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20 juin 2020 6 20 /06 /juin /2020 15:54

 

 

Venise le 5 mai 1432 N°643

 

*C’est le 5 mai 1432, que Francesco Bussone da Carmagnola fut décapité entre les deux colonnes (dédiées à Saint Marc et Saint Théodore) sur la Piazzetta (place située entre la place Saint Marc et le bassin de San Marco où se rejoignent le Grand Canal, le canal de Saint Marc et celui de la Giudecca). L’emplacement entre ces deux colonnes (ramenées d’Orient en 1172) fut le lieu habituel des exécutions publiques à Venise et les nombreux touristes qui passent entre ces 2 colonnes ne se doutent pas qu’au même endroit un certain nombre de citoyens en ont perdu la tête !

*Né à Carmagnola en 1382, ce condottiere (les condottieres étaient des chefs d’armée souvent composée de mercenaires qu’ils mettaient à la disposition du plus offrant !) s’était d’abord mis au service de Milan puis était passé à Venise, (en guerre contre Milan). Mais les Vénitiens se persuadèrent que Carmagnola les trahissait, ils l’attirèrent à Venise sous un faux prétexte, l’arrêtèrent, le condamnèrent à mort et l’exécutèrent ! Francesco Foscari était le doge en fonction (de 1423 à 1457)

*En 1816, un poète milanais : Alessandro Manzoni (1785/1873) composa : « il conte di Carmagnola », en souvenir de ce décapité du 5 mai 1432. Pour Manzoni, Carmagnola fut accusé à tort. Pour les analystes modernes, Manzoni souhaitait voir le Piémont réaliser l’unité de l’Italie et Carmagnola était Piémontais, mais en fait aujourd’hui, on ne sait toujours pas si Carmagnola trahit ou non. L’histoire étant souvent curieuse, le même auteur apprenant en juillet 1821 dans « la gazette de Milan » la mort de Napoléon à Sainte-Hélène le 5 mai 1821, composa illico un poème d’une centaine de vers intitulé : « il cinque maggio » (le cinq mai) à la gloire de Napoléon.

*Peu de temps avant Carmagnola, le doge Marino Faliero élu le 11 septembre 1354 fut accusé de trahison au profit de Gênes et fut décapité le 17 avril 1355 (au pied du perron qui mène au palais des doges). Son sort inspira également de nombreux auteurs dont lord Byron qui publia en juillet 1820 « Marino Faliero doge de Venise ».

*Et peu de temps après Carmagnola, le 24 mars 1435, Marsiglio da Carrara seigneur de Padoue fut lui aussi décapité entre les deux colonnes de la Piazzetta.

Carmagnola est une ville qui compte aujourd’hui dans les 30.000 habitants et qui se trouve à une vingtaine de kms au sud de Turin sur l’axe Turin-Menton via Coni (Cuneo) et le tunnel de Tende. Le comté de Tende avait été récupéré par les souverains de Savoie en 1581, mais le tunnel routier du col de Tende ne fut réalisé que de 1878 à 1882. Il était alors entièrement côté Italie, mais la récupération de Tende par la France en 1947 en a fait un tunnel franco-italien. La ville de Carmagnola fut longtemps le fief des marquis de Saluces (Saluzzo) puis revint à la Maison de Savoie en 1588 au temps du duc de Savoie Charles-Emmanuel 1er. Les Français s’emparèrent de la ville et de sa forteresse en 1691 puis en septembre 1792 durant la première coalition de l’Europe contre la France. Suite à la déclaration de guerre de la France à l’Autriche le 20 avril 1792 ; aidée de l’Angleterre, l’Autriche avait réuni une coalition contre la France qui comprenait : l’Autriche, la Prusse, l’Espagne, le Portugal, la Grande-Bretagne, les Provinces-Unies (Pays-Bas), les royaumes de Sardaigne et de Naples.

C’est à la suite de la conquête de Carmagnola en 1792 que fut composée la chanson appelée « Carmagnole » (dansons la Carmagnole…). On en trouve les paroles dans « Le Chevalier de Maison-Rouge » roman d’Alexandre Dumas publié en 1845.

La grande spécialité de la région de Carmagnola fut longtemps la culture du chanvre.

On trouvera en illustration une photo (du 14 février 2018 Salizada S. Polo) montrant le lion de Venise avec la tête du doge Marino Faliero.

J.D. 20 juin 2020

 

 

 

Venise le 5 mai 1432 N°643
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19 juin 2020 5 19 /06 /juin /2020 17:22

Venise en 1618 N° 642

En 1606, le roi d’Espagne Philippe III nomma le marquis de Bedmar ambassadeur à Venise.

Philippe III était le petit-fils de Charles Quint par son père (Philippe II) ; il était également l’arrière petit-fils de Charles Quint par sa mère (une Anne d’Autriche quatrième épouse de Philippe II) voir fiche N°635 http://jean.delisle.over-blog.com/2020/05/saint-real-n-635.html

Lorsque le marquis de Bedmar (Alonso de la Cueva-Benavides y Mendoza-Carrillo marquis de Bedmar de son nom complet) arriva à Venise, la ville était très divisée entre les nobles qui avaient pouvoir et fortune et les autres qui réclamaient leur part du gâteau !

Après le traité de Cateau-Cambresis en 1559 qui clôturait les « guerres d’Italie » commencées en 1494 ; l’Espagne contrôlait : le Milanais (Don Pedro de Tolède fut gouverneur de Milan pour le compte du roi d’Espagne et une importante armée espagnole stationnait en Lombardie) ; la Sicile, la Sardaigne et le royaume de Naples.

Dans ce contexte, dès son arrivée, le marquis de Bedmar conçut le projet de s’emparer de Venise pour le compte de l’Espagne. Il commençât habilement par attiser les divisions entre Vénitiens en publiant un pamphlet intitulé : « Squittinio della libertà veneta ». Squittinio désigne le cri de certains animaux. Le titre du pamphlet a donc pour sens : « cri de la liberté de Venise » . Ce pamphlet fit grand bruit à l’époque à Venise.

