordaient des jours de pillages pour récompenser leurs soldats.

Malheur aux vaincus, la mise à sac entraînait le massacre des hommes, le viol des femmes, le pillage des biens (le butin) et s’achevait souvent par l’incendie qui détruisait la cité. Si il fallait recenser toutes les cités qui furent mises à sac une ou plusieurs fois, selon l’histoire ou les légendes, on en remplirait des tomes. Sur le sac de Rome, voir la fiche N°568 http://jean.delisle.over-blog.com/2019/08/le-sac-de-rome-n-568.html

En voici 2 autres exemples : Jérusalem et Babylone.

 

*le sac de Jérusalem : sur l’histoire de Jérusalem, voir les notes N°322 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/10/jerusalem-n-322.html 

et 6 http://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-d-israel-55889409.html

la ville fut prise une première fois par Nabuchodonosor II roi de Babylone en -587 puis par les Romains commandés par Titus en l’an 70.

C’est ce Nabuchodonosor qui détruisit le premier temple de Jérusalem, celui construit au temps de Salomon (vers l’an -960, voir le « premier livre des rois » dans l’Ancien Testament. Dans le texte biblique toutes les mesures du temple sont en coudées dont la longueur a varié selon les pays et les époques, pour le texte biblique on peut prendre une coudée pour 0,45 mètres. Ce premier temple dura donc dans les 370 années), pilla les trésors du temple et emmena les Hébreux en captivité (ils le furent de -586 à -538). De retour de captivité, les Hébreux reconstruisirent le temple ; ce fut le second temple de Jérusalem de 120 mètres sur 75. Les Romains conduits par Pompée s’emparèrent du territoire jusqu’à l’Euphrate en 63 avant Jésus-Christ. Hérode, roi mis en place par les Romains et qui régna de -37 à -4 fit d’importants travaux au temple qui pour cette raison est parfois appelé « temple d’Hérode ». En l’an 66 de notre ère, les Juifs s’étant soulevés contre les Romains, Titus s’empara de la ville et détruisit le second temple (dont il ne reste que « le mur des lamentations », ce second temple dura donc, lui, dans les 410 années). Voir fiche N° 668.

Il y a aujourd’hui en Israël et aux États-Unis des partisans de la reconstruction du temple ou construction du « troisième temple ». Un Juif a même construit une maquette et d’autres ont fabriqué les « objets sacrés » qui se trouvaient dans le temple dont le chandelier à 7 branches. Le problème étant que sur le mont où se trouvait le temple de Salomon, les Musulmans ont construit (autour des années 700) la mosquée Al Aqsa et le Dôme du Rocher !

 

*le sac de Babylone par les Hittites au seizième siècle avant notre ère.

L’antique cité de Babylone se trouve en Irak à une centaine de kms au sud de Bagdad. Elle fut le siège de la tour de Babel et des jardins suspendus (une des 7 merveilles). Dans « l’Apocalypse », le nom de Babylone est donné symboliquement à Rome appelée : « la mère des répugnantes prostituées de la terre ». La prostituée est assise sur une bête aux 7 têtes (les 7 collines de Rome), « assise au bord des grandes eaux.. .» (La Méditerranée).

Le fils de Nabuchodonosor lui succéda sous le nom de Balthazar. Voici ce que l’on trouve dans l’Ancien Testament de la bible chrétienne dans le livre de Daniel (un des 4 grands prophètes) en 5 :

« Le roi Balthazar donna un grand festin pour ses seigneurs (en -539), qui étaient au nombre de mille, et devant ces mille, il but du vin. Au goût du vin, Balthazar ordonna d’apporter les vases d’or et d’argent que son père Nabuchodonosor avait ravi au sanctuaire de Jérusalem, pour y faire boire le roi, ses seigneurs, ses concubines et ses chanteuses...soudain apparurent des doigts de main humaine qui se mirent à écrire, derrière le lampadaire, sur le plâtre du mur du palais royal…. »

C’était le fameux « Mane Thecel Phares » ! Seul Daniel (que le roi avait surnommé Baltassar) parvint a interpréter cette phrase qui signifiait :

« tes jours sont comptés ; tu as été trouvé trop léger dans la balance, ton royaume sera partagé » .

