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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 20:55

« La grande pitié des églises de France » est le titre d'un ouvrage publié en 1914 chez Emile-Paul frères. La dernière édition de 2012 a été publiée aux Presses Universitaires du Septentrion. Cet ouvrage récapitule l'ensemble des interventions, des articles, des actions qui furent menées de 1910 à 1914 par Maurice Barrès pour la défense du patrimoine architectural constitué par les églises de France (voir sur mon blog les notes N° 125http://jean.delisle.over-blog.com/la-loi-de-séparation-n-125.html, 126http://jean.delisle.over-blog.com/la-destruction-d-églises-en-france-n-126.html et 139http://jean.delisle.over-blog.com/2013/11/portrait-d-un-orateur-n-139.html).

En 1911, lors d'interventions à la Chambre (des députés), Maurice Barrès lut devant les députés plusieurs correspondances qu'il avait reçues. Dans l'une d'entre elles, le correspondant compare 2 départements français aux coutumes vraiment différentes : l'Eure-et-Loir et la Loire Inférieure (devenue la Loire-Atlantique le 9 mars 1957). Barrès ne donne aucune indication sur l'identité de l'auteur de la lettre. Mais cette lettre à l'époque n'a suscité aucune réaction négative, elle a donc quelque chance de correspondre à la réalité. Il m'a semblé intéressant à la lecture de ce texte d'en donner connaissance, comme témoin d'une époque. Cela devrait intéresser au moins mon frère et ma belle-sœur qui vécurent en Eure-et-Loir jusqu'en 2004 et qui sont depuis en Loire-Atlantique. Voici le texte :

« J'habite deux pays très différents, la Loire-Inférieure et l'Eure-et-Loir. Dans la Loire-Inférieure, tous vont à la messe et tous pour y aller revêtent les habits du dimanche. Le samedi, les femmes ont été occupées à empeser et à repasser leurs coiffes et les chemises des hommes. Le dimanche matin, la population féminine, soigneusement et joliment coiffée, coquettement vêtue, avec des raffinements de propreté, la population masculine habillée de drap noir, tout le monde se dirige par groupes vers l'église. Je néglige le côté spirituel et fondamental de l'acte pour n'en retenir que le côté matériel : l'édifice, la cérémonie, les enfants de chœur, le prêtre en ses habits de soie et d'or, tout donne aux yeux une impression d'ordre et de beauté, à l'esprit une jouissance, au corps une détente. De toute la journée, pas un costume de travail ne paraît dans le pays. C'est le repos, c'est le bien-être.

En Eure-et-Loir, rien de semblable. Pas un homme ne quitte ses vêtements de travail. Peu de femmes interrompent leur labeur quotidien. Les vêtements sont ceux d'hier, les pensées celles du lendemain, l'effort celui de tous les jours. Il y a bien quelque armoire où reposent des redingotes et d'antiques chapeaux hauts de forme, mais cela ne sert que pour le enterrements ou les mariages, car les foires même n'existent plus, les marchands venant à domicile. Bien peu pour Pâques et la Toussaint, à peine pour la fête locale et le 14 juillet, quitte-t-on ces vêtements de travail qui semblent incrustés à ces corps, à ces corps de sauvages, vous avez dit le mot. Les chevaux de bois de la fête locale, et les bals dans la lourde atmosphère de l'auberge, sont les seules diversions à l'enlisement de ces corps et de ces esprits dans les préoccupations matérielles et l'effort continu qui les absorbent. Si la tenue et la propreté du vêtement, si les impressions artistiques, si l'idée morale ont une valeur, même en dehors de toute conception religieuse, quelle sera, de ces deux populations, celle dont les mœurs seront plus raffinées, plus policées ? Poser la question, c'est amener la réponse »

J.D. 14.12.2013

la porte Guillaume à Chartres, détruite par les Allemands dans la nuit du 15 au 16 août 1944. Elle avait été édifiée au VIIe siècle par Guillaume de Ferrières. Une chapelle avait été aménagée au premier étage en 1250

la porte Guillaume à Chartres, détruite par les Allemands dans la nuit du 15 au 16 août 1944. Elle avait été édifiée au VIIe siècle par Guillaume de Ferrières. Une chapelle avait été aménagée au premier étage en 1250

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 10:38

Genève et son canton sont en Suisse, l'ancien duché de Savoie est en France, sauf 24 communes de l'ancien duché de Savoie qui ont été cédées à la Suisse par le traité de Turin du 16 mars 1816. Voici la liste de ces anciennes communes savoyardes : Aire-la-Ville, Anières, Avusy, Bardonnex, Bernex, Carouge, Chêne-Thonex, Choulex, Collonge-Bellerive, Compesières, Confignon, Corsier, Hermance, Laconnex, Lancy, Meinier, Onex, Perly-Certoux, Plan-les-Ouates, Presinge, Puplinge, Soral, Troinex, Veyrier.

Il s'agit des noms de communes tels qu'ils existaient en 1816 car depuis il y a eu, dans le canton de Genève, des scissions ou fusions qui ont changé des noms communaux.

Par le traité de Paris du 20 novembre 1815, la Suisse avait déjà récupéré 6 communes françaises prises sur le département de l'Ain : Collex-Bossy, Le Grand-Saconnex, Meyrin, Pregny-Chambésy, Vernier, Versoix.

Ces 24 anciennes communes savoyardes qui appartenaient au royaume de Sardaigne avant d'avoir été annexées par la France en 1792, les 6 anciennes communes françaises plus Genève et quelques autres communes forment le canton suisse de Genève (en tout aujourd'hui : 45 communes)

Mais si Genève et le duché de Savoie sont séparés, il n'en a pas toujours été ainsi dans « la légende des siècles ».

1-Genève et la Savoie allobroges :

« la dernière ville des Allobroges et la plus voisine de l'Helvétie est Genève. Un pont la joint à ce pays ». Voilà ce qu'écrit Jules César dans la « Guerre des Gaules » (livre I en 6).

L'Allobrogie occupait sur la rive gauche du Rhône une partie des actuels départements de la Haute-Savoie, de la Savoie, de l'Isère et de la Drôme, allant de Genève jusqu'au confluent du Rhône et de l'Isère, plus une partie de territoire sur la rive droite du Rhône jusqu'au Mont Pilat. Vienne était la principale ville des Allobroges. Voir sur mon blog les notes 27/28 consacrées aux Allobroges. http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-allobroges-62129941.html

C'est en l'an 121 avant notre ère que les Romains firent la conquête de l'Allobrogie et érigèrent ce territoire en « cité de Vienne » et le rattachèrent à la Gaule narbonnaise. Genève, ville allobroge fit partie du lot et partagea le sort du reste de l'Allobrogie.

2-Genève et la Savoie romaines :

Genève fut intégrée à la cité de Vienne jusqu'au partage de la cité de Vienne en 3 cités sous l'empereur Dioclétien vers l'an 290 de notre ère : la cité de Vienne, celle de Grenoble et celle de Genève. La limite entre la cité de Grenoble et celle de Genève passait juste au nord d'Aix-les-Bains. Ainsi, Genève devint la principale ville d'une nouvelle cité qui englobait la Haute-Savoie et une partie de la Savoie.

Mais avant d'en arriver là, Genève faillit être envahie par les Helvètes c'est-à-dire par les Suisses au printemps de l'an 58 avant notre ère. Ce fut le début de la guerre des Gaules. Selon César (« Guerre des Gaules » livre I, en 2), le territoire des Helvètes avait deux cent quarante milles de long et cent quatre-vingts de large. Le mille romain valant 1.478,50 mètres, cela fait 355 kms d'est en ouest et 266 du nord au sud, soit 94.430 kms2 contre 41.285 kms2 pour la Suisse d'aujourd'hui. La Confédération « helvétique » ne possède donc qu'une partie minoritaire de l'ancien territoire des Helvètes.

Les Helvètes avaient décidé de quitter leur territoire pour venir s'installer en Gaule et voici ce qu'écrit César (Guerre des Gaules, livre I en 7 et 8) :

« César, à la nouvelle qu'ils (il s'agit des Helvètes) prétendaient faire route à travers notre province (il s'agit de la Narbonnaise), se hâte de quitter Rome, gagne à marches forcées la Gaule transalpine (c'est-à-dire la France) et arrive devant Genève. Il ordonne de lever dans toute la province le plus de soldats possible ; il y avait en tout dans la Gaule transalpine une légion ; et fait couper le pont de Genève (celui qui faisait communiquer Genève avec le territoire des Helvètes)....

En attendant, il employa la légion qu'il avait et les soldats qui étaient venus de la province à construire, sur une longueur de dix-neuf milles (soit 28 kms), depuis le lac Léman, qui déverse ses eaux dans le Rhône, jusqu'au Jura, qui forme la frontière entre les Séquanes (les Séquanes étaient installés dans la partie sud de la Franche-Comté), et les Helvètes, un mur haut de seize pieds (soit 4,74 mètres de haut) et précédé d'un fossé. Ayant achevé cet ouvrage, il distribue des postes, établit des redoutes, afin de pouvoir mieux leur interdire le passage s'ils veulent le tenter contre son gré....

Les Helvètes, déchus de leur espérance, essayèrent, soit à l'aide de bateaux liés ensemble et de radeaux qu'ils construisirent en grand nombre, soit à gué, aux endroits où le Rhône avait le moins de profondeur, de forcer le passage du fleuve, quelquefois de jour, plus souvent de nuit ; mais ils se heurtèrent aux ouvrages de défense, furent repoussés par les attaques et les tirs de nos soldats, et finirent par renoncer à leur entreprise »

Moralité : Jules César sauva Genève d'une invasion suisse ! A noter que c'est dans le texte de César sur la « Guerre des Gaules » qu'apparaît le nom de Genève pour la première fois.

3-Genève et la Savoie burgondes :

En l'an 443 de notre ère, les Romains cède la Sapaudia aux Burgondes, peuple d'origine germanique. La Sapaudia a donné son nom à la Savoie, mais la Sapaudia de l'époque était plus vaste que l'actuelle Savoie (dans cette note, le terme « Savoie » désigne les actuels départements de Savoie et Haute-Savoie) et comprenait une partie de la Suisse. Et c'est Genève qui se retrouve capitale d'un premier royaume burgonde, mais pas pour longtemps car les Burgondes transfèrent leur capitale à Lyon en 467 et entreprennent une politique d'expansion territoriale. Cette expansion les fait entrer en conflit avec les Francs dès 523 et les Burgondes vaincus en 534, les fils de Clovis se partagent le royaume burgonde et c'est Childebert qui récupère un secteur comprenant Lyon, Vienne, Grenoble, la Savoie et Genève.

4-Genève et la Savoie franques :

Sous la domination franque, Genève comme la Savoie dépendent des souverains mérovingiens puis carolingiens dont Charlemagne.

5-Genève et la Savoie dans le Saint Empire romain germanique :

En 888, avec la mort du dernier carolingien, de nouveaux royaumes de Bourgogne voient le jour dont un royaume de Bourgogne tranjurane dans lequel se retrouvent Genève et une partie de la Savoie.

En 1032, Savoie comme Genève tombent sous la coupe du Saint Empire romain germanique, mais avec des évolutions différentes. A Genève ce sont les évêques qui gouvernent tandis qu'en Savoie apparaît une nouvelle dynastie vassale du St Empire : celle de la Maison de Savoie. Voir sur mon blog la fiche N°66 : « histoire de la Maison de Savoie ».

Autour de Genève s'était créé dans les années 900 un comté de Genève, appelé plutôt par les historiens « comté de Genevois », ce qui est beaucoup plus logique car un comté de Genève ne comprenant pas la cité de Genève, prête à confusion. Cela entraîna des conflits de pouvoir entre les évêques de Genève et les comtes de Genevois. Une vingtaine de comtes se succédèrent et le dernier nommé Odon vendit le comté de Genevois en 1401 à Amédée VIII alors comte de Savoie ; mais cela n'incluait pas la cité de Genève elle-même. Les souverains de Savoie récupérèrent le titre de comte de Genève. Ils avaient déjà entrepris depuis le XIIIe siècle une politique d'expansion et annexé une partie de l'actuelle Suisse jusqu'à Sion.

Genève se trouva complètement encerclée par les possessions de la Maison de Savoie et naturellement les Comtes devenus Ducs de Savoie en 1416, rêvaient de prendre Genève dont ils auraient probablement fait leur capitale.

