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28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 13:22

Les théâtres de Naples N° 443

 

Le théâtre San Carlo : ce théâtre a été voulu par le roi Charles de Bourbon. (voir note N° 432). Il est situé en plein centre ville, proche de la mer, entre le Palais Royal auquel il fut relié par un corridor et le Castel Nuovo. Il fit partie des monuments du centre historique de Naples classé au patrimoine Unesco en 1995.

*Construit en 9 mois, il fut inauguré le 4 novembre 1737. Cela lui vaut la réputation d'être le plus ancien théâtre lyrique d'Europe. Le théâtre de Turin (teatro Regio) fut inauguré le 26 décembre 1740, la Scala à Milan le 3 août 1778, la Fenice à Venise le 16 mai 1792, le théâtre Charles-Félix (teatro Carlo-Felice) de Gênes le 7 avril 1828, le théâtre royal (teatro Regio) de Parme le 16 mai 1829, l'Opéra Garnier à Paris le 5 janvier 1875 etc… mais enfin les théâtres que l'on connaît aujourd'hui ont été souvent précédés d'autres théâtres… ce qui fut même le cas à Naples puisqu'un théâtre plus ancien (San Bartolomeo) fut transformé en église.

*Dans l'histoire des sociétés humaines, si il y eut la période de construction des pyramides, puis celles des temples, des amphithéâtres romains, des châteaux forts, des cathédrales gothiques, il y eut aussi manifestement la période des opéras.

*Un incendie ravagea le San Carlo le 13 février 1816, reconstruit en 11 mois, il fit l'objet d'une nouvelle inauguration le 12 janvier 1817. Il fut électrifié en 1890 et un nouveau foyer fut réalisé en 1937. En demi-cercle, il a six étages de loges, un parterre et une très grande scène. Au XIXe siècle il pouvait accueillir 3000 spectateurs, chiffre diminué de moitié au XXe siècle lors de réaménagements (probablement suite au bombardement du 4 août 1943 qui fit 3.000 morts à Naples) mais l'on suppose que les conditions de confort ont été améliorées.

*C'est Charles de Bourbon qui voulut lui donner le nom de son Saint Patron. Des Charles, l’Église en a béatifié 11 et sanctifié 6 dont 2 Italiens : saint Charles de Sezze (dans le Latium, région de Rome) qui vécut de 1613 à 1670, fut béatifié en 1882 et canonisé en 1959 ; et Saint Charles Borromée (voir note N° 415). Pour les Italiens , l'unique, le vrai, le grand Saint Charles, c'est Borromée, en outre il fut canonisé en 1610, il était donc le seul saint Charles italien au moment de l'inauguration du théâtre de Naples.

*De France, le San Carlo semble moins réputé que le théâtre de Milan ou celui de Venise mais il n'en fut rien internationalement.

*De nombreuses « premières » se déroulèrent au San Carlo dont 17 opéras de Donizetti et 8 de Rossini. Tous les plus grands chanteurs (Caruso…) s'y produisirent.

*Alexandre Dumas lors de son voyage dans le royaume de Naples assista à un « grand gala » au San Carlo et en fait un long compte-rendu dans « Le Corricolo », en voici quelques extraits :

« Lorsque nous arrivâmes à Naples, la nouvelle de la mort de Bellini était encore toute récente, et, malgré la haine qui divise les Siciliens et les Napolitains, elle y avait produit, quelques fussent les opinions musicales des dilettanti, une sensation douloureuse ; les femmes surtout, pour qui la musique du jeune maestro semble plus spécialement écrite…

Au reste la troupe du Saint Charles restait toujours la plus belle et la plus complète d'Italie…

C'est une splendide chose que le Saint-Charles, jour de grand gala. Cette immense et sombre salle, triste pour un œil français pendant les représentations ordinaires, prend, dans les occasions solennelles un air de vie qui lui est communiqué par les faisceaux de bougies qui brûlent à chaque loge. Alors les femmes sont visibles…

En France on va au théâtre pour se montrer, à Naples, on va à l'Opéra pour jouir... »

*Vincenzo Bellini naquit en Sicile, à Catane, le 3 novembre 1801 et mourut en France (à Puteaux) le 23 septembre 1835. Cela situe la date du voyage de Dumas à Naples où il resta 3 semaines. Cela explique aussi l'allusion sur la haine entre Siciliens et Napolitains. Bellini fut d'abord inhumé au père Lachaise avant d'être transféré à Catane dans la cathédrale Sant'Agata. Catane la ville natale de Bellini possède aussi un opéra « Bellini » inauguré le 31 mai 1890.

Rossini fut directeur du San Carlo de 1815 à 1822 et Donizetti de 1822 à 1838.

 

Le théâtre Bellini : il est situé via...Bellini près de la place Dante et à mi-chemin entre le musée archéologique national et l'église Sainte Claire. Il fut inauguré en 1864. Victime, lui aussi, d'un incendie en 1869 il fut restauré et fit l'objet d'une nouvelle inauguration le 6 février 1877 avec une œuvre de Bellini : les Puritains (i puritani). Il acheva une première carrière en 1962 et commençait à tomber en ruines lorsqu'il fut acquis en 1986, restauré et a retrouvé sa carrière de théâtre d'opéras.

 

Le théâtre Augusteo situé place du duc d'Aoste (piazza duca d'Aosta) et très près de la galerie Humbert 1er (Umberto primo) et du théâtre San Carlo. Il fut construit de 1926 à 1929, d'abord à l'intention des dignitaires du régime fasciste. Ce théâtre est réputé pour son acoustique.

 

Le nouveau théâtre : (teatro nuovo) qui, « comme son nom l'indique » est le plus ancien de Naples (mais le pont neuf est bien le plus vieux pont de Paris!). Inauguré en septembre 1723, dans le quartier des Espagnols (quartieri Spagnoli) via Montecalvario, également proche de la galerie Humbert premier. Il s'est spécialisé dans l'opéra-bouffe. Il fut victime d'un incendie le 20 février 1861, remis en service en 1864, de nouveau incendié en 1934, il fut abandonné jusqu'en 1985, date à laquelle il a retrouvé sa vocation théâtrale. Le mode d'éclairage avant l'électricité explique probablement la fréquence des incendies.

 

Illustration : on trouvera en illustration une vue de l'intérieur du théâtre San Carlo, emprunt au net

J.D. 28 mars 2018

 

 

intérieur du théâtre San Carlo à Naples

intérieur du théâtre San Carlo à Naples

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22 mars 2018 4 22 /03 /mars /2018 18:12

Pouzzoles N°442

 

*Pouzzoles (Pozzuoli) est une ville italienne d'environ 84.000 habitants située sur la rive nord du golfe de Naples, pratiquement dans la banlieue ouest de Naples. Elle fait d'ailleurs partie de la ville métropolitaine de Naples.

*La ville fut fondée en l'an -531 par les Grecs de Samos (île grecque de la mer Égée proche de la Turquie) et par ceux déjà implantés à Cumes (ville elle-même fondée par les Grecs installés à Ischia et provenant de l'île d'Eubée située à l'est de la Grèce). La ville eut pour premier nom Dichéarchie (Dikaiarkheia). Les Romains s'en emparèrent en l'an -194 ; et la ville prit le nom de Puteoli. La ville de Pouzzoles servit alors de port pour Cumes qui se trouve de l'autre côté du cap Misène, directement sur la Méditerranée ou plus exactement sur la mer Tyrrhénienne, mais à vol d'oiseau très proche de Pouzzoles.

*La ville est au centre d'un ensemble de sites d'un grand intérêt aussi bien historique que touristique, mais avant d'en faire l'inventaire, rappelons que Pouzzoles se trouve dans une zone volcanique, les « champs Phlégréens ». La cendre volcanique du secteur était déjà utilisée par les Romains pour la fabrication de leur mortier. Pouzzoles a d'ailleurs donné son nom à la « pouzzolane ».

*Toute la zone est située au dessus d'un magma volcanique dont la masse évolue et qui provoque en surface des déformations du sol. Entre 1982 et 1984, par exemple, le sol, au centre de la ville de Pouzzoles, s'est élevé de 1,87 mètre. En 1538, le sol de Pouzzoles s'était élevé de 6 mètres avant de reperdre 4 mètres. L'éruption qui se déroula du 29 septembre au 6 octobre 1538 entraîna la formation d'une colline de 132 mètres de haut appelée « Monte Nuovo ». Vers l'an 300 puis entre le sixième et le huitième siècle, la ville romaine de Baia (Baïes), toute proche, s'était en grande partie enfoncée dans la mer, ce qui a donné lieu au vingtième siècle à d'importantes fouilles sous-marines. Ce phénomène de sol qui s'élève ou s'enfonce est appelé « bradyséisme ».

