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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 14:40

Tout le monde a entendu parler de l'inflation en Allemagne au début des années 1920. Le gouvernement (la République de Weimar) avait été amené à faire imprimer des timbres postes ou des billets de banque en millions puis en milliards de marks (voir la note N°172 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/04/le-desastreux-traite-de-versailles-n-172.html).

Depuis il y a eu pire.

Le cas du Zimbabwe :

*Le Zimbabwe est une ancienne colonie d'abord portugaise puis anglaise qui prit son nom de Zimbabwe le 18 avril 1980 après avoir acquis son indépendance et avoir connu différents noms (Rhodésie du Sud, Rhodésie, Zimbabwe-Rhodésie).
Ce pays situé en Afrique du sud est bordé à l'est par le Mozambique, au sud par l'Afrique du Sud, à l'ouest par le Botswana et au nord par la Zambie. Le Zambèze et les chutes Victoria constituent la frontière entre Zambie et Zimba
bwe.

*Le pays a une superficie de 390.700 km2 (presque 10 fois la superficie de la Suisse) pour une population (en 2013) de 14.200.000 habitants. Le pays est riche en ressources minières, en bois exotiques... Harare, située au nord du pays, en est la capitale et l'agglomération compte dans les 3 millions d'habitants.

*16 langues officielles sont reconnues depuis la constitution de 2013.

*A sa création le pays a adopté le dollar zimbabwéen comme monnaie nationale.

*L'inflation a commencé a gager le pays à partir de 1998, avec une accélération à compter de début 2008, tant et si bien que le gouvernement fut conduit à imprimer des billets de banque de 100.000 milliards de dollars zimbabwéens (voir illustration).

*En avril 2009 le gouvernement fut contraint d'abandonner sa monnaie nationale et se rattacha au dollar américain avec comme parité : 1 US dollar contre 35 millions de milliards de dollars zimbabwéens !

Les causes de cette incroyable situation :

Elles sont nombreuses :

*des massacres tribaux : c'est ainsi que 20.000 Ndébélés furent massacrés en janvier 1983

*la politique anti-blancs : les fermiers blancs furent expropriés en 2003 et le président (Robert Mugabe) faisait ce genre de déclaration :

.« Notre parti doit continuer de faire entrer la peur dans le cœur de l’homme blanc, notre véritable ennemi. » (s’adressant au ZANU-PF)

  • « Le seul homme blanc que vous pouvez croire est l’homme blanc mort. »

  • « L’homme blanc est ici comme le second citoyen : vous êtes en numéro un. Il est numéro deux ou trois. C’est ce qui doit être enseigné à nos enfants. »

Les Blancs s'enfuirent et avec eux leur savoir-faire

*la participation du Zimbabwe à la seconde guerre du Congo de 1998 à 2002 qui coûta cher au Zimbabwe

*les élections de 2008 au Zimbabwe qui se firent dans un climat de violences politiques.

*Le tout cumulé entraîna une fuite des capitaux, une crise économique et l'inflation ! Comme quoi il faut peu d'années pour qu'un pays puisse être complètement ruiné même si il possède d'importantes ressources.

J.D. 16 juin 2015

la récapitulation thématique des notes de ce blog se trouve sur la fiche N°76 :

http://jean.delisle.over-blog.com/article-blog-liste-des-articles-111165313.html

et la récapitulation des illustrations sur la fiche N°219 :

http://jean.delisle.over-blog.com/2015/01/illustrations-jointes-aux-notes-du-blog-n-219.html

billet de banque de 2009

billet de banque de 2009

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 20:00

Pietro Micca est un héros Turinois, Piémontais et Italien. Il fut sujet du duc de Savoie Victor-Amédée II, il fut donc un héros « Savoyard », mais la Savoie étant passée de l'autre côté de la frontière....

I-Le contexte : la guerre de succession d'Espagne :

*Le roi d'Espagne Charles II (de Habsbourg) décéda sans descendance le 1er novembre 1700. Peu de temps auparavant (le 2 octobre 1700), dans un testament, Charles II avait désigné comme héritier pour lui succéder sur le trône d'Espagne, Philippe duc d'Anjou mais surtout petit-fils de Louis XIV. Lequel Louis XIV était marié avec Marie-Thérèse fille du roi d'Espagne Philippe IV et par conséquent sœur de Charles II.

*Dès le 16 novembre 1700 Philippe se faisait proclamer roi d'Espagne sous le nom de Philippe V (Felipe pour les Espagnols), bien qu'il ne fit son entrée à Madrid que le 22 janvier 1701. Mais la perspective qu'il puisse y avoir un souverain qui cumule un jour le trône de France et celui d'Espagne inquiéta les autres Cours d'Europe.

*L'empereur d'Autriche Léopold de Habsbourg revendiqua le trône d'Espagne pour son fils cadet. La Cour d'Espagne avait des liens matrimoniaux autant avec la Cour de France qu'avec l'Autriche. Le roi d'Espagne défunt était le fils de Marie-Anne d'Autriche et par elle le petit-fils de l'empereur Ferdinand III, lequel avait déjà combattu la France dans le cadre de la guerre de « 30 ans » (1618/1648). Toute l'Europe avait été entraînée dans cette guerre qui avait fait un grand carnage. Cette guerre de 30 ans s'était terminée par un ensemble de traités dont le plus connu est celui de « Westphalie ». De cette guerre la France avait récupéré les « Trois Evêchés » (Metz, Toul, Verdun), la Franche-Comté, l'Alsace, l'Artois et le Roussillon.

*La succession du trône d'Espagne entraîna donc une nouvelle guerre qui dura de 1701 à 1713 et des alliances : La France, l'Espagne, le Portugal et le duché de Savoie contre l'Autriche, la Prusse, l'Angleterre et les Provinces Unies (ancien nom des Pays-Bas) nom compris quelques États secondaires.

*Le Portugal d'abord allié de la France changea de camp en mai 1703 et rejoignit la coalition formée autour de l'Autriche. Le Duc de Savoie faisait de même en novembre 1703 bien que l'une de ses filles (Marie-Louise-Gabrielle de Savoie) ait épousé en 1701 Philippe V le nouveau roi d'Espagne. Cela entraîna l'invasion des États de Savoie par les troupes de Louis XIV.

II- Pietro Micca :

*Il naquit le 5 mars 1677 à Sagliano en Piémont (devenue depuis Sagliano Micca).

Il commença une carrière de maçon puis s'engagea dans l'armée de Savoie, où il fut recruté dans le génie comme « mineur » (ou sapeur). Il se maria le 29 octobre 1704 avec Maria Caterina Bonino dont il eut un fils né en 1706.

*C'est en 1562 que le duc de Savoie Emmanuel-Philibert transféra la capitale des Etats de Savoie de Chambéry à Turin. Dès septembre 1564, il lançait la construction d'une forteresse pour défendre sa capitale.

*C'est dès le 14 mai 1706 que les troupes françaises commandées par le duc de la Feuillade commencèrent le siège de cette forteresse de Turin.

*Le duc Victor-Amédée II était parvenu à sortir avant le blocage complet et tentait de rassembler une armée de secours

*Dans la nuit du 29 au 30 août 1706, des grenadiers français utilisant une galerie souterraine étaient prêts à déboucher dans la forteresse. Devant la nécessité et l'urgence, Pietro Micca fit sauter la galerie en faisant exploser un tonneau de « poudre noire ». Pour ce, il utilisa une mèche courte, faute de temps. La galerie explosa, tua Pietro Micca mais boucha le passage aux Français.

*Deux jours plus tard, le prince Eugène de Savoie (voir la note N°66 partie III http://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-de-la-maison-de-savoie-59295182.html) petit-cousin de Victor-Amédée II (ils étaient tous les deux arrières-petits-fils de Charles-Emmanuel 1er (onzième duc de Savoie), arrivait à la tête d'une armée autrichienne, tandis que Victor-Amédée II amenait lui-même des renforts.

*Dès le 7 septembre, l'armée française était obligée de lever le siège, après avoir subi d'importantes pertes.

La guerre se poursuivit encore avec des fortunes diverses et se termina par le traité d'Utrecht qui fut signé en deux fois le 11 avril 1713 et 13 juillet 1713.

*Philippe V petit-fils de Louis XIV était confirmé comme roi d'Espagne mais devait renoncer au trône de France. Quand au duc de Savoie il obtenait un titre de roi (voir fiche N°66)

*Pour commémorer la victoire lors de la bataille de Turin, Victor-Amédée II fit élever la basilique de Superga dominant Turin. En souvenir, tous les ans, le 7 septembre, y est célébré un Te Deum.

*Quant à Pietro Micca, il reste comme un héros national. A Turin un musée lui est consacré via Guiccuardini (très près de la gare Torino Porta Susa). Ce musée communique avec les anciennes galeries qui couraient sous la forteresse et l'on voit encore le lieu où Pietro Micca arrêta les Français.

*Toujours à Turin une statue le représente également à l'angle du Corso Gallileo Ferraris et de la via Cernaia.

*La poste italienne consacra un timbre à Pietro Micca en 1977

*Il existe aussi un certain nombre d'illustrations consacrées à Pietro Micca dont la plus connue est celle d'Andrea Gastaldi de 1858 montrant Pietro Micca mettant le feu au tonneau de poudre. En 1895 un navire marchand italien reçut le nom de Pietro Micca ainsi qu'un sous-marin mis en service en 1935.

J.D. 12 juin 2015

timbre poste italienne de 1977

timbre poste italienne de 1977

Pietro Micca à Turin, photo J.D. 6 juin 2015

Pietro Micca à Turin, photo J.D. 6 juin 2015

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 17:26

Dans l'histoire des sociétés humaines, certaines personnes ont rendu d'éminents services à leur patrie. Parmi celles-ci, certaines sont devenues célèbres tandis que d'autres sont tombées dans les « oubliettes de l'histoire », tout au moins vis-à-vis du grand public, sans être pour autant forcément moins méritantes. En voici deux exemples, en ce qui concerne la France :

Rose Valland :

*Elle naquit le 1er novembre 1898 à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs (Isère). Elle fit des études à l'école Normale d'Institutrices de Grenoble (1914/1918), puis à l'école des Beaux-Arts de Lyon de 1918 à 1922 et entra ensuite à l'école des Beaux-Arts à Paris et soutint une thèse à l'école du Louvre en 1931.

*En 1932 elle fut recrutée comme attachée bénévole au musée des peintures et sculptures étrangères de la galerie nationale du jeu de Paume aux Tuileries.

*En septembre 1938, devant la tension internationale, les musées nationaux français commencèrent à emballer les œuvres d'art et à les expédier hors des agglomérations c'est-à-dire vers des sites comme le château de Chambord. La désastreuse conférence de Munich, qui, à l'époque fut réputée « avoir sauvé la paix » arrêta l'emballage (il fut repris dès l'invasion de la Pologne).

*Dès mars 1939, en Allemagne, les nazis détruisirent par milliers, les œuvres « d'art dégénéré »

*Suite à l'invasion de la Pologne, le 1er septembre 1939, France et Angleterre déclarèrent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre, mais attendirent que ce soit l'Allemagne de Hitler qui veuille bien se décider à transformer notre déclaration de guerre en guerre, en nous envahissant le 10 mai 1940. Dans « Pilote de guerre » (paru chez Gallimard en 1942), Antoine de Saint-Exupéry écrit :

« Nul ne s'avoue que cette guerre ne ressemble à rien, que rien n'y a de sens, qu'aucun schéma ne s'adapte, que l'on tire gravement des fils qui ne communiquent plus avec les marionnettes. Les États-majors expédient avec conviction ces ordres qui ne parviendront nulle part. On exige de nous des renseignements qui sont impossibles à récolter. L'aviation ne peut pas assumer la charge d'expliquer la guerre aux États-Majors. L'aviation, par ses observations, peut contrôler des hypothèses. Mais il n'est plus d'hypothèses. Et l'on sollicite, en fait, d'une cinquantaine d'équipages, qu'ils modèlent un visage à une guerre qui n'en a point. On s'adresse à nous comme à une tribu de cartomanciennes. »

*C'est le 14 juin 1940 que les Allemands étaient entrés dans Paris déserté.

*C'est le 1er novembre 1940 que l'ERR s'installa au musée du Jeu de Paume. L'ERR (Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg) fut le service constitué par les Nazis pour gérer les œuvres d'art récupérées dans les territoires occupés. Alfred Rosenberg, né en 1893, qui a donné son nom à ce service, fut nommé ministre du Reich le 16 juillet 1941, pour les territoires occupés de l'Est. Il sera pendu le 16 octobre 1946 suite à sa condamnation par le tribunal de Nuremberg.

*Des directives allemandes de juin 1940 et janvier 1941 avaient fixé les missions de l'ERR :

-récupérer toutes les œuvres d'art considérées comme « allemandes ». La notion de « considérées » étant très large. Cela pouvait concerner des œuvres ayant l'Allemagne pour thème, ou qui provenaient de territoires qui à un moment ou à un autre dans les siècles passés avaient appartenu à l'Allemagne ou qui avaient été pris à l'Allemagne, telles les œuvres ramenées en France par Bonaparte. Une liste impressionnante des objets d'art considérés comme « allemands » avait été établie par collaboration Goebbels/Goering, étant entendu que les œuvres non retrouvées devaient donner lieu à « compensation », ce qui voulait dire en clair que cela donnait à l'occupant le droit de piller ce qu'il voulait.

-récupérer les œuvres appartenant à des Allemands qui avaient fui l'Allemagne après l'arrivée des nazis au pouvoir. Un certain nombre d'entre-eux s'étaient installés à Paris.