6-la séparation :

En 1309 l'évêque de Genève Aymon avait accordé l'indépendance à la cité de Genève qui à ses débuts fut gouvernée par 4 syndics. Le 14 novembre 1477, la cité de Genève s'alliait avec Berne et Fribourg pour se prémunir contre la Savoie.

Le 10 décembre 1525, la Savoie parvenait à imposer un protectorat à Genève mais celui-ci fut annulé dès 1526. Le 21 mai 1536 Genève adoptait la réforme et se déclarait ville protestante (probablement pour s'affranchir plus sûrement de la Savoie). Calvin résida à Genève en 1536, fut expulsé de la ville en 1538 et fut rappelé en 1541 où il résida jusqu'à sa mort le 27 mai 1564.

Dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602, les Savoyards tentèrent de s'emparer de force de Genève qui résista. Cette « nuit de l'escalade » est célébrée chaque année à Genève. Voir "Genève" sur la note N°56 http://jean.delisle.over-blog.com/article-savoie-et-maison-de-savoie-99226231.html

Par le traité de Saint Julien du 21 juillet 1603, la Savoie reconnaissait l'indépendance de Genève. Un traité de Turin du 3 juin 1754 précisait les frontières entre Genève et Savoie. Dès 1535, Genève cité indépendante prit le nom de « République de Genève ».

7-retrouvailles :

En septembre 1792, la France envahissait la Savoie et transformait l'ancien duché de Savoie en département du Mont-Blanc dont Chambéry fut la capitale puis en 1798, la France s'emparait de Genève et adoptait un nouveau découpage administratif : Genève devenait chef-lieu d'un département du Léman tandis que Chambéry restait chef-lieu du département du Mont-Blanc. Le département du Léman fut créé par une loi du 25 août 1798. Il comprenait le pays de Gex, Genève et une partie prise sur le département du Mont-Blanc. Ce département était divisé en 3 arrondissements (Genève, Bonneville et Thonon) et 27 cantons. Puis une loi du 17 février 1800 prit encore 5 cantons au département du Mont-Blanc ((Chamonix, Saint-Gervais, Megève, Flumet et Sallanches) pour les rattacher au département du Léman. Le département dont la capitale était Chambéry conserva son nom de département du Mont-Blanc malgré que le Mont-Blanc ne s'y trouvait plus.

Réunir Genève et la Savoie, ce que les souverains de Savoie n'étaient pas parvenus à réaliser malgré plusieurs siècles d'efforts, le Directoire le fit.

8-dernière séparation :

Avec la chute de Napoléon, Genève devint un canton suisse, officiellement le 31 décembre 1815.

Lors des négociations en 1859/1860 pour la réunion de la Savoie à la France, il y eut (tant à Genève qu'en Haute-Savoie) un important mouvement de partisans d'un rattachement à la Suisse d'une grande partie de l'actuelle Haute-Savoie, mais cela échoua. Sur cette question particulière, on peut se reporter à l'étude de Paul Guichonnet (historien genevois) : « La Savoie du Nord et la Suisse » publiée par la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie en 2001 dans la série « L'Histoire en Savoie ».

9-conclusion :

Actuellement, il y a d'importants mouvements de frontaliers entre Genève et les départements français limitrophes, avec d'une part des Genevois qui viennent habiter en France et des Français plus nombreux qui travaillent à Genève. Une coopération transfrontalière se développe. Pour l'encourager, on peut rappeler que grosso-modo, sur les 25 derniers siècles, Genève et Savoie cohabitèrent une vingtaine de siècles sous la même autorité politique, dont celle de César, celle de Charlemagne et celle de Napoléon 1er.

J.D. 12/12/2013

plaque rue de la Corraterie à Genève commémorant l'escalade, photo Abraham Batista

plaque rue de la Corraterie à Genève commémorant l'escalade, photo Abraham Batista

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 08:46

Voici le détail d'une facture de l'EDF datée du 30 novembre 2013 et concernant une copropriété de 8 logements à Saint Jean d'Arvey Savoie :

1-consommation du 30/9 au 28/11/2013 : 47 kwh à 9,03c/kwh : 4,24 euros

2-abonnement du 1/11/ au 31/12/2013 : 14,38

3-Contribution au service public de l'électricité : 47kwh à 1,35/kwh 0,63

4-Taxe départementale sur la conso finale d'élec. 47kwh à 0,305 0,14

5-Taxe communale 47kwh à 0,300 0,14

6-Contribution tarifaire d'acheminement 1,69

7-TVA à 5,5% (sur lignes 2 et 6) 0,88

8-TVA à 19,6% (sur les autres lignes) 1,01

Total 23,11 euros

Commentaires :

*Il s'agit d'une faible consommation et d'un montant minime surtout réparti entre 8 copropriétaires, mais il n'empêche que pour 4,24 euros de consommation réelle, on paie au total 23,11 euros. A force de multiplier les lignes et les parties fixes, l'EDF est parvenue à « rentabiliser » les faibles consommations.

*la ligne 3 est destinée à compenser le surcoût du rachat par EDF de l'électricité photovoltaïque (les panneaux solaires) de l'éolien et de la biomasse. Cette contribution a été instituée par une loi du 3 janvier 2003. D'abord très modique, on est passé de 4,5 centimes du KWH en 2009, à 7,5 en 2011, à 9 au 1.1.2012, à 10,5 au 1.7.2012 et à 13,5 au 1.1.2013 soit une multiplication par 3 en 4 ans ! Cette contribution compense également les dégrèvements accordés aux « personnes démunies ».

*les lignes 4 et 5 sont destinées respectivement à alimenter le budget départemental (Savoie en l'espèce) et communal (Saint Jean d'Arvey). L'EDF ne les perçoit que si les collectivités concernées en ont délibéré. Les départements peuvent instituer un taux jusqu'à 4% et les communes jusqu'à 8%. Ces taxes s'appliquent sur 80% de la consommation. Pourquoi faire simple quand on peut compliquer ! Pour les collectivités concernées c'est plus « invisible » de transformer l'EDF en percepteur local que d'augmenter les impôts locaux ou les tarifs municipaux. A noter que les employés de l'EDF sont exonérés de ces taxes locales. Ces taxes s'appelaient « taxes locales sur l'électricité » et ont été transformées en « taxes sur la consommation finale d'électricité ». Quelle réforme fondamentale !

*la ligne 6 est destinée à financer la retraite des agents de l'EDF. Cette « contribution » a été instituée par une loi de 2004. Jusqu'en avril 2010 elle était incluse dans la partie abonnement et depuis figure de manière distincte sur les factures mais avec une appellation qui ne permet pas aux abonnés d'identifier de quoi il s'agit !

*la ligne 7 (TVA à 5,5%) s'applique sur les abonnements (ligne 2 ci-dessus) et sur la contribution tarifaire d'acheminement (ligne 6 ci-dessus)

*la ligne 8 (TVA à 19,6%, qui va passer à 20% au 1.1.2014) s'applique à toutes les autres lignes ci-dessus. C'est-à-dire que l'Etat encaisse de la TVA y compris sur les taxes locales et y compris sur la contribution pour la retraite des agents de l'EDF. Mais mettre des impôts sur des impôts semble en France une manie. La TVA s'applique aussi sur la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) et l'impôt sur le revenu (pour ceux qui en paient) s'applique sur le revenu brut et non net (c'est-à-dire sur ce qu'il reste après impôts). De quoi justifier la caricature qui a circulé sur internet où l'on voit Hollande sur un petit vélo qui chante sur un air de Charles Trenet : « je taxe soirs et matins, je taxe sur les chemins... ».

*D'après un site internet, depuis 1999, l'Etat aurait ramené à 5,5% la TVA sur les taxes locales perçues par EDF, mais ladite EDF continuerait à percevoir à 19,6% !

Encore des mauvaises langues ! C'est fou tout ce qui peut circuler sur internet !

Sur la facture EDF une note de bas de page nous indique l'origine de l'électricité vendue par EDF en 2012 : nucléaire : 80,4%, renouvelables : 12,5% (dont hydraulique 7,8%), charbon 3,1%, gaz 2,4%, fioul 1,2%, autres 0,4%.

J.D. 8 décembre 2013

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 15:06

Milan (Milano en italien) fut fondée par les Etrusques sous le nom de Melpum puis conquise au début du Ve siècle avant notre ère par la tribu gauloise des Insubres qui rebaptisèrent la ville « Médiolanum (ville du milieu du pays).

1- Histoire d'eau :

On peut se demander pourquoi ils choisirent ce site ? La plupart des villes furent fondées en bord de mer, de lac ou près d'un fleuve ou d'une rivière importante. Ce qui n'est pas le cas de Milan. Le Pô traverse toute l'Italie du Nord, d'ouest en est, arrose Turin et bien d'autres villes mais pas Milan. Pour cette ville c'est un manque de Pô !

Lorsque les Romains firent la conquête de la ville en -222, les premiers, ils construisirent un canal pour amener l'eau de la rivière Seveso (au nord de Milan ; canal Vettabbia). D'autres canaux furent ensuite construits : le Naviglio Grande qui à partir de 1209 amena à Milan l'eau du Tessin (Ticino en italien, à l'ouest de Milan) , le Naviglio Martesana qui en 1497 amena l'eau de l'Adda (à l'est de Milan); la rivière Olona fut déviée et des liaisons furent établies entre les différentes sources d'approvisionnement en eau.

En outre, les « Navigli » servirent de canaux de navigation pour le transport des matériaux notamment les marbres du Val d'Ossola (Piémont) lors de la construction de la cathédrale (il duomo) commencée en 1386.

2 – Milan capitale de l'empire romain :

Placées comme elles étaient au centre de l'Italie du Nord, la cité de Milan et la Lombardie furent durant des siècles l'objet de beaucoup de convoitises, d'occupations, d'annexions...

Lors de combats entre les Insubres et les Romains qui eurent lieu en -223/-222, Virdumar le chef des Insubres fut tué de la main même du consul romain Marcus Marcellus. Les Romains s'emparèrent alors de Milan et de l'Italie du Nord. Profitant de l'invasion de la Gaule par Hannibal en -218, les tribus gauloises de la Cisalpine (l'Italie du Nord) s'allièrent une nouvelle fois contre Rome, mais sitôt Hannibal vaincu, les Romains redevenaient maîtres de la Gaule Cisalpine. Il y eut encore des combats des Gaulois cisalpins contre les Romains. Les Insubres pour leur part furent vaincus une dernière fois en -197. Les Romains fondèrent des villes, construisirent des routes, des monuments … et les Gaulois de la cisalpine se romanisèrent, ils reçurent la citoyenneté latine en -89 et la citoyenneté romaine en -49, c'est d'ailleurs à cette date que la Gaule cisalpine fit partie de l'Italie. Milan suivit alors la prospérité de Rome.

En 286 de notre ère, l'empereur Dioclétien partagea l'empire en 2 : l'empire romain d'Occident et l'empire romain d'Orient. Milan devint la capitale de l'empire romain d'Occident à la place de Rome et ce jusqu'à ce que l'empereur Honorius ne décide de prendre Ravenne comme capitale à la place de Milan en l'an 402.

Milan fut pillée par les Huns en l'an 452, envahit par les Ostrogoths en 539 qui rattachèrent la ville à un royaume Ostrogoth dont la capitale resta Ravenne et ce jusqu'en 569 date de l'invasion des Lombards, peuple germanique venu de la région de la Baltique et qui prirent Pavie pour capitale. Ce sont ces Lombards qui ont donné leur nom à la Lombardie.

En 774 Charlemagne mit fin au royaume Lombard et se fit couronner roi des Lombards avec la couronne de fer des rois lombards. Milan se trouva donc sous la domination du royaume carolingien jusqu'à ce que la ville tombe sous la coupe du Saint Empire romain germanique en l'an 952.

En 1026, Conrad II empereur germanique s'était lui aussi fait couronner avec la couronne des rois lombards comme roi d'Italie.

En l'an 1162, la ville de Milan fut rasée par les troupes de Frédéric Barberousse. Mais les Milanais à la tête d'une alliance lombarde furent vainqueurs de Barberousse le 29 mai 1176 à la bataille de Legnano (à 25 kms au nord-ouest de Milan) ce qui inspira à Verdi en 1849 l'opéra « la battaglia di Legnano ».

De 1263 à 1447, Milan fut au pouvoir des Visconti puis des Sforza de 1447 à 1535 mais avec une occupation française de 1499 à 1513 et de 1515 à 1525 (occupation commencée sous Louis XII et poursuivie sous François 1er).

