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28 avril 2021 3 28 /04 /avril /2021 11:27

Exegi monumemtum N°693

 

En traduction littérale, « exegi monumentum » signifie : « j’ai érigé un monument ».

Il s’agit en fait du titre d’une ode du poète latin Horace qui vécut au premier siècle avant Jésus-Christ (-65/-7). Dans cette ode, il prétendait que son œuvre était plus haute (plus importante) que la pyramide de Khéops ! Il ne risquait pas de mourir de modestie !

Ce terme a été repris par Alexandre Dumas dans un texte publié en 1851 et intitulé : « une année à Florence ».

Dans cette œuvre, Dumas analyse (au passage) les titres du Moniteur (un quotidien de l’époque) à l’occasion du retour de Napoléon de l’île d’Elbe :

rappel des faits :

*de 1792 à 1815, il y eut 7 coalitions de l’Europe contre la France.

*défait par la sixième coalition, Napoléon abdiqua une première fois le 4 avril 1814. (les adieux à Fontainebleau)

*exilé à l’île d’Elbe où il arrive le 3 mai 1814 ; Napoléon s’en échappe le 26 février 1815 alors que Louis XVIII (frère de Louis XVI) est devenu roi de France

*débarqué à Golfe Juan le 1er mars 1815, il était à Grenoble dès le 7 mars , à Lyon le 10 mars et entrait aux Tuileries à Paris le 20 mars 1815 à 21 heures.

 

Voici les titres du Moniteur du 26 février au 20 mars 1815 comme les a relevés et publiés Alexandre Dumas :

«* L’anthropophage est sorti de son repaire

*L’ogre de Corse vient de débarquer au golfe Juan

*Le tigre est arrivé à Gap

*Le monstre a couché à Grenoble

*Le tyran a traversé Lyon

*L’usurpateur a été vu à soixante lieues de la capitale

*Bonaparte avance à grands pas mais il n’entrera jamais dans Paris

*Napoléon sera demain sous nos remparts

*L’empereur est arrivé à Fontainebleau

*Sa majesté impériale et royale a fait hier son entrée en son château des Tuileries au milieu de ses fidèles sujets »

 

et voici le commentaire d’Alexandre Dumas : « C’est l’exegi monumentum du journalisme ; il n’aurait rien dû faire depuis, car il ne fera rien de mieux ».

Dans le sens du texte de Dumas, cela signifie qu’en matière de soumission (d’abord au pouvoir royal en place : Louis XVIII) puis d’hypocrisie, il ne pourra rien y avoir de mieux ! Mais les Français qui ont vécu l’occupation ont pu voir les évolutions : avant, pendant et après l’occupation !

On trouvera en illustration une pièce de monnaie frappée pendant la période des « Cent Jours » ; emprunt au net.

J.D. 28 avril 2021

 

 

 

Exegi monumemtum N°693
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27 mars 2021 6 27 /03 /mars /2021 19:58

La médaille de Sainte-Hélène N°692

 

Avant de rendre son dernier souffle à Sainte-Hélène le 5 mai 1821 à 17,49 heures, Napoléon Bonaparte avait émis le vœux de récompenser sur sa fortune personnelle tous ceux qui avaient servi dans l’armée française entre 1792 et 1815.

Ce fut Louis Napoléon Bonaparte devenu l’empereur Napoléon III qui exerça ce souhait en créant la « médaille de Sainte-Hélène » par décret du 12 août 1857.

Pour recevoir cette médaille, il fallait être vivant à la date du décret et prouver (par livret militaire ou autres) son appartenance à l’armée française entre 1792 et 1815 et ce, sans délai de temps minimum à l’armée.

Désiré-Albert Barre (1818/1878, peintre, médailleur, dessinateur de timbres) avait réalisé le modèle avec le portrait de Napoléon d’un côté et cette inscription de l’autre : « campagne de 1792 à 1815, à ses compagnons de gloire, sa dernière pensée, Sainte-Hélène 5 mai 1821 ». Voir illustration, emprunt au net, photo NBK.

Ce fut Napoléon III lui-même qui remit les premières médailles dès le 15 août 1857. En tout 405.000 survivants la reçurent. Compte-tenu du délai passé depuis 1815, cela suppose une mobilisation considérable pour l’époque entre 1792 et 1815 ; mais il faut rappeler qu’il y eut 7 coalitions de l’Europe contre la France durant ces 23 années.