La ville était assiégée par Cyrus roi des Perses assisté de Darius son oncle roi des Mèdes. La ville fut prise le lendemain de ce festin, Balthazar tué et son royaume partagé entre Perses et Mèdes. C’est à la suite de cet événement que les Hébreux furent libérés, purent retrouver leur patrie et reconstruire le temple.

Le site de Babylone a été classé au patrimoine mondial de l’Unesco le 5 juillet 2019.

L’inscription a inspiré de nombreux artistes et auteurs, comme Rembrandt qui peignit en 1635 « le festin de Balthazar » (à la National Galery de Londres, voir illustration, emprunt au net) ou comme la comtesse de Ségur dans « La bible d’une grand’mère » en 1869 ou Victor Hugo dans 2 poèmes insérés dans la Légende des siècles » : l’un de 1874 (La Vérité) et l’autre de 1877 consacré à Salomon.

J.D. 31 octobre 2020

 

le festin de Balthazar par Rembrandt

le festin de Balthazar par Rembrandt

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14 octobre 2020 3 14 /10 /octobre /2020 14:09

Les malheurs de Sophie N°669

 

Sophie Rostopchine naquit à Saint Pétersbourg en juillet 1799 (le 19 selon le calendrier dit Julien -de Jules César– encore en vigueur à l’époque en Russie ou le 30 selon le calendrier dit grégorien -du pape Grégoire XIII-, déjà appliqué dans le reste de l’Europe). Son père, Fiodor Rostopchine était gouverneur de Moscou lorsque la grande armée arriva en 1812 et c’est lui qui fit incendier la ville ; ce qui entraîna la désastreuse retraite que l’on sait. Cela n’empêcha pas la famille Rostopchine de se réfugier en France en 1817, mais ce n’était plus l’empire !

Le 14 juillet 1819, Sophie épousa Eugène de Ségur neveu de Philippe de Ségur qui fut aide-de-camp de Napoléon ! L’Histoire, c’est quand même souvent curieux !

Devenue grand-mère, Sophie Rostopchine comtesse de Ségur commença une carrière d’écrivaine, avec des textes pensés pour les enfants dont « les malheurs de Sophie ».

 

Qu’aurait pensé Sophie Rostopchine comtesse de Ségur si elle s’était trouvée le 9 octobre 2020 à l’aéroport de Villacoublay pour accueillir une autre Sophie (Pétronin) née à Bordeaux le 7 juillet 1945, devenue « humanitaire » au Sahel pour faire de la scolarisation, qui fut enlevée le 24 décembre 2016 par des djihadistes affiliés à Al Quaïda, puis libérée avec 3 autres otages (2 Italiens et un Malien) contre rançon et libération de djihadistes, selon titre d’un article ci-dessous :

 

« Affaire Pétronin : un groupe djihadiste célèbre la libération de ses 204 frères d'armes autour d'un méchoui ».

 

Le président de la République était venu accueillir l’otage libérée qui sortit de l’avion affublée d’un voile islamique, se déclara devenue musulmane et fit l’éloge de ses ravisseurs, les mêmes qui ont causé la mort de 50 soldats français ! Le président de la République qui avait préparé un discours, probablement sur les malheurs de Sophie, s’en abstint dans le contexte. Que nos services de renseignements n’aient pas pu prévenir le président est à l’image de notre pauvre France !

Faute de discourir sur les malheurs de Sophie, notre Président a peut-être pensé à une autre œuvre de la comtesse de Ségur : « mémoires d’un âne » (le célèbre Cadichon !). Cela me rappelle un poème de Victor Hugo daté 1876, intitulé : « Les trois Cents » (il s’agit des 300 Spartiates) et incorporé dans la Légende des siècles ; en voici un extrait :

« Les peuples n’ont pas tous les mêmes mœurs ; les scythes,

Qui font à l’occident de fréquentes visites,

Vont tout nus ; le macron, qui du scythe est rival,

A pour casque une peau de tête de cheval

Dont il a sur le front les deux oreilles droites…. »

Le macron dont parle Victor Hugo occupait les rives de la mer Noire ; Hérodote (historien grec du cinquième siècle avant notre ère) en parle déjà.

