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28 novembre 2021 7 28 /11 /novembre /2021 17:58

Le petit Grec N°716

 

Hadrien naquit le 24 janvier de l’an 76 à Italica, ville romaine d’Espagne (aujourd’hui sur le territoire de Santiponce à 10 kms au nord du centre de Séville en Andalousie). Il avait 10 ans lorsqu’il perdit son père. Il fut recueilli par un cousin de son père qui devint l’empereur Trajan de l’an 98 à l’an 117. Durant ses études le jeune Hadrien fut passionné par la langue et la civilisation grecques au point qu’il fut surnommé « Graeculus » (petit Grec) ; et ce, plus de 10 siècles avant Averroès !!!

Hadrien accompagna Trajan durant ses expéditions contre les Daces, en 101 puis en 104. Les Daces occupaient grosso-modo l’actuelle Roumanie.

Après le décès de Trajan le 9 août 117, Hadrien lui succéda comme empereur romain. Malgré son penchant réputé pour les jeunes garçons, il avait épousé en l’an 100 Sabine petite-nièce par sa mère de l’empereur Trajan. Cette Sabine décédée vers l’an 136 fut inhumée dans le mausolée érigé à Rome pour Hadrien (le château Saint-Ange).

Devenu empereur, Hadrien n’abandonna pas pour autant sa passion pour le Grèce. Il effectua un séjour à Athènes en l’an 112.

En 2017 pour les 1900 ans de son arrivée au pouvoir, le musée archéologique d’Athènes organisa une exposition sur le thème : « Hadrien et Athènes ». Voici un extrait d’article paru le 22 décembre 2017 sur le journal en ligne de « Connaissances des Arts » :

« Amoureux des Arts et des Lettres, ce César grec, surnommée graeculus (« le petit Grec ») dans le monde romain, s’efforça de restaurer la religion grecque comme il renforça l’étude de la philosophie et de la poésie helléniques. Hadrien offrit également une véritable Renaissance à Athènes avec la construction de l’Olympéion, d’une villa d’Hadrien avec son Arc, ses nouveaux portiques de l’Agora romaine et une bibliothèque de renom. De nos jours encore, sur la place Monastiraki (qui accueille aujourd’hui le marché aux puces de la ville), il reste quelques hautes colonnes corinthiennes, vestiges de la bibliothèque d’Hadrien construite en 132 et qui comprenait cent colonnes en marbre ! Il crée aussi le Panthellénion, cette assemblée de paix qui réunit les cités d’autrefois et qui siège à Athènes. Partout où il passe, l’empereur restaure le monde hellénique d’autrefois. En Égypte, sur la rive gauche du Nil, par exemple, il rend un culte à la statue chantante de Memnon, qui porte des poèmes le célébrant ainsi que l’impératrice Sabine. Hadrien restaure évidemment la bibliothèque d’Alexandrie et fonde, dans la douleur, la cité d’Antinoupolis, lieu de la mort tragique de son amant Antinoüs qui s’est noyé dans le Nil. Rappelons aussi qu’en l’an 124, l’empereur Hadrien, qui se délectait de musique sacrée, se convertit aux mystères d’Eleusis. »

Hadrien décéda le 10 juillet de l’an 138 ; son mausolée était en cours de construction. Hadrien avait adopté Antonin-le-Pieux qui succéda à Hadrien et fit achever le mausolée, dont on ne s’étonnera pas si il s’inspira de celui d’Alexandre à Alexandrie ! Voir illustration, emprunt au net . J.D. 28 novembre 2021

 

Le petit Grec N°716
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27 novembre 2021 6 27 /11 /novembre /2021 14:45

Le tombeau d’Alexandre N° 715

 

En 2004, s’était ouvert à Vif dans l’Isère (au sud de Grenoble) un musée consacré aux frères Champollion dans une propriété qui leur appartint.

Dès 2005, ce musée fermait ses portes pour des travaux de conformité et la réouverture au public ne s’est faîte que le 5 juin 2021.

Pour la réouverture, une exposition temporaire a été consacrée à Jean-Claude Golvin, dessinateur, architecte, archéologue qui s’est spécialisé dans la restitution de monuments antiques par le dessin.

On trouvera en illustration une reconstitution du tombeau d’Alexandre à Alexandrie.

Ce tombeau ressemble étrangement au mausolée d’Auguste (mort en l’an 14) à Rome ou au mausolée d’Hadrien (décédé en l’an 138) connu aussi sous le nom de château Saint-Ange à Rome.

On peut donc imaginer soit que Golvin s’est inspiré des monuments de Rome pour reconstituer le tombeau d’Alexandre à Alexandrie ou soit que ce furent les Romains qui s’inspirèrent du tombeau d’Alexandre pour Auguste puis pour Hadrien. Les deux hypothèses pouvant se cumuler.

Ce fut le 11 juin de l’an 323 avant notre ère, qu’Alexandre rendit son dernier soupir à Babylone (dans l’actuel Irak à une centaine de kms au sud de Bagdad). La Cour qui l’accompagnait fit réaliser un somptueux char pour ramener les cendres d’Alexandre en Macédoine, terre natale d’Alexandre.