Parmi ces médaillés, il y eut probablement beaucoup de Savoyards puisque selon l’historien genevois Paul Guichonnet (1920/2018), 24.000 furent soldats dans les armées de Napoléon dont 800 furent officiers.

Cette distribution de médailles peu de temps avant le référendum sur la réunion de la Savoie et de Nice à la France servit probablement à entretenir le souvenir français et la gloire du premier empire.

L’île de Sainte-Hélène est située dans l’Atlantique sud ; l’Angola, le point d’Afrique le plus proche est quasiment à 2.000 kms ; les Anglais pouvaient difficilement trouver une île plus isolée pour exiler Napoléon. Cela ne nuisit pas à la gloire de Napoléon, au contraire même probablement ; voir l’engouement lors du rapatriement de sa dépouilles en 1840 : notes N°520 http://jean.delisle.over-blog.com/2019/02/la-belle-poule-et-la-favorite-n520.html et 639 http://jean.delisle.over-blog.com/2020/06/le-retour-de-l-empereur-n-639.html

J.D. 27 mars 2021

La médaille de Sainte-Hélène N°692
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26 mars 2021 5 26 /03 /mars /2021 17:49

L’inauguration de la gare de Chartres N°691

 

C’est le 5 juillet 1849 que fut inaugurée la gare de Chartres.

Le 5 juillet 1949, pour le centenaire, un quotidien local (l’Écho Républicain) consacrait un grand article au rappel de l’événement. En 1949, j’avais 10 ans, mais mon père (Paul Joseph, né à Chartres en janvier 1909) découpa et conserva l’article que je viens de retrouver à l’occasion de l’emménagement dans une maison de retraite à Chambéry.

C’est une ordonnance royale (de Louis XVIII) du 26 février 1823, qui autorisa la construction de chemins de fer en France et le premier tronçon mis en service le fut le 30 juin 1827 entre Saint-Étienne et Andrézieux dans la Loire (aujourd’hui Andrézieux-Bouthéon ville d’environ 10.000 habitants sur la Loire, à 17 kms de Saint-Étienne) ; la première fonction du premier train fut le transport du charbon.

Chartres, chef-lieu de l’Eure-et-Loir, et qui doit son nom à l’ancien peuple des Carnutes, se trouvait sur le parcours d’une grande ligne prévue pour relier Paris à Brest. Le premier tronçon (Paris-Versailles rive gauche) fut mis en service le 2 août 1839, Chartres fut atteint 10 ans plus tard, Rennes en mai 1857, Guingamp en 1863 et Brest en 1865 ; mais dès 1849, les habitants de Chartres purent se rendre à Paris en train.

Ce fut le président de la seconde République (Louis Napoléon Bonaparte) qui arriva en train le 5 juillet 1849 à midi 15 à la gare de Chartres (appelée à l’époque « l’embarcadère »), il était accompagné du Vice-Président (Boulay de la Meurthe), du Président du Conseil (Odilon Barrot), du Président de l’Assemblée nationale (Dupin). Ils furent accueillis par le Préfet (de Suleau), le maire de Chartres (Rémond), l’évêque (Pye)…. Après les discours d’usage et une bénédiction de locomotives, une réception se déroula devant le portail royal (porche ouest) de la cathédrale (monument dont la principale partie fut réalisée au début des années 1200 et qui fut classé au patrimoine de l’Unesco dès 1979 ; monument surtout célèbre pour son impressionnante collection de vitraux qui viennent d’être rénovés. Puis le président visita l’évêché. L’évêque lui montra le lit où Napoléon Bonaparte avait couché en 1811.

Le président en profita pour décorer un ancien soldat des campagnes d’Italie et d’Égypte, âgé de 76 ans et nommé Joseph Bernard Delisle, de Brou (ville du sud de l’Eure-et-Loir). Mon grand-père Delisle s’appelait Joseph Stanislas, il était né à Brou le 31 janvier 1872 et devait être le petit-fils ou l’arrière petit-fils de ce Joseph Delisle décoré par Louis Napoléon Bonaparte. Enfin il y eut un banquet pour 1800 invités dont voici le commentaire rapporté par l’Echo Républicain :

« les convives en conservèrent un mauvais souvenir du fait de l’organisation défectueuse, du service pitoyable. On se servait soi-même comme on le pouvait. Le poisson était d’une fraîcheur douteuse ; les pâtés de Chartres avaient été fabriqués à Paris ; le dessert fut servi trop tôt, avant d’autres mets, le café trop tard...L’un des députés d’Eure-et-Loir, M. Noël Parfait, avait signé, quelques semaines auparavant, une proposition tendant à ce que Louis Bonaparte et ses ministres fussent mis en accusation pour crime de haute trahison et violation de la Constitution. Or cela ne l’empêcha nullement d’aller s’asseoir à la table même du président... ». Pauvre France !