-récupérer les objets d'art appartenant aux Juifs et aux francs-maçons

*Le musée du jeu de Paume fut choisi comme entrepôt des objets d'art récupérés. Goering, qui se pensait amateur d'art, s'empara, de fait, du service de l'ERR. Plusieurs expositions furent organisées au Jeu de Paume à son intention. Il put se servir pour ses propres collections, en faire expédier en bonne quantité et qualité à son chef (Hitler), le reste fut expédié en Allemagne et stocké pour alimenter ultérieurement les musées allemands, dont un musée géant qu'Hitler eut le projet de faire construire à Linz, ville située sur le Danube au nord de l'Autriche et dont l'enfant Adolf avait fréquenté l'école.

*Les employés allemands de l'ERR établissaient des états très détaillés : description, destination en Allemagne, train par lequel l'expédition se faisait etc.

*Rose Valland parlait l'allemand mais ne le fit jamais savoir aux occupants qui discutaient devant elle sans se méfier. En outre, lorsqu'ils étaient partis, elle récupérait les carbones dans les corbeilles à papier et établissait ses propres états. Cela dura pendant les 4 années d'occupation sans qu'elle se fasse prendre. Elle avait des contacts avec la Résistance et par elle avec les Alliés. Elle les prévenait des lieux de stockage en Allemagne et des trains transportant les objets d'art vers l'Allemagne pour qu'ils ne soient pas bombardés.

*C'est seulement en juillet 1941 que le poste d'attachée bénévole de Rose Valland fut transformé en poste salarié ! Elle avait travaillé 9 ans pour l'Art à titre bénévole dont les derniers mois en espionnant les Allemands au péril de sa vie !

*Le 23 juillet 1943, 500 à 600 œuvres « d'art dégénéré » furent brûlées par l'ERR dans le jardin du musée du Jeu de Paume. Parmi ces œuvres, des tableaux de Picasso, Léger, Miro, Klee etc. Mais, dans ce domaine, les nazis n'ont pas de chance, ils sont maintenant dépassés par les barbares de l'état islamique !

*Le 24 novembre 1944, les Alliés décidèrent la création d'une « commission de récupération artistique » (« Monuments, Fine Arts and Archives Officers » pour les Américains, en abrégé : « MFA and A. Officers »).

*Rose Valland fut intégrée dans cette commission avec le titre de capitaine dans la première armée française (de De Lattre de Tassigny). Le 4 mai 1945, elle reçut de l'armée française un ordre de mission en Allemagne de durée illimitée.

*Dès la fin de 1944, elle confia toutes ses notes à James Rorimer officier américain des MFA. Grâce aux renseignements qu'elle avait accumulés durant les années d'occupation, de nombreuses œuvres non seulement ne furent pas détruites mais purent être récupérées. Les touristes qui visitent aujourd'hui nos musées ne se doutent pas de ce qu'ils doivent à Rose Valland. Dès la fin de 1944, en France et parallèlement à la commission internationale, avait été créée une « commission de récupération artistique » (CRA). Cette commission vit revenir d'Allemagne environ 60.000 œuvres dont 45.000 furent restituées à des particuliers ou à leurs héritiers.

*Rose Valland intervint non seulement dans le secteur occidental de l'Allemagne mais également dans la partie occupée par les Soviétiques et en ramena nombres d'objets d'art. Elle en profita pour faire des rapports sur les forces soviétiques et là aussi sans se faire prendre : une vraie James Bond girl !

*Elle avait fait la connaissance vers la fin de la guerre de Joyce Heer secrétaire-interprète à l'ambassade des États-Unis à Paris. Elles vécurent ensemble. Joyce Heer décéda en 1977, Rose Valland le 18 septembre 1980. Elles sont inhumées ensemble au cimetière de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs (Isère). Rose Valland avait pris sa retraite en 1968 à l'âge de 70 ans.

*Après guerre Rose Valland reçut un certain nombre de décorations françaises et étrangères. Deux films (Le Train en 1964 et Monuments Men en 2014) retrace son action pendant et après la guerre. Plusieurs livres (dont celui de Corinne Bouchoux : « Rose Valland la résistance au musée »), articles ou expositions lui furent consacrés. L'Américain James Rorimer lui rendit hommage dans son livre « Survival » , en 1950. Une plaque fut apposée sur le musée du Jeu de Paume le 27 avril 2005 par le Ministre de la Culture de l'époque. Un collège de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs porte le nom de Rose Valland.

*Enfin Rose Valland écrivit elle-même un livre intitulé : « Le front de l'Art » avec comme sous titre : « Défense des collections françaises 1939/1945 ». Elle le dédia « à tous ceux qui luttèrent pendant la dernière guerre pour sauver un peu de la beauté du Monde ». La première édition (chez Plon) date de février 1961 avec un tirage de 4.000 exemplaires. Une réédition fut effectuée en 1997 par la Réunion des musées nationaux et la dernière , toujours par la Réunion des musées nationaux date de 2014.

Malgré tout cela, Rose Valland reste largement méconnue du grand public. De mon avis, elle mériterait grandement autant que d'autres d'être au Panthéon.

Emmanuel Crétet :

*Il naquit à Pont-de-Beauvoisin (Savoie et à l'époque appartenant au royaume de Sardaigne) le 10 février 1747.

*Il travailla chez un armateur bordelais et fit à ce titre plusieurs voyages vers les Antilles. Puis il vint travailler chez un de ses oncles à Paris (qui avait créé une caisse d'assurances contre les incendies) et lui succéda.

*Dégoûté des excès de la Révolution, il se retira dans la Côte d'Or et acheta en 1791 la chartreuse de Champmol, nécropole des Ducs de Bourgogne qui avait été mise en vente au titre des biens nationaux.

*En 1795 il fut élu député de la Côte d'Or à l'Assemblée constituante puis au Conseil des Anciens.

*Il soutint Bonaparte lors du coup d'Etat du 18 Brumaire (9 novembre 1799), ce qui lui valut d'être nommé conseiller d'Etat

*Il fut à l'origine de la fondation de la banque de France dont il fut nommé le premier gouverneur par décret impérial du 25 avril 1806, puis Directeur des Ponts-et-Chaussées et enfin ministre de l'Intérieur le 11 août 1807. Il démissionna pour raison de santé le 1er octobre 1809 et fut remplacé comme ministre de l'Intérieur par Fouché. Il mourut le 28 novembre 1809 et fut inhumé au Panthéon.

*Entre-temps, il avait été fait comte de Champmol par Napoléon le 26 avril 1808.

*A différents titres : banque, Ponts-et-Chaussées, Ministère de l'Intérieur, Emmanuel Crétet avait été à l'initiative d'un très grand nombre de projets dont j'emprunte la liste à Wikipédia :

La liste est importante, malgré cela, Emmanuel Crétet est tout aussi inconnu du grand public que Rose Valland. Mais pour lui il y a peut-être une explication : reconnaître ses mérites ce serait en même temps mettre en avant toutes les réalisations qui furent effectuées durant la période du premier empire. Or il y a encore en France des ennemis irréductibles de Napoléon 1er (voir la note N°104 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-guerres-napoleoniennes-n-104-117175488.html), principalement parmi les gauchistes dont beaucoup de pédagos. Ceci explique peut-être cela ?

J.D. 10 juin 2015

Ajout du 13 juin 2015 : le musée Carnavalet (16 rue Francs-Bourgeois à 75003 Paris) organise du 8 avril au 30 août 2015 une exposition sur le thème « Napoléon et Paris ».

Rose valland en uniforme de capitaine

Rose valland en uniforme de capitaine

Emmanuel Crétet

Emmanuel Crétet

ouvrage de Rose Valland réédité par la Réunion des Musées nationaux en 2014

ouvrage de Rose Valland réédité par la Réunion des Musées nationaux en 2014

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 19:36

I-la famille de Seyssel :

*L'origine de la famille de Seyssel vient de la ville de Seyssel qui ne forma longtemps qu'une seule ville à cheval de chaque côté du Rhône jusqu'à ce que le traité de Turin du 24 mars 1760 ne prenne le Rhône comme frontière entre France et Etats de Savoie. Aujourd'hui, elle forme deux villes situées, l'une en Haute-Savoie sur la rive gauche du Rhône et l'autre dans l'Ain sur la rive droite.

*L'histoire de cette famille se perd « dans la nuit des temps ». Elle est étroitement liée à celle de la ville d'Aix-les-Bains à partir du treizième siècle. Il existe un certain nombre d'actes, documents ou écrits anciens les concernant. Jules de Mouxy de Loche en a effectué une très bonne synthèse dans son « Histoire d'Aix-les-Bains » dont l'original fut édité en 1898 (tome 1) et 1900 (tome 2). Une réédition a été effectuée en 1978 aux éditions Laffitte Reprints à Marseille. Dans cette édition, l'histoire de la Maison de Seyssel se trouve au chapitre III de la page 38 à la page 229.

*La première trace certaine relative à la famille de Seyssel se trouve dans un acte de 1195 et concerne Pierre de Seyssel dont on sait par ailleurs qu'il accompagna le comte de Savoie Thomas 1er à la quatrième croisade destinée à libérer Jérusalem de l'occupation musulmane et qui fut détournée par les Vénitiens pour aller piller Constantinople. Pierre de Seyssel en rapporta un morceau supposé de la vraie croix. Voir la fiche N°75 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-croisades-et-la-maison-de-savoie-111013595.html.

*C'est dans un acte de 1235 que l'on trouve la première mention « Dominus de Aquis » (Seigneur d'Aix) à propos d'Humbert de Seyssel fils du précédent (Pierre de Seyssel)

*C'est en 1476, au temps de Gabriel de Seyssel que les seigneurs d'Aix reçoivent le titre de barons sous la régence de Yolande de France veuve d'Amédée IX troisième duc de Savoie.

*C'est le 1er mars 1575 qu'Emmanuel-Philibert Duc de Savoie donne au baron François de Seyssel le titre de marquis.

*Plusieurs auteurs anciens (Paradin, Villemert, Guichenon) citent des membres plus anciens de la famille de Seyssel mais sans indiquer leurs sources ce qui laisse planer un doute sur la valeur de leurs indications. Sous cette réserve, voici :

-Rodolphe de Seyssel qui aurait vécu vers l'an mil et qui aurait aidé Bérold de Saxe à s'emparer du château de Culoz qui servait de repaire aux pillards.

-Geoffroy fils du précédent

-Etienne fils de Geoffroy qui aurait fait la guerre dans les années 1020/1030 aux côtés d'Humbert aux Blanches Mains fondateur de la dynastie Savoie, puis Ulrich, un Pierre qui accompagna en 1147 le comte de Savoie Amédée II à la seconde croisade, un second Pierre puis un troisième dont il est question en 1195 (voir troisième paragraphe).

La devise de la maison de Seyssel était : « franc et léal » (loyal) complétée par la formule : « fortiter quod pie » (plus forts parce que pieux).

2-liste des seigneurs, barons et marquis d'Aix-les-Bains :

-Humbert : premier seigneur d'Aix jusqu'en 1244

-Humbert : second seigneur jusqu'en 1294. .

-Guillaume : troisième seigneur jusqu'en 1311

-Humbert : quatrième seigneur jusqu'en 1352

-Aimar : cinquième seigneur jusqu'en 1385. Il participa en 1355 avec le comte Verd à une expédition contre les Anglais dans le nord de la France pour soutenir Jean le Bon roi de France, puis en 1365 à l'expédition du Comte Verd contre les Turcs et les Bulgares et en 1383 à une autre expédition en Flandre pour soutenir Charles VI roi de France.

-Geoffroy : sixième seigneur jusqu'en 1387

-Antoine : septième seigneur jusqu'en 1425. Il accompagne le comte de Savoie Amédée VII (le comte rouge) dans une expédition en Suisse dans le Valais

-Humbert : huitième seigneur jusqu'en 1432. Il prend part en 1414/1415 à la guerre faite au marquis de Saluces par Amédée VIII duc de Savoie (le marquisat de Saluces situé en Italie dans la province de Coni constitua une enclave, dans les Etats de Savoie, qui gênait la liaison entre Turin et Nice) puis en 1424 à la campagne contre le duc de Milan. Il mourut à Rhodes en 1432

-Philibert : neuvième seigneur jusqu'en 1460. Il s'embarqua en 1459 dans une expédition pour Chypre en compagnie de Louis fils du duc Louis de Savoie. Il mourut à Chypre en 1460

-Gabriel : premier baron d'Aix jusqu'en 1505. En mai 1476, il avait été nommé capitaine de la ville et du château de Chambéry par la régente des Etats de Savoie (Yolande de France)

-François-Philibert : second baron jusqu'en 1517. Il avait 3 ans lors du décès de son père Gabriel et 15 lors de son propre décès. Françoise de Seyssel veuve de Gabriel régna à la place de son fils et dirigea la baronnie jusqu'en 1537. Elle était la cousine de François 1er roi de France qui la naturalisa française en 1536

-Charles : troisième baron jusqu'en 1570. Il était cousin d'Henri II roi de France et d'Emmanuel-Philibert duc de Savoie qui le nomma commandant de la place de Chambéry

-François d'abord baron puis premier marquis d'Aix à compter du 1er mars 1575 et jusqu'en 1592. En 1589, le duc de Savoie Charles-Emmanuel avait nommé ce François de Seyssel commandant de la place de Chambéry pour la défendre contre « les hérétiques de Genève ». Le 16 janvier 1590 ce marquis d'Aix fut nommé gouverneur de Savoie. La capitale du duché de Savoie avait été transférée de Chambéry à Turin en 1562. Un gouverneur représentait le duc à Chambéry.