La ville de Pouzzoles elle-même conserve les restes de différents monuments romains dont un amphithéâtre prévu pour 40.000 spectateurs et construit au temps de Vespasien (empereur de 69 à 79), un temple dit de Sérapis mais qui était en fait le marché romain et qui date de la fin du premier siècle de notre ère, ainsi qu'un temple à Auguste (empereur de -27 à +14) qui fut transformé en église au XIe siècle. Auguste avait fait réaliser un tunnel de 700 mètres de long pour joindre Naples (Neapolis) à Pouzzoles et Baia. C'est près de l'entrée de ce tunnel que se trouvait la tombe de Virgile décédé à Brindisi le 21 septembre de l'an 19. Le lieu avait été appelé : « Cripta Neapolitana Piedigrotta ».

 

Les lacs Averne et Lucrin : Il s'agit de 2 petits lacs entre Cumes et Pouzzoles. Les Anciens situaient l'entrée des Enfers au lac Averne, lac d'origine volcanique formé il y a 4.000 ans. Près de ce lac se trouvait l'antre de la Sibylle de Cumes (prétresse d'Apollon) que Enée, fuyant Troie prise par les Grecs, vint consulter avant de se fixer dans le Latium (région de Rome) ; voir Virgile : l'Enéide livre VI.

Cet antre de la Sibylle fut retrouvé durant l'été 1932. Cette Sibylle avait vendu à Tarquin le Superbe, dernier roi de Rome de -534 à -509, 3 livres contenant l'avenir de Rome. Ces livres furent conservés dans le temple de Jupiter Capitolin (temple sur la colline du Capitole à Rome) jusqu'à un incendie en -83.

Lors de la guerre (de -43 à -36) entre Octave (futur Auguste) et Sextus Pompée (fils de Gnaeus Pompée dit le Grand Pompée) Agrippa utilisa ces lacs pour créer un port intérieur. Il fit relier les 2 ports par un canal et les fit communiquer avec la mer. Dans « Vies des douze Césars », Suétone (69/126) en parle au livre II : «Enfin quand il eut fait construire de nouveaux vaisseaux et affranchi vingt mille esclaves pour avoir des rameurs, il créa près de Baïes le port de Jules, en faisant pénétrer la mer dans les lacs Lucrin et Averne... ».

 

Baia : L'antique Baïes, qui doit son nom à Baios un compagnon d'Ulysse, est située sur le territoire de la commune de Bacoli (Bauli aux temps romains) qui compte 27.000 habitants sur la rive Est du cap Misène.

Profitant de ressources d'eaux chaudes, les Romains y développèrent des thermes. Beaucoup de riches Romains s'y firent construire de somptueuses villas. Parmi eux on cite Marius, Pompée, Jules César, Auguste, Agrippine, Cicéron…. Très vite la ville devint un lieu de plaisirs puis de débauche. C'est ce que l'on trouve sous la plume de Sénèque (4/65) dans une lettre à Lucilius (N°51) :

« ...Baies, elle s'est mise à être l'auberge des vices. C'est là que le plaisir se permet tout, c'est là qu'il se désentrave le plus, comme si la licence était un tribut à acquitter à cette contrée... « .

C'est à Baia que Néron fit poignarder sa mère Agrippine en 59, on y voit encore un tombeau censé être celui d'Agrippine; c'est dans la même ville que mourut l'empereur Hadrien en l'an 138 alors qu'il était venu pour s'y faire soigner.

En 1495, les Espagnols y firent construire un château nommé « Castello Aragonèse » qui a été transformé en musée archéologique en 1993. Il comporte 57 salles consacrées aux Grecs, aux Samnites et aux Romains.

Une partie de Baia a été ensevelie sous la mer mais on y voit encore quelques restes des thermes romains.

 

Misène : Misenum romain, Miseno italien est le nom d'un cap, d'un lac, d'une ville qui fait partie de Bacoli. Le cap est situé à la pointe nord-ouest du golfe de Naples. On a, de fait, un alignement : Naples, cap Misène, île de Procida, île d'Ischia.

Misène doit son nom à l'un des compagnons d’Énée, voir Virgile « L'Enéide » livre VI.

En -27, Auguste y fit aménager un port militaire pour la flotte romaine chargée du contrôle de la Méditerranée.

C'est à Misène que l'empereur Tibère fut assassiné en l'an 37 (voir note N°435).

 

Cumes : la cité fut fondée vers l'an -750 par les Grecs installés à Ischia. La cité se développa rapidement et l'armée de Cumes fut vainqueur des Etrusques en -524, -504 et -474. par contre les Samnites s'emparèrent de Cumes en -421 et les Romains en -338. Après la chute de l'empire romain d'Occident (en l'an 476) Cumes fut soumise à Byzance puis aux Sarrasins, enfin à Bénévent jusqu'à la destruction de la ville par les Napolitains en 1203. De l'époque grecque il reste les ruines de deux temples consacrés à Zeus et Apollon. De la période romaine reste une galerie d'un kilomètre de long qui relie Cumes au lac Averne.

Lorsque Tarquin le Superbe dernier roi de Rome fut chassé par le peuple en -509, c'est à Cumes qu'il se réfugia et où il mourut en -495.

 

La Solfatare : Solfatara (terre de soufre), Forum Vulcani aux temps romains. Il s'agit d'un volcan situé juste au nord de Pouzzoles mais qui n'a pas la forme habituelle des volcans aux allures de montagnes.

Il se présente sous la forme de bouillonnements à même le sol  et présente actuellement un diamètre d'environ 800 mètres mais qui varie en fonction des mouvements volcaniques. Les dernières éruptions importantes sont celles de 1158 et 1538.

 

illustrations : on trouvera en illustrations l'antre de la Sibylle et un tableau de Louise Elisabeth Vigée Lebrun (1755/1842) montrant l'éruption du Vésuve et le cap Misène, œuvre vers 1835 emprunts au net.

J.D. 22 mars 2018

 

 

 

 

Le Vésuve et l'antre de la Sibylle
Le Vésuve et l'antre de la Sibylle

Le Vésuve et l'antre de la Sibylle

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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 08:32

Sorrente N°441

 

*Sorrente (Sorrento) est une ville italienne d'environ 16.600 habitants située sur la rive sud du golfe de Naples et en même temps sur la rive nord de la presqu'île de ….Sorrente. A vol d'oiseau, Naples qui occupe la rive nord du golfe n'est qu'à 25 kms. L'île de Capri au sud-ouest de Sorrente n'est qu'à une douzaine de kms, toujours à vol d'oiseau.

*Sorrente tire son nom de « Sorrentum » qui serait dérivé des Sirènes dont il est question dans l'Odyssée.

*En 1985 deux archéologues de Sorrente ont découvert sur une falaise sur la côte sud de la presqu'île de Sorrente (ou dit aussi « péninsule de Sorrente ») une inscription en langue samnite (voir note N°100 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-samnites-n-100-116639589.html). Ceux-ci ont donc occupé la région de Naples, probablement entre les Grecs et les Romains. Un temple à Minerve occupa dans l'antiquité la pointe de la péninsule.

*La péninsule en forme de triangle sépare le golfe de Naples au nord du golfe de Salerne au sud. Elle est limitée à l'est par l'axe (l'autoroute) entre Naples et Salerne. La côte sud est environ 2 fois plus longue que la côte nord.

Le centre est principalement occupé par les monts Lattari qui culminent à 1444 mètres d'altitude et comportent plusieurs autre sommets qui dépassent les 1000 mètres.

*En 1952 a été construit un funiculaire qui relie Castellamare di Stabia au nord-est de la péninsule, avec le mont Faito à 1131 mètres d'altitude où l'on trouve une chapelle dédiée à Saint Michel d'où l'on a probablement la plus belle vue sur le golfe de Naples. Une route sinueuse permet de faire le tour de la péninsule et d'admirer la côte souvent escarpée.

*La ville de Castellamare di Stabia est l'antique Stabies qui fut détruite une première fois par Sylla au premier siècle avant Jésus-Christ puis une seconde fois par le Vésuve en l'an 79. Elle fut reconstruite par les rois de Naples au XVIIIe siècle. Plusieurs villas romaines y ont été retrouvées.