On rappellera que Louis Napoléon Bonaparte fut le premier citoyen à recevoir le titre de président de la république française, puisqu’il n’y eut pas de président lors de la première République (de 1792 à 1804) et que la seconde République ne dura que jusqu’à l’avènement du second empire c’est-à-dire de 1848 à 1852.

On trouvera en illustration une photo récente de la gare de Chartres ; emprunt au net.

J.D. 26 mars 2021

la gare de Chartres

la gare de Chartres

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21 mars 2021 7 21 /03 /mars /2021 14:51

Corvette N°690

 

Le 1er avril 1942, fut fondé un réseau de résistance nommé « phratrie » rattaché au Bureau (gaulliste) Central de Renseignements et d’Actions qui regroupa 8 sous-réseaux dont l’un fut nommé « Corvette ». Le champ d’actions de Corvette fut le Dauphiné et les 2 départements savoyards. L’activité du réseau phratrie prit fin le 30 septembre 1944.

Dans la nuit du 13 au 14 février 1941, 2 membres du réseau Corvette (un chef et un opérateur radio) partis de Londres furent parachutés sur le territoire français. Par manque de chance, le chef se cassa une jambe en atterrissant. Hospitalisé, il fut arrêté par la milice et remis à la gestapo. Pour échapper aux balles allemandes, il parla. Le radio, lui, fut arrêté au passage de la ligne de démarcation, et parla également et pour les mêmes raisons.

Ce fut le 8 août 1941 que les membres du réseau furent arrêtés ; 26 furent tués dont 5 femmes et 11 déportés.

Le radio fut jugé le 13 février 1946 et fusillé au fort de Montrouge le 28 mai 1946, quand au chef, il fut emprisonné à vie. Triste histoire !

A Chambéry, dans le jardin du Verney, côté ouest, une stèle a été élevée à la mémoire des 26 tués de ce réseau ; cette stèle a été rénovée en février 2021 à l’initiative de la ville de Chambéry, voir photo du 18 mars 2021.

J.D. 21 mars 2021

récapitulation des articles de ce blog qui concernent peu ou prou la seconde guerre mondiale :

 

*Corvette (N°690)

*Italie et Savoie, destins croisés (N°681)

*Entre-deux-guerres (N°680)

*1936 et la suite (N°633)

*Un poker menteur (N°563)

*Le Garigliano (N°555)

*Un triangle grec en Italie (N°547 à 549)

*Le drapeau corse (N°510)

*Le Mont Cassin (N°496)

*Italo Gariboldi (N°480)

*Vae Victis (N°479)

*Les derniers jours de Mussolini (N°397)

*Trieste (N°350)

*Le traité de Paris du 10 février 1947 (N°340)

*Le train de la reconnaissance française (N°284)

*L'an 40 sur le vif (N°252)

*Les oubliés (N°241)

*à Munich le 30 septembre 1938 (N°238)

*1866/1936 (N°234)

*L'Afrikakorps (N°209)

*à Paris en juin 1942 (N°206)

*Marie José la reine de Mai (N°204)

*Pétain, De Gaulle, Mitterrand (N°174)

*La Pologne de l'entre-deux-guerres (N°173)

*Le carnet B (N°169)

*La motion du Reichstag (N°168)

*La terreur prussienne (N°83)

*Lénine/Staline (N°73)

*Thorez, Staline (N°11)

*Histoire d'Israël (N°6)

 

stèle du réseau Corvette à Chambéry

stèle du réseau Corvette à Chambéry

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27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 13:38

La Main Noire N° 689

 

La Main Noire fut le nom donné à une organisation patriotique serbe fondée en 1911 et dont l’objectif était de réunir tous les Serbes dispersés entre la Serbie et des territoires annexés par l’empire d’Autriche-Hongrie et ceux récupérés par l’empire Ottoman. Le premier chef de ce mouvement fut un colonel serbe nommé Dragutin Dimitrijevic (initiales DD) tandis qu’à la même époque, l’ambassadeur serbe en Autriche avait pour nom Jovan Jovanovic (initiales JJ).
Un autre mouvement appelé « Jeune Bosnie » avait lui, l’ambition de réunir tous les Slaves, ce qui faisait en grande partie double emploi avec la Main Noire ; les Serbes étant des Slaves.