Puis se furent les Espagnols qui occupèrent la Lombardie à partir de 1535, (Charles Quint se fit lui aussi couronner avec la couronne des rois lombards), jusqu'à ce que le traité d'Utrecht ne donne la Lombardie aux Autrichiens en 1713.

Toutes ces vicissitudes sont à situer dans le cadre d'une Italie qui depuis l'an 476 (chute de l'empire romain d'occident), n'eut plus d'unité et fut considérée comme « bien vacant et sans maître » et devint un des champs de bataille de l'Europe.

3 – Milan capitale de la République cisalpine

Celle-ci dura du 29 juin 1797 au 26 juillet 1802. Voir sur mon blog la fiche N° 43 (Les Républiques italiennes et leurs ancêtres)

4 – Milan capitale de la République italienne

Celle-ci succéda à la République cisalpine jusqu'à la proclamation du Royaume d'Italie (Regno Italico) le 17 mars 1805. Voir fiche N° 43

5 – Milan capitale du royaume d'Italie

C'est le 26 mai 1805 que Napoléon Bonaparte se fit couronner roi d'Italie dans la cathédrale de Milan, lui aussi avec la couronne lombarde. Pour la petite histoire, des coups de canons tirés pour célébrer l'événement firent tomber des verrières de la cathédrale. Celles-ci furent remplacées dès le XIXe siècle. Napoléon nomma, par décret du 6 juin 1805, son beau-fils (Eugène de Beauharnais) vice-roi d'Italie. C'est Eugène de Beauharnais qui assura le pouvoir sur place. Après la désastreuse campagne de Russie, la guerre reprit en Europe, l'Autriche envahit le royaume d'Italie. Eugène de Beauharnais fut d'abord vainqueur des Autrichiens à la bataille du Mincio le 8 février 1814 (le Mincio est un affluent du Pô qui part du lac de Garde et arrose Mantoue). Mais suite à la trahison de Murat roi de Naples qui s'était allié aux Autrichiens le 11 janvier 1814, à la première abdication de Napoléon le 6 avril 1814, Eugène de Beauharnais signa une capitulation à Mantoue le 23 avril 1814

6 – Milan capitale du royaume lombard-vénitien

François 1er empereur d'Autriche récupéra le titre de roi d'Italie et plaça son frère Rainier d'Autriche à la tête du royaume lombard-vénitien avec le titre de vice-roi. Les Milanais se soulevèrent du 18 au 22 mars 1848, chassèrent l'occupant autrichien et proclamèrent un gouvernement provisoire de Lombardie. Mais dès le début août les Autrichiens avaient repris la ville.

Il fallut attendre l'intervention de la France de Napoléon III pour que les Autrichiens soient vaincus (batailles de Magenta, Solférino, San Martino etc). C'est le 8 juin 1859 que Napoléon III et Victor-Emmanuel II firent leur entrée triomphale dans Milan. La Lombardie fut alors unie au royaume de Sardaigne (traité de Zurich des 10/11 novembre 1859) qui devint royaume d'Italie le 17 mars 1861. En 1866, Victor-Emmanuel II transféra sa capitale à Florence. Fils d'un boucher de Florence, il retrouvait sa ville natale, mais le savait-il ? Mystère.

La capitale du nouveau royaume d'Italie fut ensuite transférée à Rome en 1871.

7 – Milan capitale économique de l'Italie

Si Rome est la capitale politique de l'Italie, Milan en est incontestablement la capitale économique. L'agglomération compte plus de 7 millions d'habitants et les sièges sociaux de nombreuses sociétés italiennes comme Pirelli, Alpha Roméo, Campari, Telecom Italia, Mediobanca etc. Dès 1801, s'ouvrait à Milan la première bourse italienne. La bourse italienne est toujours à Milan, gérée depuis 1997 par la « Borsa italiana SpA » (Sté par Actions). Il faut dire que Milan est reliée à l'Europe du nord par le Saint Gothard et le Saint Bernard, la ville se trouve donc au centre d'un important nœud de communications nord-sud autant qu'est-ouest. La ville a été le lieu d'une exposition universelle en 1906, elle le sera à nouveau en 2015 (du 1er mai au 31 octobre). Milan est également renommée pour la mode et le design.

L'économie ne doit pas faire oublier l'attrait touristique de la ville qui mérite mieux que son renom caché par celui de Venise, Florence, Rome etc.

La cathédrale (Duomo) Santa Maria Nascente (N.D. De la Nativité) construite à l'emplacement d'une église du cinquième siècle dédiée à Sainte Marie Majeure, comporte 136 flèches plus de 2.000 statues, des vitraux remarquables … Il y a à Milan d'autres églises remarquables dont Santa Maria delle Grazie avec « la Cène » de Léonard de Vinci, de nombreux musées (dont la Pinacoteca di Brera), le château Sforza (Castello Sforzesco), la Scala, la galerie Victor-Emmanuel II …

Pour employer la terminologie d'un célèbre guide touristique, Milan vaut plus qu'un détour, carrément un séjour et ce d'autant qu'on a les grands lacs au nord (lac Majeur, lac de Lugano et lac de Côme), le lac de Garde, Vérone et Venise à l'est, l'admirable chartreuse de Pavie au sud, Turin à l'ouest...

Si la ville est bien située pour l'économie, elle l'est aussi pour l'attrait touristique.

J.D. 28 novembre 2013

Flèches de la cathédrale de Milan, photos Michèle Delisle avril 1994

Flèches de la cathédrale de Milan, photos Michèle Delisle avril 1994

couronne des rois lombards conservée à la cathédrale de Monza (Lombardie)

couronne des rois lombards conservée à la cathédrale de Monza (Lombardie)

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 12:14

La loi promulguée le 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat avait prévu la constitution d'associations cultuelles qui prendraient en charge l'entretien des églises. A l'époque, le Vatican s'étant opposé à la constitution de ces associations, elles ne virent pas le jour et le problème de l'entretien du patrimoine cultuel français fut mal réglé. Voir sur mon blog les fiches N° 125 (la loi de séparation) et 126 (la destruction d'églises en France).

Maurice Barrès (1862/1923), écrivain nationaliste, qui fut député de Nancy de 1889 à 1893 puis de Paris de 1906 à 1923, fut particulièrement sensibilisé à la défense du patrimoine cultuel français. Il fit sur ce sujet de nombreuses interventions à la Chambre (des députés) écrivit des articles etc. Le tout fut rassemblé sous le titre « La grande pitié des églises de France » et publié une première fois en 1914 chez Emile-Paul frères. La dernière édition est de juin 2012 aux « Presses universitaires du Septentrion ».

Fin février 1910, Maurice Barrès eut, sur ce sujet, un entretien avec Aristide Briand qui cumulait à l'époque le poste de Président du Conseil des Ministres et le poste de Ministre de l'intérieur (et des cultes). Sur Briand voir sur mon blog les fiches N° 112 (Briand, Ferry et le Sénat), 113 (Briand, Driant et Verdun) et 123 (Dans les couloirs de la Chambre). Voici un extrait du texte de Maurice Barrès dans « la grande pitié des églises de France » au chapitre III intitulé : « Je cause avec M. Briand »

« Il est sept heures du soir. Les deux salles d'attente au rez-de-chaussée de l'hôtel Beauvau sont désertes, assez tristement éclairées. L'huissier avertit le ministre, qui m'ouvre aussitôt la porte de son cabinet, me fait asseoir au coin de son bureau, en face d'un grand feu de bois, m'offre une cigarette, allume la sienne et nous causons. M. Briand aime à causer ; il aime et il excelle à créer une atmosphère de détente où il puisse se servir de son don principal qui est la persuasion. Se promener de long en large, en fumant et en répétant : Ecoutez-moi bien... Je ne vous dit pas... Eh bien ! Alors vous m'avez suivi....Ah ! Je vous comprends....vous vous êtes dit.... vous êtes justement préoccupé... Voilà son affaire et, m'a-t-on dit, son principal travail....

 la tribune, il n'a pas son pareil. Il possède à un degré extraordinaire la faculté de saisir les impressions d'une foule, il n'est pas seulement de ces orateurs qui comprennent immédiatement l'effet de leurs paroles ; qui voient celui-ci bâiller, cet autre ricaner, ce troisième se pencher vers l'oreille de son voisin, et qui distinguent ce qui porte ou échoue. Il ne se borne pas à enregistrer, il utilise sur l'instant ses observations. C'est trop peu dire qu'il sent son auditoire, il le pressent, il en devine les mouvements avant qu'ils soient formés et, véritablement, de ses deux mains toujours tendues devant lui, il semble saisir, façonner, modeler à sa guise l'Assemblée. C'est son génie. Sur l'heure, il retire un argument qui n'a pas plu, il fortifie une note bien accueillie. Le public est sous sa parole une glaise qu'il pétrit. Quel artiste ! Disais-je un jour. Quel bonheur ! Disais-je encore. De parole facile, de voix très agréable, de geste enlaçant et de ton conciliant, il crée la persuasion. C'est du très joli travail. »

J.D. 24 novembre 2013

Briand prononçant un discours à Saint Nazaire le 1er octobre 1921, publié par Georges Suarez dans "Briand" tome VI

Briand prononçant un discours à Saint Nazaire le 1er octobre 1921, publié par Georges Suarez dans "Briand" tome VI

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 10:03

Citations d'auteurs antiques sur les Gaulois :

* »Spendius... se mit en campagne... renforcé des Gaulois d'Autarite au nombre d'à peu près 2.000... qui avaient désertés d'Eryx pour passer du côté des Romains »

Polybe (historien grec , né vers -208, mort vers -126 qui vécut à Rome de -167 à -149 ; dans « Histoires » livre I -77-4, la scène se passe en Sicile lors de la première guerre entre Rome et Carthage en l'an -241. En signalant la désertion des Gaulois qui abandonnent les Carthaginois pour les Romains, Polybe souligne leur instabilité.

* »Tout d'abord qui pouvait, appréhendant la réputation universelle des Gaulois, ne pas craindre de remettre entre leurs mains une ville florissante et offrant mille tentations à la trahison ? Ensuite qui ne se serait pas méfié de la mentalité de cette horde, des gens qui avaient été chassés autrefois de leur propre pays, houspillés par leurs congénères, pour avoir trompés leurs amis et leurs parents ? Qui, accueillis par les Carthaginois vu les besoins de la guerre, avaient profité d'une querelle entre les troupes et les généraux à propos des soldes pour tenter de mettre à sac la ville d'Agrigente, où on les avait introduits pour faire bonne garde, au nombre de plus de 3.000 ? Qui, ensuite amenés à Eryx pour le même service, au moment où les Romains assiégeaient la place, avaient essayé de livrer la ville et les assiégés, et après l'échec de cette tentative, avaient déserté chez l'ennemi, dont ils avaient à son tour trompé la confiance en pillant le sanctuaire d'Aphrodite Erycine ? Les Romains ainsi pleinement éclairés sur leur déloyauté n'eurent pas plus tôt mis fin à la guerre contre Carthage qu'ils s'empressèrent de les désarmer, de les embarquer sur des navires et de les expulser de toute l'Italie »

Polybe, « Histoires » livre II 7 – 5 à 12. il s'agit encore de la première guerre punique qui prit fin en -241

* »Or cette plaine (il s'agit de la plaine du Pô) était autrefois habitée par les Etrusques... Les Gaulois, qui les fréquentaient à cause du voisinage, et avaient guigné la beauté du pays, les attaquèrent par surprise sous un mince prétexte avec une grande armée, les chassèrent de la région du Pô et occupèrent eux-même la plaine. »

Polybe, « Histoires » livre II 17 – 1 à 3. L'invasion gauloise de la plaine du Pô, dont il est question ici, se situe au début du cinquième siècle avant notre ère.

*Un mouvement de Gaulois transalpins (c'est-à-dire venant de l'actuelle France) leur faisant craindre d'avoir à soutenir une rude guerre, ils (il s'agit des Gaulois de l'Italie du Nord, c'est-à-dire de la Gaule Cisalpine) détournèrent de chez eux la poussée des envahisseurs en leur offrant de l'argent et en invoquant leur parenté, ils les lancèrent sur les Romains et prirent part à l'expédition, qui prit l'offensive à travers l'Etrurie, où les Etrusques se joignirent à eux et lorsqu'ils eurent ramassé une quantité de butin, ils évacuèrent tranquillement les possessions romaines, mais rentrés dans leurs foyers ils se disputèrent leurs prises avec avidité et finirent par détruire la plus grande partie du butin et de leur propre armée. Cette conduite est habituelle aux Gaulois, chaque fois qu'ils ont détroussé leurs voisins, et en particulier sous l'effet de beuveries et de bombances insensées. »

Polybe, « Histoires », livre II 19 – 1 à 4. L'événement raconté ici eut lieu en l'an 300/299 avant notre ère.