Un des généraux d’Alexandre était devenu pharaon sous le nom de Ptolémée. Celui-ci organisa une expédition militaire qui détourna le cortège et l’amena en Égypte où Alexandre fut d’abord inhumé à Memphis (au sud de l’actuelle ville du Caire) en -322. Puis un somptueux tombeau fut réalisé à Alexandrie qui fut appelé « Sôma » (ou « Sèma ») où la dépouille d’Alexandre fut transférée en -280.
Selon plusieurs auteurs antiques (Suétone, Tacite…) de nombreux romains vinrent visiter Alexandre dont Jules César en -48, Octave futur Auguste en -30, Caracalla en 215 ; puis on perd la trace du tombeau et de son occupant.
Et voilà des siècles que beaucoup le cherchent !

Le secteur d’Alexandrie a été l’objet de violentes catastrophes naturelles comme celle du 21 juillet 365 qui a fait des milliers de victimes et beaucoup de dégâts.

Que l’on ne trouve même plus le tombeau de celui qui est présenté comme le plus grand conquérant de l’Histoire, n’est pas très glorieux !

J.D. 27 novembre 2021

 

 

Le tombeau d'Alexandre N°715
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14 novembre 2021 7 14 /11 /novembre /2021 10:59

Cosme l’Ancien N° 714

 

*Cosimo de’ Medici dit Cosme l’Ancien (Cosimo il Vecchio) naquit à Florence le 27 septembre 1389, fils du banquier Giovanni di Bicci de’ Medici (1360/1429). Il accrut considérablement la fortune léguée par son père et intervint dans les affaires de Florence dont il fut exilé par deux fois avant d’en devenir complètement maître et même de recevoir le titre de Pater Patriae (Père de la Patrie). Voir en illustration sa représentation dans la galerie extérieure du musée des Offices.

 

*Dans la descendance de Cosme l’Ancien, on trouve :

- Laurent de Médicis surnommé Laurent le Magnifique (1449/1492) ; Julien frère de ce Laurent fut assassiné le 26 avril 1478 dans la cathédrale de Florence, lors de la conjuration des Pazzi. Laurent ayant échappé à la mort, la répression fut sans pitié, tous les conjurés furent pendus ou décapités !

-2 papes (Léon X, pape de 1513 à 1521 et Clément VII, pape de 1523 à 1534, probablement assassiné ; Emile Rosenow, historien allemand du XIXe siècle a récapitulé 64 papes qui furent assassinés, dont 4 étranglés et 18 empoisonnés !) ;

-un cardinal : Hippolyte 1511/1535, empoisonné par un petit cousin Alexandre de Médicis 1510/1537, lui-même assassiné par un autre cousin Lorenzino de Médicis !

-une reine de France (Catherine de Médicis, épouse d’Henri II et qui fut mère de 3 rois de France successifs), tandis que dans la descendance de Laurent de Médicis (le frère de Cosme l’Ancien) on trouve une autre reine de France (Marie de Médicis épouse d’Henri IV et mère de Louis XIII). Voir note N°81 http://jean.delisle.over-blog.com/article-les-medicis-reines-de-france-113493818.html

 

*Sur la situation de Florence au temps de Cosme l’Ancien, on a un excellent texte d’Alexandre Dumas publié en 1851 dans « Une année à Florence » (en fait Alexandre Dumas passa 15 mois à Florence) :

« Cosme vint à une de ces époques heureuses où tout dans une nation tend à s’épanouir à la fois, et où l’homme de génie a toute facilité pour être grand. En effet, l’ère brillante de la république était venue avec lui ; les arts apparaissaient de tous côtés. Brunelleschi bâtissait ses églises, Donatello taillait ses statues, Orcagna découpait ses portiques, Mazaccio couvrait les murs de ses fresques ; enfin, la prospérité publique, marchant d’un pas égal avec le progrès des arts, faisait de la Toscane, placée entre la Lombardie, les États de l’Église et la république vénitienne, le pays non seulement le plus puissant, mais encore le plus heureux de l’Italie ».

 

*Cosme l’Ancien fut un grand bâtisseur comme on le trouve sous la plume d’Alexandre Dumas : « Cosme faisait achever la chapelle Saint Laurent, bâtir l’église du couvent des dominicains de Saint-Marc, élever le monastère de San-Frediano, et jeter enfin les fondements de ce beau palais de Via Larga, appelé aujourd’hui palais Riccardi…. Il quittait Florence pour s’en aller dans le Bugello (région au nord de Florence), berceau de sa race, bâtir les couvents del Bosco et de Saint-François, rentrait sous le prétexte de donner un coup d’œil à sa chapelle du noviciat des pères de Saint-Croix et du Couvent-des-Anges des Camaldules, puis il sortait de nouveau pour aller presser les travaux de ses villas de Carreggi, de Caffaggio, de Fiesole et de Tribbio, ou fondait à Jérusalem un hôpital pour les pauvres pèlerins... »

Cosme l’Ancien décéda le 1er août 1464 et fut inhumé dans la basilique San Lorenzo de Florence où se trouvent une vingtaine de membres de la famille Médicis.

J.D. 14 novembre 2021

Cosme l'Ancien

Cosme l'Ancien

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3 novembre 2021 3 03 /11 /novembre /2021 15:50

Le NIL N° 713

 

« la partie de l’Égypte où abordent les vaisseaux des Grecs est une terre d’alluvions, un don du fleuve, de même que la région qui s’étend à trois jours de navigation en amont du lac... »

Hérodote (historien grec du cinquième siècle avant notre ère), dans « L’Enquête » livre II.