Le marquis de Bedmar recruta des opposants déclarés au Sénat de Venise et en soudoyât d’autres. L’Espagne qui avait commencé à exploiter des mines sur le continent américain était riche. Certains des conspirateurs occupaient à Venise des postes importants ; ils purent faire entrer dans la ville des soldats espagnols qui furent planqués chez des courtisanes (nom donné à l’époque aux prostituées vénitiennes). Le jeudi de l’Ascension 1618, fut d’abord fixé pour s’emparer des points stratégiques de Venise : l’arsenal, le pont du Rialto, la place Saint Marc et le palais des doges. Le même jour, une flotte espagnole devait entrer dans la lagune et amener une troupe importante. Le projet était bien ficelé et en cas de réussite, il est probable que toute l’Italie serait tombée aux mains de l’Espagne. Il y eut 3 doges à Venise en 1618 : Giovanni Bembo décédé le 16 mars 1618, Nicolo Donato élu le 4 avril et décédé le 9 mai 1618 et Antonio Pruili élu le 17 mai (décédé en août 1623).

Le jour J fut reporté au dimanche de Pentecôte pour cause de coordination avec la flotte espagnole.

Or le jour de l’Ascension était à Venise (probablement depuis l’an 997) celui du « mariage de Venise avec la mer » (Sposalizio del Mare). Cette fête s’arrêta avec l’invasion de Venise par les troupes de Bonaparte en 1797. (une reconstitution est effectuée depuis 1965 à des fins de folklore touristique). Ce jour là, le doge à bord du « Bucentaure » (navire d’apparat de la République de Venise) allait jeter un anneau d’or dans l’Adriatique. C’était traditionnellement jour de fête à Venise. L’un des conspirateurs nommé Jaffier qui assistât à la fête se dit au vue de la foule joyeuse qu’une grande partie risquait de se faire massacrer lors de la prise de la ville par les Espagnols. Pris de remords il allât tout dénoncer au Sénat. Les Vénitiens qui avaient pris part à la conjuration furent tous arrêtés et exécutés. Le marquis de Bedmar parvint à s’enfuir et à regagner l’Espagne. Depuis les Borgia de sinistre mémoire, l’Espagne avait encore de l’influence au Vatican et sur demande de l’Espagne, le pape (Grégoire XV) donna le 5 septembre 1622 le titre de cardinal au marquis de Bedmar.

Toute cette histoire fut racontée par le menu dans un livre publié en 1674 et intitulé : « conjuration des Espagnols contre la République de Venise ». L’auteur en est César de Saint-Réal un Savoyard qui a donné son nom à une rue de Chambéry, de Moutiers (en Tarentaise) et de Saint Jean de la Porte (près de Saint Pierre d’Albigny) .

On trouvera en illustration un tableau de Giovanni Antonio Canal dit Canaletto (peintre vénitien 1697/1768) représentant la sortie du bucentaure le jour de l’Ascension.

J.D. 19 juin 2020

 

le bucentaure le jour de l'Ascension

le bucentaure le jour de l'Ascension

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18 juin 2020 4 18 /06 /juin /2020 16:33

Le seizième siècle, seconde partie N°641

(suite de la note N°640)

 

On peut considérer que le seizième siècle fut à l’Europe de l’ouest ce que le cinquième siècle avant Jésus-Christ (appelé le siècle de Périclès) fut à la Grèce.

Il suffit de citer quelques noms : Michel Ange (1475/1564), Léonard de Vinci (1452/1519), Bramante (1444/1514), Andrea Palladio (1508/1580), Benvenuto Cellini (1500/1571), Le Perugin (1448/1523), Raphaël (1483/1520), Le Titien (1490/1576), Le Tintoret (1518/1594), Véronèse (1528/1588), Le Caravage (1573/1610), Giorgione (1478/1510), Lorenzo Lotto (1480/1556), Jacopo Bassano (1518/1592), Giorgio Vasari (1511/1574), Albrecht Dürer (1471/1528),… ou quelques réalisations : rien qu’en France le seizième siècle vit s’édifier : Chambord, Chenonceaux, Azay-le-Rideau , Blois , Anet, Le Louvre pour une grande partie…

quelques rappels :

*Les grandes explorations : C’est le 3 août 1492 que Christophe Colomb à la tête d’une flotte de 3 navires (Pinta, Nina, Santa Maria) partit de Palos de la Frontera (en Andalousie, province de Huelva, à la frontière avec le Portugal) et que les marins apercevaient une terre le 12 octobre qu’ils appelèrent San Salvador (Saint Sauveur ; il s’agit d’une île des Bahamas, archipel situé au nord de la mer des Caraïbes. Il ne faut pas confondre cette île San Salvador avec le San Salvador pays d’Amérique centrale situé sur le Pacifique). Ils avaient mis 71 jours pour traverser l’Atlantique. Le 28 octobre, ils découvraient Cuba, le 6 décembre Saint-Domingue… Dans la nuit du 24 au 25 décembre 1492, la Santa Maria se fracassa sur un récif. Colomb fit construire un fortin dans une baie qu’ils appelèrent Navidad (Nativité) dans l’actuel Haïti, y laissèrent 39 marins et rentrèrent en Europe. Lorsque Colomb revint le 28 novembre 1493, le fortin était détruit et les 39 marins avaient été massacrés. Christophe Colomb fit 4 voyages vers l’Amérique avant de mourir le 20 mai 1506 à Valladolid. L’Espagne (dans la cathédrale de Séville) et la République Dominicaine prétendent l’une et l’autre posséder la dépouille de Colomb !

A la suite, toute l’Amérique fut explorée principalement par les Espagnols, les Portugais, les Anglais et les Français. En même temps des expéditions poussèrent jusqu’à l’Océan Indien et le Pacifique. Les Portugais arrivèrent au Yémen dès 1513, au Japon en 1543 et à Ceylan en 1597…..