* »Le consul Curius Dentalus envoya une députation en Cisalpine (c'est-à-dire en Italie du Nord) pour demander la libération des prisonniers, mais les Gaulois, au mépris du droit des gens, tuèrent les députés. Sous le coup de la colère les Romains se mirent en campagne sur le champ, le peuple gaulois des Senons vint à leur rencontre et livra combat. Les Romains sortis vainqueurs de la bataille, en tuèrent la plupart, expulsèrent les autres et devinrent maîtres de toute la contrée, où ils expédièrent leur première colonie en pays gaulois. »

Polybe, « Histoires » livre II 19 -10/11. Cet épisode se situe en l'an -285. Des Gaulois avaient envahi la Toscane et mis le siège devant la ville d'Arezzo. Les Romains avaient envoyé une armée pour débloquer ce siège. L'armée romaine avait été vaincue. C'est à cette occasion que les Gaulois avaient fait des prisonniers parmi les Romains. Les Senons implantés en Bourgogne avaient envoyé une colonie en Italie du Nord.

* »Les Romains qui se voyaient largement inférieurs en nombre pensaient à utiliser les troupes de leurs alliés gaulois ; mais réfléchissant à l'instabilité gauloise...ils redoutèrent de s'associer à de pareilles gens »

Polybe, « Histoires » livre II 32 – 7/8. Cela se passe en -223 à l'occasion d'une campagne en Italie du Nord contre les Insubres. Ces Insubres d'origine celtique étaient installés en Lombardie et avaient fondé Milan.

* »telle fut la fin de la guerre contre les Gaulois...absolument dénuée d'intérêt, si l'on considère la stratégie et l'incohérence des diverses opérations, du fait que du côté des Gaulois la passion plus que la raison décidait, non pas le plus souvent, mais toujours dans chaque circonstance »

Polybe, « Histoires » livre II 35 -2/3. il s'agit de la guerre contre les Gaulois d'Italie du Nord qui prit fin en -222

* »afin que nos descendants...ne s'effraient pas des invasions soudaines et inattendues des barbares (il s'agit des Gaulois) mais que plutôt, se représentant un instant combien cette race est peu endurante et facile à battre, ils tiennent bon...

Polybe « Histoires » livre II 35-6

* »Comme il (il s'agit d'Hannibal) s'inquiétait de l'inconstance des Gaulois et redoutait leurs entreprises contre sa personne.. . »

Polybe, « Histoires » livre III 78-2

* »Comme responsable de l'arrière-garde, il (il s'agit d'Hannibal) laissa son frère Magon pour diverses raisons, mais surtout à cause de la mollesse des Gaulois et de leur crainte de la fatigue.... Mais les Gaulois avançaient péniblement.... ils supportaient péniblement et difficilement la souffrance, en hommes qui n'étaient pas habitués à de telles difficultés »

Polybe, « Histoires » livre III 79- 3 à 6. Il s'agit comme pour la citation précédente de la seconde guerre punique commencée en -219 par la prise de Sagonte et poursuivie à partir de -218 par l'invasion de l'Italie

* »Là survint une éclipse de lune, et les Gaulois, qui depuis longtemps supportaient avec peine les fatigues des marches, d'autant qu'ils faisaient la campagne avec leurs femmes et leurs enfants, qui les suivaient dans des chariots, virent dans ce phénomène un prodige et déclarèrent qu'ils n'iraient pas plus loin. Le roi Attale, qui ne tiraient d'eux aucune espèce de service et les voyaient s'écarter pendant les marches, camper à part et, en général, se montrer indisciplinés et gonflés de vanité, se trouvait dans un embarras peu ordinaire ; il craignait d'une part qu'ils ne passent du côté d'Achéos pour s'attaquer avec lui à ses propres Etats, et en même temps il redoutait la réputation qui s'ensuivrait, s'il faisait cerner par ses soldats et anéantir tous ces hommes, qu'on savait passés en Asie sur sa parole »

Polybe, « Histoires » livre V 77-2 et 78 1à4. Cela se passe en 218 avant notre ère au royaume de Pergame dans l'actuelle Turquie au sud de Troie

* »Catilina charge donc un certain Umbrénus d'entrer en relation avec les députés des Allobroges et, si possible, de les affilier à la conjuration, dans la pensée que ce peuple, accablé de dettes gouvernementales et privées, et d'autre part, naturellement belliqueux comme tous les Gaulois....

Salluste (historien romain né en -86 et mort en -35) « conjuration de Catilina » XL. Cela se passe en 63 avant notre ère à Rome où les Allobroges dénoncèrent la conjuration à Cicéron.

* »En Gaule, non seulement toutes les cités, tous les cantons et fractions de cantons, mais même, peut-on dire, toutes les familles sont divisés en partis rivaux »

Jules César (-102/-44), « Guerre des Gaules », livre VI – 11

* »Chaque année, à date fixe, ils (il s'agit des druides) tiennent leurs assises en un lieu consacré, dans le pays des Carnutes, qui passe pour occuper le centre de la Gaule »

Jules César, « la Guerre des Gaules », livre VI – 13

* »Tout le peuple gaulois est très religieux ; aussi voit-on ceux qui sont atteints de maladies graves, ceux qui risquent leur vie dans les combats ou autrement, immoler ou faire vœu d'immoler des victimes humaines, et se servir pour ces sacrifices du ministère des druides ; ils pensent, en effet, qu'on ne saurait apaiser les dieux immortels qu'en sacrifiant la vie d'un homme par la vie d'un autre homme, et il y a des sacrifices de ce genre qui sont d'institution publique. Certaines peuplades ont des mannequins de proportions colossales, faits d'osier tressé, qu'on remplit d'hommes vivants : on y met le feu, et les hommes sont la proie des flammes. Le supplice de ceux qui ont été arrêtés en flagrant délit de vol ou de brigandage ou à la suite de quelque crime passe pour plaire davantage aux dieux ; mais lorsqu'on a pas assez de victimes de ce genre, on va jusqu'à sacrifier des innocents »

Jules César, « La Guerre des Gaules » livre VI - 16

* »Hannibal avait déjà gagné les Gaulois à sa cause ; mais la bienveillance de ce peuple, même à son égard à lui, n'aurait été véritablement acquise, tant ils sont fiers et indomptables, si l'or dont ils sont particulièrement avides ne venait de temps à autre renforcer leurs bonnes dispositions »

Tite-Live, (historien romain né en -59 et mort en +17) « Histoire romaine » XXI-20

* »Des Gaulois habitaient alors le territoire compris entre la Trébie et le Pô ; dans le conflit qui opposait deux grandes puissances (il s'agit de Carthage et de Rome), ils prêtaient leur aide tantôt aux uns, tantôt aux autres, voulant être sûrs d'obtenir la reconnaissance du vainqueur »

Tite-Live, « Histoire Romaine » XXI-52

* »L'espoir du butin et du pillage avait fait venir beaucoup de Gaulois, mais on ne parlait plus de saccager et de ravager le territoire des autres ; la guerre s'était installée chez eux et c'était sur eux que retombait la charge écrasante d'entretenir les deux armées en guerre (il s'agit toujours des Carthaginois et des Romains) ; quand ils s'en rendirent compte, ils reportèrent sur Hannibal la haine qu'ils éprouvaient pour les Romains. Devenu la cible des chefs gaulois, il ne dut son salut qu'à leurs trahisons mutuelles, car ils révélaient les complots avec autant de légèreté qu'ils les avaient formés »

Tite-Live, « Histoire Romaine » XXII-1

* »Magon fermait la marche avec les Numides armés à la légère ; il empêchait les Gaulois surtout, rebutés par la fatigue et la longueur de la route de quitter les rangs ou de s'arrêter, car ce peuple n'a pas beaucoup d'endurance dans de telles épreuves... Les Gaulois ne savaient ni se rattraper quand ils avaient glissé ni sortir des fondrières et ils manquaient à la fois du courage qui donne des forces et de l'espoir qui soutient le courage, parvenant à peine à se traîner, reclus de fatigue et se laissant complètement aller quand ils étaient tombés, ils mouraient au milieu des bêtes de somme étendues de tous côtés »

Tite-Live, « Histoire Romaine » XXII-I-2. Cela se passe en mars -217 dans les marais étrusques. Le Magon dont il est question est le plus jeune des frères d'Hannibal.

*Est-ce que vraiment vous croyez que ces peuples soient sensibles au respect du serment et à la crainte des dieux immortels, lorsqu'ils témoignent en justice, eux qui sont si différents des autres nations par leurs mœurs et leur caractère ? Les autres peuples entreprennent des guerres pour défendre leurs cultes ; ceux-ci pour attaquer les cultes de tous les hommes. Les autres dans leurs guerres, implorent la faveur et la protection des dieux immortels ; mais eux, c'est aux dieux immortels eux-mêmes qu'ils ont toujours fait la guerre ! Ce sont ces peuples qui , jadis, bien loin de leur pays, sont allés jusqu'à Delphes, jusqu'au sanctuaire d'Apollon Pythien, l'oracle de l'univers entier, pour le profaner et le piller ! C'est par ces mêmes peuples ...que fut assiéger le Capitole et ce grand Jupiter par le nom de qui nos ancêtres ont voulu que fût enchaînée la foi des témoignages. Enfin que peut-il y avoir de saint et de sacré pour ces hommes qui, même quand la terreur leur fait concevoir qu'il faut apaiser les dieux, souillent leurs autels et leurs sanctuaires de victimes humaines, et ainsi ne peuvent célébrer un culte sans l'avoir d'abord profané par des pratiques criminelles ? Qui ne sait en effet qu'ils ont conservé jusqu'à ce jour la coutume monstrueuse et barbare des sacrifices humains ? Ainsi, quelle peut être, croyez-vous, la bonne foi, la piété de ces hommes capables de s'imaginer que les dieux immortels se laissent le plus aisément fléchir par les crimes et par le sang des hommes ?... Doutez-vous, juges, que tous ces peuples ne portent et n'entretiennent en eux une haine profonde du nom romain ? Estimez-vous que ces barbares, avec leurs sayons, leurs braies aient ici l'attitude humble et soumise qu'ont tous ceux qui, victimes d'une injustice, viennent implorer le secours des juges, en suppliants et avec humilité ? En aucune façon. Voyez-les se répandre gais et arrogants dans tout le Forum, la menace à la bouche, cherchant à nous effrayer par les sonorités horribles de leur langage barbare. »

Cicéron (né en -106, assassiné en -43, fut avocat, consul, sénateur, orateur, écrivain), « Discours pour Fontéius » XII à XIV. Ce discours fut prononcé en 69 avant notre ère. Une délégation d'Allobroges était venue à Rome pour accuser de concussion Fontéius gouverneur romain. Ce Fontéius fut défendu par Cicéron. Mais l'histoire n'a pas conservé trace du jugement rendu.