*La ville de Sorrente elle-même est réputée comme capitale du « limoncello » boisson alcoolisée à base de citrons. Puisque nous sommes dans le domaine de la gastronomie, signalons que ce sont les Napolitains qui ont la réputation d'avoir inventé la fourchette à 4 dents pour manger plus facilement les….spaghettis. La pizza est également née à Naples vers 1730, la pizza « Margherita » en juin 1889 à l'occasion d'une visite de la reine d'Italie (Margherita di Savoia 1851/1926). La pizza napolitaine a obtenue le 9 décembre 2009 la mention « STG » (spécialité traditionnelle garantie) de l'Union Européenne. Par contre la « tranche napolitaine » fut créée à Paris au début du dix-neuvième siècle par un Napolitain d'origine nommé Tortoni.

*La ville de Sorrente est également réputée pour ses marqueteries. Un musée (Museo Correale di Terranova) en expose ainsi que des peintures napolitaines des XVIIe et XVIIIe siècles et des porcelaines. Du jardin du musée, belle vue sur le golfe de Naples, mais la vue est encore meilleure de Capo di Sorrento, en sortant de Sorrente par le côté ouest.

Quelques églises sont également à voir dont l'église San Francesco.

Du port de Sorrente, part un trafic touristique régulier pour Capri.

On trouvera en illustration une vue de la baie de Naples avec le Vésuve en fond de plan.

J.D. 20 mars 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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baie de Naples

baie de Naples

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18 mars 2018 7 18 /03 /mars /2018 17:51

Torre del Greco et Torre Annunziata N° 440

 

Torre del Greco et Torre Annunziata sont 2 villes italiennes situées sur la côte méditerranéenne entre Naples (au nord), Pompéi (au sud) et le Vésuve qui les domine et surtout les menace à l'est.

 

TORRE DEL GRECO : cette ville a aujourd'hui environ 88.000 habitants et appartient à la ville métropolitaine de Naples.

Dans l'antiquité, Torre del Greco était dans la banlieue d'Herculanum. Elle avait sur son territoire une tour de guet et un romain du lieu était surnommé « le Grec », de là son nom de « Torre del Greco ».

La ville fut démolie en même temps que Herculanum lors de l'éruption au premier siècle de notre ère, c'est-à-dire en l'an 79 après Jésus-Christ. Depuis elle disparut à plusieurs reprises emportée par les colères du Vésuve. Dans les temps les plus récents, ce fut le cas lors de l'éruption du 16 décembre 1631, du 12 juin 1794 ou du 4 avril 1906. Mais contrairement à d'autres, elle fut reconstruite à chaque fois y compris sur les ruines de la précédente cité.

En l'an 535, Bélissaire, général byzantin avait fait évacuer la population mais ils étaient revenus. L'invasion des Sarrasins en l'an 880 ne les dissuada pas plus.

*C'est à compter de l'an 1400 que les habitants commencèrent à exploiter le corail. Dans l'antiquité, le corail était assimilé à du sang pétrifié de Méduse, une des Gorgones à qui Persée coupa la tête.

*Des petits bateaux appelés « coralliens » furent spécialement construits. Une société d'entre-aide (association Pio Monte del Marinaio) fut fondée ainsi qu'une société royale du corail, un code du corail publié en 1790.

*En 1805, Ferdinand IV roi de Naples accorda un monopole sur l'exploitation du corail pour 10 ans à un Marseillais nommé Paolo Bartolomeo Martin qui employa assez vite jusqu'à 200 salariés

*En 1878 une première école du corail fut ouverte surtout pour le travail d'orfèvrerie à partir du corail.

*En 1894 un nommé Basilio Liverino ouvrit un premier musée du corail et racheta à Gênes en 1920 l'entreprise de Raffaele Costa

*En même temps, de nombreux Italiens qui avaient émigré en Afrique du Nord continuèrent l'exploitation du corail et alimentèrent les entreprises joaillières de Torre del Greco.

*A titre de parenthèse, signalons que la nombreuse main d’œuvre italienne présente en Afrique du Nord participa grandement à toutes les réalisations d'infrastructures françaises (routes, chemins de fer, hôpitaux, universités…) et que de nombreux italiens s'engagèrent aux côtés de la France durant la guerre de 14. Mais il me semble que cet aspect des choses est passé sous silence.

*En 1974 une villa romaine (aujourd'hui appelée « villa Sorae ») fut découverte à Torre del Greco. La Surintendance archéologique de Pompéi réalisa les fouilles de 1989 à 1992.

 

TORRE ANNUNZIATA : Cette ville d'environ 44.000 habitants fait aussi partie de la ville métropolitaine de Naples malgré qu'elle en soit plus éloignée que Torre del Greco. Au vingtième siècle, la ville fut surtout réputée pour ses fabriques de pâtes.

La ville fut appelée Oplontis dans l'antiquité. Sur un document de 1821, elle s'appelle : « Torre della Nunciata ».

Au dix-neuvième siècle quelques vestiges romains furent découverts mais ce n'est qu'entre 1964 et 1984 que des fouilles furent réalisées. Ils mirent à jour une immense villa romaine du premier siècle avant notre ère. Une centaine de pièces sur 3650 m² furent exhumées (et il reste encore une partie du site à explorer) avec de nombreuses fresques encore intactes, ainsi qu'une vaste piscine de 60 mètres sur 17. La ville avait été engloutie en même temps que Pompéi, Herculanum…

Les historiens et archéologues n'ont pas (ou pas encore) déterminé qui en fut le premier propriétaire mais pensent que la villa appartint au premier siècle de notre ère à Poppée la seconde épouse de Néron qui la tua en l'an 65 à coups de pied dans le ventre alors qu'elle était enceinte. On ne sait pas non plus ce que devint la villa entre la mort de Poppée et l'éruption du Vésuve (en 79). La villa a été classée en 1997 au patrimoine de l'Unesco.

*En 1974, durant les fouilles pour la villa de Poppée (appelée aussi villa d'Oplontis), une autre villa romaine fut découverte avec 54 corps, 400 amphores, de très nombreux bijoux, des monnaies…

Les historiens pensent que cette villa aurait pu appartenir à Crassus qui de son temps était réputé être l'homme le plus riche de Rome, qui fit partie du premier triumvirat avec César et Pompée et fut tué par les Parthes en -53 lors d'une expédition en Orient.

Il y a actuellement à Torre Annunziata, deux projets de musées, l'un dans un ancien bâtiment des chemins de fer italiens pour les bijoux et l'autre dans une ancienne manufacture d'armes de 1753 pour les antiquités.

On trouvera en illustration un exemple de fresques de la villa de Poppée. Emprunt au net

J.D. 18 mars 2018

 

 

 

fresques dans la villa de Poppée

fresques dans la villa de Poppée

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17 mars 2018 6 17 /03 /mars /2018 17:51

Amalfi N°439

 

*Amalfi est une ville italienne d'environ 5400 habitants située dans la province de Salerne, région de Campanie, sur la partie sud de la presqu'île de Sorrente. A vol d'oiseau, Amalfi est à environ 35 kms au sud-est de Naples et plus du double par la route, car il faut contourner la presqu'île de Sorrente ou rejoindre à l'est l'autoroute qui part de Naples et se dirige vers le sud. La route qui permet de joindre Amalfi à Salerne date de 1852. La ville est dominée par le Mont Cerreto avec 1315 mètres d'altitude. Elle a donné son nom (côte amalfitaine) à la partie sud de la presqu'île de Sorrente (Penisola sorrentina). Cette côte amalfitaine a été classée au patrimoine de l'Unesco en 1997.

 

I) Histoire : selon les légendes, la ville aurait été fondée par Hercule. En fait par les Étrusques ou plus probablement par les Romains et au plus tard au premier siècle de notre ère.

La ville, comme beaucoup d'autres suivit alors le sort de Rome jusqu'à la fin de l'empire romain d'Occident (en 476).

*elle tomba sous la coupe de Bénévent en 836, se libéra 3 ans plus tard et fut une cité autonome jusqu'en 1131. De cette période signalons plusieurs victoires navales sur les Sarrasins, dont celle de l'an 849 à Ostie et celle de 920 à Regio de Calabre.