*L’imprimerie, la langue française et l’orthographe :

C’est dans les années 1450 que Johannes Gutenberg imprima son premier livre, mais c’est seulement au seizième siècle que l’imprimerie se répandit en Europe.

C’est en août 1539 que François 1er publia une ordonnance depuis Villers-Cotterêts (dans l’Aisne) imposant l’usage de la langue maternelle à la place du latin pour tous les actes administratifs. Cela revint à imposer la langue d’oïl comme langue nationale. Ce qui s’appliqua également à la Savoie et à Nice qui en 1539 étaient occupés par la France et cela facilita la réunion de ces territoires à la France en 1860. En même temps était adopté l’accent aigu en 1530, l’accent grave sur la préposition « a » pour la distinguer de la troisième personne du verbe avoir au présent en 1533 ; la virgule en 1540, l’accent circonflexe pour remplacer le « s » dans forest (devenu forêt), feste (devenu fête), hospital, teste… en 1550. Le point virgule fut lui adopté en Italie à compter de 1495 et quelques années plus tard en France.

Dans le même courant de pensée, il faut rappeler la publication en avril 1549 du manifeste des 7 poètes de La Pléiade « la défense et illustration de la langue française ».

*Politique : si il y eut beaucoup de guerres, d’assassinats… au seizième siècle, on peut aussi noter quelques événements positifs :

-l’union en 1580 de l’Espagne et du Portugal dans un nouveau pays appelé « Union Ibérique » (Union Ibérica) ; mais cette union ne dura que 60 ans.

-la publication en avril 1598, sous le règne d’Henri IV, de l’édit de Nantes qui accordait la liberté de culte aux protestants. Cela mit fin aux guerres de religion en France. Cet édit fut révoqué sous le règne de Louis XIV en octobre 1685.

*Arts : impossible de récapituler toutes les œuvres du seizième siècle (constructions, sculptures, peintures…) rappelons seulement que le David de Michel Ange (à Florence) fut réalisé de 1501 à 1504, la Joconde de Léonard de Vinci date de 1505, les scènes du Jugement Dernier qui illustrent la chapelle Sixtine furent inaugurées en 1541….

On trouvera en illustration une carte situant les 4 voyages de Christophe Colomb vers l’Amérique, source : Sémhur/wikimedia Commons CCBY-SA

Cette carte montre que durant les 3 premiers voyages, Colomb et ses marins ne connurent que les îles de la mer des Caraïbes, ce n’est que lors du quatrième voyage (1502/1504) qu’ils abordèrent les côtes américaines proprement dites à la hauteur de l’Amérique centrale.

J.D. 18 juin 2020

carte des 4 voyages de Christophe Colomb vers l'Amérique

carte des 4 voyages de Christophe Colomb vers l'Amérique

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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 18:49

Le seizième siècle, première partie N° 640

 

Pour beaucoup de gens, le seizième siècle est par excellence celui de la Renaissance et ce mot a pour tout un chacun une connotation très positive.

Le chapitre XXII de « la légende des siècles » est intitulé : « seizième siècle » (texte de 1859) et le XXIII (texte de 1875) ne contient qu’un seul poème où Victor Hugo se demande quel fut le pire fléau parmi les humains dans toute l’histoire. Naturellement notre Victor national n’a pas pu connaître Hitler, Staline, Pol Pot etc mais de son temps la liste était déjà longue et ce poème se termine ainsi :

 

« pensif, je m’assurai qu’ils étaient bien là tous,

Et je leur dis : Quel est le pire d’entre vous ?

Alors, du fond du gouffre, ombre patibulaire

Où le nid menacé par l’immense colère

Autrefois se blottit et se réfugia,

Satan cria :-C’est moi ! Crois-tu? dit Borgia »

 

Si il est un siècle qui symbolise à la fois le meilleur et le pire, c’est bien le seizième et ce n’est pas sans cause si Victor Hugo fait disputer à Satan la première place par un Borgia qui fut pape au seizième siècle !.

En rappelant au passage que ce siècle fut plus court que les autres puisque en octobre 1582, pour récupérer un décalage du calendrier sur le soleil on passa du jour au lendemain du 4 au 15 octobre.

Commençons par le pire et finissons par le meilleur (note 641) :

 

I) le pire : on le trouve dans le domaine de la politique et à peu près dans tous les pays en même temps :

*En Italie : avec les Borgia à Rome et les Médicis à Florence, les poignards n’avaient pas le temps de rouiller et les disciples de Locuste (célèbre empoisonneuse dont Néron utilisa les services au premier siècle!) pas le temps de chômer. Sur les Borgia voir la fiche N°536 http://jean.delisle.over-blog.com/2019/04/alexandre-VI-borgia-n-536.html.

Sur les Médicis, rappelons l’assassinat d’Alexandre de Médicis duc de Florence en janvier 1537 par Lorenzino de Médicis téléguidé par César Borgia et dont Alfred de Musset fera Lorenzaccio au dix-neuvième siècle.

Sans oublier le massacre des Vaudois en Calabre et en Piémont où la persécution s’achèvera au siècle suivant.

*Les guerres d’Italie se déroulèrent de 1494 à 1559 ; voir la fiche N°279 http://jean.delisle.over-blog.com/2016/03/la-bataille-d-agnadel-n-279.html. De ces guerres qui mirent aux prises l’Espagne, le Saint Empire, la papauté, la France, de nombreuses cités italiennes, des mercenaires suisses… on retiendra le sac de Rome durant 8 jours entiers (du 6 au 13 mai 1527) par 15.000 soldats allemands au service de Charles Quint (le pape Clément VII s’était réfugié au château Saint-Ange) et que les principales batailles furent Marignan (« 1515 c’est Marignan ») les 13 et 14 septembre 1515 où les Français alliés aux Vénitiens furent vainqueurs des Suisses et Pavie le 24 février 1525 où François 1er fut fait prisonnier et emmené en Espagne ! Sur Pavie voir la fiche N°413 http://jean.delisle.over-blog.com/2018/01/pavie-n-413.html.