-Charles-Emmanuel deuxième marquis jusqu'en 1604. Il fut décoré du collier de l'Ordre Suprême de l'Annonciade et accomplit différentes missions pour le compte du duc de Savoie (Charles-Emmanuel 1er) auprès du roi d'Espagne et du roi d'Angleterre.

-Louis, frère du précédent, troisième marquis jusqu'en 1650, chevalier de l'Ordre Suprême de l'Annonciade, maréchal de camp du duc de Savoie (sous la régence de Christine de France). Les deux frères Charles et Louis de Seyssel assassinèrent les 2 seigneurs de Saint Paul à Mouxy (près d'Aix en Savoie) qui avaient eux-mêmes assassiné François le premier marquis d'Aix en 1592. Le 26 juin 1630, Louis XIII roi de France accorda au maréchal de Bassompierre les biens de Louis de Seyssel marquis d'Aix qui avait combattu contre lui dans l'armée du duc de Savoie. Le 6 avril 1631, après un traité de paix, Louis récupéra ses biens.

-Maurice quatrième marquis jusqu'en 1660, fut envoyé en ambassade en 1651 (c'était encore sous la régence de Christine de France) auprès de Philippe IV roi d'Espagne. En 1658 il fut nommé commandant des gardes du duché de Savoie.

-Sigismond cinquième marquis jusqu'en 1692

-François-Joseph sixième marquis jusqu'en 1694

-Victor-Amé septième marquis jusqu'en 1754, filleul du duc de Savoie Victor-Amédée II. En 1706, il prit part à la défense de la ville de Turin assiégée par les Français, en qualité de Major du régiment de Savoie où il fut grièvement blessé le 26 août. Il fut nommé lieutenant général en 1731, gouverneur du château de Milan en 1734 dont le roi de Sardaigne Charles-Emmanuel III s'était emparé et qu'il conserva 2 années. En 1733, il avait acheté le marquisat de Sommariva del Bosco (province de Coni, région Piémont). En 1743/1744, il avait participé à la guerre contre les Espagnols et fut à cette occasion nommé général d'infanterie.

-Joseph Henri Octave, huitième marquis jusqu'en 1762. Fut colonel de cavalerie dans l'armée du roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II (dernier roi de Sardaigne et premier roi d'Italie).

-Victor-Amédée neuvième marquis jusqu'en 1819, chevalier de l'Ordre Suprême de l'Annonciade en 1815, général de cavalerie en 1816 dans l'armée du roi de Sardaigne .

-Thomas dixième marquis jusqu'en 1828, fut député au corps législatif de Paris sous l'empire

-Claude onzième marquis jusqu'en 1862, fit une carrière militaire particulièrement brillante qui lui valut de nombreuses décorations et le grade de lieutenant général en 1861. Il avait pris part à la campagne de Lombardie contre l'Autriche en 1848

-Charles Albert douzième marquis jusqu'en 1893, a vendu le 14 septembre 1866 son château à la ville d'Aix-les-Bains et son parc d'Aix à l'Etat (français)

-Aimar frère du précédent treizième marquis jusqu'en 1895, s'est retiré à Sommariva

del Bosco

-Artem, quatorzième et dernier marquis. Il avait fait les campagnes contre l'Autriche en 1859/1860 en tant que capitaine d'un régiment de lanciers. Il devint colonel en 1885 et général de Brigade en 1886 (dans l'armée italienne). Il fit partie des Savoyards qui préférèrent opter pour l'Italie lors de la réunion de la Savoie et de Nice à la France.

3-Claude de Seyssel le maréchal :

*Il est le fils de Humbert de Seyssel huitième seigneur d'Aix et de Marie de Clermont-Montoison. Il est né vers 1430 et mort en 1500.

*Il épousa le 12 octobre 1437 Aimée de la Chambre dont il n'eut pas d'enfant, mais il y eut un fils naturel nommé Claude aussi.

*Le 8 février 1465 il fut nommé gouverneur du Château, de la ville et du comté de Nice.

*Le 20 mars 1465, il est promu « chevalier du Collier de Savoie »

*Le 25 mars 1465, aux Etats-Généraux de Savoie réunis à Chambéry, Claude de Seyssel conseille au duc de Savoie (Amédée IX) de s'unir à Louis XI roi de France contre Charles le Téméraire duc de Bourgogne

*en 1467 Claude de Seyssel est nommé « grand Maréchal de Savoie » en récompense de ses faits d'armes en Italie contre les habitants de Mondovi qui s'étaient soulevés contre la Savoie.

*en 1470 il devient gouverneur du Piémont et négocie un traité avec le duc de Milan

*en 1471, il accompagna la duchesse de Savoie Yolande de France lorsqu'elle fut libérée par les troupes françaises de Louis XI (frère de Yolande) suite à la prise de la forteresse de Montmélian par le comte de Bresse.

*en 1472, il fit partie du Conseil d'Etat (de Savoie) et du Conseil de régence

*en 1476, C'est Claude de Seyssel qui alla demander à Louis XI de libérer sa sœur (Yolande duchesse de Savoie et régente) qui avait été faite prisonnière par Charles le Téméraire.

4-Claude de Seyssel l'archevêque

*Fils naturel du précédent, il naquit à Aix vers 1450. Il fit ses études à Pavie puis à Turin .

*Il commença une carrière militaire dans les armées du duc de Savoie puis obliqua vers les Ordres.

*On le retrouve archidiacre de l'évêché de Mondovi (en Italie) en janvier 1478, recteur de l'Université de Turin en 1482 et enseignant le droit canonique à Pavie en 1487.

*Le roi de France Charles VIII appela Claude de Seyssel comme conseiller à la Cour de France probablement en 1494

*Lors de l'avènement de Louis XII comme roi de France en 1498, Claude de Seyssel entra au Conseil du Roi avec la fonction de Maître des Requêtes

*Claude de Seyssel accompagna Louis XII lors de la conquête du Milanais en 1494 et fut nommé membre du Sénat de Milan.

*Il accomplit pour le roi de France plusieurs missions diplomatiques notamment auprès du roi d'Angleterre (Henri VII)

*Il devint évêque de Marseille en juin 1509 (la bulle de confirmation du pape Jules II est datée du 3 décembre 1511), puis archevêque de Turin en juin 1517. En 1514, il avait représenté le roi de France (Louis XII) au concile de Latran.

*Claude de Seyssel mourut à Turin le 30 mai 1520. il avait au cours de sa vie écrit de nombreux ouvrages notamment sur le roi Louis XII.

5-Conclusions :

Le point 3 sur les seigneurs, barons et marquis d'Aix est peut-être un peu indigeste à lire. Celles ou ceux qui s'en donneront la peine se rendront compte que la famille de Seyssel fut toujours fidèle à la dynastie Savoie et lui rendit de grands services. Et encore je n'ai pas pris en compte des branches co-latérales de la famille parmi lesquelles il y eut aussi d'illustres serviteurs de la Maison de Savoie.

Or, l'histoire de la Maison de Savoie à cheval sur la France et l'Italie est en fait un trait d'union entre nos deux pays : les « sœurs latines ».

A l'heure où certain(e)s cherchent à éliminer de l'enseignement en France tout ce rattache notre pays au monde « occidental » : latin, grec, histoire de France..., il paraît plus que jamais indispensable de s'intéresser à notre histoire.

En écrivant cela, je pense au baron Achille Raverat (voir la note N°87 http://jean.delisle.over-blog.com/article-le-baron-achille-raverat-114849626.html) qui au dix-neuvième siècle visita de nombreuses communes même les plus petites et les plus reculées pour consigner tout ce qu'il pouvait de leur histoire afin de contribuer à « l'histoire générale de notre chère France »

Pauvre Achille Raverat si il voyait sa chère France....

J.D. 23 mai 2015

médaille recto verso de 1472 frappée pour Claude de Seyssel le maréchal et sceau de Claude de Seyssel l'Archevêquer

médaille recto verso de 1472 frappée pour Claude de Seyssel le maréchal et sceau de Claude de Seyssel l'Archevêquer

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 16:39

Qui, en France, connaît le bon roi Louis XII ? Interrogés beaucoup de gens répondraient probablement qu'il est le fils de Louis XI ou le père de Louis XIII ; et bien non ! Voir tableau annexe sur les ascendances respectives de Louis XI, Louis XII et Louis XIII

I-Parenté :

Louis XII naquit au château de Blois le 27 juin 1462. Il est le fils de Charles d'Orléans (duc et poète, 1394/1465, petit-fils de Charles V roi de France et arrière petit-fils de Jean le Bon) et de Marie de Clèves (1426/1487, arrière petite fille de Jean le Bon roi de France).

Il récupéra le titre de duc d'Orléans à la mort de son père (Charles d'Orléans) le 5 janvier 1465, le titre de roi de France après la mort de Charles VIII le 7 avril 1498 (Il fut couronné à Reims le 27 mai 1498), le titre de duc de Milan en 1499/1500 et celui de roi de Naples de 1501 à 1504.

Pour comprendre le règne de Louis XII, il faut remonter au règne de Charles V roi de France (de 1364 à 1380) et même à Jean le Bon (roi de France de 1350 à 1364).

*Charles V, fils de Jean le Bon, roi de France, eut avec son épouse (Jeanne de Bourbon, 1338/1378, arrière petite fille de Jean le Bon) deux fils :

-Charles qui devint roi de France de 1380 à 1422 sous le nom de Charles VI et qui est le grand-père de Louis XI avec la filiation suivante : Jean-le Bon, Charles V, Charles VI, Charles VII, Louis XI, Charles VIII

-Louis qui eut le titre de duc d'Orléans (Louis 1er) et qui est le grand-père de Louis XII. Ce Louis 1er duc d'Orléans fut marié avec Valentine Visconti fille de Jean Galéas Visconti duc de Milan et d'Isabelle de France fille de Jean le Bon (roi de France). Cette Isabelle de France fut donc la sœur de Charles V, la tante de Charles VI etc

Quant à Valentine Visconti (petite fille de Jean le Bon roi de France par sa mère) elle fut duchesse de Milan par son père, puis duchesse d'Orléans par son mari. Elle fut en même temps la nièce de Charles V roi de France, la cousine de Charles VI...

Ce Louis, frère de Charles VI roi de France, fut assassiné le 23 novembre 1407 sur ordre de Jean sans Peur qui était son cousin

-Du côté des ducs d'Orléans on a la filiation suivante : Louis 1er d'Orléans , Charles 1er d'Orléans (neveu de Charles VI et cousin de Charles VII roi de France), Louis II d'Orléans qui deviendra Louis XII roi de France (arrière petit-fils de Charles V roi de France et aussi arrière petit-fils du duc de Milan) et qui est, par conséquent, le petit cousin de Louis XI.

-Louis 1er d'Orléans et son épouse (Valentine Visconti) sont également les grands-parents de Charles d'Angoulême qui fut marié à Louise de Savoie (fille du septième duc de Savoie). Ils sont donc les arrières grands-parents de François 1er roi de France après Louis XII et les arrières-arrières grands-parents d'Henri IV roi de France par Marguerite d'Angoulême fille de Louise de Savoie et de Charles d'Orléans.

-Louis XII fut donc le cousin de Charles d'Angoulême père de François 1er roi de France et devint le beau-père lorsque François 1er épousa Claude de France fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne.

-Ajoutons que Charles VII roi de France (petit-fils de Charles V et arrière petit-fils de Jean le Bon) fut marié à Marie d'Anjou (arrière petite fille de Jean le Bon roi de France, fille de Yolande d'Aragon et sœur de René d'Anjou qui fut roi de Naples) et que leur fils Louis XI roi de France épousa Charlotte de Savoie (fille du second duc de Savoie).

Tout ceci est un peu complexe comme le fut la réalité des alliances croisées. Que le lecteur qui a du mal à s'y retrouver retienne seulement que la Cour de France eut des liens multiples avec la dynastie de Savoie qui possédait le Piémont en Italie, avec les ducs de Milan qui contrôlaient la Lombardie et avec les Anjou qui eurent un pied en Sicile au temps de Charles d'Anjou, frère de Louis IX roi de France, (jusqu'aux vêpres siciliennes les 30 et 31 mars 1282) et un autre à Naples. Mais comme il y eut aussi de multiples alliances de ceux-ci avec les Cours d'Autriche, d'Angleterre et d'Espagne, principalement, cela entraîna de nombreux conflits et transforma l'Italie en champ de batailles pour l'Europe.

Sur cette partie voir la note N°66 (point IV) sur l'histoire de la Maison de Savoie http://jean.delisle.over-blog.com/article-histoire-de-la-maison-de-savoie-59295182.html,

la note N°191 sur Louise de Savoie http://jean.delisle.over-blog.com/louise-de-savoie-n-191.html

la note N°205 sur Yolande d'Aragon http://jean.delisle.over-blog.com/yolande-la-reine-de-4-royaumes-n-205.html

et la note N°223 sur l'Italie champ de batailles http://jean.delisle.over-blog.com/2015/02/miracle-a-l-italienne-n-223.html

II-Règne de Louis XII :

A la mort de son père, le futur Louis XII avait 2 ans et demi. Pour son baptême, il eut pour parrain Louis XI roi de France et pour marraine Marguerite d'Anjou reine d'Angleterre. Il fut élevé par sa mère.

En mai 1464, Louis qui n'avait pas encore deux ans fut fiancé avec Jeanne (âgée de 3 semaines) fille de Louis XI et de Charlotte de Savoie. Ils furent mariés le 8 septembre 1476. Ils avaient respectivement 14 ans pour Louis et 12 pour Jeanne.