Mais le 9 octobre 2020, à Villacoublay, le Macron aurait mieux mérité un bonnet d’âne qu’une tête de cheval !

En illustration : un portrait de la comtesse de Ségur, emprunt au net

J.D. 14 octobre 2020

 

 

 

Les malheurs de Sophie N°669
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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 17:22

Le Colosse N° 668

 

*Tout le monde a entendu parler du célèbre colosse de Rhodes construit en l’an 292 avant Jésus-Christ, haut de 33 mètres, qui représentait Hélios le dieu soleil (un homme dont la tête était entourée de rayons pour symboliser le soleil) et qui fit boum par terre vers -226 soit 66 ans plus tard lors d’un tremblement de terre. Ce colosse de métal sur une armature de bois resta à terre jusqu’en l’an 654 date où des Arabes récupérèrent 13 tonnes de bronze et 7 tonnes de fer !

*A Rome, après l’incendie de la ville en l’an 64, profitant de l’espace libre, Néron se fit construire une vaste demeure (Domus Aurea : la Maison dorée) avec dans le vestibule une statue en bronze le représentant en dieu-soleil et qui faisait 35 mètres de haut soit plus que le colosse de Rhodes dont cette statue s’était inspirée ; voir Suétone « Vies des douze Césars », livre VI consacré à Néron en XXXI.

Cette statue géante fut appelée « Colosseum » (colosseo en italien et colosse en français).

*Après le soulèvement de Julius Vindex commandant les légions de la Gaule lyonnaise, le Sénat prononça la déchéance de Néron qui se suicida à l’approche des soldats venus pour l’arrêter au « printemps 68 » !

*Après Néron, il y eut ce que les historiens ont appelé « l’année des 4 empereurs » ; une lutte pour le pouvoir où les légions s’affrontèrent pour Othon, Galba, Vitellius et finalement Vespasien.

*Ce fut ce Vespasien qui lança la construction de ce qui est appelé aujourd’hui le Colisée, en l’an 72 sur une partie du domaine que s’était approprié Néron. Cet édifice reçut d’abord le nom « d’amphithéâtre Flavien ». Le colosse de Néron se trouvait juste sur le côté ouest de l’amphithéâtre.

*Vespasien eut 2 fils qui furent successivement empereurs : Titus et Domitien. Pendant que Vespasien régnait à Rome, son fils Titus à la tête des légions s’empara de Jérusalem en l’an 70 (voir Flavius Josèphe : « la guerre des Juifs »), fit détruire le second temple et fit un important butin qui participa au financement de l’amphithéâtre Flavien.

*La demeure de Néron disparut lentement mais sûrement tandis que sa tête pour la statue était changée et remplacée par celle du dieu-soleil (Hélios pour les Grecs et Apollon pour les Romains).

*Sous le règne d’Hadrien (empereur de 117 à 138), le colosse fut déplacé. Il fallut 20 éléphants pour le tirer ; puis la statue disparut durant le Moyen-Age et le nom de colosse passa au XIe siècle à l’amphithéâtre Flavien qui devint le Colisseum.

*Après la mort de Vespasien en 79, Titus devint empereur jusqu’à sa propre mort le 13 septembre 81. Son frère Domitien lui succéda et dès 81 il lança la construction d’un arc de triomphe dédié à son frère et célébrant ses victoires en Judée. Cet Arc de triomphe de Titus se trouve à l’extrémité est du forum romain donc du côté du Colisée. Sur une des faces, des sculptures représentent le butin ramené de Jérusalem dont le célèbre candélabre en or à 7 branches fabriqué au temps de Moïse (XIIIe siècle avant Jésus-Christ). Sur ce candélabre : voir « L’Exode » en 25 dans l’Ancien Testament.