Aujourd’hui, la Serbie est une République de 77474 km² comptant un peu plus de 7 millions d’habitants, complètement enclavée dans la péninsule des Balkans. Le pays est entouré (en partant du nord) par : la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, la Macédoine, le Kosovo, le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine et la Croatie ; sans aucun accès à la mer !

L’histoire du pays a toujours été très compliquée : annexé par les Romains sous le règne d’Auguste (empereur de -27 à +14), attribué à l’empire romain d’Orient (appelé aussi empire Byzantin) en l’an 395, ce qui n’empêcha pas le territoire d’être envahi par les Huns et les autres (Avars, Ostrogoths, Gépides…), puis le pays fut disputé entre les Bulgares, l’empire d’Autriche-Hongrie, l’empire Ottoman...Il y eut donc des périodes d’occupation, de soulèvements entrecoupés d’indépendances avec une principauté de Serbie en 626, un royaume de Serbie en 1217, un empire serbe en 1346…. pour aboutir à un royaume de Yougoslavie en 1929 puis à la République socialiste de Yougoslavie en 1945 transformée en une communauté d’États de Serbie et du Monténégro en 2003 enfin à la République actuelle de Serbie en 2006.

L’histoire explique l’audience des mouvements nationalistes serbes (exa...cerbés!)

C’est dans ce contexte que se déroula la visite à Sarajevo le 28 juin 1914 de l’Archiduc d’Autriche François-Ferdinand (FF, prince-héritier) et qu’il fut assassiné ainsi que son épouse Sophie. Un premier serbe nommé Mehmed Mehmedbasic (MM) tira sur François-Ferdinand et loupa son coup, un second, Nedeljko Cabrinovic lança une bombe dans la voiture, mais François-Ferdinand parvint à la repousser et la bombe explosa à l’extérieur, enfin un troisième homme : Gravilo Princip tira et tua François-Ferdinand et Sophie. Les deux premiers étaient membres de La Main Noire et le dernier de Jeune Bosnie. Les deux mouvements furent donc complices. Pour beaucoup de commentateurs, cet assassinat fut la cause de la guerre de 14, pour quelques autres, plus exactement le prétexte ! Les apprentis-sorciers qui voulurent la guerre , n’avaient pas prévu, tout au moins il faut l’espérer, ni la longueur du conflit, ni l’hécatombe qu’il provoqua ! Voir la fiche N° 55http://jean.delisle.over-blog.com/article-la-fin-des-4-empires-97643758.html et la fiche N°487 http://jean.delisle.over-blog.com/2018/11/28-juin-1814-n-487.html

Comme l’histoire est souvent curieuse, on peut remarquer que les principaux généraux français de l’époque furent : Joseph Joffre (JJ), Ferdinand Foch (FF), Philippe Pétain (PP), Louis Lyautey (LL), sans oublier l’assassinat de Jean Jaurès (JJ, assassiné le 31 juillet 1914, par un Vilain !) ni que le président américain qui engagea son pays dans la guerre en 1917 s’appelait Woodrow Wilson (WW, comme World War), enfin que le général anglais qui commandait les premières troupes qui débarquèrent en France s’appelait… French !

On trouvera en illustration le pont dit « latin » de Sarajevo ; ville fondée par les Ottomans en 1461 et qui est depuis 1992 la capitale de la Bosnie-Herzégovine, République de l’ex-Yougoslavie proclamée lors de la guerre dite de Bosnie-Herzégovine de 1992 à 1995.

Le pont fut, lui, construit en 1798, 1799.

Durant la période de la Yougoslavie, de 1931 à 1992, ce pont avait reçu le nom de « Princip » (l’assassin de François-Ferdinand et de Sophie).

J.D. 27 février 2021

récapitulation des articles de ce blog qui concernent peu ou prou la première guerre mondiale :

 

*La Main Noire (N°689)

*28 juin 1914 (N°487)

*11 novembre (N°486)

*Franz von Hipper (N°468 et 469)

*Annaïk Labornez (N°459)

*Centenaire du 26 juin 1917 (N°359)

*Le duc d'Aoste (N°352)

*Hemingway et Rommel (N°351)

*Gorizia et Nova Gorica (N°342)

*Le train de la reconnaissance française (N°284)

*La guerre de 14 et l'occupation (N°211)

*La conférence de Washington ou la mésentente cordiale (N°176)

*Batailles navales (N°175)