*D'abord dirigée par des « préfets » élus annuellement puis par des ducs héréditaires à compter de l'an 859. Ce fut la grande période de la « République maritime d'Amalfi » qui compta jusqu'à 70.000 habitants. Les marins amalfitains utilisèrent la boussole, longtemps après les Chinois, mais avant les Arabes et les premiers en Europe. L'invention en est attribuée à Flavio Gioia vers l'an 1300. Ils furent également les premiers à publier un code maritime (vers l'an 1010, dont un exemplaire est conservé au musée municipal d'Amalfi), furent prospères grâce au commerce maritime, participèrent aux croisades et établirent des comptoirs dont un à Jérusalem et seraient à l'origine de la fondation de l'ordre des Hospitaliers.

*En 1131, Roger II roi de Sicile (de 1130 à 1154) s'empara d'Amalfi qui tomba au pouvoir de Pise en 1137.

*C'est un raz-de-marée le 25 novembre 1343 qui causa beaucoup de dégâts et fut la véritable origine du déclin d'Amalfi. La ville suivit ensuite le destin du royaume des Deux Siciles.

*Depuis 1956, des régates annuelles opposent les 4 anciennes républiques maritimes d'Italie (Venise, Gênes, Pise et Amalfi) dans chacune des villes à tour de rôle et avec à chaque fois une grande manifestation folklorique.

 

II Monuments : Amalfi doit surtout son attrait touristique à sa situation sur la côte amalfitaine mais peut aussi s'enorgueillir :

-de la cathédrale dédiée à Saint André, un des douze apôtres, frère de Saint Pierre, qui fut crucifié vers l'an 60 à Patras (en Grèce) et dont la dépouille d'abord à Constantinople arriva à Amalfi en 1208. En 1964, le pape Paul VI en rendit une partie pour la basilique Saint André de Patras. La cathédrale fut édifiée au début du treizième siècle en réutilisant 2 basiliques construites à partir de l'an mil. La façade polychrome, refaite au XIXe siècle est particulièrement remarquable. La porte en bronze fut fondue à Constantinople en 1066. Le campanile date de 1180. Les reliques de saint André sont conservées dans la crypte ; un cloître et un musée diocésain complètent la cathédrale.

-Du musée du papier dans un moulin du XIIIe siècle qui fonctionne encore et fabrique du papier à l'ancienne avec blason de la République d'Amalfi en filigrane.

-de restes des murs de l'arsenal qui date du XIe siècle avec des restaurations au XIIIe siècle, du musée de la boussole et de la statue en bronze de Flavio Gioia, place du même nom, œuvre d'Alfonso Belzico en 1900 qui fut d'abord exposée dans un musée de Rome puis achetée par la municipalité d'Amalfi et inaugurée en 1926 à son emplacement actuel.

-à moins de 5 kms d'Amalfi sur la côte se trouve la grotte d’Émeraude presque aussi célèbre que la grotte d'Azur à Capri.

 

Illustration : on trouvera jointe la vue de la cathédrale : photo Michèle Delisle avril 2002; ainsi qu'une inscription (photo J.D. 23 avril 2018) dont voici la traduction : "le jour du jugement (dernier) pour les Amalfitains qui entreront au Paradis sera un jour comme tous les autres". Cela signifiait que pour les Amalfitains leur site était déjà le paradis. 

J.D. 17 mars 2018

 

annexe : récapitulation des notes du blog relatives à la région de Naples :

N°208 : l'Italie terre de rois

N°279 : la bataille d'Agnadel

N°303 : la grande Grèce (dont Paestum)

N°385 : l'expédition des Mille

N°432/433 : les Bourbons de Naples

N°434 : les éruptions du Vésuve

N°435 : Capri et Tibère

N°436 : Caserte

n°437 : les châteaux de Naples

N°438 : Saint Janvier et Alexandre Dumas

N°439 : Amalfi

N°440 : Torre del Greco et Torre Annunziata

N°441 : Sorrente

N°442 : Pouzzoles

N°443 : les théâtres de Naples

N°444 : La chartreuse de Saint Martin

N°445 : les places de Naples

N°446 : Via Toledo

N°447 : Saint Grégoire l'Arménien

N°448 : Les crèches napolitaines

 

cathédrale Saint André à Amalfi
cathédrale Saint André à Amalfi

cathédrale Saint André à Amalfi

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16 mars 2018 5 16 /03 /mars /2018 14:36

Saint Janvier et Alexandre Dumas N°438

 

Saint Janvier  (San Gennero) naquit probablement vers l'an 270 à Naples. Il devint évêque de Bénévent (ville de Campanie à une cinquantaine de kms au nord-est de Naples) en l'an 302.

Dans le cadre de persécutions voulues par l'empereur Dioclétien, à partir de l'an 303, le proconsul romain de Campanie (Timothée) fit arrêter Saint Janvier et deux de ses diacres (Sosius diacre à Missène et Proculus diacre à Pouzzoles) en 305 à Nola (ville à 20 kms à l'est de Naples). Selon les croyances, il les livra aux flammes mais ils ne furent pas brûlés, puis il les livra aux fauves dans l'amphithéâtre de Pouzzoles, mais les fauves ne leur firent rien, alors le proconsul les fit décapiter le 19 septembre de l'an 305, dans le cirque de Pouzzoles.

La dépouille de Saint Janvier, après différents lieux de sépulture, entre Naples et Bénévent, fit une entrée solennelle le 13 janvier 1497 dans la cathédrale Notre-Dame de l'Assomption de Naples, appelée aussi « cathédrale Saint Janvier ».

Cette cathédrale (Duomo) a été bâtie à partir de la fin du XIIIe siècle à l'initiative de Charles 1er d'Anjou sur l'emplacement d'une ancienne église du Ve siècle. Il reste peu de choses de cette cathédrale d'origine qui subit des dégâts lors de tremblements de terre en 1349 et en 1456, auxquels s'ajoutèrent diverses restaurations. La cathédrale renferme un baptistère du cinquième siècle, qui a la réputation d'être le plus ancien du monde occidental , il est connu pour d'admirables mosaïques sur des thèmes bibliques. Une chapelle au fond à gauche de la cathédrale contient aussi une mosaïque réalisée en 1322 et qui représente la Vierge, Sainte Restitute et Saint Janvier.

Après la décapitation de Saint Janvier, et toujours selon les croyances, une femme nommée Eusébia aurait recueilli du sang de saint Janvier dans deux fioles. En 1527, une chapelle, appelée « Chapelle du trésor », fut construite spécialement pour abriter les fioles contenant le sang du Saint et tout ce qui lui est associé. Cette chapelle est également ornée de mosaïques.

Le sang s'est coagulé depuis longtemps mais deux fois par an, le premier dimanche de mai et le 19 septembre (jour anniversaire de la mort du Saint), le sang se liquéfie; ce que les Napolitains appellent « le miracle de saint Janvier », et ce au terme d'une procession qui conduit la relique de la cathédrale à l'église Sainte Claire où sont inhumés les rois de Naples. Cette église Sainte Claire (Santa Chiara) fut construite entre 1310 et 1340 sur l'emplacement d'anciens thermes romains. Elle comporte dix chapelles et un cloître des Clarisses lui fut associé. L'église fut restaurée après un bombardement le 4 août 1943. Le cloître est réputé pour ses jardins.

La hiérarchie catholique, prudente, n'a jamais qualifié le phénomène de « miracle », mais beaucoup de Napolitains y croient et ils sont persuadés que Saint Janvier a toujours protégé la ville de Naples des éruptions du Vésuve, des épidémies de peste…

Mais il arrive que le sang ne liquéfie pas, les Napolitains sont alors persuadés que cela annonce une terrible catastrophe et font remarquer que le 19 septembre 1939, il n'avait pas liquéfié.

Mais à cette date, le caporal H (c'était son grade lors de la guerre de 14) fort de l'alliance avec Staline (2 traités signés au Kremlin dans la nuit du 23 au 24 août 1939) avait envahi la Pologne le 1er septembre et Grande-Bretagne et France lui avaient déclaré la guerre dès le 3 septembre. A la date du 19 septembre 1939 il n'était donc pas difficile de pronostiquer une catastrophe.

En 1835, Alexandre Dumas avait effectué un voyage dans le royaume de Naples, Ferdinand II était roi. Alexandre Dumas voyagea sous un faux nom (Guichard) car le royaume lui avait refusé un visa. Découvert au bout de 3 semaines il dut interrompre son séjour. En 1843, il publia ses souvenirs de voyage sous le titre : « Le Corricolo ». C'était le nom donné aux attelages qui promenaient les touristes à Naples.