*indirectement, le Colisée doit son nom au Colosse de Rhodes qui a également inspiré non seulement le colosse de Néron mais aussi celui de Constantin (voir fiche N°476 http://jean.delisle.over-blog.com/2018/08/le-colosse-de-constantin-n-476.html) puis la statue de la Liberté à New-York (fiche 235 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/04/auguste-bartholdi-amilcar-hasenfratz-n-235.html).

en illustration : détail de l’arc de Titus (les Romains emportent le butin fait au temple de Jérusalem), emprunt au net

J.D. 13 octobre 2020

détail de l'arc de Titus

détail de l'arc de Titus

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7 octobre 2020 3 07 /10 /octobre /2020 16:40

Le décret 2020-498 N° 667

 

Décret n° 2020-498 du 30 avril 2020 portant publication de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République tunisienne dans le domaine de l'enseignement de la langue arabe à l'école élémentaire en France, signé à Tunis le 31 mars 2017

 

Ce décret du 30 avril a été publié au Journal officiel de la République française le samedi 2 mai 2020, entre 2 jours fériés et alors que les médias occupaient l’attention des citoyens avec la pandémie ! Du grand art, même pas besoin de vaseline !

Le 31 mars 2017, juste avant les élections présidentielles, ce fut madame Najat Vallaud-Belkacem, franco-marocaine, ministre de l’éducation Nationale qui signa un accord au nom de la France, ce que personne ne vit à l’époque dans le contexte des élections présidentielles, encore du grand art ! Elle avait rempli sa mission !

Ce n’est que 3 ans plus tard et profitant du contexte signalé ci-dessus qu’il a été publié et qu’il va s’appliquer !

Ci-dessous, extrait d’un article publié le 7 mai 2020 dans la revue « Profession gendarme » (Journal de l’Association Professionnelle gendarmerie) :


 

« Signé par Emmanuel Macron, Edouard Philippe et Jean-Yves Le Drian, ce décret valide l’accord passé en mars 2017 entre le gouvernement de la Tunisie et la ministre  Française de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche de l’époque Najat Vallaud-Belkacem.

 Cet accord a été motivé par la « volonté de coopérer étroitement en faveur d’une amélioration de la qualité des enseignements »et « pour la France », par« les objectifs de diversité linguistique dans le premier degré et de continuité dans le second degré portés par la loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République ».

Son objectif est de proposer “un apprentissage de la langue arabe qui fait référence à la culture arabe, notamment à des éléments de la culture tunisienne ». Le décret précise que cet “enseignement facultatif est accessible à tous les élèves volontaires, en accord avec leur famille et dans la limite des places disponibles” de la classe de cours élémentaire première année (CE1) à la classe de cours moyen deuxième année (CM2).

Cet enseignement “est organisé pendant le temps scolaire en complément des enseignements obligatoires prévus pour tous les élèves par les programmes en vigueur, à raison d’une heure et demie (1,5) par semaine », et “les résultats obtenus par les élèves dans le cadre de cet enseignement sont pris en compte dans l’appréciation générale de leur travail scolaire ».

L’accord stipule que c’est “le Gouvernement Tunisien qui  sélectionne et rémunère les enseignants tunisiens titulaires des cadres du ministère tunisien de l’Éducation.

La validation de la part du président Macron du projet Tuniso-Français de l’enseignement de la langue arabe dans les écoles françaises n’a évidement pas plu à tout le monde du coté de l’Hexagone.

Certains ont estimé que : «  Le Décret n° 2020-498 du 30 avril, a été publié exprès, samedi 2 mai, au Journal Officiel. En plein week-end, le lendemain du 1er mai, alors que l’actualité est dominée par l’épidémie de Covid-19: dans la plus grande discrétion »

D’autres critiques ont indiqué que : « c’est l’idée même d’enseigner l’arabe à des enfants de cet âge qui pose question. La seule vraie urgence est de leur apprendre le français et la culture française. Enseigner les “langues et Cultures d’Origine”, contribue à entretenir chez ces élèves le mythe du “Bled” idéalisé, et les éloigne encore plus de l’assimilation nécessaire. » »

Pour info

J.D. 7 octobre 2020

 

 

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30 septembre 2020 3 30 /09 /septembre /2020 16:53

Le chiffre de la bête N°666

 

Dans l’Apocalypse, texte attribué à Jean (apôtre et évangéliste), on a cette phrase, en 13 :

« Que l’homme doué d’esprit calcule le chiffre de la Bête, c’est un chiffre d’homme : son chiffre, c’est 666 ».

Depuis 2000 ans, beaucoup se sont creusés la tête pour trouver un sens à ce texte énigmatique, en vain.