*Pétain, De Gaulle, Mitterrand (N°174)

*La Pologne de l'entre-deux-guerres (N°173)

*Le désastreux traité de Versailles (N°172)

*Les femmes et la guerre de 14 (N°171)

*Gotha et Bertha (N°170)

*La motion du Reichstag (N°168)

*Un dîner à l'ambassade des Etats-Unis (N°163)

*Les Roumaines (N°162)

*L'Italie et la guerre de 14 (N°161)

*La déclaration Balfour (N°159)

*La Turquie et l'Europe (N°158)

*Analyse d'une défaite (N°154)

*La bataille de Tannenberg (N°152)

*Un dîner le 10 février 1914 (N°151)

*Le funiculaire franco-allemand (N°133)

*Briand, Driant et Verdun (N°113)

*Comme en 14 (N°110)

*La fin des 4 empires (N°55)

*Clara (N°8)

*Histoire d'Israël (N°6)

 

 

le pont latin de Sarajevo

le pont latin de Sarajevo

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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 15:49

Mathilde est revenue N° 688

 

 

La Mathilde dont il est question dans cette note, n’est pas celle de la chanson de Jacques Brel (1964) mais Mathilde Bonaparte née à Trieste le 27 mai 1820, fille de Catherine de Wurtemberg (1783/1835, cousine de la reine Victoria et nièce de la tsarine Marie Feodorovna) et de Jérôme Bonaparte (1784/1860, le plus jeune de la fratrie Bonaparte). Elle fut donc la nièce de l’empereur Napoléon 1er et la cousine de l’empereur Napoléon III : belle carte de visite !

Élevée à Rome puis à Florence, elle se maria à Florence le 1er novembre 1840 avec Anatole Demidoff, un Russe qui avait été fait prince de San Donato par le Grand Duc Léopold II de Toscane (il s’agit de San Donato in Poggio en Toscane à ne pas confondre avec San Donato Milanese ou avec San Donato Val di Comino dans le Latium).

L’Anatole en question avait une maîtresse (Valentine de Sainte-Aldegonde, 1820/1891) mariée depuis 1839 avec un membre de la famille Talleyrand-Périgord titré duc de Dino ; ce titre avait été créé en 1815 par Ferdinand 1er roi des Deux-Siciles. Dino est une île italienne au large de la Calabre). Malgré son mariage, Anatole ne voulut pas se séparer de sa maîtresse.

Exédée, l’épouse (Mathilde) insulta la maîtresse (Valentine) au cours d’une cérémonie en 1846, ce qui lui valut d’être giflée par son mari (Anatole). Mathilde s’enfuit aussitôt et obtint le divorce avec une pension confortable.

Elle vint d’abord à Paris puis acheta en 1853 un château à Saint Gratien (ville du Val d’Oise à 11 kms au nord de Paris et qui a aujourd’hui 21.000 habitants). Ce château avait été construit en 1806 pour Jean-Baptiste Legendre préfet impérial et inauguré en présence de Napoléon 1er

Elle tint un salon littéraire très réputé d’abord à Paris rue de Courcelles qui fut fréquenté par Sainte-Beuve, Gustave Flaubert, Alexandre Dumas, Marcel Proust, Théophile Gautier..., puis lorsque Louis Napoléon Bonaparte devint président de la seconde République française (de 1848 à 1852), ce fut Mathilde qui occupa à l’Élysée le rôle de « première dame » (la première pour le premier président de la République française!). Ce n’est qu’en janvier 1853 que Napoléon III épousa Eugénie de Montijo.

En 1870, à l’abdication de Napoléon III, elle s’exila un an en Belgique puis … Mathilde est revenue… en France !

A Saint Gratien, Mathilde fit construire une église (dédiée à Saint Gratien et consacrée le 23 mai 1859) où elle fut inhumée lors de son décès en janvier 1904. Le château est dénommé « de la princesse Mathilde » comme une avenue et un lac.

On trouvera en illustration un tableau représentant le salon de Mathilde ainsi que son portrait ; emprunt au net.