*Si on excite les Gaulois, ils se ruent tous ensemble dans la bataille sans se dissimuler et sans regarder à droite ni à gauche. Ils sont alors facile à vaincre pour qui veut les combattre par la manœuvre ; il suffit qu'on provoque leur colère par n'importe quel prétexte au moment et à l'endroit désiré pour qu'on les trouve prêts à tout risquer sans aucun secours que leur force et leur audace... Les Romains en vinrent à bout beaucoup plus facilement que des Ibères. En effet, donnant l'assaut en grandes masses et tous à la fois, ils étaient ainsi écrasés tous à la fois...Il est périlleux de les approcher si on en a pas l'expérience, et ils sont dangereux même pour les loups.... A la simplicité et à l'exubérance des Gaulois s'ajoutent beaucoup d'irréflexion, beaucoup de vantardise et une grande passion de la parure. Ils aiment à se couvrir d'or autour du cou et des cercles d'or au bras et au poignet et les dignitaires s'habillent de vêtements teints à la cuve et pailletés d'or. A cause de cette légèreté de caractère, la victoire les rend insupportables mais la défaite les plonge dans la stupeur. Leur irréflexion s'accompagne aussi de barbarie et de sauvagerie, comme si souvent chez les peuples du nord ; je pense à cet usage qui consiste à suspendre à l'encolure de leur cheval les têtes de leurs ennemis quand ils reviennent de la bataille, et à les rapporter chez eux pour les clouer devant les portes...Ils cherchaient des présages dans les convulsions d'un homme désigné comme victime, qu'on frappait dans le dos d'un coup d'épée. Ils ne sacrifiaient jamais sans qu'un druide ne fût présent. On cite aussi plusieurs formes de sacrifices

humains chez eux : par exemple, on tuait certaines victimes à coups de flèches, ou on en crucifiait dans les temples, ou encore on confectionnait une effigie géante de paille et de bois et après avoir jeté dedans des bestiaux et des animaux sauvages de tout genre et des hommes, ils en faisaient un holocauste...Enfin, il est notoire que tous les Celtes sont querelleurs, comme aussi qu'ils n'estiment pas infamant que les jeunes gens prodiguent les charmes de leur adolescence »

Strabon (historien et géographe grec né en -64 et décédé vers 25 de notre ère ), « Géographie » livre IV – 4-2

* »Et maintenant, en plus de ces désastres et des obstacles du terrain, voici que surgissent des êtres à demi-sauvages, montrant entre les rochers leurs têtes horribles et repoussantes avec leurs cheveux toujours raides de crasse, et, jaillissant du fond des grottes creusées dans la roche érodée, la troupe des alpins attaque... »

Silius Italicus (historien romain qui fut consul, né en 26 mort en 101), « Guerres puniques » livre III-540.... Cela se passe en novembre -218 lors du prétendu passage des Alpes par Hannibal (voir sur mon blog les fiches 16 à 18)

*Les soldats romains avaient au cœur une vive irritation contre l'insolence des Gaulois qui, pour faire honte à l'armée, se vantaient de devoir à Galba la remise du quart de leurs tributs et des récompenses officielles »

Tacite (Sénateur et historien romain né en 58 et mort en 117), « Histoires » I – LI

Cela eut lieu après la mort de Néron en l'an 68, lorsque diverses légions voulant toutes imposer « leur » empereur se firent la guerre.

* » Les Gaulois Senons, peuple au tempérament farouche, aux mœurs grossières, étaient en outre, par la taille même de leur corps, comme par l'énormité de leurs armes, une telle cause de terreur -terreur que tout en eux inspirait- qu'ils semblaient vraiment nés pour massacrer les hommes et saccager les villes...Ils se mettent, saisis d'un égarement tout aussi aberrant, à les massacrer, à lancer des torches sur les toits et à détruire la ville jusqu'au sol par le fer, par le feu et de leurs propres mains. Comme finalement les Gaulois, désormais las de leur propre siège, avaient vendu leur départ mille livres d'or (même en cela, ils se comportèrent avec insolence, car ajoutant encore à de faux poids celui d'une épée qu'ils jetèrent par dessus, ils s'écrièrent : malheur aux vaincus ».

Florus (né vers 70 et mort vers 140, historien latin), « Œuvres » I-VII. La scène se passe en l'an -390 lors de l'invasion gauloise de Rome (c'est là qu'eut lieu le célèbre épisode des oies du Capitole). A noter que Florus comme Tite-Live écrivent que Camille arriva avec une armée de secours, débloqua Rome et parvint à vaincre les Gaulois.

* »Les Gaulois Insubres, qui habitaient eux aussi les Alpes, avaient des mœurs de bêtes sauvages et un corps de taille plus qu'humaine, mais on le vit aussitôt à l'expérience, car si, au premier assaut, ils sont supérieurs aux hommes, au second, ils sont inférieurs à des femmes. Se développant sous le climat humide des Alpes, leurs corps ont un point commun avec leurs neiges : à peine échauffés par la bataille, ils s'humectent de sueur et un léger mouvement les ramollit comme sous l'effet du soleil »

Florus, « Œuvres » I-XX

* »Rien n'épouvanta plus les barbares que nos éléphants, dont le caractère sauvage était bien en accord avec celui de ces peuplades »

Florus, « Œuvres » I – XXXVII. Cela se passe en -121 dans la guerre contre les Allobroges.

*Or, il restait les peuples les plus cruels, les Gaulois, les Germains et les Bretons... César... ramena aussitôt une nation si belliqueuse dans ses demeures... On ne devrait pas dire que les Gaulois sont féroces, c'est par ruse qu'ils agissent »

Florus, « œuvres » I – XLV. C'est au début de la guerre des Gaules lorsque César repousse les Helvètes (les Suisses). A noter qu'à l'époque les « Bretons » étaient les Anglais (d'où le nom de « Grande-Bretagne), tandis que les habitants de l'actuelle Bretagne en France étaient appelés les « Vénètes ».

* »Quelle fut la sauvagerie de ces nations alpestres, on pourra facilement en juger, ne serait-ce que par celle de leurs femmes ; manquant de traits (de javelots), elles écrasèrent contre terre leurs petits enfants et les lancèrent à la tête de nos soldats. »

Florus - « Œuvres » II – XXII

* »Presque tous les Gaulois sont de très haute taille, ils ont la peau blanche et la chevelure rousse ; ils inspirent la crainte par leur regard sauvage, ils ont le goût des querelles et sont présomptueux à l'excès. Si l'un d'eux au cours d'une rixe, a fait appel à sa femme, qui est beaucoup plus vigoureuse que lui et qui a les yeux pers, une troupe d'étrangers ne pourra lui tenir tête, surtout quand celle-ci, le cou gonflé et grinçant des dents, balançant d'énormes bras blancs, commence à décocher, en y mêlant des coups de pied, des coups de poing semblables à des projectiles de catapultes lancés par la torsion de leurs cordes. Leur voix est généralement effrayante et menaçante, qu'ils soient paisibles ou en colère... C'est une race portée sur le vin, raffolant de multiples boissons qui ressemblent au vin, et parmi eux des gens de basse condition, l'intelligence affaiblie par cette ivresse continuelle qu'un mot de Caton a défini : une espèce de folie volontaire, se laissant entraîner à rôder au hasard ».

Ammien Marcellin (né vers 330, mort vers 400), historien d'origine grecque, « Histoire » livre XV - XII

Commentaires : Ces extraits de Polybe à Ammien Marcellin montrent que le jugement des auteurs anciens sur les Gaulois est unanime. Ils mettent tous les Gaulois dans le même sac sans aucune distinction régionale, en englobant aussi bien les Gaulois de l'Italie du Nord que ceux de la France. Cela fait au moins un point commun aux Gaulois. Le jugement négatif sur les Gaulois semble avoir pris fin avec l'intégration de la Gaule à la civilisation romaine. Il est tout de même un autre point commun : la présence des druides et leur influence qui semblent attestées dans toutes les « nations » gauloises. César cite une réunion annuelle des druides. Beaucoup ont cherché le lieu de cette réunion chez les Carnutes (qui ont donné leur nom à Chartres) comme d'autres ont cherché ou cherchent encore le lieu de la bataille d'Alésia (où il y avait 6 Gaulois pour chaque soldat romain) ou le passage d'Hannibal. C'est ma foi une occupation qui en vaut bien d'autres.

J.D. 17 novembre 2013

Vercingétorix à Clermont-Ferrand, oeuvre de Bartholdi

Vercingétorix à Clermont-Ferrand, oeuvre de Bartholdi

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 15:52

« Nous avons fondé notre colonisation, depuis les débuts, sur le principe de l'assimilation. On a prétendu faire des nègres de bons Français. On leur a fait réciter : Nos ancêtres les Gaulois ; ce n'était pas très malin »

Charles De Gaulle. Propos rapportés par Alain Peyrefitte dans « C'était De Gaulle » éditions de Fallois (Fayard) 1994, tome 1, page 54

Il n'y a pas que dans les colonies, en France aussi, des générations d'élèves ont appris : « Nos ancêtres les Gaulois » ; et beaucoup de gens, probablement, pensent la Gaule comme une entité unique avec un peuple gaulois homogène. La réalité est tout autre.

1-La représentation des Gaulois :

Voici la description de la Gaule faite par Jules César (-102/-44) dans le premier chapitre de « la guerre des Gaules » (qui eut lieu de -58 à -51) :

« L'ensemble de la Gaule est divisé en trois parties: l'une est habitée par les Belges, l'autre par les Aquitains, la troisième par le peuple qui, dans sa langue, se nomme Celte, et dans la nôtre, Gaulois. Tous ces peuples diffèrent entre eux par le langage, les coutumes, les lois. Les Gaulois sont séparés des Aquitains par la Garonne, des Belges par la Marne et la Seine. Les plus braves de ces trois peuples sont les Belges, parce qu'ils sont les plus éloignés de la province romaine (il s'agit de la Narbonnaise annexée par les Romains et que César ne considère plus comme faisant partie de la Gaule proprement dite) et des raffinements de sa civilisation, parce que les marchands y vont très rarement, et, par conséquent, n'y introduisent pas ce qui est propre à amollir les cœurs, enfin parce qu'ils sont les plus voisins des Germains qui habitent sur l'autre rive du Rhin, et avec qui ils sont continuellement en guerre. C'est pour la même raison que les Helvètes aussi surpassent en valeur guerrière les autres Gaulois : des combats presque quotidiens les mettent aux prises avec les Germains, soit qu'ils leur interdisent l'accès de leur territoire, soit qu'ils les attaquent chez eux. La partie de la Gaule qu'occupent, comme nous l'avons dit, les Gaulois commence au Rhône , est bornée par la Garonne, l'Océan et la frontière de Belgique ; elle touche aussi au Rhin du côté des Séquanes (qui occupaient la partie méridionale de l'actuelle Franche-Comté) et des Helvètes (Les Suisses); elle est orientée vers le nord. La Belgique commence où finit la Gaule ; elle va jusqu'au cours inférieur du Rhin ; elle regarde vers le nord et vers l'est. L'Aquitaine s'étend de la Garonne aux Pyrénées et à la partie de l'Océan qui baigne l'Espagne ; elle est tournée vers le nord-ouest. »

Ce texte de César montre qu'il distinguait la Gaule étendue jusqu'au Rhin du peuple gaulois lui-même qu'il circonscrit à une partie de la Gaule. Un texte de l'historien Grec Plutarque (qui vécut de vers 45 à vers 127) qui écrivit de nombreuses biographies permet de compléter le texte de César. Dans la « vie de César » (au point 15), Plutarque écrit à propos de la guerre des Gaules :

« En moins de dix ans que dura la guerre des Gaules, il (il s'agit de César) prit d'assaut plus de huit cents villes, soumit trois cents nations, combattit, en plusieurs batailles rangées, contre trois millions d'ennemis, en tua un million et fit autant de prisonniers ».

On a, c'est certain, aucun moyen de vérifier les chiffres de Plutarque mais ses sources sont généralement considérées comme fiables et citées par de nombreux historiens. Pour lui , il y avait au moment de la conquête de César 300 nations en Gaule. On peut discuter le terme de « nations » mais cela exprime une grande division entre de nombreux groupes qui devaient passer leur temps à se faire la guerre. Il y avait au moins un point commun à tous ces groupes : les Gaulois n'avaient pas d'écriture, et pas d'écrivains. L'enseignement assuré par les Druides était oral. On en a confirmation au livre VI (point 14) de la « guerre des Gaules » de César qui écrit : « Ils (il s'agit des druides) estiment que la religion ne permet pas de confier à l'écriture la matière de leur enseignement ». On manque donc de sources gauloises pour parler des Gaulois. Et les auteurs grecs et latins qui ont écrit sur les Gaulois en donnent une image particulièrement négative, à part César qui n'avait pas intérêt à dévaloriser ses ennemis pour rehausser sa propre gloire. Pour ne pas interrompre le texte, je vais mettre un certain nombre de citations sur les Gaulois en annexe. Ces textes peuvent être contestés, donnant le point de vue des auteurs antiques sur les Gaulois, ils méritent d'être connus.

2-Les deux Gaules :

Tous les auteurs sont d'accords pour donner une origine celte aux Gaulois. Les Celtes occupaient un vaste espace en Europe délimité à l'ouest (à l'ouest pour eux) par le Rhin et au sud par le Danube. Puis vers les 6e/5e siècles avant notre ère, ils se mirent en mouvement vers d'autres pays. Il est probable qu'il n'y eut pas une seule invasion massive mais un exode régulier durant une longue période. C'est ainsi qu'ils envahirent non seulement la Gaule mais aussi toute l'Italie du Nord dont ils chassèrent les Etrusques qui se replièrent plus au sud (voir Tite-Live, Histoire Romaine, livre V-34). Mélangés aux populations d'origine, ces Celtes devinrent les Gaulois.