Dans cet ouvrage, Dumas consacre 3 chapitres (XX à XXII) à Saint Janvier et à la liquéfaction du sang. Alexandre Dumas y assista . Voici ce qu'il écrit :

« Saint Janvier n'aurait pas existé sans Naples et Naples ne pourrait pas exister sans saint Janvier. Il est vrai qu'il n'y a pas de ville au monde qui ait été plus de fois conquise et dominée par l'étranger ; mais grâce à l'intervention active et vigilante de son protecteur, les conquérants ont disparu et Naples est restée… 

Il est une croyance au fond du cœur de tous les Napolitains, croyance qui les rend patients jusqu'au stoïcisme ; c'est que tous les rois et tous les gouvernements passeront, et qu'il ne restera en définitive que le peuple et saint Janvier ».

A la fin du chapitre XXII, Dumas s'interroge pour savoir si il y a un truc et voici sa conclusion :

« Est-ce un secret gardé par les chanoines du Trésor et conservé de génération en génération depuis le quatrième siècle jusqu'à nous ? Cela est possible ; mais alors cette fidélité, on en conviendra, est plus miraculeuse encore que le miracle. J'aime donc mieux croire tout bonnement au miracle, et pour ma part, je déclare que j'y crois. Le soir toute la ville était illuminée et l'on dansait dans les rues ».

Chacun en pense ce qu'il en veut mais il semble que depuis des siècles, deux personnages dominent la vie napolitaine : le Vésuve et saint Janvier, sans parler de la Camorra, mais c'est une autre histoire.

On trouvera en illustration, l'intérieur du dôme de la cathédrale et des fresques dans un corridor du cloître des Clarisses, emprunts au net.

J.D. 16 mars 2018

 

 

Saint Janvier et Alexandre Dumas N°438
Saint Janvier et Alexandre Dumas N°438
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13 mars 2018 2 13 /03 /mars /2018 18:18

Histoire et châteaux de Naples N° 437

 

Voici quelques monuments parmi les plus caractéristiques de Naples :

 

CASTEL DELL'OVO : Ce château est construit en avant-poste de Naples sur la presqu'île de Megaride qui fut une île dans les temps antiques. Le nom ne doit rien à la forme du château mais à une légende selon laquelle un œuf ayant appartenu à Virgile se trouverait dans les fondations. Toujours selon des légendes, la sirène Parthénope (liée à l'histoire d'Ulysse) se serait échouée à l'endroit du château d'où le nom donné encore parfois à Naples de « cité parthénopéenne », comme il y eut la « République parthénopéenne » (du 21 janvier au 24 juin 1799).

*A l'occasion de travaux effectués en l'an 2000, des traces d'occupation humaine à Naples remontent à 3800 ans avant notre ère. Mais sur cette période on ne sait quasiment rien. Il faut attendre l'arrivée des Grecs pour conserver des traces du passé antique de la région de Naples. A partir du VIIIe siècle avant notre ère, les premiers Grecs s'installèrent d 'abord sur l'île d'Ischia, puis à Cumes c'est-à-dire sur la côte à une quinzaine de kms à l'ouest de Naples, de l'autre côté des « Champs Phlégréens » dont la Solfatare (Solfatara), avant de s'installer sur l'île de Mégaride puis à Naples même.

*La cité de Cumes qui avait été célèbre par la présence de la Sibylle fut détruite par les Sarrasins en l'an 915.

*A plusieurs reprises, les Grecs de la région de Naples furent vainqueurs des Etrusques mais furent vaincus par les Romains en l'an -328. La région suivit alors le sort de Rome.

*Au premier siècle avant notre ère, le général romain Lucullus (surnommé Lucullus le raffiné) fit construire une somptueuse villa sur l'île de Mégaride, laquelle eut au cours de son histoire, toutes les vocations : fort, prison, abbaye... C'est là que fut enfermé Romulus Augustule le dernier empereur de l'empire romain d'Occident lors de la fin du dit empire en l'an 476.

*Ensuite, la région de Naples tomba sous la coupe de l'empire byzantin puis devint un duché autonome de l'an 763 à l'an 1139.

*Les Hohenstofen (une dynastie germanique issue du sud-ouest de l'Allemagne) s'en emparèrent en 1194. L'un des membres de cette dynastie (Frédéric II) fut le fondateur de l'Université de Naples en 1124. Les 2 derniers membres de la dynastie (Manfred et son neveu Conrad II de Hohenstaufen, surnommé « Conradin ») furent vaincus par Charles d'Anjou frère du roi de France Louis IX (Saint Louis) qui s'empara du royaume, à la fois de la Sicile et de Naples. Manfred à la bataille de Bénévent (en Campanie à une cinquantaine de kms au nord-est de Naples) le 26 février 1266. Manfred fut tué durant la bataille. Conradin le 23 août 1268 à la bataille de Tagliacazzo (près de l'Aquila dans les Abruzzes).

*Charles d'Anjou fit décapiter Conradin à Naples piazza del Mercato dès le 29 août 1268. Dante dans le chant XX du purgatoire de la Divine Comédie, parle de l'exécution de Conradin sous la forme :

« Charles vint en Italie et par pénitence, il prit Conradin pour victime. »

Charles d'Anjou fut roi de 1266 jusqu'à sa mort en 1285. C'est sous son règne que se déroulèrent à Palerme les « Vêpres siciliennes » le 30 mars 1282 (massacre des Français par la population). Charles d'Anjou est inhumé à la basilique Saint Denis. Il a sa statue au palais royal de Naples (ainsi qu'à Hyères), tandis que Conradin a la sienne dans l'église Santa Maria del Carmine à Naples.

*La dynastie d'Anjou régna sur le royaume jusqu'à ce que les Aragonais (Espagnols) s'en emparent en 1442. Pour les lecteurs savoyards, Charles d'Anjou avait épousé en 1246 Béatrice de Provence fille de Raymond Béranger comte de Provence et de Béatrice de Savoie (dont une statue a été inaugurée aux Echelles le 2 juillet 2016).

La domination des Espagnols sur Naples a laissé des traces : Via Toledo, quartier « Spagnoli »…cette domination se prolongea jusqu'en 1707.

*La construction du château de l’œuf fut décidée par Roger d'Anjou roi de Sicile juste avant sa mort le 26 février 1154 et poursuivie par ses fils et petit-fils : Guillaume 1er roi de 1154 à 1166 et Guillaume II roi de 1166 à 1189.

Le château fut reconstruit en 1503 sous le règne de Ferdinand II d'Aragon.

*On eut ensuite les Bourbons de Naples dont le règne fut entrecoupé par celui des Bonaparte (Joseph de 1806 à 1808 puis Murat époux de Caroline Bonaparte de 1808 à 1815).

*Enfin, après les Grecs, les Romains, les Byzantins, les Hohenstofen, les d'Anjou, les d'Aragon, les Bourbons, la Sicile et Naples furent apportés dans le giron de l'Italie par Garibaldi (voir fiche N°385 http://jean.delisle.over-blog.com/2018/08/l-expedition-des-mille-n-385.html). Quant au château de l’œuf, il eut une vocation militaire jusque dans les années 1970 puis fut cédé à la municipalité de Naples et il abrite aujourd'hui un musée de la préhistoire.

 

CASTEL NUOVO : Charles d'Anjou déplaça la capitale du royaume de Palerme à Naples en 1266 puis fit construire un nouveau château (Castel Nuovo), près de la mer, appelé aussi « Maschio Angioino » (donjon angevin) entre 1279 et 1282.

Lorsque Alphonse V d'Aragon s'empara du royaume, il fit reconstruire le château avec un arc de triomphe entre 2 tours de défense pour commémorer son entrée dans la ville de Naples. Du château de Charles d'Anjou, il ne reste que la chapelle palatine.

Alphonse V d'Aragon fut Alphonse 1er de Naples, Alphonse II , III et IV avec d'autres titres, on peut donc le trouver sous des dénominations allant d'Alphonse 1er à Alphonse V.

A l'occasion de sièges, le château subit des dégâts plus ou moins importants ; sa dernière restauration importante date de 1823.

En 1486, des barons qui complotaient contre la domination espagnole, y furent arrêtés et exécutés. La salle de leur arrestation appelée « salles des barons » servit de salle au conseil municipal de Naples jusqu'en 2006.