Selon le même auteur, un oracle aurait déclaré à des Égyptiens venus le consulter : « L’Égypte est toute la terre arrosée par le Nil, et sont Égyptiens tous les peuples qui habitent au-dessous d’Éléphantine et boivent l’eau de ce fleuve ».

 

*A son origine, le Nil a 2 branches appelées Nil Bleu (à l’est) et Nil Blanc (à l’ouest). Les 2 se rejoignent à Khartoum (au Soudan) et prennent alors le nom de Nil. Le Nil Bleu prend sa source au lac Tana en Éthiopie a 2730 mètres d’altitude et parcourt 1606 kms avant de rejoindre Khartoum. Le Nil Blanc a sa source au lac No au Soudan du Sud à 1788 mètres d’altitude et parcourt 3700 kms ; en chemin il traverse le lac Victoria tandis qu’une branche du Nil Blanc traverse le lac Albert.

*A partir de Khartoum , il reste encore près de 3000 kms à parcourir au Nil avant de rejoindre la Méditerranée. La première partie (de Khartoum à Assouan) possède 6 interruptions de navigation appelées « cataractes », mais ensuite, d’Assouan à la mer, sur plus de 1000 kms, le Nil est parfaitement navigable. Il coule sud-nord tandis que le vent dominant est nord-sud ; difficile de trouver plus fonctionnel. Le sens du courant pour rejoindre le delta ; et la voile les jours de vents pour remonter.

*à 80 kms au sud du Caire (ville fondée en l’an 969 après Jésus-Christ, qui n’existait donc pas du temps des pharaons) ; une branche du Nil se jette dans le lac Moeris (lac de 600 km² qui se remplit lors des crues et restitue de l’eau au Nil le reste de l’année. C’est de ce lac dont parle Hérodote au premier paragraphe de cette note). A l’est de ce lac avait été construit sous la douzième dynastie (qui régna de -1991 à -1783) un temple dédié à Sobek le dieu crocodile. Le site contenait de nombreuses tombes pour des crocodiles (probablement 3.000) ; elles formaient un labyrinthe. Les Grecs appelèrent le lieu « le labyrinthe de Crocodilopolis ». A noter que c’est lors de cette douzième dynastie qu’une femme (Neferousobek) fut pharaonne pour la première fois.

*Chaque année, vers le 18 juillet, les Égyptiens observaient le passage d’une étoile annonciatrice de la crue du Nil. Cette étoile qu’ils appelaient Sothis est aujourd’hui identifiée sous le nom de Sirius. La crue durait 4 mois durant lesquels les terres étaient inondées, la population majoritairement agricole était alors employée pour la construction des pyramides, palais et temples.

En se retirant, l’eau laissait du limon qui fertilisait le sol et voici comment Hérodote décrit le travail des paysans égyptiens :

« ces gens sont aujourd’hui, de toute l’espèce humaine ceux qui se donnent le moins de mal pour obtenir leurs récoltes : ils n’ont pas la peine d’ouvrir les sillons à la charrue et de sarcler, ils ignorent tout des autres travaux que la moisson demande ailleurs. Quand le fleuve est venu de lui-même arroser leurs champs et, sa tâche faite, s’est retiré, chacun ensemence sa terre et y lâche ses porcs : en piétinant, les bêtes enfoncent le grain, et l’homme n’a plus qu’à attendre le temps de la moisson, puis, quand ses porcs ont foulé sur l’aire les épis, à rentrer son blé. »

Selon la pluviométrie précédant la crue, celle-ci était plus ou moins importante. Plus elle était haute, plus elle recouvrait une large superficie et plus l’aire cultivée s’étendait. Les pharaons fixaient le montant des impôts à collecter en fonction de l’importance de l’inondation. Une échelle-repère, appelée depuis « nilomètre » servait d’indicateur.

La vallée du Nil est encadrée à l’ouest, au sud et à l’est par des déserts et au nord par la Méditerranée, cela protégea longtemps le pays des invasions et permit un développement paisible et continu de ce qui reste la plus longue civilisation de l’histoire ; voir fiche précédente.

On trouvera en illustration une felouque sur le Nil (emprunt au net), moyen de transport millénaire.

J.D. 3 novembre 2021

Le Nil N°713
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16 octobre 2021 6 16 /10 /octobre /2021 09:16

Égypte pharaonique, chronologie N°712

 

*au-delà de -4000 : le Sahara est fertile

*-4000 : le Sahara se désertifie, les populations migrent vers les vallées fluviales

*vers -3300 : formation de 2 royaumes en Égypte ; un au nord et un au sud

*vers 3000 : Narmer (surnommé le roi-scorpion) roi du sud, s’empare du nord et unifie l’Égypte. Il est considéré comme le premier pharaon.

*vers-2800 : construction de la pyramide à degrés de Saqqara pour le pharaon Djeser (3è dynastie) ; architecte : Imhotep considéré comme le premier esprit universel.

*vers -2500 : début de construction des pyramides de Gizeh

*-1785 : invasion des Hyksos qui s’emparent du delta du Nil, les Egyptiens remontent la vallée

*-1580 : Amosis (premier pharaon de la dix-huitième dynastie) chasse les Hyksos. Thèbes devient la capitale des pharaons, jusqu’en -1085, à l’emplacement où sont aujourd’hui Louxor et Karnak.