Pour cette note N° 666…

L’auteur de l’Apocalypse naquit vers l’an 15. Avec son frère (Jacques le Majeur), ils étaient pêcheurs. Ils suivirent Jésus.

Vers l’an 95, sous le règne de Domitien, Jean fut exilé dans l’île de Patmos. Là, Jean se réfugia dans une grotte où il eut des visions qu’il raconta dans ce texte. Le mot « apocalypse » dérive d’un terme grec qui signifie « révélation ». Ce texte est donc présenté comme prophétique. Il annonce la fin des temps et le triomphe de Jésus, avec au passage le combat de l’archange saint Michel et du dragon, l’annonce de la fin de Babylone, Rome qualifiée de « prostituée fameuse ».…

En 1995, les moines orthodoxes de l’île de Patmos célébrèrent les 1900 ans du document, ce qui laisse imaginer sa rédaction en l’an 95 ce qui est plausible compte tenu du décès de Jean supposé en l’an 101.

Ce texte est intégré dans la bible chrétienne à la fin du Nouveau Testament. Il a inspiré de très nombreux auteurs et surtout artistes.

Signalons particulièrement pour les Savoyards : « l’Apocalypse figurée des ducs de Savoie ». Il s’agit du texte illustré par de nombreuses enluminures. Il fut commandé en 1428 par Amédée VIII (1383/1451) qui fut le dernier comte et le premier duc de Savoie par la grâce de Sigismond empereur germanique de passage à Chambéry le 19 février 1416. Cette œuvre fut réalisée par 3 artistes : Jean Bapteur, Peronet Lamy et Jean Colombe. Terminé en 1490, ce chef-d’œuvre passa de Marguerite d’Autriche épouse de Philibert II de Savoie à Marie de Hongrie (nièce de Marguerite d’Autriche) puis à Philippe II roi d’Espagne (décédée en 1558, Marie de Hongrie avait légué ses biens à Philippe II) qui le fit déposer à la bibliothèque royale de l’Escurial où il se trouve encore.

Patmos est une île (grecque) du Dodécanèse (ensemble d’îles proches des côtes turques). Cette île de 34,5 kms2 est peuplée aujourd’hui d’environ 3000 habitants. Située à l’intérieur d’un triangle comprenant Chios au nord, Santorin au sud-ouest et Rhodes au sud-est, elle n’est qu’à une cinquantaine de kms des côtes turques.

L’île fut occupée successivement par les Grecs, les Romains, les Byzantins, Venise (au XIVe siècle), les Ottomans de 1537 à 1911, l’Italie, l’Allemagne en 1943, les Anglais à compter de mai 1945 puis les Grecs depuis 1946 : bel exemple de la complexité de l’histoire !

Au onzième siècle, des moines fondèrent un monastère dédié à Saint Jean à l’emplacement d’un temple à Artémis. La grotte dite de l’Apocalypse est un lieu de visite incontournable sur l’île, elle a été classée au patrimoine de l’Unesco en 1999.

On trouvera en illustration une page de « l’Apocalypse figurée des Ducs de Savoie » qui représente « l’adoration de la bête », emprunt au net.

J.D. 30 septembre 2020

ajout du 1er octobre : 

Victor un ami de longue date m'a adressé le commentaire suivant :

 

J'ai une autre version pour le chiffre 666.
VICARIVS FiLI  I DEI
Si tu additionnes chaque chiffre romain, ça fait: 5 +1+100+i +5 +1+50+1+500+1 -666,
le vicaire du fils de Dieu! le pape, et cette femme qui chevauche la bête, l’Église...pourquoi pas!
V=5
I =1
C = 100
L= 50
D= 500
Le chiffre de la bête N°666
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27 septembre 2020 7 27 /09 /septembre /2020 17:43

La fratrie Bonaparte N° 665

 

Letizia (s’écrit aussi Laetitia) Ramolino (1750/1836) épousa à Ajaccio le 1er juin 1764 Charles Bonaparte (1746/1785). Ils eurent 14 enfants dont 2 mort-nés, et 4 décédés en mortalité infantile. Il en resta 8 : 3 filles et 5 garçons.

Letizia et Charles sont inhumés dans « la chapelle impériale » à Ajaccio, construite de 1857 à 1860 à la demande de Napoléon III et qui contient une dizaine de membres de la famille Bonaparte.