Après la mort de Louis XI le 30 août 1483, ce fut son fils Charles qui lui succéda sous le nom de Charles VIII, mais encore mineur à la mort de Louis XI, il fut placé sous la tutelle de sa sœur Anne mariée en 1476 avec Pierre de Beaujeu.

Le futur Louis XII contesta cette régence, arma des partisans, fut vaincu, emprisonné, libéré puis pardonné.

C'est le 7 avril 1498 que le roi Charles VIII mourut sans descendant mâle et que Louis devint roi de France sous le nom de Louis XII. Il avait presque 36 ans.

Charles VIII avait arrimé la Bretagne à la France en épousant Anne de Bretagne le 6 décembre 1491, puis avait guerroyé en Italie en revendiquant des territoires au nom de parenté.

Louis XII, le successeur, récupéra la couronne, la femme en épousant Anne de Bretagne (le 8 janvier 1499) et la politique de conquêtes italiennes. Il fut vraiment LE successeur.

Louis avait fait annuler le 17 décembre 1498 par le pape (Alexandre VI Borgia qui avait dû monnayer cher son autorisation) son premier mariage avec Jeanne fille de Louis XI (sœur de Charles VIII et par conséquent belle-sœur d'Anne de Bretagne) qui avait un physique ingrat. Elle avait été surnommée « Jeanne l'estropiée » ou « Jeanne la boiteuse ». Après son divorce, elle fut la fondatrice d'un ordre monastique, fut béatifiée en 1742 et canonisée en 1950.

Dès juillet 1494, encore sous le règne de Charles VIII, Louis était allé guerroyer en Italie et s'était proclamé « duc de Milan » en octobre de la même année.

Durant quasiment tout le règne de Louis XII, il y eut des expéditions françaises en Italie avec des victoires, des conquêtes, des annexions (Milan, Gênes, Naples...) mais toujours éphémères.

Puis le 12 août 1503, le pape Alexandre VI Borgia mourut. Dès le 21 septembre, un nouveau pape fut appelé à régner sous le nom de Pie III, mais ce Pie III était enterré un mois plus tard. Alors ce fut Jules II qui fut élu pape le 26 novembre 1503. Or, ce Jules II n'aimait pas les Français et sa politique fut anti-française. Il alla même jusqu'à organiser une coalition contre la France qu'il appela « la Sainte Ligue » !

En France un auteur dramaturge, nommé Pierre Gringore (1475/1539), trempa sa plume dans du vitriol et se déchaîna contre Jules II dans des textes intitulés : « l'homme obstiné », « les folles entreprises », « le Jeu du Prince des Sots et de la Mère Sotte », « la chasse du cerf des cerfs », « l'espoir de paix »...

Anne de Bretagne mourut le 9 janvier 1514. Elle fut inhumée à Saint Denis. Louis XII se remaria le même année le 11 octobre (il avait 52 ans) avec Mary Tudor (âgée de 18 ans, elle était la fille du roi d'Angleterre Henri VII et la sœur d'Henri VIII) qui devint veuve moins de 3 mois plus tard puisque Louis XII mourut le 1er janvier 1515.

Louis XII fut inhumé à Saint Denis le 12 janvier 1515.

Décédé sans enfant mâle, ce fut son petit neveu et en même temps son gendre, François d'Angoulême qui lui succéda sous le nom de François 1er et qui hérita des guerres italiennes : Marignan, Pavie etc. C'est à l'occasion d'une de ces expéditions italiennes que mourut le 30 avril 1524 le Chevalier Bayard natif en 1476 de Pontcharra dans l'Isère.

Politique intérieure :

De son temps, Louis XII fut admiré, considéré comme un un bon roi, ayant le soucis du bonheur de son peuple, à tel point qu'en mai 1506, les Etats Généraux réunis à Tours lui décernèrent le titre de « père du peuple ».

Claude de Seyssel natif d'Aix-les-Bains vers 1450 et qui fut archevêque de Turin écrivit une « histoire de Louis XII » à la gloire de ce souverain. Voltaire de son côté publia en 1170 à Amsterdam « tableau du siècle de Louis XII ».

Tous les humains connaissent le nom des plus grands tyrans de l'histoire : les Néron, Caligula, Staline, Hitler et tant d'autres, mais de bons souverains : personne ne les connaît. Constat un peu triste.

J.D. 20 mai 2015

descendance de Jean II le Bon roi de France

descendance de Jean II le Bon roi de France

Louis XII sur la façade du château de Blois, photo Christophe Finot 1.7.2005

Louis XII sur la façade du château de Blois, photo Christophe Finot 1.7.2005

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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 18:44

Ci-joint en illustration une photographie faite à Munich le 30 septembre 1938 où l'on voit :

l'Italien Benito Mussolini (1883/1945), l'Allemand Adolf Hitler (1889/1945), le Français Edouard Daladier (1884/1970) et l'Anglais Neville Chamberlain (1869/1940). J'ai emprunté cette photo à un article du journal en ligne de Jforum.fr du 10 mai 2015.

L'Histoire :

I)naissance de la Tchécoslovaquie :

*Dans la foulée du désastreux traité de Versailles (voir la note N°172 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/04/le-desastreux-traite-de-versailles-n-172.html), avait été signé le 10 septembre 1919 le traité de Saint Germain en Laye entre l'Autriche et les puissances alliées dans la guerre de 14. Ce traité avait formellement interdit une fusion de l'Autriche avec l'Allemagne et, entre autres, consacré la formation d'un nouvel Etat souverain : la Tchécoslovaquie sous la forme d'une République de 15 millions d'habitants environ. Ce traité fut signé par les « principales puissances alliées » (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France représentée par Georges Clemenceau, Italie et Japon ; ainsi que par une douzaine de « puissances associées ».

*Ce nouvel Etat regroupait principalement des populations de langue slovaque et de langue tchèque. Mais comprenait aussi de fortes minorités parlant allemand (en Bohème et Moravie soit environ 3 millions d'habitants ; c'est cette partie de la Tchécoslovaquie qui est connue sous le nom de « région des Sudètes »), parlant hongrois (plus d'un million d'habitants en Slovaquie et Ruthénie) ou parlant polonais en Silésie (voir note N°173 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/05/la-pologne-de-l-entre-deux-guerres-n-173.html)

*Les territoires correspondant avaient appartenu depuis un millénaire au Saint Empire romain germanique puis à l'empire d'Autriche ou au royaume de Hongrie. Il s'agissait donc d'une construction artificielle regroupant des peuples ne parlant pas la même langue et qui ne demandaient pas à être réunis.

De manière plus globale tous les historiens semblent aujourd'hui d'accords pour dire ou écrire que les mauvais traités d'après la première guerre mondiale ont amené la seconde.

Les signataires du traité de Saint Germain étaient donc les garants de son application, y compris en ce qui concerne la souveraineté du nouvel Etat (la Tchécoslovaquie).

*A cet égard, la France eut une responsabilité particulière puisqu'elle signa, en outre, à Paris le 25 janvier 1924 un « traité d'alliance et d'amitié » avec la Tchécoslovaquie (la France y fut représentée par Raymond Poincaré) et en complément, le 16 octobre 1925 en annexe aux accords de Locarno un traité « de garantie franco-tchèque ».

II La Tchécoslovaquie allemande :

*Après l'arrivée au pouvoir d'Hitler (janvier 1933), les Allemands de la zone des Sudètes, poussés par les nazis, commencèrent à revendiquer leur séparation d'avec la Tchécoslovaquie, ce qui prit plus d'ampleur après l'annexion de l'Autriche par les Allemands (mars 1938, en rappelant que cela venait après la récupération de la Sarre par Hitler suite à un plébiscite du 13 janvier 1935 et suite à la remilitarisation de la Rhénanie à partir du 7 mars 1936).

Après l'annexion de l'Autriche, Hitler revendiqua la zone des Sudètes au nom « du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ». C'était une violation de plus des traités d'après la guerre de 14.

*Edvard Benes le président de la Tchécoslovaquie appela ses garants au secours. Mussolini proposa sa médiation et fut à l'origine de la réunion de Munich les 29 et 30 septembre 1938. Réunion à laquelle la Tchécoslovaquie, principale intéressée ne fut pas invitée !

*Le 1er août 1936 lorsque s'ouvrirent les jeux olympiques de Berlin (voir la fiche N°234 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/03/1866-1936-n-234.html), les autres nations savaient parfaitement à quoi s'en tenir sur ce qu'étaient Hitler et le régime nazi ; mais la lâcheté l'emporta. Fin septembre 1938 ils savaient encore plus ce qu'il en était.

*Le bonimenteur Hitler raconta que « l'annexion des Sudètes était la dernière revendication territoriale de l'Allemagne et que si elle était satisfaite, l'Europe aurait la paix pour mille ans » !

*Une nouvelle fois, la lâcheté l'emporta. La France et l'Angleterre autorisèrent Hitler à annexer les Sudètes, ce que l'armée allemande commença dès le lendemain 1er octobre 1938. Les non-Allemands de la région des Sudètes durent s'exiler.

*Durant le même mois d'octobre 1938, Hongrie et Pologne en profitèrent pour récupérer la partie de la Tchécoslovaquie où se trouvaient leurs ressortissants (ou considérés comme tels).

*De la Tchécoslovaquie il ne resta plus que la Slovaquie qui demeura théoriquement indépendante de 1939 à 1945, mais fut, de fait, sous la botte allemande.

*Daladier et Chamberlain à leur retour respectif à Paris et Londres furent acclamés : ils avaient sauvés la paix ! Un article paru dans Libération le 8 janvier 1998 rappelle les propos tenus par André François Poncet qui fut ambassadeur de France à Berlin (de septembre 1931 à octobre 1938) : « C'est un trait du caractère français. Ne pas vouloir croire que des choses désagréables vont arriver ».

III La désagréable suite :

*Le traité de Versailles (encore lui!) avait rendu sa souveraineté à la Pologne et avait créé, entre deux parties de la Prusse, un couloir d'accès à la mer pour la Pologne appelé « corridor de Dantzig ».

*Ce territoire étant peuplé d'Allemands, cela servit de nouveau prétexte à Hitler pour envahir la Pologne le 1er septembre 1939.

*Auparavant Hitler s'était assuré de la collaboration de Staline (signatures des 2 pactes germano-soviétiques au Kremlin dans la nuit du 23 au 24 août 1939). Dans les commémorations on oublie trop facilement, à mon goût, que Staline participa à l'invasion de la Pologne, s'empara de la Lituanie, de la Lettonie, de l'Estonie et de la Finlande et que si il se retrouva du côté des alliés, ce ne fut pas de sa propre volonté, mais de celle d'Hitler.

*La souveraineté de la Pologne était garantie par les signataires du traité de Versailles. En outre la France, de manière particulière avait signé avec la Pologne plusieurs pactes d'alliance militaire : le 19 février 1921, le 16 octobre 1925 et le 19 mai 1939.

*En conséquence de quoi, l'Angleterre et la France déclarèrent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939, mobilisèrent des millions de soldats et.... attendirent que l'Allemagne veuille bien daigner nous envahir ! (le 10 mai 1940).

*Les pauvres Polonais, après la République de Tchécoslovaquie, mesurèrent ce que valait une alliance avec la France !

*On a un très bon témoignage de l'état de la France au moment de la débâcle dans le livre d'Antoine de Saint Exupéry : « pilote de guerre » paru pour sa première édition chez Gallimard en 1942.

*Après la guerre, Tchécoslovaquie et Pologne retrouvèrent leur souveraineté mais, jusqu'à la fin de l'URSS, sous la férule soviétique qui avait remplacé celle de l'Allemagne nazie. Ce furent les populations allemandes des zones récupérées qui durent, à leur tour, s'exiler.

*Au premier janvier 1993, la Tchécoslovaquie se sépara, à l'amiable, en deux nouveaux Etats : la Slovaquie ( ou République slovaque) capitale Bratislava pour les habitants de langue slovaque et la Tchéquie (ou République tchèque) capitale Prague pour les habitants de langue tchèque. Cela confirme, après coup, que la création prévue au traité de Saint Germain en Laye en 1919 n'avait pas de pertinence.

J.D. 12 mai 2015

à Munich le 30 septembre 1938

à Munich le 30 septembre 1938

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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 17:34

La Dombes est l'une des parties du département de l'Ain. Elle est limitée à l'ouest par la rivière la Saône et à l'est par la rivière l'Ain.

Son grand nombre d'étangs est sa principale caractéristique. Il en reste environ un millier. Ils étaient autrefois deux fois plus nombreux, mais le travail des moines de l'abbaye Notre-Dame des Dombes au XIXe siècle a permis de les réduire de moitié.

Histoire :

*A la chute de l'empire romain d'Occident (en 476), la Dombes fut occupée par les Burgondes, par les Francs, puis intégré à l'empire carolingien. Après la mort de Charlemagne (en 814), l'empire se disloqua : de batailles en traités (celui de Verdun en 843, de Prüm en 855, de Mersen en 870...) la Dombes se retrouva dans le royaume de Bourgogne dont le dernier roi (Rodolphe III) fit don de son royaume au Saint Empire romain germanique en 1032.

*L'éloignement des centres de décisions favorisa le développement de seigneuries locales. Deux familles se disputèrent le pouvoir : Les Thoire et Villars et les Baugé.

*En 1402, Humbert VII de Thoire et Villars vendit ses terres au duc de Bourbon qui avait déjà acheté celles des Baugé en 1400. C'était au temps de Louis II duc de Bourbon (1356/1410). Ce Louis II était le beau-frère du roi de France Charles V qui avait épousé Jeanne de Bourbon. Ce Louis II servait la France, c'était au temps de la guerre de Cent Ans.