J.D. 20 février 2021

récapitulation des notes de ce blog qui concernent peu ou prou Napoléon III :

 

*Les Chouans et les Vendéens : Balzac, Dumas, Hugo (N°631)

*Arenenberg (N°626)

*La Savoie germanique (N°513)

*La guerre de trois (N°354)

*Le château de Miramare (N°346)

*Les Présidents de la République (N°332)

*87.847 Français prisonniers des Suisses (N°304)

*Torino et toro (N°283)

*Le Chant des Allobroges (N°188)

*Les empereurs français (N°160)

*2.000 ans ...de Milan (N°140)

*Un récit savoyard gratiné (N°84)

*La terreur prussienne (N°83)

*Hortense et Marie à Aix-les-Bains (N°68)

*Les asperges vertes de Santena (N°41)

*Victor-Emmanuel II à Aix-les-Bains (N°19)

*Le 14 juin 1860 à midi (N°15)

*Petites histoires de la Grande Histoire (N°7)

*Réunion de la Savoie et de Nice à la France en 1860 (N°1)

 

 

 

salon et portrait de Mathilde
salon et portrait de Mathilde

salon et portrait de Mathilde

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17 février 2021 3 17 /02 /février /2021 20:54

Washington Square N° 687

 

Washington Square est un parc de 4 hectares situé à New-York vers le sud de Manhattan. Il fut aménagé en 1826 à l’emplacement d’un ancien cimetière ; 20.000 corps reposent encore sous le square.

Ce square est le point de départ (ou d’aboutissement) de la Vè Avenue et l’un des côtés du square est bordé par des bâtiments de l’université de New-York. En 1880, Washington Square a donné son nom à un roman de Henry James.

Sur ce square, outre des jeux d’échecs, on trouve un arc de triomphe à George Washington, une statue à Garibaldi et une autre à Fiorello La Guardia.

 

*l’Arc de triomphe : haut de 23 mètres, celui-ci a été érigé en 1889 pour le centenaire de la première élection du premier président des États-Unis (George Washington élu la première fois le 30 avril 1789 et qui fut président jusqu’au 4 mars 1797, d’abord à New-York puis à Philadelphie à compter de 1790, jusqu’au transfert de la capitale à Washington en 1800)

D’abord en bois, l’arc de triomphe fut remplacé en 1892 par un arc en pierres qui a été rénové de 2002 à 2004.

 

*statue Garibaldi : cette statue a été financée en 1888 par la communauté italienne de New-York. La statue en bronze sur un socle en granit est l’œuvre du sculpteur Giovanni Turini originaire de Vérone (1841/1899), qui fut volontaire dans l’armée de Garibaldi avant d’émigrer aux États-Unis en 1874. Ce Giovanni Turini est également le sculpteur en 1878 à New-York d’un buste de Giuseppe Mazzini à Central Park.

 

*statue de Fiorello La Guardia : Ce Fiorello naquit à New-York en 1882 d’un père originaire de Foggia dans Les Pouilles et d’une mère de Trieste. Il mourut à New-York en 1947. Il fut maire de New-York de 1934 à 1945.

Le 10 juillet 1944, il avait reçu Charles De Gaulle à l’Hôtel de ville de New-York et lui avait fait visiter la ville (voir « Mémoires de guerre » tome II). Il est en outre connu pour avoir :

-participé comme volontaire dans un corps d’aviateurs américains qui en 1917 combattirent avec les Italiens (contre les Autrichiens)

-combattu, en tant que Maire, la maffia de New-York

-été membre de la loge maçonnique « Garibaldi » à New-York.
C’est le 2 novembre 1939 qu’un aéroport de New-York, créé en 1937, a pris le nom de La Guardia.

 

On trouvera en illustration l’arc de triomphe à Washington Square ainsi que les statues à Garibaldi et à La Guardia.

J.D. 17 février 2021

récapitulation des articles de ce blog qui concernent peu ou prou les Etats-Unis :

*Washington Square (N°687)

*Entre-deux-guerres (N°680)

*Pierre et Bismarck (N°599)

*La Camorra et ses ancêtres (N°499)

*Trente-deux épouses (N°401)

*Le groupe Bilderberg (N°382)

*Lyndon B. Johnson (N°376)

*Trois sentiers américains (N°375)

*Centenaire du 26 juin 1917 (N°359)

*L'intox, un cas d'école (N°353)

*New Bern (N°335)

*Droit de veto (N°316)

*Jeanne d'Arc et les États-Unis (N°296)

*Ohio (N°294)

*Delaware (N°293)

*Benjamin Franklin (N°292)

*Les Chinois (N°291)

*Betsy Ross et Elfreth's Alley (N°289)

*La belle « Liberty Bell » (N°288)

*La Maison des Charpentiers (N°287)

*William Penn (N°286)

*Le train de la reconnaissance française (N°284)

*Louis XVI et Nantes (N°245)

*Auguste Bartholdi-Amilcar Hasenfratz (N°235)