A Paris, aux Invalides, on a Napoléon (voir fiches N°520 et 639) 2 de ses frères : Joseph et Jérôme ainsi que l’Aiglon appelé aussi le roi de Rome, Napoléon II ou le duc de Reichstadt. Le fils de Napoléon et de Marie-Louise mourut à Vienne le 22 juillet 1832 (né le 20 mars 1811, il avait 21 ans) ; il fut inhumé à Vienne. Ce fut Hitler en 1940 qui décida de le rendre à la France. Il fut ramené le 14 décembre 1940 et placé aux Invalides près de Napoléon le 18 décembre 1969. Voici la fratrie Bonaparte :

 

*Joseph : né le 7 janvier 1768, le seul de la fratrie à être né avant la réunion de la Corse à la France. Il épousa Julie Clary le 1er août 1794 avec qui il eut 3 filles dont une n’atteignit pas un an. Il eut également 5 autres enfants de 3 maîtresses. Il fut roi de Naples en 1806 puis roi d’Espagne en 1808 où il ne parvint pas à s’imposer. Il vécut aux États-Unis de 1815 à 1832, puis en Grande-Bretagne de 1832 à 1841 et se retira à Florence où il mourut en 1844. Il est inhumé aux Invalides. En 1799 il avait écrit un roman intitulé : « Moïna la villageoise du Mont Cenis ».

*Napoléon : né à Ajaccio le 15 août 1769, il mourut à Sainte Hélène le 5 mai 1821. Une cinquantaine de notes de ce blog le concernent peu ou prou ; à retrouver sur le blog.

*Lucien Bonaparte : Il naquit le 21 mai 1775 à Ajaccio. Il se maria une première fois en 1795 avec Christine Boyer dont il eut 2 enfants puis se remaria en octobre 1803 avec Alexandrine Jouberthon qui eut 10 enfants dont un décédé avant un an. Il fut élu député de Corse au conseil des Cinq-Cents en 1798, en devint président le 23 octobre 1799 et joua un rôle important lors du coup d’État du 18 brumaire (9 novembre 1799) qui mit fin au Directoire et amena le Consulat. Cela permit à son frère Napoléon de devenir Consul le 10 novembre 1799 ; premier consul le 23 décembre 1799; Consul à vie suite au référendum du 2 août 1802 (3.568.885 Oui contre 8374 NON) puis empereur en 1804. Napoléon le nomma ministre de l’Intérieur où il resta à ce poste une dizaine de mois avant d’être envoyé comme ambassadeur en Espagne. Il obtint un traité d’alliance avec la France, mais celui-ci cessa lorsque Napoléon voulut imposer son frère Joseph comme roi d’Espagne. Puis Lucien se brouilla avec Napoléon.

Il fut fait prisonnier par les Anglais en 1810 en voulant se rendre aux États-Unis. Il ne put regagner l’Italie qu’en 1814. Écrivain à ses heures, il fut reçu à l’Académie en 1803. Parmi ses œuvres : « Charlemagne ou l’Église sauvée » en 1815, « les Cent Jours » en 1835, le 18 Brumaire » en 1845, « les vases étrusques » en 1836. Le 30 août 1814, le pape Pie VII lui donnait le titre de prince de Canino (ville italienne à 30 kms à l’ouest de Viterbe dans le Latium), puis en 1823 ce fut le pape Léon XIII qui ajouta le titre de prince de Musignano (un peu au sud de Canino, à ne pas confondre avec une ville du même nom sur la rive est du lac Majeur) et enfin Grégoire XVI le fit « prince Bonaparte ». A Canino, il a sa statue, voir illustration. Il décéda à Viterbe le 29 juin 1840 et fut inhumé à Canino dans l’église Saint Jean et Saint André (SS Giovanni e Andrea).

*Maria-Anna dite Elisa : née à Ajaccio le 3 janvier 1777, fut mariée le 14 juin 1797 à Félix Bacciochi, un ancien capitaine avec qui elle eut 5 enfants dont 3 décédés en bas-âge. En mars 1805, Napoléon lui donnait le titre de princesse de Lucques et Piombino, puis en mars 1809 de Grande Duchesse de Toscane. Elle est réputée pour avoir très bien administré ses territoires. Après la chute de Napoléon, elle se retira à Trieste, d’où elle s’intéressa aux fouilles archéologiques du site romain d’Aquilée (Aquiléia, ville fondée en -121 qui compte aujourd’hui dans les 4000 habitants). Décédée le 6 août 1820, elle fut inhumée dans la basilique San Petronio de Bologne.