*-1505/-1484 : règne d’Hapchepsout célèbre femme pharaon

*-1483/-1450 : règne de Thoutmosis III le pharaon conquérant ; il repoussa les frontières de l’Égypte jusqu’à l’Euphrate.

*-1372/-1354 : règne d’Aménophis IV dit Akhenaton qui instaure un culte monothéiste

*vers -1346 : mort de Toutankhaton « rebaptisé » Toutankhamon et retour à la religion traditionnelle

*-1250 : bataille de Qadesh sur l’Oronte (actuelle Syrie), victoire de Ramsès II (XIXè dynastie) sur les Hittites

*vers -1180 : Ramsès III chasse « les peuples de la mer »

*-672 : invasion de l’Égypte par les Assyriens (venus de Mésopotamie, région entre l’Euphrate et le Tigre)

*-525 : invasion par les Perses

*-331 : conquête d’Alexandre le Grand et dynastie d’origine grecque qui succède à 30 dynasties « égyptiennes »

*octobre -48 : destruction de la grande bibliothèque d’Alexandrie

*-31 : Victoire navale (à Actium, au large de la Grèce) d’Octave sur Antoine et Cléopâtre VII dernière pharaonne, l’Égypte annexée par Rome. Cléopâtre d’ascendance grecque, pharaonne d’Égypte, compagne successive de 2 Romains célèbres (Jules César et Marc Antoine), associe l’Égypte, la Grèce et Rome : quel symbole !

*639 : début de la conquête musulmane de l’Égypte, fin de la civilisation pharaonique.

*1303 : destruction du phare d’Alexandrie

*15 janvier 1759 : à Londres, inauguration du British Muséum

*19 mai 1798 : débarquement en Égypte de l’expédition de Bonaparte

*15 juillet 1799 : découverte à Rosette, dans le fort nommé « Jullien » par les Français, d’une pierre gravée bilingue (égyptien-grec) par le soldat Bouchard. Les Anglais s’en sont emparés en 1801.

*1809 : publication de la « description de l’Égypte » par la mission scientifique qui accompagna Bonaparte ; la première édition comporta 900 planches et 3000 dessins.

*septembre 1822 : J.F. Champollion comprend les hiéroglyphes à partir d’une copie de la pierre de Rosette.

*1824 : inauguration du musée égyptien de Turin

*15 décembre 1827 : inauguration du département égyptien au musée du Louvre

*1828 : inauguration du musée égyptien de Berlin, reconstruit en 2009

*25 octobre 1836 : érection place de la Concorde d’un obélisque provenant de Louxor (23 mètres, 220 tonnes)

*15 novembre 1902 : inauguration du musée égyptien du Caire ; un nouveau musée plus grand en cours devrait ouvrir en 2022.

*novembre 1922 : Howard Carter découvre la tombe de Toutankhamon

*22 septembre 1968 : inauguration sur leur nouveau site des 2 temples d’Abou-Simbel qui avaient été construits sous le règne de Ramsès II vers -1260 et qui furent déplacés à cause de la construction du barrage d’Assouan.

*26 septembre 1976 : arrivée de la momie de Ramsès II à l’aéroport du Bourget pour des soins de conservation en France.

On trouvera en illustration le portrait de 2 égyptiennes que le public confond souvent : Néfertiti (vers -1370/-1333), épouse d’Aménophis IV Akhenaton et Néfertari (vers -1300/-1249) épouse de Ramsès II.

J.D. 16 octobre 2021

 

 

 

Nefertiti et Nefertari
Nefertiti et Nefertari

Nefertiti et Nefertari

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6 octobre 2021 3 06 /10 /octobre /2021 08:48

Dante, Dumas et la langue italienne N°711

 

L’unité de l’Italie s’est effectuée à partir du dix-neuvième siècle autour du royaume de Sardaigne.

Ce royaume dirigé par les descendants de la Maison de Savoie qui avaient transféré leur capitale à Turin en 1562, comprenait : La Sardaigne (Cagliari), la Ligurie (Gênes), le Piémont (Turin), le Val d’Aoste (Aoste) puis le duché de Savoie (Chambéry) et le comté de Nice qui furent cédés à la France en juin 1860. Sur ce noyau primitif, furent agglomérés :

*en juillet 1859 : la Lombardie (Milan)

*en mars 1860 : l’Émilie-Romagne (Bologne) et la Toscane (Florence)

*en octobre 1860 : la Sicile (Palerme), la Calabre (Catanzaro), la Basilicate (Potenza), la Pouille (Bari), la Campanie (Naples), la Molise (Campobasso) et les Abruzzes (L’Aquila).