Aujourd'hui le château abrite le musée civique de Naples, surtout consacré à la peinture napolitaine du XVe au XIXe siècles . Il est également le siège de différentes associations liées à l'Histoire.

 

CASTEL CAPUANO : Alors que le Castel Dell'Ovo et le Castel Nuovo ont des allures de forteresses, le Castel Capuano, construit sous le règne de Guillaume 1er de Sicile qui fut roi de 1154 à 1166, a l'aspect d'un palais. Il doit son nom au fait qu'il fut construit près de la porte qui mène vers Capoue.

Charles Quint vint visiter Naples en 1535, à l'occasion de cette venue, les armes de cet empereur furent ajoutées au dessus de la porte d'entrée du château et dans les mêmes temps, il fut transformé en tribunal et ses sous-sols en prison. Sa dernière restauration importante fut effectuée en 1860.

 

CASTEL SANT'ELMO : Celui-ci est construit sur la colline Vomero à 250 mètres d'altitude au centre de Naples avec une vue XXL sur la chartreuse San Martino, Naples, la baie, le Vésuve…

Sur le site fut construit successivement : une église dédiée à Saint Erasme, une tour de guet nommée Belforte, puis un premier château de 1329 à 1343 dont la construction fut commandée par Charles d'Anjou et d'abord appelé castel San Erasmo que les Espagnols reconstruisirent entre 1537 et 1547 d'abord sous le nom de San Telmo devenu Sant'Elmo, sous la forme d'un fort défensif à 6 pointes.

Il servit de prison de 1860 à 1952, fut réhabilité et abrite depuis 1982 une bibliothèque sur l'histoire de l'Art.

 

PALAZZO REALE : le palais royal de Naples servit de résidence à tous les souverains qui se succédèrent. Il fut lancé à partir de l'an 1600 à l'initiative des Espagnols. Il ferme l'un des côtés de la place du Plébiscite (Piazza del Plebiscito qui couvre 25.000 m² et fut construite à l'initiative de Murat). Le Grand escalier d'honneur date de 1651. Le palais fut réaménagé en XVIIIe siècle par Luigi Vanvitelli.

De 1806 à 1815, Murat et Caroline Bonaparte y firent venir de l'ameublement pris aux Tuileries. En 1841 un jardin fut aménagé au nord du palais.

Après un incendie en 1837, il fut restauré de 1838 à 1858. Le trône de la salle du même nom date de 1850.

En 1888, le roi d'Italie Humbert 1er fit ajouter, sur la façade, 8 statues de ceux qui régnèrent à Naples de Roger II à Victor-Emmanuel II en passant par Murat. (mais pas par Joseph Bonaparte)

Le palais comporta une chapelle avec une crèche du XVIIIe siècle, un théâtre construit en 1768, l'imprimerie royale une manufacture de porcelaine, des archives, une bibliothèque…

*Depuis 1919 il fut transformé en musée historique et en 1922 y fut transférée la bibliothèque nationale (en France il n'y a qu'une bibliothèque nationale, ce qui n'est pas le cas en Italie où elle est décentralisée sur plusieurs villes avec deux bibliothèques nationales « centrales » : Florence et Rome). Cette bibliothèque conserve plus de 2.000 papyrus découverts à Herculanum.

Les 30 salles sont très richement décorées : peintures, sculptures, ameublement, tapisseries, porcelaines…

 

illustrations : l'entrée du Castel Nuovo ainsi que les statues de Charles d'Anjou et de Murat sur la façade du palais royal de Naples, emprunts au net

J.D. 13 mars 2018

 

Naples : Castel Nuovo et statues sur le palais royal
Naples : Castel Nuovo et statues sur le palais royal
Naples : Castel Nuovo et statues sur le palais royal

Naples : Castel Nuovo et statues sur le palais royal

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9 mars 2018 5 09 /03 /mars /2018 11:42

Caserte N°436

 

 

Caserte (Caserta) est une ville italienne d'environ 80.000 habitants située en Campanie à 25 kms au nord de Naples et à 6 kms à l'est de Santa Maria Capua Vetere l'antique Capoue rendue célèbre par le séjour qu'y firent Hannibal et ses soldats (les « délices de Capoue » hiver -216/-215).

En décembre 1997, l'Unesco inscrivait, en un tout, sur la liste du patrimoine mondial :

-l'ensemble de San Leucio,

-l'aqueduc de Vanvitelli

-le palais royal de Caserte avec son parc.

 

I-le site de San Leucio : à l'origine, une chapelle avait été construite sur une colline au nord de Caserte. Puis les seigneurs de Caserte y implantèrent un pavillon de chasse appelé « le Belvédère » (Belvedere pour les Italiens) compte-tenu de sa position au dessus de Caserte. Le domaine fut acheté en 1773 par le roi Charles de Bourbon (voir notes 432 et 433). Il envoya de jeunes ouvriers se former en France dans les métiers de la soierie afin de créer une manufacture. Son fils Ferdinand poursuivit l’œuvre. Un architecte (Francesco Collecini) fut chargé de créer une manufacture et une cité autour. Le principal bâtiment aux allures de palais est complété par toutes les annexes pour le logement des ouvriers, l'élevage des vers à soie, des jardins...

Une loi spéciale promulguée en 1789 réglementa le fonctionnement de cette manufacture. Une maison avec eau courante fut mise à disposition de chaque ouvrier. Ils avaient tous le même uniforme, le même salaire y compris pour les femmes. L'horaire de travail était de onze heures par jour alors qu'à la même époque et ailleurs en Europe il était de quatorze heures. Les femmes qui se mariaient avec un ouvrier de la manufacture recevaient une dot payée par le royaume.

Un règlement reprenant les dispositions de la loi fut imprimé. Pendant qu'en France la Révolution prônait l'égalité, la manufacture de San Leucio l'appliquait et sans avoir besoin de couper les têtes ! Durant le règne de Murat (1808/1815), la manufacture continua de se développer et devint vite célèbre. Des tapisseries de cette manufacture ornent le palais royal de Caserte, le Vatican, le Quirinal (résidence du Président de la République italienne), la Maison Blanche…

La manufacture semble avoir fonctionné jusqu'en 1862.

En 1996, une association parvint à rénover 720 fuseaux et en 2002 fut inauguré un musée de « la Soie et de l'archéologie industrielle ».

 

II-l'aqueduc : Pour alimenter le palais royal de Caserte, ses jardins ainsi que l'ensemble de San Leucio, Charles de Bourbon demanda à l'architecte Luigi Vanvitelli (1700/1773) d'amener l'eau.

Vanvitelli utilisa une source (source du Fizzo) sur le mont Taburno situé à l'est de Caserte. Le conduit de 1,20 mètre sur 1,3 mètre court sur 38 kms, en partie à l'air libre, en partie enterrée. La partie la plus spectaculaire est un aqueduc construit sur 3 niveaux, à la romaine : 529 mètres de long et 55,8 mètres de haut. Cet aqueduc appelé « aqueduc Carolino » (du roi Charles) ou « aqueduc Vanvitelli », fut inauguré le 7 mai 1762. Il est encore en service.

 

III- le palais royal : Pour donner du lustre à son royaume, Charles de Bourbon commanda à Luigi Vanvitelli la construction d'un palais royal à Caserte pouvant rivaliser avec les plus beaux palais d'Europe. Vanvitelli s'inspira de Versailles et de l'Escurial (Escorial). Il réalisa à partir de 1752 un immense palais de 249 mètres sur 190, autour de 4 cours intérieures. 3.000 ouvriers travaillèrent sur le chantier. Le palais couvre 45.000 m² sur 6 étages (36 mètres de haut), contient 1200 pièces desservies par 34 escaliers et comporte 1790 fenêtres dont 143 pour la seule façade. Le palais possède une riche décoration intérieure. Le parc s'étant sur 120 hectares. Il comporte un canal, des sculptures, des cascades dont l'une de 78 mètres de hauteur, des fontaines.…

Illustrations : on trouvera jointes en illustrations : la décoration de la salle du trône à l'intérieur du palais, l'aqueduc et la façade de la manufacture de San Leucio.