*Le Texas (N°233)

*Le Mississippi (N°232)

*à Paris en juin 1942 (N°206)

*La Caroline du Nord (North Carolina) (N°200)

*Le pacte Briand-Kellogg (N°193)

*à Genève le 10 septembre 1926 (N°192)

*La conférence de Washington ou la mésentente cordiale (N°176)

*Le désastreux traité de Versailles (N°172)

*La conférence de Rome (N°165)

*Un dîner à l'ambassade des Etats-Unis (N°163)

*La Constitution américaine (N°135)

*Le serment sur la Bible (N°134)

*Virginia Dare, Walter Raleigh, Elisabeth Tudor et la Virginie (N°59)

*La fin des 4 empires (N°55)

*les coqs de Key-West (N°35)

*Le dollar (N°20)

 

Washington Square N°687
Washington Square N°687
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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 16:08

Deux statues en bois N° 686

 

C’est le 6 août 1945 que les Américains larguèrent la première bombe atomique sur le Japon, à Hiroshima au sud de l’île de Honshû ; puis le 9 août la seconde sur Nagasaki (à l’ouest de l’île de Kyûshû). Le principal objectif était une usine de munitions de Mitsubishi, mais la bombe se déporta. Officiellement 73884 victimes décédèrent avant la fin de 1945 outre 74909 blessés, sur une population de 240.000 habitants. Parmi les quartiers détruits, celui d’Urakami qui était un quartier chrétien.

C’est un missionnaire espagnol qui amena le christianisme au Japon en 1549. La communauté chrétienne se développa mais dut faire face à des périodes de persécutions durant lesquelles elle survécut clandestinement. En 1895, au sortir d’une de ces périodes de persécutions, une cathédrale fut construite.

La bombe atomique détruisit cette cathédrale et tua 8500 des 12.000 membres de la communauté catholique.

Dès 1945, deux statues en bois furent retrouvées dans les décombres de la cathédrale : l’une représente Sainte Agnès et l’autre la Vierge Marie. 

La cathédrale a été reconstruite en 1959 et après diverses pérégrinations, la statue de Marie a retrouvé sa place dans la cathédrale de Nagasaki en mai 2000. De même, le 7 août 2019, une croix qui appartint à cette cathédrale avant le bombardement a retrouvé sa place, elle aussi. La statue de Sainte Agnès, pour sa part, est désormais au siège de l’ONU à New-York.

Le 30 juin 2018, les sites chrétiens de la région de Nagasaki furent inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco.

En 2003, la commune de Chailly-sur-Armançon dans la Côte d’Or a organisé une course cycliste en l’honneur de cette vierge de Nagasaki. Le château de cette commune avait été racheté en 1987 par un japonais du nom de Yasuhiko Sata.

On trouvera en illustration la cathédrale de Nagasaki reconstruite ainsi que les deux statues en bois rescapées de la bombe atomique, emprunt au net.

J.D. 10 février 2021

cathédrale de Nagasaki, Sainte Agnès
cathédrale de Nagasaki, Sainte Agnès

cathédrale de Nagasaki, Sainte Agnès

Marie

Marie

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 16:55

Pietro Badoglio N° 685

 

Il naquit le 28 septembre 1871 dans le Piémont à Grazzano Monferrato, commune qui a aujourd’hui 615 habitants et qui en 1939 a pris le nom de Grazzano Badoglio, nom qu’elle conserve encore. Cette commune est située exactement à mi-chemin entre Asti et Casale Monferrato.

En octobre 1888, Pietro Badoglio entra dans une école militaire à Turin (Regia accademia di Savoia) dont il sortit sous-lieutenant le 16 novembre 1890 et participa aux guerres coloniales italiennes ainsi qu’à la première guerre mondiale et particulièrement aux batailles de l’Isonzo, voir la fiche N°161 http://jean.delisle.over-blog.com/2014/02/l-italie-et-la-guerre-de-14-n-161.html.

Voici l’évolution de sa carrière :

7 août 1892 : lieutenant

13 juillet 1903 : capitaine

25 février 1915 : lieutenant-colonel

avril 1916 : colonel

6 novembre 1916 : major-général

juin 1920 : maréchal

1928/1933 : gouverneur de Libye

mai 1936 : duc d’Addis-Abeba et vice-roi d’Ethiopie

Pietro Badoglio ne semble pas avoir participé à la campagne de France ; les troupes italiennes d’invasion étaient commandées par Humbert fils du roi Victor-Emmanuel III.

du 25 juillet 1943 au 8 juin 1944 : président du Conseil italien en remplacement de Mussolini. Il signa l’armistice avec les Alliés le 8 septembre 1943 pendant que Mussolini emprisonné, libéré par un commando de parachutistes allemands créait en Italie du nord la RSI (République Sociale Italienne) appelée République de Salo.