*en novembre 1860 : les Marches (Ancône) et l’Ombrie (Pérouse)

*en octobre 1866 : la Vénétie (Venise) et le Frioul (Trieste)

*en octobre 1870 : le Latium (Rome)

*en 1919 : Le Trentin-Haut-Adige (Trente) et la Vénétie-Julienne (Trieste)

L’unité de l’Italie était faite (le royaume d’Italie avait été proclamé le 17 mars 1861), il restait à effectuer l’unité des Italiens. Du vénitien au sicilien, en passant par le lombard, le piémontais, le toscan, le calabrais… de nombreuses langues étaient parlées en Italie. Le toscan avait été utilisé pour l’écriture de la Divine Comédie de Dante, du Canzoniere de Pétrarque et du Decameron de Boccace, sans oublier que la Toscane fut la terre natale de Léonard de Vinci, Michel-Ange, Donatello, Sandro Botticelli, Giorgio Vasari, Filippo Brunelleschi, Masaccio, Giotto, Piero della Francesca, Fra Filippo Lippi, Cimabue, Fra Angelico, Lorenzo Ghiberti, Domenico Ghirlandaio, Paolo Uccello... Il fut choisi comme langue nationale italienne. J’ai déjà traité ce sujet dans ce blog ; voir note N° 146  http://jean.delisle.over-blog.com/2013/12/dante-n-146.html etc.

Sur ce thème j’ai trouvé d’intéressants points de vue d’Alexandre Dumas (dans « une année à Florence »). En voici des extraits :

« ...enfin, nous avons dit comment, Guelfe par naissance, Dante devint Gibelin par proscription et poète par vengeance. Aussi, lorsqu’il eut arrêté dans son esprit l’œuvre de sa haine, son premier soin fut-il, en regardant autour de lui, de chercher dans quel idiome il la formulerait pour la rendre éternelle. Il comprit que le latin était une langue morte comme la société qui lui avait donné naissance ; le provençal, une langue mourante qui ne survivrait pas à la nationalité du midi ; et le français, une langue naissante et bégayée à peine, qui avait besoin de plusieurs siècles encore pour arriver à sa maturité ; tandis que l’italien, bâtard, vivace et populaire, né de la civilisation et allaité par la barbarie, n’avait besoin que d’être reconnu par un roi pour porter un jour la couronne. Dès lors son choix fut arrêté, et, s’éloignant des traces de son maître Brunetto Latini, qui avait écrit son Trésor en latin, il se mit, architecte sublime, à tailler lui-même les pierres dont il voulait bâtir le monument gigantesque auquel il força le ciel et la terre de mettre la main.

C’est qu’effectivement la Divine Comédie embrase tout ; c’est le résumé des sciences découvertes et le rêve des choses inconnues. Lorsque la terre manque aux pieds de l’homme, les ailes du poète l’enlèvent au ciel ; et l’on ne sait, en lisant ce merveilleux poème, qu’admirer le plus, ou de ce que l’esprit sait ou de ce que l’imagination devine. Dante est le moyen-âge fait poète….

Florence, injuste envers le vivant, fut pieuse envers le mort…

En 1519, elle adressa une demande à Léon X, et parmi les signatures des pétitionnaires, on lit cette apostille : Moi, Michel-Ange, sculpteur, je supplie votre Sainteté, pour la même cause, m’offrant de faire au divin poète une sculpture convenable et dans un lieu honorable de cette ville. Léon X refusa ; c’eût cependant été une belle chose que le tombeau de l’auteur de la Divine Comédie, par le peintre du Jugement dernier….

Il existe encore à Florence des descendants de Dante...je les trouvais bien descendus ».

Ce texte de Dumas fut publié en 1851, donc avant que le toscan ne devienne langue nationale en Italie, mais l’on voit que Dumas le considérait déjà comme la langue italienne ; constat intéressant !

On trouvera en illustration (emprunts au net) le cénotaphe de Dante dans l’église Sainte Croix (Santa Croce) de Florence (dans le bas-côté droit entre la seconde et la troisième travée) ; ainsi qu’une statue de Dante sur la place Santa Croce de Florence.

J.D. 5 octobre 2021

 

Dante, Dumas et la langue italienne N°711
Dante, Dumas et la langue italienne N°711
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3 octobre 2021 7 03 /10 /octobre /2021 10:28

Bonaparte et San Miniato N°710

 

« A moitié chemin de Livourne à Florence, s’élève comme une borne gigantesque la tour de San-Miniato-al-Tedesco.

San-Miniato-al-Tedesco est le berceau de la famille Bonaparte. C’est de cette aire qu’est partie cette volée d’aigles qui s’est abattue sur le monde ; et chose étrange ! C’est à Florence, c’est-à-dire au pied de San Miniato, que les Napoléon, grâce à l’hospitalité fraternelle du grand-duc Léopold II, reviennent tous mourir. Le dernier membre de la famille Bonaparte qui habita San-Miniato fut un vieux chanoine qui y mourut, je crois, en 1828. »

Alexandre Dumas dans « Une année à Florence » texte publié en 1851.

 

San Miniato est une ville italienne qui compte aujourd’hui dans les 28.000 habitants. Elle est située dans la province de Pise de la région Toscane au confluent de l’Elsa et de l’Arno, sur le côté sud de la voie de grande circulation appelée FIPILI (Firenze-Pisa-Livorno). Elle est également sur le passage de la via Francigena (voie de pèlerinage entre Canterbury et Rome)

*La ville fut fondée par les Étrusques sur un site de 3 collines. Elle reçut le nom de Castello lorsque les Romains s’emparèrent du territoire des Étrusques (à partir de -396).

*C’est au huitième siècle de notre ère qu’elle reçut le nom de San Miniato en l’honneur de Miniatus un martyr chrétien mort à Florence en l’an 251.