La Dombes appartint alors aux descendants de ce Louis II jusqu'à Charles III duc de Bourbon.

*Ce Charles III avait lui aussi d'abord servi la France comme Connétable. Il avait même reçu le titre de vice-roi du Milanais après la bataille de Marignan (1515).
*Mais Louise de Savoie, mère du roi de France François Ier, était comme Charles III une arrière petite-fille d'un duc de Bourbon (Jean 1er) et elle revendiqua l'héritage des Bourbons
.

*Charles III trouva refuge auprès de Charles Quint et c'est lui qui fit prisonnier François 1er à Pavie en 1525. Ce Charles III fut tué d'un coup d'arquebuse le 6 mai 1527 alors qu'il faisait le siège de Rome. Mais entre temps, (en 1523) il avait été accusé de félonie par François 1er qui en avait profité pour lui retirer ses biens. Le même François 1er institua un parlement pour administrer les biens confisqués aux Bourbons. Ce parlement siégea d'abord à Lyon. Cette date de 1523 peut-être considérée comme le début d'une souveraineté indépendante de la Dombes.

*En 1560, le roi de France François II rendit leurs biens aux Bourbons et ils revinrent au duc de Bourbon Henri 1er (fils d'Henri II et de Catherine de Médicis qui devint roi de France en 1574 sous le nom d'Henri III).

*à partir de 1696, le duc de Bourbon Louis Auguste (fils de Louis XIV et de la Montespan) fit construire un parlement à Trévoux et y transféra la capitale de la Dombes. Cette souveraineté est souvent appelée « principauté de la Dombes ». La ville de Trévoux est située sur la rive gauche de la Saône à une trentaine de kms au nord de Lyon.

*La souveraineté prit fin en 1762 lorsque le duc de Bourbon Louis Charles céda la Dombes à la France. Elle aura tout de même duré plus de deux siècles.

Et ensuite :

*Dès le début du quinzième siècle , Trévoux se spécialisa dans l'étirage de l'or et de l'argent (pour fabriquer des fils d'or ou d'argent). Pour des raisons fiscales, cette activité prospéra à Trévoux qui se spécialisa en outre dans la fabrication de filières (c'est-à-dire de l'outil servant à la fabrication des fils) puis de filières en diamant dont Trévoux eut la primauté à partir de 1865. La ville fut également célèbre pour son imprimerie fondée en 1603.

Aujourd'hui à Trévoux, on visite les restes du château féodal , le palais du parlement et l'ancienne pharmacie de l'hôpital.

On trouvera en illustration les repères des crues de la Saône fixés sur la pile d'un pont. Le point le plus haut (sur la photo) est en 1883. Il se situe à plus de six mètres.

J.D. 6 mai 2015

Les crues de la Saône à Trévoux, photo J.D. 4 avril 2015

Les crues de la Saône à Trévoux, photo J.D. 4 avril 2015

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 13:20

Le promeneur attentif qui visite Chambéry peut découvrir nombre d'inscriptions qui fournissent des informations sur la vocation ancienne d'immeubles, sur la réception de personnalités ou sur l'histoire de la ville...

Parmi ce grand nombre d'inscriptions, en voici 3 :

I) sur l'hôtel de Cordon 71 rue Saint Réal :

l'inscription indique l'hébergement en ce lieu du roi de France Henri IV en 1600 et de Hérault de Séchelles durant la Révolution.

Henri IV

naquit à Pau le 13 décembre 1553. Il est le fils de Jeanne d'Albret reine de Navarre et d'Antoine de Bourbon lointain descendant de Saint Louis (Louis IX 1214/1270).

*En 1560, Antoine de Bourbon nommé « lieutenant général du royaume de France », toute la famille s'installa à Paris. Mais après la mort d'Antoine de Bourbon au siège de Rouen en 1562, Jeanne d'Albret retourna s'installer dans la Navarre.

Baptisé catholique, le futur Henri IV devint alors protestant dont il rejoignit les troupes en 1568 à La Rochelle puis à Saintes.

*Après batailles et négociations, Henri épousa le 18 août 1572 Marguerite de Valois (la reine Margot) fille du roi Henri II (roi de France de 1547 à 1559) et de Catherine de Médicis et sœur du roi Henri III (roi de France de 1574 à 1589).

Jeanne d'Albret revenue à Paris pour le mariage de son fils y mourut le 9 juin 1572. Henri devint donc roi de Navarre sous le nom d'Henri III peu avant son mariage avec la reine Margot.

*C'est l'époque où régnèrent de fait 3 Henri : Henri III roi de Navarre, Henri III roi de France et Henri de Guise dit le Balafré à la tête des ligues catholiques.

Henri III roi de France fit assassiner Henri de Guise à Blois le 23 décembre 1588, puis son frère cardinal de Lorraine le lendemain (24 décembre 1588). Mais l'on sait que Henri III roi de France sera assassiné le 1er août 1589 tandis qu'Henri III roi de Navarre devenu Henri IV roi de France sera à son tour assassiné le 14 mai 1610.

*Entre-temps, profitant de la venue à Paris de nombreux chefs protestants pour le mariage d'Henri roi de Navarre, Catherine de Médicis les fit assassiner dans la nuit du 23 au 24 août 1572 (Saint Barthélémy), en signalant néanmoins que les avis des historiens sont partagés sur la responsabilité de Catherine de Médicis.

*Après la mort d'Henri III roi de France, Henri III roi de Navarre devint aussi roi de France sous le nom d'Henri IV le 2 août 1589. Cela n'empêcha pas la guerre de continuer en France entre protestants et catholiques jusqu'à ce que le nouveau roi se convertisse au catholicisme le 25 juillet 1593 (Paris vaut bien une messe!) et qu'il proclame de Nantes le 13 avril 1598 un édit qui accorde la liberté de culte aux protestants.

*C'est le 25 février 1594 qu'Henri IV fut sacré et couronné roi de France en la cathédrale de Chartres, par l'évêque de Chartres (Nicolas de Thou). Il fut hébergé dans un immeuble qui existe toujours et qui se trouve place de la cathédrale face au porche Ouest ou porche central (celui qui est entre les deux clochers)

*En 1599, Henri IV parvint à faire annuler son mariage avec la reine Margot et il épousa le 5 octobre 1600 la florentine Marie de Médicis (voir la note N° 81 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-medicis-reines-de-france-113493818.html).

Sans parler de ses nombreuses maîtresses ! Mais enfin il vaut mieux un chef d'Etat compétent avec des maîtresses que l'inverse.... encore qu'il y a des cumulards qui ont des maîtresses et qui sont notoirement incompétents comme chef d'Etat !

*L'année 1600 fut une année de guerre (une de plus!) entre les Dauphinois emmenés par François de Bonne de Lesdiguières et les Savoyards du duc Charles-Emmanuel 1er (voir la note N°74 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-guerres-dauphine-savoie-110715942.html). C'est en 1349 que la France avait récupéré le Dauphiné. Henri IV vint donc aider les Dauphinois à lutter contre les Savoyards.

*Henri IV fit son entrée à Chambéry le 21 août 1600. C'est à cette occasion qu'il logea rue Saint Réal. Son séjour en Savoie se prolongea de la durée du siège de la forteresse de Montmélian (du 16 août au 16 novembre 1600).

Henri IV profita de ce temps pour aller prendre un bain le 3 octobre 1600 à Aix dans un ancien bain romain restauré au temps de Charlemagne. Il en est fait mention par le docteur Jean-Baptiste Cabias (dans « Merveilles des Bains d'Aix en Savoye » publié à Lyon en 1623). D'après Cabias, Henri IV aurait dit à propos des bains d'Aix : « Tous les bains et étuves des Médecins de Paris, de France, voire même de l'Europe ne valent rien en regard de ceux-ci ».

*Henri IV profita de cette guerre pour imposer à la Savoie le traité de Lyon du 17 janvier 1601 par lequel la France récupéra la Bresse, le Bugey, le Valromey et le pays de Gex. Ceci après Lyon en 1312, le Dauphiné en 1349, la Provence en 1481/1482, la Franche-Comté en 1674 et avant la souveraineté des Dombes (capitale Trévoux) en 1762, puis la Savoie et Nice d'abord de 1792 à 1814/1815 avant la réunion définitive en 1860. Comme quoi, au delà des régimes qui se succédèrent, la France eut de la continuité dans sa politique pour donner à notre pays sa frontière naturelle (les Alpes) au sud-est.

Après son assassinat, Henri IV fut inhumé à Saint Denis.

Henri IV aurait dit à propos du peuple (source : dictionnaire d'Histoire de France Perrin 1981, page 486):

« Si l'on ruine mon peuple, qui me nourrira ? Qui soutiendra les charges de l'Etat ? Qui paiera les redevances ? C'est lui qui nous fait tous vivre ».

Il y a bien des sinistres des finances qui devraient méditer !

Hérault de Séchelles

naquit à Paris le 15 novembre 1759 sous le nom de Marie-Jean Hérault de Séchelles. A dix-huit ans, il fut présenté à la reine Marie-Antoinette par sa cousine (Yolande de Polignac). La reine le fit nommer « avocat du roi au Châtelet » en 1777 puis avocat général au parlement de Paris en 1785.

Malgré les faveurs extraordinaires dont il bénéficia de la part de la royauté, il rejoignit la Révolution dès la prise de la Bastille (14 juillet 1789).

*Il fut élu député à l'assemblée législative en 1791, assuma différentes responsabilités dans les comités révolutionnaires, fut président de l'Assemblée en novembre 1792 puis fut envoyé en mission dans le nouveau département du Mont Blanc. C'est à cette occasion qu'il résida à Chambéry.

*Il y était encore lorsque eurent lieu les débats sur la mise en accusation de Louis XVI (du 10 au 26 décembre 1792) et lors des votes qui amenèrent la condamnation à mort de Louis XVI (du 16 au 19 janvier 1793). Mais, absent des votes, il fit savoir qu'il aurait voté la mort du roi.

*Cela ne lui porta pas chance (comme à beaucoup d'autres) car proche de Danton, il fut mis en accusation en même temps que Danton et ses amis et guillotiné le 5 avril 1794.

II sur l'Hôtel d'Allinges 104 rue Juiverie :

L'inscription indique la présence de Don Philippe (Don Felipe) infant d'Espagne pendant l'occupation espagnole de la Savoie, et du général de Montesquiou ; explications :

L'Infant d'Espagne :

*La mort le 19 octobre 1740 de Charles VI empereur du Saint empire romain germanique entraîna une guerre qui dura 8 années et qui est connue sous le nom de « guerre de succession d'Autriche ».

Charles VI avait désigné sa fille Marie-Thérèse pour lui succéder. Mais il y avait bien d'autres prétendants qui prétextèrent qu'une femme ne pouvait diriger le Saint Empire ! (de mon avis, pour que des femmes chefs d'Etat fassent pire que beaucoup d'hommes, il faudrait vraiment qu'elles en fassent exprès!).

*Le roi de Prusse (Frédéric II) le premier entra en guerre contre l'Autriche. Il parvint à entraîner avec lui la France de Louis XV, puis l'Espagne, le royaume de Naples, la Suède, la République de Gênes. Durant le même temps, l'Autriche parvenait à obtenir l'alliance de la Grande Bretagne, des Provinces Unies (ancien nom des Pays-Bas), du royaume de Hanovre, du royaume de Sardaigne, de la Russie.

*L'Electorat de Bavière et le royaume de Saxe furent d'abord avec la Prusse puis dans un second temps avec l'Autriche.

*Il y eut de très nombreuses batailles. La France participa à beaucoup de ces batailles principalement contre les Anglais (dont la bataille de Fontenoy le 11 mai 1745 qui se termina par la victoire française), les Hollandais, les Autrichiens...et notre armée l'emporta souvent.

Après 8 années de guerres qui avaient épuisé les belligérants, une paix fut signée à Aix-la-Chapelle (Aachen) le 18 octobre 1748. La Prusse y gagnait d'importants gains territoriaux dont la Silésie. Malgré ses nombreuses victoires, la France n'obtint rien. C'est de là que naquit l'expression : « travailler pour le roi de Prusse » !

*C'est dans le contexte de cette guerre que la France avait envahi le Piémont pendant que l'Espagne envahissait et occupait la Savoie. De là l'inscription sur l'installation de l'infant d'Espagne à Chambéry.

*Les Espagnols arrivèrent par le sud : col du Galibier qu'ils franchirent le 31 août 1742. Le duché de Savoie était dépourvu de troupes piémontaises, l'invasion se fit donc sans coup férir et dès le 7 septembre 1742, les Espagnols entraient à Chambéry.

*Fin septembre, début octobre 1742 le roi de Sardaigne Victor-Amédée II lança une contre-attaque par la Maurienne et la Tarentaise et refoula les Espagnols qui se regroupèrent sur le territoire français (région de Fort Barraux/Chapareillan dans l'Isère).

*L'Espagne envoya des renforts et dans la nuit du 18 au 19 décembre 1742, les Espagnols passèrent une nouvelle fois la frontière et ce furent les Piémontais qui durent s'enfuirent.

*L'Infant arriva à Chambéry le 5 janvier 1743 et s'installa au château, mais dès le 28 février 1743, un incendie détruisit le château que les autorités espagnoles firent passer pour un accident mais sans que l'on sache très bien si il s'agissait d'un accident ou d'un acte de sabotage contre l'occupant.

Dans la nuit l'Infant se réfugia à l'Hôtel d'Allinges et y resta durant toute l'occupation qui ne se termina qu'après le traité d'Aix-la-Chapelle.