Les partisans ne lui pardonnèrent pas sa période de collaboration avec le régime fasciste et l’un d’eux nommé Benvenuto Revelli (surnommé Nuto Revelli 1919/2004) composait une chanson aussi crue que satirique intitulée « la Badoglieide » dont ci-joint le lien.https://www.youtube.com/watch?v=UEJ2Gn2vCsM

On trouve facilement la traduction française sur internet.

En Italie, cette chanson en a, depuis, inspiré quelques autres : « la Bergoglieide » (Bergoglio étant le nom civil du pape François), « la Salvineide », « la Renzieide »…

Badoglio décéda le 1er novembre 1956 dans son village natal. En 1955, peu de temps avant sa mort, une auteure italienne (Vanna Vailati) publia les souvenirs de Badoglio sous le titre : « « Badoglio racconta ». On trouvera son portrait en illustration.

J.D. 7 février 2021

Pietro Badoglio

Pietro Badoglio

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5 février 2021 5 05 /02 /février /2021 16:22

La villa Savoia N° 684

 

à Rome, au sud du confluent du Tibre (Tevere) et de la rivière Aniene, se trouve un parc de 180 hectares ; il est à l’extérieur du mur d’Aurélien, le long de la via Salaria et proche du parc de la villa Borghèse plus connu.

Au nord de ce parc se trouve une colline nommée Monte Antenne où vécut une tribu sabine qui fut la première ennemie de la Rome naissante lors du célèbre enlèvement des Sabines. Sur le côté Est on a les catacombes de Priscilla, une noble romaine du second siècle qui donna un terrain pour l’inhumation des chrétiens. Parmi les occupants de ces catacombes : 7 papes.

Au XVIIIe siècle la famille Pallavicini acheta le terrain et l’aménagea avec :

*un temple dédié à Flore, divinité agraire romaine d’origine sabine

*un chalet suisse, aujourd’hui un restaurant

*une villa qui fut appelée « palazzina reale » lorsque Victor-Emmanuel II acheta la propriété » en 1872 ; elle fut complétée par des écuries royales. Victor-Emmanuel II fit don de la villa à sa maîtresse Rosa Vercellana Guerrieri à qui il avait donné un titre de « contessa di Mirafiori e di Fontanafreda ». Elle eut 2 enfants avec Victor-Emmanuel qui les reconnut ; c’est elle qui inspira la chanson : « la bella Gigogin ».https://www.youtube.com/watch?v=0EPC0p5HSVA

Puis la propriété fut vendue à un Suisse, le comte Tellfner qui lui donna le nom de sa femme : Ada.

Victor-Emmanuel III racheta la propriété en 1904 et la villa fut alors nommée « villa Savoia », jusqu’en 1946, puis le bâtiment devint l’ambassade de l’Égypte à Rome. En 1904, Victor-Emmanuel III en avait fait don à son épouse, la reine Hélène (Elena)

*En 1941, 1942, Mussolini avait fait construire un bunker dans le parc de la villa pour abriter la famille royale et lui-même en cas de bombardement. Ce bunker abandonné après la guerre a été restauré en 2016.

*C’est dans cette villa Savoia que Mussolini rencontra pour la dernière fois le roi Victor-Emmanuel III le 25 juillet 1943 à 17 heures pour apprendre sa destitution et son remplacement comme chef de l’État par le maréchal Badoglio. On connaît la suite.

*Alessandro Mussolini (1854/1910) père de Benito, un socialiste révolutionnaire proche des anarchistes avait prénommé son fils Benito en l’honneur de Benito Juarez, un indien Zapothèque du Mexique qui devint président de la République du Mexique de 1867 à 1872 et le fut durant l’expédition militaire française au Mexique voulue par Napoléon III et qui fut un fiasco ! Voir les fiches 233 et 346.

Né en 1883, Mussolini avait fréquenté un collège chrétien de 1892 à 1894, on peut penser qu’il n’en fut pas... béni tôt !

On trouvera en illustration la villa Savoia et le lien avec la chanson « la bella Gigogin », emprunt au net.

J.D. 5 février 2021

 

villa Savoia à Rome

villa Savoia à Rome

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