On ne sait pas quand apparut le vocable « Gaule », Gallia en latin. On en trouve la première mention chez Caton l'Ancien (auteur du célèbre « Delenda est Carthago », il faut détruire Carthage) vers l'an 168 avant notre ère dans une histoire romaine dont il ne reste plus que des fragments. Mais il est probable que ce vocable était plus ancien.

Pour les auteurs latins, il y eut d'abord deux Gaules :

*la Gaule Cisalpine correspondait à l'Italie du Nord. C'est le Rubicon petit fleuve côtier qui se jette dans l'Adriatique entre Ravenne et Rimini qui servait de frontière entre l'Italie proprement dite et la Gaule Cisalpine. C'est à l'occasion des guerres contre Carthage que les Romains s'emparèrent de l'Italie du Nord mais ce n'est qu'en l'an 49 avant notre ère que cette Gaule Cisalpine fut intégrée à l'Italie.

*la Gaule Transalpine qui correspondait à l'actuelle France étendue jusqu'au Rhin.

Dans cette Gaule Transalpine, les Grecs de la cité de Phocée (cité grecque sur la côte turque) s'étaient déjà implantés en fondant Marseille en l'an 600 avant notre ère, mais n'avaient pas eu l'ambition de conquête plus élargie.

A l'occasion des guerres avec Carthage (de l'an -264 à l'an -146), les Romains s'étaient emparés de la route côtière qui joint l'Italie à l'Espagne à travers la Gaule. Puis pour consolider cette position, ils s'étaient emparés de l'arrière pays, entre l'an -125 et l'an -120, et avaient fondé une première province romaine : la Narbonnaise à laquelle ils avaient rattaché en -121 l'ancien territoire des Allobroges. (voir sur mon blog les notes 27/28 consacrées aux Allobroges).

Puis il y eut la conquête de la Gaule entière par César. Certains peuples s'allièrent aux Romains. D'autres comme les Allobroges qui avaient déjà été vaincus à plusieurs reprises par les Romains préférèrent s'abstenir. Si l'on rapporte le nombre de victimes à la population de l'époque, et malgré l'incertitude des évaluations, la guerre des Gaules fut plus meurtrière (pour la France) que la guerre de 1914/18. Après avoir maté toute la Gaule, César l'organisa en province et imposa à cette province un tribut annuel de 40 millions de sesterces (voir Suétone (70/130) « vies des douze Césars, livre 1 en XXV)

Après la guerre des Gaules, César avait donné des terres aux vétérans de l'armée romaine. C'est ainsi que ceux de la deuxième légion s'implantèrent à Orange, ceux de la sixième en Arles, la septième à Béziers, la huitième à Fréjus et la dixième à Narbonne. La partie conquise par César de la Gaule transalpine fut appelée « Gaule chevelue ».

3-Les trois Gaules :

C'est entre l'an -16 et l'an -13 qu'Auguste, le premier empereur, créa trois nouvelles provinces, en fait trois Gaules dans la Gaule chevelue : l'Aquitaine, la Lyonnaise et la Gaule Belgique. Mais comme il y avait déjà la Narbonnaise, les 3 Gaules comme les trois mousquetaires de Dumas furent 4.

Lyon (Lugdunum) qui avait été créée à partir de l'an -43 par un lieutenant de César (Lucius Munacius Plancus) devint la capitale des Gaules. Dans ces trois Gaules, il restait 60 nations, à comparer aux 300 dont parle Plutarque au début de la guerre des Gaules. Cela signifie que de nombreux « peuples » gaulois disparurent à l'occasion de la guerre des Gaules soit par absorption soit par disparition pure et simple !

Auguste acheva la conquête des hautes vallées alpines que César avait négligé. Le latin remplaça, lentement mais sûrement, les diverses dialectes gaulois et la Gaule toute entière adopta la civilisation romaine. Les Romains entreprirent très tôt une politique de grandes constructions en Gaule : villes, routes, aqueducs, thermes, temples... Sous le règne d'Auguste, signalons : la Maison carrée de Nîmes, le temple d'Auguste et de Livie à Vienne, le pont du Gard, des théâtres ou amphithéâtres à Orange, Arles, Lyon, Vienne ….

C'est en l'an 48 de notre ère sous l'empereur Claude (né à Lyon le 1er août -10) que les citoyens des trois nouvelles Gaules obtinrent tous les droits politiques et l'accès à toutes les magistratures y compris sénatoriales.

Les Gaulois ou ce qu'il en restait après la guerre des Gaules bénéficièrent de la « Pax Romana » tout au moins jusqu'aux invasions « barbares ».

4-Les 13 Gaules puis retour aux 2 Gaules

Sous le règne de Domitien (qui vécut de 51 à 96 et fut empereur de 81 à 96), la Gaule Belgique fut divisée en 3 provinces puis sous le règne de Dioclétien (né en 244 et qui fut empereur de 284 à 305), l'ex Gaule fut divisée en 13 provinces : la Lyonnaise d'abord divisée en 2 puis en 4, l'Aquitaine divisée en 3, la Narbonnaise divisée en 3 puis la Gaule Belgique restant divisée en 3.

Puis sous le règne du même Dioclétien, la Gaule fut regroupée en 2 diocèses :

*le diocèse des Gaules avec Trèves pour capitale et qui regroupa 8 provinces au nord de la Loire

*le diocèse de Viennoise avec Vienne pour capitale qui regroupa 5 provinces au sud de la Loire. Ainsi la Loire divisa, pour la première fois, semble-t-il, la France en 2, c'est peut-être la cause d'une évolution linguistique différente succédant au latin après la chute de l'empire romain d'Occident, entre la langue d'Oc au sud et la langue d'Oil au nord.

5-de la Gaule à la France :

Les premières invasions de la Gaule au troisième siècle furent repoussées puis les Huns se mirent en mouvement vers l'an 375 et les Huns poussant les autres les invasions dites barbares se multiplièrent jusqu'à la chute de l'empire romain d'Occident en l'an 476 et se poursuivirent même après ; ce furent les Burgondes, les Francs, les Wisigoths, les Ostrogoths, les Alains, les Alamans, les Vandales, les Suèves...

Avant ces grandes invasions, il y avait eu l'arrivée des Grecs avec la fondation de Marseille (en -600), puis des incursions germaniques, le passage des armées carthaginoises, des armées romaines, puis la conquête romaine. Après les grandes invasions, il y eut l'invasion musulmane, les Vikings, les Normands et beaucoup d'autres ensuite. Les passages des armées, invasions et occupations furent de tous temps l'occasion du viol des femmes locales. Il y eut donc au travers des âges une multitude de « Gauloises » qui portèrent des enfants dont le père n'avait rien de Gaulois. Le résultat est que les Français de souche aujourd'hui ont probablement très peu de Gaulois dans leurs gènes. Mais puisqu'on nous dit que les Gaulois sont nos ancêtres !

Après la chute de Rome, les Francs l'emportèrent sur les Burgondes, mais le pays s'appelait toujours la Gaule. En 843, au traité de Verdun, les petits-fils de Charlemagne se partagèrent son empire, le divisant en 3. La « Francie Occidentale » qui deviendra la France, la « Francie Orientale » qui donnera l'espace germanique et entre les deux la Lotharingie qui durant des siècles sera sources de conflits entre les deux autres. A partir de là, le vocable « Gaule » fut progressivement remplacé par le vocable « Francie ». L'appellation « France » ne devient officielle qu'en 1190 sous le règne de Philippe Auguste.

6-Organisation et coutumes des Gaulois :

Au livre VI de la « Guerre des Gaules », Jules César consacre un long développement pour décrire l'organisation et les mœurs des Gaulois. Je ne vais pas recopier tout l'intéressant texte de César mais j'y renvoie le lecteur intéressé.

J.D. 15 novembre 2013

P.S. La récapitulation thématique des notes de ce blog se trouve sur la fiche N°76

Coq, symbole gaulois, photo Claire Legrand 17 octobre 2014

Coq, symbole gaulois, photo Claire Legrand 17 octobre 2014

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 19:43

Texte de Victor Hugo publié en 1829 dans la série « Les Orientales »

« Murs, ville,

Et port,

Asile

De mort,

Mer grise

Où brise

La brise,

Tout dort

Dans la plaine

Naît un bruit.

C'est l'haleine

de la nuit.

Elle brame

Comme une âme

Qu'une flamme

Toujours suit !

La voix plus haute

Semble un grelot.

D'un nain qui saute

C'est le galop.

Il fuit, s'élance

Puis en cadence

Sur un pied danse

Au bout d'un flot.

La rumeur approche

L'écho la redit.

C'est comme la cloche

D'un couvent maudit :

Comme un bruit de foule

Qui tonne et qui roule,

Et tantôt s'écroule,

Et tantôt grandit.

Dieu ! La voix sépulcrale

Des Djinns !...Quel bruit ils font

Fuyons sous la spirale

De l'escalier profond.

Déjà s'éteint ma lampe

Et l'ombre de la rampe,

Qui le long du mur rampe,

Monte jusqu'au plafond.

C'est l'essaim des Djinns qui passe

Et tourbillonne en sifflant !
Les ifs, que leur vol fr
acasse,

Craquent comme un pin brûlant.
Leur troupeau, lourd et
rapide,

Volant dans l'espace vide,

Semble un nuage livide

Qui porte un éclair au flanc

Ils sont tout près ! Tenons fermée

Cette salle, où nous les narguons.
Quel bruit dehors ! Hideus
e armée

De vampires et de dragons !

La poutre du toit descellée

Ploie ainsi qu'une herbe mouillée,

Et la vieille porte rouillée

tremble, à déraciner ses gonds !

Cris de l'enfer ! voix qui hurle et qui pleure !

L'horrible essaim, poussé par l'aquilon,

Sans doute, ô ciel ! s'abat sur ma demeure.

Le mur fléchit sous le noir bataillon.
La maison crie et chancelle pe
nchée,

Et l'on dirait que, du sol arrachée,

Ainsi qu'il chasse une feuille séchée,

Le vent la roule avec leur tourbillon !

Prophète ! Si ta main me sauve

De ces impurs démons des soirs,

J'irai prosterner mon front chauve

devant tes sacrés encensoirs !

Fais que sur ces portes fidèles

Meure leur souffle d'étincelles,

Et qu'en vain l'ongle de leurs ailes

Grince et crie à ces vitraux noirs !

Ils sont passés ! Leur cohorte

S'envole, et fuit, et leurs pieds

Cessent de battre ma porte

De leurs coups multipliés.

L'air est plein d'un bruit de chaînes,

Et dans les forêts prochaines

Frissonnent tous les grands chênes,

Sous leur vol de feu pliés !

De leurs ailes lointaines

Le battement décroit,

Si confus dans les plaines,

Si faible, que l'on croit

Ouïr la sauterelle

Crier d'une voix grêle

Ou pétiller la grêle

Sur le plomb d'un vieux toit.

D'étranges syllabes

Nous viennent encor ;

Ainsi, des arabes

Quand sonne le cor,

Un chant sur la grève

Par instant s'élève,

Et l'enfant qui rêve

Fait des rêves d'or.

Les Djinns funèbres,

Fils du trépas,

Dans les ténèbres

Pressent leurs pas ;

Leur essaim gronde :

Ainsi, profonde,

Murmure une onde

Qu'on ne voit pas.

Ce bruit vague

Qui s'endort,

C'est la vague

Sur le bord ;

C'est la plainte,

Presque éteinte,

D'une sainte

Pour un mort.

On doute

La nuit...

J'écoute :

Tout fuit,

Tout passe

L'espace

Efface

Le bruit. »

Commentaires :

Sur le poème : Ce texte de Victor Hugo est à replacer dans le contexte de la série « les Orientales » qui comprend 41 textes. Ils ont été rédigés après la révolte des Grecs en 1821 contre l'occupation turque commencée dans les années 1450. Voir sur mon blog le texte N° 9 intitulé : « Grèce, guerre d'indépendance » http://jean.delisle.over-blog.com/article-grece-guerre-d-indeoendance-58616338.html.

Le poème est original dans sa forme.