*Louis : Il naquit le 2 septembre 1778 ; il épousa Hortense de Beauharnais (fille de Joséphine) en 1802. Trois enfants portent le nom de Louis Bonaparte dont le futur Napoléon III. En 1806, Napoléon le fit roi de Hollande, mais ne suivant pas la politique de Napoléon, il abdiqua en juillet 1810. Il mourut à Livourne le 25 juillet 1846 et fut inhumé dans l’église Saint Gilles à Saint Leu-la-Forêt (Oise). Une statue qui le représente fut mise dans l’entrée de l’église en 1862.

*Paulette dite Pauline : elle naquit le 20 octobre 1780 à Ajaccio. Elle fut mariée en juin 1797 à Charles Leclerc, un officier qui mourut le 1er novembre 1802 à Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti). Elle se remaria en 1803 avec Camille Borghèse, un riche prince romain. Cela n’empêcha pas Pauline de mener une vie très libre. En 1806, Napoléon lui donna le titre de duchesse de Guastalla, une ville italienne sur la rive sud du Pô à l’intérieur du triangle Mantoue/Parme/Modène. Elle resta fidèle à Napoléon jusqu’à la fin et mourut à Florence le 9 juin 1825 et est inhumée à sainte Marie Majeure de Rome.

*Marie-Annonciade dite Caroline (1782/1839, elle épousa Murat en 1800, en eut 4 enfants. Elle devint par Murat Grande duchesse de Berg et de Clèves en 1806 puis reine de Naples en 1808. Après l’exécution de Murat le 13 octobre 1815, elle se retira en Autriche sous le nom de comtesse Lipona -anagramme de Napoli- et mourut à Florence le 18 mai 1839. Elle fut inhumée à Florence dans l’église de tous les Saints  (Ognissanti pour les Italiens).

*Jérôme : né à Ajaccio le 15 novembre 1784. il se maria une première fois aux États-Unis le 24 décembre 1803 avec Elisa Patterson dont il eut un fils. Il se remaria en août 1807 avec Catherine de Wurtemberg dont il eut 1 fille et 2 fils. Il eut en outre 6 enfants de divers maîtresses. Napoléon le fit en 1807 roi de Westphalie (ancien État au nord de l’Allemagne). Il mourut le 24 juin 1860. Il est inhumé aux Invalides.

On trouvera en illustration, outre la statue de Lucien à Canino, une sculpture à Ajaccio qui représente Napoléon et ses 4 frères, emprunt au net.

J.D. 27 septembre 2020

N.B. sur les 8 membres de la fratrie, 4 sont inhumés en France (3 aux Invalides, Napoléon, Joseph, Jérôme) 1 à Saint Leu (Louis); et 4 en Italie : Lucien à Canino, Elisa à Bologne, Pauline à Rome et Caroline à Florence. 

 

 

 

Napoléon et ses 4 frères, et Lucien à Canino
Napoléon et ses 4 frères, et Lucien à Canino

Napoléon et ses 4 frères, et Lucien à Canino

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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 18:04

Voltaire et Charlemagne N° 664

 

Dans « Essai sur les mœurs et l’esprit des nations » (texte publié en 1756), Voltaire s’intéresse à Charlemagne, spécialement au chapitre intitulé : « Annales de l’empire ». En voici des extraits :

 

« Naissance de Charlemagne, près d’Aix-la-Chapelle, le 10 avril 742. Il était fils de Pépin, maire du palais, duc des francs, et petit-fils de Charles Martel. Tout ce qu’on connaît de sa mère, c’est qu’elle s’appelait Berthe. On ne sait pas même précisément le lieu de sa naissance….