Marignan (Marignano devenue Melegnano) est une ville qui a aujourd’hui dans les 18.000 habitants, située à 16 kms au sud-est de Milan sur l’axe Milan-Plaisance (Milano-Piacenza). Il ne faut pas confondre cette bataille de 1515 avec une autre le 8 juin 1859 sur le même site de Melegnano.

*En Grande-Bretagne : ce fut le règne d’Henri VIII, roi de 1509 à 1547, qui sépara l’église anglaise du Vatican qui lui refusa l’autorisation de divorcer et qui fit décapiter 2 de ses épouses successives. Il inspira le personnage de Barbe Bleue. Sa digne fille Élisabeth 1ère, reine de 1558 à 1603, fit, elle, décapiter à la hache le 8 février 1587, sa cousine Marie Stuart reine d’Écosse.

*En Espagne, Philippe II qui fut roi de 1556 à 1598 en succédant à son père Charles Quint, contraignit son fils (Don Carlos) à se suicider et empoisonna sa femme (Élisabeth de France) voir fiche N° 634 http://jean.delisle.over-blog.com/2020/05/elisabeth-de-france-n-634.html

Ce Philippe II engagea son pays dans une guerre contre l’Angleterre de 1585 à 1604 où « l’invincible armada » fut en grande partie détruite le 8 août 1588 par une tempête. L’Espagne fit face également à une révolte de ses provinces du nord dans une guerre appelée « guerre de Quatre-vingts Ans » de 1568 à 1648. Ce qui correspond aux actuels Pays-Bas, Belgique et Luxembourg, obtint son indépendance sous le nom de « Provinces-Unies ».

*En France, il y eut la Saint Barthélémy commencée par l’assassinat de l’amiral de Coligny le 24 août 1572 qui fit 3000 victimes à Paris, probablement 30.000 dans toute la France (selon les estimations disponibles) et ce fut le début des guerres de religions… pour achever le seizième siècle en fanfare ! avec l’assassinat du duc de Guise (Henri le Balafré) le 23 décembre 1588, de son frère (le cardinal de Lorraine) le 24 décembre 1588, du roi de France Henri III le 2 août 1589...

*En Méditerranée : Après la conquête de Constantinople (le 29 mai 1453), les Ottomans s’étaient emparés de la Grèce en 1456 et avaient commencé la conquête de l’Europe par l’est ainsi que des îles de la Méditerranée. Le 7 octobre 1571, la flotte musulmane fut entièrement détruite par une flotte chrétienne dans le golfe de Patras au large de la Grèce (bataille de Lépante) , mais les vainqueurs ne surent pas exploiter la victoire, cela arrêta néanmoins la conquête des îles par les musulmans. Sur terre il fallut attendre le siècle suivant pour que le prince Eugène de Savoie à la tête des armées du Saint Empire gagne bataille sur bataille et récupère une partie des conquêtes musulmanes.

On trouvera en illustration une vue du château de Melegnano (emprunt au net) construit par les Visconti en 1243, qui passa aux Médicis en 1532 et devint la propriété de la province de Milan en 1981.

J.D. 11 juin 2020

 

 

 

château de Melegnano

château de Melegnano

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9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 19:18

j'ai voulu mettre sur ce blog un article sur le retour de l'empereur à partir d'un poème de Victor Hugo, mais cela dépasse de loin la longueur admise par le système d'exploitation, le poème comporte 394 vers. Le lecteur trouvera donc ci dessous les commentaires qui accompagnent ce poème daté décembre 1840. Il peut trouver le poème lui-même sur internet.

 

commentaires : Hugo naquit le 26 février 1802 ; il avait donc 19 ans lorsque décéda Napoléon à Sainte-Hélène le 5 mai 1821.

Dès octobre 1830, il composait « ode à la colonne » où il demandait le retour des cendres de Napoléon en France. La révolution du 27 au 29 juillet 1830 avait amené au pouvoir Louis-Philippe de France à la place de Charles X.

Ce Louis-Philippe (1773/1850) avait reçu le titre de duc de Chartres en 1785 puis de duc d’Orléans en 1793 ; il avait fui la Révolution et s’était marié en 1809 avec Amélie de Bourbon (1782/1866) nièce de Marie-Antoinette et le couple avait d’abord vécu en Sicile à Palerme dans le palais d’Orléans construit à partir de 1775 (juste en face du palais des Normands). Ce palais resta la propriété de la famille d’Orléans jusqu’en 1940. Il est depuis 1947 le siège régional de la Sicile.

D’abord nommé « Lieutenant général du royaume », Louis-Philippe prenait le titre de roi des Français dès le 9 août 1830.

Devant un courant d’opinion largement favorable au retour des cendres de Napoléon, Louis-Philippe, qui avait dédié Versailles « à toutes les gloires de France » se laissa convaincre et c’est le 10 mai 1840 que Guizot alors ambassadeur de France à Londres adressa officiellement une demande au gouvernement anglais qui l’accepta…. Juste un siècle avant le 10 mai 1940 ! curieuse coïncidence !

Sur le rapatriement du corps de Napoléon, voir la fiche N° 520 http://jean;delisle.over-blog.com/2019/02/la-belle-poule-et-la-favorite-n-520.html.

Ce fut le prince de Joinville (1818/1900) fils de Louis-Philippe qui mena l’expédition. Trois ans plus tard, le 1er mai 1843, à Rio de Janeiro le prince de Joinville épousait Françoise de Bragance (Francisca de Bragaça) fille de Pierre 1er empereur du Brésil et de Marie-Léopoldine d’Autriche (sœur de Marie-Louise). Pour la circonstance, une ville du Brésil fut fondée en 1851 au sud du Brésil et reçut le nom de Joinville.

Au regard de l’histoire de France, on peut penser que le comportement de Louis-Philippe vis-à-vis de Napoléon fut exemplaire.