J.D. 9 mars 2018

 

salle du trône au palis royal, façade de al manufacture et aqueduc
salle du trône au palis royal, façade de al manufacture et aqueduc
salle du trône au palis royal, façade de al manufacture et aqueduc

salle du trône au palis royal, façade de al manufacture et aqueduc

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6 mars 2018 2 06 /03 /mars /2018 21:01

Capri et Tibère N° 435

 

I- CAPRI :

Capri est une île située à la limite sud du golfe de Naples et qui semble prolonger la presqu'île de Sorrente dont elle n'est distante que de 4 kms environ. Elle est par contre à 30 kms du centre de Naples.

L'île a 10,4 km² de superficie et plusieurs monts dont le plus élevé, le Mont Solaro, atteint 589 mètres. Elle fut peuplée dès la plus haute antiquité.

Depuis le 1er janvier 2015, l'île appartient à la « Ville Métropolitaine de Naples » qui a remplacé l'ancienne province de Naples.

Administrativement l'île comprend 2 communes :

-Capri (qui a le même nom que l'île) qui a 7400 habitants environ et qui est située à 142 mètres d'altitude dans la partie la plus resserrée de l'île (voir carte annexe), à mi-chemin du port de « Marina Grande » (au nord et par où arrivent tous les touristes) et du port « Marina Piccola » au sud.

-Anacapri qui est à 275 mètres d'altitude et compte dans les 6800 habitants.

Un funiculaire joint Marina Grande à Capri et un télésiège joint Anacapri au sommet du Mont Solaro.

Pour aller à Anacapri une route a été construite dans les années 1870, mais avant celle-ci, les habitants n'avaient qu'un chemin à pied accroché à la falaise, appelé « Scala Fenicia » (l'escalier phénicien) qui compte 800 marches et joint la villa San Michele au port Marina Grande. Voir photo en illustration : on distingue la villa San Michele en blanc en haut, la route au premier plan et la Scana Fenicia derrière.

*Le touriste peut faire le tour de l'île en bateau avec un relief accidenté, de nombreuses grottes dont la célèbre grotte d'azur (Grotta Azzurra au nord-ouest de l'île), une dizaine d'églises réparties entre Capri et Anacapri, le Mont Solaro où la vue est dominante sur le golfe de Naples, la presqu'île de Sorrente… des belvédères et plusieurs villas réputées dont la villa San Michele située à 327 mètres d'altitude, au nord de l'île et construite dans les années 1890 pour Axel Munthe médecin suédois (1857/1949) qui était arrivé à Capri en 1887 et qui accumula dans sa villa de nombreuses antiquités égyptiennes, romaines et étrusques. Puis la villa Jovis qui fut occupée par Tibère durant les dix dernières années de sa vie (de l'an 27 à l'an 37). Cette villa fit partie d'un ensemble de 12 villas construites pour Tibère. La villa Jovis située au nord-est de l'île à 334 mètres d'altitude occupait 7.000 m² de surface au temps de Tibère.

 

II- TIBERE : Il naquit à Rome le 16 novembre de l'an 42 avant Jésus-Christ, fils de Livie et de Clodius. Livie, sa mère était enceinte de Drusus (frère de Tibère) lorsqu'elle quitta Clodius pour Octave. Cet Octave petit-neveu de Jules César fut vainqueur d'Antoine et Cléopâtre à la bataille d'Actium (au sud de l'île grecque de Corfou le 2 septembre -31) et reçut du Sénat romain tous les pouvoirs et tous les titres dont celui d'Auguste qui devint son nom.

Le 17 janvier -38 il épousait Livie (sa troisième épouse) qui accouchait de Drusus le 11 avril de la même année.

Livie parvint à faire adopter son fils Tibère par Auguste en l'an 4 et lorsque Auguste décéda le 19 août 14, elle réussit à imposer Tibère pour succéder à Auguste, après avoir éliminer (empoisonnement…) les enfants et un petit-fils d'Auguste, nés des mariages précédents d'Auguste. C'est tout au moins la version des auteurs antiques.

Sur Tibère on a les témoignages de 3 auteurs  :

Suétone (69/130) qui fut secrétaire de l'empereur Hadrien dans « Vies des douze Césars » ; Tacite (54/120) qui fut Sénateur romain dans les « Annales » et Dion Cassius (155/235) qui fut consul et gouverneur dans « Histoire romaine ».

Tibère gouverna à Rome puis craignant d'être assassiné, il se réfugia à Capri en l'an 27 et de là continua à gouverner Rome et son empire. Des historiens récents tentent de réhabiliter Tibère mais les anciens en font un tableau très noir surtout à partir de son séjour à Capri où il se livrait à de telles débauches qu'il fut surnommé « le bouc ». Disposant du pouvoir absolu il éliminait tous ceux dont son caprice voulait la mort. Voici par exemple ce qu'écrit Suétone (Vies des douze Césars, livre III) :

« On montre à Caprée (Capri) le lieu des exécutions, d'où les condamnés, après de longues et savantes tortures, étaient, par ses ordres, précipités à la mer, sous ses yeux ; en bas les attendait une troupe de marins qui broyaient leurs corps à coup de rames et de gaffes, jusqu'à ce qu'il ne leur restât plus un souffle de vie…. ».

Non loin de la villa Jovis , se voit le lieu appelé : »Salto di Tiberio » (saut de Tibère), d'où on suppose qu'étaient précipités les condamnés.

En mars de l'an 37, Tibère était sorti de son île pour se rendre à Rome, sur le chemin du retour il s'arrêta à Misène au nord-ouest du golfe de Naples. C'est là qu'il mourut. Voici la relation du fait par Tacite dans les « Annales » au livre VI en L (cinquante) :

"Tibère eut une faiblesse, et l'on crut qu'il avait terminé ses destins mortels. Déjà, au milieu du concours des félicitations, Caïus César (Caligula) sortait pour prendre possession de l'empire, lorsque tout à coup l'on annonce que la parole et la vue sont revenues au prince, et qu'il demande de la nourriture pour réparer son épuisement. Consternation générale : on se disperse à la hâte; chacun prend l'air de la tristesse ou de l'ignorance. Caïus, muet et interdit, tombait, d'une si haute espérance, à l'attente des dernières rigueurs. Macron, lui, sans s'émouvoir, donne l'ordre d'étouffer le vieillard sous un amas de couvertures et de s'éloigner. Ainsi finit Tibère, dans la soixante-dix-huitième année de son âge."

Le Macron dont il est question dans le texte de Tacite était « préfet du Prétoire », c'est-à-dire qu'il commandait la garde prétorienne chargée de protéger l'empereur !

Un certain « Flamby » aurait dû lire Tacite !

J.D. 6 mars 2018

 

 

 

 

carte (emprunt au net) et route d'accès à Anacapri, photo Michèle Delisle avril 2002
carte (emprunt au net) et route d'accès à Anacapri, photo Michèle Delisle avril 2002

carte (emprunt au net) et route d'accès à Anacapri, photo Michèle Delisle avril 2002

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3 mars 2018 6 03 /03 /mars /2018 18:54

Les éruptions du Vésuve N°434

 

Le Vésuve est l'un des volcans d'Europe encore actif. Il domine la baie de Naples. Son cratère de 400 mètres de diamètre n'est qu'à 9 kms, au sud-est du centre de Naples, agglomération d'environ 4,5 millions d'habitants dont 700.000 sont classés en zone « rouge ».

*La tectonique des plaques est l'un des motifs qui alimentent l 'extension de la chambre magmatique sous le cratère du Vésuve. La plaque africaine passe sous la plaque européenne. C'est à l'échelle de millions d'années et non à celle de la durée de nos petites vies, mais la pression engendrée participe au phénomène, comme elle est la cause de tremblements de terre en Italie.

*Les premières éruptions auraient eu lieu il y a environ 400.000 ans avec des périodes de repos et d'autres d'activités. On est actuellement et depuis le dix-septième siècle, dans une période d'activités puisque les dernières éruptions sont datées de 1820, 1848, 1855, 1872, 1895, 1898, 1906 (105 morts), 1929, 1944 (26 morts et la destruction au sol de bombardiers américains).

*Un observatoire du Vésuve a été créé dès 1841 sous le règne de Ferdinand II roi des Deux Siciles. Il existe toujours avec des moyens bien sûr perfectionnés qui permettent de mieux anticiper les catastrophes et un plan d'évacuation des populations existe depuis pas mal d'années. Quand on cherche de l'information sur cette question, on tombe sur des articles pessimistes mettant en avant l'influence de la Camorra sur l'attribution et l'exécution des marchés publics, mais je n'ai pas les informations suffisantes pour avoir une opinion pertinente sur le sujet.