*En l’an 962, l’empereur germanique Othon lança à San Miniato la construction d’un château. La ville prit alors le nom de San-Miniato-al-Tedesco (San Miniato de l’Allemand).

*Au douzième siècle fut construite la tour Mathilde qui servit ensuite de clocher à la cathédrale (c’est en 1622 que la ville devint le siège d’un évêché). Au même siècle fut également construit un château (Rocca) à la demande de Frédéric II empereur germanique. Ce château fut détruit par les Allemands le 23 juillet 1944 et reconstruit depuis. Il est question de ce château au chant XIII de l’Enfer dans la Divine Comédie de Dante.

*En 1370, la ville prit le nom de San Miniato de Fiorentino et ce après des guerres d’abord contre Pise puis contre Florence. Puis elle devint San Miniato.

*En 1843 fut érigée une statue à Léopold II grand-duc de Toscane place Bonaparte.

*En 1944, la ville fut atteinte par des bombardements destinés à détruire la ligne ferroviaire Pise-Florence ; puis les Allemands massacrèrent les habitants réfugiés dans la cathédrale. Ces événements inspirèrent un film sorti en 1982 et intitulé « la nuit de San Lorenzo » qui reçut le prix spécial du Jury de Cannes en 1982.

*Napoléon Bonaparte vint 2 fois à San Miniato ; la première fois en 1778, il avait 9 ans ; il accompagnait son père Charles Buonaparte venu chercher un certificat de noblesse pour que son fils (Napoléon) puisse entrer à l’école militaire de Brienne. La seconde fois, le 2 juillet 1796, il vint visiter le dernier Buonaparte (Filippo) qui résidait à San Miniato. Voir plaque en illustration.

Parmi les Buonaparte de San Miniato, on peut citer : Iacopo (ou Jacopo) Buonaparte (1478/1541) qui fut conseiller du pape Clément VIII et écrivit l’histoire du sac de Rome en 1527 ; également Vittorio di Battista Buonaparte qui fit construire au seizième siècle un palais à San Miniato, qui abrita la famille Bonaparte et qui sert aujourd’hui de siège à la caisse d’épargne locale sous le nom de palais Formichini.

J.D. 3 octobre 2021

Bonaparte et San Miniato N°710
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27 septembre 2021 1 27 /09 /septembre /2021 13:31

Une tourte toscane N°709

 

Bianca Cappello naquit à Venise en 1548. En 1565, elle s’enfuit de Venise avec Pietro Bonaventuri son amant.

Ils trouvèrent refuge à Florence où Bianca devint rapidement la maîtresse de Francesco de Médicis (1541/1587 ; fils de Cosme 1er ) et Grand-Duc de Toscane. La Toscane était devenue un Grand-duché lorsque le pape Pie V donna le 27 août 1569 le titre de Grand-Duc à Cosme 1er, père de Francesco.

Francesco de Medicis fut marié avec Jeanne d’Autriche (1547/1578) fille de Ferdinand 1er empereur du Saint Empire romain germanique.

Pour rencontrer plus facilement sa maîtresse, Francesco acheta une villa à Bianca, proche du palais Pitti. Cette villa est aujourd’hui située via Maggio au N° 26 et porte l’appellation « palazzo Bianca Cappello » dans les guides touristiques.

La maîtresse prit rapidement le pas sur l’épouse et pour asseoir plus sûrement son autorité, avec la complicité d’une gouvernante, elle simula une grossesse puis un accouchement dans la nuit du 29 au 30 août 1576 et offrit un fils au Grand Duc, alors que ce garçon était né quelques heures auparavant d’une autre femme. Le Grand Duc y crut ou feignit d’y croire ?

Entre temps, Pietro Bonaventuri, l’amant vénitien de Bianca, fut assassiné et Jeanne d’Autriche décéda de mort naturelle semble-t-il, le 10 avril 1578.

Francesco de Médicis épousa alors rapidement Bianca Cappello qui devint ainsi Grande-Duchesse de Toscane. Elle était parvenue à ses fins. Craignant que la gouvernante qui l’avait aidée dans le simulacre de naissance puisse la dénoncer, Bianca chargea 2 exécuteurs de la supprimer. Blessée mortellement la gouvernante eut le temps de parler avant de rendre son dernier soupir. Ses paroles parvinrent aux oreilles du cardinal Ferdinand de Médicis, frère du Grand-Duc et qui était par conséquent devenu le beau-frère de Bianca Cappello.

Bianca comprit qu’elle était démasquée par le cardinal son beau-frère et décida de le supprimer. Voici la relation de l’événement rapportée par Alexandre Dumas dans « Une année à Florence » (texte publié en 1851) :