*Don Philippe quitta Chambéry le 25 décembre 1748, mais le départ des troupes espagnoles s'échelonna jusqu'à fin février 1749. Durant les années d'occupation, la population du Duché de Savoie fut soumis à d'importantes réquisitions pour assurer la subsistance des troupes espagnoles.

*Quant au château de Chambéry, les Espagnols l'avaient laissé en ruines. Il fut restauré dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.

Le général de Montesquiou :

*naquit à Paris le 17 octobre 1739 sous le nom de Anne-Pierre de Montesquiou. Il fit une carrière militaire avec un avancement rapide : lieutenant au régiment Royal-Pologne en 1756, capitaine au régiment du Roi en 1757, colonel aux Grenadiers de France en 1758, aide-maréchal des logis en 1761, maréchal de camp en 1780, élu le 16 mai 1789 député de la noblesse aux Etats-Généraux, se rallia au Tiers-Etat le 25 juin 1789.

*Fut chargé de l'armée du midi et envahit la Savoie le 22 septembre 1792. Voir la fiche N° 71 http://jean.delisle.over-blog.com/article-la-revolution-francaise-et-la-savoie-109795056.html.

*Il mourut à Paris le 30 décembre 1798

III sur l'hôtel des Marches de Bellegarde rue Croix d'Or (N°13 à 25)

C'est là que furent hébergés Hérault de Séchelles durant la Révolution (voir au point I ci dessus), le pape Pie VII en 1804 et Napoléon en 1805.

Pie VII

naquit le 14 août 1742 à Cesena (province de Forli, région Emilie-Romagne, proche de l'Adriatique), sous le nom de Barnaba Niccolo Maria Luigi Chiaramonti.

Le 2 octobre 1756 il entra comme novice à l'abbaye bénédictine de Santa Maria del Monte à Cesena. Il fut ordonné prêtre le 21 septembre 1765.

*Après être passé par Saint Paul Hors-les-Murs à Rome puis par l'abbaye San Giovanni à Parme (Emilie-Romagne), il fut nommé évêque le 16 décembre 1782 à Tivoli (dans le Latium à une trentaine de kms à l'est de Rome) puis Cardinal le 14 février 1785 à Imola (province de Bologne en Emilie-Romagne). Il y était encore lorsque la ville d'Imola fut envahie par l'armée française en juin 1796.

*Quelques mois plus tard (dans la nuit du 19 au 20 février 1798) à Rome, le pape Pie VI était enlevé par l'armée française et retenu prisonnier successivement à Sienne, Bologne, Parme, Turin, Briançon, Grenoble et Valence où il décéda le 29 août 1799.

*Rome étant occupée un conclave s'ouvrit le 30 novembre 1799 dans l'île de San Giorgio Maggiore (dans la lagune de Venise) et le 14 mars 1800, le cardinal Chiaramonti était élu pape sous le nom de Pie VII.

*Après la victoire de Marengo (14 juin 1800), la France récupéra l'Italie du Nord et le nouveau pape put regagner Rome le 3 juillet 1800. Il ratifia le Concordat le 14 mai 1801 et récupéra les Etats Pontificaux en 1803

*C'est donc dans un contexte de relations nettement améliorées avec la France que le pape accepta de venir couronner Napoléon empereur à Notre-Dame de Paris le 2 décembre 1804 et c'est à l'occasion de ce voyage que le pape fut hébergé à Chambéry.

*Les bonnes relations Pie VII/Napoléon prirent fin lorsque le pape refusa d'appliquer le blocus continental qui avait été décidé par le décret impérial prit à Berlin le 21 novembre 1806.

*Rome était à nouveau occupée militairement à partir du 2 février 1808, les Etats Pontificaux annexés le 17 mai 1809. Le pape répondait par une bulle d'excommunication (de Napoléon) en date du 10 juin 1809.

*dans la nuit du 5 au 6 juillet 1809, Pie VII était fait prisonnier puis détenu successivement à Florence, Alexandrie, Grenoble, Savone puis Fontainebleau. C'est durant le transfert de Savone à Fontainebleau que le pape tomba malade le 12 juin 1812 et fut soigné à l'hospice du col du Mont Cenis .

*En janvier 1814, Napoléon décida de libérer le pape et de lui restituer ses Etats. Le pape quitta la France le 23 janvier 1814 et fit un retour triomphal à Rome le 14 mai 1814.

*Pie VII décéda à Rome le 20 août 1823

Napoléon 1er :

En Italie du Nord il créa un royaume dont il se fit couronner roi à Milan le 26 mai 1805 (voir la fiche N°22 http://jean.delisle.over-blog.com/article-l-italie-sous-napoleon-1er-61707999.html). C'est à l'occasion de ce voyage à Milan qu'il fut hébergé à Chambéry là où, peu de mois avant, avait été hébergé Pie VII.

J.D. 21 avril 2015

P.S. La récapitulation thématique des notes de ce blog se trouve sur la fiche N°76 http://jean.delisle.over-blog.com/article-blog-liste-des-articles-111165313.html,

la récapitulation des illustrations se trouve sur la fiche N°219 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/01/illustrations-jointes-aux-notes-du-blog-n-219.html

inscriptions à Chambéry rue Saint Réal, rue Juiverie et rue Croix d'Or

inscriptions à Chambéry rue Saint Réal, rue Juiverie et rue Croix d'Or

sacre d'Henri IV en la cathédrale de Chartres le 27 février 1594, dessin de Desmaretz fin XVIe siècle

sacre d'Henri IV en la cathédrale de Chartres le 27 février 1594, dessin de Desmaretz fin XVIe siècle

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 17:23

Tout le monde connaît Auguste Bartholdi pour la statue de la Liberté que tous les touristes vont visiter à New-York. Mais ce Bartholdi fut le créateur qu'un grand nombres d’œuvres que l'on trouve un peu partout mais dont la plupart du temps les gens ignorent l'auteur.

Auguste Bartholdi : Il naquit à Colmar le 2 août 1834 sous le nom de Frédéric Auguste Bartholdi, d'une famille originaire de la Rhénanie allemande. Après le décès de son père en 1836, sa mère s'installa à Paris (rue des Marchands, aujourd'hui musée Bartholdi ) tout en conservant sa maison de Colmar à laquelle Auguste restera attaché ainsi qu'à sa ville natale. Cette maison de Colmar fut transformée en musée Bartholdi en 1922. Il étudia au lycée Louis le Grand à Paris et fut bachelier en 1852.

Il fut ensuite l'élève du peintre Arry Scheffer (1795/1858), de l'architecte Viollet-le-Duc (1814/1879) et du sculpteur Antoine Etex (1808/1888). Il fit un premier voyage en Egypte et au Yémen en 1855. Il reviendra en Egypte en 1869 et proposera une statue colossale sur le thème de « l'Egypte éclairant l'Orient » pour orner l'entrée du canal de Suez. Cela n'eut pas de suite en Egypte mais devint la statue de la Liberté à New-York.

Durant la guerre de 1870, il fut d'abord adjudant-major dans la garde nationale de Colmar puis aide de camp de Garibaldi (sur l'intervention de Garibaldi en France durant la guerre de 1870, voir la fin de la note N°1 : http://jean.delisle.over-blog.com/article-reunion-de-la-savoie-et-de-l-arrondissement-de-nice-a-la-france-en-1860-55731847.html

Il signa les sculptures de son nom mais ses peintures sous le pseudonyme d'Amilcar Hasenfratz, nom originaire de l'est qui veut dire « face de lièvre ». On ne sait pas pour quelles raisons il prit ce pseudonyme.

Il épousa le 15 décembre 1875 Jeanne-Emilie Baheux de Puysieux. Mariage célébré aux Etats-Unis à Newport dans l'Etat de Rhode Island (au nord de New-York). Ils n'eurent pas de descendance.

Il fut admis à la loge « Alsace-Lorraine » à Paris où il fut initié le 14 octobre 1875. Cette loge affiliée au Grand Orient de France eut des membres prestigieux (Voltaire, La Fayette, Joseph Bonaparte, puis Emile Combes, Paul Doumer, Félix Faure, Jules Ferry, Léon Gambetta, Rouget de Lisle, Victor Hugo....) ce qui ouvrit à Bartholdi un champ d'importantes relations. Il décéda le 4 octobre 1904 à Paris et fut inhumé au cimetière du Montparnasse.

Ses principales œuvres :

I à Colmar :

Bartholdi réalisa plusieurs œuvres pour sa ville natale :

*bas-relief de Françoise de Rimini : personnage de la Divine Comédie de Dante (au chant V de l'Enfer), œuvre de 1852, au musée Bartholdi de Colmar. Francesca da Rimini (vers1255/vers1285) fut mariée vers 1275 avec Gianciotto Malatesta. Elle eut une liaison avec son beau-frère (Paolo Malatesta). Le mari surprenant les amants les poignarda tous les deux.

*le monument au général Rapp (inauguré le 31 août 1856, démantelé en 1940, restauré et inauguré une seconde fois le 2 février 1946), : Jean Rapp (1771/1821) originaire de Colmar fut général de division dans la cavalerie et aide de camp de Napoléon. Il se distingua dans de nombreuses batailles dont Austerlitz. Sa statue de 3,50 mètres de haut est en bronze sur un socle de granit de 4,20 mètres de haut. Il est situé sur la Grand Place de Colmar (place Rapp).

*la statue de Martin Schongauer (statue de 2,25 mètres de haut en grès rose des Vosges réalisée en 1863) Il s'agit d'un hommage à un peintre et graveur né à Colmar (1445/1491). Au musée Unterlinden de Colmar (rue Unterlinden). A l'origine, la statue surmontait une fontaine qui fut démembrée en 1958. La statue seule fut à nouveau inaugurée le 29 juin 1991

*monument à l'amiral Armand Joseph Bruat (inauguré le 21 août 1864, détruit en septembre 1940, remis en 1958), place du Champ de Mars. Ce Bruat né à Colmar en 1796 fit une brillante carrière dans la marine. Il participa entre autres à la bataille de Navarin en 1827 et à la guerre de Crimée en 1855. Il fut un moment gouverneur des Etablissements français de l'Océanie. Il mourut du choléra en 1855 à Messine

*le génie funèbre : bronze de 1866 dans l'escalier du lycée Bartholdi 9 rue du Lycée à Colmar. Il s'agit d'une sculpture en bronze de 78 cms de haut faite par Bartholdi à la demande de son ami Auguste Nefftzer qui avait perdu son fils Georges le 6 septembre 1865. Il fut inhumé au cimetière de Montmartre à Paris. Les petites filles d'Auguste Nefftzer firent don de la sculpture à Colmar. L'inauguration à Colmar eut lieu le 24 février 1957.

*le petit vigneron alsacien : sculpture en bronze de 1,70 mètre de haut inaugurée le 15 août 1869 d'abord à l'angle de la rue des Vignerons et de la rue des Ecoles, dans une niche. Remplacée par une copie en 1986 tandis que l'original est au musée Bartholdi de Colmar (30 rue des Marchands). Une autre copie a été réalisée et offerte à la ville de Princeton (dans le New-Jersey, au sud de New-York) lors du jumelage avec Colmar le 15 décembre 1986.

*monument funèbre des gardes nationaux tués en 1870 au cimetière de Ladhof en 1872. Trois membres de la garde nationale de Colmar (Joseph Voulminot, Joseph Wagner et Linck) furent tués le 14 septembre 1870 sur le pont de Horbourg lors de l'arrivée des Prussiens à Colmar. Le monument en grès rose des Vosges et bronze, fut enlevé en 1916, gardé au musée Bartholdi, remis en place et inauguré le 23 mars 1919, enlevé à nouveau en septembre 1940 et remis à la Libération

*fontaine de Jean Roesselmann en 1888, place des Six-Montagnes-Noires. Ce Roesselmann fut prévôt de la ville de Colmar au XIIIe siècle. Sa statue en bronze fut déposée en 1943 et remise en 1945. Elle est placée sur un monument de pierres blanches orné de 4 poissons en bronze qui servent de déversoir.

*monument Gustave Adolphe Hirn en 1894, Bd du Général Leclerc, square Hirn ou square de la Chapelle Saint Pierre. Ce Hirn (1815/1890) fut industriel, physicien et violoniste. Il s'agit d'une statue en bronze sur un socle en granit rouge réalisé par Albert Hatz de Colmar

*monument fontaine au baron Lazare de Schwendi place de l'Ancienne Douane en 1898. Schwendi (1522/1583) fut diplomate et général au service de Charles Quint.