*Pour limiter l'urbanisation autour du volcan, le Vésuve a été classé le 5 juin 1995 « parc national, réserve de biosphère » par les autorités italiennes.

*L'aspect et l'altitude du Vésuve se modifient au fil des éruptions. Actuellement il est à 1281 mètres.

*Tous les guides touristiques vantent la superbe vue que l'on a sur la baie de Naples depuis le Vésuve, mais oublient de préciser que c'est à condition qu'il n'y ait pas de brume (ou peut-être de pollution). M'étant rendu 5 fois au Vésuve entre 1972 et 2002, je n'ai bénéficié de la vue sur la baie de Naples qu'une seule fois : un dimanche matin assez tôt en avril 2002 alors qu'il faisait froid et qu'il y avait beaucoup de vent !

*Si certaines éruptions furent meurtrières, (celle du 16 décembre 1631, par exemple, fit près de 4.000 morts), la plus célèbre reste celle de l'an 79 au premier siècle de notre ère qui détruisit Herculanum, Pompéi, Stabies (aujourd'hui Castellamare di Stabia) et Oplontis. Elle fit dans les 3000 morts parmi lesquels Pline l'Ancien (23/79) qui était parti avec un navire pour secourir la population. La date du 24 août 79 a longtemps été considérée comme celle du début de l'éruption mais les recherches les plus récentes amènent à reporter l'événement à octobre 79.

*Pline le Jeune (61/113) qui avait été adopté par Pline l'Ancien, son oncle maternel, fut témoin de l'éruption à partir du cap Misène (à la pointe Nord-Ouest du golfe de Naples). Il en rendit compte, notamment dans une correspondance avec Tacite.

Les Deux Pline sont représentés en statues sur la façade de la cathédrale de Côme (voir illustration jointe à la note N°404 http://jean.delisle.over-blog.com/2017/11/le-lac-de-come-n-404.html).

 

Pompéi : Pompéi est située au sud du Vésuve, proche de la côte. Elle est tangentée , au sud, par un petit fleuve côtier (Sarno) qui se jette dans le golfe de Naples. La ville fut fondée vers le huitième siècle avant notre ère par une tribu italique, avant d'être colonisée par les Etrusques, les Samnites, les Grecs, et de devenir romaine vers l'an 290 avant Jésus-Christ. Les envahisseurs successifs construisirent une enceinte fortifiée de 3200 mètres de long percée de 7 portes. En 79 la population était, selon les auteurs, comprise entre 12.000 et 30.000 habitants. Un tremblement de terre le 5 février de l'an 62 avait déjà causé d'importants dégâts qui pour l'essentiel avaient été réparés dix-sept ans plus tard.

Lors de l'éruption de 79, la ville fut recouverte d'une épaisse couche de cendres et de pierre atteignant jusqu'à 7 mètres et elle disparut complètement.

C'est en 1738 que commencèrent des fouilles pour retrouver la cité ensevelie. Elles s'accélérèrent sous le règne de Murat et continuèrent ensuite. Mais à l'heure qu'il est, seuls 60 % du site antique ont été explorés. Cela a néanmoins permit de mettre à jour 1435 édifices dont 515 maisons et de retrouver 1100 cadavres. Mais le nombre de victimes a probablement été plus important, entre la partie non explorée et ceux qui sont morts plus loin…

*Les reconstructions effectuées après le tremblement de terre de l'an 62 (Néron était empereur) expliquent que l'on remet à jour une ville romaine du premier siècle de notre ère avec ses temples, théâtres, amphithéâtre, forum, gymnase… et l'exceptionnelle conservation des peintures, mosaïques, sculptures… qui devaient pour la plupart être presque neuves au moment de leur enfouissement (Titus venait de succéder à son père Vespasien au moment de l'éruption du Vésuve).

*Le site de Pompéi a été classé au patrimoine de l'Unesco en 1997. Que reste-il à découvrir dans la partie non encore explorée et quand cela se fera ? Mystère.

*Une loi italienne du 6 août 1981 a créé un organisme public (Soprintendenza archeologica di Pompei) rattaché au Ministère des affaires culturelles et du tourisme pour gérer les 4 sites concernés par l'éruption du Vésuve.

*Différents événements (bombardement allié du 24 août 1943, tremblement de terre du 5 février 1962...) sont venus compliquer la tâche de conservation des sites.

 

Herculanum : cette cité doit son nom à la croyance antique selon laquelle elle aurait été fondée par Hercule, l'Héraclès grec fils de Zeus et d'Alcmène (épouse du roi de Tirynthe, cité grecque du Péloponnèse. Pour la séduire Zeus avait pris l'apparence de son mari).

*La ville est située sur la côte à l'ouest du Vésuve et se trouve maintenant pratiquement dans la banlieue sud de Naples.

*Elle a suivi à peu près la même histoire que Pompéi : grecque, étrusque, samnite puis romaine, avec également des dégâts causés par le tremblement de terre de l'an 62.

*la cité antique devait avoir une superficie de 12 hectares et une population estimée à 4.000 habitants. Moins de 40 % du site a été exploré ; le reste est situé sous du bâti.

*L'éruption a littéralement enseveli la cité sous une vingtaine de mètres de matériaux et repoussé la limite de la plage de 300 mètres, avec en outre une nuée ardente d'une température d'environ 500 degrés.

*lors des premières fouilles, seulement 32 cadavres avaient été découverts, mais près de 300 autres ont ensuite été retrouvés dans les abris à bateaux où la population s'était réfugiée près de la plage. Parmi ces squelettes, une femme enceinte prête à accoucher.

*La partie explorée a mis à jour des thermes et des habitations dont une villa appelée « villa des papyrus » découverte en 1750 mais explorée entre 1996 et 1998.

1838 rouleaux de papyrus y ont été découverts et sont maintenant à la Bibliothèque nationale de Naples. Ils contiennent entre autre des textes de philosophes grecs. Certains auteurs pensent que cette villa fut construite au premier siècle avant notre ère, pour Calpurnius Pison beau-père de Jules César.

Comme Pompéi, Herculanum a été classé en 1997 au patrimoine de l'Unesco.

 

Stabies : le site est sur la côte à 6 kms au sud de Pompéi. Elle ne fut recouverte que par deux mètres de matériaux lors de l'éruption et fut reconstruite ensuite contrairement à Herculanum ou Pompéi. Mais la ville avait été détruite en avril 89 avant Jésus-Christ par les troupes romaines du Consul Lucius Sylla dans le cadre de la « guerre sociale » (guerre de cités italiennes contre Rome ou si l'on préfère la province contre la capitale).

De la cité d'avant l'éruption, il reste surtout à voir deux importantes villas : la villa « Ariana » et la « San Marco ». Classé également en 1997 par l'Unesco.

Mais l'intérêt touristique de Castellamare di Stabia réside aujourd'hui dans son téléphérique qui mène à la chapelle Saint Michèle au sommet du mont Faito d'où on a probablement la plus belle vue sur le golfe de Naples.

 

Oplontis : ce site est situé sur le territoire de Torre Annunziata un peu au nord-ouest de Pompéi. Ce site fut enseveli en 79 sous 6 mètres de matériaux.

Deux villas ont été exhumées l'une en 1964 et l'autre en 1974 donc de façon très récente.

La première est attribuée à Poppée une des épouses de Néron, celle qu'il tua à coups de pieds dans le ventre alors qu'elle était enceinte ! Cette villa d'une centaine de pièces est surtout réputée pour ses fresques.

La seconde villa est attribuée à Crassus qui fit partie d'un triumvirat en même temps que César et Pompée. Réputé l'homme le plus riche de Rome, Crassus finança César, mais mourut en expédition, tué par les Parthes.

 

Illustration : on trouvera jointe la photo du faune (satyre) de Pompéi, qui figurait dans la « maison du faune » explorée de 1830 à 1832. Cette maison de 3.000 m² est surtout réputée pour ses mosaïques dont celle d'Alexandre le Grand à la bataille d'Issos contre Darius. Photo Michèle Delisle avril 2002. Depuis l'original a été mis au musée archéologique de Naples et remplacé sur place par une copie.

J.D. 3 mars 2018

Ajout du 15 juin 2019 :

sur le Vésuve et Pompéi voir la fiche N° 553 http://jean.delisle.over-blog.com/2019/06/pompei-n-553.html

le faune de Pompéi

le faune de Pompéi

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