«Le jour même de l’arrivée du cardinal (le 19 octobre 1587), Bianca, qui savait que le cardinal aimait les tourtes confectionnées d’une certaine façon, voulut en préparer une elle-même. Le cardinal apprit par le grand-duc Francesco cette attention de sa belle-sœur, et comme il n’avait pas une confiance bien profonde dans sa réconciliation avec elle, cette gracieuseté de sa part ne laissa pas de l’inquiéter. Heureusement le cardinal possédait une opale qui lui avait été donnée par le pape Sixte-Quint, et dont la propriété était de se ternir quand on l’approchait d’une substance empoisonnée. Le cardinal ne manqua point d’en faire l’épreuve sur la tourte préparée par Bianca. Ce qu’il avait prévu arriva. En approchant de la tourte, l’opale se ternit, et le cardinal déclara que toute réflexion faite, il ne mangerait pas de tourte. Le duc insista un instant. Voyant que ses instances étaient inutiles : Eh bien ! Dit-il en se retournant vers sa femme, puisque mon frère ne mange pas de son plat favori, j’en mangerai, moi, afin qu’il ne soit pas dit qu’une grande-duchesse se sera faite pâtissière inutilement ; et il se servit un morceau de tourte. Bianca fit un mouvement pour l’en empêcher, mais elle s’arrêta. La position était horrible : il fallait ou qu’elle avouât son crime ou qu’elle laissa son mari mourir empoisonné. Elle jeta un coup d’œil rapide sur sa vie passée...sa décision fut rapide… elle coupa un morceau de tourte pareil à celui qu’avait pris le grand-duc, lui tendit la main, et mangea de l’autre en souriant le morceau empoisonné. Le lendemain Francesco et Bianca étaient morts... »

Le cardinal Ferdinand de Médicis abandonna alors les ordres et devint Grand-Duc de Toscane. Il épousa en 1589 Christine de Lorraine petite-fille de Catherine de Médicis et du roi de France Henri II ; et maria sa nièce Marie de Médicis avec le roi de France Henri IV.

Ferdinand est surtout connu pour les « leggi livournine », ensemble de lois qui donnèrent le statut de port franc à la ville de Livourne. Dans cette ville, piazza Micheli, un monument dit des 4 Maures (I quattro Mauri) est dédié à Ferdinand et aux victoires de sa flotte sur les barbaresques en Méditerranée.

La scène de la tourte se déroula dans une villa construite dans les années 1480 à la demande de Laurent de Médicis surnommé Laurent le Magnifique. La villa se trouve à Poggio a Caiano, ville qui a aujourd’hui dans les 10.000 habitants et qui est située à l’ouest de Florence et au sud de Prato. Voir illustration, emprunt à alamy stock photo.

J.D. 27 septembre 2021

Une tourte toscane N°709
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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 15:26

Belley N°708

 

extrait d’un discours de Monsieur Denis Guillot Président de Chambre à la Cour d’Appel, à l’audience solennelle de rentrée du 16 septembre 1958 à la Cour d’Appel de Grenoble :

 

« L’ancien président du Tribunal de Belley vous convie à le suivre dans cette charmante petite ville aux sept collines, aux horizons tellement divers dans leur beauté.

Noyée dans la verdure, elle s’étire, comme une chatte gourmande, loin du bruit des grandes voies de circulation. On ne digère bien que dans le calme et particulièrement qu’à Belley. Or, la bonne digestion conduit l’avocat à une bonne plaidoirie et le magistrat à une juste sentence. C’est ce qui se passe de toute éternité dans cet heureux pays.

Tournons nos regards vers le Valromey, à quelques lieues au nord, pays clair, aux champs fertiles parsemés de boqueteaux touffus, aux coteaux produisant des vins renommés. C’est la symphonie des brandes giboyeuses, des eaux limpides miroitantes de fins poissons et des sous-bois parfumés de champignons rares.

Quelques villages, dont on garde éternellement le nom en même temps que le fumet et le goût des mets dispensés par l’hôtelier : Vieu, Champagne, Artemare, Virieu procurent de salutaires haltes gastronomiques. Voilà le Bas Bugey.

Dans ce croissant fertile, bien plus modeste, certes, que celui qui s’étendait il y a quatre mille ans sur la Mésopotamie, l’homme communie avec les biens de la terre plus facilement qu’en aucun autre lieu.

Et les anciens moines le savaient qui établirent là leurs couvents afin de ne pas mépriser les dons et les bienfaits de Dieu.

Et partout brille l’ombre de Brillat-Savarin. Particulièrement dans son cellier de manicle à Cheigneu-la-Balme, tandis que, réunis autour de sa table rustique et lui ayant réservé son couvert et sa chaise selon la coutume, les ors et la pourpre du vin, dont les ceps s’étendaient sous nos yeux, chantaient dans nos verres…. »

 

commentaires : Belley est une antique cité romaine qui compte aujourd’hui dans les 9000 habitants et qui doit son nom à Bellone déesse romaine de la guerre. Son symbole est la louve ; une louve en bronze, œuvre d’une sculptrice installée à Belley (Colette Sonzogni), orne d’ailleurs la Grande Rue. Voir illustration, emprunt au net.

Belley a toujours était considérée comme la capitale du Bugey et fut le siège d’un diocèse probablement depuis le début du huitième siècle. Les 2 clochers de sa cathédrale dédiée à Saint Jean-Baptiste furent détruits lors de la Révolution. Les dernières restaurations datent des années 1990. L’évêque du diocèse réside à Bourg-en-Bresse depuis 1978.

Le Bugey fut donné aux comtes de Savoie par l’empereur germanique Henri IV en 1077 et fut pris au profit de la France par un autre Henri IV (celui là roi de France) en 1601. Mais on trouve encore à Belley un « hôtel des Ducs de Savoie » où siège l’office du tourisme.