*Adieu au pays groupe en plâtre en 1900, de 1,30 mètre de haut au musée Bartholdi de Colmar pour commémorer l'exil d'Alsaciens et de Lorrains suite à l'annexion par l'Allemagne après la guerre de 1870

*les grands soutiens du monde : statue allégorique en bronze représentant la justice, le travail et la patrie soutenant le monde, réalisée en 1902 et installée au musée Bartholdi en 1909

*le tonnelier alsacien sculpture en étain réalisée en 1902 et placée au couronnement de la maison des Têtes 19 rue des Têtes

*quatre statues allégoriques : L'Orfévrerie, la Gravure, la Peinture et l'Etude, réalisées en 1861 : au musée Bartholdi. Deux copies (la Gravure et l'Orfévrerie) ont été achetées en 1992 par le musée de la vie romantique (16 rue Chaptal Paris 9e)

A Colmar, il y a une rue Bartholdi, un musée Bartholdi, un lycée Bartholdi (ancien collège royal, devenu en 1856 lycée impérial) , un restaurant Bartholdi

II-Ailleurs en France :

*monument du général Jean-Thomas Arrighi de Casanova (1778/1853) en 1867 à Corte (Corse). Né à Corte il fut général de division dans la cavalerie et duc de Padoue

*à Gambetta les Alsaciens reconnaissants : en 1872, au musée Henri-Martin à Cahors (Lot), bronze sur socle de marbre rouge : un femme tient dans ses bras son mari décédé + un enfant

*statue de Vauban place d'Armes à Avallon (Yonne), fut inaugurée le 26 mars 1873 en présence de Denfert-Rochereau (voir ci dessous à Lion de Belfort). Il s'agit d'une statue en bronze de 3 mètres de haut sur un socle de 3 mètres de haut également en granit gris de Saint Léger-Vauban (village natal de Vauban dans l'Yonne où se trouve une autre statue de Vauban mais qui n'est pas de Bartholdi). Une étude réduite de 57 cms de haut se trouve au musée Bartholdi de Colmar

*statue de Jean-François Champollion dans un bloc de marbre de 2 mètres de haut en 1875 dans la cour du collège de France rue des écoles à Paris (5e). La statue représente un Champollion pensant , un pied sur une tête de pharaon. En 1905, la veuve de Champollion fit don à la ville de Grenoble du plâtre original qui fut à partir de 1930 au lycée Champollion et subit de nombreux outrages de la part des générations successives d'élèves. Au musée de Grenoble depuis 1994. Une restauration a été effectuée et un double a été reproduit numériquement.

Jean-François Champollion naquit à Figeac le 23 décembre 1790. Il vint rejoindre son frère aîné (Jacques-Joseph) à Grenoble le 27 mars 1801. Il est surtout connu pour avoir déchiffré les hiéroglyphes en septembre 1822. Egyptologue, il s'intéressa aussi aux Etrusques. C'est lui qui organisa la première collection au musée égyptien de Turin (musée considérablement agrandi qui a réouvert le 1er avril 2015). Il mourut à Paris le 4 mars 1832. Un musée qui lui est consacré à Figeac a été inauguré le 19 décembre 1986. Une maison qui appartint à Jacques-Joseph (à Vif au sud de Grenoble) est la propriété du Conseil Général de l'Isère depuis 2001 a aussi été transformée en musée Champollion. Fermée depuis plusieurs années pour restauration ; la date de sa réouverture semble digne des énigmes du sphinx.

*sculpture dédiée aux défenseurs de Brisach en 1875 à Neuf-Brisach (Haut-Rhin) à la porte de Bâle

*monument à Gribeauval : en 1879, au musée de l'armée à Paris . Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval fut officier et ingénieur. Né à Amiens le 15 septembre 1715 et mort à Paris le 9 mai 1789. Il réforma l'artillerie française et fut Maréchal de camp.

*le lion de Belfort terminé en 1879 sur la colline de la citadelle . Il s'agit d'une sculpture dans un bloc de grès rose de Pérouse (territoire de Belfort) sur un piédestal en rocaille. L’œuvre mesure 11 mètres de haut sur 22 de longueur. Elle symbolise la résistance de Belfort lors du siège de la ville par les Prussiens de décembre 1870 à février 1871. Résistance conduite par le colonel Denfert-Rochereau. Le monument a été classé aux Monuments Historiques le 20 avril 1931. Une inauguration officielle a été effectuée seulement le 18 septembre 2011. Une réplique se trouve place Denfert-Rochereau à Paris depuis 1880 et une autre à Montréal square Dorchester. La réplique de Paris est en cuivre martelé et mesure 4 mètres de haut sur 7 mètres de longueur. Au musée d'histoire de Belfort, depuis mars 2011, 6 salles sont consacrées à Bartholdi.

Personnellement j'aurais plutôt mis le lion à Lyon mais enfin...

*Monument à Rouget De Lisle à Lons le Saunier (Jura) inauguré le 27 août 1882, restauré en 1991 en prévision du bi-centenaire de la composition de la Marseillaise. Il s'agit d'une statue en bronze de 2,80 mètres de haut sur un socle en pierres. Sur Rouget De Lisle voir la note N° 49 http://jean.delisle.over-blog.com/article-rouget-de-lisle-le-et-la-86379435.html

*statue de Diderot à Langres (Haute Marne) en 1884 pour le centenaire de la mort de Diderot. Cette statue a été rénovée en 2008 avec une inauguration le 14 juin 2008.

Denis Diderot né à Langres le 7 octobre 1713, au 9 place Chambeau (place Diderot depuis 1884) décédé à Paris le 31 juillet 1784 fut philosophe, écrivain, romancier, critique d'art, traducteur... Sa statue est en bronze sur un piédestal cylindrique en pierre place Diderot. Diderot est surtout connu pour être le principal auteur avec d'Alembert de « l'Encyclopédie » réalisée de 1751 à 1772 qui comprend 28 volumes résumant les connaissances de l'époque avec 71.800 articles et 2885 gravures. Aux pieds de Diderot, la statue de Bartholdi, représente les volumes de l'Encyclopédie. Fin 2013, la ville de Langres a ouvert une « maison des Lumières » dédiée à Denis Diderot

*monument de Gustave Jundt en 1885 au cimetière du Montparnasse à Paris. Gustave Jundt fut peintre (Strasbourg 1830, Paris 1884)

*fontaine Bartholdi à Reims en 1885 : 3 cariatides soutenaient une vasque d'où coulait l'eau. Cette fontaine fut détruite durant la guerre de 14

*monument funéraire de Paul Bert à Auxerre (Yonne) en 1888. Ce Paul Bert naquit à Auxerre en 1833, il fut Résident Général au Tonkin et mourut à Hanoi en 1886

*Monument funéraire d'Emile Hubner à Mulhouse (Haut-Rhin) en 1890. au cimetière de l'avenue du Repos. Ce Hubner (1821/1888) fut ingénieur et industriel

*Léon Gambetta à Sèvres (Hauts-de-Seine) statue en bronze inaugurée le 8 novembre 1891. La statue est placée au dessus de 2 groupes en marbre représentant l'Alsace et la Lorraine. En 1920, le cœur de Gambetta a été déposé dans un soubassement du monument. Le monument a été classé aux Monuments Historiques le 3 juin 1991. Il est situé près de la maison des Jardies qui fut occupée par Balzac de 1838 à 1840 et achetée par Gambetta en 1878. C'est là qu'il décéda le 31 décembre 1882. La maison fut ensuite donnée à l'Etat qui la transforma en musée consacré à Balzac et surtout à Gambetta.

Gambetta naquit à Cahors (Lot) le 2 avril 1838 et commença une carrière politique après avoir été avocat. Il fut membre du gouvernement de défense nationale après la défaite de Sedan et l'abdication de Napoléon III ; Paris étant assiégé par les Prussiens, Gambetta se rendit célèbre à l'époque en quittant Paris en ballon le 7 octobre 1870 pour rejoindre des membres du Gouvernement qui étaient à Tours. Il fut Ministre de l'Intérieur de septembre 1870 à octobre 1881, Président de la Chambre des Députés de janvier 1879 à octobre 1811 et enfin Président du Conseil de novembre 1881 à janvier 1882.

*la fontaine de la place des Terreaux à Lyon : inaugurée en septembre 1892,

4,85 mètres de haut, 15 mètres de diamètre, comprend une armature en fer attribuée à Eiffel, du plomb et de la pierre. Poids total : 360 tonnes dont 21 tonnes de plomb.

Elle représente (après coup) une femme (la France) sur un char tiré par 4 chevaux (les 4 fleuves français). Elle a été classée aux Monuments historiques le 29 septembre 1995.

Une restauration est programmée à partir de 2015, durée 16 mois, coût prévisionnel 2.750.000 euros. La fontaine a été déplacée dans le cadre d'une restauration de la place des Terreaux.

Cette fontaine avait initialement été prévue pour Bordeaux qui la refusa parce que jugée trop chère. C'est Lyon qui la récupéra.

Les Lyonnais pourraient en faire une fable et l'appeler « la fable de la fontaine ». Quant aux habitants de la place des Terreaux, ils pouvaient s'auto-proclamer : « les gens de la fontaine ».

*statues de La Fayette et Washington en 1895 à Paris square des États-Unis (16e). Washington comme La Fayette était franc-maçon.

*George Washington naquit le 22 février 1732. Il prit le commandement des troupes américaines lors de la guerre d'indépendance contre les Anglais. Il fut élu premier président des Etats-Unis en 1789 et réélu en 1793. Il mourut le 14 septembre 1799 sans avoir voulu un troisième mandat.

Après son élection en avril 1789, il résida d'abord à New-York, puis le « Residence Act » de juillet 1790 fixa la capitale du nouvel Etat à Philadelphie pour 10 ans, c'est-à-dire le temps de construire une nouvelle capitale. Ce fut George Washington qui posa la première pierre de la Maison Blanche à Washington le 13 octobre 1792 pour le trois-centième anniversaire de l'arrivée en Amérique de Christophe Colomb. Le statut de la nouvelle capitale fut défini par «l'Organic Act » du 27 février 1801. Ce fut John Adams qui fut le premier président à occuper la Maison Blanche à compter du 11 juin 1800, mais George Washington a donné son nom à la capitale des Etats-Unis d'abord appelée « Federal city » ( cité fédérale ). Les plans de la nouvelle ville furent l’œuvre de l'architecte français Pierre Charles L'Enfant.

Le nom de Washington a également été donné à l'un des 50 Etats des Etats-Unis : l'Etat de Washington qui est devenu le quarante-deuxième Etat des Etats-Unis le 11 novembre 1889. Il est situé au nord-ouest des Etats-Unis avec le Canada en frontière Nord et le pacifique en frontière Ouest. Cet Etat de 184.824 km2 (le tiers de la France) a une population d'environ 7 millions d'habitants. Sa capitale est Olympia même si Seattle est plus peuplée et plus connue.

La capitale Washington n'appartient à aucun des 50 Etats, mais fait partie du district de Colombia (district of Colombia) (nom donné en l'honneur de Christophe Colomb). Pour éviter la confusion entre la capitale et l'Etat de Washington, la capitale s'écrit toujours « Washington D.C. ».

George Washington est décédé sans savoir qu'il avait donné son nom à la capitale et à l'un des Etats de l'Amérique.

*En ce qui concerne La Fayette (Gilbert du Motier marquis de La Fayette), il naquit dans la Haute-Loire le 6 septembre 1757. Après une formation militaire il s'embarqua ,sur son initiative personnelle, en 1777 à bord du navire « La Victoire » armé de 2 canons, avec 30 hommes d'équipage et quelques milliers de fusils pour aider les Américains dans leur guerre contre les Anglais. Arrivé le 13 juin 1777, il rencontra George Washington le 1er août et devint son aide de camp avec le titre de major général. Rentré en France en 1779, il repart aux Etats-Unis en 1780 à bord de « l'Hermione ». Entre-temps, La France a accordé son soutien officiel aux Américains (traité de Paris du 6 février 1778) et a envoyé des troupes commandées par Rochambeau et l'Amiral de Grasse. La Fayette participe à la tête des troupes de Virginie à la bataille de Yorktown le 17 octobre 1781 qui voit la défaite des Anglais et permet l'indépendance des Etats-Unis. La Fayette fut fait citoyen du Maryland le 28 décembre 1784. Rentré en France, durant la période révolutionnaire, il se retrouva à la tête de l'armée de l'Est puis du Nord. Il est fait prisonnier par les Autrichiens qui le livrent aux Prussiens. Détenu dans des conditions très difficiles, il sera libéré sur intervention de Bonaparte. Après la défaite de Waterloo, il proposa son aide à Napoléon pour lui faire gagner les Etats-Unis. Mais Napoléon préféra se livrer aux Anglais.

La Fayette mort à Paris le 20 mai 1834 reste le symbole de l'alliance et de l'amitié franco-américaine.

*statue de Vercingétorix place de Jaude à Clermont-Ferrand 1903. Il s'agit d'une statue équestre de 4 mètres d'envergure de Vercingétorix à Gergovie (victoire sur le célèbre César en juin -52). Cette sculpture est juchée à 8 mètres du sol sur un piédestal à 6 colonnes. Elle fut inaugurée le 12 octobre 1903 en présence d'Emile Combes alors président du Conseil et du général André ministre de la guerre. Vaincu à Alésia, Vercingétorix fut emmené à Rome pour figurer au triomphe de César. Il fut exécuté le 26 septembre -46 à l'âge de 26 ans.

L'inauguration à Clermont-Ferrand fut suivie d'un banquet qui se termina en pugilat qui a dû rester célèbre dans la mémoire locale.

*monument des 3 sièges : à Belfort place de la République. Œuvre posthume dessinée, voulue et commencée du vivant de Bartholdi mais terminée par les sculpteurs Noël et Dechin et inaugurée le 15 août 1913. Ce monument rend hommage :

au commandant Legrand (1759/1824) qui soutint le siège de Belfort en 1813,

au général Lecourbe (1759/1815) qui soutint le siège de Belfort en 1814,

au colonel Denfert-Rochereau (1823/1878) pour le siège de 1870/1871

Le monument comprend une partie centrale représentant la France et Belfort reposant sur 3 assises de pierres en grès rouge provenant des anciennes fortifications de Vauban ; cette partie centrale est entourée de 3 statues à la mémoire de Legrand, Lecourbe et Denfert-Rochereau.