Sur les Djinns : D'après le coran, les Djinns sont des êtres de la création entre les Humains et les Anges. Il en est question dans le coran : Dans la sourate VI (versets 100, 112, 128, 130), la sourate VII (versets 38 et 179), la sourate XI (verset 119), la sourate XV (verset 27), la sourate XVII (verset 88), la sourate XVIII (verset 50), la sourate XXIII (versets 25 et 70), la sourate XXVII (versets 10, 17, 39), sourate XXVIII (verset 31), sourate XXXII (verset 13), sourate XXXIV (versets 8, 12, 14, 41), sourate XXXVII (verset 158), sourate XLI (versets 25 et 29), sourate XLVI (versets 18 et 29) sourate LI (versets 15, 33, 39, 74), sourate LXXII (versets 1 et 17), sourate CXIV (verset 6).

6 novembre 2013

inscription sur la maison natale de Victor Hugo à Besançon, photo J.D. 1er janvier 2016

inscription sur la maison natale de Victor Hugo à Besançon, photo J.D. 1er janvier 2016

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 12:40

J'ai déjà très légèrement abordé cette question sur la note N°20 intitulée « Le Dollar », mais après un quatorzième séjour aux Etats-Unis (du 1er au 29 octobre 2013) chez ma fille Claire et Vincent son mari, je reviens sur ce sujet.

Pour la petite histoire, j'ai récupéré un exemplaire de la Constitution américaine sur un stand tenu par le Tea-Party sur un marché à Southern-Pines en Caroline du Nord.

1- D'abord, rappel de quelques événements pour cadrer les faits :

*1492 : Christophe Colomb et ses marins traversent l'Atlantique et croient être arrivés aux Indes en passant par l'ouest. Christophe Colomb mourut en 1506 sans savoir qu'il avait découvert un nouveau continent.

Pour célébrer la découverte de l'Amérique, chaque second lundi d'octobre est jour férié aux Etats-Unis, c'est le « Columbus Day » (nota : aux Etats-Unis, jour férié n'est pas synonyme de jour chômé)

A la suite, les traversées se multiplièrent et 4 pays principalement se lancèrent dans la colonisation du nouveau continent : Anglais et Français en Amérique du Nord, Portugais et Espagnols en Amérique du Sud, ce qui est une façon de parler (ou d'écrire) car le Mexique, l'Amérique centrale et une partie de ce qui appelé « Amérique du Sud » se trouvent dans l'hémisphère Nord c'est-à-dire au-dessus de la ligne de l'équateur.

Richelieu et Louis XIII puis Louis XIV encouragèrent la colonisation. Les Français s'implantèrent au Canada suite à l'expédition de Jacques Cartier (1534) puis Robert Cavelier de La salle prit possession au nom du roi d'un vaste territoire situé de part et d'autre du Mississippi. Il fit dresser un acte de possession le 9 avril 1682 et donna à ce territoire le nom de « Louisiane » en l'honneur du roi Louis (XIV). A noter que cette première « Louisiane » qui allait de la frontière du Canada jusqu'au golfe du Mexique, était infiniment plus vaste que l'Etat appelé aujourd'hui « Louisiane » (Louisiana pour les Américains). Les Français créèrent plusieurs villes dont La Nouvelle Orléans en 1718, construisirent des forts dont « Fort de Chartres », « Fort d'Orléans, « Fort de Vincennes »...

De leur côté les Anglais organisèrent 13 colonies sur la côte Est de ce qui constitue aujourd'hui les Etats-Unis, mais les possessions françaises leur barraient toutes possibilités d'extension à l'Ouest.

*1763 : Suite à la guerre de « Sept Ans » (appelée par les Américains : « French and Indian War ») qui impliqua une quinzaine de pays et se déroula sur de nombreux théâtres d'opérations, mais qui, en Amérique du Nord, opposa Français et Anglais et aussi parce que Louis XV, fut probablement plus préoccupé des humeurs de la Pompadour que du sort des francophones en Amérique, il signa le 10 avril 1763 le traité de Paris. Par ce traité, il céda aux Anglais le Canada et toutes nos possessions à l'est du Mississippi et à l'Espagne la partie sud de notre Louisiane dont La Nouvelle Orléans.

*1764 : la guerre de Sept Ans ayant ruiné leurs finances, les Anglais à partir de 1764 imposèrent de nouvelles taxes à leurs colonies d'Amérique ce qui mécontenta les citoyens concernés, mais la goutte d'eau qui fit déborder le vase est le « Tea Act » de 1773. Ce « Tea Act » créa de lourdes taxes sur le thé dont la Compagnie anglaise des Indes Orientales était exonérée. Cette discrimination exaspéra les Américains. Les marins qui débarquaient le thé furent passés au supplice du goudron et des plumes (comme dans les Dalton) et le 16 décembre 1773, 60 habitants de Boston déguisés en Indiens montèrent à bord de 3 navires anglais et jetèrent à la mer 45 tonnes de thé. Ces événements sont connus sous le nom de « Boston Tea Party ».

*1774 : les Anglais prirent un certain nombre de mesures coercitives (Coercitive Acts) contre les habitants du Massachusetts (là où s'était déroulé le « Boston Tea Party »). Le « Coercitive Acts » fut qualifié par les Américains d' »Intolerable Acts ». Il entraîna la réunion du premier « Congrès continental américain » à Philadelphie du 5 septembre au 26 octobre 1774. Douze des treize colonies étaient représentées (il ne manquait que la Géorgie). Ce congrès rédigea des articles d'association, appela au boycott des marchandises anglaises à compter du 1er décembre 1774 et conseilla aux Etats de préparer leurs citoyens à la guerre.

*1775/1783 : guerre d'indépendance (que les Américains appellent « Revolutionary War »). Cette guerre eut des fortunes diverses pour les 2 camps mais après la bataille de Yorktown (port situé en Virginie à l'embouchure de la rivière York, à noter que les Américains ne font pas comme nous de distinctions entre rivières et fleuves, tout est « river »), qui se déroula du 28 septembre au 17 octobre 1781, et quelques autres défaites, les Anglais durent s'avouer vaincus et par le traité de Paris du 3 septembre 1783, ils reconnurent l'indépendance de leurs 13 anciennes colonies. Entre temps, sur le plan militaire, le marquis de la Fayette avait rejoint les combattants américains dès 1777. Par un traité de Paris du 6 février 1778, la France (de Louis XVI, roi depuis 1774) s'était officiellement alliée avec les Américains et le 11 juillet 1780 sous le commandement de Rochambeau, une armée française débarquait à Newport et participait aux opérations de guerre contre les Anglais. Des Espagnols, des Hollandais et des francophones Canadiens s'étaient également joints aux Américains.

*Entre temps, un second congrès continental s'était réuni en 1775 et avait demandé à Thomas Jefferson de rédiger une déclaration d'indépendance, ce qu'il fit, assisté de Benjamin Franklin et de John Adams. Cette déclaration fut approuvée par les 13 colonies le 4 juillet 1776, sans demander l'avis des Anglais et chaque ancienne colonie se considéra comme devenu un Etat des Etats-Unis. Le 4 juillet aux Etats-Unis est jour férié (Independence Day).

*C'est en 1777 que les Américains adoptèrent leur drapeau appelé « The Star-Spangled Banner » (« la bannière étoilée », ce qui est aussi le titre de l'hymne national américain). Au départ, il y eut 13 bandes pour symboliser les Etats fondateurs des Etats-Unis (7 bandes rouges et 6 blanches) ainsi que 13 étoiles en rond dans le coin supérieur gauche. Le nombre d'étoiles augmenta au fur et à mesure que les Etats-Unis s'agrandissaient. La cinquantième étoile a été ajoutée à partir du 4 juillet 1960 après l'intégration d'Hawaï comme cinquantième Etat. En tout il y eut jusqu'à présent 27 versions de ce drapeau. Le 14 juin de chaque année « the Flag Day » fait partie des jours fériés en l'honneur du drapeau. Les principales extensions des Etats-Unis eurent lieu lorsque Napoléon vendit aux Américains en 1803, ce qu'il nous restait de Louisiane à l'Ouest du Mississippi (pour 15 millions de dollars), après une guerre contre le Mexique de 1846 à 1848, par « la conquête de l'ouest » et par l'acquisition de l'Alaska, ancien territoire russe acheté en 1867 pour 7,2 millions de dollars. Les américains ont beaucoup plus qu'en France le sens du drapeau. Il existe même dans certaines circonstances un « serment au drapeau ». Malgré cela la Cour Suprême a toujours refusé de condamner les profanateurs du drapeau américain en vertu de l'Amendement N° 1 qui proclame la liberté d'opinion des citoyens.

*En 1787, une Convention Constitutionnelle se réunit à Philadelphie et rédigea une constitution pour les Etats-Unis car les « articles d'association » rédigés en 1774 ne donnaient pas satisfaction. 55 délégués participèrent à ce travail, ils sont appelés les « pères fondateurs » (The Founding Fathers). Cette Constitution fut approuvée le 17 septembre 1787.

2 La Constitution :

La Constitution américaine comprend un préambule de 7 lignes (sur un format agenda de poche) et 7 articles. Par comparaison, la Constitution française de 1958 comprend 89 articles.

*Le préambule commence par ces mots : « We the People of the United States » (Nous le Peuple des Etats-Unis). Les commentaires que j'ai vus sur la constitution insistent sur les 3 premiers mots : We the People

*L'article1 concerne le pouvoir législatif qui appartient à deux chambres qui forment ensemble le Congrès américain.

*Le Sénat comporte 100 membres à raison de 2 pour chacun des 50 Etats. Les 5 territoires américains d'Outre-Mer (Porto Rico, les Iles Vierges, Samoa, les Iles Marianne du Nord et Guam) n'ont pas de représentants au Sénat ainsi que Washington la capitale appelée Washington D.C. (District of Columbia) à ne pas confondre avec l'Etat de Washington situé au nord-ouest des Etats-Unis en bordure du Pacifique et du Canada.

Les Sénateurs sont élus pour 6 années. Ils sont renouvelables par tiers tous les 2 ans. Le Vice-Président des Etats-Unis est Président du Sénat mais sans droit de vote sauf si il s'agit de départager un vote ayant obtenu le même nombre de voix pour et contre.

Sénat et Chambre des Représentants ont quelques spécificités. Par exemple, le Sénat doit approuver la nomination des membres du Gouvernement faite par le Président ainsi que la nomination des Juges de la Cour Suprême, faite également par le Président. Il a également le pouvoir de rejeter un traité qui aurait été signé par le Président. De son côté seule la Chambre des Représentants peut introduire un projet de loi qui entraîne un supplément d'impôts pour les citoyens.

*La Chambre des Représentants compte 435 membres. Chaque Etat dispose d'un nombre de Représentants proportionnel à l'importance de sa population. La population prise en compte pour déterminer le nombre de sièges de chaque Etat est actualisée tous les 10 ans. Les membres de cette assemblée sont élus pour 2 années.

Au total les Etats-Unis compte 535 parlementaires soit un parlementaire pour 566.000 habitants. La France compte 348 Sénateurs et 577 députés soit un parlementaire pour 70.000 habitants non compris les 74 députés français au Parlement européen.

On va me dire : « Oui mais aux Etats-unis il y a l'administration des 50 Etats ». C'est vrai mais en France il y a l'administration des Régions, des Départements, des Communes et de l'empilement des structures inter-communales. Au total avec 601.132 élus la France bat les records d'élus par habitant, sans oublier pour chapeauter le tout, l'Union Européenne qui dans ses diverses instances emploie 56.000 fonctionnaires ! Si le Gouvernement veut faire des économies, il y a là du gras à prendre. Ce serait mieux que de taper sur les retraités !

Les votes du Congrès « Bill » ne deviennent des lois que lorsqu'ils sont ratifiés par le Président. Le Président a un droit de veto, mais il doit le motiver et l'exprimer dans les dix jours. Au delà de ce délai, le vote du Congrès devient loi (law)

*L'article 2 : est relatif au Pouvoir exécutif qui comprend un Président, un Vice-Président, un Attorney General (Ministre de la Justice) et 14 autres ministres. Les Ministres sont à la tête d'un « Secretary », il y a ainsi un « Secretary of Agriculture », un « Secretary of Commerce », un « Secretary of defense » etc

Au total l'exécutif américain compte 17 membres. Par comparaison , en France il y a actuellement 1 Président de la République, un Premier Ministre, 20 Ministres et 17 Ministres délégués soit un exécutif de 39 personnes, plus de 2 fois l'effectif de l'exécutif américain alors que la France compte 5 fois moins d'habitants, un territoire 17 fois moins vaste et alors que dans beaucoup de domaines ce sont les instances européennes qui décident : autre exemple qui montre qu'il y a encore du gras à prendre ! Sans oublier le secrétariat particulier de 6 personnes à l'Elysée au service de la concubine.