Dès le début décembre 1840, Victor Hugo composait le poème ci-dessus pour le retour de l’empereur et le 15 décembre 1840, il était sur les Champs-Élysées parmi le million de citoyens qui s’étaient déplacés pour assister au passage du cortège qui ramenait Napoléon. Hugo cria-t-il « vive l’empereur » comme beaucoup ? Je ne saurais le dire, mais de retour des Champs-Élysées, il ajouta 5 vers supplémentaires. Voir sur la note 520.

J.D. 9 juin 2020

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 juin 2020 3 03 /06 /juin /2020 11:10

Reflexions N°638

 

« Sur le total des meurtres (165 068) commis entre 2000 et 2010, 4 157 concernent des citoyens noirs tués par des blancs, tous sexes confondus. La progression annuelle est en hausse, légère mais constante, sur cette période. La "circonstance" la plus fréquente (879 morts) est celle d'un "criminel" tué par la police. Le nombre de Blancs tués par des Blancs s'élève à 37 345, avec un chiffre annuel stable sur la période. Les circonstances de ces morts sont différentes : la situation "criminel" tué par la police n'arrive qu'en troisième position, loin derrière d'autres mobiles. Enfin concernant les Blancs tués par des Noirs (8 062), le vol est l'un des premiers mobiles. « 

extrait d’un article du journal Le Monde du 22 août 2012 sur la criminalité aux États-Unis.

 

D’après cet article, on voit aisément que le nombre de blancs tués par un noir est le double du nombre de noirs tués par un blanc ! Mais Le Monde qui avait, en 2012, commencé à virer sa cuti (vers le « politiquement correct ») et qui depuis, n’en sort plus d’une ligne, ne donnait pas le nombre de noirs tués par un autre noir. Or, voici des statistiques américaines  portant sur toute l’année 2016 :

 

6676 personnes ont été assassinées

*dont 4751 hommes, 1913 femmes et 12 de sexe inconnu

*selon une autre répartition : 3499 blancs furent tués, 2870 noirs et 307 autres (asiatiques, indiens…)

*parmi les 3499 blancs victimes d’un meurtre, 2854 ont été tués par un autre blanc, 533 par un noir et 112 par un autre

*parmi les 2870 noirs tués, 243 furent tués par un blanc, 2570 par un autre noir et 57 par un autre.

 

De ces chiffres, il ressort :

qu’il y eut, cette année là :

*2 fois plus de blancs tués par un noir que de noirs tués par un blanc

*10 fois plus de noirs tués par un autre noir que par un blanc

 

Il est bien sûr intéressant de rapporter ces statistiques aux populations concernées.

Evolution de la population américaine en 1940, 1990, 2014 en % :

blancs : 88,4 %- 61,6 %- 60 %

hispaniques : 1,5 %- 17,6 %- 17,4 %

noirs : 9,8 %- 13,3 %-13,2 %

asiatiques : 0, ?%- 3,9 %- 5,4 %

Le total en 2019 est de 328 millions d’habitants.

 

Sur ces statistiques, on voit qu’il y a encore 4,5 fois plus de blancs que de noirs, or sur les chiffres de 2016, 3196 meurtres furent commis par des blancs (dont 884 par des hispaniques) et 3156 par des noirs !

Cela montre que les noirs qui sont 5,8 fois moins nombreux que blancs et hispaniques réunis ont commis presque autant de crimes !

A chacun d’en penser ce qu’il en veut mais on peut aussi méditer cette phrase attribuée à Albert Camus :

« mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » !

voir tableau annexe de statistiques.

 

J.D. 3 juin 2020

 

 

 

 

Réflexions N°638
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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 12:04

Alexandre Dumas et Marie-Antoinette N° 637

 

Alexandre Dumas naquit le 24 juillet 1802 ; il avait donc 2 ans le 2 décembre 1804 (couronnement de Napoléon à Notre-Dame) ; 3 ans le 2 décembre 1805 (Austerlitz) ; presque 9 ans le 20 mars 1811 (naissance du Roi de Rome) ; 10 ans lors de la campagne de Russie ; 13 ans le 18 juin 1815 (Waterloo) ; 19 ans le 5 mai 1821 (mort de Napoléon à Sainte-Hélène) ; 38 ans le 15 décembre 1840 (retour triomphal des cendres de Napoléon aux Invalides, en présence d’une foule immense qui criait « Vive l’Empereur ») ; dans ce contexte on aurait pu retrouver du Bonaparte à toutes les sauces dans l’œuvre immense d’Alexandre Dumas. Or manifestement il n’en fut rien.

Le général Dumas, père d’Alexandre, s’était brouillé avec Bonaparte en Égypte en 1799, arrêté à Tarente au retour en France, emprisonné deux ans par le royaume de Naples dans de mauvaises conditions ; il décéda le 26 février 1806, son fils Alexandre avait 3 ans. Est-ce la raison pour laquelle Alexandre Dumas ignora superbement l’épopée napoléonienne dans son œuvre ? Peut-être, mais c’est dommage. D’autant que son père fut libéré par le royaume de Naples sur intervention de Bonaparte.

*Par contre Alexandre Dumas s’intéressa beaucoup à Marie-Antoinette que l’on retrouve peu ou prou dans plusieurs œuvres :

« Le collier de la reine » en 1848

« Ange Pitou » en 1850

« La comtesse de Charny » en 1852

« Joseph Balsamo » en 1853

« le chevalier de Maison Rouge » en 1845

« Louis XVI et la Révolution » en 1850

les 4 premiers romans cités ci-dessus furent regroupés dans la série : « mémoires d’un médecin ».

Il y avait presque 9 ans que Marie-Antoinette avait été guillotinée lorsque naquit Alexandre Dumas. Est-ce qu’il en tomba amoureux « à titre posthume » ? D’après les légendes, Achille tomba bien amoureux de Penthésilée la reine des amazones après qu’Achille l’eut tuée !

*Marie-Antoinette : Sur Marie-Antoinette et sur ses liens avec les autres « autrichiennes » de la Cour de France, voir la fiche N°259 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/11/les-autrichiennes-n-259.html.