III-Hors de France :

*monument funéraire de Gustave Salzmann 1872 (à Lancy, canton de Genève Suisse) peintre né à Colmar en 1811, décédé en Suisse à Nyon en 1872

*4 anges trompettistes dans l'église unitarienne baptiste de Boston (Massachusetts) en 1874

*monument à La Fayette en 1876, statue en bronze à Union Square à New-York

*fontaine du Capitole au parc Bartholdi (près du Capitole) à Washington 1878. Cette fontaine a été réalisée d'abord pour l'exposition universelle de Philadelphie. Elle est en bronze et 9,10 mètres de haut. Ornés de luminaires éclairés d'abord au gaz, ils furent électriques à partir de 1915

*statue de la Liberté à New-York inaugurée le 26 octobre 1886 sur l'île « Liberty Island » dont le nom primitif fut « Oyester Island » (l'île aux huitres) puis Bedloe's Island avant que l'usage ne l'appelle « Liberty Island », nom qui fut officiellement confirmé en 1956.

Le socle est l’œuvre de l'américain Morris Hunt. Bartholdi travailla 20 ans sur cette statue mais en réalisant bien d'autres ouvrages entre temps. Les fondations furent réalisées d'octobre 1883 à début août 1886. Une cérémonie de pose de la première pierre du socle, se déroula le 5 août 1886 et fut présidée par William A. Brodie Grand-Maître de la loge de l'Etat de New-York. Ce socle d'une hauteur de 47 mètres est constitué de béton et de pierres, recouvert de pierres granitiques du Connecticut (les piliers du pont de Brooklyn sont fabriqués avec la même pierre). Le socle d'un volume de 12.200 mètres cubes pèse 27.000 tonnes.

La statue elle-même, en cuivre, de 46 mètres de hauteur pèse 88 tonnes plus l'armature en fer (œuvre de Gustave Eiffel) qui pèse 130 tonnes.

Bartholdi réalisa d'abord des modèles en plâtre : un de 1,20 mètre puis un de 2,40 mètres et enfin un de 8,50 mètres avant de passer à la réalisation définitive. La statue fut réalisée en 12 morceaux qui furent assemblés en France à titre d'essai avant d'être démontés et expédiés aux États-Unis et remontés sur place.

Des souscriptions publiques en France et aux États-Unis furent organisées pour assurer le financement.

On trouve des copies en modèle réduit de la statue de la Liberté dans plus de 20 pays dont les Etats-Unis dans une trentaine de villes et en France dans plus de 20 villes :

à Blérancourt dans l'Aisne, à Nice (quai des Etats-Unis, installée en février 2014), à Narbonne (Aude), à Saint Affrique (Aveyron), à Angoulême (Charente) à Plaintel (Côtes-d'Armor), à Bordeaux et Soulac-sur-Mer (Gironde), à Lunel (Hérault), à Roybon (Isère, statue de 3 mètres de haut installée en 1906), à Saint-Etienne (Loire), à Cleguerec, Gourin et Ploeren (Morbihan), à Cambrin (Pas-de-Calais), à Colmar (2 statues dont une de 12 mètres de haut inaugurée le 4 juillet 2004 pour le centenaire de la mort de Bartholdi), à Lyon (au musée des Beaux-Arts), à Barantin et Ourville-en-Caux (Seine-Maritime), à Rozey-en-Brie (Seine-et-Marne), à Saint Cyr-sur-Mer (Var), à Poitiers (Vienne), à Chateauneuf-la-Fôret (Haute-Vienne), sans oublier Paris dans le jardin du Luxembourg, au musée d'Orsay et à l'extrémité aval de l'île aux Cygnes (inaugurée par Sadi Carnot le 4 juillet 1889) ainsi que la réplique de la flamme de la statue de la Liberté place de l'Alma.

*Christophe Colomb à Chicago en 1893. Statue de 2 mètres de haut fondue en argent massif.

Christophe Colomb naquit à Gênes en 1451. Il effectua 4 voyages entre l'Europe et l'Amérique pour le compte des rois d'Espagne. Le premier commença le 3 août 1492. C'est le 12 octobre que l'équipage, qui commençait à désespérer, aperçut la terre et le 13 qu'il débarquait. Colomb venait de découvrir l'Amérique en croyant être arrivé aux Indes en passant par l'Ouest. Il mourut à Valladolid le 20 mai 1506 sans savoir qu'il avait découvert un nouveau continent. Il est inhumé dans la cathédrale de Séville.

*La Suisse secourant Strasbourg à Bâle en 1895. Il s'agit d'un groupe de 4 personnages symbolisant : Strasbourg, la Suisse, l'amour de la patrie et un enfant.

*Monument des soldats français morts à Schinznach en 1901. Il s'agit d'un monument à la mémoire de 22 soldats français de l'armée de Bourbaki qui sont morts en 1871 à l'hôpital de Schinznach (canton d'Argovie en Suisse) qui les avait accueillis. Ils sont au cimetière de Birr-bei-Brugg. Le monument représente une victoire ailée en bronze.

IV-les peintures

Les tableaux de Bartholdi sont moins nombreux et moins connus que ses sculptures. En voici quelques-uns :

*1851 : « Horse Guards » crayon de graphite, encre aquarelle et lavis sur papier, 22,5 centimètres sur 14 au musée Bartholdi de Colmar

*1856 : « Trois cavaliers arabes » au musée Bartholdi de Colmar

*1860 : « café sur les bords du Nil » au musée Bartholdi de Colmar

*1869 : « Ismaïl Pacha » dessin du vice-roi d'Egypte au musée Bartholdi de Colmar

*1869 : « l'Egypte éclairant l'Orient » dessin au musée Bartholdi de Colmar

*1872 : « Green River » aquarelle de 34,5 centimètres sur 21,5, au musée Bartholdi de Colmar

En guise de conclusion :

La liste ci-dessus est loin d'être exhaustive. En l'état, elle donne néanmoins une idée de l'importance de l’œuvre de Bartholdi dans laquelle les sujets historiques tiennent une grande place. Certains personnages sculptés (ou tous?) étaient Francs-maçons. Il serait intéressant de savoir si les responsables des collectivités qui lui passèrent des commandes avaient un lien avec la Maçonnerie. Mais cela dépasse mes capacités de recherche.

Il me semble qu'en France Auguste Rodin (1840/1917) ou Camille Claudel (1864/1943) sont beaucoup plus connus comme sculpteurs que Bartholdi et pourtant son œuvre est immense et internationale.

En m'inspirant d'un vers célèbre de Victor Hugo, je dirais que l’œuvre de Bartholdi caractérise « le geste auguste du sculpteur » ou si l'on préfère « le geste du sculpteur Auguste ».

J.D. 6 avril 2015

Monument à La Fayette à New-York

Monument à La Fayette à New-York

le lion de Belfort

le lion de Belfort

fontaine Bartholdi place des Terreaux à Lyon, photo J.D. 2 août 2015
fontaine Bartholdi place des Terreaux à Lyon, photo J.D. 2 août 2015

fontaine Bartholdi place des Terreaux à Lyon, photo J.D. 2 août 2015

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 13:54

*C'est le 26 avril 1931 à Barcelone que le Comité International Olympique (CIO) décida d'attribuer les J.O. de 1936 à la ville de Berlin. Une dizaine d'autres villes avaient été candidates.

En 1931, l'Allemagne vivait sous le régime de la République de Weimar. L'Allemagne avait intégré la Société Des Nations en septembre 1926 suite aux accords de Locarno d'octobre 1925. Le choix du CIO en 1931 ne posait donc aucun problème.

*C'est du 1er au 16 août 1936 que se déroulèrent ces jeux. 49 pays et 3967 athlètes (dont 201 pour la France) y participèrent. L'Allemagne y gagna 89 médailles devant les USA : 66 médailles (La France eut 19 médailles, se classant cinquième ex aequo avec la Finlande). Ces jeux furent une victoire pour l'Allemagne nazie et une défaite pour tous les autres.

Les nazis avaient mis le paquet pour faire des jeux une réussite afin de montrer à la face du monde que l'Allemagne était de retour. Techniquement, les jeux furent une superbe réussite. Une majorité d'athlètes défilèrent le bras tendu lors de la cérémonie d'ouverture, les nazis pouvaient être satisfaits.

De 1931 à 1936, en 5 ans il s'était passé beaucoup de choses :

En Allemagne :

*C'est le 30 janvier 1933 que Hitler devint chancelier de l'Allemagne, appelé par le Président Hindenburg (élu en 1925, réélu le 10 avril 1932 et décédé le 2 août 1934).

*dans la foulée :

-2 février 1933, interdiction des journaux d'opposition

-11 mars, début en Allemagne de la destruction des livres et œuvres « d'art dégénéré »

-Dès le 21 mars 1933 était mis en chantier le premier camp de concentration (celui de Dachau) ;

-23 mars 1933 loi accordant les pleins pouvoirs à Hitler

-le 7 avril 33, le parti communiste allemand était interdit ;

-le 2 mai, les syndicats étaient dissous ;

-22 juin 1933, le SPD (parti socialiste allemand) interdit

-le 14 juillet, le parti unique était proclamé ;

-le 19 octobre, l'Allemagne se retirait de la SDN ;

-le 20 avril 1934, création de la gestapo ;

-dans la nuit du 29 au 30 juin 1934, massacre des S.A. ;

-le 13 juillet 1935, interdiction des témoins de Jéhovah ;

-le 17 août 1935, interdiction des loges maçonniques,

-15 septembre 1935, lois anti-juives de Nuremberg...

*sans oublier la violation joyeuse et publique de tous les traités internationaux (réarmement de l'Allemagne dès mars 1935 etc)

En Espagne :

Coup d'Etat du général Mola le 17 juillet 1936 qui entraîna la guerre civile, l'intervention de Franco et la fin de la République espagnole qui avait été proclamée le 14 avril 1931.

En France :

Le Front Populaire avait gagné les élections législatives des 26 avril et 3 mai 1936. Léon Blum était devenu président du Conseil le 4 juin.

Le constat :

Lorsque s'ouvrirent les J.O. le 1er août 1936 à Berlin, il était de notoriété publique que l'Allemagne était devenue une dictature, qu'elle avait supprimé toutes les libertés publiques, qu'elle se déclarait officiellement anti-juive, qu'elle avait entrepris une politique massive de réarmement....Il n'y avait pas besoin de sortir de la promotion Voltaire de l'ENA pour comprendre que les nazis utilisaient ces jeux comme tribune de propagande. Leur propagande fut en outre relayée par le célèbre film de Léni Riefenstahl : « Les Dieux du stade ».

Dans ce contexte, des voix s'étaient élevées pour demander le boycott des J.O. de Berlin. Certains avaient proposé des contre-jeux appelés « olympiades populaires » qui devaient se tenir à Barcelone.

Malgré tout cela, tous les pays décidèrent leur participation aux J.O. de Berlin. En France un seul député (Pierre Mendès-France) se prononça contre cette participation. Mais enfin il ne faut oublier que c'est la même assemblée du front populaire, élue en 1936, qui vota les pleins pouvoirs à Pétain en 1940 !

Emission de télévision :

Le 15 mars 2015 sur France 5 il y eut une émission consacrée aux J.O. de 1936 à Berlin. Dans la délégation française il y avait un jeune sportif âgé de 12 ans (barreur à l'aviron). Près de 80 ans plus tard il témoignait dans cette émission.

A l'époque, il fut admiratif devant la qualité des structures mises à disposition des jeux, devant le grandiose des cérémonies, devant le déroulement parfait des compétitions, devant une organisation impeccable en tous points...mais en même temps il rentra avec un sentiment de crainte : il disait à sa famille : « on aura la guerre, on aura la guerre ».

Quatre ans plus tard, l'armée allemande envahissait en France.

*Comment ne pas faire un rapprochement avec Alexandre Dumas qui publia en 1866 : « La terreur prussienne » après un séjour en Prusse (voir sur mon blog la fiche N° 83 http://jean.delisle.over-blog.com/article-la-terreur-prussienne-114461627.html). Là, déjà, quatre ans plus tard, les Prussiens envahissaient la France ! L'avertissement de Dumas n'avait servi à rien et la leçon fut très vite oubliée !

En guise de conclusion :

Lors des accords de Munich (le 30 septembre 1938) Winston Churchill déclara :

« Ils ont accepté le déshonneur pour avoir la paix. Ils ont le déshonneur, ils auront la guerre ».

Cela pouvait s'appliquer aussi aux Jeux Olympiques de 1936. En fait, cela peut s'appliquer à toute la période allant de janvier 1933 au 10 mai 1940, période de capitulation en capitulation. On a vu le résultat !

Il est hélas à craindre que cela ne serve même pas, tellement les humains semblent particulièrement doués pour oublier les leçons de l'histoire !

Bien sûr, aujourd'hui l'Allemagne n'est plus le problème. Il est même heureux que ce pays ait retrouvé sa puissance pour tenir à bouts de bras le reste de l'Europe, mais il n'y a pas besoin de beaucoup d'imagination pour établir un parallèle entre les méthodes des nazis et celles des islamistes actuellement.

En 2010, en préparant une conférence pour le cent-cinquantième anniversaire de la réunion de la Savoie à la France, j'avais retrouvé une citation de lord Palmerston (qui fut premier ministre britannique dans les années 1855/1865) et qui avait dit en parlant de Napoléon III :

« La tête de Napoléon III ressemble à une garenne, les idées s'y reproduisent comme les lapins ».

Il me semble qu'il y en a encore à qui cela pourrait s'appliquer. A chacun de mettre les noms qui lui conviennent.

J.D. 27 mars 2015

affiche des J.O. de 1936 à Berlin

affiche des J.O. de 1936 à Berlin

monument sur le champ des sports à Berlin en 1936

monument sur le champ des sports à Berlin en 1936

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