22 septembre 2021

 

la louve de Belley

la louve de Belley

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31 août 2021 2 31 /08 /août /2021 13:29

L’Arbia et l’Arno N° 707

 

L’Arbia est une rivière toscane de 57 kms de longueur affluent de l’Ombrone, fleuve côtier de 161 kms qui se jette dans la mer Tyrrhénienne (en fait, la Méditerranée) après avoir arrosé Grosetto. L’Ombrone donna son nom à un département français dont le chef-lieu fut Sienne et dont l’existence fut brève (du 30 mai 1808 au 30 mai 1814) (voir notes 21 et 22 http://jean.delisle.over-blog.com/article-l-italie-sous-napoleon-1er.61707999.html).

L’Arbia fut le théâtre le 4 septembre 1260 d’une terrible bataille entre les Siennois gibelins et les Florentins guelfes (voir note 706) et il fut dit et écrit que l’Arbia fut rougie par le sang des nombreuses victimes. Il en est ainsi au chant X de l’Enfer de la Divine Comédie où Dante et Virgile rencontrent Farinata degli Uberti (chef des Gibelins florentins alliés aux Siennois) et Dante lui parle « du massacre et de l’horreur qui teignirent de rouge le cours de l’Arbia » . De même dans « Une année à Florence » (texte de 1851) Alexandre Dumas écrit : « la perte de la bataille de Monte Aperto est restée pour Florence un de ces grands désastres dont le souvenir se perpétue à travers les âges. Après cinq siècles et demi, le Florentin montre encore avec tristesse aux voyageurs le lieu du combat, et cherche dans les eaux de l’Arbia cette teinte rougeâtre que leur avait donnée le sang de ses ancêtres. »

La rivière Arbia a donné son nom sur son flanc sud a un lieu-dit nommé Arbia (fraction de la commune Asciano) qui se distingue par la présence d’une colonne dédiée à Napoléon Bonaparte.

 

L’Arno, pour sa part, prend sa source au mont Falterona à 1654 mètres d’altitude, contourne par le sud le mont Pratomagno et arrose différentes villes dont Florence et Pise avant de se jeter dans la mer, après une course de 241 kms. Voir carte en illustration, emprunt au net. L’Arno, l’Ombrone et leurs affluents descendent de la chaîne des Apennins, longue montagne qui s’étend sur 1200 kms, au centre de l’Italie en parallèle à la fois à l’Adriatique et à la Méditerranée.

Le relief et la géographie déterminent dans la Toscane un réseau hydrographique favorable aux crues catastrophiques. Parmi les plus dévastatrices, il faut citer la crue du 4 novembre 1333 (décrite par un marchand florentin nommé Giovanni Villani) et celle du 4 novembre 1966. En 1966, la crue (voir en illustration le niveau atteint par la crue dans un village toscan, emprunt au net) fit d’énormes ravages en Toscane et particulièrement à Florence où on compta 34 victimes, 15.000 voitures détruites, 6000 boutiques ravagées, 2 millions de livres anciens détruits ou endommagés, le fond étrusque du musée archéologique national détruit et parmi les principales œuvres :

* »la dernière cène », grand tableau de 6 mètres sur 2,61 de Giorgio Vasari (1511/1574) ; à ne pas confondre avec le tableau de Léonard de Vinci. Ce tableau put être restauré et remis à sa place dans la basilique Santa Croce de Florence le 4 novembre 2016 en présence du premier ministre italien de l’époque (Matéo Renzi).

*les portes de bronze du baptistère Saint Jean Baptiste et spécialement le panneau situé à l’est (œuvre principalement de Lorenzo Ghiberti) et qui fut dénommé « porte du paradis » par Michel Ange ; et dont Giorgio Vasari a dit qu’elle était : « la plus belle œuvre qui se soit jamais vue au monde ».

Ce baptistère fut construit à cheval sur le onzième et douzième siècles à l’emplacement d’une ancienne église, elle-même à l’emplacement d’un temple romain. C’est dans ce baptistère que fut baptisé Dante (1265-1321) et que l’on trouve le tombeau du pape Jean XXIII (celui mort le 22 décembre 1419, et non le Jean XXIII décédé le 3 juin 1963 et inhumé à Saint Pierre de Rome : de quoi papoter sur la papauté !) ; tombeau financé par les Médicis et œuvre de Donatello.

Cette porte du Paradis (dont les sculptures représentent des scènes de l’Ancien Testament), restaurée, se trouve depuis au musée « dell’Opera del Duomo » (musée de l’œuvre de la cathédrale), tandis qu’une copie remplace maintenant l’original au baptistère.

En 1966, des volontaires vinrent de tous les coins du monde à Florence pour aider à dégager, à reconstruire, à restaurer. Les Italiens appelèrent ces volontaires : « gli Angeli del fango » ce qui peut se traduire par : « les anges de la boue ». En 2016, pour le cinquantenaire de l’événement, une cérémonie particulière se déroula à Florence pour rendre hommage à ces « anges de la boue » dont ceux encore vivants furent invités à Florence.

J.D. 31 août 2021

hauteur de l'inondation du 4 novembre 1966 en Toscane et cours de l'Arno
hauteur de l'inondation du 4 novembre 1966 en Toscane et cours de l'Arno

hauteur de l'inondation du 4 novembre 1966 en Toscane et cours de l'Arno

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