En complément je rappellerais seulement que lorsque la famille royale voulut fuir la Révolution et la France ; elle fut arrêtée à Varennes. Les gardes de Louis XVI étaient armés ; Louis XVI leur ordonna de ne pas utiliser leurs armes ; pour épargner la vie de Drouet et de sa petite bande, toute la famille royale en perdit la tête. J’avais un oncle (Marcel Delisle 1898/1984) qui disait souvent : « trop bon, trop con » ! C’est ce qui arriva à Louis XVI !

Ceux qui s’intéressent à l’histoire de la Révolution peuvent lire : « l’histoire des Girondins » d’Alphonse de Lamartine.

Sur Dumas et Marie-Antoinette, voici :

*le collier de la reine : dans la trilogie des Mousquetaires, on a déjà l’histoire « des ferrets de la reine », mais il s’agit d’Anne d’Autriche au temps de Louis XIII, Richelieu et du duc de Buckingam. Cette fois, l’histoire se déroule en 1784 sous le règne de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Le roman commence par une description du terrible hiver 1784. Dumas écrit : « L’hiver de 1784, ce monstre qui dévora un sixième de la France... »

Dans ce contexte, Louis XVI voulut offrir à Marie-Antoinette un collier de grande valeur. Mais compte-tenu de l’état des finances royales et de la misère du peuple, Marie-Antoinette le refusa ; Le collier fut remis en vente, dérobé…

Au delà des péripéties du roman, je retiens le portrait particulièrement flatteur que l’auteur (Alexandre Dumas) fait de la reine Marie-Antoinette et qui tranche beaucoup avec ceux des livres d’histoire de France. Il faut choisir son camp ! Entre les auteurs des livres d’histoire que je soupçonne être de parfaits adeptes du politiquement correct, gauchisants à souhait et Alexandre Dumas.

Pour ce qui me concerne, je choisis Dumas sans hésiter et ceux à qui cela ne plairait pas, je n’écris pas ce que je leur dis mais je le pense si fort … J’ai 81 ans et suis tout « rafistolé » après, depuis une douzaine d’années des cancers successifs et un infarctus ! Cela donne le droit de penser ce que l’on veut !

Sur l’Éducation Nationale voici un extrait de texte publié dans un numéro de Marianne daté du 4 octobre 2017 :

 Dimitri Casali, historien spécialiste de l’enseignement et auteur de «  Notre Histoire, ce que nos enfants devraient apprendre à l’école"ne dit pas le contraire : « Les manuels d’histoire au collège diffusent une lecture culpabilisante de l’histoire de France, qui remplace l’enseignement par une idéologie de valeurs compassionnelles, tonne-t-il auprès de MarianneLes droits de l’Homme, le féminisme, l’anticolonialisme, la question des migrants… La sociologie a remplacé le récit historique. ».

voir le portrait de Marie-Antoinette sur la fiche 259.

J.D. 1er juin 2020

 

 

 

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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 14:32

Les 300 Spartiates N° 636

 

En l’an 490 avant Jésus-Christ, Darius roi des Perses voulut envahir la Grèce. Les Perses furent vaincus à la célèbre bataille de Marathon à une quarantaine de kms d’Athènes.

Dix ans plus tard, Xerxès qui avait succédé à Darius son père, voulut venger l’affront de Marathon ; il recruta une très importante armée et une marine non moins conséquente dans son immense empire. Le texte d’Hérodote (-484/-420) est le plus ancien que nous possédons sur ces guerres dites « médiques ». C’est dans l’énumération de l’armée de Xerxès qu’Hérodote cite le peuple des Macrons qui vivait sur la côte sud-ouest de la mer Noire.

Pour faire traverser l’Hellespont (nom antique du détroit des Dardanelles) à son infanterie ; il fit construire un pont de bateaux que la tempête emporta. Pour punir la mer, Xerxès la condamna à 300 coups de fouet.

Le pont fut reconstruit, l’armée perse put passer, remporta la bataille au défilé des Thermopyles, s’empara d’Athènes qui fut saccagée, mais fut vaincue à la bataille navale de Salamine (septembre -480) puis à la bataille terrestre de Platées (août -479). Les Perses durent renoncer. Le dramaturge grec Eschyle (-525/-456) avait participé à la bataille de Marathon et à celle de Salamine à 10 ans d’intervalle.

A l’étroit défilé des Thermopyles, l’armée perse fut arrêtée par Léonidas et ses Spartiates. Mais un traître ayant indiqué aux Perses le chemin pour contourner le défilé, Léonidas et ses 300 Spartiates pris à revers furent exterminés.

Voici comment Victor Hugo raconte l’histoire dans un texte de 1873 incorporé à la « légende des siècles » en VI :

« Et la mer fut fatale. Alors le roi sublime

Cria : -Tu n’es qu’un gouffre, et je t’insulte, abîme !

Moi je suis le sommet. Lâche mer, souviens-t’en-

Et donna trois cents coups de fouet à l’Océan.

Et chacun de ces coups de fouet toucha Neptune.

Alors ce dieu, qu’adore et que sert la Fortune,

Mouvante comme lui, créa Léonidas,

Et de ces trois cents coups il fit trois cents soldats,

gardiens des monts, gardiens des lois, gardiens des villes,

Et Xerxès les trouva debout aux Thermopyles. »

 

belle image.

Dans le même texte (même chapitre) voici un extrait de Victor Hugo sur l’armée de Xerxès

« L’Asie est monstrueuse et fauve ; elle regarde

Toute la terre avec une face hagarde,

Et la terre lui plaît, car partout il fait nuit ;

L’Asie, où la hauteur des rois s’épanouit,

A ce contentement que l’univers est sombre

.

Mais la Grèce est un point lumineux qui l’ennuie

.

Le bagage marchait le premier, puis venait

le gros des nations, foule au hasard semée,

Qui faisait à peu près la moitié de l’armée,

Dire leurs noms, leurs cris, leurs chants, leurs pas, leur bruit,

Serait vouloir compter les souffles de la nuit.