Il y avait déjà des évêques à Trèves, à Cologne, à Mayence, villes frontières fondées par les Romains et instruites par les papes . Mais ce pays s’appelait alors l’Austrasie, et était du royaume des Francs…

Charlemagne se fait couronner roi d’Italie, à Pavie, (en 774) d’une couronne où il y avait un cercle de fer, qu’on garde encore dans la petite ville de Monza (dans la banlieue nord de Milan)....

dans une grande diète tenue à Paderborn (ville allemande de Rhénanie du Nord-Westphalie qui compte aujourd’hui dans les 150.000 habitants) sous des tentes, un émir musulman, qui commandait à Saragosse, vint conjurer Charles d’appuyer sa rébellion contre Abdéramane, roi d’Espagne.

Charles (en778) marche de Paderborn en Espagne, prend le parti de cet émir, assiège Pampelune, et s’en rend maître…

En 780, vainqueur de tous côtés, il part pour Rome avec une de ses femmes, nommée Hildegarde, et deux enfants puînés, Pépin et Louis. Le pape Adrien baptise ces deux enfants, sacre Pépin roi de Lombardie, et Louis roi d’Aquitaine…

Il est encore vainqueur des Saxons (en 783) ; ils mettent bas les armes devant lui. Il leur ordonne de livrer Vitikind (chef des Saxons). Les Saxons lui répondent qu’il s’est sauvé au Danemark. Ses complices sont encore ici répondit Charlemagne et il en fit massacrer quatre mille cinq cents à ses yeux. C’est ainsi qu’il disposait la Saxe au christianisme. Cette action ressemble à celle de Sylla (consul puis dictateur à Rome entre le second et le premier siècles avant Jésus-Christ qui fit massacrer ses opposants ainsi que les Samnites) ; les Romains n’ont pas du moins été assez lâches pour louer Sylla. Les barbares qui ont écrit les faits et gestes de Charlemagne ont eu la bassesse de le louer, et même d’en faire un homme juste : ils ont servi de modèles à presque tous les compilateurs de l’Histoire de France...

Le roi de France (Charlemagne) repasse en Italie et rebâtit Florence (en 786)

Il fait dans la diète d’Aix-la-Chapelle (entre 788 et 792) des lois qu’on nomme Capitulaires. Ces lois tenaient beaucoup de la barbarie…

L’Inquisition, le conseil des dix (à Venise) n’égalèrent pas la cruauté de ce tribunal secret établi par Charlemagne en 803…

nous regardons Tibère comme un méchant homme et nous prodiguons des éloges à Charlemagne…

En 800, Il arrive à Rome. Il déclare le pape (Léon III) innocent des crimes qu’on lui imputait, et le pape le déclare empereur aux acclamations de tout le peuple…

Ce monarque, par lequel commença le nouvel empire, est revendiqué par les Allemands parce qu’il naquit près d’Aix-la-Chapelle…

Ce monarque, au fond, était comme tous les autres conquérants, un usurpateur : son père (Pépin le Bref) n’avait été qu’un rebelle, et tous les historiens appellent rebelles ceux qui ne veulent pas plier sous le nouveau joug. Il usurpa la moitié de la France sur son frère Carloman, qui mourut trop subitement pour ne pas laisser des soupçons d’une mort violente ; il usurpa l’héritage de ses neveux et la subsistance de leur mère ; il usurpa le royaume de Lombardie sur son beau-père (Didier roi des Lombards). On connaît ses bâtards, sa bigamie, ses divorces, ses concubines ; on sait qu’il fit assassiner des milliers de Saxons : et on en fait un saint. »

 

Le moins que l’on puisse dire, est qu’avec Voltaire, Charlemagne est habillé pour l’hiver selon l’expression connue !

 

Mais ce sacré Charlemagne, est ce qu'il fut un empereur français ou allemand ?

Pour les tenants de l’Allemagne, il naquit à Aix-la-Chapelle, y eut sa capitale, y mourut (en 814) et y fut inhumé. En outre sa langue maternelle fut le tudesque, une langue germanique !

Pour les partisans de la France, Aix-la-Chapelle était en Austrasie du temps de Charlemagne et cette Austrasie appartenait au royaume des Francs, c’est Voltaire qui nous le dit !

En illustration : la cathédrale d’Aix-la-Chapelle, emprunt au net

J.D. 20 septembre 2020

cathédrale d'Aix-la-Chapelle

cathédrale d'Aix-la-Chapelle

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