*Le Président américain est élu pour 4 ans, mandat renouvelable qu'une seule fois depuis 1951 (22e amendement). Les citoyens élisent les électeurs qui vont eux-même élire le Président. Si le Président est empêché, c'est le Vice-Président qui devient Président. C'est arrivé 9 fois dans l'histoire des Etats-Unis, suite à 4 décès en cours de mandat du Président (en 1841, 1850,1923,1945), suite à 4 assassinats (en 1865, 1881, 1901, et 1963) et suite à la révocation de Richard Nixon en 1974. Si le Vice-président était empêché lui aussi, c'est le Président de la Chambre des Représentants (appelé « the Speaker of the House ») qui deviendrait Président mais ce n'est pas encore arrivé. Les candidats se présentent en désignant par avance leur Vice-Président, ce qui est beaucoup plus cohérent que le système français. Les candidats à la présidentielle, en France, ne désignent pas, par avance, leur Premier Ministre, alors que pour l'essentiel les campagnes électorales se déroulent sur des thèmes qui concernent le Gouvernement et non le Président, enfin... d'après la Constitution ! (emploi, pouvoir d'achat, mariage Gay, Immigration, Sécurité intérieure...)

Le Président des Etats-Unis est le chef des Armées.

L'article 3 : est l'article du Pouvoir Judiciaire et spécialement de la Cour Suprême des Etats-Unis. La Cour Suprême comprend 9 membres nommés à vie. Le Président est appelé « Chief Justice », les autres membres « Associates Justice » ou simplement « Justice ». (voir ci-dessus à Sénat pour leur nomination)

La Cour Suprême contrôle la légalité constitutionnelle des lois et traités, a le pouvoir sur toutes les autres juridictions ainsi que pour régler d'éventuels conflits entre les Etats (il s'agit des 50 Etats américains). En France le Conseil Constitutionnel a actuellement 12 membres mais ce chiffre peut varier car les anciens Présidents en sont membres de droit et il y a actuellement 3 anciens Présidents (Giscard, Chirac et Sarkozy)

L'article 4 règle les relations des Etats entre eux et avec l'Union

L'article 5 a trait aux Amendements (voir ci-dessous)

L'article 6 : concerne des dispositions diverses. Cela concerne en fait la validation des engagements antérieurs à l'adoption de la Constitution ainsi qu'à la prestations de serment d'un certain nombre d'élus ou de représentants de l'autorité gouvernementale. Cet article ne comporte que 3 paragraphes

L'article 7 : 2 paragraphes pour la ratification et la validation de la Constitution.

3 Les Amendements

Depuis 1787, 27 amendements votés par le Congrès (Sénat et Chambre des Représentants) sont venus compléter ou modifier la Constitution.

Les dix premiers amendements ratifiés dès le 15 décembre 1791 sont appelés par les Américains « Bill of Rights », ce qui doit être traduit par « déclaration des droits ».

Le premier amendement affirme la neutralité de l'Etat face aux religions (voir la note N°134 http://jean.delisle.over-blog.com/2013/10/le-serment-sur-la-bible-n-134.html) ainsi que le droit d'opinion des citoyens, les droits de la presse, les droits du peuple à s'assembler pacifiquement et le droit d'adresser des griefs au Gouvernement

le second amendement fait beaucoup parler de lui ces temps. Il déclare : « ...le droit qu'a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé »

le treizième amendement ratifié le 6 décembre 1865, abolit l'esclavage. Cette abolition se situe dans le cadre de la guerre de Sécession que les Américains appellent « the Civil War ». Elle opposa les Etats nordistes urbains et industriels aux Etats sudistes plus ruraux et qui employaient des esclaves pour l'exploitation de grandes propriétés agricoles. Cette guerre qui dura de juillet 1861 jusqu'en 1865 mobilisa 3 millions de soldats dont 600.000 perdirent la vie. Dès novembre 1863 Abraham Lincoln alors Président avait proclamé l'abolition de l'esclavage (Emancipation Proclamation). Les Sudistes probablement meilleurs soldats et mieux commandés furent submergés par le nombre et surtout par la puissance industrielle du Nord. Dans les Etats « sudistes » il y a dans beaucoup de communes des monuments ou musées à la gloire des soldats sudistes. Les « bons » Nordistes qui défendirent les Noirs eurent moins d'égards vis-à-vis des Indiens. Comme quoi tout est relatif dans ce bas monde !

Le quinzième amendement ratifié le 3 février 1870, étend le droit de vote à tous les citoyens sans distinction de « race, couleur ou précédente condition de servitude ». mais cela ne concernait encore que les hommes.

Le dix-huitième amendement ratifié le 16 janvier 1919 prohibe l'alcool. Cet amendement sera annulé par le vingt-et-unième amendement ratifié le 5 décembre 1933

le dix-neuvième amendement ratifié le dix-huit août 1920 accorde le droit de vote aux femmes. Ainsi les femmes blanches ou noires n'auront eu le droit de vote que cinquante ans après les hommes noirs, mais bien avant les femmes françaises par exemple.

Le vingt-sixième amendement ratifié le 1er juillet 1971, abaisse à 18 ans la majorité pour avoir le droit de vote

J.D. 3 novembre 2013

soldat sudiste lors d'une fête d'une association d'histoire en Caroline du nord. Photo J.D. octobre 2013

soldat sudiste lors d'une fête d'une association d'histoire en Caroline du nord. Photo J.D. octobre 2013

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 18:23

En janvier 2013, tous les médias ont montré Barack Obama jurant sur la Bible, suite à sa réélection comme Président des Etats-Unis.

Cette cérémonie s'est déroulée en 2 temps : le 20 janvier 2013, il a juré en privé sur une Bible appartenant à son épouse Michelle et le 21 janvier en public, devant le président de la Cour suprême américaine, il a juré sur 2 Bibles, l'une ayant appartenu à Abraham Lincoln (seizième président des Etats-Unis mais premier président Républicain, il fit voter en 1865 le treizième amendement à la Constitution qui abolit l'esclavage. Lincoln fut Président de 1860 à son assassinat le 15 avril 1865) et l'autre à Martin Luther King (lui aussi assassiné le 4 avril 1968). J'espère qu'Obama n'est pas superstitieux !

Voici la formule du serment prononcé par Obama quarante quatrième Président américain et par ses 43 prédécesseurs :

« Je jure solennellement de remplir fidèlement les fonctions de Président des Etats-Unis, et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des Etats-Unis ».

Ce texte de serment se trouve pratiquement tel quel au dernier paragraphe de la section 1 de l'article II de la Constitution américaine (adoptée le 17 septembre 1787), sauf qu'après le terme « swear » (jurer) il y a aussi le terme « affirm » (pour ceux que leur religion empêche de jurer). Il ne fait aucunement mention de la Bible pour prêter serment.

Un Etat théoriquement non religieux :

L'article VI de la Constitution américaine étend l'obligation de serment à d'autres serviteurs de l'Etat. Voici ce texte :

« Les Sénateurs et Représentants sus-mentionnés (il s'agit des juges dans chaque Etat), les membres des diverses législatures des Etats-Unis et tous les fonctionnaires exécutifs et judiciaires, tant des Etats-Unis (il s'agit de l'Etat fédéral) que des divers Etats (il s'agit là des 50 Etats qui composent les Etats-Unis) seront tenus par serment ou déclaration de défendre la présente Constitution ; mais aucune profession de foi religieuse ne sera exigée comme condition d'aptitude aux fonctions ou charges publiques sous l'autorité des Etats-Unis ».

De même le premier amendement à la Constitution, ratifié le 15 décembre 1791, est ainsi rédigé :

« Le Congrès (c'est-à-dire le Sénat et la Chambre des Représentants, voir sur mon blog le prochain article qui sera consacré à la Constitution américaine) ne fera aucune loi qui touche l'établissement ou interdise le libre exercice d'une religion, ni qui restreigne la liberté de parole (sous entendu des citoyens) ou de la presse, ou le droit qu'a le peuple de s'assembler paisiblement et d'adresser des pétitions au gouvernement pour la réparation des torts dont il a à se plaindre ».

Ces deux extraits de la Constitution américaine affirment clairement que l'Etat ne se mêle pas de religion, ni pour l'interdire ni pour l'encourager. Cependant....

Et pourtant.... :

*le dernier paragraphe de la Constitution américaine affirme que la Constitution fut adoptée le « dix-septième jour de septembre de l'année de Notre Seigneur...)

*Mais il s'agit surtout de tradition : George Washington qui fut le premier Président des Etats-Unis prêta le premier serment à New-York le 30 avril 1789. Il le fit sur une bible empruntée au dernier moment à une loge maçonnique proche. Il ajouta même à la formule prévue dans la Constitution : « So help me God » (que Dieu me vienne en aide). Sur les illustrations montrant George Washington posant la première pierre du Capitole à Washington, il est en grande tenue maçonnique. Dans sa signature, les trois points sont d'ailleurs visibles comme le nez au milieu de la figure.

Sur 44 Présidents (y compris Obama), 42 ont prêté serment sur la Bible. Seuls Theodore Roosevelt (Président de 1901 à 1909, à ne pas confondre avec Franklin Roosevelt, président de 1933 à 1945) et John Adams (Président de 1797 à 1801) n'ont pas juré sur la Bible et la plupart ont comme Washington ajouté « So help me God » et si Obama ne l'a pas fait son vice-président Joe Biden a lui aussi ajouté « So help me God » à sa prestation de serment.

*La première devise des Etats-Unis fut : « E Pluribus Unum » (littéralement : de treize un, en référence à l'union des 13 premiers Etats des Etats-Unis), elle fut remplacée le 30 juillet 1956 par Dwight D. Eisenhower (suite à une résolution du 84e Congrès américain) par : « In God we trust » (en Dieu nous croyons). Cette devise fut utilisée la première fois en 1812 lors de la bataille de Fort McHenry (à l'occasion d'une guerre contre les Anglais qui dura de juin 1812 à février 1815) . Cette devise se retrouva sur quelques émissions monétaires à partir de 1864 puis systématiquement sur toutes les pièces et billets de banque américains à partir de 1938 et jusqu'à nos jours.

On voit donc que si la Constitution américaine respecte la liberté de conscience des citoyens y compris le droit de ne pas avoir de religion, les Etats-Unis ont tout de même une forte tradition de référence à Dieu.

Et ensuite :

Le 7 novembre 2006 un musulman (Keith Ellison) fut élu au Congrès pour la première fois (dans le Minesota pour la Chambre des Représentants). Il prêta serment sur une édition anglaise du coran le 3 janvier 2007. Cela se renouvellera immanquablement, même si l'islamisation de l'Amérique est en retard sur celle de l'Europe.

Mais peut-on jurer fidélité à la Constitution américaine sur un livre qui par beaucoup de ses dispositions est contraire tant à la Constitution américaine qu'à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ? Deux exemples seulement :

*Le coran présente l'esclavage comme une situation voulue par Dieu (Voir en XVI-71, en XVI-75 mais aussi en II-178, en IV-24, en XXIII- 1 et 5/6, en XXIV-58 et en LXX-29 à 31) alors que l'esclavage a été aboli aux Etats-Unis par le XIIIe amendement

*Le coran s'adresse toujours aux hommes et jamais aux femmes et affirme dans de nombreuses de ses dispositions les droits des hommes sur les femmes. Un seul exemple, le verset 223 de la sourate II dit aux hommes: « Vos femmes sont pour vous un champ de labour, allez à votre champ comme vous le voudrez... ». Cela a au moins le mérite d'être clair mais est-ce compatible avec une constitution qui reconnaît des droits égaux aux hommes et aux femmes ? Les dirigeants américains pas plus que les Européens ne sont prêts à se poser ce genre de question mais cela promet pour la suite !

J.D. 31 octobre 2013

Nota : la récapitulation thématique des notes de ce blog se trouve sur la fiche N° 76.

échecs américains : Nordistes/Sudistes, photo J.D. novembre 2013

échecs américains : Nordistes/Sudistes, photo J.D. novembre 2013

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