Les peuples n’ont pas tous les mêmes mœurs ; les scythes,

Qui font à l’occident de sanglantes visites,

Vont tout nus ; le macron, qui du scythe est rival,

A pour casque une peau de tête de cheval

Dont il a sur le front les deux oreilles droites…. »

 

Pour un cadrage plus général sur les guerres médiques voir la fiche N°79 intitulée « le siècle de Périclès ».http://jean.delisle.over-blog.com/article-le-siecle-de-pericles-112313216.html

on trouvera en illustration un tableau du peintre David réalisé dans les années 1800 et exposé au Louvre : beau mais pas très réaliste par rapport à l’histoire, emprunt au net.

J.D. 30 mai 2020

 

 

 

Léonidas et ses Spartiates, tableau de David

Léonidas et ses Spartiates, tableau de David

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23 mai 2020 6 23 /05 /mai /2020 15:56

Saint-Réal N° 635

 

*César Vichard de Saint-Réal naquit le 9 avril 1643. Plusieurs auteurs le font naître à Chambéry mais en 1643, son père (Balthazar) était encore à Moutiers en Tarentaise, il ne vint s’installer à Chambéry qu’en 1653. Il est donc plus probablement né à Moutiers ou à Saint Jean de la Porte (entre Montmélian et Albertville) où son père avait acquis une propriété en janvier 1636. On trouve d’ailleurs à Moutiers un « quai Saint-Réal » (le long de l’Isère) et un parking du même nom ; à Saint Jean de la Porte une « rue Saint-Réal » et un Institut médico-pédagogique « Saint-Réal » et à Chambéry une « rue Saint-Réal » (ancienne rue de la Boucherie) et un restaurant Saint-Réal.

*La rue Saint-Réal à Chambéry est située entre la place de l’Hôtel de Ville et la place Métropole où se trouve l’église Saint François (consacrée en 1488, devenue cathédrale en 1779 et dédiée à Saint François de Sales au début du dix-neuvième siècle) avec une chapelle (la première à droite en entrant) dédiée à plusieurs membres de la Maison de Savoie.

*César Vichard de Saint-Réal commença des études à Lyon, en 1659, chez les Jésuites ; il les poursuivit à Paris à partir de 1662 toujours chez les Jésuites et reçut un titre d’abbé en 1672. Il est surtout connu comme écrivain, notamment de romans historiques. Parmi ses écrits, le plus connu est un « Dom Carlos » publié en 1672 (les autres auteurs écrivent Don Carlos). Sur l’histoire de Don Carlos, voir la fiche précédente.

Dans le récit de Saint-Réal, Philippe II roi d’Espagne fait emprisonner son fils (Dom Carlos) et le contraint à se suicider puis il empoisonne sa femme (Elisabeth de France) qui était amoureuse de Dom Carlos et courtisée en outre par Don Juan d’Autriche, fils de Charles Quint et de Barbara Blomberg (une maîtresse) et donc demi-frère de Philippe II.

Cette histoire a inspiré de nombreux auteurs qui ont plus ou moins copié les uns sur les autres avec l’enchaînement suivant :

Luis Cabrera de Cordoba (historia de Felipe II en 1619)

Diego Jimenez de Enciso (El principe don Carlos en 1622)

César Vichard de Saint Réal (Dom Carlos 1672)

Thomas Otway (Don Carlos prince d’Espagne 1676)

Schiller (Don Carlos 1787)

Giuseppe Verdi (Don Carlos en 1867, représenté à l’opéra Bastille à Paris du 25 octobre au 23 novembre 2019).

Parmi les autres œuvres de Saint Réal, on peut citer :

-La conjuration des Espagnols contre la République de Venise (publié en 1674), voir fiche N° 642 http://jean.delisle.over-blog.com/2020/06/venise-en-1618-n-642.html

-La conjuration des Gracques (publié en 1674)

-les « mémoires de la Duchesse de Mazarin » en 1675 ; il s’agit d’Hortence Mancini nièce du Cardinal que Saint Réal connut durant les séjours d’Hortence à Grenoble et en Savoie.

-Une vie de Jésus-Christ en 1677

-Césarion (fils de César et Cléopâtre) en 1684

-des traductions de Cicéron en 1694...

Il fut nommé « historiographe de la Maison de Savoie » le 18 mai 1680.

Il mourut le 17 décembre 1692 et fut inhumé dans l’église Sainte Marie l’Égyptienne de Chambéry. Cette Marie naquit à Alexandrie au cinquième siècle et mena une vie d’ermite dans le désert de Palestine à l’est du Jourdain. L’église qui lui avait été dédiée à Chambéry dépendait d’une communauté de religieuses franciscaines. Elle était située où se trouve aujourd’hui le parking de la Falaise.

On trouvera en illustration un portrait de Philippe II roi d'Espagne ; emprunt au net.

J.D. 23 mai 2020

 

Philippe II roi d'Espagne

Philippe II roi d'Espagne

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19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 18:22

Élisabeth de France N°634

 

 

Malgré deux siècles d’intervalle, deux princesses de la Cour de France eurent plusieurs points communs :

-Elle furent toutes deux prénommées Élisabeth

-L’une et l’autre eurent 3 frères qui devinrent successivement rois de France, ce qui doit être particulièrement rare et une sœur qui devint reine.

- Et elles eurent mêmement une mort tragique. Ce qui fut hélas beaucoup plus fréquent.

 

Élisabeth de France : La plus proche de nous, naquit le 3 mai 1764 à Versailles, fille de Marie-Josèphe de Saxe (1731/1767) et de Louis de France (1729/1765) et petite fille de Louis XV (1710/1774). Elle fut prénommée Élisabeth en l’honneur de sa marraine Élisabeth Farnèse originaire de Parme et qui fut reine d’Espagne de 1714 à 1746 par son mariage le 25 août 1714, à Parme, avec Philippe V d’Espagne.

Les frères d’Élisabeth de France devinrent rois de France sous les noms de Louis XVI (roi de France et de Navarre de 1774 à 1791 puis roi des Français en 1791/1792) ; Louis XVIII (roi de France et de Navarre du 6 avril 1814 au 20 mars 1815 puis du 8 juillet 1815 au 16 septembre 1824) ; Charles X (roi de France et de Navarre de 1824 jusqu’à la révolution de juillet 1830). En outre sa sœur Clotilde (1759/1802) devint reine de Sardaigne en 1796 par son mariage avec Charles-Emmanuel IV .

Élisabeth fut emprisonnée au Temple en même temps que Louis XVI et Marie-Antoinette. Condamnés à mort par le tribunal révolutionnaire, Louis XVI fut guillotiné le 21 janvier 1793, Marie-Antoinette le 16 octobre 1793 et Élisabeth le 10 mai 1794 soit 20 ans jour pour jour après la mort de Louis XV son grand-père. Elle fut transportée en charrette place de la Révolution (ancienne Place Louis XV nommée place de la Révolution le 11 août 1792, devenue provisoirement place de la Concorde, en 1795, puis à nouveau sous le règne de Louis-Philippe), exécutée puis jetée dans une fosse commune du cimetière des Errancis (appelé aussi de Monceau).

Louis XVI et Marie-Antoinette avaient été jetés dans la fosse du cimetière de la Madeleine.

A Paris, des fosses communes situées dans 4 cimetières (Monceau, Picpus, Madeleine et Sainte Marguerite) furent utilisées pour y jeter les cadavres des guillotiné(e)s. Ceux chargés du travail récupéraient les vêtements et balançaient les cadavres nus dans la fosse ! A Paris même, 2498 condamnés furent guillotiné(e)s dont 1119 place de la Révolution.

Devenu roi de France, Louis XVIII chercha à faire identifier les cadavres de son frère (Louis XVI) de sa sœur (Élisabeth) et de sa belle-sœur (Marie-Antoinette). Louis XVI et Marie-Antoinette furent retrouvés le 18 janvier 1815 et inhumés à Saint Denis le 21 janvier . Pour Élisabeth, ce ne fut pas possible ; elle est représentée à la basilique Saint Denis.

Le 6 novembre 2019, les éditions Artège ont publié une bande dessinée consacrée à cette Élisabeth de France.

Le 23 décembre 1953, le pape Pie XII la déclara « servante de Dieu » et en 2016 l’archevêque de Paris (le cardinal André Vingt-Trois) entreprit des démarches pour sa béatification.

Voir un portrait de cette Élisabeth en illustration de la fiche N° 254 http://jean.delisle.over-blog.com/2015/10/l-annee-1794-en-france-n-254.html

 

Élisabeth de France : Cette autre Élisabeth naquit à Fontainebleau le 2 avril 1545, fille de Catherine de Médicis et d’Henri II roi de France et par conséquent petite-fille de François 1er , lequel avait été en guerre durant des années contre Charles Quint roi d’Espagne et qui était devenu empereur du Saint Empire romain germanique .

Trois Frères de cette Élisabeth furent également rois de France : François II roi du 10 juillet 1559 au 5 décembre 1560 ; Charles IX roide France du 5 décembre 1560 au 30 mai 1574 et Henri III d’abord roi de Pologne puis roi de France du 20 mai 1574 au 2 août 1589. Elle eut en outre comme la précédente, une sœur qui devint reine ; il s’agit de Marguerite de Valois dite la reine Margot qui devint d’abord reine de Navarre en épousant Henri III roi de Navarre puis devint reine de France du 2 août 1589 au 17 décembre 1599 (date du divorce) lorsque Henri III roi de Navarre devint Henri IV roi de France.

Pour réconcilier les Cours de France et d’Espagne, Élisabeth fut fiancée avec Don Carlos né en 1545, fils de Marie du Portugal et du roi d’Espagne Philippe II et par conséquent petit-fils de Charles Quint. Les fiancés se rencontrèrent et se plurent. Mais Philippe II devint veuf pour la seconde fois après le décès de Marie 1ère d’Angleterre le 17 novembre 1558 et il décida d’épouser lui-même Élisabeth de France. Elle accepta pour raison d’État d’épouser le père qui avait 18 ans de plus qu’elle alors qu’elle était amoureuse du fils ! En outre le père jaloux, prit prétexte d’une prise de position de son fils en faveur des Flamands qui s’étaient révoltés, pour le faire emprisonner et il mourut en prison.

Quand à Élisabeth, officiellement elle mourut en couches, mais certains auteurs pensent que Philippe II la fit assassiner le 3 octobre 1568 ! cela permit à Philippe II de se marier pour une quatrième fois avec une Anne d’Autriche.

Cette histoire inspira de très nombreux auteurs , soit pour des romans comme Diego Jimenez de Euciso en 1622, Saint Real, (né à Chambéry en 1643)  en 1672, Thomas Otway en 1676… soit pour des opéras comme Schiller en 1787 (Don Carlos) ou Giuseppe Verdi en 1867 (Don Carlos avec une première à l’opéra de Paris le 11 mai).

On trouvera en illustration un portrait de cette Élisabeth, source : wikipédia.

J.D. 19 mai 2020

 

ajout du 20 mai 2020 : Philippe II (1527/1598) roi d’Espagne se maria :

*en 1543 avec une Portugaise : Marie-Manuelle de Portugal (1527/1545)

*en 1554 avec une Anglaise : Marie 1ère reine d’Angleterre (1516/1558)

*en 1559 avec une Française : Elisabeth de France (1545/1568)

*en 1570 avec une Autrichienne : Anne d’Autriche (1549/1580)

 

Ce Philippe II mériterait bien à titre posthume le prix Charlemagne d’Aix-la-Chapelle !

 

 

 

 

 

 

 

 

Elisabeth de France reine d'Espagne

Elisabeth de France reine d'Espagne

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